Cédric O, le nouveau secrétaire d’État au Numérique, a choisi le siège parisien de la société Doctolib pour sa première visite officielle, le mercredi 3 avril 2019. Il s’est fait expliquer le fonctionnement de la société par le président-fondateur Stanislas Niox-Château et ses collaborateurs, avant d’évoquer sa vision et ses projets en matière de numérique. Health & Tech Intelligence était présent.
Cédric O a confié avoir été « beaucoup marqué » par sa première entrevue avec Stanislas Niox-Château, quand il a reçu entre 100 et 150 entrepreneurs du secteur de la tech en tant que conseiller de l’Élysée chargé du numérique.
Le président de Doctolib a de son côté confié espérer « un grand plan » en faveur du numérique en santé : il a fait part de sa volonté de doubler à court terme ses effectifs, qui dépassent déjà les 800 personnes.
Lors de son intervention, le secrétaire d’État a notamment indiqué qu’il allait « créer le cadre » nécessaire à l’émergence de Google, Facebook, Amazon européens. Soulignant que la notion de « start-up nation » était pour lui importante, il a également insisté sur son intention de faire du numérique un « facteur de simplicité et pas d’exclusion ».
Faire émerger des leaders européens
Regrettant l’absence dans le CAC 40 d’au moins une grande entreprise « liée aux dernières révolutions technologiques », Cédric O s’est assigné la tâche de « créer le cadre » nécessaire à l’émergence de Google, Facebook, Amazon européens. « Quand Facebook modifie ses conditions générales d’utilisation, il change la loi pour 2 milliards de personnes », note-t-il, jugeant « impensable [que] ce soient les plateformes qui décident ». « Quand vous êtes leader vous créez la norme, a souligné le secrétaire d’État. J’aimerais que certaines applis soient européennes. »
Faire du numérique un facteur d’inclusion sociale
Cédric O a évoqué son échange de la veille avec le député communiste Christian Hutin pour sa première séance de questions au gouvernement : interpellé sur « la brèche numérique sociale », à savoir sur « les oubliés de la start-up nation », ceux qui « ne peuvent absolument pas accéder au numérique », Cédric O a souligné qu’« aux États-Unis, sur les 10 dernières années, jusqu’à la moitié des emplois créés l’ont été directement ou indirectement grâce à la technologie ».
« Si l’on veut réduire le chômage [mais aussi voir] perdurer [notre] vision de la vie et de la société, sauver notre modèle, conclut-il, la start-up nation c’est important ». Il a cité en tête de ses 3 grands dossiers l’accès aux services publics depuis la ruralité, et l’importance de faire du numérique un « facteur de simplicité et pas d’exclusion », de le penser en termes d’accès.