Articles

  • Nouvelle-Zélande : le New Dunedin Hospital, futur hôpital numérique de l’île du Sud

    Dunedin, la principale ville de la région d’Otago en Nouvelle-Zélande, est en train de planifier la construction d’un nouvel hôpital numérique, le New Dunedin Hospital, qui se situera sur le site de l’ancienne usine de Cadbury. Le gouvernement a déclaré que les travaux commenceraient avant les prochaines élections, prévues pour la fin 2020.

    Le nouvel établissement sera en grande partie numérique et exploitera les nouvelles technologies pour faire gagner du temps au personnel mais aussi aux patients, a déclaré à Hinz.org.nz (article publié le 19 novembre 2018) Mike Collins, directeur exécutif du Département de la santé du district sud (People, Culture & Technology), qui sera en charge de l’infrastructure technologique de l’hôpital.

    Une innovation centrée sur la chirurgie ambulatoire

    Mike Collins précise qu’un intérêt particulier sera porté sur la chirurgie ambulatoire. « Nous essayons de mettre en œuvre de nouvelles technologies et solutions bien avant l’ouverture de l’hôpital. Du point de vue de la gestion du changement, je veux que le personnel soit à l’aise dans cet environnement numérique avant que les portes ne s’ouvrent », a-t-il commenté.

    Son équipe anime des ateliers avec des cliniciens et la communauté et adopte une approche personnalisée pour concevoir les technologies qui permettront d’offrir de meilleures expériences aux patients et au personnel, l’une des questions clés étant de savoir si le patient a réellement besoin de rendre à l’hôpital ou s’il peut être soigné plus près de son domicile.

    Une stratégie numérique régionale

    Cette planification ne repose pas seulement sur le Département de la santé du district sud mais sur l’ensemble du système de santé de l’île du Sud et intègre la nouvelle stratégie de la région en matière de soins primaires et communautaires.

    Vers la mise en place de normes d’interopérabilité

    La région a en effet élaboré une stratégie numérique et collabore avec le ministère de la Santé néozélandais pour identifier les objectifs stratégiques principaux, tels que la mise en œuvre de normes d’interopérabilité.

    Cette stratégie est planifiée pour les cinq à six prochaines années et est conforme à la stratégie régionale de l’Alliance de l’île du Sud et à la stratégie de santé numérique du ministère de la Santé, qui est encore à l’état de projet.

  • Australie : l’option de retrait du DSE My Health Record finalement prolongée jusqu’au 31 janvier 2019

    Le Sénat australien a voté la prolongation de la période de désinscription du système My Health Record (MyHR), le dossier de santé électronique australien, jusqu’au 31 janvier 2018.

    Le 14 novembre, il avait pourtant rejeté la proposition portée par les travaillistes (opposition) de prolonger la période de retrait de douze mois mais il a finalement adopté un amendement prévoyant une prolongation de 11 semaines après que le gouvernement a accepté un compromis, face à la pression de l’opposition et de l’opinion publique mais aussi d’une nouvelle panne survenue sur le site. Le 14 au matin, la plateforme My Health Record informait en effet aux utilisateurs souhaitant se retirer du dispositif que le serveur était « incapable de répondre à la demande ».

    « La période de désabonnement sera prolongée jusqu’au 31 janvier 2019 mais il est important de noter que les gens peuvent se désabonner à tout moment », a commenté sur son compte Twitter le ministre australien de la Santé, Greg Hunt.

    À partir du 15 novembre 2018, l’Agence de la santé numérique australienne devait commencer à créer un compte MyHR pour l’ensemble des citoyens australiens. La mise en place du DSE national fait l’objet de critiques depuis son lancement, notamment en raison des préoccupations de certains liées à la sécurisation des données et à la protection de la vie privée des patients.

    Rappel

    En octobre 2018 (voir article en lien ci-contre), le ministre de la Santé Greg Hunt avait déclaré qu’il examinerait les recommandations émises au gouvernement le 17 octobre 2018 par un comité sénatorial à propos du déploiement de My Health Record mais qu’il excluait d’envisager l’une d’entre elles, soit la prolongation de douze mois de l’option de retrait, afin de ne pas « retarder [la mise en place des] avantages pour les patients » (source : ABC News).

  • Quanta : le nouveau centre de recherche et d’innovation de Jaguar Network réunit santé et numérique

    L’opérateur télécoms et hébergeur de serveurs cloud Jaguar Network a inauguré le 15 novembre 2018 à Marseille son nouveau centre de recherche et d’innovation, baptisé « Quanta », dans l’optique de créer un écosystème hybride encourageant notamment l’innovation dans le domaine de la médecine prédictive grâce au numérique.

    « Dans Quanta, nous voulons créer des entrepreneurs et les inciter à travailler ensemble, explique Kevin Polizzi, le P.-.D.G. de l’entreprise (source : Usine-digitale.fr). L’accès à une banque de données « santé » peut être commun à deux sociétés, même si leurs projets ciblent le traitement de pathologies différentes. Par ces transversalités, cette co-innovation, le smart building révolutionne le management. »

    Le centre, qui a nécessité 16 millions d’investissement, est d’une superficie de 5 500 m². Il est doté, entre autres, de 1 500 capteurs, d’une toiture en panneaux photovoltaïques et d’espaces partagés réunissant salariés et créateurs de start-ups. Bâti en 18 mois, l’immeuble réunit des solutions proposées par l’entreprise en cloud computing, en télécommunications, en objets connectés, en intelligence artificielle ainsi qu’en analyse et sécurité de données.

    Jaguar Network, dont les activités étaient jusqu’ici basées sur la vente directe, a également annoncé vouloir se positionner sur le segment de la vente indirecte. L’entreprise vise par ailleurs à augmenter sa part de clients grands comptes (environ 15 % du chiffre d’affaires) et d’institutionnels (17 %). Elle cherche aussi à s’étendre à l’international. La société a déjà ouvert une filiale en suisse et envisage de s’implanter sur les marchés italien et espagnol par la suite pour « consolider [sa] position sur l’arc méditerranéen ».

  • Le Groupe VYV se projette en 2030 avec la réalité virtuelle et imagine des modèles de santé du futur

    Le Groupe VYV, groupe de protection sociale mutualiste français, s’est récemment associé au cabinet de conseil en innovation Weave.air et à VR Connection, qui fédère 70 entreprises de technologies immersives, pour « mener une réflexion inédite sur la santé du futur » à travers cinq scénarios, dont l’un a été produit en réalité virtuelle (RV), imaginant ce que pourrait devenir notre société en 2030 et anticipant l’impact des évolutions réglementaires et technologiques sur le modèle de santé.

    « Nous avons décidé d’utiliser la RV afin d’obtenir une immersion encore plus forte que par le texte et de créer une interactivité dans un environnement précis (ici, un appartement). Nous interrogeons les utilisateurs en fin de séquence et toujours en mode d’immersion pour qu’ils puissent nous faire un retour à la fois sur les aspects qu’ils ont aimé et sur ceux qui leur ont moins plu voire effrayés », a expliqué à Health & Tech Intelligence (HTI) Pierre Brun, directeur « prospective et innovation » du groupe, à l’occasion d’une séquence de prospective produite en réalité virtuelle, testée par HTI.

    Le groupe prévoit de faire réagir un nombre croissant de publics internes et externes autour de ces différents scénarios pour stimuler la prise de conscience sur les évolutions en cours et leur possibles réalisations, et « mieux cerner les contours d’un avenir souhaité plutôt que subi ». « Le but est de réfléchir à notre évolution, à de nouvelles organisations que l’on pourra explorer plus en profondeur par la suite pour imaginer le futur de nos activités en tant qu’acteur global de santé », commente Pierre Brun. 

    Les premières conclusions du projet, qui a débuté fin 2017, devraient être apportées au cours de l’année 2019 via des explorations poussées de thématiques communes identifiées dans ces différents scénarios, comme la connexion croissante de nos environnements et l’émergence de nouveaux métiers.

    Objectif : « Tendre non pas vers un avenir subi mais vers un avenir souhaité »

    « L’idée est de réaliser une prospective des futurs possibles via des scénarios, dont l’un a été produit en réalité virtuelle, pour anticiper l’évolution qui se prépare et en prendre mieux conscience  afin de tendre, non pas vers un avenir subi, mais vers un avenir souhaité », explicite Pierre Brun.

    Le Groupe VYV a ainsi créé des scénarios, comme celui de l’Homme augmenté, en utilisant une approche de « design prospectif liant les études sur le sujet entre elles, en jouant sur des variables, comme le niveau de réglementation (État très impliqué ou non) et d’évolution technique et en faisant vivre des personnages différents dans ces nouveaux environnements ». Ces scénarios « sont poussés volontairement à l’extrême, précise Pierre Lebrun, des morceaux de chacun d’entre eux pouvant coexister au final ».

    « Nous avons scénarisé chacun des avenirs possibles en mettant en situation de manière précise des personnes vivant en 2030 avec des profils variés, allant de l’écolière au retraité en passant par une personne active. En se basant sur un scénario écrit, littéraire, cela permet de mieux nous immerger dans le futur et de créer des émotions chez l’explorateur. »

    « Prolonger les tendances déjà en œuvre dans nos sociétés »

    L’action se déroule pour chaque scénario dans une dizaine d’année car « les innovations techniques évoluent très vite », justifie le responsable, « se projeter dans 20 ou 30 ans nous semblaient trop lointains ». La base du procédé est en effet d’imaginer ce vers quoi pourrait tendre des technologies qui existent déjà aujourd’hui (trackers d’activités, électroménager connecté, assistant virtuel), de « prolonger les tendances déjà en œuvre dans nos sociétés voire d’identifier des ruptures, pour anticiper au mieux ces évolutions ».

    HTI a testé le scénario 1 en réalité virtuelle : un État omniprésent

    Le principe : le testeur enfile le casque de réalité virtuelle, suit les quelques minutes de « formation » visant à maîtriser le fonctionnement du dispositif puis se retrouve plonger dans un appartement citadin, en 2030.

    L’État, très présent, a mis en place un système de coaching virtuel (assistant vocal basée sur IA) qui suit chaque citoyen de manière personnalisée en s’appuyant sur une forte connexion avec des objets du quotidien ainsi que des appareils connectés (applications mobiles, trackers, etc.). Sa « mission » est de le guider afin de l’inciter à mener une vie saine par le biais d’un système de points de santé.

    Dans le cadre de la session de test effectuée par HTI, la voix off recommandait, par exemple, de commencer la journée par un petit déjeuner. Elle a donc invité Julie, l’avatar, à se diriger vers son distributeur de fruit frais. Si la jeune femme suit les consignes et adopte de bons comportements (alimentation équilibrée, exécution de la séance de sport projetée sur son mur chaque matin, etc.), elle en gagne, si elle fait des écarts (manque de sommeil, tabagisme…), elle en perd, ce qui diminue son capital permettant d’accéder gratuitement aux soins. « On peut, par exemple, dans ce cas faire un stage de rattrapage, comme pour le permis de conduire aujourd’hui », commente Pierre Brun.

    Au cours de la session, l’assistante de Julie lui a signalé qu’elle souffrait d’une anomalie cardiaque, peut-être bénigne, mais qu’il était important de consulter au plus vite un médecin. L’idée, ici, est d’imaginer un État bienveillant, qui cherche à prévenir et à agir avant l’aggravation d’une situation médicale.

    Enseignements

    À l’issue du test, l’utilisateur est invité à répondre à un questionnaire pour savoir s’il serait prêt à être guidé par un assistant virtuel au quotidien, à suivre les conseils d’un coach sportif numérique ou encore à être équipés de capteurs pour contrôler son état de santé au jour le jour.

    « Certains de ces éléments peuvent plaire (comme l’idée de miser sur la prévention), d’autres moins et même faire peur (comme la forte présence de l’État dans la vie des citoyens et l’attribution de bons et de mauvais points), note Pierre Brun. Nous ne sommes pas là pour influencer et pour dire aux testeurs que tel point est positif et tel autre négatif mais pour entamer une réflexion commune sur la santé du futur. »

    Les 4 autres scénarios imaginés (tests à venir)

    Scénario n°2 : scénario opposé au scénario n°1

    L’État est moins présent, ce sont de grands consortiums, privés et publics, qui dominent. L’explorateur est immergé dans une société hyper libérale où les forces économiques régissent le système de santé, la technologie est très développée dans tous les domaines et où la performance individuelle est l’objectif majeur.

    Scénario n°3 : l’homme augmenté

    C’est le règne de l’Homme augmenté, d’un corps fonctionnel réparé et perfectionné par l’ajout ou la modification de « pièces » ou de parties du corps, et où la performance est centrale, l’obtention du corps le plus performant possible est un objectif majeur. Dans cette société coexistent des personnes « augmentées » et « non augmentées ».

    Scénario n°4 : un système centré sur la prévention

    Le système de santé est dans l’anticipation, privilégie la prévention de la maladie plutôt que le traitement.

    Scénario n°5 : retour au naturel

    La société a évolué vers un système plus naturel, moins tourné vers les technologies, où les citoyens cherche à recréer du lien social et où l’organisation du système de santé s’opère au niveau des communautés locales.

  • Séminaire CAHPP sur le développement durable et le numérique en santé, le 22/11/2018 à Paris

    La Centrale d’achat hospitalière privée et publique (CAHPP) organise à Paris le jeudi 22 novembre 2018, de 9h30 à 16h30, un séminaire à l’attention des professionnels de santé sur le thème « développement durable et numérique » dans l’optique d’apporter des éléments de réponse aux questionnements suivants : « Quels sont les enjeux ? Quelle est l’empreinte environnementale et sociale du numérique ? Quelle contribution vertueuse le numérique apporte-t-il au développement durable ? »

    Pour plus d’informations, contactez la CAHPP par email à seminaire@cahpp.fr.

    Programme (sous réserve de modifications)

    • 09h00-09h30 : Accueil des participants
    • 09h30-10h30 : Mot d’introduction et de bienvenue par Yvon Bertel-Venezia, P.-D.G. de la CAHPP et Isabelle Hamelin, directrice de la communication et du développement de la CAHPP
    • 10h30-11h00 : Présentation détaillée des projets CAHPP 2018-2019 (indice vert, bourse…) par Cathy Bou, référente développement durable à la CAHPP
    • 11h00-11h30 : Présentation « Éthique et numérique » par Sandra Di Giovanni, responsable « innovation numérique et RSE » à Afnor Certification
    • 11h30-12h30 : Table ronde : « Développement durable et numérique », animée par Cathy Bou, Référente Développement Durable CAHPP
    • 12h30-12h45 : Questions / réponses
    • 12h45-14h00 : Déjeuner
    • 14h00-14h30 : Les achats responsables par les acheteurs CAHPP
    • 14h30-15h50 : Programme ACoDD-CAHPP
      • Les impacts « développement durable du numérique »
      • La contribution vertueuse du numérique aux enjeux du développement durable
    • 15h50-16H30 : Bilan et conclusion

    Frais

    « Le remboursement des frais de déplacements s’effectuera sur la base d’un billet de transport en commun 2ème classe », indique la CAHPP.

  • ACoDD – CAHPP

    Accroissement des compétences en matière de développement durable à la CAHPPnull

  • Agnès Buzyn donne le coup d’envoi du déploiement de « Ma santé 2022 » et retient 10 chantiers

    Devant les représentants des patients et près de 120 professionnels de santé et organisations concernées, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a donné le coup d’envoi du déploiement de la stratégie « Ma Santé 2022 » ce 19 novembre 2018.

    Les annonces faites au cours de cette assemblée, qui sera amenée à se réunir 2 fois par an pour suivre le déploiement de la transformation, concernent les mesures prioritaires du plan qui visent à favoriser de nouvelles synergies entre les professionnels de ville, du médico-social et de l’hôpital, des outils numériques performants au service de tous, un modèle de financement repensé et des formations pour les professions de santé prenant mieux en compte les impératifs de coopération entre les professionnels et ceux de la qualité des soins.

    Dix chantiers prioritaires ont également été retenus, parmi lesquels on compte le numérique, la régulation et les soins non programmés, la qualité et la pertinence ou l’élaboration d’un projet de loi correspondant à la stratégie « Ma Santé 2022 » en 2019.

    Dix chantiers prioritaires de la transformation du système de santé

    À l’occasion de la réunion du 19 novembre 2018, les 10 chantiers retenus ont été présentés :

    • structuration territoriale du réseau de proximité ;
    • adaptation des formations aux enjeux du système de santé ;
    • gradation des soins et GHT ;
    • renforcement du management hospitalier et de la reconnaissance de l’engagement professionnel ;
    • régulation et soins non programmés ;
    • diversification des modes d’exercice et des parcours professionnels ;
    • qualité et pertinence ;
    • numérique ;
    • financement et tarification ;
    • élaboration du projet de loi correspondant.

    Les travaux engagés sur les sujets jugés comme prioritaires

     À ce stade, des travaux ont été engagés sur les questions suivantes :

    • développement des CPTS et création des premiers assistants médicaux ;
    • financement de 400 postes de médecins généralistes à exercice partagé ville/hôpital ou salarié en zone sous-dense ;
    • définition du modèle des hôpitaux de proximité ;
    • réforme des études en santé : le groupe de travail consacré à la suppression du numerus clausus et de la PACES a été installé le mois dernier par Agnès Buzyn et Frédérique Vidal, ministre chargée de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

    Élaboration d’un futur projet de loi

    La prochaine étape de la mise en œuvre de la stratégie de transformation consiste en le dépôt du projet de loi dédié à la stratégie qui devrait avoir lieu début 2019.

    L’objectif de ce projet de loi est de formaliser les engagements pris par la président de la République Emmanuel Macron.

  • PLFSS 2019 : le Sénat adopte la partie relative aux dépenses et à l’équilibre de la sécurite sociale

    Le Sénat a adopté avec modifications les articles de la quatrième partie du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019, relative aux dépenses et à l’équilibre de la sécurité sociale pour l’exercice 2019, le 16 novembre 2018 en séance publique.

    Les sénateurs ont modifié les articles relatifs aux recettes en proposant :
    • de décider, pour l’accompagnement de la personne handicapée, que la règlementation relative au financement du soin médical en structure médico-sociale détermine clairement la part de ce qui doit être couvert par l’établissement au titre de sa dotation et ce qui doit être remboursé par la CPAM au titre des prestations libérales extérieures ;
    • concernant les établissements de santé et les Ehpad,
    – de supprimer l’article 29 ter qui ouvrait aux établissements de santé publique la possibilité de déroger au plafond du taux d’usure, car si le Sénat ne rejette pas le dispositif sur le principe, il estime que « ces dispositions gagneraient à faire l’objet d’un projet de loi spécifique, assortie d’une étude d’impact détaillée, afin que le Parlement puisse se prononcer en connaissance de cause » ;
    – de supprimer l’article 29 quinquies qui tendait à créer un forfait de réorientation et un forfait de consultation aux urgences, car bien que le Sénat partage les préoccupations poursuivies par cet article, il considère le dispositif retenu dans le cadre de l’article en question « problématique » ;
    – d’attribuer un pouvoir général de prescription médicamenteuse aux médecins coordonnateurs des EHPAD.

    D’autres mesures concernant les médicaments génériques, les pesticides, le reste à charge zéro, les vaccins et la retraite ont été adoptées.

    L’ensemble du projet de loi sera soumis mardi 20 novembre 2018 à un vote solennel en salle des Conférences, à partir de 15h30, à la suite des explications de vote des groupes prévues à 14h30.

  • Le nouvel hôpital du CHU de Hautepierre allie innovations organisationnelles et confort du patient

    Le nouvel hôpital de Hautepierre annexé à l’actuel CHU de Hautepierre à Strasbourg, qui sera inauguré mi-janvier 2019, a été ouvert pour une visite officielle le 16 novembre 2018. Des innovations technologiques en faveur du confort du patient ou du personnel ont été intégrées au bâtiment ou dans l’organisation des flux, dont :  
    • des automates autonomes de transport de containers pour le linge ou les repas ;
    • un chauffage et un refroidissement assurés par des plafonds rayonnants.

    Ce nouvel hôpital – 155,2 millions d’euros provenant des hôpitaux universitaires de Strasbourg, 40 000 m² sur huit niveaux, 168 lits d’hospitalisation, 30 places de chirurgie ambulatoire, 16 lits de surveillance continue – dit « Hautepierre 2 », vise à regrouper les sites de la chirurgie B, actuellement situés dans d’anciens locaux de l’hôpital civil, le Centre de chirurgie orthopédique et de la main (CCMO) d’Illkirch et des services actuellement hébergés à Hautepierre 1.

    Innovations organisationnelles, technologiques et des flux

    L’équipe mobilisée autour de la construction de ce nouveau centre a tenté d’imaginer l’hôpital à horizon 2040, qui affiche d’ores et déjà les caractéristiques suivantes :

    • un bâtiment écoresponsable ;
    • un plateau technique mutualisé qui va également profiter à l’actuel hôpital de Hautepierre pour toutes les spécialités hormis la pédiatrie et à l’Institut régional du cancer, qui ouvrira à côté courant 2019 ;
    • 32 nouvelles salles d’opération et un service d’imagerie de pointe ;
    • un bloc opératoire moderne équipé d’appareils et de postes de travail suspendus au plafond ainsi que d’écrans sur lesquels on peut consulter simultanément toutes les informations sur le patient – ils permettent non seulement de suivre en direct l’état du patient en monitorant les différentes fonctions mais également de pratiquer de l’imagerie interventionnelle ;
    • les blocs sont munis de scialytiques dont les bras permettant une communication de sons et d’images entre les blocs mais aussi avec l’amphithéâtre et les salles de réunion pouvant accueillir des conférences nationales et internationales de même que des séminaires ;
    • un lieu unique pour la prise en charge dans les domaines maxillo-faciale, orthopédique et de la traumatologie permettant la prise en charge combinée des patients qui ne peuvent pas se déplacer facilement ;
    • éclairage de dernière génération pour jouer sur tous les critères de luminosité (lumière bleue, jaune, spectre lumineux, etc.) mais également lumière naturelle grâce à de grandes fenêtres comme moyen de diminution du stress péri-opératoire chez les patients ;
    • hôtellerie : plafond rayonnant qui régule la température de la pièce, sans système de soufflerie pouvant générer des gênes auditives ;
    • flux logistiques assurés en partie par des chariots transportant les repas, le linge et d’autres matériels hospitaliers de façon totalement automatisée et qui sont capables de prendre tout seuls l’ascenseur.

    Une visite destinée au public est organisée à l’occasion de la journée portes ouvertes le 16 décembre 2018.

  • Etude : le big data de Twitter révèle l’étendue du jetlag social (Current Biology)

    L’analyse des données d’activité sur le réseau social Twitter a permis de mieux définir le jetlag social. D’après une étude* parue le 15 novembre 2018 dans Current Biology, ce concept relativement nouveau qui consiste à modifier ses heures et sa quantité de sommeil le week-end dépend des zones géographiques et des saisons.

    Les chercheurs américains, auteurs de cette étude, ont également montré que le jetlag social était associé à une prévalence plus importante de l’obésité.

    Surveiller le sommeil avec le big data de Twitter

    Traverser des fuseaux horaires en avion provoque un décalage horaire. Mais bon nombre de personnes souffrent de jetlag sans bouger de chez eux. C’est le cas des individus qui travaillent en horaires décalés mais aussi de tous ceux qui modifient beaucoup leurs habitudes de sommeil pendant le week-end. Faire des grasses matinées les samedis et dimanches provoquent des décalages de phase et bouleversent donc notre horloge biologique. De nombreuses recherches ont démontré que les personnes souffrant de ce que l’on appelle le « jet lag social » éprouvaient davantage de somnolence diurne et de mauvaise humeur que les personnes ayant un sommeil régulier. Cette habitude de vie serait aussi corrélé avec une plus grande consommation de tabac, d’alcool, de café et le jetlag social serait un facteur de risque de maladies métaboliques, et notamment d’obésité. Or, environ 70% de la population vivrait avec une heure de « jetlag social » et un tiers avec deux heures de décalage. 

    Le jetlag social à travers 240 000 twittos

    Des chercheurs américains de l’université de Chicago ainsi que de Microsoft ont donc voulu mieux mesurer l’ampleur de ce phénomène. Ils ont donc recueilli les données d’activité de Twitter dans plus de 1 500 comtés américains pendant les années 2012 et 2013, et ce toutes les 15 minutes. Ces tweets étiquetés géographiquement représentaient environ 240 000 personnes. Ainsi, les chercheurs pouvaient identifier quand les personnes allaient se coucher et quand elles se levaient. Ils ont calculé la moyenne des profils d’activité sur Twitter les jours de semaine et les week-ends pour chaque comté.

    « Cet ensemble de données nous offre une occasion unique de comprendre comment les modèles d’activité sur 24 heures varient géographiquement à travers les États-Unis et d’examiner comment les rythmes quotidiens d’utilisation de Twitter sont en corrélation avec les données démographiques au niveau des comtés, ont écrit les chercheurs. La possibilité de surveiller l’évolution des modèles d’activité de Twitter d’une saison à l’autre et d’un comté à l’autre nous permet d’évaluer séparément les influences du calendrier défini par la société et les modifications apportées aux heures de clarté tout au long de l’année. Ils ont donc cherché à analyser comment le lieu de résidence, les variations saisonnières du lever et du coucher du soleil, les congés scolaires, et les facteurs démographiques et socio-économiques modifient l’activité de Twitter et donc nos heures de sommeil.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 15 novembre 2018 dans la revue Current Biology.

    Résultats

    • Les tweets d’environ 0,4% de la population ont été analysés.
    • Ils ont établi un « tweetogramme » en fonction des périodes de sur et sous-activité.
    • Les périodes les plus creuses d’activité sur Twitter correspondaient bien avec les périodes nocturnes des différents comtés.
    • Dans 96% des comtés, le nombre d’utilisateurs a changé de moins de 15% entre le week-end et les jours de semaine (augmentation moyenne de 4% le week-end).
    • Les creux dans le tweetogramme se produisent généralement plus tard le week-end que les jours de semaine et les creux de week-end sont généralement plus larges que les creux de semaine (en moyenne 22 min de plus).
    • Le décalage horaire moyen est de 75 minutes mais il est plus important dans les comtés de l’ouest que dans ceux du centre et de l’est.
    • Plus la population est âgée, plus la proportion d’étudiants est élevée et plus les migrations pendulaires sont tardives, moins le jetlag est important. Sans doute parce que ces personnes ont plus de latitude dans leur emploi du temps de la semaine.
    • Les endroits qui tweetaient plus tard affichaient des taux d’obésité plus élevés.
    • Le décalage varie beaucoup en fonction des saisons : le jetlag social est maximum en février (90mn) et le plus faible en été (30 mn).

     « Impressionné » par les informations de Twitter

    Les chercheurs en concluent que le jetlag social dépend à la fois à des critères géographiques et du style de vie. Or, les scientifiques ont longtemps pensé que cette forme de décalage horaire dépendait essentiellement des saisons et de la quantité de lumière. « En fait, ce n’est pas du tout ce que nous avons trouvé. Les gens se lèvent plus tard en semaine en été parce que leurs contraintes sociales sont plus souples. Le comportement de fin de semaine – et probablement l’horloge biologique d’une personne – ne change pas beaucoup au cours de l’année dans la plupart des comtés. »

    « J’ai été impressionné par tout ce que nous pouvions apprendre de cet ensemble de données purement public qui ne prétendait absolument pas vous parler du sommeil », a déclaré Michael Rust, professeur agrégé de génétique moléculaire, biologie cellulaire et physique, et l’auteur principal de l’étude. À l’avenir, les chercheurs ont déclaré qu’ils aimeraient concevoir des outils pour aider les individus à mieux connaître leur horloge circadienne et à améliorer leur vie en se basant sur leurs propres données temporelles.