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  • Rapport Cour des comptes : 20 % des patients enregistés aux urgences relèvent de la médecine générale

    Dans son rapport annuel publié le 6 février 2019, la Cour des comptes pointe du doigt la situation des services d’urgences hospitalières, qu’elle estime « toujours trop sollicités », et émet des recommandations pour améliorer le système. Elle cible également la politique de prévention des infections associées aux soins, qui causeraient environ 4 000 décès par an et dont le coût atteindrait entre 2,4 et 6 milliards d’euros.

    Sur les 21,2 millions de passages aux urgences en 2016, contre 18,4 millions en 2012, les Sages considèrent que 20 % environ des patients enregistrés aux urgences ne devraient pas les fréquenter car ils relèveraient de la médecine générale. Une observation qui se rapproche du discours porté par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, qui déclarait en mars 2018 que ces services accueillaient une « majorité de personnes qui ne devraient pas y être ».

    Parmi les solutions proposées par la Cour : revoir la tarification des services d’urgence et renforcer la permanence des soins en ville avec une médecine de ville « mieux organisée et dotée des outils idoines » : une préconisation en accord avec celle de la ministre, qui encourage les professionnels de santé libéraux à s’organiser au sein des communautés de professionnels de santé libéraux (CPTS).

    « Plusieurs mesures récemment annoncées par le gouvernement dans le cadre du plan “Ma santé 2022” pourraient contribuer à réduire le recours aux urgences », soulignent d’ailleurs les magistrats.

    Urgences hospitalières : principales recommandations de la Cour

    Revoir la tarification

    • La Cour des comptes indique que le coût moyen pour l’Assurance maladie d’un passage aux urgences sans hospitalisation, quel que soit le degré de gravité de la pathologie du patient, est de 148 euros.
    • Elle estime que cette tarification « incite à l’activité au lieu d’encourager les efforts de régulation » et propose donc de faire évoluer ce montant pour que « le report d’une partie des passages évitables sur la médecine de ville, porteur d’économies pour l’Assurance maladie », ne soit pas « financièrement pénalisant » pour les hôpitaux.
    • La proposition du député LRM Olivier Véran de payer les hôpitaux pour qu’ils réorientent certains patients vers la médecine de ville a retenu l’attention des magistrats. Cette dernière avait été présentée lors du début sur le budget de la sécurité sociale mais rejetée par la majorité lors du vote avant d’être réintroduite avec l’aval du gouvernement sous forme d’une expérimentation sur trois ans.

    Renforcer la prise en charge des urgences chez les médecins de ville

    Les Sages recommandent également de renforcer la prise en charge des urgences chez les médecins de ville et de développer des petites structures pour avoir accès à davantage d’examens, pour la petite traumatologie par exemple.

    Ces dernières auraient accès à un petit plateau technique et pourraient être hébergées par des maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) ou par les 500 à 600 hôpitaux de proximité annoncés dans la loi « Ma santé 2022 ».

    Associer les infirmières à la prise en charge des urgences

    La Cour propose aussi de davantage associer les infirmières à la prise en charge des urgences et d’établir une liste d’actes qui pourraient leur être délégués.

    Réorganiser le parcours des patients qui se présentent fréquemment aux urgences

    Sont concernés les patients âgés polypathologiques, atteints de pathologies mentales et usagers de stupéfiants : la Cour préconise le renforcement de filières d’admission directe dans les services de médecine ou de soins de suite et réadaptation, en particulier pour les personnes âgées.

    Faire évoluer les services d’urgence à l’activité insuffisante

    Les magistrats proposent aussi de « faire évoluer les services d’urgence à l’activité insuffisante en utilisant tous les leviers disponibles », comme :

    • leur « fermetures nocturnes, aujourd’hui non autorisées par les textes », qui devraient être mises à l’étude,
    • et leur « transformation en centre de soins non programmés ».

    Les services visés en particulier sont ceux « dont la faible activité, notamment la nuit entre minuit et 8h00, ne permet plus d’assurer la permanence des soins dans des conditions financièrement supportables ».

    La politique de prévention des infections associées aux soins : « une nouvelle étape à franchir »

    • infections associées aux soins : cause directe de 4 000 décès par an et coût entre 2,4 et 6 milliards d’euros ;
    • « des marges de progression existent », estime la Cour des comptes, au regard des disparités observées entre régions et types de séjours : elle relève des « faiblesses majeures », la politique publique de prévention restant « cloisonnée » car quasi exclusivement centrée sur les établissements de santé. Les Sages préconisent de l’étendre aux médecins de ville et au médico-social :
      • médecins de ville : lancement d’une première enquête nationale de prévalence, le risque infectieux lié aux soins de ville étant « sous-estimé » selon eux ;
      • médico-social : des « obstacles » ont été identifiés, dont la notion de lieu de vie et la taille souvent insuffisante des Ehpads.
    • Hôpitaux : « une réorganisation de l’action publique est à mener » pour « redimensionner et recomposer » les équipes opérationnelles d’hygiène, estime la Cour.

    Des sanctions des mauvaises pratiques avérées sont envisagées

    Les Sages recommandent par ailleurs d’améliorer l’exhaustivité des signalements externes.

    • 700 établissements de santé sur près de 2 700 effectuent au moins un signalement par an : cela « conduit à s’interroger sur la gestion de ce risque par les 2 000 autres ».
    • La Cour des comptes propose un suivi « attentif » de ces non-déclarants.
    • Constat : les règles d’hygiène restent encore « parfois négligées ». La Cour cite un CHU qu’elle a visité et où elle a pu observer « des professionnels en blouse de travail à l’extérieur des services de soins pour déjeuner ou pour fumer ».
    • Autre constat : les solutions hydroalcooliques sont sous-utilisées. Proposition : « inciter à une gestion plus active du risque », par exemple en sanctionnant « les mauvaises pratiques avérées » sans exclure de suspendre les autorisations d’activité en cas de non-certification ou de sursis à certification.
      • Les établissements classés en D ou E au titre des indicateurs sur les infections associées aux soins élaborés par la Haute Autorité de santé (HAS) sont ciblés.
    • Les magistrats souhaitent également confier à Santé publique France et non plus aux agences régionales de santé (ARS) le travail de coordination de l’ensemble des missions et des moyens d’action des dix-sept centres de prévention des infections associées aux soins (Cpias).
  • TakeCareShow : l’humanisation du numérique et la numérisation au service du patient, le 04/04/2019

    La 2ème édition du TakeCareShow, journée nationale de la e-santé organisée par Innovhealth et Hélium, aura lieu le 4 avril 2019 au Centre des congrès de Reims. La thématique de cette année sera « l’humanisation du numérique et la numérisation au service du patient« .

    L’événement rassemblera différents acteurs de la e-santé, aussi bien des professionnels de santé, des chercheurs et des scientifiques, que des entrepreneurs, des investisseurs et des représentants politiques.

    Les inscriptions, gratuites, doivent être réalisées en ligne sur Eventbrite.fr.

    La blockchain 4.0, le big data et l’IA au programme

    Le programme détaillé sera révélé ultérieurement.

    Les porteurs de l’événement précisent néanmoins qu’un forum de la e-santé sera organisé autour des sujets suivants :

    • le passeport santé numérique : les citoyens au cœur ;
    • le patient acteur et maître de ses données médicales ;
    • la blockchain 4.0 nouvelle génération : Real-World Evidence ;
    • la téléconsultation embarquée et l’avenir de l’accès aux soins (smart telemedicine) ;
    • big data santé et intelligence artificielle collaborative : études en vie réelle.

    Il sera suivi d’une conférence en format keynote.

    La journée s’achèvera par un cocktail dînatoire pour permettre aux différents acteurs du secteur de la e-santé présents d’échanger.

    Contact

    • +33 (0)3 52 74 05 68
    • marketing@innovhealth.com
  • Surveillance cardiaque à distance : le CHU de Rennes adopte le logiciel OnePulse de Lindacare

    Le CHU de Rennes a mis en place le logiciel OnePulse de Lindacare pour rationaliser son approche clinique et améliorer la surveillance cardiaque à distance des patients porteurs d’appareils implantables.

    OnePulse est une plateforme qui rassemble les données des dispositifs électroniques implantables cardiaques de tous les fabricants et qui permet ainsi d’améliorer la gestion opérationnelle d’un nombre important de patients, explique son fabricant dans un communiqué publié en janvier 2019. Son tableau de bord intuitif combine et standardise les transmissions afin d’automatiser efficacement le flux de travail et d’intégrer les informations recueillies de manière transparente au dossier médical numérique des patients.

    Le fait de compter l’établissement rennais parmi ses clients contribue « à renforcer [la] position » de Lindacare, « non seulement sur le marché français mais également au niveau mondial« , indique Shahram Sharif, fondateur et P.-D.G. de Lindacare. La société, dont le siège social est situé en Belgique, est présente en Europe mais aussi aux États-Unis et « prévoit d’élargir considérablement son équipe dans les deux régions en 2019 », précise-t-elle dans le communiqué.

    « Le système de triage OnePulse nous permet de gérer plus facilement les alertes de nos patients. Nous sommes en mesure de traiter d’abord le patient le plus à risque. Le programme aide à maximiser notre productivité « , a déclaré le Pr Christophe Leclercq du département de cardiologie et maladies vasculaires du CHU de Rennes (communiqué).

  • Le fonds Therinvest investit dans la start-up Therapanacea (IA et cancéro) à hauteur de 3,5 M€

    Le fonds d’investissement familial français Therinvest investit à hauteur de 3,5 millions d’euros dans le capital de la start-up Therapanacea, une société issue des laboratoires de recherche de l’Inria et de CentraleSupélec qui développe des technologies médicales basées sur l’intelligence artificielle (IA) dans l’optique de moderniser la prise en charge du cancer, notamment en améliorant la précision et la sécurité de la radiothérapie.

    Basé dans la pépinière Paris Santé Cochin, Therapanacea élabore des logiciels pour la radio-oncologie reposant sur le machine learning, entre autres. L’objectif est d’accompagner la planification, la préparation et l’exécution des traitements avec des technologies d’IA permettant de prodiguer un traitement plus efficace, de diminuer les effets secondaires et d’augmenter l’efficacité des opérations.

    À travers ses solutions, la start-up souhaite rendre possible la radiothérapie dite « adaptative à la volée », soit la possibilité d’ajuster la dose délivrée au patient en temps réel en fonction des changements anatomiques ou des mouvements des organes pendant les séances d’irradiation.

    Depuis sa création en 2017 par le Pr Nikos Paragios, Therapanace a décroché sept prix, dont le Paris Région AI challenge 2018 organisé par la Région Île-de-France, pour une enveloppe totale de près de 2 millions d’euros.

  • Peps

    Paiement en équipe de professionnels de santénull

  • PA

    pression artériellenull

  • DMDIV

    Dispositif médical de diagnostic in vitro

  • VHC

    virus de l’hépatite Cnull

  • Art 51 : près de 400 projets déposés auprès des ARS, 44 projets au niveau national (bilan)

    374 projets formalisés auprès des agences régionales de santé (ARS), majoritairement sur la maladies chroniques (37 %)  et les personnes âgées (15 %), tel est le bilan annoncé par le conseil stratégique de l’innovation en santé lors de sa réunion du 24 janvier 2019. Hospimedia a partagé le document présenté en séance par Natacha Lemaire, rapporteur général du conseil, pilote des expérimentations d’innovation organisationnelle en santé selon l’article 51 de la LFSS. Health & Tech Intelligence dresse une synthèse de la démarche.

    Maladies chroniques, personnes âgées, exercice coordonné et parcours : les grandes tendances des projets

    Parmi les 374 projets déposés auprès des agences régionales de santé (ARS), le palmarès des territoires dynamiques sont : l’Île-de-France, l’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes, les Pays de la Loire et la Bretagne.

    Sur ces 374 projets :

    • 2 ont été autorisés fin 2018, l’un pour le suivi de patients post-accident vasculaire cérébral et infarctus du myocarde, l’autre pour le suivi d’adultes souffrant d’obésité et 4 autres, transmis pour avis au comité technique, sont en cours d’instruction par l’équipe nationale ;
    • 56 ont été retenus par les ARS pour transmission au comité technique ;
    • 133 sont en cours d’instruction ;
    • 148 n’ont pas été retenus (non recevables, réorientés vers un financement par le fonds d’intervention régional ou un programme de recherche…) ;
    • 31 ont été réorientés vers le niveau national (projets identiques dans plusieurs régions ou produits de santé).

    44 projets ont été formalisés au niveau national. Ils concernent également majoritairement les maladies chroniques et l’exercice coordonné. 1 projet a été autorisé, sur une expérimentation concernant les biosimilaires testés dans 45 établissements de santé.

    Très peu d’articles 51 ont été déposés sur le champ du médicament, contrairement à ceux relatifs aux dispositifs médicaux, pour lesquels 11 dossiers ont été déposés :

    • télésurveillance du diabète gestationnel (1) ;
    • DM in vitro (biologie) : intégré à un parcours VHC (2) ;
    • pour surveillance de paramètre de coagulation (1) ;
    • DM à usage individuel pour contrôle de la douleur par le patient (1) ;
    • pansement à pression négative (1) ;
    • équipement pour diagnostic de maladie cardiovasculaire (1) ;
    • équipement pour diagnostic de cancer de la peau (1) et du cancer colorectal (1) ;
    • valves cardiaques implantables (2).

    Les projets éligibles à l’article 51 ont été définis selon plusieurs critères :

    • données cliniques disponibles ;
    • DM intégré à un parcours : valorisation du parcours et non du DM individuel (DMDIV intégré à un parcours VHC) ;
    • DM seul à fort impact potentiel organisationnel ou financier (DMDIV pour surveillance de paramètre de coagulation).

    Des critères d’orientation vers les guichets existants sont en cours d’élaboration avec la Haute autorité de santé pour apporter une clarification sur l’orientation la plus pertinente des porteurs de projet vers différents guichets (droit commun, forfait innovation, article 51, programmes de recherche).

    Un financement encore peu attribué au regard des budgets mobilisés (20 millions d’euros)

    L’enveloppe dédiée aux expérimentations a été à ce stade peu distribuée, en raison des critères d’indemnisation et des calendriers de mise en œuvre et d’évaluation.

  • Art 51 : 3 appels à manifestation seront lancés en 2019 pour une expérimentation de 5 ans

    Le conseil stratégique de l’innovation en santé, dont le rapporteur est Natacha Lemaire, a dressé son bilan et précisé sa feuille de route 2019 lors de sa réunion le 24 janvier 2019. Les cahiers des charges des appels à manifestation d’intérêt (AMI) sont en phase de formalisation et devraient être publiés d’ici mars 2019. Les agences régionales de santé (ARS) devront publier plusieurs AMI d’ici décembre 2019.
    Health & Tech Intelligence détaille les 3 appels à manifestation d’intérêts présentés lors du conseil.

    3 appels à manifestation d’intérêt en cours de co-construction

    1 – Améliorer le service rendu aux patients et l’efficience des dépenses de santé : responsabilité populationnelle

    Le principe repose sur l’implication des acteurs du système de santé à être responsables d’une enveloppe de dépenses et de l’atteinte d’objectifs de qualité pour une population donnée. L’organisation mise en place doit être pluri-acteurs, décloisonnée et s’adresser à une population de 5 000 patients minimum. Elle repose sur un mode de financement partagé, lié à la performance du groupement d’acteurs. 15 projets ont déjà été visités par la commission.

    Le mode de financement du groupement est incitatif (pas de sanction en cas de non atteinte des objectifs) et s’ajoute aux modes de rémunération habituels. Le financement est versé au groupement et sa destination n’est pas fléchée.

    Les indicateurs de qualité sont des indicateurs transversaux communs à tous les groupements et choisis avec les professionnels de santé (PS) sur les thématiques :

    • accès aux soins (ex : part de la population du territoire du groupement avec un médecin traitant) ;
    • coordination ;
    • prévention (ex : taux de participation aux programmes de prévention mis en place par les groupements) ;
    • prescriptions médicamenteuses (ex : part des patients en polyprescription continue)

    Des indicateurs « à la carte » applicables en fonction des priorités des groupements (diabète, personnes précaires, PA, SNP…) 

    La mesure de l’expérience patient fait également partie des critères pris en compte :

    • un questionnaire nouveau et généraliste pour recueillir le vécu du patient sur sa prise en charge et son suivi, élaboré avec des représentants d’usagers comportant 30 questions sur 3 dimensions :
      • accès aux soins ;
      • coordination des PS ;
      • relation soignant-soigné.

    Ce questionnaire a été testé auprès de 50 patients dans 8 groupements différents volontaires.

    La maîtrise des dépenses de santé mesure des gains d’efficience à partir de l’ensemble des dépenses sanitaires de la patientèle du groupement.

    2 – Les Peps : paiement en équipe de professionnels de santé

    L’objectif est de mettre en œuvre un paiement collectif forfaitaire, substitutif à l’acte, pour une équipe de professionnels de santé pluri-professionnelle en charge du suivi en ville de certains patients.

    3 cibles de population ont été retenues pour donner lieu à des expérimentations et des cahiers des charges spécifiques : patientèle diabétique en ALD, patientèle âgée de plus de 65 ans et patientèle totale. Pour être éligible, une équipe doit être a minima composée de 5 professionnels, d’IDE et de médecins généralistes (3 au minimum).

    Le Peps se définit comme un paiement au forfait qui se substitue à l’acte, calculé par patient et versé à une structure (pas à un professionnel directement), sur la base d’un comparatif à la base de données nationale. Les sommes perçues sont libres de répartition et de distribution aux professionnels de santé.

    L’expérimentation est prévue pour se dérouler sur 5 ans, en débutant en 2020.

    3 – Épisodes de soins

    L’objectif est de tester et de mettre en œuvre un paiement groupé des acteurs pour une prise en charge coordonnée et intégrée d’un épisode de soins (en amont, pendant et après l’hospitalisation). 
    3 prises en charge chirurgicales retenues pour l’expérimentation :

    • prothèse de hanche totale ;
    • prothèse de genou total ;
    • colectomie pour cancer.

    Des règles d’inclusion des patients et de définition d’un périmètre sont en cours de définition à partir de modélisation faites avec l’Atih.

    Le début de l’expérimentation est prévu au second semestre 2019 pour une durée maximale de 5 ans.