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  • L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes lance un appel à projets pour déployer la télémédecine

    L’agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes lance un appel à projet (AAP) pour accompagner et soutenir le déploiement de la téléconsultation et de la téléexpertise. L’objectif affiché est de « structurer les recours en privilégiant des organisations territoriales entre les Ehpad, les professionnels de santé médicaux, les structures d’exercice regroupé et les établissements sanitaires ».

    Les projets devront « ancrer de manière pérenne » une offre de soins de proximité articulée avec une offre de recours aux spécialités.

    L’ARS distingue 2 thématiques prioritaires pour cette initiative en faveur de la télémédecine :

    • l’accès aux soins des personnes âgées en établissement, notamment en médecine générale, en gérontologie, en dermatologie et dans les services d’urgences ;
    • l’accès aux consultations « de recours ou d’expertise » sur les maladies chroniques.

    L’AAP, lancé le 1er avril 2019, est ouvert à toutes les spécialités médicales sauf le bucco-dentaire et la téléradiologie.

    Les dossiers de candidature doivent être soumis à l’ARS au plus tard le 15 juin 2019 via la plateforme Demarches-simplifiees.fr.

    Modalités de dépôt de dossiers

    Les candidats devront formaliser leur réponse en utilisant les modèles de fiches projet et financière, à télécharger ci-contre.

    Un accusé de réception du dossier de candidature sera adressé en retour.

    Contact :

    • ARS Auvergne-Rhône-Alpes :
      • ARS-ARA-E-SANTE@ars.sante.fr
  • Le CHRU de Brest lance un appel d’offre pour l’accompagnement de sa stratégie d’innovation

    Engagé dans une politique globale d’innovation, le CHRU de Brest cherche à inscrire sa stratégie d’innovation dans une vision collective et partagée de l’hôpital du futur.

    Pour cela, dans l’optique de diffuser un nouvel état d’esprit et une nouvelle culture d’innovation en son sein, le CHRU lance un appel d’offre pour être accompagné dans le déploiement de cette stratégie.

    Il s’agit d’une procédure adaptée par application des articles 27 et 34 du Code des marchés publics (Décret 2016-360 du 25 mars 2016). La date limite du dépôt des candidatures, à effectuer sur Private.e-marchespublics.com, est le 12 avril 2019 à midi.

    Objectif : diffuser une nouvelle culture de l’innovation

    Cette nouvelle dynamique a pour enjeu d’inventer « l’hôpital de demain » en répondant notamment à 3 questions :

    • Quels seront les besoins des patients et des professionnels de santé ?
    • Quelles sont les évolutions technologiques/organisationnelles que l’établissement doit anticiper afin de répondre à cet objectif ?
    • Comment les ressources hospitalières peuvent-elles être mobilisées à cette fin ?

    Elle devra reposer sur 3 piliers :

    • des méthodes d’action nouvelles, basée sur l’intelligence collective ;
    • une veille technologique et organisationnelle ;  
    • une collaboration étroite et facilitée avec les entreprises innovantes.

    3 axes de réflexions à mener :

    Afin de co-construire ce projet avec l’ensemble des professionnels, le CHRU souhaite être accompagné sur 3 axes de réflexions :

    1. définition de la stratégie et du premier plan d’action :

    • diagnostic du positionnement du CHRU ;
    • proposition d’un projet stratégique adapté aux enjeux d’avenir du CHRU de Brest ;
    • proposition d’un premier plan d’action.

     2. accompagnement méthodologique de la structuration :

    • structurer le pilotage de l’innovation ;
    • importer les méthodes d’innovation ;
    • proposer une méthode de constitution d’un vivier de professionnels et définir des méthodes d’animation ;
    • créer les lieux d’innovation.

     3. diffuser l’innovation au sein de la structure : outils  adaptés à la diffusion de la culture de l’innovation et à l’appropriation des méthodes

    Informations et contact 

    Pour obtenir tous renseignements complémentaires et déposer un dossier de candidature, se rendre sur Private.e-marchespublics.com.

    Date limite de dépôt : 12 avril 2019 à midi

  • Note aux abonnés : retour des publications le jeudi 2 mai.

    Chers abonnés,

    Nous suspendons la publication ce mercredi 1er mai. Vous retrouverez dès jeudi toutes les informations dans votre boîte mail.
    Nous vous remercions de votre compréhension,

    La rédaction H&TI

  • Loi santé : les députés ouvrent la voie à la e-prescription généralisée et au télésoin

    2 articles du projet de loi santé, adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 26 mars 2019, modernisent le cadre législatif de la télémédecine. L’article 14 définit les modalités de la e-prescription et l’article 13 celles du télésoin, c’est-à-dire des actes délivrés à distance par des professionnels de santé non médecins.

    L’article 14: vers la généralisation de la e-prescription

    Une nécessaire modernisation

    L’article 14 du projet autorise la prescription à distance sans examen clinique préalable, abrogeant pour ce faire l’article 34 de la loi du 13 août 2004 qui imposait cette condition « sauf à titre exceptionnel en cas d’urgence ».

    « Le cadre juridique actuel n’apparaît plus nécessaire à la sécurisation des échanges, il n’apparait pas non plus adapté aux pratiques médicales », estime le gouvernement dans l’étude d’impact du texte.

    L’exécutif veut autoriser le partage de ces données de santé non plus seulement via des messageries sécurisées réservées aux professionnels de santé mais aussi via des « plateformes sécurisées », soulignant cependant que celles-ci « devront respecter la politique générale de sécurité des systèmes d’information de santé ».

    Des mesures par ordonnance

    L’article 14 autorise également le gouvernement à prendre des mesures par ordonnance destinées à « prévoir un cadre légal pour la prescription électronique et ses conditions d’utilisation, ainsi que de prise en charge, tant en ville qu’à l’hôpital » avec pour objectif de « garantir un recours à cette modalité de prescription, en faisant, à terme, de la prescription électronique l’unique vecteur de prescription ».

    Il s’agit également « à terme, de faire de l’interface avec le système de e-prescription une condition préalable à la certification des logiciels d’aide à la prescription et à la dispensation ». L’exécutif pourra également prévoir par voie d’ordonnances « les potentiels aménagements conventionnels nécessaires pour le déploiement et la généralisation de la e-prescription chez les professions de santé concernées ».

    La dématérialisation des arrêts de travail

    Un amendement du rapporteur Thomas Mesnier, adopté en séance, énonce que « les arrêts de travail sont prescrits, sauf exception, de manière dématérialisée via un service mis à la disposition des professionnels de santé par les organismes d’assurance maladie ». Cette disposition reprend un article du PLFSS 2019 censuré par le Conseil constitutionnel comme « cavalier législatif ». 

    L’article 13 : feu vert au télésoin

    L’article 13, voté par les députés, rebaptise « télésanté » le chapitre du Code de la santé publique consacré à la télémédecine, et introduit en son sein une nouvelle section, appelée « télésoin ». Il s’agit selon l’étude d’impact d’« ouvrir les activités à distance aux pharmaciens et aux auxiliaires médicaux » (infirmiers, orthophonistes, opticiens, audioprothésistes, masseurs-kinésithérapeutes, etc.) : cette mesure vise à améliorer « l’accès aux soins » pour les personnes « atteintes d’une affection longue durée », « les personnes âgées et handicapées, les personnes détenues et de manière plus large, tous les patients en zones sous-denses ».

    Le télésoin y est défini comme « une forme de pratique de soins à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication », qui « met en rapport un patient avec un ou plusieurs pharmaciens ou auxiliaires médicaux dans l’exercice de leurs compétences ».

    Les activités relevant du télésoin seront définies « par arrêté du ministre en charge de la santé, après avis de la Haute autorité de santé ». Cet avis portera « notamment sur les conditions de réalisation des télésoins garantissant leur qualité et leur sécurité ainsi que sur les catégories de professionnels y participant ».

    « Les conditions de mise en œuvre des activités de télésoin sont fixées par décret en Conseil d’État » précise l’article. Le texte indique ensuite que les conventions conclues entre l’Assurance maladie et les professionnels de santé libéraux devront déterminer « les tarifs ou les modes de rémunération ainsi que les modalités de réalisation des activités de télésoin ».

    La prise en charge de ces actes « est subordonnée à la réalisation préalable, en présence du patient, d’un premier soin par un auxiliaire médical de la même profession que celle du professionnel assurant le télésoin » ; « l’activité du professionnel de santé présent, le cas échéant, auprès du patient n’est pas prise en charge dans le cadre du télésoin ».

    Les conditions de prise en charge des actes de télésoin seront  fixées « par décret en Conseil d’État en tenant compte notamment des déficiences de l’offre de soins », est-il spécifié.

  • Les solutions de ExactCure, Posos et Vidal mises en avant par le Collectif « Bon usage du médicament »

    Les projets portés par ExactCure, Posos et Vidal Group font partie des solutions mises en avant par le Collectif « Bon usage du médicament » à l’occasion de son colloque annuel, qui s’est tenu fin mars 2019 au sein du ministère des Solidarités et de la Santé.

    L’événement a été organisé dans le cadre d’un contexte politique fort, la pertinence des soins étant l’un des objectifs clés affichés de la stratégie Ma Santé 2022. « Le bon usage du médicament s’impose dans la réflexion nationale comme un levier majeur pour répondre à cet enjeu », indique le collectif.

    « Mauvais dosage, mauvaise prise, non-respect du traitement prescrit, interaction entre plusieurs médicaments… les causes d’un accident lié à un médicament sont multiples et la plupart d’entre elles pourraient être évitées, explique le collectif. Le bon usage du médicament est un véritable enjeu de santé publique, puisqu’au-delà des conséquences sur le patient, qui peuvent aller jusqu’au décès, un bon usage du médicament entre dans l’objectif de pertinence des soins, et représente des économies non négligeables pour l’Assurance maladie. »

    Après un tour d’horizon des expériences internationales, 12 projets innovants destinés à favoriser le bon usage des médicaments ont été mis en avant devant l’auditoire au cours du colloque.

    Voici 4 exemples de projets innovants sur un plan technologique, numérique et médico-économique présentés par le collectif :

  • ExclusifH&T Morning : déploiement des services numériques par le NHS (UK) versus France (infographie)

    Établir un comparatif entre les approches du NHS et du ministère de la Santé en matière de e-santé, tel est l’objectif de l’infographie présentée lors du HTI Morning du 28 mars 2019, organisé avec le think tank le Cercle numérique et santé.
    L’infographie met en évidence un système de santé anglais sous pression, avec un accès aux soins primaires difficile : temps d’attente long (13 jours en moyenne), nombre de médecins généralistes faible (0,9°/00) – et un coût de système très lourd, avec un reste à charge pour le citoyen plus de deux fois supérieur à celui de la France.
    Face à ces défis, le NHS entend résolument mettre en place des services numériques pour faciliter l’accès aux soins et la prise en charge : plus d’un million de rendez-vous en ligne par mois sont directement pris sur le site du NHS ou via l’application NHS App, 17 % des consultations sont faites par téléphone et la e-prescription est fortement déployée (62 % des pharmacies connectées).
    L’appui à la prise en charge est également digitalisé : un chatbot de triage et de réponse aux premières questions de santé est mis à disposition de la population ainsi qu’une librairie d’applications santé référencées.

    La stratégie digitale du NHS est continue depuis plus de 15 ans et se voit renforcée dans le Long term plan présenté en janvier 2019 par le gouvernement de Theresa May.

  • FASN Cancéro : Hospitalink remporte le start-up challenge (2/04/19)

    Hospitalink remporte le start-up challenge des Rencontres nationales de la santé numérique, qui se tiennent ce mardi 2 avril 2019. L’événement est organisé par la société Care Insight dans le cadre de la campagne #FASN (Faire avancer la santé numérique) sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins.

    Fondé en 2016, Hospitalink propose une application mobile permettant d’optimiser la communication entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. La solution est actuellement en fin de phase d’expérimentation dans plusieurs centres de soins et ne génère du chiffre d’affaire que depuis 2019. La société a jusqu’à présent bénéficié de subventions publiques pour mener à bien ses expérimentations et son développement R&D.

    Les 2 autres finalistes du concours étaient :
    Anamnèse : propose aux professionnels de santé un assistant virtuel capable de mener un entretien médical avec le patient ;
    Health for People : met l’intelligence artificielle au service de l’éducation à la santé et se propose de renforcer le niveau de littératie des patients et la maîtrise de leur santé à chaque étape de leur vie.

  • Étude : un robot contrôlé par RA pour rendre de l’autonomie aux personnes handicapées (Plos One)

    Des chercheurs de l’Institut de technologie de Géorgie (Georgia Institute of Technology) ont mis au point un nouveau système de réalité augmentée (RA) qui permet aux personnes ayant une déficience motrice grave de contrôler un robot à taille humaine. Les résultats de cette petite étude* publiée le 15 mars 2019 dans la revue Plos One montrent que ce dispositif peut améliorer leur qualité de vie car ils commandent le robot de façon complètement indépendante.

    Les robots d’assistance, un espoir pour les personnes handicapées moteur

    Les personnes souffrant de profonds déficits moteurs ont besoin d’aide de soignants pour effectuer de nombreuses tâches. Non content de les rendre très dépendants, ces soutiens coûtent cherchent et font peser un fardeau physique et émotionnel sur les aidants informels. Des robots d’assistance permettant aux personnes présentant un déficit moteur profond de s’acquitter eux-mêmes d’une partie de ces tâches pourraient être bénéfiques. En outre, il a été démontré que la capacité de prendre soin de soi est corrélée à une amélioration de la qualité de vie et à une diminution de la dépression, notamment chez les patients victimes d’un AVC, ainsi qu’à une réduction du taux de mortalité chez aidants.

    Pour les personnes souffrant d’un grave déficit moteur, tout l’enjeu est de trouver des dispositifs capables de contrôler ces robots car à l’heure actuelle, ces dispositifs sont très complexes, dotés d’un grand nombre de capteurs. Il existe de nombreux robots à taille humaine disponibles dans le commerce, équipés de roues et d’un ou deux bras. En outre, des entreprises et des chercheurs ont fabriqué des robots humanoïdes complets avec bras et jambes, couramment utilisés dans les laboratoires.

    Une interface de réalité virtuelle pour contrôler le robot

    Des chercheurs de l’Institut de technologie de Géorgie (Georgia Institute of Technology) ont donc mis au point un nouveau système permettant aux personnes ayant une déficience motrice grave de contrôler un robot à taille humaine. Ils utilisaient un robot PR2 de Willow Garage, comparable aux autres manipulateurs mobiles disponibles dans le commerce. Le PR2 est un robot à taille humaine doté d’un socle à roues omnidirectionnel, d’un torse translucide vertical, de deux bras avec pinces, d’une tête avec caméras et de divers autres capteurs, notamment tactiles.

    De plus, ils ont développé une interface de réalité augmentée (RA) basée sur le web. Les utilisateurs accèdent à l’interface à l’aide d’un navigateur web standard, ce qui simplifie l’accès et permet de contrôler un robot situé loin de l’utilisateur, par exemple dans une autre pièce ou dans tout le pays. L’interface web affiche « la vue du robot » de l’environnement pour aider les utilisateurs à interagir avec le monde via la machine. Ils ont pu contrôler le robot à l’aide de simples mouvements de tête et d’une interface graphique intuitive. En plus du flux vidéo, l’interface affiche d’autres données, issues notamment des capteurs tactiles.

    2 expérimentations ont été menées : la première étude comprenait 15 participants âgés d’au moins 18 ans, capables d’utiliser une souris d’ordinateur ou l’équivalent. Dans la seconde petite étude, un participant, considéré comme un « utilisateur expert » présentant de graves déficits moteurs, a utilisé le système à son domicile pendant 7 jours.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 15 mars dans la revue Plos One.

    Résultats

    • 80 % des participants ont été capables de manipuler à distance le robot pour des tâches de la vie quotidienne (attraper une bouteille d’eau et la porter à la bouche d’un mannequin).
    • Le système de réalité augmentée leur a permis de faire deux choses à la fois, comme « contrôler une machine à laver tout en utilisant une brosse ».
    • Les participants ont convenu que le système robotique était facile à utiliser et qu’il améliorerait considérablement leur vie.
    • Dans la deuxième étude, les chercheurs ont identifié 59 tâches « de premier niveau » pour lesquelles l’utilisateur expert a pu utiliser la technologie, notamment se brosser les dents et se raser.

    « Un système très libérateur pour moi »

    « Nos résultats suggèrent que les personnes atteintes de déficits moteurs profonds peuvent améliorer leur qualité de vie en utilisant des substituts robotiques du corps, et ce sans interfaces invasives, a déclaré Phillip Grice, premier auteur de l’étude. Le système a été très libérateur pour moi, en ce sens qu’il m’a permis de manipuler mon environnement de manière indépendante pour la première fois depuis mon AVC », a déclaré Henry Evans, un Californien qui aide les chercheurs du Georgia Institute of Technology à améliorer les systèmes robotiques d’assistance depuis 2011.

    Des robots encore trop coûteux

    Ces résultats portent sur un petit nombre de personnes et ont donc besoin d’être dupliqués. Par ailleurs, le système est encore très lent. Quant au robot, sa taille et son coût doivent encore diminuer avant de pouvoir être commercialisé.

  • FASN Cancérologie : numérique et implication des patients, C. Cerisey, Patients & Web (2/04/19)

    « La co-construction, en démarrant par un recueil des besoins des malades, est essentielle pour que [ces derniers] se saisissent [des outils numériques] », explique Catherine Cerisey, fondatrice de Patients & Web, une société de conseil en santé fondée sur l’expertise patients.

    La valeur ajoutée des e-solutions à l’expertise patient et celle de l’implication des patients au développement et à l’évaluation de ces technologies numériques est aujourd’hui une évidence et un condition incontournable pour faire avancer la santé numérique.

    Transformations, nouveaux usages et parcours de soins ville-hôpital seront au cœur des discussions lors de ces Rencontres nationales de la santé numérique, qui se tiennent le 2 avril 2019 à Paris. L’événement est organisé dans le cadre de la campagne #FASN sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins.
    Le programme de ces « 36 heures chrono » mettra en lumière les retours d’expériences d’acteurs de santé sur les grands programmes et expérimentations déployés au sein des établissements de santé et sur les nouvelles formes de coordination mises en place pour les professionnels impliqués dans la prise en charge des patients atteints d’un cancer.

    Quelle est la valeur ajoutée des outils numériques à l’expertise patient ?

    Il est tout d’abord essentiel de rappeler que l’outil numérique n’est pas le seul axe de l’expertise patient. Les patients et leurs représentants associatifs ont d’abord été moteurs dans l’information des malades. Je distingue d’ailleurs l’usage d’internet et des réseaux sociaux d’une part à celui des applications et objets connectés de l’autre.

    Comme l’a montré une enquête récente du collectif [im]Patients, Chroniques et Associés, les malades sont très connectés à internet mais sont moins utilisateurs des applications et objets connectés. Le premier apport, la première demande des malades demeure l’information, disponible, adaptée aux besoins, au moment ; une information venant de plusieurs sources, notamment des pairs.

    L’objectif de cette information est de privilégier la décision partagée, qui est un facteur clé d’une bonne prise en soin. Les patients ne se sont pas vraiment appropriés les outils numériques car, le plus souvent, ils ne sont pas adaptés, notamment au quotidien des malades, et pour la plupart n’ont pas été coconstruits avec eux.

    Ces outils ont un intérêt dans le cadre du virage ambulatoire, de l’évolution des rapports médecins- patients, de l’adhésion thérapeutique, de la prévention… mais avec un manque d’adaptation aux besoins et aux usages notamment en cancérologie.

    Comment les patients et les associatifs peuvent-ils s’investir ?

    Les associations se sont appropriées internet, les forums, les réseaux sociaux avant même les professionnels. La question des usages ne se pose même plus avec le web 2.0. En revanche, concernant les autres outils, tous les acteurs doivent inclure les associations de patients, en amont de leur réflexion, pour connaître les besoins des utilisateurs au-delà de leurs idées lumineuses, pour que le concept et l’usage se rejoigne.

    La co-construction en démarrant par un recueil des besoins – ce qui ne veut pas seulement dire aller voir les associations de patients ou les patients experts pour avoir leur sésame et apposer leur logo – est essentielle pour que les malades se saisissent de l’outil. De plus, énormément d’applications bien-être et santé existent mais nous disposons seulement d’indicateurs de téléchargement et non d’usage. L’enjeu, pour la plupart des acteurs, est l’observance thérapeutique et moins le suivi à long terme.

    Les associations sont-elles à l’initiative d’outils numériques ?

    En diabétologie, les associations ont investi ce terrain depuis longtemps. L’association François Aupetit, qui agit contre la maladie de Crohn, a par ailleurs lancé entre autre l’application AFAMICI. En cancérologie, il y a pour l’instant peu d’exemples. La présence des associations est très forte sur internet, comme Patients en Réseau, qui a créé une application basée sur ses expériences en ligne de mise en réseau. C’est aussi le cas de l’association Jeunes Solidarité Cancer, qui avait créé une application de mise en contact des adolescents avec géolocalisation. Si elles sont mises en lien avec les autres acteurs, les associations peuvent aller beaucoup plus loin.       

    Faut-il une labellisation de ces outils ?

    Cela a été tenté pour internet avec le label HON (le HONcode est une charte visant à certifier certains sites web médicaux et de santé). Cela n’a pas fonctionné et reste compliqué. Une labellisation est pourtant essentielle pour certains de ces outils afin qu’ils soient fiables, bien sûr, mais aussi adaptés à la vraie vie des malades.

    Typiquement dans le virage ambulatoire, où les malades sont traités à domicile, les remontées d’effets indésirables avec des seuils d’alerte via les applis doivent être optimales pour assurer la qualité et la sécurité des soins.

    Nous l’avons vu avec le carnet d’idées citoyennes pour construire ensemble le virage de l’ambulatoire. Il s’agissait d’un projet mené par Cancer Contribution et l’Association française des malades du myélome multiple qui a notamment valorisé les propositions des malades sur les outils numériques. Pour les outils favorisant la relation médecin-patient, la question est aussi de la fluidité, de la rapidité de réaction. Il faut également que les professionnels s’approprient la solution au même titre que les patients. 

    L’outil en lui-même ne fait-il pas tout ?

    Le numérique n’est en effet qu’un outil. Il est sans doute nécessaire mais pas suffisant. Le énième pilulier numérique ou le énième rappel de SMS ne résoudra pas le problème de l’adhésion thérapeutique s’il n’y a pas d’humain derrière. Au début, ils vont sans doute aider, mais au bout de quelques années, on a envie de jeter le téléphone par la fenêtre. Et comme de nombreux cancers se « chronicisent »…

    Nous savons très bien que la mauvaise adhésion à une prescription est due à de nombreux facteurs. Il ne s’agit pas juste d’un oubli mais d’une saturation d’effets indésirables, d’une envie d’oublier la maladie, de la nécessité de construire un projet de vie incompatible avec la thérapie. L’accompagnement est nécessaire, par des hommes et des femmes, des professionnels, des pairs. Il faut remettre l’outil numérique à sa place et l’adapter à l’humain.

    Nous parlons aujourd’hui beaucoup d’intelligence artificielle, de réalité virtuelle. Nous en sommes au tout début. Ces outils sont prometteurs mais cela va prendre du temps. Nous avons ici l’occasion d’accompagner ensemble, associations et professionnels, ce mouvement pour répondre aux besoins des patients de manière intelligente, coordonnée et efficiente.

  • FASN Cancérologie : Apporter un service aux patients – Norbert Ifrah – Inca (2/04/19)

    « Le virage ambulatoire, que ce soit en chirurgie ou dans le cadre des traitements accélère le développement d’outils connectés. Aujourd’hui, beaucoup d’applications se développent et font l’objet d’expérimentations dans de nombreuses pathologies et le cancer en fait partie. Aussi, de nouveaux enjeux apparaissent : l’observance des traitements, indispensables pour en garantir l’efficacité ou encore la connaissance, la gestion et la prise en charge des effets secondaires », explique le Pr Norbert Ifrah, président de l’Institut national du cancer (Inca) depuis 2016.

    Réussir le virage numérique en cancérologie est ainsi l’un des enjeux clé pour faire avancer la santé numérique. Transformations, nouveaux usages et parcours de soins ville-hôpital seront au cœur des discussions lors des Rencontres Nationales de la Santé Numérique, qui se tiennent le 2 avril 2019 à Paris. L’événement est organisé dans le cadre de la campagne #FASN sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins.

    Le programme de ces « 36 heures chrono » mettra en lumière les retours d’expériences d’acteurs de santé sur les grands programmes et expérimentations déployés au sein des établissements de santé et sur les nouvelles formes de coordination mises en place pour les professionnels impliqués dans la prise en charge des patients atteints d’un cancer.

    Comment l’Inca accompagne ce mouvement de la santé numérique ?

    L’Institut national du cancer est attentif aux dispositifs qui sont développés pour accompagner les patients pendant leur parcours de soins et au-delà. Dans la cadre de ses appels à projets, l’institut a financé en 2015 deux initiatives, en cours d’évaluation, dans le champ de la santé numérique.

    Le premier a été déployé dans le cadre de l’AAP associations pour Jeunes solidarité cancer. Ce projet, appelé « Touch ! », s’articule autour de la création d’une application, pour smartphones et tablettes. Son objectif est de lutter contre l’isolement des jeunes atteints de cancer.

    Le second projet, financé dans le cadre de l’AAP chirurgie ambulatoire, vise à développer une application de suivi à domicile après une chirurgie en ambulatoire via le smartphone. Il s’agit du suivi des cancers du sein, digestifs et gynécologiques, dont l’objectif est d’améliorer l’efficience et la qualité des soins. L’Institut est bien sûr, de surcroît, un acteur important du volet cancer du Health Data Hub.

    Le seul objectif que nous devons poursuivre, avec le développement de solutions connectées, est d’apporter un service aux patients qui le souhaitent et qui contribue à l’amélioration de leur qualité de vie. 

    Comment la prise en charge des patients se transforme ?

    Le virage ambulatoire, que ce soit en chirurgie ou dans le cadre des traitements (chimiothérapie, immunothérapie, radiothérapie) accélère le développement d’outils connectés. Aujourd’hui, beaucoup d’applications se développent et font l’objet d’expérimentations dans de nombreuses pathologies et le cancer en fait partie. Aussi, de nouveaux enjeux apparaissent : l’observance des traitements, indispensables pour en garantir l’efficacité ou encore la connaissance, la gestion et la prise en charge des effets secondaires.

    Les objets connectés peuvent accompagner le patient en le mettant en contact directement avec les équipes soignantes par l’envoi d’un message ou en délivrant une information sur les possibles effets secondaires et conduites à tenir. Ils peuvent aussi faire office « d’aide-mémoire » pour la prise des traitements et améliorer l’observance. Toutefois, nous devons être vigilants et nous assurer que ces dispositifs conviennent aux patients et à ses attentes ; la relation humaine demeure incontournable.

    Quels sont les impacts sur l’organisation des soins et le quotidien des professionnels de santé ?

    Le numérique est un facteur d’amélioration de la qualité des soins et de la continuité de la prise en charge du patient sur le terrain. C’est tout l’enjeu du dossier communicant en cancérologie (DCC).

    Cet outil numérique permet la transmission des informations relatives à la prise en charge des personnes atteintes de cancer, quel que soit leur lieu de traitement. C’est un outil au service de la coordination des professionnels et de l’optimisation du parcours de soins des patients. Le DCC s’inscrit dans la mise en place progressive d’un système de partage et d’échange de données médicales entre tous les acteurs de santé.

    Au-delà du partage et de l’échange, le DCC met à disposition des services spécifiques afin d’aider les professionnels dans leurs pratiques courantes (par exemple, annuaire et gestion des réunions de concertation pluridisciplinaires – RCP). Ces services contribuent à l’amélioration de la qualité des soins et permettent aux équipes de soins de gagner en efficience, et ceci au bénéfice du patient. Fin 2017, 81 % des patients disposent d’un DCC. 

    Comment ces professionnels participent à la développement de la santé numérique ?

    Les professionnels de santé sont, avec les patients, indispensables au développement de ces dispositifs numériques. C’est à partir de leurs pratiques, de leurs expériences et avec leur participation que ces outils peuvent être mis en place puisqu’ils sont porteurs des connaissances qu’il faut adapter aux outils, et en seront les utilisateurs finaux, avec les malades. 

    Et, justement comment les malades et les associations agissent dans ce développement ?

    Cette question rejoint la précédente. L’expérience des patients est indispensable pour comprendre comment le numérique peut permettre l’amélioration du parcours de soins. Les associations sont également un relai indispensable de l’information auprès des patients pour les informer et les orienter vers les dispositifs existants. Il est essentiel que ces acteurs comprennent que ces outils, tous numériques qu’ils soient, sont encore largement perfectibles et ne détiennent pas « la vérité ». Ses concepteurs construisent un outil supplémentaire, de qualité.

    Quels sont les freins à lever ?

    La dimension éthique du développement de la santé numérique est un sujet majeur. Si la transformation numérique de notre système de santé est une réalité, nous devons nous assurer qu’elle ne se fait pas au détriment des attentes des patients, ou de leur confiance. Les malades doivent avoir le choix d’utiliser ou non ces dispositifs et la relation humaine doit être préservée.

    Par ailleurs, les données enregistrées doivent être sécurisées et ce d’autant plus lorsqu’il s’agit de données de santé. Enfin, le numérique doit être un outil de lutte contre les inégalités. Pour y parvenir, des pré-requis, qui dépassent le domaine de la cancérologie, sont indispensables, comme la formation des usagers au numérique de santé ou une couverture numérique sur le territoire suffisante.

    Le ministère des Solidarités et de la Santé, dans Ma Santé 2022, s’est engagé à développer un espace numérique de santé personnalisable et individuel pour chaque usager afin de lui permettre d’avoir accès à ses données et lui offrir un ensemble de services tout au long de sa vie. Ce dispositif contribuera certainement à faire évoluer ce champ pour l’ensemble des pathologies.