« Perinatsims (simulateur médical numérique à destination des sages-femmes) est en cours d’installation dans les cliniques Elsan. Les tests effectués dans 4 maternités au cours de l’été 2018 ont été concluants : les cadres sages-femmes ont apprécié [l’outil]« , indique Franck Amalric, directeur général du développeur de plateformes d’entraînement Medusims, interviewé en amont du Live d’Innolab, une soirée dédiée au living lab d’Elsan qui s’est tenue le 5 février 2019 et dont H&TI est partenaire.
L’entrepreneur, ancien diplômé de l’École polytechnique et d’Harvard, présente les spécificités de l’offre proposé par Medusims ainsi que les objectifs de l’entreprise, parmi lesquels un déploiement à échelle européenne puis internationale et le lancement cette année de Hospisims, une plateforme d’entraînement à la prise en charge des soins hospitaliers. Le Dr Franck Amalric aborde aussi le partenariat à la fois commercial et stratégique noué avec le groupe de cliniques Elsan, qui va proposer Perinatsims à l’ensemble de ses établissements courant 2019.
Perinatsims et Traumasism : 2 simulateurs médicaux numériques
Medusims crée des simulateurs médicaux numériques dans différents champs thérapeutiques. La première suite logicielle que vous avez développé est Perinatsims, qui permet aux sages-femmes « d’acquérir, de développer, de maintenir mais aussi d’évaluer leurs compétences nécessaires à la prise en charge optimale de situation périnatales à haut risque ».
Franck Amalric : Avec Perinatsims, nous proposons deux thématiques. La première concerne l’hémorragie post-partum, première cause de mortalité maternelle en France, et la seconde est centrée sur la réanimation du nouveau-né. Il s’agit de deux situations d’urgence pour lesquelles les sages-femmes sont formées mais pas forcément prêtes car ces cas de figure sont assez rares. Il existe donc un risque de perte de confiance en soi et donc de perte de moyens sous la pression. D’où l’idée de leur proposer un outil, ici un simulateur médical numérique, pour leur permettre de s’exercer dans un environnement virtuel le plus réaliste possible, et ce de manière régulière.
L’originalité de notre solution est qu’il s’agit d’un croisement entre :
- l’exercice d’une compétence de manière interactive : l’utilisateur doit prendre des décisions ;
- la flexibilité d’utilisation : l’utilisateur peut choisir de s’entraîner lorsqu’il le souhaite et régulièrement.
« Les cadres sages-femmes ont apprécié le simulateur »
Quel est le premier retour d’expérience de votre solution ?
Perinatsims est en cours d’installation dans les cliniques Elsan. Les tests effectués dans 4 maternités au cours de l’été 2018 ont été concluants. Les cadres sages-femmes ont apprécié le simulateur et 40 à 50 % des écoles de sages-femmes utilisent le logiciel pour l’une ou les deux thématiques.
Medusims a également mis au point Traumasims, une suite logicielle de formation centrée sur la prise en charge d’un afflux massif de blessés au sein des établissements de santé.
Traumasims a été développé à la demande des leaders de la communauté de la médecine d’urgence, en réaction notamment aux récents attentats survenus à Paris. Une commission parlementaire avait recommandé d’améliorer la formation des professionnels des urgences en France sur cette thématique.
L’idée d’un simulateur s’est avérée intéressante pour entraîner les acteurs concernés à ce type de situations critiques.
La solution est-elle disponible ?
La plateforme est disponible depuis un peu moins d’un an. Entre 5 et 10 CHU ont déjà commencé à l’utiliser, notamment celui d’Angers, de Bordeaux et de Dijon.
Quel est votre business modèle ?
Nous vendons des abonnements à nos logiciels, l’idée étant d’investir pour développer un plateforme et de la vendre à un prix qui varie en fonction de la taille des établissements. Notre objectif est de mettre nos solutions à la disposition d’une communauté d’utilisateurs et que l’utilisateur final paie une partie de l’outil.
Elsan « nous offre un accès direct aux clients potentiels »
En quoi consiste précisément le partenariat avec l’incubateur Innolab d’Elsan ?
Elsan va diffuser Perinatsims dans ses cliniques au cours de cette année 2019.
Il s’agit aussi d’un soutien au développement de notre société, Medusims bénéficiant de l’expérience d’Elsan dans le domaine. Elsan contribue au développement de nos simulateurs en nous offrant un accès direct aux clients potentiels. Nous disposons ainsi d’un accès clinique qui nous permet d’accélérer le processus de développement de notre solution et de réaliser un suivi rapproché de son utilisation afin de peaufiner l’outil.
Hospisims : une plateforme pour améliorer la prise en charge de la douleur
Envisagez-vous de développer d’autres simulateurs ?
Nous allons lancer en 2019 Hospisims, une plateforme d’entraînement à la prise en charge des soins hospitaliers, avec comme première thématique la prise en charge de la douleur qui est développée avec la Société française d’étude et de traitement de la douleur (SFETD) et Pratico Santé, un organisme de formation. Nous allons rentrer en phase de test dans quelques jours. La première version de la solution sera commercialisable fin mars.
Une refonte des plateformes afin d’avoir un accès facilité à la donnée d’utilisation et à des critères de prise en charge est également prévue. Nous souhaitons aussi enrichir les outils existants avec la mise en place de nouveaux cas cliniques et de nouvelles thématiques sur Perinatsims et Traumasims, qui seront développés au cours de l’année avec les cliniques Elsan et à terme dans des établissements de soins à l’étranger.
Un développement en Europe puis aux États-Unis envisagé
Quels marchés précisément visez-vous en dehors de la France ?
Nous ciblons le marché européen, la Belgique, l’Italie et la Suisse en tête mais aussi l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne. Nous envisageons aussi un développement à l’international en dehors de l’Europe.
Ce déploiement au niveau mondial est un axe de développement commercial important pour nous. Nous avons de potentiels clients à l’étranger. Nous travaillons déjà avec l’université Columbia à New York, qui veut développer son savoir-faire dans l’adaptation des simulateurs médicaux thérapeutiques.
La difficulté d’une adaptation n’est pas la langue mais la réalité du pays car il y a des différences plus ou moins importantes dans l’offre de soins proposée par tel ou tel gouvernement.