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  • IA : « il n’y a pas de stratégie aux USA alors que l’UK investit des Mds » (E. Topol-Scripps Institute)

    Les dossiers médicaux électroniques nous ont « égarés » mais l’intelligence artificielle (IA) pourrait améliorer la santé de manière « significative et positive ». C’est ce qu’affirme le cardiologue et généticien Eric Topol, directeur du Scripps Research Translational Institute, et pionnier de la santé numérique, dans un entretien accordé au site « Healthcare IT News » au sujet de son nouveau livre, Deep Medicine: Comment l’intelligence artificielle peut rendre la santé à nouveau humaine (Deep Medicine: How Artificial Intelligence Can Make Healthcare Human Again, Basic Books).

    Selon lui, le potentiel de l’IA est immense mais les États-Unis ont besoin de volonté politique pour l’exploiter de manière optimale, comme c’est pas exemple le cas au Royaume-Unis. L’expert souligne en effet que le gouvernement britannique investit des milliards de dollars en ressources et en capital humain pour intégrer l’IA au NHS, tandis que l’annonce du président Donald Trump présentant le domaine comme une priorité absolue n’était accompagnée d’aucun chiffre concret et d’aucun détail.

    La santé a beaucoup progressé grâce à la technologie mais celle-ci a « dépersonnalisé »  la médecine, explique Eric Topo. « Les médecins sont épuisés, le service rendu au patient est au-dessous de ce qu’il serait en droit d’attendre, et les erreurs médicales abondent », du fait notamment de l’épuisement professionnel dans le secteur, devenu endémique, commente-t-il.
    Selon le spécialiste, l’intelligence artificielle peut aider à résoudre tout cela et rendre à la médecine « son humanité » : l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique (machine learning) peuvent augmenter l’efficacité d’un large éventail d’actes devenus fastidieux, permettant aux médecins de traiter leurs patients comme ils le méritent.

    EHR : « l’idée était juste mais l’exécution a été désastreuse »

    « Les EHR (dossiers patient électroniques américains) ont été la plus grande catastrophe des deux dernières décennies en matière de santé, estime Eric Topol. L’idée était juste mais l’exécution a été désastreuse. » Ils sont configurés en vue de la facturation, au lieu d’être centrés sur le patient, et sont unanimement « détestés » par les patients comme par les médecins à cause de leurs interfaces utilisateurs, ajoute-t-il.

     » les pires logiciels que je connaisse »

    « Ce sont les pires logiciels que je connaisse, ils sont responsables de la mauvaise réputation de la e-santé », avance Éric Topol. Pour faire bénéficier un patient du « deep learning » (apprentissage profond), « nous avons besoin de toutes ses données », rappelle le médecin. Il relève que de plus en plus de gens génèrent leurs propres données de santé par des appareils connectés et réalisent des analyses avec leur smartphone. Or, il n’y a pas de place pour ces données dans le dossier patient tel qu’il existe, pas plus que pour les données génétiques.

    « Les Américains devraient pouvoir avoir accès à toutes leurs données de santé »

    « Les Américains devraient pouvoir avoir accès à toutes leurs données de santé, depuis la période prénatale jusqu’au moment présent », estime Eric Topol, exigeant un changement de politique. « Dans des pays comme l’Estonie, les gens possèdent toutes leurs données, signale-t-il. Le système est hautement sécurisé et vous pouvez en partager une partie ou la totalité, quand et avec qui vous voulez, le céder à titre gratuit à la recherche médicale, ou le vendre. »

    « Il n’y a pas de stratégie d’intelligence artificielle aux États-Unis »

    Le Royaume-Uni investit des milliards de dollars pour intégrer l’IA au NHS

    « Il n’y a pas de stratégie d’intelligence artificielle aux États-Unis », déclare Eric Topol. Selon lui, la récente déclaration du président américain Donald Trump selon laquelle il s’agissait d’une priorité absolue n’était accompagnée d’aucun financement et donnait très peu de détails, alors que le Royaume-Uni investit des milliards de dollars en ressources et en capital humain pour intégrer l’IA au NHS et que les Chinois mettent en œuvre l’IA à grande échelle.

    Interrogé sur la récente démission de Scott Gottlieb de la FDA, Eric Topol indique qu’il s’agit pour lui d’ »un coup dur ». « Il était la meilleure partie de toute l’administration », commente-t-il. Sous sa direction, la FDA a approuvé davantage d’appareils et d’applications, et modifié les procédures de réglementation pour ces outils, souligne-t-il.

    Recruter au lieu de se procurer des machines pour être plus performant : « le pire business model dont j’ai entendu parler »

    « Plutôt que de se procurer des machines pour améliorer les performances des soignants , nous continuons à embaucher davantage, regrette Eric Topol, c’est le pire business model dont j’ai entendu parler. Commençons plutôt à former des machines pour accomplir ces tâches, notamment les tâches d’administrateur : facturation, codage, toutes les opérations de back office ».

    « Nous avons déjà assez de données pour montrer que nous pouvons augmenter considérablement les performances des médecins, sans qu’ils n’y perdent rien, poursuit-il. L’apprentissage automatique peut être entraîné pour voir des choses que les humains ne peuvent même pas voir, comme établir le taux de potassium dans le sang à partir des données d’une « smart watch » ».

    « Le potentiel le plus important est dans la surveillance à distance »

    « Si grâce aux objets connectés les gens diagnostiquent des lésions cutanées ou les otites de leur enfant sans consulter un médecin, cela sera énorme », juge Eric Topol, soulignant que c’est une part importante du coût de la santé : « les tâches routinières, sans gravité mais importantes, nécessitent un diagnostic précis, rapide et peu coûteux ».

    Selon lui, à plus long terme, le potentiel le plus important est dans la surveillance à distance et l’économie réalisée sur les hospitalisations. « Et là, l’opportunité est extraordinaire, le principal poste de dépense étant le personnel.  À plus court terme, cependant, le plus important pour les soignants est de se débarrasser du clavier, complètement ». Un objectif qu’il estime « réalisable ».

    Les objets connectés pourraient « aggraver les inégalités s’ils ne sont fournis qu’aux gens aisés »

    « Ces objets pourraient aggraver les inégalités s’ils ne sont fournis qu’aux gens aisés », avertit cependant le médecin. Il imagine que des puces et des logiciels bon marché pourraient être mis gratuitement à la disposition de ceux qui en ont besoin.

    Eric Topol aux soignants : les nouvelles technos vont « améliorer votre travail »

    « Plutôt que de dire « [tout ça] va prendre mon travail » », conclut Eric Topol en s’adressant aux soignants, « sachez que non, [ces technologies vont] améliorer votre travail, vous aurez plus de temps à consacrer au patient et serez en mesure de mieux les soigner, ce qui fait partie des fondements de notre vocation de médecins ».

  • AI GF 2019 : lancement du 1er forum international sur la gouvernance de l’IA le 23/03/2019 (Suisse)

    Organisé par l’AI Transparency Institute et soutenu par la Confédération suisse, le Forum AI GF 2019 se tiendra le 23 mars 2019 à la Fondation Brocher, près de Genève en Suisse, sous la forme de keynote speakers et de panels rassemblant des intervenants d’universités prestigieuses, telles que le MIT, l’Imperial College of London et l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). « Inspiré par la philosophie multipartite de l’Internet Governance Forum, il s’agit du premier forum international dédié à la gouvernance agile de l’IA« , indiquent les organisateurs dans un communiqué.

    L’objectif de l’événement est d’encourager le dialogue interdisciplinaire, « au carrefour de la technologie, de la politique et de l’éthique, dans la perspective d’un développement durable et responsable de l’IA, au service de l’être humain ».

    Des professeurs, des régulateurs (OCDE, Commission européenne et OMS, Union internationale des télécommunications) et des membres de la société civile seront réunis pour échanger au cours de cette journée. Ils dialogueront sur l’impact de l’intelligence artificielle et sur la manière d’affronter les défis qu’elle pose dans les sociétés contemporaines, aussi bien au niveau national qu’international. Ils feront également « un état des lieux du point de vue de la réglementation, de la sécurité, de la confidentialité, de l’équité, de l’interopérabilité et de l’auditabilité des algorithmes, et identifieront des synergies potentielles entre disciplines ».

    Les inscriptions doivent être réalisées en ligne sur Ai-governance-forum/kick-off-event-2019. Les prix d’accès au forum sont fixés en fonction du statut de chacun, précisent les organisateurs.

    Programme

    09:00-09:10 Welcome Eva Thelisson (AI Transparency Institute)

    09:10-09:30 Understanding the Fundamentals of AI and ML

    • Martin Jaggi (Professor at EPFL, Switzerland)

    09:30-09:50 Intelligence and AI

    • Joanna Bryson (University of Bath, UK)

    09:50-10:40 AI Opportunities and Challenges for Society

    • How AI can Enable a More Cooperative Future : Henry Lieberman (Research Scientist at MIT, USA)
    • Security and Privacy : Carmela Troncoso (Professor at EPFL, Switzerland)
    • Solving AI’s Privacy Problem : Florimond Houssiau (Researcher at Imperial College, London, UK)

    “A simulation on re-identification of anonymized datasets.”

    11:00 – 11:20 Coffee Break

    11:20 – 12:20 AI Opportunities and Challenges for Society

    • AI Assisted Decision-Making and Transparency : Maël Pegny (Associated member, IHPST, Université de Paris 1, France)
    • Direct Democracy, Digitalization, and AI : Florian Evéquoz (Professor at HES-SO, Switzerland)
    • AI Safety : El Mahdi El Mhamdi (Researcher at EPFL, Switzerland)

    “An explanation of social media poisoning of public debates and misinformation propagation and social media addiction.”

    12:20 – 13:20 Lunch

    13:20 – 14:00 Cross-lingual Real-Time Global Media Monitoring

    • Marko Groblenik (Jozef Stefan Institute, Slovenia)

    14:00 – 14:20 Value Aligned Design of AI Systems

    Raja Chatila (Pierre and Marie Curie University, France)

    14:20 – 15:40 Panel: Shaping an International Consensus on AI Policy (Moderators: Eva Thelisson & Carmela Troncoso)

    • AI and Robotics : Juha Heikkilä (Head of Unit, Robotics, Directorate-General for Communication Networks, Content and Technology, European Commission, Luxembourg)
    • WHO/ITU Focus Group on AI and Healthcare : Thomas Wiegand (Professor at Technical University of Berlin, Germany)
    • OECD Approach on AI Policy : Karine Perset (OECD, Paris, France)
    • Policy Recommendations of and Legal Status for Intelligent ICT, Security and Economic Redistribution : Joanna Bryson (Professor at University of Bath, UK)
    • Recommendations of High Level Expert Group on AI from EU Commission (AIHLEG) : Raja Chatila (Professor at Pierre and Marie Curie University, Paris, France)

    15:40 – 16:00 Coffee Break

    16:00 – 17:00 Panel: Towards Responsible AI (Moderator: El Mahdi El Mhamdi)

    • AI and the Dilemma of Augmented Cognition : Friedhelm Hummel (Professor at EPFL, Switzerland)
    • Trustworthy AI and Social Choices : Sacha Alanoca (AI Policy Researcher and Program Manager, The Future Society, London, UK)
    • Fairness and Algorithms : Michele Loi (Postdoctoral researcher at the University of Zürich, Switzerland) 1

    7:00 – 17:15 Conclusion and Future Steps

    17:15 – 18:00 Aperitif 

  • IA : Merck s’allie à Iktos pour la conception de médicaments par intelligence artificielle

    Le laboratoire pharmaceutique allemand Merck signe un partenariat avec la société Iktos, spécialiste de l’intelligence artificielle (IA), pour la conception de nouveaux médicaments. Merck s’intéresse à la technologie dite de « modèle génératifs » capable de faciliter et d’accélérer les découvertes dans ce domaine.

    Grâce à l’apprentissage profond (deep learning), Iktos conçoit automatiquement de nouvelles molécules virtuelles possédant la totalité des caractéristiques biologiques requises pour traiter une pathologie donnée. Cette technologie permet des gains de productivité majeurs dans la phase amont de la R&D pharmaceutique. La société la propose à ses clients sous forme de services et d’un logiciel, baptisé « Makya ». 

    « L’intelligence artificielle émerge comme un pilier de la R&D biopharmaceutique du futur, commente dans un communiqué publié le 14 mars 2019 Belén Garijo, P.-D.G. « santé » de Merck. Pour les patients, cela peut signifier un accès plus rapide à de nouvelles options thérapeutiques. »
    « En très peu de temps, notre technologie a fait de grands progrès et nous avons hâte d’appliquer son considérable potentiel », déclare de son côté Yann Gaston-Mathé, Président et P.-D.G. d’Iktos.

    Iktos a annoncé récemment plusieurs collaborations avec des sociétés biopharmaceutiques afin d’utiliser l’IA pour concevoir de nouveaux composés.

  • Suivi des DM connectés : Implicity lève 4 M€ pour accélérer son développement en UE et aux USA

    Implicity, société française créée en 2016 et spécialisée dans la télésurveillances des prothèses cardiaques implantables, a levé 4 millions d’euros dans un tour de table de série A mené par Serena, XAnge Siparex et CapDecisif Management.

    Cette levée de fonds va permettre à Implicity de :
    renforcer ses équipes de ventes et marketing en France et en Europe ;
    • d’explorer de nouveaux marchés, avec le déploiement en 2019 d’un premier data center aux États-Unis ;
    • d’accélérer la recherche et la mise sur le marché de nouveaux algorithmes « dispositif médicaux » (DM) « améliorant le suivi et le pronostic des patients suivis tout en diminuant les ressources de santé nécessaires à celui-ci », précise Implicity dans un communiqué publié le 14 mars 2019.

    La solution développée par la start-up parisienne est une plateforme universelle basée sur intelligence artificielle (IA), compatible avec tous les DM connectés afin de simplifier le traitement des données issues des pacemakers et des défibrillateurs. Elle s’inscrit dans le cadre du programme Etapes de prise en charge de l’acte de télésurveillance des prothèses cardiaques connectées, qui permet aux professionnels de santé de facturer 130 euros par patient suivi et par an.

    Un an après le lancement de sa technologie en France, Implicity indique que plus de 10 % des patients (soit plus de 8 000) son suivis sur sa plateforme et comptabilise une vingtaine d’hôpitaux publiques et privés utilisateurs. La start-up a également conclu un partenariat de recherche avec le Pr Eloi Marijon, de l’hôpital européen Georges-Pompidou et le Dr Serge Boveda, de la clinique Pasteur à Toulouse.

    L’adoption du suivi à domicile des DM connectés « plafonne à 10 % des patients » en UE

    Avec plus de 500 000 patients en France, les prothèses cardiaques implantables (pacemakers et défibrillateurs) font partie des dispositifs médicaux (DM) les plus utilisés au sein du pays, indique Implicty dans son communiqué, rappelant que leur suivi conventionnel nécessitait d’organiser 2 consultations par an chez le cardiologue pour analyser les nombreuses données générées par le DM sur le patient.

    Les 5 fabricants mondiaux de dispositifs (Abbott, Biotronik, Boston Scientific, Medtronic et Microport) ont mis en place la télésurveillance à domicile de ces dispositifs. Un système de transmission rend ainsi disponibles pour les cardiologues les données recueillies sur 5 plateformes propriétaires.

    Cependant, « malgré une baisse de la mortalité pouvant atteindre 38 % chez les patients télésuivis, et qui en fait un standard médical de fait, l’adoption de cette technologie plafonne à 10 % des patients en Europe », note la start-up parisienne.

    Implicity propose une plateforme universelle compatible avec tous les DM mondiaux

    C’est dans ce contexte qu’Implicity, créé en 2016, a développé une plateforme universelle compatible avec tous les dispositifs mondiaux. L’outil permet aux médecins de suivre l’intégralité de leurs patients équipés de DM connectés.

    Un système basé sur IA

    Il fonctionne par le biais d’algorithmes basés sur l’intelligence artificielle, qui mettent en contexte le dossier médical du patient avec les données des dispositifs.

    « Chaque jour, les milliers de transmissions reçues par les hôpitaux ne peuvent en effet être analysées parfaitement par un personnel hospitalier toujours plus sous pression, et non structuré pour l’analyse de flux de données de patients non présents », commente Implicity.

    « Des frictions empêchent les médecins de se saisir de ces technologies de télémédecine » (Implicity)

    « La télésurveillance des prothèses cardiaques implantables représente en principe le domaine le plus abouti de la numérisation du secteur Medtech, avec des preuves cliniques d’amélioration majeure du pronostic du patient, une baisse des coûts pour le système de santé et une optimisation des ressources, commente le Dr Arnaud Rosier, P.-D.G. et fondateur d’Implicity. Pourtant, de très nombreuses frictions existent qui empêchent les médecins de se saisir de ces technologies de télémédecine, et donc les patients d’en bénéficier. Cette levée de fond associant des spécialistes du domaine de la data et de la santé digitale soutient l’ambition d’Implicity d’être le leader européen de ces technologies (…) »

    « Les technologies développées permettront de filtrer les alertes et prédire les défaillances cardiaques » (Serena)

    « Le changement de paradigme dans l’utilisation des data patients a un fort impact et Implicity n’en est encore qu’au début de son développement. Les technologies développées, en plus d’assurer un télésuivi efficace, permettront de filtrer les alertes et prédire les défaillances cardiaques. L’équipe fondatrice est déjà bien reconnue sur ce sujet, et a su convaincre de nombreux établissements par le gain d’efficacité de la proposition de valeur, et la place de l’outil dans leurs cycles de travail du quotidien », explique de son côté Kamel Zeroual, partner à Serena.

  • La plateforme Ortif du GCS Sesan teste la téléconsultation en direct chez le patient

    Le Groupement de coopération sanitaire (GCS) Sesan (Île-de-France) a entamé fin février 2019 l’expérimentation de la téléconsultation en direct avec le patient par la plateforme Ortif (Outil régional de télémédecine d’Île-de-France). Ce nouvel usage permet au patient de réaliser la consultation directement chez lui, alors que traditionnellement elle n’est possible qu’avec un professionnel de santé : cela lui évite de se déplacer et facilite son suivi, explique le GCS dans un communiqué publié le 11 mars.

    Domitille Riffaud, chef de projet en télémédecine au sein de Sesan, souligne que cette consultation « ne remplace pas un rendez-vous en face à face avec un médecin, qui est une première étape obligatoire dans le parcours de soins des patients ».

    La phase pilote qui a été lancée va durer 3 mois. Elle engage les professionnels de santé participants à réaliser au minimum 10 téléconsultations dans ce délai.
    Le processus implique 14 établissements hospitaliers dont l’AP-HP, l’hôpital Foch et l’Institut hospitalier franco-britannique.
    Les équipes de Sesan accompagneront des référents médicaux, qui feront le lien en interne avec le personnel de chaque établissement.

    La généralisation d’Ortif débutera au cours de l’été 2019

    Domitille Riffaud attend de cette phase pilote « des retours d’expériences significatifs » de la part des professionnels de santé sur « l’ergonomie de cette nouvelle fonctionnalité » et les améliorations à apporter.

    Un taux de conversion « de l’ordre de 98 % » entre la 1ère et la 2ième version

    Le GCS Sesan proposera ensuite ce fonctionnement aux 6 000 utilisateurs d’Ortif, dont la généralisation débutera cet été. Il se félicite de « l’engouement » constaté pour le système, avec un taux de conversion « de l’ordre de 98% » entre la première et la deuxième version d’Ortif ainsi qu’une hausse des téléconsultations, due notamment au remboursement de cet acte par l’Assurance maladie depuis septembre 2018.

    Un réseau d’environ 200 structures sanitaires et médico-sociales

    Le groupement souligne les atouts de la solution, précisant qu’elle mobilise un réseau comptabilisant actuellement quelque 200 structures sanitaires et médico-sociales mais aussi qu’elle présente un modèle économique compétitif et des usages en mobilité avec l’application Ortif’App disponible sur Android et IOS.

  • ExclusifPlan IA : Bpifrance et la DGE lancent un appel à manifestation d’intérêts Challenges IA-Santé

    Un appel à manifestation d’intérêts (AMI) est ouvert du 14 mars au 17 avril 2019, pour recruter des organisations souhaitant mener des projets sur leurs données en lien avec des start-ups. Piloté par la Direction générale des entreprises (DGE) en lien avec le Secrétariat général pour l’investissement et opéré par Bpifrance, il vise à sélectionner des entreprises, entités publiques et associations basées en France (appelées « sponsors ») chargées de proposer de nouveaux challenges dans des secteurs identifiés comme prioritaires en matière d’intelligence artificielle (IA) : santé, transport-mobilité, environnement et défense-sécurité (désignés sous le terme « Challenges IA »).
    Le Cabinet  Care Insight a été choisi comme accompagnateur des challenges du secteur santé.

    Les challenges ont pour objectif d’encourager l’innovation ouverte entre acteurs aux compétences complémentaires :
    • en permettant à des start-ups de développer leur offre de produits et services : en accédant à des jeux de données et en favorisant les opportunités commerciales ;
    • en favorisant la transformation numérique des entreprises dans une démarche d’open innovation avec de start-up expertes en IA ;
    • et en permettant ainsi l’émergence de solutions radicalement nouvelles pour tous les acteurs.

    Les « Challenges IA » sont financés dans le cadre du programme d’investissements d’avenir (PIA) en cohérence avec le plan « Intelligence Artificielle (IA) » annoncé par le président de la République.

    Les réponses doivent être adressées exclusivement sous forme numérique sur l’extranet des projets innovants collaboratifs de Bpifrance accessible via ce lien, et ce avant le 17 avril 2019 à 12h00, la date et l’heure de réception faisant foi.

    Le processus des challenges IA

    • La phase 1 (réalisée) a permis la sélection des accompagnateurs, au cours de laquelle Care Insight a été sélectionnée pour accompagner le secteur santé.
    • La phase 2, lancée le 14 mars, est un appel à manifestation d’intérêt pour entités souhaitent devenir de futurs sponsors.

    Chaque « Challenge IA » est proposé et porté par un « sponsor », entité publique ou privée, porteuse d’une problématique applicative précise et de jeux de données.

    L’objectif de cet appel à manifestation d’intérêt (AMI) est de proposer à ces différents acteurs de se manifester et de répondre à l’appel à projets (AAP). Le cahier des charges et le dossier de candidature disponibles sont téléchargeables ci-contre.

    Un processus de sélection, dans lequel Care Insight aura pour mission d’accompagner les candidats sponsors, étudiera les challenges proposés et conduira à une sélection de 1 à 3 « challenges » à la fin mai 2019.

    • Phase 3 : sélection des « lauréats »

    Un challenge conduit à sélectionner une ou plusieurs start-ups lauréates, qui construiront en un délai limité (typiquement de 3 à 12 mois) une preuve de concept (PoC) d’une solution innovante à la problématique posée basée sur l’intelligence artificielle.

    Care Insight, accompagnateur du secteur santé :

    Les accompagnateurs de chaque thématique ont plusieurs missions :

    • apporter un appui opérationnel sur l’organisation et l’expertise des dossiers de soumission des challenges et projets proposés lors de l’AMI « sponsors » et de l’AAP « lauréats ».
    • assurer un accompagnement des sponsors suite à leur sélection lors de l’AMI « sponsors » pour aider chaque sponsor à définir sa stratégie de valorisation de ses données par l’IA, contribuer à la définition du challenge et participer à sa mise en place technique.

    Pour accompagner les challenges, Care Insight mobilise une équipe composée d’experts IA, éthique, juridique et communication.

    Rompue à l’organisation de Challenges et à la conduite de projets complexes en santé numérique, Care Insight mise sur ses métiers historiques et 9 experts datascientists.

    • les diverses expertises de l’équipe autour de la santé numérique : veille, conseil, communication et think tank ;
    • 9 experts en IA santé de profils et compétences différentes :
      • profils experts ou juniors ;
      • avec une expérience du monde public ou privé ;
      • couvrant différents domaines, tels que la computer vision, l’architecture, le réseau, le biomédical, le traitement du signal, les data analytics (analyse des données), la dataviz (visualisation de données), la sécurité et la blockchain ;
    • un référent « éthique en santé » : David Gruson, à l’origine de l’initiative Ethik IA, qui vise au déploiement d’outils de régulation positive de l’intelligence artificielle et de la robotisation dans le champ sanitaire et médico-social.
  • AAP

    Appel à projets

  • La santé est « à la veille d’une vague d’innovations de rupture » (F. Bourse, Futuribles – conf. Leem)

    « Tout va bouger car nous sommes à la veille d’une vague d’innovations de rupture », annonce François Bourse, directeur d’études à Futuribles, centre de réflexion et d’études prospectives. Seraient notamment à prévoir la « montée en puissance de la médecine de précision » et un « bouleversement du parcours de soins », qui verra le foyer du patient devenir « le principal lieu de soins », ajoute-t-il, intervenant à l’occasion de la conférence « Comment anticiper le futur de l’innovation pour être bien soigné en 2030 ? », à laquelle Health & Tech Intelligence a assisté.

    L’événement était organisé le 14 mars 2019 à Paris par Le Leem, qui a présenté son rapport « Santé 2030 », une analyse réalisée avec Futuribles dans l’optique de « relever les défis de la santé de demain ».

    Le big data, « un enjeu extrêmement important »

    « Le big data devient un enjeu extrêmement important » de connaissance du comportement d’un médicament en conditions réelles d’utilisation, explique Philippe Lamoureux, directeur général du Leem, citant le Health data hub, un des volets du projet de loi santé. La France possède les plus grandes bases de données du monde dans ce domaine, souligne-t-il : elle a un potentiel extrêmement important pour devenir une plateforme d’excellence européenne voire mondiale en matière de pharmaco-épidémiologie, estime-t-il.

    Une Académie de l’IA est en train d’être imaginée par le Leem, le Snitem et le Syntec numérique

    Philippe Lamoureux regrette de voir que lorsque l’industrie pharmaceutique cherche à développer ses possibilités en intelligence artificielle (IA), elle a tendance à aller chercher des compétences ailleurs : il y a pour lui un vrai enjeu dans la capacité à développer un vivier de spécialistes en IA appliquée à la santé. D’où l’idée d’une Académie de l’intelligence artificielle, lancée par le président du Leem, Philippe Tcheng : le projet fait l’objet d’un travail mené conjointement avec le Snitem et le Syntec numérique.

    « Avec la data, on a l’impression d’être assis sur une mine à laquelle on n’avait pas accordé la considération nécessaire » (F. Collet, Novartis)

    Frédéric Collet, président de Novartis Groupe France, livre pour sa part son point de vue d’industriel. « Avec la data, on a l’impression d’être assis sur une mine à laquelle on n’avait pas accordé la considération nécessaire, explique-t-il, sans doute parce qu’on n’en était pas capable :  tous les laboratoires aujourd’hui sont concentrés sur cet enjeu là ». Il souligne la nécessité d’intégrer dès le début la notion d’accès et de population dans le contexte d’une médecine de plus en plus personnalisée, qui place le patient au centre.

    La lutte contre le cancer en 2030 aura subi « une révolution » grâce à l’IA et les traitements ciblés

    Nicolas Girard, oncologue et chef de service à l’Institut Curie, souligne  le rôle des applications qui permettent aujourd’hui de collecter les données directement à partir du patient : celui-ci remplit sur smartphone des formulaires sur ses symptômes, ce qui permet d’avoir un rapport complet à l’entrée à l’hôpital, et modifie complètement l’approche de la consultation.

    Selon Nicolas Girard, la lutte contre le cancer en 2030 aura subi « une révolution » grâce notamment aux outils de l’intelligence artificielle et à la diffusion de traitements ciblés. L’accès aux données de vie réelle bouleverse déjà la discipline : alors qu’accéder aux dossier médicaux de 500 à 1000 malades prenait 6 mois à un an, il aujourd’hui suffit d’appuyer sur un bouton pour obtenir tout de suite les données de 600 malades.

    « Nous allons vers une transition d’une médecine de réaction à une médecine d’anticipation », estime Hervé Chneiweiss, neurologue et président du comité d’éthique de l’Inserm, citant les recherches qui tentent depuis 2015 d’établir un diagnostic précoce des symptômes de la maladie de Parkinson à partir de la façon dont une personne tape au clavier, ou du spectre de sa voix : la machine détecte un tremblement imperceptible par l’humain.

    « Il y a un énorme travail de bioinformatique à faire » (H. Chneiweiss, Inserm)

    Sur une question de l’AFP, cherchant à savoir si les hôpitaux sont prêts à jouer le jeu du Health Data Hub au lieu de le considérer comme une énième source de contrainte, Nicolas Girard souligne que l’exploitation des données nécessite la compétence du médecin, et son implication : il est selon lui nécessaire que des comités s’organisent pour encadrer l’utilisation des données, à la fois en local et pour des projets d’échange.  

    « Les médecins sont prêts, les systèmes hospitaliers pas forcément », estime pour sa part Hervé Chneiweiss, pointant du doigt « une réglementation sur la protection des données personnelles qui s’est accumulée au fil du temps ».

    Les algorithmes sont écrits par des personnes avec des a priori, des objectifs qui ne doivent pas être biaisés

    « De mon bureau a l’Inserm, je ne peux pas accéder à des données patients », témoigne-t-il. « Il me faut aller deux étages plus bas dans le service sur un autre ordinateur ». « Il y a un énorme travail de bioinformatique à faire », conclut-il :  les algorithmes sont écrits par des personnes avec des a priori, des objectifs qui ne doivent pas être biaisés.

    « L’analyse des tumeurs génère des masses de données, il est nécessaire de leur poser les bonnes questions », ajoute-t-il. Il faut, selon lui, également se demander comment utiliser au mieux les données du passé pour générer de nouvelles pratiques.

  • PoC

    Proof of concept

  • Soins non programmés : l’ARS IDF développe un outil pour prédire les flux d’activité grâce à l’IA

    L’agence régionale de santé (ARS) Île-de-France (IDF) souhaite développer un outil permettant aux professionnels de santé, aux établissements de soins et à l’ARS de prédire les soins non programmés en anticipant les flux d’activité dans l’optique d’optimiser l’organisation du système de santé et la mobilisation des ressources. L’ARS rappelle que l’accès aux soins non programmés fait partie des priorités du plan national Ma santé 2022 et du projet régional de santé d’Île-de-France.

    Les acteurs de santé de la région, dont le Lab Santé, le groupement de coopération sanitaire (GCS) Sesan et l’AP-HP, vont participer avec l’agence régionale de santé au développement de prédictions fiables à court, moyen et long terme d’un nombre important d’indicateurs portants sur les soins urgents et non programmés, précise l’ARS IDF dans un communiqué publié le 11 mars 2019.
    Dans le cadre de ce projet, des bases de données de santé volumineuses (big data), directement liées à l’activité des services d’urgence ou des Samu, de climatologie (Météo France), de qualité de l’air (Airparif) ou provenant des réseaux sociaux vont être exploitées.

    Le dispositif fonctionnera grâce à la puissance de calcul des algorithmes de prédiction issus de la recherche en intelligence artificielle (IA), l’ARS s’inscrivant ainsi dans la démarche présentée dans le rapport Villani de mars 2018, dont la préconisation centrale est de donner un sens à l’intelligence artificielle dans l’optique d’établir une stratégie nationale et européenne sur le sujet.

    Une IA pour anticiper les pics d’activités

    À terme, l’ensemble des professionnels de l’urgence, des directions des établissements de santé et de l’ARS disposeront d’un outil doté d’une interface « ergonomique et simple d’utilisation » visant à anticiper les pics d’activité liés :

    • aux phénomènes épidémiques prédictibles (bronchiolite, grippe…) ;
    • aux événements climatiques récurrents (canicule, neige-verglas, pics de pollution…) ;
    • aux événements calendaires prévisibles (vacances scolaires, événements sportifs ou socio-culturels de masse, mouvements sociaux…).

    L’objectif est d’encourager la coordination entre les acteurs territoriaux évoluant dans le domaine des soins non programmés, à l’hôpital mais aussi en ville.

    Les étapes du projet en 2019 :

    17 et 18 avril 2019 : atelier d’idéation

    2 journées d’idéation et d’ateliers de travail avec différents acteurs seront organisées pour :

    • réunir les futurs utilisateurs de l’outil : 60 personnes professionnelles de l’urgence, responsables établissements hospitaliers et l’ARS seront rassemblés ;
    • s’inspirer d’organismes de santé (ou d’autres secteurs) utilisant des outils similaires en France ou à l’international ;
    • aligner l’ensemble des parties prenantes sur les modes de fonctionnement et de gouvernance de l’outil ;
    • fédérer « autour d’un projet ambitieux et innovant », commente l’agence régionale de santé Île-de-France.

    Septembre 2019 : 72 heures continues de datathon interne

    Un « datathon », qui aura lieu pendant 3 jours, regroupera start-ups, data scientists, développeurs et UX designers (professionnel en charge de l’expérience utilisateur et de l’interface Utilisateur, évolution du métier de web designer) avec pour objectif le développement du prototype de l’outil.

    Les prototypes et tous les livrables produits seront « la propriété intégrale » de l’ARS IDF, indique-t-elle.

    Fin de l’année 2019 : finalisation des développements de l’outil avec un objectif de mise à disposition des utilisateurs des établissements et de l’ARS

    Un comité de pilotage pour assurer la gestion stratégique du projet

    La gestion stratégique du projet sera assurée par un Comité de pilotage, indique l’agence régionale de santé d’Île-de-France. Les fédérations représentant les établissements de santé d’Île-de-France et l’AP-HP seront invitées à participer afin d’accompagner l’ARS dans la gestion du projet.

    La démarche s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre l’agence régionale de santé, le Lab Santé d’Île-de-France et le Liberté Living-Lab. « Les compétences informatiques et de traitement de l’information en santé du GCS Sesan seront mobilisées à toutes les étapes : de l’élaboration du prototype au développement de l’outil, puis pour le déploiement et l’accompagnement des utilisateurs de l’outil », précise l’ARS IDF.