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  • Cegedim et le Mipih lancent une solution commune pour accompagner la numérisation des hôpitaux

    Cegedim, spécialiste de la numérisation des process BtoB, et le GIP Mipih, parmi les leaders de l’offre administrative sur les groupements hospitaliers de territoire (GHT), lancent une solution commune pour accompagner la transformation numérique des établissements publics de santé. L’outil en question est le « module d’enrichissement post Chorus (EPC) », qui facilite la liquidation des factures provenant de Chorus-pro, un portail sur lequel les fournisseurs du milieu public doivent déposer leurs factures numériques. L’EPC permet ainsi aux hôpitaux de mieux contrôler la dépense et d’améliorer le processus de liquidation.

    « Partenaires historiques des établissements de santé sur la dématérialisation de la commande, le MiPih et Cegedim (via le portail Hospitalis) optimisent à présent aussi la chaîne de facturation et de recouvrement, indiquent les deux organisations dans un communiqué publié le 4 avril 2019. Un maillon essentiel de la gestion de l’hôpital. »

    De manière concrète, Hospitalis rapproche chaque facture de la commande correspondante, ce qui permet de créer un lien entre les références articles attendues par l’établissement et celles générées par le fournisseur. « Le rapprochement de chaque ligne d’article garantit un contrôle de chaque référence article facturée et de son montant, tout en optimisant le temps de traitement des factures », expliquent les partenaires.

    Ce nouveau service vise à mieux maîtriser les délais de traitement. Tout en diminuant les coûts, cela entraîne une meilleure productivité et permet ainsi de libérer du temps aux équipes comptables, « qui peuvent se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée comme l’analyse de données, le suivi des fournisseurs et la résolution des litiges », commentent Cegedim et le Mipih.

  • L’Autorité de la concurrence veut assouplir les règles de la vente de médicaments sur internet

    L’Autorité de la concurrence appelle à élargir la vente de médicaments sans ordonnance aux parapharmacies et à la grande distribution et d’ouvrir le capital des pharmacies à des partenaires extérieurs. Elle propose notamment d’assouplir les règles de la vente sur internet, un marché encore peu développé, l’idée étant de faire baisser les prix en laissant faire le marché.

    Dans son avis, daté du 4 avril 2019, elle réaffirme la « pleine justification du monopole pharmaceutique », tout en réclamant son « assouplissement partiel et strictement encadré » pour faire diminuer les prix de certains produits de santé et améliorer leur accès.

    L’instance s’est saisie de ce dossier, convaincue que le marché de la distribution de médicaments est actuellement trop fermé, entravant sa bonne concurrence. Le secteur représente 35 milliards d’euros en France, où il est très réglementé. La majeure partie de son chiffre d’affaires (80 %) est réalisé par la vente de médicaments prescrits, dont les prix sont fixés par les autorités de santé, le reste appartenant à l’automédication et à la parapharmacie.

    Reste à savoir si ces recommandations vont être suivies. En mars, le Premier ministre, Édouard Philippe, a déclaré dans un discours tenu devant l’Autorité de la concurrence que les conditions de vente de médicaments en ligne étaient « trop restrictives », avançant que la vente sur internet permettait une « plus grande transparence sur les prix ».
    De son côté, Agnès Buzyn,  ministre des Solidarités et de la Santé, a récemment rappelé qu’elle ne mettrait pas en péril la sécurité des patients. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a quant à lui avancé qu’il ne modifierait pas les règles du capital et a retiré le dossier de la loi Pacte.

    Un avis critiqué par les professionnels

    L’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo) proteste l’avis émis par l’Autorité de la concurrence, indiquant que les prix des médicaments sans ordonnance ont baissé de 0,77 % en 2018, étant ainsi les plus bas d’Europe, soit 30 % moins élevés qu’en Italie et 20 % moins élevés qu’en Allemagne. « La vente de médicaments en ligne a peu d’intérêt en France, commente Gilles Bonnefond, président délégué de l’Uspo (source : BFM Business). Il n’y a pas de désert pharmaceutique. Payer des frais de ports pour se faire livrer de l’ibuprofène ne sert à rien. »

    Vente sans ordonnance : seuls certains produits concernés

    • La condition pour mettre en place la vente dans les grandes et moyennes surfaces serait d’embaucher un diplômé en pharmacie et d’installer un corner ainsi qu’une caisse séparés, une organisation que proposait déjà en 2018 Bruno Lasserre, président de l’autorité à l’époque.
    • Seules certaines catégories de produits de santé (médicaments vendus sans ordonnance, autotests de dépistage du VIH, lecteurs de glycémie…) pourraient être mis en vente dans des espaces dédiés dans les supermarchés.
    • L’installation de ces nouveaux points de dispensation devrait être encadrée par les autorités afin de ne pas affaiblir le maillage territorial des pharmacies, ce que redoutent les syndicats du secteur.
      « Ne pas fragiliser une officine en situation délicate pourrait être un motif de refus tout à fait légitime » à l’installation d’un espace concurrent dans un supermarché voisin, a précisé lors d’un point presse Isabelle de Silva, présidente de l’Autorité de la concurrence (source : AFP).

    Contre cette mesure, le président de l’Uspo estime que les médicaments « ne sont pas des produits de consommation comme les autres ». Selon lui, l’autorité « subit la pression de la grande distribution » (source : BFM Business).

    Ouverture du capital : des règles pour éviter les conflits d’intérêt

    L’ouverture du capital à des partenaires extérieurs capitaux viserait :

    • à aider les jeunes diplômés à s’installer, certains d’entre eux s’endettant pour racheter une licence auprès de l’agence régionale de santé (ARS) concernée ;
    • à moderniser le réseau. L’Assurance maladie essaie de réduire ses dépenses en faisant jouer sur les prix, les génériques et les déremboursements de certains produits. Dans un futur proche, la pharmacie rassemblera de plus en plus de services, allant des vaccinations au click and collect. Gilles Bonnefond avance que ces investissement, peu élevés, peuvent être réalisés par les officines elles-mêmes.

    Un laboratoire pharmaceutique ne pourrait pas entrer au capital

    Si des investisseurs externes minoritaires ou majoritaires peuvent se manifester, l’idée serait d’imposer des « conditions strictes d’ordre déontologique » afin de maintenir le monopole d’exercice du pharmacien et de mettre en place des règles pour éviter des conflits d’intérêts. « Un laboratoire pharmaceutique par exemple ne pourrait pas entrer au capital », commente Isabelle de Silva.

  • Bpifrance et Harmonie Mutuelle s’allient pour cofinancer des start-ups en santé numérique

    Bpifrance, via son fonds Patient Autonome (doté de 50 M€) et Harmonie Mutuelle, du groupe Vyv, signent un partenariat intellectuel et financier dans l’optique d’identifier, de développer et de co-financer des start-ups dans le secteur de la santé connectée.

    Harmonie Mutuelle va aider Bpifrance à augmenter ses capacités d’investissement. La mutuelle ne participera pas forcément à tous les investissement, Bpifrance ayant d’autres partenaires : l’idée est que les deux organisations prennent des décisions communes et qu’elles soient tous les deux en accord pour investir dans telle ou telle société. Le montant débloqué sera adapté en fonction des projets. « Sur proposition, on analyse les deals, il n’y pas d’obligation de montant mais l’objectif est que ce soit équilibré« , précise Chahra Louafi, directrice du fonds, lors de la signature de l’accord le jeudi 4 avril 2019.

    En plus de venir en appui de Bpifrance côté financement, Harmonie Mutuelle va aussi permettre de proposer aux sociétés soutenues d’expérimenter leur solution dans des lieux pilotes. Au cours de l’échange ayant suivi la signature, le projet de déploiement de la télé-rééducation porté par l’hôpital de jour de Noisy-le-Sec (Vyv), en Seine-Saint-Denis, est cité comme exemple de sujets de développement possible.

    « C’est la première fois que nous signons un partenariat avec une société spécialisée dans la protection sociale et la gestion d’établissements hospitaliers, commente Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance. Il pourrait y en avoir d’autres. »

    Une crainte : le rachat par de gros groupes étrangers

    « Il y a beaucoup de raison de se réjouir parce qu’il y a beaucoup de moyens, complète Nicolas Dufourcq. Nous sommes à la chasse aux bons entrepreneurs et aux bonnes idées. » Il ajoute que les conditions de succès « sont à peu près réunies » mais précise qu’il y a cependant un obstacle à surmonter : « Il ne faudrait pas qu’au bout de 7, 8, 10 ans nos sociétés soient rachetées par des Américains ou des Chinois. C’est le chaînon le plus complexe. Nous souhaitons qu’elles restent européennes avant tout. »

    Fonds Patient Autonome : 50 M€ pour financer des start-ups en e-santé

    Lancé fin 2017, le fonds Patient Autonome est doté de 50 millions d’euros et investit en phase d’amorçage dans des start-ups de la santé connectée. L’objectif des investissement est de renforcer le déploiement de solutions innovantes visant à améliorer l’autonomie du patient, la qualité de sa prise en charge et son parcours de soin, notamment pour les personnes souffrant de maladies chroniques. L’idée est aussi d’optimiser les coûts de santé grâce à la santé numérique.

    Objectif : « accompagner les sociétés capables de devenir des leaders mondiaux »

    Éléments clés du fonds :

    • fonds dédié à 100 % à la santé connectée à valeur médicale : « accompagner les sociétés capables de devenir des leaders mondiaux » ;
    • une dizaine d’entreprises en portefeuille visées au total ;
    • présence systématique au conseil d’administration des sociétés en portefeuille ;
    • enveloppe de 50 millions d’euros :
      • ticket primo-investissement : 0,5-2 millions d’euros en moyenne ;
      • ticket réinvestissement : moins de 3 millions d’euros.

    Selon Bpifrance, les innovations basées sur le numérique viennent réduire la pression sur les coûts de santé

    Exemple avec un patient atteint d’une maladie chronique :

    • étape n°1 : entrer dans le parcours de soins ;
    • étape n°2 : consulter un médecin spécialiste pour poser un diagnostic ;
    • étape n°3 : être pris en charge et recevoir un traitement ;
    • étape n°4 : gérer sa maladie chronique à distance ;
    • conséquence : réduction des coûts de santé

    Le délai d’installation du nouvel usage reste la principale incertitude, note Chahra Louafi, qui dirige fonds Patient Autonome.

  • IA : Cognizant automatise la production de la documentation des essais cliniques

    La société américaine Cognizant dévoile sa solution Protocol Creator, un outil Saas (logiciel-service) qui automatise la production de la documentation des protocoles d’essais cliniques. Ce produit permet de rendre cette étape plus simple et moins coûteuse, pour une meilleure qualité finale. Protocol Creator aboutit à une soumission plus rapide de plusieurs semaines des essais cliniques, leur permettant de commencer plus tôt, en générant une documentation sous forme de document structuré : le logiciel peut publier le protocole final sous forme de document ou dans un format lisible par machine.

    « L’élaboration de la documentation protocolaire est depuis longtemps considérée comme un gisement d’opportunités si l’on veut améliorer l’efficacité des processus d’essais cliniques », souligne Patricia Belissa-Mathiot, directrice des opérations cliniques du laboratoire Servier, dans un communiqué publié le 3 avril 2019. Selon elle, Cognizant est conscient des défis qu’implique la création d’un protocole, de sorte que son outil parvient à gérer les étapes sensibles du processus, apportant une réelle amélioration aux méthodes de travail du secteur.

    « La mise sur le marché d’un seul nouveau traitement coûte aujourd’hui plus d’un milliard de dollars, affirme Bhaskar Sambasivan, vice-président exécutif et directeur monde des sciences de la vie à Cognizant. Chaque jour qui passe avant l’homologation d’un protocole coûte à l’entreprise et, ce qui est plus grave, retarde le traitement du patient ». Il souligne que Cognizant Protocol Creator « procède à une refonte d’ensemble du processus de soumission, le rendant d’emblée numérique », et « jette également les bases d’un écosystème clinique entièrement numérique, à base d’intelligence artificielle », capable d’améliorer les résultats cliniques.

  • SeqOne lève 3 millions euros pour l’analyse des données génomiques par IA

    La société montpelliéraine de bio-informatique SeqOne annonce une levée de fonds de 3 millions d’euros réalisée notamment grâce à la société de capital risque Elaia Partners via le fonds PSL Innovation Fund. Ont également participé à ce tour de table la société de capital-investissement Irdi-Soridec et BPI France.

    SeqOne projette d’accélérer le développement de sa plateforme d’analyse des données issues du séquençage du génome et de la promouvoir auprès des hôpitaux et des laboratoires de biologie médicale.

    Dans un communiqué publié le 28 mars 2019, la société déplore l’aggravation du « fossé entre le potentiel offert par le séquençage du génome et son usage en tant qu’outil opérationnel de diagnostic », alors que « les progrès technologiques autour de la médecine génomique s’accélèrent et font naître de grands espoirs ».
    Seule « une infime fraction » des données issue du séquençage contient des informations pertinentes, indique-t-elle. Aussi, médecins et cliniciens ont besoin d’outils informatiques pour les rendre exploitables « en vue de l’élaboration d’une stratégie thérapeutique ».

    C’est la raison d’être de la « solution numérique complète » développée depuis 5 ans par SeqOne en partenariat avec l’unité Inserm iRMB et le CHU de Montpellier, qui combine intelligence artificielle (IA) et big data. Elle est utilisée dans 5 CHU et 3 laboratoires privés d’analyse génétique en France, et est en évaluation dans une dizaine d’autres CHU.

  • FASN Cancérologie : le CHU de Tours et la FHF Cancer misent sur le digital – Gilles Calais (2/04/19)

    « Au CHRU de Tours, nous avons une totale numérisation notamment des comptes rendus et des prescriptions des traitements, comme des examens… Le premier atout est la sécurisation de la prescription et du circuit du médicament. Nous avons réduit le nombre d’erreurs d’administration grâce a cette informatisation. Pour les suites de l’hospitalisation et l’ambulatoire, la principale transformation est l’accès à l’information du patient », explique à Health & Tech Intelligence le Pr Gilles Calais, président de la FHF Cancer et chef du service d’oncologie-radiothérapie au CHRU de Tours, à l’occasion des Rencontres Nationales de la Santé Numérique, qui se sont tenues le 2 avril 2019 à Paris.

    Réussir le virage numérique en cancérologie est l’un des enjeux clé pour faire avancer la santé numérique. Transformations, nouveaux usages et parcours de soins ville-hôpital ont été au cœur des discussions de ces Recnontres. L’événement, organisé dans le cadre de la campagne #FASN, portait sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins.

    Le programme de ces « 36 heures chrono » a mis en lumière les retours d’expériences d’acteurs de santé sur les grands programmes et expérimentations déployés au sein des établissements de santé et sur les nouvelles formes de coordination mises en place pour les professionnels impliqués dans la prise en charge des patients atteints d’un cancer.

    Comment la FHF Cancer et votre CHU accompagnent ce mouvement de la santé numérique ?

    Gilles Calais : Au niveau de la FHF, nous nous rendons compte que cette dynamique est très différente selon les établissements et les personnes. Nous regroupons des établissements publics de tailles très différentes avec une hétérogénéité de la part de l’activité de cancérologie. Certains n’ont pas d’activité concurrentielle de cancérologie dans un environnement proche, ou sont proches d’un centre de lutte contre le cancer, ou encore sont de plus petites tailles avec une part minime d’activité en cancérologie. Au sein des établissements publics, tous les professionnels ne sont pas au même niveau de développement du numérique. La quasi-totalité des établissements a maintenant atteint ce que j’appellerai un premier niveau d’informatisation : PACS, dossier informatisé plus ou moins étoffé. Mais au-delà, les situations sont très variables. Il est donc difficile d’avoir une stratégie commune sur ce point.

    Au CHU de Tours, nous avons une grosse activité de cancérologie. Elle représente 30 % des séjours. Le recrutement est d’autant plus fort qu’il n’y a pas de centre de lutte contre le cancer dans la même ville. Nous avons, en interne, développé plusieurs axes de développement de la santé numérique notamment dans la prise en charge de la thérapie orale ou encore avec le lancement d’un numéro unique d’appel pour tous les patients de cancérologie. Nous développons un certain nombre d’applications connectées avec les patients pour leur faciliter la vie. Cela fait partie de nos préoccupations quotidienne. Ces actions sont gérées par le comité de coordination de cancérologie (3C).

    Comment ces professionnels participent au développement de la santé numérique ?

    Il faudrait certainement qu’ils le soient plus. Nous préparons actuellement la création de toute pièce d’un nouvel hôpital, prévu à horizon 2026. Au sein de la Commission médicale d’établissement (CME) que je préside, je constate que nous avons du mal à embarquer certains médecins dans une démarche prospective. Ils sont demandeurs d’outils mais ont plus de mal à s’impliquer dans la réflexion en amont sur la conception, les caractéristiques des outils dont ils pourraient avoir besoin. Heureusement, d’autres ont une plus grande appétence pour ces technologies et sont plus moteurs. C’est souvent une question de différence générationnelle. Or, ce projet immobilier est une bonne opportunité pour faire également avancer nos pratiques dans un cadre adapté.

    Comment ces outils transforment la prise en charge des patients ?

    Au CHU de Tours, nous avons une totale numérisation notamment des comptes rendus et des prescriptions des traitements, comme des examens… Le premier atout est la sécurisation de la prescription et du circuit du médicament. Nous avons réduit le nombre d’erreurs d’administration grâce a cette informatisation. Pour les suites de l’hospitalisation et l’ambulatoire, la principale transformation est l’accès à l’information du patient. Toute l’information qui concerne un patient donné est centralisée, sécurisée et plus facilement utilisable.

    Une partie des patients sont d’ailleurs moteurs dans ce développement. Cela dépend aussi de la situation de l’établissement. À Tours, nous sommes face a une population globalement rurale et pas toujours impliquée mais très demandeuse d’outils pour simplifier leur vie, au quotidien, en termes d’agenda, de rappels des consultations par SMS, de rendez-vous… Il s’agit notamment, pour les patients, une fois en dehors de l’hôpital, de communiquer facilement avec les professionnels de santé (secrétaires, infirmières, médecins) autrement que par le réseau téléphonique.

    Quels sont les freins à lever ?

    Ce ne sont pas tant des freins qu’un accompagnement des équipes, ce qui implique notamment de prendre du temps. Dans mon équipe, une partie des praticiens vit la mise en place de ces outils comme une contrainte, consommatrice de temps au détriment de la relation avec le patient, de la relation humaine. Nous leur expliquons que, certes, ils passent un peu plus de temps à saisir des données mais que la contrepartie est l’accès facilité à beaucoup plus d’informations, qu’ils n’avaient pas avant, ou avaient du mal à avoir. C’est au bénéfice du patient et de la communauté.

    Les plus jeunes sont plus familiers de ce genre d’outils et ne voudraient surtout pas revenir en arrière. Ils ne sont pas effrayés par cette saisie de l’information. Ils nous font plus remonter le besoin d’une meilleure ergonomie, rapide, pratique. Certaines solutions que nous utilisons ont été développées il y a une dizaine d’années, comme notre dossier patient informatisé. Il est de qualité mais il y a eu des évolutions depuis et, au regard de la gestion d’un gros établissement hospitalier comme le nôtre, nous ne pouvons pas changer le système tous les deux ans. L’avenir est sans doute aux solutions évolutives.

  • L’ARS Pays de la Loire lance un AAP : innovation en santé et prise en charge de la douleur

    L’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire souhaite soutenir des projets porteurs d’innovation permettant d’améliorer l’accès aux soins et la prise en charge de la douleur chez les personnes atteintes de cancer sur l’ensemble du territoire, en permettant à plus de patients d’avoir accès aux techniques innovantes tout en assurant un suivi de proximité.

    Cet appel à projet (AAP) dispose d’une enveloppe de 100 000 euros et est ouvert à l’ensemble des professionnels, établissements et associations du champ concerné. L’ARS sera attentive aux collaborations proposées : établissements de santé, entreprises et start-ups, sociétés savantes, laboratoires, associations, living lab….  

    Le dossier de candidature doit être envoyé au plus tard le 30 juin 2019 :
    • par courrier électronique : chantal.boudet.ars44@ars.sante.fr
    • ET par voie postale, en 2 exemplaires, en courrier recommandé avec accusé de réception ou remise en main propre à l’adresse suivante :
    ARS Pays de la Loire
    CS 56233
    44262 NANTES cedex 2.

    Périmètre de l’appel à projet

    Les porteurs peuvent proposer :

    • des modalités d’interventions innovantes afin d’améliorer l’accès de la prise en charge de la douleur à proximité du lieu de vie des personnes.
    • des nouveaux outilsnouvelles pratiques des professionnels ou dispositifs d’accompagnement ayant un impact sur l’organisation de la prise en charge.
    • des nouveaux outilsnouvelles pratiques des professionnels ou organisation favorisant l’autonomie des patients.

    Les projets devront s’inscrire dans un objectif d’application concrète.

    Critères de recevabilité des projets :

    • dossier complet et régulier ;
    • projet sur 24 mois maximum ;
    • un montant inférieur à 50 000 euros pour l’aide demandée, demande de financement uniquement sur des dépenses non récurrentes et exclusivement liées à la mise en œuvre du projet ;
    • le coût complet doit être supérieur au montant de l’aide, le projet doit faire l’objet d’un cofinancement.

    Critères d’éligibilité des projets : 

    • entrer dans le champ de l’AAP et être réellement innovant ;
    • ne pas porter pas atteinte à un droit de propriété intellectuelle caractérisant une contrefaçon au sens de la propriété intellectuelle ;
    • avoir un projet fondé sur un modèle économique assurant sa pérennité ;
    • préciser les indicateurs d’évaluation et les modalités de réalisation de l’évaluation.
  • DATA : les start-ups françaises e-santé ont levé 217 millions d’euros en mars 2019

    Les start-ups françaises spécialisées dans le secteur de la e-santé ont levé 217 millions d’euros en mars 2019. La plus importante somme a été recueillie par Doctolib, avec 150 millions d’euros récoltés dans un nouveau tour de table mené principalement par le fonds d’investissement américain General Atlantic, les partenaires historiques de la société, dont Bpifrance, Eurazeo, Kernel et Accel, ainsi que des médecins et des entrepreneurs allemands.

    Avec la somme récoltée, Doctolib souhaite notamment accélérer le déploiement de son service de téléconsultation, lancé en janvier 2019, auprès de ses 75 000 professionnels de santé partenaires en France et en Allemagne.

    La deuxième opération la plus conséquente du mois a été réalisée par Dental Monitoring, qui a levé 45 millions d’euros auprès du fonds d’investissement européen Vitruvian Partners. L’application développée par la start-up permet aux orthodontistes de surveiller l’évolution de leurs patients grâce aux photos qu’ils prennent, analysées par un système basé sur intelligence artificielle. Dental Monitoring compte environ 150 collaborateurs à Paris, Austin (Texas), Hong Kong et Sydney.

    Le tableau présentant le détail des levées de fonds réalisées par les start-ups françaises en e-santé au mois de mars 2019 est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien.

  • Les start-ups françaises e-santé ont levé 217 millions d’euros en mars 2019

    Les start-ups françaises spécialisées dans le secteur de la e-santé ont levé 217 millions d’euros en mars 2019. La plus importante somme a été recueillie par Doctolib, avec 150 millions d’euros récoltés dans un nouveau tour de table mené principalement par le fonds d’investissement américain General Atlantic, les partenaires historiques de la société, dont Bpifrance, Eurazeo, Kernel et Accel, ainsi que des médecins et des entrepreneurs allemands.

    Avec la somme récoltée, Doctolib souhaite notamment accélérer le déploiement de son service de téléconsultation, lancé en janvier 2019, auprès de ses 75 000 professionnels de santé partenaires en France et en Allemagne.

    La deuxième opération la plus conséquente du mois a été réalisée par Dental Monitoring, qui a levé 45 millions d’euros auprès du fonds d’investissement européen Vitruvian Partners. L’application développée par la start-up permet aux orthodontistes de surveiller l’évolution de leurs patients grâce aux photos qu’ils prennent, analysées par un système basé sur intelligence artificielle. Dental Monitoring compte environ 150 collaborateurs à Paris, Austin (Texas), Hong Kong et Sydney.

  • Hôpital du futur : le projet Fast Path à Strasbourg, une évaluation VBHC (Pr Pessaux, IHU)

    Depuis bientôt 3 ans, le projet d’innovation Fast Path est déployé à Strasbourg, avec pour objectif d’améliorer les prises en charge des patients pour les pathologies colorectales, les tumeurs hépato-bilio-pancréatique et l’obésité, explique à Health & Tech Intelligence le Pr Patrick Pessaux, directeur médical adjoint de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Strasbourg, président de l’Association française de chirurgie et membre du cercle « Valeur Santé ».

    Le projet, porté par l’IHU de Strasbourg, le Nouvel hôpital civil – hôpitaux universitaire de Strasbourg et Medtronic Integrated Health Solutions, avec une équipe dédiée sur place, met en place des parcours de soins optimisés co-construits avec les patients.

    Leur impact, évalué par des protocoles de recherche, s’appuie notamment sur une méthodologie Value Based Health Care (VBHC ou « valeur en santé »), qui se focalise sur la pertinence des soins et les résultats qui importent aux patients plutôt que sur le volume de soins produits.

    Selon les pathologies, il est fait appel à différents leviers d’optimisation : diagnostics resserrés, solutions numériques de préparation à la chirurgie et de suivi, nouveaux modes d’hospitalisation, supervision par un coordinateur de parcours… L’enjeu commun est la réplicabilité des modèles innovants les plus efficients afin de partager avec d’autres centres les meilleures pratiques, au bénéfice des patients et du système de santé.

    La chirurgie hépatobiliaire et du pancréas : le diagnostic en un jour

    L’optimisation de la prise en charge de ces pathologies doit permettre d’améliorer leur pronostic, actuellement très sévère. Caractérisés par une évolution rapide et dramatique, ces cancers représentent :

    • 8 200 nouveaux cas par an pour le cancer du foie et 11 000 pour le pancréas ;
    • des taux de survie à 5 ans de 13 % pour le foie et de 5 % pour le pancréas.

    Actuellement, le temps entre les premiers symptômes et le diagnostic pour un cancer du pancréas varie entre 41 à 65 jours, incluant un délai d’environ un mois imposé par l’imagerie, indispensable au diagnostic – délai qui peut signifier une perte de chance pour le patient.

    L’organisation mise en place par le Pr Patrick Pessaux repose sur la réalisation en un jour du diagnostic et de la préparation à l’intervention : les examens et consultations avec les différents professionnels de santé impliqués dans la phase de diagnostic (chirurgien, radiologue, infirmière d’annonce, anesthésiste, diététicien…), sont regroupés sur une seule journée, permettant de raccourcir les délais d’accès au traitement.

    Depuis la mise en place du « diagnostic en 1 jour », 82 % des patients ont obtenu un diagnostic en une journée. Pour plus de 80 % des patients relevant d’une intervention chirurgicale, la date de leur intervention était planifiée et les consultations d’anesthésie et d’accompagnement thérapeutique réalisées à la fin de la journée ; tous les dossiers d’oncologie étaient présentés en réunion de concertation multidisciplinaire pour discuter la validité des indications.

    2 sessions par semaine sont désormais dédiées à ce dispositif, qui a déjà accueilli 370 patients. « Les patients comme les soignants sont très satisfaits, le système permet une prise en charge plus rapide et évite la redondance de certains actes », commente le directeur médical adjoint de l’IHU de Strasbourg.

    Les chirurgies colorectale et bariatrique : une préparation et un suivi personnalisés sur le long terme

    Bien qu’un diagnostic resserré soit mis en place pour la chirurgie colorectale, pour cette dernière et pour la chirurgie bariatrique, il existe un autre enjeu qui est l’accompagnement renforcé du patient, en amont et en aval de l’intervention (mise en place de la préparation nutritionnelle, physique et psychologique adéquate, obtention de l’observance post opératoire…).

    Pour la chirurgie colorectale, un programme de réhabilitation améliorée était en place ; il a été complété d’une solution numérique (Get Ready) qui informe, prépare et « coache » le patient avant et après son intervention. Une prise en charge ambulatoire est aussi désormais possible par une étroite collaboration entre l’hôpital et le suivi en ville, toujours dans l’idée de rendre les soins moins invasifs.

    L’évaluation de ces nouvelles pratiques : qu’en pensent les patients ?

    Les patients qui bénéficient de ces nouvelles organisations sont régulièrement interrogés sur leur ressenti, avec l’aide du coordinateur de parcours. Au-delà de l’évaluation de la qualité de l’offre de soins (expérience perçue, critères cliniques telles que durée d’hospitalisation, taux de complication, taux de réadmission), la nouveauté consiste à suivre la qualité de vie des patients sur le long terme, afin de vérifier que l’on apporte des résultats qui comptent vraiment dans leur quotidien.

    Pour le cancer colorectal, le référentiel d’évaluation utilisé est celui proposé par ICHOM (International Consortium for Health Outcomes Measurement). Il permet une comparaison internationale entre établissements engagés dans cette démarche d’amélioration des soins.

    Pour la chirurgie hépatobiliaire et du pancréas, un référentiel standard n’existait pas. Le Pr Pessaux a travaillé, en suivant la même méthodologie qu’ICHOM, à le définir, et il est maintenant mis en place et utilisé à Strasbourg. La chirurgie bariatrique suivra à terme.

    « Les patients ne refusent quasiment jamais de répondre aux questionnaires de suivi de leur qualité de vie. On constate qu’environ 90 % des patients sont très satisfaits, heureux d’être écoutés ; l’équipe de soins apprend à tenir compte de ces nouvelles données qui proviennent directement du patient », témoigne le directeur médical adjoint de l’IHU.

    Autres partenaires du projet :

    Le projet a vocation à diffuser des bonnes pratiques éprouvées, dans une logique de transparence et d’amélioration continue. Il collabore donc avec différents partenaires : autres établissements de santé français et internationaux (par exemple, pour la constitution de référentiels d’évaluation et le partage des résultats obtenus), experts en évaluation économique (collaboration avec l’École de management de Strasbourg), institutionnels (ARS, assurance maladie…).