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  • Grand débat : les Français sont favorables à la numérisation de leurs parcours de soins (FHF-Ipsos)

    « Les Français sont ambitieux pour leur système de santé et souhaitent des réformes » : ils sont notamment prêts pour la digitalisation de leur parcours de soins et éprouvent peu de craintes face à sa mise en place. C’est l’un des 5 enseignements majeurs qui ressortent de la grande consultation menée par la Fédération hospitalière de France (FHF), en partenariat avec l’institut Ipsos, pour que les questions portant sur le système de santé soient prises en considération au sein du Grand débat national lancé par le président de la République.

    Dans le détail :
    • 91 % des sondés se disent favorables (« tout à fait » ou « plutôt » favorables) au fait de donner accès à chaque patient à ses données médicales via la création d’un espace numérique de santé ;
    • 89 % sont favorables au fait de rendre accessibles toute les données concernant la santé d’un patient à tous les professionnels de santé qui le suivent.

    Les 4 autres enseignements clés du sondage sont les suivants :
    • pour les Français, l’accès à de bons établissements de santé est, juste après l’éducation, la condition essentielle d’égalité des chances dans la vie ;
    • de réelles tensions apparaissent en termes d’accès aux soins : l’éloignement géographique des infrastructures et des professionnels de santé semble être au maximum de ce que peuvent accepter les Français, tout comme les délais d’obtention de rendez-vous. 
    • face à des problèmes de santé peu graves, de nombreux sondés ont recours aux services des urgences, parfois pour des raisons inadéquates. 
    • les personnes interrogées ne comprennent pas bien le fonctionnement de leur système de santé.

    Le livret de restitution de ces contributions avec les 14 propositions de la FHF (ci-contre), dévoilées le 13 mars 2019, sera officiellement adressé au président de la République avant le 15 mars 2019, date de fin du Grand débat national. Parmi les propositions énoncées : investir massivement pour rattraper le retard français dans la révolution numérique en engageant un Plan numérique sanitaire et médico-social.

    5 enseignements majeurs

    La FHF met en avant les 5 éléments centraux qui émergent de cette contribution  et « que les Français souhaitent [soumettre dans le cadre du] Grand débat national sur les questions de santé » :

    Les Français sont ambitieux pour leur système de santé et souhaitent des réformes

    • Les Français sont prêts pour la digitalisation de leur parcours de soins et éprouvent peu de craintes face à sa mise en place.

    • « Face à la situation du système de santé, les Français estiment que l’hôpital public rencontre plus des problèmes de moyens que de qualité des soins, rapporte la FHF. Pour améliorer le fonctionnement de l’hôpital public, ils estiment qu’il faut en priorité plus de personnels (87%) et de budget (77%). Ils ne demandent pas plus d’excellence (23%), de spécialisation (23%) ou de flexibilité (20%), qui sont déjà des atouts majeurs reconnus de l’hôpital public. »
    • Les sondés réclament, sur la forme, plus de pédagogie : les trois quarts d’entre eux souhaitent la mise en place d’une conférence de consensus annuelle.
    • Pour 92% des Français, la lutte contre les actes inutiles ou en doublon représente une source d’économie pertinente.
    • Les personnes interrogées évoquent des pistes diverses comme :
      • l’obligation pour les médecins de s’implanter dans certains territoires lors de leurs premières années d’exercice pour les répartir plus équitablement (84%) ;
      • la priorisation de la HAD chaque fois que cela est possible (82%) ;
      • la mise en place d’indicateurs permettant d’identifier les problèmes rencontrés par les patients dans leur parcours de soins (88%) ou à l’issue de leur prise en charge (79%).

    Pour les Français, l’accès à de bons établissements de santé est, juste après l’éducation, la condition essentielle d’égalité des chances dans la vie.

    Les sondés s’inquiètent pour l’avenir de leurs établissements de santé (hôpital, maison de retraite, Ehpad ou psychiatrie) et demandent plus de moyens.

    • Pour 84% des Français, l’accès à de bons établissements de santé est le second critère le plus important pour assurer à chaque individu une égalité des chances dans la vie :
      • 88 % citent l’accès à de bons établissements scolaires ;
      • 53 % l’assurance de pouvoir bénéficier d’une protection de sa personne et de ses biens (53%) ;
      • 49 % le fait de disposer de bonnes infrastructures de transport ;
      • 27 % le fait de disposer d’un bon accès à la culture et aux loisirs.

    De réelles tensions apparaissent en termes d’accès aux soins : l’éloignement géographique des infrastructures et des professionnels de santé semble être au maximum de ce que peuvent accepter les Français, tout comme les délais d’obtention de rendez-vous

    • Les délais moyens d’obtention de rendez-vous avec les médecins spécialistes sont importants :
      • 1 mois et 3 semaines pour un cardiologue ;
      • 2 mois et 2 jours pour un dermatologue ;
      • 3 mois et 1 semaine pour un ophtalmologiste.

    Face à des problèmes de santé peu graves, de nombreux Français ont recours aux services des urgences, parfois pour des raisons inadéquates

    • Plus de 4 Français sur 10 avouent avoir déjà eu recours aux urgences pour des raisons inadéquates : difficulté d’obtention de rendez-vous, refus de prise en charge, facilité et praticité, réalisation de l’ensemble des examens, etc.

    Les Français ne comprennent pas bien le fonctionnement de leur système de santé

    Cette méconnaissance « alimente une demande forte de réorganisation de la gouvernance nationale et davantage de concertation », analyse la FHF.

    • 70 % des sondés avouent ne pas bien comprendre comment le système de santé français fonctionne. 86 % des personnes interrogées admettent ne pas savoir à quoi les différentes cotisations (sociales, CSG, mutuelle, etc.) servent.

    • 56 % des Français considèrent en majorité contribuer plus qu’ils ne bénéficient du système de santé.

    • Une demande de refonte de la gouvernance avec, par exemple, une fusion du ministère de la Santé et de l’Assurance maladie est souhaitée par plus de deux tiers des Français.

    Les Français souhaitent une augmentation des effectifs et des moyens financiers

    « Enfin, quand on demande spontanément aux Français la principale mesure qu’ils prendraient pour améliorer le système de santé, ils proposent majoritairement d’augmenter les effectifs et donner plus de moyens financiers aux établissements de santé et médico-sociaux mais aussi lutter contre les déserts médicaux », synthétise la Fédération hospitalière de France dans un communiqué.

    Grand débat national : les 14 propositions de la FHF

    Proposition 9 : Investir massivement pour rattraper le retard français dans la révolution numérique en engageant un Plan numérique sanitaire et médico-social.

    Actions :

    • prévoir un plan d’investissement d’envergure pour enclencher la transformation numérique en santé :à l’hôpital comme dans le secteur médico-social ;
    • déployer des systèmes d’information populationnelle pour améliorer la qualité du système de santé ;
    • imposer dès à présent les normes de communication/standards d’interopérabilité choisis par l’Union européenne ;
    • une véritable volonté politique pour améliorer l’interopérabilité des systèmes d’information ; de nombreux travaux pluridisciplinaires ont été menés, que l’insuffisante coordination inter administrative en la matière a freinés et rendus inopérants. C’est pourquoi il est proposé que les pouvoirs publics définissent la norme d’interopérabilité pour l’échange et l’exploitation des données de santé.
      De même, il est fondamental pour la coordination et l’amélioration de la qualité des parcours de soins que les pouvoirs publics imposent et rendent opposable des normes d’interopérabilité pour les systèmes d’information de production de soins.
      Enfin, inscrire dans la loi l’obligation pour les pouvoirs publics de définir les normes d’interopérabilité qui obligeront les éditeurs à faire des logiciels communiquant entre eux.

    Proposition 1 : Instaurer une conférence de consensus annuelle : faire vivre la démocratie en santé en débattant régulièrement des grandes orientations à donner à notre système de soins.

    Proposition 2 : Simplifier et unifier la gouvernance nationale de la santé pour mieux répondre aux besoins dans les territoires.

    Proposition 3 : La FHF soutient la demande forte de la population de voir les structures d’hébergement et les services à domicile dotés de moyens financiers et humains permettant d’accueillir dignement nos aînés et définir un statut d’intérêt général pour les acteurs assurant l’accessibilité économique au plus grand nombre.

    Proposition 4 : Adapter les financements et leur évolution aux réalités des territoires, dans un objectif de pertinence des parcours et d’efficacité en santé.

    Proposition 5 : Adapter les financements à la gradation des soins, à l’évolution des modes de prises en charge et valoriser le temps passé par les professionnels de santé et pas uniquement les actes techniques.

    Proposition 6 : Relancer l’investissement des établissements de santé afin d’accompagner l’évolution nécessaire des structures et des modes de prises en charge et l’accès de tous à la recherche, à l’innovation thérapeutique, technologique et organisationnelle.

    Proposition 7 : S’engager collectivement pour l’accès aux soins de premier recours et faire de l’accès aux soins non programmés une responsabilité partagée entre la ville et l’hôpital.

    Proposition 8 : Accompagner les restructurations hospitalières.

    Proposition 10 : Mettre au cœur de la régulation du système de santé les résultats obtenus auprès des usagers.

    Proposition 11 : S’attaquer réellement aux actes « inutiles ».

    Proposition 12 : Lancer un plan national santé et qualité de vie au travail financé hors Ondam.

    Proposition 13 : Valoriser l’exercice hospitalier, médical et paramédical, faire de la mise en oeuvre dans la durée d’un plan global de soutien à l’attractivité de l’exercice hospitalier doté d’un financement dédié,une priorité.

    Proposition 14 : Définir comme priorité nationale la mise en place d’une politique interministérielle ambitieuse de prise en charge globale des troubles mentaux ou psychiques impliquant l’ensemble des acteurs.

  • Étude : des signaux électro basse fréquence pour éviter le piratage des implants et objets connectés

    Des chercheurs américains de l’Université Purdue (Indiana, USA) ont mis au point un moyen d’améliorer à la fois la sécurité et la longévité des implants et des dispositifs médicaux portables. En passant des signaux sans fil électromagnétiques classiques aux signaux électro-quasi-statiques à basse fréquence, les risques de piratage disparaissent. La technologie a été brevetée et l’équipe travaille à sa commercialisation. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 11 mars 2019 dans la revue Scientific Reports, du groupe Nature.

    Hacker le corps humain, un risque bien réel

    Pirater un stimulateur cardiaque ou une pompe à insuline pour engendrer le décès d’une personne n’est pas un scénario futuriste. Même si cela ne s’est encore jamais passé dans la vie réelle, des chercheurs ont démontré depuis une dizaine d’années la faisabilité d’un tel événement. Or, comme nous connectons de plus en plus d’appareils au réseau du corps humain – des montres intelligentes aux traqueurs d’activité en passant par les écrans de réalité virtuelle,-, il devient urgent de s’assurer de la sécurité de ces dispositifs.

    100 fois moins d’énergie que le Bluetooth

    Des chercheurs américains ont tenté de mettre au point une technologie empêchant toute tentative de piratage. Actuellement, les « réseaux corporels » utilisent la technologie Bluetooth pour envoyer des signaux sur le corps et autour de celui-ci. Ces ondes électromagnétiques peuvent être captées au moins à un rayon de 10 mètres d’une personne. Ces ondes peuvent donc être interceptées et contrôlées de l’extérieur.

    Des chercheurs de l’université Purdue ont démontré qu’un moyen de communication serait sûr si les ondes ne dépassaient pas la peau d’un centimètre et s’il utilisait 100 fois moins d’énergie qu’une communication Bluetooth traditionnelle. En effet, « le défi n’est pas de garder cette communication dans le corps pour que personne ne puisse l’intercepter mais aussi d’obtenir une bande passante plus large et moins de batterie », précisent les auteurs de l’étude.

    Les résultats de ces travaux ont été publiés le 11 mars 2019 dans la revue Scientific Reports, du groupe Nature.

    L’avenir avec les signaux électro quasi-statiques 

    Ce défi peut être relevé grâce à un dispositif qui couple les signaux dans la plage électro-quasi-statique, qui est beaucoup plus faible sur le spectre électromagnétique. En s’appuyant donc plutôt sur les signaux électro-quasi-statiques à basse fréquence, les chercheurs sont parvenus à limiter la portée de diffusion au centimètre au-delà de la peau de l’utilisateur, ce qui permet au porteur d’interagir avec l’appareil tout en maintenant les pirates à l’écart.

    Cette technologie utilise aussi 100 fois moins d’énergie que le Bluetooth, ce qui signifie de plus petites batteries et donc de plus petits appareils. Le professeur Purdue Shreyas Sen s’emploie à créer un circuit intégré « de la taille d’une poussière » pour un dispositif, qui, sous une forme de montre prototype, peut envoyer des signaux n’importe où sur le corps.

    Reprogrammer les implants sans chirurgie

    Le recours aux signaux électro-quasi-statiques à basse fréquence pourrait avoir une portée majeure. Les chercheurs envisagent que les machines implantables de nouvelle génération puissent être reprogrammées de manière spécifique afin de « fonctionner comme des médicaments mais sans effets secondaires » et sans nécessiter de nouvelles chirurgies post-installation, expliquent-ils.

    La technologie a reçu de nombreux brevets par le biais de la fondation de recherche Purdue. L’équipe de chercheurs travaille aujourd’hui à sa commercialisation.

    Présentation du dispositif :

    © Purdue Engineering

  • Étude : l’apprentissage automatique permet de détecter Alzheimer dans des images numérisées (Nature)

    Un réseau de neurones est capable d’identifier les enchevêtrements neurofibrillaires (NFT), principal marqueur de la maladie d’Alzheimer, avec un degré élevé de précision, directement à partir d’images numérisées. C’est la conclusion d’une étude* publiée en février 2019 dans la revue Laboratory Investigation (Nature) par des chercheurs de l’École de médecine Icahn de Mount Sinai à New York, concepteurs de la plateforme Precise Informatics, utilisée dans le cadre de ce projet.

    Alors que le diagnostic précis de ces maladies est difficile et nécessite la mobilisation de spécialistes hautement qualifiés, ces travaux révèlent que l’application de l’apprentissage automatique (machine learning) à des images microscopiques numérisées permet de détecter et de quantifier une accumulation anormale de protéines tau dans les enchevêtrements neurofibrillaires (NFT) du cerveau, qui est le symptôme de maladies neurodégénératives.

    L’IA pourrait s’avérer utile pour détecter plus facilement les maladies neurodégénératives

    « L’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pourrait grandement améliorer notre capacité à détecter et à quantifier les maladies neurodégénératives, ce qui représente une avancée majeure par rapport aux méthodes en usage, très exigeantes en capital humain et peu reproductibles », a déclaré John Crary,  auteur principal de l’étude, professeur de pathologie et de neurosciences à l’école Icahn. Au final, ce projet permettra un diagnostic plus efficace et plus précis des maladies neurodégénératives. »

    Une autre étude révèle qu’il est possible de détecter précocement Alzheimer par l’IA à partir d’un test sanguins

    D’autres chercheurs tentent actuellement de détecter précocement les symptômes d’Alzheimer grâce à l’IA, et notamment par le biais de l’apprentissage automatique, à partir entre autres de tests sanguins. C’est le cas de l’équipe de recherche en génétique d’IBM dirigée par Ben Goudey, qui a publié en mars 2019 les résultats de ses travaux sur le sujet.

  • « Le monde économique doit être un des acteurs territoriaux » ( J-J. Coiplet, DG ARS Pays de la Loire)

    « L’intelligence artificielle, la robotique, la domotique… seront des moyens complémentaires apportés à l’offre de soins », estime Jean-Jacques Coiplet, directeur général de l’agence régionale de santé des Pays de la Loire, intervenu le 13 mars 2019 à l’occasion d’un Café Nile portant sur la déclinaison de la réforme Ma Santé 2022 en région.

    Interrogé sur sa vision de l’hôpital en 2042, le responsable de l’ARS imagine des établissements où les nouvelles technologies auront une place importante (des robots réaliseront les chirurgies, l’accueil sera assuré par un algorithme qui aura établi un projet de santé pour le patient, des services d’hôtellerie seront systématiquement proposés, etc.). Il souligne que sa volonté la plus forte soit que « l’humain » soit au centre de ce système. « Je veux avant tout que l’on m’appelle Jean-Jacques, et non « une personne âgée ». Je souhaite que la dimension humaine soit au cœur des préoccupations« .

    Au cours de son intervention, le directeur général de l’ARS a par ailleurs souligné que, selon lui, le monde économique devait être « un des acteurs territoriaux, pour autant que le cadre de coopération soit clair ». À l’ARS Pays de la Loire, « nous faisons signer [aux partenaires économiques] une charte qui précise la mission, les objectifs, les moyens, etc. Certains estiment qu’il y a un problème éthique dans le fait de travailler avec des laboratoires par exemple. J’essaie de les convaincre du contraire. »
    Jean-Jacque Coiplet rappelle pour étayer son propos que l’ARS finance par exemple des start-ups dans le cadre d’un appel à projet (200 000 euros) lancé en 2018 et centré notamment sur les solutions de robotique et les systèmes d’information visant à aider les personnes résidant en Ehpad.

    28 zones, un seul animateur territorial généraliste : « une petite révolution »

    Jean-Jacques Coiplet précise que l’ARS des Pays de la Loire place le projet d’animation territoriale au centre de son organisation. Il est prévu de découper les 5 départements de la région en 28 zones (EPCI, MAIA, Métropoles…), avec une seule personne pour porter l’ensemble des missions : un animateur territorial généraliste, présenté comme « un métier à part entière tout a fait complémentaire avec les expertises techniques que possède l’ARS ».

    Il s’agit pour le directeur général de l’ARS d’une « petite révolution » parce qu’il existait jusqu’ici une multitude de spécialistes (Ehpad, soins de premiers recours, etc.).

    Une douzaine de CPTS bientôt mises en oeuvre dans les Pays de la Loire

    Jean-Jacques Coiplet indique qu’une « petite douzaine de Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) sont prêtes à être mises en œuvre dans les semaines à venir ».

    Il explique qu’il existe actuellement 2 postures :

    • Certains acteurs estiment que les CPTS sont l’affaire des libéraux avant tout : « ils ont décidé qu’ils allaient créer entre eux et, peut-être, qu’ils associeront les acteurs publics à leur projet ».
    • D’autres, au contraire, associent dès le départ directeurs d’hôpitaux, Ehpads, etc. « C’est ce que l’on encourage ! », signale le directeur général de l’ARS.

    Autres éléments clés de l’intervention de Jean-Jacques Coiplet

    • « Nous sommes en anticipation et en accompagnement de la dynamique territoriale de Ma Santé 2022 », déclare Jean-Jacques Coiplet. Il insiste sur les enjeux liés aux territoires, indiquant que la mutualisation des synergies est importante entre les acteurs du territoire. Le responsable estime qu’il faut « penser global » mais « agir local » : « Plus nous serons dans la capacité à considérer que l’action de l’État peut aussi être réalisée en proximité, mieux nous nous porterons. »
    • liberté d’installation des médecins : « C’est un sujet complexe. Il faut du temps pour montrer l’effet bénéfique de l’exercice coordonné, or les citoyens et les élus peuvent exiger une réponse rapide au problème de désertification sur les territoires. » Le problème de l’attractivité doit, selon le directeur général de l’ARS, être anticipé dès la formation des nouvelles génération de médecins
    • le rôle de l’ARS pour éviter l’hospitalo-centrisme : « Le GHT comme la CPTS ne constituent pas le projet territorial de santé, ils contribuent à la réponse aux besoins. »
    • Pédagogie envers les citoyens : « Nous devons partager l’information et rendre compte des résultats. Il faut valoriser les indices de satisfaction, la pertinence et qualité des actes. »

    Le contrat : « un outil extrêmement puissant « 

    « Il existe un outil extrêmement puissant : le contrat, insiste Jean-Jaques Coiplet. Si on essaie d’être dans un vrai contrat, L’ARS peut être dans une posture ferme sur les objectifs et les résultats mais garder de la souplesse sur les moyens à mettre en œuvre ». Il précise que la dimension de contrat doit à ses yeux être la plus large possible.

    Dépenses de santé dans les Pays de la Loire : 10,5 Mds €

    • Constat : l’ensemble des dépenses de santé dans les Pays de la Loire représente un coût de 10,5 milliards d’euros. Le FIR dans la Région est de 200 millions d’euros. « On constate que le pourcentage est réduit, alors que l’on pourrait faciliter le lien entre ville et hôpital avec davantage de financement », commente le directeur général de l’ARS.
    • « Pour un financement pérenne, il faudrait une synergie des acteurs, estime-t-il, soit un mélange entre les contributions des professionnels de santé eux-même, un accompagnement de l’ARS, la participation des collectivités locales et le droit commun. »
    • Financement de l’exercice coordonné : « Si le médecin est au cœur du dispositif, il n’est pas le seul. Nous devons favoriser d’abord le projet puis les murs. »
  • OnMed (USA) présente une station de télémédecine installable dans tous les lieux publics

    La société américaine OnMed annonce le lancement officiel, après 6 ans de développement, de sa station de télémédecine qui permet aux patients de consulter un médecin et de se faire délivrer des médicaments. Une station OnMed peut être installée presque n’importe où, délivrant des soins aux patients par vidéo sur leur lieu de travail ou dans des lieux publics.

    Présenté le 12 mars 2019, le dispositif permet aux salariés surchargés d’avoir accès à une consultation virtuelle en temps réel avec un médecin et de n’y consacrer qu’un quart d’heure. Une station OnMed peut notamment :
    • contrôler taille, poids et IMC ;
    • prendre la température du patient par imagerie thermique, pour diagnostiquer une infection par exemple ;
    • contrôler la pression artérielle, le souffle et le taux d’oxygène dans le sang ;
    mais aussi :
    • transmettre les résultats au médecin traitant ;
    • délivrer des ordonnances papier ou électroniques aux pharmacies.

    La première station Onmed devrait être installée en avril dans l’État du Mississippi. La société prévoit de déployer ses stations progressivement au cours de l’année dans les hôpitaux mais aussi dans les universités, les aéroports, les hôtels et au sein de grandes entreprises.

    Délivrer des soins immédiats pour des besoins non urgents

    Objectif recherché : désengorger les urgences

    OnMed souligne que 70 % des visites aux urgences enregistrées aux États-Unis ne seraient pas nécessaires, étant le fait de patients souffrant de pathologies basiques, avec pour conséquence des milliards de dollars de gaspillage et des milliers d’heures perdues en temps d’attente.

    Avec une station OnMed, il est possible de délivrer des soins immédiats pour des besoins non urgents, en contournant totalement les urgences, explique l’entreprise américaine. Le dispositif permet aussi aux médecins de prescrire et de distribuer plusieurs centaines de médicaments courants, évitant ainsi aux patients de se rendre en pharmacie.

    Une consultation moins chère qu’une visite en clinique sans rendez-vous

    Selon le lieu d’installation de la station, une visite type pourrait coûter entre 65 et 75 dollars US (entre 58 et 66 €), soit moins de la moitié du prix d’une visite dans une clinique américaine sans rendez-vous.

    Les employeurs qui hébergent une station pourraient permettre à leurs employés de s’y rendre gratuitement, et les universités choisir d’intégrer le coût des visites aux frais de scolarité, note Onmed. De plus, si le patient dispose d’une assurance, la prise en charge pourrait être appliquée. Tous les médicaments délivrés sur place seraient par ailleurs facturés séparément.

    Les données des patients transférées sur un serveur cloud sécurisé

    L’entreprise relève également que sa station est conforme à la norme HIPAA, qui impose à tous les acteurs du secteur de la santé aux États-Unis de protéger les données des patients. Les dossiers ne sont pas stockés dans la station et toutes les informations recueillies sont transférées sur un serveur cloud sécurisé.

    Présentation de la station Onmed :

  • 300 millions d’euros seront versés aux établissements de santé, annonce Agnès Buzyn

    Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a décidé de verser 300 millions d’euros aux établissements de santé publics et privés, en dotation complémentaire à l’exercice 2018, annonce le ministère.

    Les dernières données publiées portant sur l’exercice 2018 montrent que les dépenses d’assurance maladie ont moins progressé que l’objectif voté, en raison essentiellement d’une évolution de l’activité hospitalière plus faible que prévue.

    « Aussi la ministre a-t-elle décidé de verser ces fonds pour soutenir les établissements et contribuer ainsi à réduire leur déficit« , indique le ministère dans un communiqué publié le 13 mars 2019, précisant que la somme annoncée vient s’ajouter au dégel de 415 millions d’euros de décembre 2018 (dégel intégral des crédits mis en réserve en début d’exercice pour garantir le respect de l’Ondam).

    Dans le détail :

    • 235 millions seront répartis entre les établissements ayant une activité de médecine, chirurgie, obstétrique (MCO) « pour tenir compte de la progression modérée de leur activité en 2018 » : le reversement de ces crédits a pour objectif de réduire « sensiblement » le déficit des établissements de santé ;
    • 65 millions d’euros seront reversés en complément de manière ciblée pour soutenir les établissements de santé en difficulté et accélérer le financement de mesures prioritaires, telle que la généralisation de VigilanS, un dispositif de soin innovant destiné à la prévention de la récidive suicidaire.
  • DATA – Pilotage du numérique en santé : les stratégies des îles britanniques

    Début 2019, le National Health Service (NHS) du Royaume-Uni annonçait que la télésanté ferait partie des priorités de son nouveau plan quinquennal. Doté d’un budget renforcé, il a lancé un plan ambitieux pour donner aux citoyens et aux opérateurs de santé du pays un meilleur accès aux ressources de santé mobile et de télésanté d’ici 2022-2023. Avec un budget de « plusieurs milliards de livres » selon Matthew Hancock, le ministre de la Santé britannique, le plan vise à faire des soins digitaux une norme d’ici 2022-2023 pour sauver 500 000 vies par ce biais.

    Dans un contexte marqué par le Brexit et la possibilité d’un « no deal » (la sortie officielle du Royaume-Uni de l’Union européenne est prévue le 29 mars 2019), Health & Tech Intelligence fait le point sur les feuilles de route des stratégies de e-santé de l’Angleterre, de l’Écosse, du Pays de Galles, de l’Irlande du Nord mais aussi de la République d’Irlande.

    Le tableau présentant les stratégies e-santé des îles britanniques est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien.

  • « Implant files » : le DMP pourrait servir à la surveillance des DM (rapport parlementaire)

    La mission d’information de l’Assemblée nationale sur les dispositifs médicaux (DM) conduite par Julien Borowczyk (LREM, Loire) et Pierre Dharréville (Gauche démocrate et républicaine, Bouches-du-Rhône) formule dans son rapport, publié le 6 mars 2019, 36 propositions, dont celle de placer le dossier médical partagé (DMP) « au cœur du dispositif de contrôle » des DM.

    Cette mission a été lancée après la publication, en novembre 2018, de l’enquête journalistique internationale ‘Implant files », qui pointait les défaillances de la réglementation mais aussi du suivi des DM implantables (pompes à insuline, pacemakers, prothèses, implants mammaires) et rapportait un nombre croissant d’incidents partout dans le monde.

    Un souci de contrôle des DM « plus tardif et plus limité que pour les médicaments »

    Les députés accusent un « souci de contrôle » des DM « plus tardif et plus limité que pour les médicaments » et une réglementation européenne de mise sur le marché animée par « le souci de relancer la liberté de circulation des biens ».

    Ils pointent la complexité d’un « paysage composé par 800 000 à 2 millions de références différentes, qui évoluent sans cesse en fonction des cycles toujours plus resserrés de l’innovation dans les technologies de santé », par conséquent nécessairement « difficile à appréhender dans sa globalité ».

    « L’évaporation de la responsabilité au fil de la chaîne de fabrication et de contrôle constitue un des constats les plus frappants » de la mission parlementaire, indiquent les auteurs du rapport. Les députés  accusent « la place essentielle » confiée aux organismes d’audit, « seuls véritables régulateurs en amont de la commercialisation » combinée aux « errements » de certains d’entre eux, d’avoir « conduit à une faillite complète du système de contrôle sanitaire de la mise sur le marché ». Les auteurs soutiennent en conséquence « à moyen terme » au niveau européen « la mise en place d’une véritable autorisation de mise sur le marché, auprès d’une agence publique dédiée ».

    Les solutions : intégration au DMP et identifiant unique

    Les députés saluent les nouveaux outils en cours de développement pour l’enregistrement des incidents relatifs aux DM, comme MRveille, base de données de matériovigilance de l’ANSM, ou la base européenne Eudamed. Ils estiment que ces solutions « devront intégrer la nécessaire interaction avec le DMP ».

    Ils proposent de créer un « formulaire-type » accessible dans le DMP pour alimenter les registres, avec « l’identifiant unique du dispositif médical, l’organisme notifié l’ayant certifié, le fabricant, le résumé des caractéristiques du produit, la date, le lieu et le praticien de l’opération d’implantation, son indication, la synthèse de l’intervention et des 48 heures qui se sont déroulées post-opération ».

    Ce formulaire « permettrait également au patient d’accéder à son dossier pour mettre à jour ses données administratives et personnelles, avec la possibilité de déclarer des symptômes par le patient lui-même ou son médecin traitant ». Un dispositif d’alerte pourrait être mis en place afin « d’informer en temps réel le patient de l’état de la surveillance » du dispositif médical, notamment de tout rappel par le fabricant.

    Le rapport propose également d’étendre le rôle assigné à l’identifiant unique des dispositifs médicaux, jugeant qu’il pourrait amener à moyen terme « un bouleversement important » de leur contrôle, avec pour la première fois, à horizon 2025, un recensement « quasi-exhaustif » des DM commercialisés dans l’UE, permettant d’identifier les risques « avant même que des incidents graves ne se produisent ».

    Envisageant de faire de cet identifiant « un outil précieux pour la traçabilité hospitalière », les députés lancent l’idée que les dispositifs implantables se voient affecter « une référence codée spécifique » par l’ANSM, par exemple sous forme d’un « code spécifique gravé au laser », ce qui permettrait d’intégrer les dispositifs au DMP du patient. Ils seraient scannés, et l’opération de scan pourrait être rendue impossible « en cas de décision de l’ANSM de suspendre ou de retirer le produit du marché », rendant également impossible l’opération d’implantation. 

  • Le moteur de recherche Santé.fr lancé en Centre-Val de Loire, 7e région à disposer du service

    Le site web et l’application mobile Santé.fr sont désormais disponibles pour les habitants du Centre-Val de Loire, annonce l’Agence régionale de santé (ARS). Le service, prévu dans le cadre du service public d’information en santé créé par la loi du 26 janvier 2016, couvre également à ce jour la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand Est, l’Île-de-France, les Pays de la Loire, la Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) et la Guadeloupe. Il sera progressivement déployé sur l’ensemble du territoire national d’ici la fin du 1er semestre 2019.

    Ce moteur de recherche, proposé par le ministère des Solidarités et de la Santé, les agences et les autorités publiques, a pour but de guider les usagers vers de bonnes décisions en matière de santé, que ce soit pour eux ou pour leurs proches, en « [simplifiant] pour la population l’accès aux informations fiables et pertinentes en santé dont ils ont besoin sur leur territoire », commente l’ARS Centre-Val de Loire dans un communiqué publié le 26 février 2019.

    Par le biais de Santé.fr, les utilisateurs peuvent notamment consulter un annuaire des professionnels de santé, des établissements et des structures de soins de leur région, et créer un compte personnel pour recevoir des notifications géolocalisées sur des sujets de santé, portant par exemple sur les pharmacies de garde à proximité ou des événements sanitaires.

    Santé.fr propose :

    • divers contenus indexés, agrégés des sites web des acteurs public de santé, comme l’Assurance maladie, l’Institut national du cancer et l’Inserm (prévention, informations sur les maladies et les traitements, etc.), mais aussi par des partenaires à but non-lucratif labellisés (associations, sociétés savantes, universités, etc…) ;
    • un accès à un compte personnel sur lequel il est possible de paramétrer les informations ;
    • un assistant personnel : envoi de notifications et d’alertes territorialisées (informations géolocalisées sur la pollution, les événements sanitaires, les pharmacies de garde à proximité, etc.) ;
    • un annuaire des professionnels de santé, des établissements sanitaires et médico-sociaux et leurs spécialités, des laboratoires d’analyses médicales, des pharmacies, etc.
    • un espace Lab accueillant les idées, les propositions et les évaluations des usagers, qui deviennent ainsi acteurs de la démarche. Le moteur de recherche est évolutif, c’est-à-dire qu’il gagne en pertinence au fil des usages et des propositions émises au sein du Lab Santé.fr. « Chaque personne peut contribuer à sa construction », note l’Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur (communiqué).

    Dans sa version régionale, Santé.fr « représente un véritable outil de réduction des inégalités car il offre une meilleure orientation dans le système de santé », commente-t-elle par ailleurs.

    Présentation du service

    © Ministère des Solidarités et de la Santé

  • Therapixel lève 5 millions d’euros pour prévenir le cancer du sein par l’IA

    La start-up française Therapixel a levé 5 millions d’euros dans le cadre d’un tour de table de série A réalisé auprès d’Omnes et de M Capital Partners afin de financer le déploiement de son système d’intelligence artificielle (IA) capable d’affiner le diagnostic des cancers du sein.

    Le rôle de l’outil est d’ »aider la première lecture », selon les mots du nouveau P.D-G. et cofondateur Pierre Fillard, soit d’assister le radiologue sans le remplacer. La solution permettra cependant, dans un contexte de pénurie de praticiens spécialistes, de traiter plus d’images avec le même nombre de personnes.

    En mai 2017, Therapixel a remporté le premier prix du Digital Mammography Dream Challenge, un concours international de détection des tumeurs sur des mammographies, organisé par une dizaine d’organisations américaines, rappelle la société dans un communiqué publié le 13 mars 2019. La société avait présenté une version plus ancienne de son algorithme. Ce dernier permettait notamment d’améliorer de 5 % le nombre de faux positifs et donc de biopsies inutiles, par rapport aux autres systèmes.

    Depuis le challenge, Therapixel a peaufiné son algorithme afin de le rendre plus performant, indique la start-u.

    À noter que Olivier Clatz, jusqu’alors P.-D.G. de Therapixel, a récemment quitté la société. Le 1er mars 2019, il a été nommé directeur du grand défi lancé par le gouvernement sur le thème « Comment améliorer les diagnostics médicaux par l’intelligence artificielle ? », un appel à projets bénéficiant des financements du fonds pour l’innovation de rupture.