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  • « Notre but est de devenir le Netflix des solutions d’IA en radiologie » (F. Moreau, Incepto Medical)

    « Notre but premier est de devenir le Netflix des solutions d’IA en radiologie », a déclaré à Health & Tech Intelligence Florence Moreau, directrice technique et cofondatrice de la start-up Incepto Medical, lors d’une interview accordée en novembre 2018. La jeune société propose en effet une plateforme web unique contenant un catalogue d’applications et de solutions d’intelligence artificielle.

    « Les radiologues, qui voient défiler sous leurs yeux plus de 50 000 coupes dans la même journée, sont demandeurs de ce type d’innovations pour gagner du temps et le passer auprès de leurs patients », ajoute-t-elle, précisant que son équipe envisage un développement à l’échelle européenne.
    Au cours de l’entretien, l’entrepreneuse est revenue en détail sur les spécificités de l’offre proposée par Incepto Medical et a partagé sa vision du développement de l’IA dans le domaine de la radiologie, convaincue que la machine ne remplacera jamais l’humain mais qu’elle pourra, au contraire, faire figure d’un soutien de taille pour alléger la charge de travail des radiologues et donc améliorer le diagnostic en limitant omissions et erreurs dans la lecture des nombreuses images que ces professionnels de santé ont à traiter chaque jour.

    « La collaboration avec les médecins est au cœur de notre démarche »

    Incepto Medical a été créé à Paris en janvier 2018. Depuis quand avez-vous réellement lancé votre activité ?

    Après avoir enregistré les statuts de l’entreprise en janvier, nous avons démarré très vite, avec un premier tour d’amorçage de 950 000 euros.

    Nous sommes 15 collaborateurs à l’heure actuelle, dont trois cofondateurs, moi-même [Florence Moreau est experte en développement de logiciels médicaux en radiologie et spécialisée en mathématiques appliquées], Antoine Jomier, le président, qui apporte son expertise dans le domaine du business et de la vente en imagerie médicale, et le Dr Gaspard d’Assignies, radiologue senior, qui s’intéresse depuis longtemps à l’utilisation de intelligence artificielle (IA) en radiologie.

    Vous dites offrir un écosystème collaboratif pour inventer, développer et distribuer des applications en intelligence artificielle et radiologie dédiées au diagnostic et au traitement des pathologies. Quelles solutions proposez-vous concrètement ?

    La collaboration avec les médecins est vraiment au cœur de notre démarche.

    Tout d’abord, parce que nous répondons à leurs besoins multiples et spécifiques, selon leurs spécialités (cancérologue, spécialiste du genou, etc.), en leur proposant une plateforme unique contenant un catalogue complet d’applications et de solutions d’IA : notre but premier est en somme de devenir le Netflix des technologies d’intelligence artificielle en radiologie. Les radiologues, notamment, qui voient défiler sous leurs yeux plus de 50 000 coupes dans la même journée, sont demandeurs de ce type d’innovations pour gagner du temps et le passer auprès de leurs patients.

    En parallèle, des médecins de premier plan nous aident à co-créer des applications médicales : notre approche consiste donc à apprendre avec ces experts la réalité clinique. Au fond, ce sont eux qui savent ce qu’ils veulent faire « dire » à l’IA. De plus, avant de lancer un produit, nous voulons être sûrs qu’il soit bien validé cliniquement. Leur éclairage est précieux et incontournable.

    Nous remarquons qu’il y a une envie croissante de la part des établissements de soins de travailler sur les questions d’intelligence artificielle mais ils ne savent pas forcément dans quel sens aller. Incepto Medical est là pour les accompagner dans leur démarche ainsi que pour faire le lien entre le monde de la technologie et l’activité clinique.

    Avez-vous déjà noué des partenariats ?

    Nous avons déjà signé trois contrats et un potentiel de 10-15 accords à venir. Nous allons notamment travailler avec le groupe suisse de centres d’imagerie médicale de proximité 3R (Réseau radiologique romand) sur l’IRM du genou et avec le groupe hospitalier Paris Saint-Joseph sur l’occlusion intestinale.

    Nous allons creuser leurs idées pour voir si, scientifiquement, elles ont du sens et valent la peine d’être développées.

    « Nous n’envisageons pas une IA comme substitut du médecin »

    En octobre, lors de votre intervention à l’événement Inno Generation de Bpifrance, vous avez indiqué que l’intelligence artificielle n’avait pas pour vocation, selon vous, à remplacer le médecin. « Il ne suffit pas d’identifier une anomalie, il faut un expert en arrière-plan pour pouvoir correctement interpréter l’image et fournir un diagnostic précis. Si on enlève l’humain, ça ne fonctionne pas ! » (voir article en lien ci-contre)

    Oui, notre conviction c’est que le médecin est une pièce maîtresse du domaine de la santé, qui est le domaine de l’humain par excellence. Il y aura encore besoin de radiologues demain.

    Certes, l’IA peut intervenir en amont, en aide de lecture de l’image plus ou moins automatisée pour accompagner les médecins mais nous n’envisageons pas une intelligence artificielle comme substitut du médecin. Les patients ne sont pas et ne seront jamais prêts, je crois, à accepter que ce soit une IA qui leur annonce un cancer.

    Il existe plusieurs sociétés spécialisées dans l’IA en radiologie, telles que Therapixel et Gleamer. En quoi vous démarquez-vous ?

    Nous ne sommes pas sur le même axe. Therapixel, par exemple, est une entreprise qui développe une solution pour un domaine très précis, la mammographie. Loin d’être un concurrent, c’est au contraire un partenaire business potentiel avec lesquels nous pouvons engager un dialogue pour intégrer son produit à notre plateforme.

    Actuellement, chaque développeur de solutions d’IA se présente sur le marché avec son propre algorithme, ce n’est pas évident pour les professionnels de santé de savoir vers quel produit se tourner. Nous, nous leur proposons d’avoir accès à cette offre en une seule fois, sur une même plateforme.

    De plus, par notre biais, ils n’auront pas à subir le coût d’intégration dans l’hôpital.

    À l’occasion des Journées francophones de la radiologie (JFR), Oliver Clatz, P.-D.G. et cofondateur de Therapixel, avait tenu à rappeler qu’il était primordial que le radiologue comprenne le fonctionnement et les limites des algorithmes automatisant l’analyse des images médicales car il sera « le seul responsable en cas d’erreur » (voir article en lien ci-contre). Les questions de responsabilité vous préoccupent-elles ?

    C’est très important de s’interroger sur ce sujet, et pas seulement du point de vue du radiologue mais aussi du point de vue du concepteur de l’algorithme. Nous discutons de ces problématiques très en amont du processus d’intégration clinique.

    Un développement européen

    Quels sont vos objectifs pour les mois et les années à venir ?

    Notre mission est d’être le pont entre la technologie de l’IA et les médecins. Aujourd’hui, une cinquantaine d’applications utilisant l’intelligence artificielle existent ou sont en cours de développement dans le monde : il faut aider les médecins à recenser les plus performantes, à y accéder et à les utiliser. Il faut aussi leur permettre de créer leur propres applications, adaptées à leurs besoins.

    Nous visons le marché européen qui est naissant et recèle énormément de potentiel. Cet angle européen, nous l’avons depuis le départ : un de nos actionnaires historiques est d’ailleurs l’ancien président de la Société européenne de radiologie (Paul Parizel).

    Côté financement, notre prochaine étape est le lancement d’un tour de financement de série A (objectif non divulgué). Il ne faut pas que nous perdions de temps car certains pays comme les États-Unis, Israël et la Chine sont déjà bien avancés sur le marché.

  • NHS : une mission pour introduire les nouvelles technos dans les programmes de dépistage du cancer

    Le Pr Sir Mike Richards, premier directeur du pôle « oncologie » du NHS et ancien inspecteur en chef des hôpitaux de la Commission de la qualité des soins (CQC), dirigera une refonte majeure des programmes nationaux de dépistage du cancer dans le cadre d’un effort renouvelé visant à améliorer les soins et à sauver des vies, a annoncé le NHS England dans un communiqué publié le 15 novembre 2018.

    Le dépistage précoce des cancers qui se caractérisent par des taux de survie élevés est au cœur du plan à long terme du NHS pour améliorer les services et faire en sorte que les patients bénéficient des nouvelles technologies et des nouveaux traitements.

    Le Pr Mike Richards dirigera une équipe chargée d’évaluer les programmes de dépistage actuels et de recommander une organisation, un développement et une amélioration de ceux-ci. L’enquête a pour but d’examiner les dernières innovations susceptibles d’être utilisées dans ce cadre, notamment les solutions basées sur l’intelligence artificielle, en mettant en place des travaux de recherche et en promouvant l’importance du dépistage auprès d’un maximum de personnes éligibles.

    Ce rapport devra guider leNHS England et à Public Health England dans la définition du meilleur modèle de prestation opérationnel pour les programmes de dépistages existants.

    Des recommandations attendues pour améliorer les programmes de dépistage

    Il existe trois programmes nationaux de dépistage du cancer en Angleterre :

    • le dépistage du cancer du col de l’utérus : offert aux femmes âgées de 25 à 64 ans, avec un dépistage tous les trois ans pour les femmes âgées de moins de 49 ans et tous les cinq ans de 50 à 64 ans ;
    • le dépistage du cancer du sein : offert aux femmes âgées de 50 à 70 ans, les femmes de plus de 70 ans pouvant s’auto-référencer pour un dépistage ;
    • le dépistage du cancer colorectal : offert aux hommes et aux femmes âgés de 60 à 74 ans et un autre test de dépistage est offert aux hommes et aux femmes âgés de 55 ans dans certaines régions d’Angleterre.

    L’introduction de nouvelles technologies de criblage fait partie des objectifs de la mission

    L’enquête pilotée par le Pr Sir Mike Richards, qui devrait présenter son rapport d’ici l’été 2019, permettra d’évaluer les forces et les faiblesses de ces différents programmes de dépistage et de formuler des recommandations sur un certain nombre de points, dont :

    • l’introduction de nouvelles technologies de criblage et la mise à jour des systèmes informatiques ;
      ces recommandations devront également répondre aux questions suivantes :
    • Comment modifier à l’avenir la politique de dépistage ? ;
    • Comment intégrer au mieux les programmes de dépistage à d’autres initiatives conduites par le programme de lutte contre le cancer du NHS pour promouvoir le diagnostic précoce du cancer et d’autres maladies potentiellement mortelles et le placer dans le cadre d’une approche plus large de prévention et d’intervention précoce ? ;
    • Comment commander et mettre en œuvre les programmes de dépistage mais aussi assurer leur qualité à l’avenir ? ;
    • Comment s’assurer que le personnel nécessaire soit formé pour exécuter les programmes ? ;
    • Comment faire en sorte que la recherche et l’évaluation en cours puissent être intégrées au programme de dépistage ?
  • CQC

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  • Le CHU de l’université de Montréal crée la 1ère école de l’IA en santé issue d’un milieu francophone

    Le Centre hospitalier universitaire de l’université de Montréal (CHUM) et l’UdeM ont annoncé la création de la première École de l’intelligence artificielle appliquée au domaine de la santé (ÉIAS) issue d’un milieu francophone, indique l’établissement dans un communiqué publié le 14 novembre 2018 sur son site web.

    L’ÉIAS a pour objectif « d’accompagner et de soutenir les acteurs des systèmes de santé dans l’appropriation, l’implantation et la valorisation de l’IA, au bénéfice des équipes, des patients et de la population ». La formation proposée portera notamment sur l’acceptabilité (sociale, légale, éthique, etc.) et la transformation des métiers, des professions, des pratiques et des équipes mais aussi de l’organisation et du système de santé.

    À partir de janvier 2019, l’école, qui s’adresse à tous les professionnels de la santé, offrira de manière progressive une programmation adaptée aux différents profils des « étudiants » et à leur niveau de maîtrise de l’IA via des dîners-conférences ou des capsules numériques pour les sensibiliser au sujet, un programme diplômant pour perfectionner leurs connaissances et leur maîtrise de l’IA ainsi que des ateliers pratiques, des simulations et une expérimentation sur le terrain.

    « Soutenir les acteurs de la santé au sein de cette transformation par l’IA »

    Le Dr Fabrice Brunet, P.-.D.G. du Centre hospitalier universitaire de l’Université de Montréal (CHUM), indique que l’établissement canadien utilise l’intelligence artificielle et les pratiques innovantes à ses opérations depuis plus de dix ans mais qu’il était temps d’aller plus loin (source : Métro).

    Rayonnement international : une collaboration avec plus de 100 CHU

    « L’école que nous lançons aujourd’hui avec nos partenaires a comme objectif de soutenir les acteurs des systèmes de santé au sein de cette transformation [des soins, de l’enseignement, de la recherche et de la gestion des systèmes de santé par l’intelligence artificielle] en mettant à leur disposition les éléments nécessaires au changement de culture, de structure organisationnelle, de gestion et d’accompagnement des intervenants et de mesures d’impact, tout au long du processus de transformation, explique le Dr Fabrice Brunet (communiqué). Elle est la première école de l’intelligence artificielle au monde issue d’un milieu francophone à se concentrer sur le développement des capacités humaines et l’implantation en milieu réel de l’IA, et permettra au CHUM et à l’université de Montréal de rayonner internationalement grâce à une collaboration avec plus de 100 centres hospitaliers universitaires. »

    « L’IA a déjà commencé à révolutionner la médecine »

    « L’IA a déjà commencé à révolutionner la médecine, souligne le Dr Vincent Oliva, chef du département de radiologie et de médecin nucléaire du Centre hospitalier universitaire de l’Université de Montréal. Elle est aujourd’hui utilisée non seulement pour évaluer le volume cérébral pour la détection de la maladie d’Alzheimer, mais aussi pour évaluer la fonction cardiaque, détecter des nodules pulmonaires et prédire des cancers. Elle va redéfinir et bonifier le rôle de l’imagerie médicale. »

    Une école destinée à tous les professionnels de santé

    L’ÉIAS s’adresse à tous les professionnels de la santé exerçant dans les systèmes de soins et dans les entreprises « directement ou indirectement liées à la santé, incluant tous les déterminants de la santé (environnement, alimentation, urbanisme, économie, etc.) ».

    L’ÉIAS s’appuie sur cinq piliers :

    • le curriculum de formation ;
    • le corps professoral ;
    • les lieux de stage ;
    • le développement de carrière ;
    • la création de valeur.

    Les départements et les services du CHUM en sont partie intégrante, « à la fois comme milieux de stage et comme lieux d’implantation et d’expérimentation de l’IA ».

    Un partenariat multidisciplinaire

    Le Centre hospitalier universitaire de l’université de Montréal collaborera tout d’abord de manière plus étroite avec la faculté des arts et des sciences de l’université de Montréal et Mosaic HEC, le pôle multidisciplinaire de formation et de recherche de HEC Montréal spécialisé en management de l’innovation et de la créativité.

    Des professeurs titulaires et des étudiants contribueront notamment au développement du contenu des activités de l’école.

    L’ÉIAS s’appuiera également sur plusieurs autres partenaires institutionnels et privés.

    La création de l’École de l’intelligence artificielle en santé du CHUM a été annoncée lors de la rencontre Innove-Action, qui s’est déroulée du 13 au 15 novembre 2018 au Centre de recherche du CHUM. Au cours de ces trois journées, plus de 1 200 acteurs du secteur de la santé (professionnels, chercheurs, étudiants, gestionnaires, décideurs, patients et partenaires industriels) ont participé à une quarantaine d’activités interactives réunies sur le thème « Réinventer la santé : intelligence augmentée et innovations ».

  • Healthcare Data Institute :4 propositions pour exploiter les données des patients des réseaux sociaux

    Le Healthcare Data Institute (HDI) a publié le 15 novembre 2018 un livre blanc intitulé Les réseaux sociaux et la santé : un enjeu pour le suivi des patients et la recherche scientifique. Conjointement à cet ouvrage, le HDI a également publié les résultats du sondage* Les données de santé sur internet et les réseaux sociaux, réalisé pour son compte par Odoxa et dont l’objectif visait à cerner les usages des Français des réseaux sociaux en matière de santé.

    L’enquête montre l’intérêt pour la recherche médicale des données de santé qui circulent sur les réseaux sociaux, et sur le web de façon plus générale, alors que le livre blanc :
    • décrit les principaux usages des réseaux sociaux de santé et les catégories de données générées par les patients sur ces réseaux (échanges au sein de communautés de patients sur leur pathologie et leur prise en charge, débats sur des enjeux de santé publique, partage par les utilisateurs d’informations sur leur santé avec les membres de leurs réseaux ou ceux qui les suivent) ;
    • propose une analyse des modalités actuelles d’accès par des tiers aux données échangées sur les principaux réseaux qui passe en général par l’utilisation d’une API (application program interface ou interface de programmation d’application) ;
    • recense les principales utilisations actuelles des données de santé partagées sur les réseaux, à savoir la communication ciblée (campagne de santé publique, recrutement de participants à une étude ou un programme de recherche), leurs finalités (suivi épidémiologique, pharmacovigilance, analyse des parcours de soins) et les méthodologies utilisées ;
    • liste les quatre propositions pour une exploitation responsable des données de santé générées par les patients sur les réseaux sociaux.

    Les réseaux sociaux comme source d’informations sur la santé

    Les réseaux sociaux comme moyen pour faire avancer la recherche

    Les patients utilisent les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, YouTube, Snapchat, etc.) pour échanger, rapporter leurs expériences et s’informer via les forums de discussion. De ce fait, ces mêmes réseaux sociaux constituent d’importantes communautés de patients en ligne.

    Selon les résultats de l’enquête, près d’un tiers des Français a déjà parlé de sa santé sur le web, ce qui constitue un ensemble de 15 millions de témoignages en ligne. Il s’agit là d’une source d’information considérable, puisque couplés à des algorithmes d’IA, ces témoignages constituent un potentiel pour faire avancer la recherche médicale.

    Voici les autres enseignements principaux de l’enquête :

    • les réseaux sociaux sont devenus un support d’expression privilégié pour 29 % des Français, devant les forums spécialisés tels que Doctissimo, Renaloo, Sante AZ, Onmeda, Auféminin (67 %), et les communautés de patients dédiées telles que PatientsLikeMe, Seronet, Respire, Entrepatients ou Carenity (29 %) ;
    • les témoignages de patients en ligne apportent avant tout des informations sur les effets secondaires des médicaments et sur le ressenti des patients ou sur la charge psychologique, même si ces informations peuvent donner lieu à des usages supplémentaires :
      • le suivi des épidémies rendu possible grâce aux tweets géolocalisables ;
      • l’identification des problématiques autour des parcours de soins ;
      • l’analyse de l’opinion publique sur un sujet d’actualité en santé ;
      • les études populationnelles, etc. ;
    • 6 Français sur 10 se déclarent prêts à s’impliquer pour fournir davantage de données.

    Exploiter de manière responsable les données de santé des patients générés sur les réseaux sociaux

    Le Healthcare Data Institute prône une exploitation des données dans l’intérêt des patients dans le respect de leurs droits. En s’appuyant sur les conclusions du groupe de travail pluridisciplinaire constitué en 2017 pour analyser les enjeux et perspectives d’usage des données générées sur les réseaux sociaux en santé, il préconise :

    • de favoriser l’exercice effectif du droit à la portabilité des données de santé générées sur les réseaux sociaux pour permettre l’exploitation de toutes les données partagées, à l’initiative et sous le contrôle des utilisateurs : 
      • les utilisateurs devraient pouvoir « récupérer » leurs données organisées selon les thématiques qui ont généré leur activité (dont la santé) et non selon les catégories d’activités propres aux réseaux sociaux (publications, commentaires, mentions « j’aime », etc.) et les données de l’activité d’un compte devraient pouvoir être partiellement portables, thématique par thématique ; 
      • des fonctionnalités devraient être mises à la disposition des utilisateurs pour leur permettre de transférer directement leurs données à un porteur de projet de recherche, via, par exemple, des outils simples comme des appels au partage de données, sur le modèle des outils existants d’appel aux dons ;
    • de sensibiliser les citoyens à l’existence d’API (application program interface ou interface de programmation d’application) et à leur fonctionnement. Les citoyens devraient être informés précisément mais aussi de manière simple et adaptée des conditions d’utilisation et des catégories d’utilisateurs des API des réseaux sociaux qu’ils utilisent pour permettre une exploitation transparente, respectueuse des droits des utilisateurs des réseaux et sécurisée pour les exploitants de données ;
    • de permettre un accès simplifié et gratuit aux bases comprenant les données rendues publiques sur les réseaux sociaux par leurs utilisateurs, pour les acteurs de la recherche publique et les porteurs de projets de recherche scientifique financés par les pouvoirs publics ou commandés par les pouvoirs publics dans l’exercice de leurs missions de service public ;
    • de développer des partenariats entre les pouvoirs publics et les réseaux sociaux et, dans ce cadre, de mettre à la disposition des pouvoirs publics des modules de ciblage affiné pour permettre une diffusion efficace des campagnes publiques de prévention ou le recrutement de volontaires pour les projets de la recherche publique ou les projets conduits pour le compte des pouvoirs publics dans l’exercice de leurs missions de service public.

  • PLFSS 2019 : en cours d’adoption par le Sénat, le CNPS demande plusieurs aménagements du texte

    Alors que le Sénat a adopté les trois premières parties du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) de 2019 au 15 novembre 2018, le CNPS (Centre national des professions libérales de santé), réclame dans un communiqué plusieurs aménagements du texte afin d’en corriger certains « éléments discutables ».

    L’ensemble du projet de loi sera soumis mardi 20 novembre 2018 à un vote solennel en salle des conférences, à partir de 15h30, après les explications de vote des groupes prévues à 14h30.

    Le PLFSS 2019 adopté au trois quarts de son contenu

    Le Sénat a adopté en séance publique du 13 novembre 2018, sans modification, les articles de la première partie, relative à l’exercice 2017, et de la deuxième partie, relative à l’exercice 2018, du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2019.

    L’adoption de la troisième partie concernant les recettes et l’équilibre pour 2019 a quant à elle été adoptée avec des modifications par 232 voix contre 110 le 15 novembre 2018.

    Le vendredi 16 novembre 2018, le Sénat a poursuivi l’examen des articles du projet de loi, en se penchant sur la quatrième et la dernière partie du PLFSS portant sur les dépenses pour 2019, avec un ordre du jour comportant les 125 amendements restant à examiner.

    Les réclamations du CNPS

    Ainsi, le CNPS prône les modifications suivantes :

    • la suppression de la création d’une réserve prudentielle de 120 millions d’euros sur le sous-Ondam des soins de ville qui va à l’encontre de la volonté du gouvernement d’adosser la réforme de la santé sur les soins de proximité ;
    • la dénonciation du forfait de réorientation des patients pour les services d’urgence, car il vise à rémunérer une absence d’activité, ce que le CNPS considère comme « un non-sens total ». Bien que cette mesure s’inscrive dans la volonté du gouvernement de favoriser la pertinence des soins, elle paraît inadéquate et devrait être remplacée par une valorisation financière des professionnels libéraux prenant en charge des soins non programmés, jugée comme nécessaire ;
    • juguler l’ingérence du législateur dans des domaines relevant de la négociation conventionnelle. Le CNPS estime qu’à travers certaines mesures du PLFSS 2019, le législateur affaiblit le système conventionnel auquel les acteurs tiennent :
      • les pharmaciens d’officine et l’ensemble des professions sont concernés par la mise en œuvre du paiement forfaitaire pour certaines pathologies étendu à partir de 2020 à la ville ;
      • l’élargissement du champ d’intervention du Comité économique des produits de santé (CEPS) pour la fixation des prix.

  • Transport sanitaire pour les établissements de santé : OpenXtrem et Ambuliz s’associent

    La société OpenXtrem, éditeur de logiciels à destination des acteurs de la santé, et la société Ambuliz, plateforme de gestion des transports sanitaires, ont annoncé la signature d’un partenariat afin de permettre la simplification de la gestion de transport sanitaire pour les établissements de santé, grâce au système d’information hospitalier (SIH) OX Mediboard.

    Ce SIH sera couplé à la plateforme d’Ambuliz et permettra ainsi  aux soignants de commander un transport assis ou couché directement depuis le dossier patient, « en un seul clic », indique le communiqué diffusé le 15 novembre 2018. De façon plus globale, ce partenariat permettra aux établissements :
    • de maîtriser leurs flux de transports ;
    • d’améliorer la prise en charge des patients ;
    • de faciliter la relation avec les sociétés de transports.

    Les deux acteurs ambitionnent d’équiper d’ici janvier 2019 une trentaine d’établissements qui pourront ainsi gérer près de 1 000 transports par jour sur tous les territoires.

    Un partenariat gagnant-gagnant au service des établissements de santé

    Ambuliz propose un guichet unique pour la gestion des transports

    Ambuliz a lancé sa plateforme de réservation de transport sanitaire en avril 2018. Elle est utilisable également via une application associée.

    En lançant son outil, la société a souhaité répondre à l’augmentation croissante des dépenses de soins dans le secteur médical.

    Sa solution s’adresse aussi bien aux établissements de santé et aux patients qu’aux transporteurs. Les premiers peuvent réserver une ambulance, un véhicule sanitaire léger (VSL) ou un taxi en deux clics et ils bénéficient ainsi d’un guichet unique pour la gestion des commandes et le suivi des transports. Quant aux transporteurs, l’outil leur permet de simplifier la prise en charge tout en optimisant les flux.

    Mediboard, un SIH déployé dans plus de 100 établissements

    Le SIH d’OpenXtrem est déployé dans plus de 100 établissements de santé au sein des pôles MCO, SSR et psy, en France, en Suisse et en Belgique, qu’il s’agisse de grands groupes hospitaliers ou de centres de chirurgie ambulatoire spécialisés.

    Ce système d’information propose d’optimiser la prise en charge des patients dans un établissement de santé et permet de simplifier son parcours de soin grâce à une solution SaaS.

    La solution portée par les deux entreprises est pensée pour être un projet clé en main. « Nous accompagnons nos clients à la mise en place du projet Transport. Notre objectif est que ce type de projet soit déployé en un temps très réduit de 4 à 6 semaines », a déclaré Olivier Peneaud, responsable des partenariats pour OpenXtrem.

  • HDW 2018 : « Il faut créer une marketplace pour vendre les données patients à la recherche » (Embleema)

    La start-up Embleema, via son application basée sur la blockchain PatientTruth, cherche à placer les patients au centre de l’exploitation des données de santé en leur permettant de partager en ligne ces informations avec les communautés médicales, a expliqué Vincent Galand, operations manager au sein de l’entreprise, à l’occasion de l’afterwork « Valeur de vos données de santé : qui la détient ? », organisé le 13 novembre 2018 par la société Care Insight pour l’association Amiens Cluster, dans le cadre de la Health Data Week (HDW). L’objectif, précise-t-il, est de développer une place de marché pour que ces informations, une fois anonymisées, puissent être vendues à des fins de recherche.

    Lors de la table ronde est revenue une question centrale : comment faire du patient un acteur de ce système et doit-il être rétribué pour l’exploitation de ses données ? Il est ressorti des échanges qu’un travail d’acculturation devait être réalisé par les professionnels de santé et par la mise en place de politiques de santé adaptées afin de gagner en transparence et de gagner la confiance des patients.

    À l’issue de la discussion, Anca Petre, directrice des opérations et co-fondatrice de 23 Consulting, a insisté sur les avantages d’un usage de la blockchain dans le secteur de la santé, permettant une duplication et un stockage sécurisés des données entre tous les acteurs.

    Données de santé : une valeur monétisable

    Aux États-Unis, certaines organisations payent les patients pour qu’elles puissent exploiter leurs données, une procédure qui n’est pas autorisée en France, rappelle Béatrice Falise-Mirat, directrice scientifique de Care Insight. « Comment peut-on financer ces données ? Doit-on rétribuer les producteurs de données ? », questionne-t-elle.

    Selon Isabelle Hilali, directrice générale du Centre de recherches interdisciplinaires (CRI) et administratrice du Healthcare Data Institute, l’essentiel est avant tout de se demander à qui appartient la valeur des données. Elle prend l’exemple du secteur pharmaceutique. « Quand on scanne une ordonnance dans une officine, cette dernière récupère la donnée. La valeur de l’information va être définie en fonction de sa valeur finale. La question est de savoir qui est prêt à l’utiliser. La valeur créée est ainsi monétisable. »

    Enjeu : rendre le patient acteur de l’exploitation des données

    Quid du patient ? « [Il] est assez peu présent dans le processus d’exploitation des données alors qu’il en est à l’origine, souligne Béatrice Falise-Mirat. Comment peut-il devenir acteur ? »

    Embleema envisage une rémunération des patients dont les données peuvent contribuer à la recherche

    Vincent Galand explique que Robert Chu, le P.-D.G. d’Embleema, a voulu à travers son entreprise « créer un système plus centralisé sur le patient ». Il prend en exemple le cas de la patiente Henriette, atteinte d’un cancer de l’utérus. « De par l’étude de son cas, elle a contribué à des avancées pour la science mais elle est décédée dans la pauvreté. Embleema veut éviter cela grâce à la technologie blockchain visant à décentraliser, à « désubériser » ce système. »

    Vincent Galand poursuit en indiquant qu’Embleema a récemment ouvert un consortium avec les régulateurs pour « créer un nouveau monde ». « Nous avons travaillé avec Alain-Michel Ceretti (président de France Assos Santé), qui s’est dit très intéressé ». L’objectif est de « faire gagner du temps en recherche avec des données granulaires et une rémunération des patients qui peuvent contribuer directement à la recherche ». En clair, le but est de développer une place de marché pour que ces données médicales soient vendues à des fins de recherche.

    Des données vendues sans intermédiaire

    Avec l’application PatientTruth proposée par Embleema, basée sur la technologie de la blockchain, les patients peuvent partager leurs données de santé avec les communautés médicales. Pour l’instant, seules les informations provenant des objets connectés de Fitbit sont concernées en France, mais la start-up souhaiterait ajouter à son système les données du dossier médical électronique.

    Lorsque au cours de la table ronde l’entreprise est comparée à PatientsLikeMe, qui agrège les informations issues de son réseau social où des personnes atteintes de certaines maladies spécifiques peuvent échanger des informations sur leur traitement et leur expérience pour vendre des études à l’industrie pharmaceutique, à des assureurs ou à des fabricants d’équipements médicaux, Vincent Galand répond que l’entreprise américaine vend les données directement aux industriels alors qu’avec Embleema, « il y a une « désintermédiation ». Les données sont vendues [à des fins de recherche] sans intermédiaire ».

    Quant à la sécurisation des données, Vincent Galand admet qu’elle n’est pas absolue mais comme il est possible de les décentraliser, « le système est plus sécurisé que les bases de données actuelles ».

    Un problème central : le manque de compréhension et la méfiance des patients vis-à-vis de l’exploitation de leurs données

    Françoise Benon, présidente nationale de France-AVC, insiste de son côté sur le manque d’acculturation des patients face à ce sujet. « [Ils] ne comprennent pas comment sont exploitées leurs données ou ne le savent pas, ils sont méfiants », souligne-t-elle. Elle évoque le PassCare, une carte de santé numérique à destination des adhérents de France-AVC contenant leur dossier de santé et un système de géolocalisation pour intervenir rapidement en cas d’urgence. Dans le cadre de ce projet, « nous sommes confrontés à un problème de méfiance de la part du grand public, décrit-elle. Il y a encore du travail à faire vis-à-vis du patient et du futur patient. »

    « Le patient veut surtout comprendre son état de santé. Puis-je déposer mes données génomiques indépendamment de toute rémunération ? », interroge une personne du public. Vincent Galand répond qu’aux États-Unis, Embleema travaille avec Fitbit et qu’il existe des plateformes de données génomiques afin d’intégrer ces données-là, cependant, en France, précise-t-il, il est « interdit de vendre ses données de santé nominative et de faire séquencer son génome ». « Embleema permet que le patient soit responsable du traitement de l’anonymisation de ses données, qu’il peut revendre mais il n’en est pas obligé. L’intention est d’aboutir à un changement de paradigme, de donner tout le potentiel au patient et de pouvoir faire avancer l’analyse des données. »

    Keynote : « la Blockchain apporte transparence et intégrité » (Anca Petre, 23 Consulting)

    En pleine émergence dans le secteur de la santé, la technologie de la blockchain était au cœur de la keynote proposée à l’issue de la table ronde par Anca Petre, co-fondatrice de 23 Consulting, une start-up française dont l’objectif est d’aider les entreprises de santé à comprendre, à concevoir et à mettre en œuvre des solutions blockchain.

    La blockchain sécurise le partage des données (A. P.)

    Selon elle, « la meilleure façon » de partager des informations médicales avec tous les acteurs du secteur « en tout intégrité » est d’utiliser la blockchain, qui, ajoute-t-elle, « sert à trois choses » : « créer des registres de traçabilité et enregistrer des échanges de valeurs allant d’un destinataire à un autre ». Enfin, elle permet le partage des données à une communauté restreinte d’utilisateurs définis et autorisés.

    Appréhender la blockchain dès maintenant pour ne pas l’utiliser malgré soi

    Anca Petre précise qu’avec cette technologie, qui permet de dupliquer les informations et de les stocker de manière sécurisée entre tous les acteurs autorisés, toutes les parties impliquées bénéficieront d’une copie du registre en question. « La blockchain apporte transparence et intégrité », avance-t-elle.

    Il est essentiel de saisir dès à présent les enjeux de cette technologie et de l’utiliser dès aujourd’hui, bien qu’elle ne soit « pas simple à appliquer », car, sinon, « vous l’utiliserez malgré vous », insiste Anca Petre.

  • Google crée une équipe dédiée à la santé et absorbe la division santé de Deepmind

    Google a créé une nouvelle division dédiée à la santé, Google Health, qui va chapeauter les activités en santé du groupe, indique une annonce diffusée par la source américaine CNBC le 13 novembre 2018. Cette entité va incorporer le laboratoire de Deepmind dédié à l’intelligence artificielle, à l’origine de l’application Streams destinée à améliorer les soins prodigués par les médecins et les infirmières dans le domaine de l’insuffisance rénale.

    L’objectif de cette opération est d’améliorer l’application et de l’étendre à de nouvelles régions.

    En parallèle, Google a annoncé le 8 novembre 2018 la nomination de Dr David Feinberg, un ancien de Geisinger Health, pour piloter ses activités en santé, un secteur que la société évalue à 3 billions de dollars (soit 2,7 billions d’euros). Cette opération s’inscrit dans une stratégie plus globale d’Alphabet visant à renforcer les liens entre les différentes entités et projets dédiés à la santé à travers le groupe.

    Deepmind intègre Google pour propulser Streams

    Deepmind a annoncé sur son blog le 13 novembre 2018 l’intégration de ses activités santé à Google afin de poursuivre le développement de l’application Streams et la vente de celle-ci.

    En dehors de cette application développée pour les besoins du NHS, Deepmind a également travaillé sur des outils permettant :

    • de détecter les maladies oculaires aussi rapidement et avec davantage de précision qu’un expert humain ;
    • de planifier le traitement de radiothérapie du cancer en quelques secondes plutôt qu’en quelques heures ;
    • de détecter la détérioration de l’état des patients à partir des dossiers électroniques.

    Toutes les activités de Deepmind ne sont pas transférées à Google. En effet, la société préserve ses activités de recherche notamment dans le domaine de la recherche fondamentale en utilisant l’intelligence artificielle pour répondre aux défis scientifiques et médicaux actuels, tout ceci en collaboration avec des partenaires académiques.

    Stratégie globale d’unification

    David Feinberg, le nouveau directeur des activités en santé

    Google a embauché David Feinberg, directeur général du groupe Geisinger Health (qui opère un réseau de centres de soin en Pennsylvanie aux États-Unis), pour prendre la direction de la division consacrée aux solutions de santé. Sa mission consistera à forger la stratégie globale de positionnement de Google dans le secteur de santé. Il rejoindra la société le 3 janvier 2018.

    La nouvelle équipe Google Health supervisera la division « produits de santé », qui intègre le matériel de santé, ainsi que l’effort de recherche du groupe. La société a investi jusqu’à présent dans l’introduction des technologies numériques dans le secteur médical, dans la perspective de diversifier son portefeuille en dehors de la publicité et de la recherche.

    Elle doit porter la réorganisation des activités santé dispersées actuellement à travers tout le groupe Alphabet.

    Cette nouvelle suscite quelques craintes quant à l’utilisation des données et l’appropriation de celles-ci par Google, sachant que Deepmind s’est déjà retrouvé épinglé sur le sujet de l’utilisation des données dans le cadre de sa collaboration avec le NHS.

  • HeartFlow (USA) obtient le remboursement de sa techno d’analyse du flux sanguin via la 3D au Japon

    La société de santé numérique HeartFlow, basée en Californie, a franchi une étape majeure dans ses efforts d’expansion internationale après que le ministère de la Santé du Japon a approuvé le remboursement de sa technologie permettant d’analyser le flux de sang artériel par l’intermédiaire d’un procédé novateur.

    L’approche de l’entreprise, HeartFlow Analysis, moins coûteuse et moins invasive que les procédés classiques, consiste en une analyse par tomodensitométrie afin de créer un modèle 3D précis du flux sanguin coronarien et utilise des algorithmes avancés pour mesurer l’impact de la formation de caillots sanguins chez les patients atteints d’une coronaropathie supposée.

    La nouvelle politique de remboursement du Japon entrera en vigueur le 1er décembre 2018 et fera suite aux décisions positives en matière de couverture prises par Medicare et les services de santé nationaux du Royaume-Uni.

    Une techno pour éviter les actes invasifs et donc les risques pour les patients

    HeartFlow affirme que l’utilisation de sa technologie permet aux médecins de prendre des décisions plus économiques et plus sûres pour les personnes soupçonnées de souffrir d’une coronaropathie en évitant les facteurs de risque associés au cathétérisme comme les saignements, les ecchymoses et les infections.

    « La coronaropathie est la principale cause de décès dans le monde mais c’est l’une des pathologies les plus difficiles à diagnostiquer car les symptômes peuvent être vagues, tels que le sentiment d’indigestion jusqu’à l’essoufflement, ou il n’y a tout simplement aucun symptôme apparent, commente John H. Stevens, P.-D.G. de HeartFlow (source : Medcitynews.com). L’absence de diagnostic de coronaropathie peut entraîner une perte d’opportunité pour un traitement vital pour les patients. »

    Selon l’entreprise américaine, les cliniciens ont utilisé l’analyse du flux cardiaque pour faciliter le diagnostic des maladies cardiaques chez plus de 25 000 patients.

    Le Japon, un marché en plein essor dans le domaine de la cardiologie

    John H. Stevens a souligné que le Japon était un marché en pleine expansion entre autres parce que la communauté médicale du pays avait promu la coronarographie par scanner comme diagnostic initial pour les patients atteints d’une maladie artérielle coronaire supposée. Cela alimente directement la source de données pour l’analyse de HeartFlow.

    « Lorsqu’un patient présente des symptômes évoquant une coronaropathie, nous voulons pouvoir [le] diagnostiquer rapidement et efficacement tout en réduisant [les] tests inutiles ou [les] procédures invasives, a déclaré Takashi Akasaka, cardiologue de l’université de médecine de Wakayama, au Japon. Lors d’études cliniques, nous avons pu constater de visu comment l’analyse du flux cardiaque peut aider à améliorer la gestion des patients et à éviter les procédures invasives chez certains patients. L’approbation du remboursement permettra à davantage de médecins et de patients de bénéficier de cette technologie révolutionnaire. »

    Plus de 235 millions d’Américains ont accès à la techno HeartFlow via leur assureur

    En dehors des systèmes de remboursement gouvernementaux, HeartFlow a également progressé du côté des compagnies d’assurance santé privées, notamment l’Américain UnitedHealthcare, qui a récemment étendu l’accès à la technologie de l’entreprise à ses bénéficiaires à travers l’ensemble des États-Unis.

    HeartFlow indique que plus de 235 millions de personnes aux États-Unis ont maintenant accès à sa technologie par l’intermédiaire de leur assureur.

    L’entreprise pourrait être bientôt cotée en bourse

    La société, fondée en 2007 par les scientifiques Charles Taylor et Chris Zarins de l’Université de Stanford, a collecté plus de 475 millions de dollars US (419,8 M €) auprès d’investisseurs, et a récemment été évaluée à 1,5 milliard de dollars (1,3 Md €).

    Son P.-D.G., John H. Stevens, a indiqué précédemment qu’il serait surpris que HeartFlow ne soit pas coté en bourse d’ici la fin 2019 mais qu’il n’avait pas en tête de date précise pour l’objectif d’introduction en bourse de son entreprise.