Après avoir formé une nouvelle unité de reconstitution des chimiothérapies, le centre hospitalier de Dax-Côte d’Argent (FHF), dans les Landes, s’est doté de Drugcam, une technologie inventée par un pharmacien du CH de la Rochelle pour mieux sécuriser la préparation des traitements, en permettant de délivrer « le bon produit à la bonne dose au bon patient », explique sur son site Eurekam, la société française qui commercialise le produit.
« Techniquement, ce système d’analyse vidéo, composé de caméras et d’un logiciel, qui compte deux modules, permet de sécuriser la préparation de chimiothérapies anti-cancéreuses injectables, qui doivent être préparées de façon personnalisée au jour le jour, sans automatisation possible », précise le centre hospitalier de Dax, cité par Sud Ouest dans un article publié le 30 novembre 2018.
Actuellement, 6 pharmaciens et 11 préparateurs se servent de cette technologie au sein de l’établissement, dont la pharmacie fabrique chaque année environ 11 000 chimiothérapies anticancéreuses.
Une vingtaine de centres hospitaliers français exploitent par ailleurs déjà Drugcam. Après avoir été utilisé pendant deux ans à La Rochelle, l’outil a permis d’éviter une erreur par semaine en moyenne, avance son fabricant. Des hôpitaux canadiens et américains seraient intéressés par la solution.
Une assistance par écran
Dans le cadre d’une procédure classique de préparation des traitements, une seconde personne doit être présente pour un contrôle visuel.
Le processus est stoppé si une erreur est repérée par le système
Avec Drugcam, le préparateur est assisté par un écran pendant la manipulation, un « œil numérique » qui lui signale les éventuelles erreurs de flacons ou de volumes prélevés. Dans ce cas, une alerte s’affiche et le processus ne peut reprendre qu’un fois l’erreur corrigée. Ensuite, le pharmacien du service peut vérifier et valider à distance l’ensemble des préparations.
Fonctionnalités
Drugcam est présenté par Eurekam comme une « intelligence vidéonumérique » permettant de sécuriser les fabrications de chimiothérapies en environnement hotte-isolateur.
Accompagné « du module Drugcam Assist, de ses directives dynamiques et de son matériel respectueux de l’environnement de travail », le système effectue :
- une validation automatique et un suivi en temps réel des principes actifs utilisés ;
- une validation automatique et un suivi en temps réel des doses à injecter ;
- une validation automatique de l’étiquetage du véhicule d’administration ;
- une validation automatique des éléments de fabrication identifiables par technologie code-barre ou « datamatrix » (symbologie code-barres bidimensionnelle à haute densité).
Par ailleurs, par le biais du module web Drugcam Control, le professionnel peut réaliser un archivage vidéo de la production et ainsi retrouver facilement « les phases clés de fabrication non validées ».
70 000 euros pour deux équipements
- Investissement de près de 70 000 euros pour deux équipements au centre hospitalier de Dax
- + 20 000 euros de support informatique ;
- le Comité départemental de la Ligue contre le cancer a participé au financement du projet à hauteur de 10 000 euros.