Articles

  • Pilotage du numérique en santé : les stratégies des îles britanniques

    Début 2019, le National Health Service (NHS) du Royaume-Uni annonçait que la télésanté ferait partie des priorités de son nouveau plan quinquennal. Doté d’un budget renforcé, il a lancé un plan ambitieux pour donner aux citoyens et aux opérateurs de santé du pays un meilleur accès aux ressources de santé mobile et de télésanté d’ici 2022-2023. Avec un budget de « plusieurs milliards de livres » selon Matthew Hancock, le ministre de la Santé britannique, le plan vise à faire des soins digitaux une norme d’ici 2022-2023 pour sauver 500 000 vies par ce biais.

    Dans un contexte marqué par le Brexit et la possibilité d’un « no deal » (la sortie officielle du Royaume-Uni de l’Union européenne est prévue le 29 mars 2019), Health & Tech Intelligence fait le point sur les feuilles de route des stratégies de e-santé de l’Angleterre, de l’Écosse, du Pays de Galles, de l’Irlande du Nord mais aussi de la République d’Irlande.

  • MyDoc (Singapour) et Synergix Health (UK) vont fournir des services de télémédecine en UE et en Asie

    L’application de télémédecine singapourienne MyDoc s’associent à Synergix Health, une société basée à Londres qui propose un système complet et intégré de soins numériques (900 000 patients revendiqués), pour fournir conjointement des services de télémédecine à travers l’Europe et l’Asie.

    Les deux entreprises fourniront des conseils médicaux en ligne et en personne à une base d’utilisateurs combinée de près de 500 entreprises clientes, grâce à l’intégration de leurs plateformes numériques et de leurs réseaux de patients, indiquent-elles.
    Les utilisateurs pourront accéder à ces services 24 heures sur 24 dans plusieurs langues, dont l’anglais, le mandarin, le cantonais, le bahasa et l’hindi.

    « Grâce à ce partenariat, les patients pourront faire l’expérience d’une gestion coordonnée de leur état de santé, demander des renouvellements de prescriptions et se connecter à des cliniciens agréés via des services de télémédecine, le tout sans aucune interruption de service à travers toute l’Europe et l’Asie« , commente Vas Metupalle, cofondateur de MyDoc, dans un communiqué publié le 11 mars 2019.

  • Akili (USA) et Shionogi (Japon) s’allient pour introduire les 1ères e-thérapies au Japon et à Taiwan

    Akili Interactive, une société américaine qui propose des traitements numériques façon serious games, et l’entreprise pharmaceutique japonaise Shionogi s’associent dans le cadre d’un contrat de 125 millions de dollars US (environ 110,9 M€) pour introduire les premiers traitements thérapeutiques numériques au Japon et à Taiwan par le biais d’une plateforme internationale de R&D et de commercialisation.

    Le traitement développé par Akili se présente sous la forme de jeux vidéo immersifs, conçus pour traiter le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez les enfants. Actuellement en cours d’évaluation par la FDA, il pourrait devenir le premier jeu vidéo sur ordonnance certifié et le premier traitement numérique officiel pour les enfants atteints du TDAH.
    La deuxième thérapie de la société, qui a achevé une étude de faisabilité, vise à traiter le dysfonctionnement cognitif et les symptômes associés chez les enfants atteints de trouble du spectre de l’autisme (TSA), indiquent les deux partenaires dans un communiqué publié le 7 mars 2019.

    Dans le cadre de cet accord :

    • Shionogi traitera les futurs dépôts réglementaires et conservera les droits exclusifs sur le développement clinique, les ventes et le marketing des 2 thérapies, en échange d’un versement de 20 millions de dollars à l’avance (17,7 M€) et de 105 millions de dollars (93,1 M€) en paiements échelonnés adressés à Akili Interactive.
      La société japonaise contribuera également aux coûts de développement des solutions et s’est engagée à prendre une participation au capital de l’entreprise américaine.
    • En parallèle, Akili mettra en place une nouvelle plateforme d’accès mondial qui englobera les activités de développement et de distribution, en plus de fournir un système indépendant de prescription et d’aide aux patients conçu pour les thérapies numériques.
      La société américaine assurera également la collecte et le stockage des données des patients.
      Akili a recueilli 13 millions de dollars US (11,5 M€) en août 2019, portant le total de ses collectes de fonds en série C réalisées en 2018 à 68 millions de dollars (6 M€).
  • 2 medtech parmi les 10 innovations phares de 2019 selon Bill Gates

    La MIT Technology Review a demandé à Bill Gates, cofondateur de Microsoft devenu philanthrope, de lister les 10 innovations qui selon lui allaient dominer l’année 2019. La moitié de cette liste concerne la santé, et 2 de ces innovations sont des technologies de e-santé proprement dite. 

    Dans cet article daté de fin février, Bill Gates évoque notamment l’idée d’une sonde intestinale encapsulée dans une pilule permettant de capturer des images sans anesthésie, même chez les nourrissons. Un tel appareil pourrait faire progresser la lutte contre la dysfonction entérique environnementale (EED), qui se caractérise par une incapacité des intestins à absorber correctement les nutriments. Cette affection répandue dans les pays pauvres est à l’origine de beaucoup de retards de croissance.
    • Guillermo Tearney, chercheur au Massachusetts General Hospital (MGH) de Boston, a conçu une capsule contenant un microscope miniaturisé : le dispositif a été testé pour détecter l’EED sur des adolescents au Pakistan, où cette maladie est endémique, et le test sur des enfants est prévu pour 2019. 

    Bill Gates met également en avant le projet d’un appareil portable capable de faire un électrocardiogramme (ECG). Estimant que « les trackers de fitness ne sont pas des appareils médicaux sérieux » car leurs résultats sont trop facilement faussés par l’environnement, il signale que, parallèlement, un électrocardiogramme nécessite toujours une visite à l’hôpital, et est réalisé parfois trop tard en cas d’accident vasculaire cérébral ou de crise cardiaque.
    • Le cofondateur de Microsoft annonce « d’importantes percées » dans ce domaine dans un avenir proche, citant notamment la société AliveCor. L’application mobile développée par cette start-up se révèle aussi efficace qu’un ECG standard pour détecter un infarctus, selon une étude dévoilée en novembre 2018.

    Les 8 autres innovations citées par Bill Gates

    Un test pour prévoir le risque d’accoucher prématurément : un simple test sanguin peut prédire si une femme enceinte risque d’accoucher prématurément ;

    Des vaccins contre le cancer personnalisés : le traitement en question incite les défenses naturelles de l’organisme à ne détruire que les cellules cancéreuses en identifiant les mutations propres à chaque tumeur ;

    Les robots dotés d’une meilleure dextérité : des robots manipulant avec davantage de précision les objets sont en train d’être développés ;

    Des assistants d’IA qui parlent bien : les nouvelles techniques qui capturent les relations sémantiques entre les mots permettent aux machines de mieux comprendre le langage naturel ;

    L’énergie nucléaire nouvelle vague : des réacteurs de fusion et de fission avancés sont en train d’être mis au point ;

    Le capteur de dioxyde de carbone : des moyens pratiques et abordables de capturer le dioxyde de carbone de l’air peuvent absorber les émissions excessives de gaz à effet de serre ;

    Le burger sans vache : les solutions de remplacement cultivées en laboratoire et à base de plantes se rapprochent du goût et de la valeur nutritionnelle de la vraie viande ;

    L’assainissement sans égouts : les toilettes éco-énergétiques peuvent fonctionner sans système d’égout et traiter les déchets sur place ;

  • La Formulothèque : la plateforme de partage du club RESO pour les hôpitaux utilisateurs du DPI Orbis

    Le club RESO, qui fédère les utilisateurs du dossier patient informatisé (DPI) Orbis d’Agfa Healthcare, a mis en ligne en janvier 2019 une plateforme de partage de formulaires entre établissements, baptisée « La Formulothèque ».

    La solution permet à tout établissement utilisateur d’Orbis d’accéder aux formulaires mis à disposition gratuitement par d’autres, en open source. L’objectif est d’échanger et de mutualiser les pratiques entre établissements en fonction de la règlementation et des évolutions techniques.

    Les modules sont développés grâce à l’outil Composer d’Orbis, qui permet aux adhérents de créer leurs propres formulaires : une centaine ont ainsi été réalisés.

    RESO gère la plateforme et garantit la gratuité des formulaires, tandis que l’éditeur de l’outil, Agfa HealthCare, apporte son support technique.

    « La Formulothèque est le premier service de ce genre en France, réalisé conjointement entre éditeur et utilisateurs », commente Thierry Lugbull, président de Reso (communiqué).

    « Orbis s’adapte et se configure en fonction des besoins spécifiques des établissements [et La Formulothèque] s’appuie sur cette richesse et crée une culture communautaire de partage et d’échange », explique de son côté Emmanuel Mougeotte, directeur général d’Agfa HealthCare.

    Les deux hommes ont cosigné en décembre 2018 la charte d’utilisation de l’outil, rédigée par le Dr Balquet, directeur du projet de déploiement du DPI au CH de Saint-Lô et responsable du groupe de travail à l’origine du projet.

    Le club RESO compte actuellement 34 hôpitaux membres dont l’AP-HP, le CHU de Toulouse et le CHU de Nice. L’intégration d’Orbis doit être finalisée fin 2021 dans tous les établissements de l’AP-HP, à l’exception de l’hôpital européen George-Pompidou, qui effectuera sa transition en 2022.

  • IA et diagnostic : Incepto, Metafora, CardioRenal et Rheonova, lauréats du Concours d’innovation

    Incepto Medical, Metafora Biosystems, CardioRenal et Rhenova sont les 4 lauréats sur 8 de la vague 2 du Concours d’innovation, annonce Medicen Paris Région. La vague 2 du challenge consiste à soutenir des start-ups et des PME évoluant dans le secteur du diagnostic et de la prévention en santé dans l’optique de favoriser l’émergence accélérée d’entreprises pour qu’elles deviennent des leaders européens voire mondiaux dans leur domaine.
    Les sociétés retenues, dévoilées le 11 mars 2019, vont recevoir à elles 4 plus de 2 millions d’euros de la part de Bpifrance pour financer leurs projets de recherche et développement.

    Dans le détail, les 4 projets retenus sont les suivants :
    Augmented Reality de Incepto Medical, financé à hauteur de 350 000 euros : intelligence artificielle (IA) en radiologie ;
    CellMETA-analyzer de Metafora Biosystems, financé à hauteur de 1 million d’euros : diagnostic précoce du cancer ;
    IMPACT de CardioRenal, financé à hauteur de 355 000 euros : télémédecine pour l’insuffisance cardiaque ;
    MucoCF de Rheonova, financé à hauteur de 352 000 euros : pronostic des crises dans la mucoviscidose.

    Le Concours d’innovation, financé par l’État par le biais du Grand plan d’investissement (GPI), et opéré par l’ADEME, Bpifrance et FranceAgriMer, a pour objectif de soutenir des projets innovants portés par des start-ups et des PME autour de plusieurs thématiques, dont la santé. Dans son cadre sont sélectionnés et ainsi co-financés des projets de recherche, de développement et d’innovation à fort potentiel pour l’économie française, dont les coûts totaux se situent entre 600 000 euros et 5 millions d’euros.

    IA et diagnostic : les 4 lauréats (sur 8) du Concours d’innovation

    Medicen Paris Région a expertisé et labellisé les 4 PME suivantes afin d’accélérer leur développement et faciliter le financement de leurs projets :

    MagIA Diagnostics : autre lauréat du concours

    MagIA Diagnostics, une société adhérente du pôle de compétitivité Lyonbiopôle et qui a rejoint Medicen Paris Region en janvier 2019, est aussi lauréate du Concours d’Innovation pour son projet MagIA Dia IST.

    MagIA Diagnostics a décroché un financement de 296 000 euros pour développer un dispositif portable d’analyses biologiques basées sur une technologie immuno-magnétique innovante. La solution vise à aider les professionnels de santé à dépister en 15 minutes et simultanément des maladies infectieuses en prélevant une seule goutte de sang au bout du doigt.

    L’ensemble des prix seront remis aux lauréats lors d’une cérémonie organisée au cours de l’été.

  • L’Appel Médical lance Randy Medical, un chatbot pour recruter les professionnels de santé

    Site d’emploi spécialiste du recrutement et du travail temporaire en santé, L’Appel Médical (groupe Randstad) annonce le déploiement national d’un chatbot, présenté comme « une nouvelle expérience de recrutement, ludique et instantanée, sans formulaire ni CV ».

    Randy Medical, version santé du chatbot Randy, identifie les compétences et les atouts des candidats par une discussion informelle, des QCM métiers et des jeux adaptés à chaque profession, et leur propose des postes correspondant à leur profil. Avec leur accord, il transmet leurs données aux consultants du site pour une évaluation plus précise.

    L’objectif est d’atteindre une nouvelle génération de professionnels plus connectés, notamment aux réseaux sociaux, afin de remédier aux pénuries de candidats dans le secteur. Disponible sur Facebook Messenger et sur le site d’Appel médical, accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, il adopte les codes de ces nouveaux publics, à savoir « instantanéité, simplicité et transparence ».

    La phase de déploiement de 6 mois a permis au chatbot d’initier « près de 1 800 conversations avec de nouveaux candidats, inconnus d’Appel médical », pour un échange de 17 minutes en moyenne, un temps proche des entretiens de pré-embauche. 350 profils ont été transmis aux consultants. L’Appel médical ambitionne de pré-recruter 1 000 candidats en 2019 par ce canal.

    « Randy intègre une intelligence artificielle poussée » (Randstad France)

    Randy a été co-conçu par la société française Illuin Technology, spécialiste de l’intelligence artificielle : le parcours « gamifié » intègre des modules conçus par la start-up Pymetrics, spécialiste des neurosciences appliquées au recrutement. Les deux sociétés font partie de l’écosystème innovation de Randstad.

    Alors que les chatbots RH « se basent généralement sur une simple recherche de mots clés, Randy intègre une intelligence artificielle poussée : il s’appuie sur des tests métiers pour évaluer les compétences techniques et du gaming pour aller sur le champ de la personnalité. C’est une vraie rupture technologique dans notre secteur d’activité », commente Eric Toussaint, directeur marketing adjoint de Randstad France, dans un communiqué publié en février 2019.

    Chatbot de l’année au Grand Prix Social Media 2018

    Randy a été désigné chatbot de l’année au Grand Prix Social Media 2018 de NetMediaEurope par un jury de professionnels du digital.

    Présentation de Randy Medical

    © Randstad France

  • Des applications santé accusées de partager avec Facebook des données de leurs utilisateurs (USA)

    Au moins une demie-douzaine d’applications santé auraient transmis à Facebook des données personnelles de leurs utilisateurs. C’est la conclusion d’une enquête du Wall Street Journal (WSJ) publiée fin février 2019 : les informations transmises auraient concerné leur poids, leur régime alimentaire, leur pression artérielle, leurs cycles menstruels, leur grossesse, voire leur activité sexuelle, et auraient pu servir à optimiser le ciblage d’annonces publicitaires.

    Les applications accusées servent notamment :
    • à perdre du poids : Weight Loss Fitness by Verv, BetterMe: Weight Loss Workouts, Lose It! ;
    • à rester en forme : GetFit: Home Fitness & Workout , BetterMen: Fitness Trainer ;
    • à contrôler son cycle, son rythme cardiaque ou son taux de glucose : Flo Period & Ovulation Tracker, Instant Heart Rate: HR Monitor, Glucose Buddy ;
    • ou encore à améliorer son sommeil : Breethe: Sleep & Meditation.
    Sont également ciblées par l’enquête les applications de recherche de logement Realtor et Trulia. Cette liste comprend 6 des 15 applications les plus téléchargées sur l’App Store aux États-unis.

    Selon le WSJ, les applications transmettent parfois les données des utilisateurs même si ceux-ci n’ont pas de compte Facebook ou n’ont pas installé Facebook sur leur appareil, ou s’ils ont refusé de lier leur application à celle du réseau social.

    Le gouverneur de l’État de New York demande des explications à Mark Zuckerberg

    Andrew Cuomo, le gouverneur de l’État de New York, et la Commission irlandaise sur la protection des données se sont émus de ces accusations et ont contacté plusieurs responsables de Facebook, dont son P.-D.G. Mark Zuckerberg, pour obtenir des explications.

    Facebook assure qu’il est interdit à ses partenaires de partager des informations sensibles

    Le réseau social a déclaré que certaines des pratiques évoquées par l’enquête transgressaient ses conditions d’utilisation. Si le partage d’information est « un standard du secteur », il est « exigé des partenaires qu’ils soient transparents vis-à-vis de leurs utilisateurs à propos des informations qu’ils partagent », assure-t-il. Il leur serait notamment interdit de partager des informations sensibles.

    Facebook affirme progresser dans la détection et la suppression de ces informations quand elles sont transmises. 

    Un éditeur dément les accusations et lance un audit sur la question

    L’éditeur de l’application Flo, accusé notamment d’avertir Facebook si ses utilisatrices cherchaient à tomber enceintes, a pour sa part démenti avoir vendu des données au réseau social : il a annoncé avoir lancé un audit sur la question.

  • DAPHNEE

    Doctor and Advanced Public Health Nurse Experiment Evaluation (Évaluation des expériences de médecin et d’infirmière avancée en santé publique)

  • Dispositif Asalée : l’Irdes propose une typologie des binômes médecins généralistes-infirmières

    Lancé en 2004, le dispositif expérimental « Action de santé libérale en équipe » (Asalée) portant sur la coopération entre médecins généralistes et infirmières concerne actuellement environ 3 000 médecins et 700 infirmières, indique l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes), qui présente une typologie des binômes généralistes-infirmières participant au dispositif dans un rapport* publié le 11 mars 2019 (Questions d’économie de la santé n°239 – Février 2019).
    Asalée a été mis en place dans l’optique d’améliorer la qualité de prise en charge des patients souffrant de maladies chroniques mais aussi de sauvegarder du temps médical grâce à l’éducation thérapeutique et à une délégation d’actes des médecins généralistes vers les infirmières.

    Dans son enquête, l’institut identifie 3 classes de binômes, qui se distinguent par l’intensité de l’activité des professionnels impliqués, leur ancienneté dans le dispositif et leur perception de ses apports, la nature et l’intensité des échanges au sein des binômes ainsi que le contexte ou mode d’exercice des infirmières :
    classe 1 dite « à maturité » (38 % des effectifs) : vision majoritairement positive du dispositif ;
    classe 2 dite « en croissance » (44 % des effectifs) : vision globalement positive de la part des infirmières, plus mitigée du côté des médecins ;
    classe 3 dite « en construction » (18 % des effectifs) : perception modeste des effets du dispositif, investissement faible des médecins.

    Cette typologie s’inscrit dans le cadre du programme d’évaluation DAPHNEE de l’expérimentation de coopération de ces professionnels. Elle complète les premiers travaux parus en 2018 par une « analyse quantitative exploratoire » de 1 065 binômes de médecins généralistes et d’infirmières à partir d’une enquête réalisée mi-2015, précise l’Irdes.

    Asalée : un dispositif pour améliorer la prise en charge des patients chroniques

    Le dispositif Action de santé libérale en équipe (Asalée) est une expérimentation de coopération entre médecins généralistes et infirmières créée en 2004 pour améliorer la prise en charge des maladies chroniques en médecine de ville.

    Plus précisément, il vise :

    • à améliorer la qualité des prises en charge en soins primaires des patients souffrant de pathologies chroniques (diabète de type 2, broncho-pneumopathie chronique obstructive, risque cardiovasculaire, troubles cognitifs), « à travers une offre d’éducation thérapeutique, voire de prévention primaire et secondaire », explique l’Irdes ;
    • à sauvegarder du temps médical par le biais d’une délégation dérogatoire d’actes des médecins vers les infirmières (électro-cardiogramme, spirométrie, prescription d’examens biologiques, examens du pied diabétique et tests de mémoire).

    Il s’agit d’un dispositif expérimental bénéficiant de financements spécifiques de la part du ministère en charge de la santé et de l’Assurance maladie, indique l’institut. « L’évolution de ce dispositif s’inscrit dans un contexte où de nouvelles mesures relatives à la mise en place d’assistants médicaux et au développement de pratiques avancées des infirmières sont prévues en 2019 », ajoute-t-il.

    Un complément aux analyses qualitatives publiées en 2018

    Les précédents travaux, fondés sur des analyses sociologiques à partir d’approches qualitatives, ont été publiés en 2018.

    Ils mettaient en évidence :

    • le caractère innovant du dispositif en termes organisationnels et structurels au regard de la nature et de la finalité des services rendus, des pratiques et interactions à l’œuvre, du rôle singulier d’intermédiaire entre financeurs et professionnels de l’association Asalée ;
    • l’hétérogénéité de la mise en œuvre du dispositif ;
    • la diversité des pratiques qui se construisent au sein des binômes de médecins généralistes et d’infirmières, et des interactions entre les professionnels et avec les patients.

    « Cette hétérogénéité et cette diversité, qui proviennent tant du contexte pré-existant que de l’organisation mise en place, favorisent l’innovation et l’identification de ses leviers », commente l’Irdes.

    La typologie récemment publiée a pour objectif de compléter cette première étude qualitative « par une analyse quantitative exploratoire de 1 065 binômes de médecins généralistes et d’infirmières à partir des résultats d’une enquête menée mi -2 015 », indique l’institut.

    Implantation géographique des cabinets accueillant le dispositif Asalée selon le nombre de binômes médecins généralistes-infirmières et le type de territoire de vie

    3 classes de binômes : à maturité, en croissance et en construction

    Classe 1 (38 % des effectifs) : en maturité

    La classe 1 regroupe les binômes les plus anciens dans le dispositif, considérant positivement ses apports et dont l’activité est la plus intense, soit les binômes entrés dans une phase de maturité :

    • « binômes de médecins et d’infirmières ayant la plus grande ancienneté et l’activité dans Asalée la plus intense, avec des infirmières à plein temps, axées sur l’Éducation thérapeutique du patient (ETP) et les actes dérogatoires, exerçant dans un seul cabinet, le plus souvent de groupe pluri-professionnel et implanté dans des espaces défavorisés, qui perçoivent positivement l’impact du dispositif » ;

    Classe 2 (44 % des effectifs) : en croissance

    La classe 2 concerne les binômes en phase de croissance, entrés plus récemment dans le dispositif et présentant une activité intermédiaire :

    • « binômes de médecins et d’infirmières récents, à l’activité Asalée moins intense que dans la classe 1, exerçant dans des cabinets de groupe mono ou pluridisciplinaires plus sou-vent situés dans des territoires favorisés. Les infirmières, plus souvent à temps partiel, sont moins orientées sur l’ETP et les actes dérogatoires. Elles travaillent plus souvent dans plusieurs cabinets avec plusieurs médecins. Si les infirmières perçoivent globalement positivement les effets du dispositif, cette perception est plus mitigée pour les médecins » ;

    Classe 3 (18 % des effectifs) : en construction

    La classe 3 réunit surtout des binômes en construction avec moins de 2 ans d’expérience dans Asalée, et ayant l’activité dans le dispositif la plus faible par rapport aux autres « classes » :

    • « Des binômes en construction, dont l’activité Asalée est la plus faible, avec des infirmières à temps partiel, un temps de travail beaucoup moins orienté sur l’ETP et les actes dérogatoires. Les médecins et infirmières exercent dans des cabinets pluriprofessionnels majoritairement implantés dans des espaces moins favorisés. Ils s’accordent sur une perception modeste des effets du dispositif Asalée, et sur un investissement faible des médecins ».

    Répartition des binômes de médecins généralistes et d’infirmières Asalée, par classe, selon la mise en œuvre, la nature et l’intensité des échanges entre les professionnels

    Répartition des binômes de médecins généralistes et d’infirmières Asalée, par classe, selon l’intensité de l’activité et la perception des apports du dispositif

    Contact pour obtenir davantage d’informations sur le dispositif Asalée :

    • association Asalée :
      • 06 13 01 76 25 ;
      • contact@asalee.fr
    • l’agence régionale de santé.