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  • Des chercheurs américains lancent un appel en faveur d’une norme pour le big data (Plos Biology)

    Des chercheurs de l’université de Washington, de la Food and Drug Administration (FDA) et des leaders de l’industrie ont publié un appel* dans la revue PLOS Biology en faveur d’une méthode de communication normalisée pour effectuer le séquençage à haut débit appelée BioCompute. À leurs yeux, cette normalisation est indispensable pour que les données soient communicables et analysables par le plus grand nombre.

    Analyse génomique : nettoyer big data 

    Le séquençage à haut débit produit un très grand nombre de données dont se nourrit la médecine de précision. La génération standardisée de données génomiques permet aux cliniciens, aux chercheurs et aux organismes de réglementation d’évaluer la fiabilité des biomarqueurs générés à partir d’analyses complexes.

    La baisse des coûts et une plus grande accessibilité ont entraîné une prolifération de données qui ont fait progresser le domaine de la bioinformatique. Cependant, même si l’importance du partage des données est établie, l’enregistrement, la création de rapports et le partage des protocoles d’analyse sont souvent négligés.

    Un protocole pour normaliser les échanges de données

    Dans l’espoir d’améliorer le partage des données entre les institutions d’analyse génomique, la Food and Drug Administration américaine et un consortium de recherche dirigé par l’université George Washington ont donc publié un cadre pour la communication des calculs de séquençage à haut débit et l’analyse des données. Cette tentative de rationalisation de l’échange de données appelée BioCompute est en open source depuis plus d’un an.

    « Nous voulons que les paramètres exacts de « biocomputation » soient aussi faciles à obtenir que l’obtention d’une recette pour le saumon, avait déclaré au moment de la publication du document Raja Mazumder, professeur agrégé de biochimie et de médecine moléculaire à l’université Georges Washington. Cela permettra à toute la bioinformatique de connaître les éléments importants de la « recette » pour que tout le monde parle le même langage. »

    Un appel en faveur de la médecine personnalisée

    Manifestement, la recette n’a pas encore été adoptée par le plus grand nombre. Plus d’un an plus tard, les concepteurs de BioCompute lancent un appel dans la revue Plos Biology. Les signataires de cet appel – des chercheurs de la George Washington University (GW), de la Food and Drug Administration (FDA), et des leaders de l’industrie – rappellent que  » sans normes ni infrastructure autour de cette nouvelle technologie, nous ne disposons que d’une base médiocre pour les travaux futurs. Au lieu de nous concentrer sur une nouvelle découverte, nous serons accablés par des inefficacités. Une analyse des données robuste et reproductible est la clé de l’avenir de la médecine personnalisée. C’est pourquoi nous devons créer une norme pour aller de l’avant. »

    Un besoin de traçabilité et d’interopérabilité

    Le protocole BioCompute permet de standardiser le reporting de données génomiques en tenant compte de leur provenance. Dans le seul domaine de la biologie moléculaire, il existe des centaines de bases de données publiques qui conservent, filtrent et annotent les données pour les rendre plus utiles. Seule une poignée d’entre eux conservent les données «source» et assurent donc une vraie traçabilité. Et les systèmes actuels reposent sur des données stockées dans différentes langues informatiques. La normalisation vise aussi l’interopérabilité.

    BioCompute crée une norme unifiée de collecte et de communication des données génomiques. « Sans une infrastructure telle que BioCompute, nous allons créer des silos de données inutilisables, ce qui rendra plus difficile l’élaboration de la recherche » à partir de ce Big Data, ont déclaré les auteurs de cet appel.

    Actuellement, quelque 300 universités et acteurs privés utilisent BioCompute. Selon Gil Alterovitz, PhD, professeur adjoint à la Harvard Medical School et co-auteur de la publication, « nous sommes aujourd’hui à un point d’inflexion », appelant de ses vœux une adoption plus large de cette norme par le monde industriel.

  • Deepmind et les Vétérans mènent des recherches pour prévenir les lésions rénales aiguës aux USA

    L’initiative est née des anciens combattants américains (VA, veteran administration). Les vétérans  collaborent avec la division de recherche sur l’intelligence artificielle (IA) de Google pour prédire les maladies rénales aigües.

    Le projet se concentre sur la prévision de la lésion rénale aiguë (AKI), l’une des affections les plus courantes associées à la détérioration de l’état du patient, et un domaine dans lequel DeepMind Health et le département américain des Anciens Combattants ont une expertise croissante.

    L’objectif est d’utiliser la dernière technologie d’IA et d’apprentissage automatique de Deepmind Health afin d’analyser en détail les tendances d’environ 700 000 dossiers médicaux anonymisés fournis par le Département américain des anciens combattants et d’identifier avec précision les facteurs de risque de l’AKI et de prédire correctement son apparition chez les patients avant que leur état ne se détériore.

    En collaboration avec DeepMind, la division de recherche sur l’intelligence artificielle (IA) de Google, les anciens combattants ont développé un logiciel capable de prédire si un patient pourrait être atteint d’une lésion rénale aigüe ou non. Il y a quelques mois, DeepMind prétendait déjà être en mesure de détecter plus de 50 maladies oculaires avec autant de précision qu’un médecin.

    Grâce aux nouvelles puissances de calculs et aux algorithmes permis par l’IA, les professionnels de santé entrevoient la possibilité de s’orienter vers plus de prévention et de personnalisation, en offrant un meilleur accompagnement au patient et en dotant le personnel soignant d’un nouveau support.

    DeepMind veut faire de la santé sa priorité. La plus grande difficulté pour DeepMind dans les travaux sur les lésions rénales aiguës est l’accès à de grandes quantités de données nécessaires à l’élaboration de l’algorithme. 

    Les recherches de Deepmind  sont centrées sur une technique appelée apprentissage automatique. Les algorithmes interprètent les informations visuelles sous la forme d’images dé-personnalisées (scanners de la tête et du cou du NHS Foundation Trust de l’University College London, du scanner NHS Foundation Trust, de la vue, de la mammographie du Cancer Research UK Imperial Centre).  Les algorithmes apprennent à identifier les problèmes potentiels au sein de ces images et de ces résultats, et à recommander le bon plan d’action à un clinicien.

  • HIMSS19 : value based health care et santé populationnelle, thématiques phares (11-15/02/19 – USA)

    Le Congrès HIMSS – Healthcare Information and Management Systems Society – 2019 aura lieu à Orlando (Floride) du 11 au 15 février 2019. Accueillant plus de 1 200 exposants et 40 000 visiteurs, cet événement est l’une des rencontres majeures de la e-santé organisé annuellement outre-Atlantique.

    Une vingtaine de thème sont à l’agenda du programme cette année. Parmi les thématiques plébiscitées, la valeur en santé (value based health care), la transformation des systèmes de santé et les phénomènes de ruptures occupent une place de choix dans le programme de l’évènement.

    H&TI sera présent  à Orlando et rendra compte en direct des temps forts du Congrès et organisera un webinar le 26 février pour vous présenter les grandes tendances de la santé numérique de demain.

    Le programme détaillé de l’événement, accessible en ligne, ménage cette année encore une place de choix à la gestion populationnelle en santé (ou Population Health Management) et à la valeur en santé (ou value based health care).

    Structuré autour d’une vingtaine de thématiques , le salon ouvrira son édition 2019 autour de la question de la relation avec le patient et l’impact de son évolution sur le système de santé ?(« Is Consumer-Directed Exchange Disrupting the Healthcare Marketplace?« )

    Le programme de conférences sera l’occasion de partager les retours d’expériences de nombreuses organisations de santé ainsi que d’écouter la vision des experts technologiques sur des sujets tels que l’intelligence artificielle (IA) ou la blockchain. 

    Liste des thématiques 2019 :

    • Clinical Informatics & Clinical Engagement
    • Clinicially Integrated Supply Chain
    • Consumer, Patient Engagement & Digital Connected Health
    • Consumerization of Health
    • Culture of Care & Care Coordination
    • Cybersecurity, Privacy & Security
    • Data Science/Analytics/Clinical & Business Intelligence
    • Disruptive Care Models
    • Grand Societal Challenges
    • Health Informatics Education, Career/Workforce Development
    • Health Information Exchange, Interoperability, Data Integration
    • Healthcare Applications & Technologies Enabling Care Delivery
    • Improving Quality Outcomes Through Health Information & Technology
    • Innovation, Entrepreneurship & Venture Investment
    • Leadership, Governance & Strategic Planning
    • Population Health Management & Public Health
    • Process Improvement, Workflow & Change Management
    • Public Policy, Reporting & Risk Management
    • Safe Information & Technology Practices for Patient Care
    • Social, Psychosocial & Behavioral Determinants of Health
    • Telehealth
    • User Experience (UX), Usability & User Centered Design

    H&TI participera au Congrès HIMSS 2019 et rendra compte en direct des tendances marquantes de l’événement.

  • H&T SUMMIT 2018: review the healthcare system by improving quality (roundtable)

    The « what value means for health systems » roundtable, moderated by David Bates, physician, biomedical informatician and professor at Harvard (health policy and management), launched the debate of the Health & Tech For People day. The event, centered on « value-based health care » (VBHC), was held in Paris on December 18, 2018 and was organized by Care Insight .

    For all speakers – Francesca Colombo, Head of the OECD Health Division, Vanessa Candeias, Head of System Initiative on Shaping the Future of Health and Healthcare and a Member of the Executive Committee at the World Economic Forum, and David Blumenthal , president of The Commonwealth Fund – the current pressures on the industry – aging, chronic diseases, costs – require rethinking of health systems. According to them, this evolution should not be done solely by seeking savings but also by improving the quality of the supply of care, especially that felt by the patient.

    This approach is becoming international, even in universal coverage health systems, David Blumenthal said, adding that it is complex, including in countries with a centralized governance of the system.

    This evolution towards a quest for quality involves addressing the following challenges:

    • to collect outcome indicators, particularly on primary care, among older patients with chronic conditions who are primarily seen in the city, with 70% of costs external to the hospital according to David Bates, and patients in general (quality seen by the patient ). These types of data collection are complex. Few indicators exist and the information is difficult to capture;
    • to establish a coherence of the collected information, a difficult task because it exists:
      • a fragmentation of the pathways (primary, hospital but also social);
      • differences in processes and pathways, with the indicators being different in different countries;
      • patient evaluation differences according to the context (country, social …) of well-being or good health conditions (pure clinical indicators are more convergent);
    • to change the habits of health professionals: reluctant to collect indicators, they may be encouraged to collect information but not obliged, David Blumenthal said. They have not been trained for this (autonomy, management practices …);
    • to evaluate practices, with 20% of waste identified in practices and treatments, Francesca Colombo, OECD, said;
    • to try to understand and to make disappear the big differences between countries. The costs can be very different from one country to another, as is the case for example between Germany and France (OECD);
    • to identify who the expert is (voice and choice), which implies different management of the indicators:
      • Is it the health professional who proposes a collection of information?;
      • Is it the patient who knows his pathology and expresses his needs?

    Indicators must be relevant and measurable according to David Blumenthal

    David Blumenthal insisted on the importance of the right choice of indicators: they must not be too numerous, be relevant and measurable. In his view, it is necessary to set up a real task force to validate these indicators without this being too complex a burden for professionals.

    This VBHC evolution can not be done without financial tools: bundled payment (per patient, per pathology, per episode of care), capitation, population-based analyzes, for performance.

    Examples of initiatives by the OECD and the World Economic Forum

    During the roundtable, the OECD and the World Economic Forum described ongoing actions to support the establishment of such health organizations:

    • OECD: PaRIS study, conducted in 19 countries, covers ambulatory care and the following pathologies: breast cancer, hip and knee surgery, mental health. A complex and long investigation, Francesca Colombo said. 

    David Blumenthal stressed the difficulty of getting the voice of patients. We have not yet reached the stage in a system co-managed by patients, he insists.

    • The World Economic Forum wants to work with all stakeholders around key issues identified: IT (broadly defined), health financing models and policy measures.
      • He launched two pilots to move from theory to practice. The first, conducted in Atlanta, focuses on heart failure, the second in Ontario focuses on diabetes.
        In both cases, the pilots have started well, with strong political support (mayors) and actors quickly mobilized, Vanessa Candeias explained. However, there was a slowdown in the project after a change of mayor in both cases. The promoters of the initiative want more people and countries to be involved in the process for the coming years.

    Interview with David Blumenthal (The Commonwealth Fund)

    What does value means for health systems?

    What indicators does the Commonwealth Fund use to assess the performance of a health system?

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  • H&T SUMMIT 2018: building a value-based health system on a national scale (roundtable)

    « In ancient times, medicine was a very simple thing. It was used to promote health, prevent disease, restore health when compromised and minimize suffering. In the 20th century, the idea that production would get better results was imported in the world of health, » said Ricardo Baptista Leite, Member of the Portuguese National Parliament, speaking at « Building a value-based health system on a national scale » roundtable, held during the « value-based health care « (VBHC) Health & tech for people day, organized on December 18, 2018 in Paris by Care Insight.

    Also, “NHS has failed in a certain way because people who have money go to the private sector. More and more, the population is divided.” So, strong reforms are required to avoid cost-driven behaviours and a schism between the private and public sectors.

    « The rise in costs led to a lack of sustainability, » he added, « so, the solution is to get rid of what has no added value and invest strongly at the base of the pyramid. »

    He also said NHS has in his view « failed in a certain way because people who have money go to the private sector. More and more, the population is divided, so, strong reforms are required to avoid cost-driven behaviors and a schism between the private and public sectors. »

    Healthcare expenditures: shifting from a cost-driven mindset to investment-driven mindset

    « Money is not necessarily the major driver and we should drive patients, » said Peter Pitts, President, Center for Medicine in the Public Interest, Former Associate Commissioner, FDA. Besides, David Bates, Professor of Health Policy & Management, Harvard T.H. Chan School of Public Health, added that “in the US, payment is unbelievable and complex: there are thousands of different payers in our institution.”

    Payment should be related to quality to generate better outcomes and not just process and should be done and measured through the electronic health record for a minimum burden to the providers.

    « Tomorrow, we will focus on outcomes instead of reimbursement » (Peter Juhn, Amgen)

    Peter Juhn, Global Head of Value-based Partnerships, Amgen, USA, added that we should « consider the health less as a cost and more as an investment. We have a system where we minimize costs without regards of what those costs could bring us. And if you think about the question of value, you replace the notion of cost by an investment, it takes a different flavor.  » 

    And investments are linked to future outcomes, he said. According to him, another reason to have an investment orientation rather than a cost orientation is because of medicine innovation. « Tomorrow, we will focus on outcomes instead of reimbursement. »

    Peter Juhn illustrates this with an example: 3 or 4 years ago, Sovaldi which is a curative therapy for hepatitis C challenged HC payers by changing the paradigm: “you pay once, and you actually cure the disease. Most payers are used to paying a little bit every year for many years”.

    Also based on this example, Ricardo Leite explained that Portugal was the first country in the world to establish the “pay per cure” system. “Governments will only pay the pharmaceutical company after the clinical cure of hepatitis C is proven.

    That was the first value-based medicine approach in Portugal. « Sadly, it is a single example, » he said. « Doing that when there is a cure is easier than when we have a chronic condition. »

    Collect data at a government stage

    A cornerstone shared by the panellists is that data should be collected by the government, by an agency for example. According to them, there is a huge need to shift to a bigger model, beyond the walls of hospitals and share all these data with collaborative partners.

    And Ricardo Leite goes beyond: « If it is used for research or clinical trials, why not create a citizen refund which would involve patients using their data? » This data collection would give access to

    This data collection would give access to innovation at a local community level.

    « We need to geography data, go micro to make a real change, and if we do it properly, this would create sustainability with the cooperation of the public health, the cornerstone of the health system, » Ricardo Leite said.

    He stressed the importance of collaboration between healthcare providers, hospitals, city halls and the education system “to put that public health prevention at the core of the system.”.

    In addition, David Bates admitted that creating a large data set will be valuable to have large access to patients and at a minimum cost.

    Partnership and transparency between stakeholders

    Peter Juhn alludes to the subject of partnership by declaring that “This is inclusive for all the stakeholders including manufacturers. And manufacturers can bring some interesting expertise, interesting experience and interesting data that can be valuable.”

    According to David Bates, we should consider data exchange as a public good. He pointed out that to reach this goal, we need to make more standards at a national level. And about past experience in the United States, he said that the use of Electronic Medical Record and data exchange promote collaboration and improve care.

    Peter Juhn concluded by assuring that these collaborations will create a system which reduces costs but not the value.

    Educate and engage the patient

    Regarding the US system, Peter Pitts explained that there are some programs to educate the patient supported by the Center for Medicare and Medicaids Service (CMMS) which is a federal agency. He put forward an American concept called “Human by design” which allows the programs to keep a patient’s perspective in mind. And beyond education, some programs will involve the patient to give his inputs, for a drug development by doing trials in real life.

    Predict and prevent the system

    According to Peter Juhn, value-based healthcare is not enough. He took for granted that we have already moved from the fee for service system to an outcome based – value-based healthcare system. He went further by saying that “this is an intermediate level. Where we really need to go, we need to get to a predict and prevent healthcare system. This is the ultimate value.”

    Coming back to the traditional model, he added that “what we have today is a “fix-it” system. We wait for people to get into trouble and we always try to fix them.” In his view, progress in medicine, science and technologies, including data sciences, data analytics offer an unprecedented ability to predict which patient would have risks, which patient will come into trouble.

    Singapore and France as examples

    « What is the best healthcare system? », asked to the speakers Detlev Ganten, Chairman, President et Founder, World Health Summit.

    • Ricardo Leite’s opinion: Portugal was a leader at a European level for electronic prescription. « In collaboration with mayors, at a local level, it allowed to understand the state of health of citizens. » But he warned that collecting data from so many different providers costs a lot. He concluded by recommending to take what is done abroad and adapt it locally.
    • Peter Pitts’ opinion: Singapore is an example but “if we consider Singapore as a country/company, you have to compare the geography, population size, political systems”.
    • Peter Juhn’ opinion: “As for Singapore, they have solved a problem: not having a healthcare budget on an annual circle but a 5-year plan, 10-year plan, 20-year plan.” He pointed out the benefit of having a long-term view.

    • David Bates’ opinion: « France has the best outcomes and is followed by digitalized countries such as Danemark, Sweden, Estonia. These are the leaders in Europe. » He also admitted that France needs to experiment the NHS like in England.

    As a conclusion Dentlev Ganten said that “we want federal management, quality; we want reconsidered costs.”

    Interview with Dentlev Ganten

    What impact does the concept of health value have on the organization of the healthcare in Germany?

    Is value-based health care applicable to all health systems in the world?

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  • H&T SUMMIT 2018: « We need to change the way in which students understand AI » (D. Cole, IBM)

    « We need to change the way we’re educating medical students, and the way in which they understand [artificial intelligence (IA)]. The sooner we get used to it and understand its true capacity, the better care we will be able to provide (information, decisions, face-to-face contact), « said David Cole , IBM Watson Health Head of Business Development and Innovation EMEA, who spoke at « Augmented Reality, AI & Expert Systems « workshop at Health & Tech Intelligence for people international event Value-based health care in the digital era, organized on 18 December 2018 in Paris by Care Insight.

    The specialist talked about the importance of a « collaboration » between humans (radiologist) and the machine (IA) to improve the process of medical image processing , underlining the fact that the IA Watson system of IBM relied on global collaboration to power the tool with multiple images and to move it forward.

    « We need to harness the power of AI the same way we did with fire, which led to our evolution, » said on his side Luc Soler , scientific director of Research Institute against Digestive Cancer (Ircad), and CEO of the online 3D modeling service Visible Patient. The expert presented to the audience the augmented surgery concept, being tested in France and abroad.

    AI to better structure health data (D. Cole, IBM Watson Health)

    Much of the data from cloud computing, analytics, and other new technologies is unstructured, said David Cole, IBM Watson Health Head of Business Development and Innovation EMEA.

    The traditional systems can’t make sense of such unstructured data (images, voice, tweets…), he added. The artificial intelligence (AI) system is trained and learns through interactions.

    An AI smarter than human?

    In 2011, the IBM Watson Computing System won against the human champions during the American Jeopardy TV show (IBM 2011 Grand Challenge).

    Subsequently, the group decided to apply this system to healthcare by testing it at an oncology center in New York.

    Medical record and research data were combined, so that the machine could assists doctors in making better medical decisions

    Bringing American data to the European Union has been a challenge

    Bringing this American data to the European Union has been a challenge for the company, David Cole said. He highlighted two major challenges:

    • Where do you get the data from?
    • Who trains the system?

    « Transparency is necessary, » he said.

    While more than one billion radiology images are produced each year worldwide, there is a global shortage of radiologists, David Cole added. « The question, then, is how to speed up processes?, » he asked, adding that IBM benefits from a global collaboration to feed images to its AI system (machine learning).

    The importance of better AI training for future physicians

    The expert believes that to optimize the use of artificial intelligence in the healthcare sector, it is essential to better train future practitioners. « We need to change the way we’re educating medical students, and the way in which they understand this technology. The sooner we get used to it and understand its true capacity, the better care we will be able to provide (information, decisions, face-to-face contact). « 

    Augmented surgery: a cooperation between the AI and the doctor (L. Soler, Ircad)

    Luc Soler, scientific director of Research Institute against Digestive Cancer (Ircad), focused on the augmented surgery concept (liver surgery).

    The ideal for surgeons would be to have a transparent patient

    « At the end of the day, the ideal for surgeons would be to have a transparent patient… because not seeing what goes on inside leads to errors, » he said. « A solution would be for surgeons to wear a « helmet » that enables augmented reality. »

    In that case, the information feeded to the system comes from CTs or MRIs.

    Double-checking results by technicians

    Artificial intelligence is not fully perfect, it can not work alone, he said. « There are therefore 2 technicians who are responsible for double-checking results. »

    This system can be used to:

    • Preoperative simulation (« This is what it’s mostly used for, today »):
      • patient-specific modeling (v);
      • applicable to any part of the human body;
      • some health insurances are willing to reimburse the use of this system.
    • Hololens helmet (Microsoft) use during surgery:
      • fusion of the modeling image with the real image.

    The next step will be the automation of the system and its « guidance ».

  • H&T SUMMIT 2018: accelerating the pace of health system transformation

    According to Francesca Colombo, Head of the OECD Health Division, accelerating the pace of health system transformation is a « complex problem« , saying that « the challenge is not just to optimize clinical care but also to take into consideration disease surveillance, research, system matching and waste reduction.  » The expert spoke at « Accelerating the Process of Health System Transformation  » roundtable  during the Health & Tech for people event, which was organized at Paris, December 18, 2018 by Care Insight on the theme « value-based health care » (VBHC).

    In total, five international interlocutors expressed themselves on the subject, highlighting the following 4 topics, at the center of the issues related to the acceleration of the transformation of the system:
    governance and confidentiality of data ;
    interoperability ;
    the shift from a hospital-centric to a patient-centric system ;
    health professionals cultural change.

    The discussions were moderated by Vanessa Candeias, Head, Shaping the Future of Health and Healthcare, Member of the Executive Committee, World Economic Forum.

    Data governance rights and privacy (F. Colombo)

    The first step in speeding up the transformation process is to focus on governance and data confidentiality, said Francesca Colombo, Head of the OECD Health Division, who has a deep experience comparing the systems in different countries.

    She said there is still a lot of work to do to reach this standard of privacy.

    The expert recommends dealing with the data on both issues: privacy and data governance rights.

    Interoperability for better performance

    To accelerate the pace of health system transformation, Francesca Colombo also believes that interoperability between systems and hospitals is a fundamental technological improvement.

    She took examples of hospitals which face a lack of communication between one another and practical barriers to share experience on patients. Interoperability should allow to reach this potential value from the data by having a better conversation, a stimulating communication with different stakeholders, said Francesca Colombo.

    Having good standards to have the same terminology and data collection (Mr. Lamiaux)

    And for that, having good standards is necessary to have the same terminology and data collection. Matthieu Lamiaux, Senior Partner & Managing Director, Boston Consulting Group (France), also insisted on having platforms which should have the same semantic when they want to compare the data. « Wires and pipes should be connected » as a single base to measure outcomes, he explained. He illustrated this point with the example of France where data is fragmented so it is difficult to compare data from hospitals and city providers.

    He added, moreover, that EMR should circulate more easily between different Healthcare professionals.

    Matthieu Lamiaux proposes a roadmap

    « The more data you get, the better you measure outcomes, » said Matthieu Lamiaux. He pointed out the example of rare diseases which health professionals get so few data about that they require to have a global scale to compare.

    « How how to collect the data, how to optimize and store them? », asked the expert. Looking at the increase of the players such as IBM, Google or Apple, there are many solutions and we have the complexity in mind and at the same time the innovation on AI, blockchain ».

    He proposes to have a road map to:

    • « have a global vision and keep the key principle as patient centric: there are numerous initiatives and we should match them;
    • collect all these decisions, define them, spot the data you want, with the same language and the same standards;
    • collect use cases which are very important for primary uses, secondary uses. For primary uses, physicians can make the decision that is right for the patient. For secondary uses, extracting a large amount of data from a large group of patients allows to have learning. »

    New processes to shift from hospital-centric to patient-centric

    Every panelist agrees that to shift from a paradigm to another, everybody needs to be at the table. But what is the recipe?

    Anne-Sophie Viard, Government Affairs and Policy Manager, Novo Nordisk (Canada), said that her company « is also working on implementing Value-based healthcare, » adding this is not « a priority but a shared sensibility to be part of the change. »

    « By allowing the manufacturers to deliver outcomes, this allows us to be collectively with the other stakeholders of the HC system and improve it, » she said. « All the actors will find a fulfilment of his own interest. »

    And she added that « by really combining the outcomes, for payers, it will create a positive competition mindset, and lead the industry to make research in the good direction. » In her view, it will help to have a systemic approach to reinvest in innovation. And for patients and providers, it will empower them to make the right decision for the treatment of the patients, she said.

    « By working together, you can raise more budget and also reduce costs and the healthcare burden » but it needs to be implemented step by step, says Henk Veeze, Chairman of the Board & coFounder of Diabeter (Netherlands).

    A good infrastructure to better measure potential drugs side effects (AS, Viard)

    Anne-Sophie Viard also pointed out that a good infrastructure of data on a value-based healthcare system will allow outcomes in real life. This would avoid major drugs crisis, known in the past, in France and in the US. In other words, it means that evaluating drugs in real conditions allows to measure their potential side effects.

    Discussions are not only about costs but also about business strategy (V. Candeias)

    Vanessa Candeias, concludes by saying that these discussions are not only about costs and technique but also about business strategy.

    According to her, the more viable business strategy is for companies in this place, the more scale we will be able to bring this effort collectively. « Processes have to be aligned with the business objectives to accelerate the transition and leapfrog the system, » she said.

    Cultural change and incentives

    To tackle interoperability, AI, new processes and to be outcome-orientated, a deep cultural change is required. Joshua Tepper, President and Chief Executive Officer of Health Quality Ontario, who has a deep experience in managing hospitals says that it is an ongoing process.

    The culture of change also means the culture of transparency. Matthieu Lamiaux emphasized that transparency is linked to reputation. The more transparent a structure is, the better its reputation becomes. « Thanks to outcomes based on big data, what is interesting is to compare the evolution disease after disease, year after year, based on real facts, » he said. « And it nourishes transparency and reputation. This is a virtuous circle. »

    In addition, Henk Veeze said that regarding data, we must add “context data otherwise people will think it is meaningless.” In his view, it will allow the healthcare providers to have the full picture of each patient and, thanks to AI and machine learning, deliver the right treatment.

    But how can we encourage the culture of change? What could motivate healthcare professionals to change their behaviors?

    Francesca Columbo, who admitted that getting incentives is difficult, analyses that in traditional models, salary was raised as a motivation. But she says that we did not get the results we wanted.

    Experimentation in France and other countries has been conducted about new mechanisms with population based, pay for performance, package payment and the conclusion is that it leads to reporting.

    And by this, “another idea is to change what we measure; so, step by step, behaviors will change. healthcare professionals adapt to the incentives and change their behaviors to make sure they will maximize their refunds so, keep on changing what we measure and what we base their incentives on, they will adapt, and they will start to have behaviors that might be what you want in the short term and in the longer term”. She concluded that “it is a continuing adaptation”.

  • H&T SUMMIT 2018 : accélérer le processus de transformation du système de santé

    Health&Tech Intelligence et le Cercle Numérique et santé ont organisé leur 2eme conférence internationale le 18 décembre 2018 à l’Institut Imagine (Paris). H&TI vous propose une synthèse des principales tables rondes et des entretiens avec les intervenants.

    Selon Francesca Colombo, responsable de la division « santé » à l’OCDE, l’accélération de la transformation du système des soins est un « problème complexe« , estimant que « l’enjeu n’est pas seulement d’optimiser les soins cliniques mais aussi de prendre en considération la surveillance des maladies, la recherche, la concordance des systèmes et la réduction des déchets ». La spécialiste est intervenue lors de la table ronde « Accélérer le processus de transformation du système de santé » (« Accelerating the pace of health system transformation« ).

    Au total, cinq interlocuteurs internationaux se sont exprimés sur le sujet, mettant en avant les 4 sujets suivants, au centre des enjeux portant sur l’accélération de la transformation du système :
    la gouvernance et la confidentialité des données ;
    l’interopérabilité ;
    le passage d’un système centré sur l’hôpital à un système centré sur le patient ;
    le changement culturel à adopter du côté des professionnels de santé.

    Les échanges ont été modérés par Vanessa Candeias, responsable de l’initiative sur la santé mondiale et les systèmes de santé au Forum économique mondial.

    Gouvernance et confidentialité des données (F. Colombo, OCDE)

    La première étape pour accélérer le processus de transformation est de se concentrer sur la gouvernance et la confidentialité des données, estime Francesca Colombo, responsable de la division « santé » à l’OCDE, qui a une certaine expérience de la comparaison des systèmes de différents pays.

    Elle indique qu’il y a encore beaucoup de travail à réaliser pour atteindre une norme en termes de confidentialité.

    Elle recommande de traiter la question des données en se focalisant sur deux aspects : le droit à la vie privée et le droit relatif à la gouvernance des données.

    L’interopérabilité pour de meilleures performances

    Pour accélérer le processus de transformation du système de santé, Francesca Colombo estime également que l’interopérabilité entre les systèmes et les hôpitaux constitue une amélioration technologique fondamentale.

    Elle prend en exemple les hôpitaux, confrontés à un manque de communication entre eux et à des obstacles pratiques pour partager leurs expériences. L’interopérabilité devrait permettre d’atteindre cette valeur potentielle recherchée à partir des données par des échanges facilités et une communication stimulante avec différentes parties prenantes, note Francesca Colombo.

    L’importance de normes et de bases claires et unifiées (M. Lamiaux, BCG)

    Pour cela, il est nécessaire de mettre en place des normes claires afin de disposer de la même terminologie et du même processus de collecte de données. Matthieu Lamiaux, associé principal et directeur général de Boston Consulting Group (France), insiste également sur l’importance de l’existence de plateformes basées sur la même sémantique pour la comparaison des données. « Les fils et les tuyaux doivent être connectés » comme une base unique pour mesurer les résultats, explique-t-il. Il illustre ce point avec l’exemple de la France, où les données sont fragmentées et où il est donc difficile de comparer les données des hôpitaux et des prestataires de services urbains.

    Il ajoute, par ailleurs, que le DME devrait circuler plus facilement entre les différents professionnels de la santé.

    Construire une feuille de route coordonnée

    « Plus vous avez de données, mieux vous mesurez les résultats », souligne Matthieu Lamiaux. Il cite l’exemple des maladies rares pour lesquelles les professionnels de la santé ne disposent pas assez de données pour pouvoir effectuer une comparaison à l’échelle mondiale.

    « Comment collecter les données, comment les optimiser et les stocker ?, interroge le spécialiste. Face à l’augmentation du nombre d’acteurs tels que IBM, Google ou Apple, il existe de nombreuses solutions [pour innover, notamment dans les domaines de] l’IA et de la blockchain. »

    Il propose de concevoir une feuille de route pour :

    • « avoir une vision globale et garder comme principe clé une approche centrée sur le patient : il existe de nombreuses initiatives et nous devons les faire correspondre ;
    • rassembler toutes ces décisions, les définir, repérer les données dont les professionnels ont besoin, en utilisant le même langage et les mêmes normes ;
    • collecter des cas d’utilisation très importants pour les utilisations principales et secondaires. Pour les utilisations principales, les médecins peuvent prendre la décision qui convient pour le patient. Pour les utilisations secondaires, l’extraction d’une grande quantité de données d’un groupe important de patients permet de tirer des enseignements. »

    Passer d’un système centré sur l’hôpital à un système centré sur le patient

    Pour passer d’un système centré sur l’hôpital à un système centré sur le patient, chaque intervenant convient que tout le monde doit se retrouver autour d’une pour se mettre d’accord. Mais quelle est la recette à appliquer ?

    Anne-Sophie Viard, responsable des affaires gouvernementales et des politiques à Novo Nordisk (Canada), indique que sa société « travaille [elle aussi] à la mise en œuvre de soins fondés sur la valeur », précisant qu’il ne s’agit pas d’ »une priorité mais [d’]une sensibilité partagée pour faire partie du changement ».

    « En permettant aux fabricants de produire des résultats, cela nous permet d’être collectivement présents avec les autres parties prenantes du système de santé et de l’améliorer, explique-t-elle. Tous les acteurs vont aboutir à un accomplissement de leur propre intérêt. »

    Et elle ajoute qu’ »en combinant réellement les résultats pour les payeurs, cela créera un état d’esprit positif en matière de concurrence et incitera l’industrie à faire de la recherche dans la bonne direction ». Il sera selon elle utile d’adopter une approche systémique pour réinvestir dans l’innovation. Et pour les patients et les prestataires, cela leur donnera les moyens de prendre la bonne décision pour le traitement des patients, poursuit-elle.

    « En travaillant ensemble, vous pouvez augmenter votre budget et réduire les coûts et le fardeau des soins » mais cela doit être mis en œuvre progressivement, commente de son côté Henk Veeze, président du conseil d’administration et co-fondateur de Diabeter (Pays-Bas).

    Une bonne infrastructure de données pour mieux mesurer les effets secondaires potentiels des médicaments (A-S. Viard)

    Anne-Sophie Viard a également souligné le fait qu’une bonne infrastructure de données sur un système de santé fondé sur la valeur permettrait d’obtenir des résultats concrets. Cela éviterait des crises majeures liée aux médicaments, comme ce fut le car dans le passé en France et aux États-Unis. En d’autres termes, cela signifie que l’évaluation des médicaments dans des conditions réelles permettrait de mieux mesurer leurs effets secondaires potentiels.

    Penser aussi à une stratégie commerciale viable (V. Candeias)

    Vanessa Candeias, responsable de l’initiative sur la santé mondiale et les systèmes de santé au Forum économique mondial, conclut sur ce sujet en affirmant que les discussions ne doivent pas porter uniquement sur les coûts et la technique mais également sur la stratégie commerciale.

    Selon elle, plus la stratégie commerciale est viable pour les entreprises de ce secteur, plus l’effort pourra être déployé collectivement. « Les processus doivent être alignés sur les objectifs de l’entreprise pour accélérer la transition et dépasser le système », avance-t-elle.

    Changement culturel et incitations

    Pour s’attaquer à l’interopérabilité, à l’IA, aux nouveaux processus et améliorer les résultats, un changement culturel profond est nécessaire. Joshua Tepper, président et chef de la direction de Qualité des services de santé Ontario, qui possède une vaste expérience dans la gestion d’hôpitaux, affirme qu’il s’agit d’un processus continu.

    La culture du changement signifie également la culture de la transparence. Matthieu Lamiaux souligne que la transparence est liée à la réputation. Plus une structure est transparente, meilleure est sa réputation. « Grâce aux résultats obtenus à partir de l’analyse de données massives, il est intéressant de comparer les informations, année après année, maladie après maladie, sur la base de faits réels, avance-t-il. Cela nourrit la transparence et la réputation. C’est un cercle vertueux. »

    En outre, Henk Veeze pense, qu’en ce qui concerne les données, il est nécessaire d’ajouter « des données de contexte, sinon les gens penseront que cela n’a pas de sens ». Selon lui, cela permettra aux prestataires de soins d’avoir une vision complète du profil de chaque patient et, grâce à l’IA et à l’apprentissage automatique, de fournir le bon traitement.

    Comment, cependant, encourager la culture du changement ? Qu’est-ce qui pourrait motiver les professionnels de la santé à changer leurs comportements ?

    Francesca Columbo, qui admet qu’il est difficile d’obtenir des incitations, a expliqué que, dans les modèles traditionnels, le salaire était une motivation. Néanmoins, elle indique ne pas avoir obtenu les résultats escomptés jusqu’alors.

    Des expériences en France et dans d’autres pays ont été menées sur de nouveaux mécanismes avec population, rémunération au rendement, paiement forfaitaire et la conclusion est que cela conduit à la déclaration.

    « Une autre idée est de changer ce que nous mesurons ; alors, pas à pas, les comportements vont changer, indique-t-elle. Les professionnels de la santé s’adaptent aux moyens d’incitation et changent de comportement pour s’assurer de maximiser leurs remboursements. Par conséquent, continuons à changer ce que nous mesurons et ce sur quoi nous fondons leurs incitatifs, ils s’adapteront et ils commenceront à adopter les comportements souhaités à court et à long terme ».

    Il s’agit selon elle d’une « adaptation continue ».

  • H&T SUMMIT 2018 : construire un système de santé fondé sur la valeur à l’échelle nationale

    Health&Tech Intelligence et le Cercle Numérique et santé ont organisé leur 2eme conférence internationale le 18 décembre 2018 à l’Institut Imagine (Paris). H&TI vous propose une synthèse des principales tables rondes et des entretiens avec les intervenants.

    « Durant l’Antiquité, la médecine était une chose très simple. Elle était utilisée pour promouvoir la santé, prévenir les maladies, rétablir la santé lorsqu’elle était compromise et minimiser les souffrances. Au XXième siècle, l’idée qu’une plus importante production permettrait d’obtenir de meilleurs résultats a été importée dans le monde de la santé », observe Ricardo Baptista Leite, membre du Parlement national portugais, intervenu lors de la table ronde « Building a value based health system on a national scale ».

    « La hausse des coûts a entraîné un manque de durabilité, a-t-il ajouté. La solution est donc de se débarrasser de ce qui n’a aucune valeur ajoutée et d’investir fortement à la base de la pyramide ».

    Il note par ailleurs que le modèle mis en place par le NHS a selon lui « échoué d’une certaine manière » car les personnes qui ont davantage d’argent se tournent vers le secteur privé. « La population se retrouve de plus en plus divisée. Des réformes importantes sont donc nécessaires pour éviter les comportements induits par les coûts des soins et un schisme entre les secteurs privé et public ».

    Dépenses de santé : penser investissement plutôt que coût

    « L’argent n’est pas nécessairement le principal moteur, estime Peter Pitts, président du Center for Medicine in the Public Interest et ancien commissaire associé de la FDA (États-Unis), qui a participé à la table ronde. Nous devrions orienter les résultats des patients dès le départ et impulser un comportement fondé sur le remboursement ».

    David Bates, professeur de politique et de gestion de la santé à Harvard T.H. Chan School of Public Health (États-Unis), précise de son côté qu’aux États-Unis le système de paiement est « complexe : il existe des milliers de payeurs différents ».

    Le paiement doit être lié à la qualité pour générer de meilleurs résultats et non pas être uniquement un processus mais il doit être effectué et mesuré à l’aide d’un dossier de santé électronique pour un fardeau minimal pour les fournisseurs.

    « Demain, nous nous concentrerons sur les résultats plutôt que sur le remboursement » (Peter Juhn, Amgen)

    Peter Juhn, vice-président et responsable des partenariats mondiaux basés sur la valeur à Amgen (États-Unis), ajoute que nous devrions « considérer la santé moins comme un coût et plus comme un investissement. Nous avons un système dans lequel nous minimisons les coûts sans nous soucier de ce qu’ils pourraient nous apporter. Et si vous réfléchissez à la question de la valeur, vous remplacez la notion de coût par celle d’investissement, cela prend un aspect différent ».

    Et les investissements sont liés aux résultats futurs, estime-t-il. L’innovation en matière de médecine est selon lui une autre raison de privilégier les investissements. « Demain, nous nous concentrerons sur les résultats plutôt que sur le remboursement. »

    Peter Juhn cite en exemple Sovaldi, un traitement curatif des patients souffrant d’hépatite C qui a changé a changé de paradigme il y a trois-quatre ans. « Vous payez une fois et vous guérissez réellement de la maladie. Or, la plupart des payeurs sont habitués à payer un peu chaque année pendant de nombreuses années. »

    Également basé sur cet exemple, Ricardo Leite explique que le Portugal a été le premier pays au monde à mettre en place le système de « paiement par traitement ». « Les gouvernements ne paieront la société pharmaceutique qu’après que la guérison clinique de l’hépatite C aura été prouvée. »

    Ce fut la première approche de médecine fondée sur la valeur au Portugal. « Malheureusement, c’est un exemple unique, note-t-il. Il est plus facile de faire cela quand il y a une guérison possible que lorsqu’il s’agit d’une maladie chronique. »

    Recueillir des données à un stade gouvernemental

    Un élément fondamental partagé par les intervenants de la table ronde est que les données devraient être collectées par le gouvernement, par exemple par une agence. Il est selon eux nécessaire de passer à un modèle plus vaste, au-delà des murs des hôpitaux, et de partager toutes ces données avec des partenaires.

    Et Ricardo Leite va au-delà : « S’il est utilisé pour la recherche ou les essais cliniques, pourquoi ne pas créer un remboursement au citoyen impliquant les patients utilisant leurs données ? Cela favoriserait davantage de recherches ou d’essais cliniques.

    Cette collecte de données donnerait accès à l’innovation au niveau des communautés locales.

    « Nous avons besoin de données géographiques, de passer au niveau micro pour obtenir un vrai changement. Si nous le faisons correctement, cela créerait une durabilité avec la coopération de la santé publique, la pierre angulaire du système de santé », explique Ricardo Leite.

    Il insiste sur l’importance d’une collaboration entre les prestataires de soins, les hôpitaux, les mairies et le système éducatif « afin de placer la prévention de la santé publique au cœur du système ».

    Par ailleurs, David Bates admet que la création d’un grand ensemble de données sera précieuse pour permettre un large accès aux patients et à un coût minimum.

    Partenariat et transparence entre les parties prenantes

    Peter Juhn a fait allusion à un partenariat en déclarant qu’il devait être « inclusif pour toutes les parties prenantes, y compris les fabricants », des derniers pouvant apporter selon lui « une expertise, une expérience et des données intéressantes qui peuvent être utiles. »

    Selon David Bates, il faudrait considérer l’échange de données comme un bien public. Il souligne que pour atteindre cet objectif, davantage de normes doivent être élaborées au niveau national. En parlant d’expériences passées aux États-Unis, il indique que l’utilisation de système de dossiers de santé numériques et l’échange de données favorise la collaboration et améliore les soins.

    Peter Juhn conclut en assurant que ces collaborations créeront un système qui réduira les coûts mais pas la valeur.

    Éduquer et engager le patient

    En ce qui concerne le système américain, Peter Pitts explique qu’il existe certains programmes d’éducation du patient soutenus par le Centers for Medicare and Medicaid Services (CMMS), une agence fédérale. Il propose un concept américain appelé « Human by design », qui permet aux programmes de garder à l’esprit la perspective du patient. Et au-delà de l’éducation, certains programmes impliqueront le patient dans le développement d’un médicament en faisant des essais dans la vie réelle.

    Prédire et prévenir le système

    Selon Peter Juhn, les soins basés sur la valeur ne suffisent pas. Il prend pour acquis que nous sommes déjà passés du système de paiement à l’acte à un système de santé basé sur les résultats et la valeur. Il va plus loin en disant qu’il s’agit d’un « niveau intermédiaire ». « Nous devons arriver à un système de prévision et de prévention de soins. C’est la valeur ultime. »

    En ce qui concerne le modèle traditionnel, il le décrit comme « un système réparateur. « Nous attendons que les gens rencontrent des problèmes et nous essayons de les résoudre. » Selon lui, les progrès de la médecine, de la science et des technologies, y compris la science des données et l’analyse des données, offrent une capacité sans précédent de prédire quel patient aura tel ou tel risque et quel patient rencontrera des problèmes de santé.

    Singapour et la France cités en exemple

    Les intervenants ont été amenés à s’exprimer sur l’existence d’un éventuel pays à suivre en matière de système santé.

    • Avis de Ricardo Leite : le Portugal fait partie des leaders européens en matière de prescription électronique. « En collaboration avec les maires, au niveau local, il a permis de comprendre l’état de santé des citoyens ». Mais il prévient que la collecte de données auprès de nombreux fournisseurs coûte très cher. Il conclut en recommandant d’adapter localement les bonnes initiatives entreprises à l’étranger.
    •  Avis de Peter Pitts : Singapour est un exemple mais « si nous considérons Singapour comme un pays, vous devez comparer la géographie, la taille de la population et le système politique ».
    • Avis de Peter Juhn : « La cité-État a résolu un problème : ne pas prévoir un budget de santé sur un cycle annuel mais un plan quinquennal et décennal ». Il souligne l’avantage d’avoir une vision à long terme.
    • Avis de David Bates : «La France a les meilleurs résultats et est suivie par les pays numérisés tels que le Danemark, la Suède et l’Estonie. Ce sont les leaders en Europe. » Il admet également que la France doit expérimenter le NHS comme en Angleterre.

    En conclusion, Detlev Ganten, président et fondateur du Word Health Summit et modérateur de la séance, a déclaré : « Nous voulons une gestion fédérale de la qualité ; nous voulons des coûts reconsidérés ».

    Entretien avec Detlev Ganten

    Quel est l’impact du concept de la valeur en santé sur l’organisation du système de santé en Allemagne ?

    Les soins de santé basés sur la valeur sont-ils applicables à tous les systèmes de santé du monde ?

    Retrouvez l’ensemble des vidéos du H&T SUMMIT 2018 sur la chaîne YouTube Numérique & Santé by Care Insight.

  • H&T SUMMIT 2018 : repenser le système de soins en améliorant la qualité ressentie par le patient

    Health&Tech Intelligence et le Cercle Numérique et santé ont organisé leur 2eme conférence internationale le 18 décembre 2018 à l’Institut Imagine (Paris). H&TI vous propose une synthèse des principales tables rondes et des entretiens avec les intervenants.

    La table ronde « what value means for health systems », dont les interventions étaient modérées par David Bates, professeur à Harvard (« health policy and management« ), a lancé le débat de la journée Health & Tech For People en posant les fondamentaux.

    Pour tous les intervenants – Francesca Colombo responsable de la division « santé » de l’OCDE, Vanessa Candeias, responsable de l’initiative mondiale pour la santé et des systèmes de santé du Forum économique mondial, et David Blumenthal, président du Fonds du Commonwealth – , les pressions actuelles exercées sur l’industrie – vieillissement, pathologies chroniques, coûts – obligent à repenser les systèmes de santé. Selon eux, cette évolution ne doit pas se faire uniquement en cherchant à réaliser des économies mais aussi en améliorant la qualité de l’offre de soins, en particulier celle ressentie par le patient.

    Cette démarche est en train de devenir internationale, même dans les systèmes de santé à couverture universelle, note David Blumenthal, indiquant qu’elle est complexe, y compris dans des pays avec une gouvernance centralisée du système.

    Cette évolution vers une recherche de la qualité implique de relever les défis suivants :

    • recueillir des indicateurs de résultats, en particulier sur les soins primaires, auprès des patients âgés atteints de maladies chroniques essentiellement suivis en ville, 70 % des coûts étant externes à l’hôpital selon David Bates, et des patients en général (qualité vue du patient). Ces types de collecte de données sont complexes. Peu d’indicateurs existent et les informations sont difficiles à capter ;
    • établir une cohérence des informations recueillies, une tâche difficile car il existe :
      • une fragmentation des parcours (primaire, hôpital mais aussi social) ;
      • des différences dans les processus et les parcours, les indicateurs étant par ailleurs différents en fonction des pays ;
      • des différences d’évaluation par les patients selon les contextes (pays, social…) des conditions de bien-être ou de bonne santé (les indicateurs cliniques purs sont plus convergents) ;
    • faire évoluer les habitudes des professionnels de santé : peu enclins au recueil d’indicateurs, ils peuvent être incités à récolter des informations mais pas obligés, note David Blumenthal. Ils n’ont pas été formés pour cela (autonomie, management des pratiques…) ;
    • évaluer les pratiques, 20 % de gâchis étant identifié dans les pratiques et les traitements, indique Francesca Colombo, de l’OCDE ;
    • essayer de comprendre et de faire disparaitre les grandes différences entre pays. Les coûts peuvent être très différents d’un pays à l’autre, comme c’est par exemple le cas entre l’Allemagne et la France (OCDE) ;
    • identifier qui est l’expert (voice and choice), ce qui implique une gestion différente des indicateurs :
      • soit c’est le professionnel de santé qui propose un recueil des informations ;
      • soit c’est le patient qui connait sa pathologie et exprime ses besoins.

    Les indicateurs doivent être pertinents et mesurables selon David Blumenthal

    David Blumenthal insiste sur l’importance du bon choix des indicateurs : ils ne doivent pas être trop nombreux, être pertinents et mesurables. Il faut mettre en place selon lui une véritable force opérationnelle (task force) pour valider ces indicateurs sans que cela soit un fardeau trop complexe pour les professionnels.

    Cette évolution « VBHC » ne peut se faire sans des outils financiers : bundled payment (forfaits par patient, par pathologie, par épisode de soins), capitation (impôt par tête), des analyses basées sur la population (population-based) afin d’optimiser la performance.

    Exemples d’initiatives portées par l’OCDE et le Forum économique mondial

    Au cours de la table ronde, l’OCDE et le Forum économique mondial ont décrit des actions en cours pour accompagner la mise en place de telles organisations de santé :

    • OCDE : étude PaRIS. Réalisée dans 19 pays, elle porte sur l’ambulatoire et les pathologies suivantes : cancer du sein, chirurgie de la hanche et du genou, santé mentale.
      Une enquête complexe et longue, commente Francesca Colombo.

    David Blumenthal souligne de son côté la difficulté d’obtenir la voix des patients. Nous ne sommes pas encore parvenu au stade dans un système co-géré par les patients, insiste-t-il.

    • Le Forum économique mondial souhaite travailler avec tous les acteurs autour de points clés identifiés : l’IT (au sens large), les modèles de financement de la santé et les mesures politiques.
      • Il a lancé deux pilotes afin de passer de la théorie à la pratique. Le premier, mené à Atlanta, est centré sur l’insuffisance cardiaque, le deuxième, mené dans l’Ontario, est axé sur le diabète.
        Dans les deux cas, les pilotes ont bien démarré, avec un fort soutien politique (maires) et des acteurs rapidement mobilisés, explique Vanessa Candeias. Il y a cependant eu un fort ralentissement du projet après un changement de maire dans les deux cas. Les porteurs de l’initiative veulent que davantage de personnes et de pays soient impliqués dans la démarche pour les prochaines années.

    Entretien avec David Blumenthal (Fonds du Commonwealth)

    Que signifie la valeur pour les systèmes de santé ?

    Quels indicateurs utilise le Fonds du Commonwealth pour évaluer la performance d’un système de santé ?

    Retrouvez l’ensemble des vidéos du H&T SUMMIT 2018 sur la chaîne YouTube Numérique & Santé by Care Insight.