La société eVeDrug a présenté plusieurs projets de pharmacovigilance basés sur le numérique et développés avec des associations de patients. Les solutions sont basées notamment le crawling de réseaux sociaux pour détecter les effets indésirables (EI) qui n’ont pas été spontanément déclarés, voire qui ne sont pas répertoriés dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) de l’ANSM.
Les différentes technologies ont été dévoilées à l’occasion du premier club utilisateurs organisé par l’éditeur de logiciels fin janvier 2019. « Certains découvraient qu’il existait des systèmes numériques de santé en pharmacovigilance, explique à Health & Tech Intelligence Claude Touche, président de eVeDrug, à propos de l’événement. Nous voulions montrer que cette vielle discipline pouvait être moderne et ne se limitait pas à la remontée d’EI par des professionnels sur une base de données institutionnelle. »
EVeDrug développe des systèmes informatiques dédiés aux vigilances sanitaires (bases de données externalisées, formulaires de déclarations et applications mobiles) en faisant appel aux différents acteurs de santé : industrie pharmaceutique, scientifiques, techniciens informatiques mais aussi associations.
My eReport : allier vigilance sanitaire et e-santé
Le premier exemple présenté concernait le cas de récupération de données de pharmacovigilance pour un médicament déjà commercialisé.
My eReport permet à toute personne qui a pris un produit de santé de saisir les effets indésirables (EI) ou secondaires à partir d’un terminal mobile (smartphone ou tablette iOS/Android) ou d’un ordinateur avec une connexion internet. La déclaration peut être faite par un proche ou un professionnel de santé.
Placer le patient au centre du processus pour restaurer sa confiance dans le système de santé
« Nous accompagnons l’émergence des nouveaux outils et de nouveaux modèles d’interactivité, détaille Claude Touche, président de eVeDrug. Nous souhaitons restaurer la confiance entre les patients et leur système de santé en plaçant le principal intéressé au centre. »
Mobiliser les associations
Le changement de paradigme s’effectue en associant les associations aux développement des applications.
Un projet multipartite associe industriels, institutionnels, start-ups et surtout des associations de patients, notamment Patients en réseaux, qui a développé la plateforme Mon réseau cancer du sein. Il s’agit d’accompagner et de suivre des patients sous traitements anti-cancers à domicile.
Via Continuum Plus, les infirmières déclarent pour des patientes atteintes de cancer du sein afin d’effectuer une remontée vers les institutionnels. Pfizer, qui finance le projet, a accepté de ne recevoir qu’un double anonymisé.
EVeCrawl : crawler les réseaux sociaux
L’association François-Aupetit, qui lutte contre la maladie de Crohn et la recto-colite hémorragique, encourage les adhérents a déclarer les EI sur leur forum.
L’application eVeCrawl facilite la récupération notamment des effets inconnus, non-répertoriés dans le RCP.
L’association a par exemple identifié que l’infliximab, un anticorps monoclonal chimérique, était souvent associé sur leur forum a une migraine chronique, alors que cela n’apparaît pas dans les documents.
Elle a confirmé ce constat en crawlant Facebook et les sites Doctissimo et Pfizer. « Ils ont trouvé 2 000 posts y faisant référence, indique Claude Touche. On arrive ainsi à vigilance globale en complément de la déclaration classique vers les centres régionaux de pharmacovigilance. »
Une collaboration avec l’association de patients Renaloo
Le crawling de réseaux sociaux complète les données existantes et fait ressortir des notions non-identifiées au départ, estime eVeDrug. La société travaille depuis plusieurs années avec une autre association de patients, Renaloo, qui agit pour les patients atteints de maladies du rein.
Un projet de blockchain en pharmacovigilance en phase de développement
« Nous avons terminé le crawling de leur forum et avons fait une catégorisation des effets déclarés par les patients, précise le président de eVeDrug. Pour aller encore plus loin, nous travaillons à un projet de blockchain en pharmacovigilance avec des patients qui accepteraient de laisser l’accès à leurs données. »