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  • Le Resah choisit EY/CG2 et Altran pour la mise en œuvre des schémas directeurs des SI des GHT

    La centrale d’achat hospitalière Resah a sélectionné 2 prestataires, le consortium EY/CG2 et Altran, pour la mise en œuvre des schémas directeurs des systèmes d’information (SDIS) des Groupements hospitaliers de territoires (GHT).

    Le consortium formé par Ernst & Young et CG2 Conseil, qui « a déjà accompagné 33 GHT dans la conception de leur SDSI », se verra attribuer les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Île-de-France, Grand Est, Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Corse, Provence-Alpes-Côte d’Azur, précise le communiqué, daté du 11 avril 2019.
    La société Altran, qui a déjà mis en œuvre des projets informatiques notamment dans des CHU, s’occupera pour sa part des régions Normandie, Bretagne, Centre-Val de Loire et Pays de la Loire. 

    Le marché attribué aux deux prestataires comprend un accompagnement dans les choix stratégiques en matière de logiciels informatiques avec « définition du besoin, sélection d’un logiciel, validation des budgets et des calendriers de déploiement, cartographie des interfaces à réaliser, validation des données à reprendre et des règles de sécurité à observer », est-il indiqué. Il inclut également un accompagnement dans la mise en en œuvre de ces outils.

    Les prestations susceptibles d’être proposées dans le cadre de ce marché sont les suivantes :

    • l’accompagnement à l’expression d’un besoin et la définition de la cible ;
    • l’aide au choix d’une solution (dossier patient informatisé, système d’information de PUI, logiciel de facturation, solution d’interopérabilité) ;
    • l’audit et le cadrage détaillé d’un projet informatique (système d’information de laboratoire, dossier de spécialité) ;
    • la définition, la rédaction et l’exécution de la stratégie de recette fonctionnelle (reprise de données et interfaçage, scénarios de tests, tests de non-régression) ;
    • le pilotage et l’accompagnement au déploiement d’un projet de mise en œuvre (hôpital zéro papier, dossier patient informatisé) ;
    • l’aide à la gestion des référentiels (identité patient, Siren fournisseurs) ;
    • la définition et la mise en œuvre de la conduite du changement lié à un projet informatique ;
    • l’appui au bilan d’un projet informatique. 

    Un accompagnement dans la mise au point du dossier Hop’en

    Ce nouveau marché permet aussi aux établissements de santé qui le souhaitent de bénéficier d’un accompagnement dans la mise au point de leur dossier Hop’en, volet numérique du plan Ma Santé 2022. Ils peuvent également bénéficier d’un appui dans la mise en œuvre de projets informatiques permettant de répondre aux prérequis de ce programme Hop’en.  

    Une offre accessible à tous les pouvoirs adjudicateurs intervenant dans le secteur sanitaire, médico-social ou social

    Le Resah souligne que cette  nouvelle offre de sa part « n’est pas réservée au seul secteur hospitalier » et qu’elle est « accessible à tous les pouvoirs adjudicateurs intervenant dans le secteur sanitaire, médico-social ou social » souhaitant bénéficier d’une assistance dans la mise en œuvre de leurs projets informatiques.

  • Une fraude géante à la télémédecine découverte aux États-Unis

    Le département américain de la Justice annonce avoir engagé des poursuites contre une vingtaine de dirigeants d’entreprises après la découverte d’une fraude géante à la télémédecine qui aurait coûté 1,2 milliard de dollars (environ 1,065 millions d’euros) au système d’assurance santé des personnes âgées Medicare.

    Selon le communiqué daté du 9 avril 2019, 5 sociétés de télémédecine (Video Doctor USA, AffordADoc, Web Doctors Plus, Integrated Support Plus et First Care MD) sont accusées d’avoir payé des médecins pour qu’ils rédigent des prescriptions de dispositifs médicaux sans nécessité thérapeutique pour des patients bénéficiaires de Medicare. Ces prescriptions portaient sur des corsets orthopédiques, des épaulières, des attelles de genou ou de poignet.

    Les entreprises de télémédecine auraient agi à la demande d’un centre d’appels international implanté aux Philippines et en Amérique latine, après avoir reçu des pots-de-vin de sa part. Le centre d’appels aurait vendu les prescriptions à des fournisseurs de dispositifs médicaux, qui demandaient ensuite à être remboursés par Medicare.

    « L’une des plus importantes affaires de fraude de l’histoire des États-Unis dans le domaine de la santé »

    Le procureur général adjoint Brian A. Benczkowski dénonce une fraude « sophistiquée (…) visant à exploiter la télémédecine, destinée aux patients qui autrement n’auraient pas accès aux soins ». Le directeur adjoint des enquêtes criminelles du FBI, Robert Johnson, évoque pour sa part « l’une des plus importantes affaires de fraude de l’histoire des États-Unis dans le domaine de la santé ».

    Des « failles systémiques » du système de santé américain

    Le chef des enquêtes criminelles de l’Internal Revenue Service (services fiscaux), Don Fort, estime pour sa part que cette affaire témoigne d’une « corruption généralisée » mais aussi des « failles systémiques » du système de santé américain.

    Medicare a suspendu les paiements à 130 fournisseurs

    Responsable de l’intégrité des programmes au sein de Medicare, Alec Alexander, déclare que ses services ont suspendu les paiements à 130 fournisseurs dès la découverte de la fraude, « évitant ainsi probablement des milliards de dollars de pertes supplémentaires ».

  • ExclusifH&TI Webinar : il faut se préparer à la déferlante IA (Isabelle Adenot, HAS – Cnedimts, 10/04/19)

    L’évaluation clinique des dispositifs médicaux connectés est un sujet de qualité des soins autant qu’un sujet de politique industrielle, telle est la synthèse des idées fortes partagées lors du Webinar H&TI en présence de Isabelle Adenot, membre du Collège de la HAS et présidente de la CNEDiMTS, et Armelle Graciet, directrice des affaires industrielles au Syndicat national de l’industrie des technologies médicales (Snitem).

    Le webinar a été l’occasion de présenter les spécificités d’évaluation clinique d’un dispositif médical connecté (DMC) en vue de son accès au remboursement, des spécificités détaillées dans un guide publié par la HAS le 19 février 2019, accessible via ce lien.

    Parmi les questions posées par les internautes :
    • délais de traitement des demandes ;
    • possibilité de rencontrer la HAS en amont d’un dépôt de dossier au CNEDiMTS ;
    • clarification de la certification marquage CE / évaluation HAS ;
    • évaluation et la suite du programme Etapes.

    Enfin, une ouverture importante a été faite sur l’IA. À ce stade, la HAS n’a pas reçu de dossier relatif à du deep learning ou du machine learning. Mais les membres s’y préparent afin d’anticiper les évolutions potentielles à apporter au cadre d’évaluation afin de préserver un cadre de confiance et une forte dynamique d’innovation.

    DM connectés, quel cadre d’évaluation en France ?

    Télécharger la présentation PDF :

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  • FASN Cancérologie : vers des traitements sur mesure grâce à la santé numérique (2/04/19)

    L’avènement des thérapies ciblées, puis de l’immunothérapie, a considérablement bousculé la prise en charge en oncologie. En effet, de plus en plus de patients bénéficient de rémissions à long terme, y compris sur certaines localisations jusque-là délétères. Par ailleurs, la cancérologie est le domaine qui semble avoir le plus bénéficié des évolutions numériques et en intelligence artificielle (IA).

    Ces dernières s’accompagnent d’une importante quantité de production de données : génomiques, médicales, d’imagerie… Les algorithmes et solutions d’IA permettent une analyse prédictive et, par là même, une personnalisation de la prise en charge, du diagnostic, du pronostic, des traitements et du suivi. Pour autant, les professionnels de santé ont encore du mal à appréhender ces outils en raison notamment des questions éthiques ou organisationnelles qu’ils induisent. De nombreuses études sont en cours pour valider le modèle, la valeur ajoutée et déterminer les meilleures guidelines.

    Cette réflexion a clos les Rencontres nationales de la santé numérique, qui se sont tenues le 2 avril 2019 à Paris. L’événement était organisé dans le cadre de la campagne #FASN sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins. Exemples.

    Impliquer tous les acteurs pour améliorer les soins

    Le Dr Michel Angué, consultant médical de la société Parsek, propose Vitaly, une solution applicative web pour les patients et les médecins. Il s’agit d’un portail avec une entrée patient et une pour les praticiens.

    La première brique de ce système est de centraliser les données médicales, accessibles à tous. l’outil rassemble des applications pratiques d’agenda partagé et de prise de rendez-vous avec un accès sécurisé pour des téléconsultations. En sortant de consultation, le patient a accès à toutes les informations « pour mieux comprendre et intégrer ce qui a été dit ». La plateforme comprend environ 20 millions d’utilisateurs, tous usages confondus, dans une dizaine de pays d’Europe. « Cela fonctionne d’autant mieux dans les petits pays où un dossier médical personnel est fonctionnel comme la Slovénie », indique le Dr Michel Anqué. L’enjeu en cancérologie est la diversité des parcours de soins.

    L’Institut des sciences et technologies de Vienne, en Autriche, utilise la plateforme pour de la télé-expertise sur les cancers pédiatriques rares qui réunit des experts. Un autre cas d’usage est la confirmation du diagnostic grâce à des réunions de concertation pluridisciplinaire virtuelle pour ne pas avoir à se déplacer et avoir accès à l’ensemble des documents du patient de manière sécurisée. « Cette méthode permet notamment d’envisager d’intégrer le patient à la RCP », .

    Enfin, la plateforme génère des alertes pour faciliter le régulation des consultations et hospitalisations de routine. « Notre démarche n’est pas basée sur des solutions complexes mais sur les usages. »

    Surveiller et anticiper

    Un autre axe de l’atout de la santé numérique dans le parcours de soins est le suivi. Le Dr Fabrice Denis, oncologue à l’institut interrégional de cancérologie Jean Bernard, en est persuadé. « Depuis 7 ans, je travaille sur une solution pour que les patients rapportent eux-mêmes leurs symptômes. Ces remontées ne se réduisent pas à empiler les applications. » Le Dr Denis a travaillé sur Moovcare, une application pour anticiper le diagnostic de récidive de cancer du poumon. L’équipe a suivi une démarche d’evidence based medecine avec une analyse et une exigence équivalente à celle du développement d’un médicament. « Cela coûte, prend du temps mais le résultat est implacable ».

    La procédure de fiabilité et de démonstration de la preuve ouvre la porte à la reconnaissance comme dispositif médical. « Cette preuve d’efficacité et de sécurité est essentiel ». Le dossier de cette application est maintenant en demande de remboursement ; ce qui devrait être acté prochainement. Le modèle économique est un enjeu du déploiement de ces outils. « Ce n’est pas le patient qui doit payer pour ne pas aggraver les inégalités déjà existantes avec la fracture numérique. »

    En effet, les patients les plus isolés sont ceux qui ont le plus besoin de ces outils. « En terme de pronostic, le fait d’être isolé est un facteur aggravant. On rechute et on meurt beaucoup plus quand on n’est pas connecté ». L’idée est donc d’aller chercher ces patients isolés avec l’aide de l’intelligence artificielle en créant des robots qui vont appeler les patients pour les aider à remplir les formulaires de suivi. « C’est en cours de développement et d’évaluation. »

    Analyser et utiliser les données générées

    En cancérologie, les traitements sont personnalisés à l’analyse génomique de la tumeur. La prise en charge de certaines tumeurs a ainsi été révolutionnée. La dynamique actuelle est de personnaliser les pronostics. Dans le cancer du sein, des signatures moléculaires permettent de prédire les risque. Cela permet de personnaliser les examens, les analyses et surtout, le parcours de soins.

    Les solutions numériques qui facilitent cette personnalisation crée une masse de données numériques, nécessaires à l’apprentissage de l’intelligence artificielle. Les modèles mathématiques se nourrissent de ces données, d’abord génomique mais aussi cliniques. Autant de données à récupérer, intégrer, analyser pour le bénéfice du patient, à qui les données appartiennent. « C’est l’objectif du projet ConSoRe, initié par une consœur, explique le Dr Pierre-Etienne Heudel, oncologue au centre Léon Bérard de Lyon. Il va permettre de valoriser et d’exploiter les données cliniques noyées dans les compte rendu. » Plusieurs centres utilisent déjà quotidiennement ce moteur de recherche pour le big data en cancérologie.

    La troisième source de données est l’analyse automatique d’images. « Il reste des difficultés pratiques pour monter ce genre de projet en termes d’archivages et numérisations des lames. Cela demande un travail de fourmi », explique le Dr Pierre-Etienne Heudel. Enfin, pour être efficace, les solutions de santé numérique doivent prendre en compte les organisations hospitalières. « Concernant le télé-suivi, les infirmières de coordination qui suivent les réponses, sont bien souvent appelées dans les services pour pallier une absence dans l’équipe dans les services », ajoute-t-il.

    L’intelligence artificielle en chirurgie

    Dernier exemple, le projet d’intelligence artificielle en chirurgie cancérologique, présenté par le Dr Charlotte Ngo de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP). « Il faut des ingénieurs un peu partout en Europe notamment de l’AP-HP et de l’Inserm », commente-t-elle. Il s’agit de construire un outil d’aide à la décision médicale grâce aux données cliniques, génétiques, d’imagerie et de survie. Les recommandations de pratiques internationales et nationales sont également intégrés pour fournir la conduite à tenir en fonction du moment de la prise en charge.

    L’intelligence artificielle de type deep learning (apprentissage profond) participe à cet outil d’aide à la décision médicale concrète et adapté. « Les cas des patients ne fonctionnent pas tous pareils et pour certains, l’algorithme ne va pas fonctionner », précise le Dr Charlotte Ngo. Mais le système va apprendre et, au final, fournir pour une patiente donnée, ce que recommandent les guidelines mais aussi ce qui a pu être fait ailleurs pour un même type de patients.

    Le système est également équipé d’un module d’analyse informatisée des images et un de prédictions du résultat de la chirurgie. « Nous chargeons les images de la patiente pour localiser la tumeur et des photographies des patientes et une petite vidéo de la patiente pour avoir une idée de son anatomie », explique la spécialiste. En fonction de l’anatomie, de la tumeur, de l’acte chirurgical prévu, le résultat cosmétique peut être prédit. « C’est intéressant pour informer les patientes et affiner notre pratique, d’adapter les gestes », note le Dr Charlotte Ngo. Cet outil complet d’aide à la décision médicale permet également de réduire l’hétérogénéité des pratiques entre les centres et les inégalités de prises en charge.                                                                                                        

  • Télémédecine : Qare lève 20 millions d’euros et nomme Olivier Thierry en tant que P.-D.G.

    La société Qare, spécialiste de la téléconsultation, annonce une levée de fonds de 20 millions d’euros réalisée auprès du fonds Kamet Ventures, l’incubateur du groupe AXA, partenaire historique de la société depuis son lancement en 2017, qui devient son actionnaire majoritaire. 

    Désireuse d’accélérer son développement, Qare se fixe les objectifs suivants :

    • 15 000 praticiens partenaires à l’horizon 2020 ;
    • des effectifs multipliés par 5 d’ici 2020 pour dépasser les 150 collaborateurs ;
    • de nouvelles spécialités médicales et des fonctionnalités supplémentaires.   

    Qare nomme Olivier Thierry au poste de P.-D.G. en remplacement du cofondateur Nicolas Wolikow. Diplômé de l’Essec et d’un MBA à la Wharton School à Philadelphie, Olivier Thierry a travaillé à McKinsey & Company avant de devenir, en 2013, numéro 2 du site LaFourchette.

    La Qare Academy : un service de formation intégré dédié à la téléconsultation

    Attachée à « simplifier l’usage de la téléconsultation et à la rendre accessible à tous « , Qare « mise sur le développement sur-mesure de fonctionnalités adaptées à chaque pratique médicale et sur la formation continue des praticiens partenaires ».  

    La société compte aujourd’hui 40 collaborateurs. Elle revendique quelque 100 praticiens actifs de plus de 30 spécialités différentes et 300 praticiens en formation.

    « Notre force (…) est l’accompagnement des médecins dans la pratique de la téléconsultation via notre direction médicale et notre service de formation intégré – la Qare Academy, indique Alexandre Maisonneuve, co-fondateur et directeur médical de la start-up, dans un communiqué publié le 11 avril 2019. Nous avons la volonté d’améliorer la relation entre les praticiens et les patients en optimisant le temps médical ».

    « Il y a encore énormément à faire pour améliorer la vie des gens et leur santé, notamment au travers de la technologie, déclare de son côté le nouveau P.-D.G. Olivier Thierry. Comme des millions de français, je suis convaincu que la téléconsultation répond à une réelle attente dans nos territoires. »

  • E-santé : les patients sont « friands » , les médecins « frileux » (étude Odoxa-Fondapro)

    « L’utilisation d’outils innovants [peut] servir la relation patient-soignant » : c’est la conclusion d’une étude réalisée par l’institut de sondage Odoxa et la Fondation pour la prévention du risque opératoire (Fondapro) « pour la refondation de la confiance médicale ». L’enquête constate cependant un contraste marqué entre l’attitude des patients vis-à-vis des technologies de santé et celle des médecins.

    « Les patients sont friands d’internet et l’utilisent en majorité pour rechercher des informations complémentaires », affirment les auteurs du document, rapportant que :
    • 67 % des sondés utilisent le réseau pour compléter le diagnostic du médecin ;
    • 37 % pour effectuer un autodiagnostic sur un symptôme de maladie ;
    • 25 % pour évaluer des médecins ou observer les avis existants à leur sujet ;
    • 16 % pour échanger des informations avec d’autres patients sur des forums.

    Les praticiens, en revanche, « sont frileux à l’égard de ces nouvelles technologies » :
    • 61 % des médecins pensent ne pas connaître assez bien les solutions de e-santé pour en juger, indique l’étude ;
    • seuls 21 % des praticiens les jugent utiles à la pratique médicale, contre 18 % estimant qu’elles n’ont pas d’intérêt pour leur exercice quotidien.
    • 54 % des médecins pensent que les informations médicales disponibles sur internet  « jouent un rôle négatif plutôt que positif sur la relation patient-médecin ».
    • Seuls 11 % des patients se sont vus proposer des solution de e-santé par un médecin, que ce soit une application mobile, un outil connecté ou dispositif à distance, précisent les auteurs de l’enquête.

    La majorité des médecins ne veulent pas être équipés en solutions de e-santé mais restent séduits par les outils d’aide à la gestion de la prise de RDV

    « La plupart des professionnels ne souhaitent pas être équipés de solutions de e-santé », analysent les auteurs de l’étude Odoxa-Fondapro, soulignant cependant que « les solutions qui leur permettraient de gérer l’organisation et la prise de rendez-vous » font exception et séduisent plus de 60 % d’entre eux.

    L’enquête souligne à cet égard qu’un quart des praticiens interrogés estime que le dossier médical partagé (DMP) « ne présente pas d’utilité ».

    Les médecins proposent rarement à leurs patients d’utiliser des solutions de e-santé

    Si 34 % des Français avouent avoir déjà utilisé des outils connectés orientés sur la santé, les médecins pour leur part n’ont pas encore pour habitude d’utiliser ces solutions de e-santé, que ce soit pour échanger des informations avec les établissements de santé, avec leurs confrères ou avec leurs patients.

    Les médecins se sentent dépossédés de leur position de « sachant »

    Selon l’étude, la « frilosité » des médecins s’explique par le fait qu’ « ils perçoivent ces outils modernes comme des concurrents de leur expertise plutôt que comme des vecteurs susceptibles de les aider dans leur exercice », et qu’ils se sentent dépossédés de leur position de « sachant ».

  • Journée Interop (Asip) : « Il faut arrêter avec FHIR, il n’y a pas de standard parfait » (C. Parisot)

    « On s’en moque que la norme [pour simplifier les échanges de données entre les SI] soit DICOM, XDS, FHIR ou autres. Il n’y a pas de standard parfait et il n’y aura pas de standard parfait, ça n’existe pas, insiste Charles Parisot, consultant « normalisation » à IHE (Integrating the Healthcare Enterprise) lors de la table ronde « Et l’interopérabilité dans 10 ans ? » organisée à l’occasion de la Journée française de l’interopérabilité (Asip), qui s’est tenue le 10 avril 2019 à Rennes et à laquelle Health & Tech Intelligence a assisté.

    L’intervention de Charles Parisot a fait partie des moments marquants de l’événement, tout comme celle de Xavier Augay, président d’Icanopée, société fondée en 2009 dans le but de répondre à l’enjeu de l’informatisation du DMP. Au cours d’un échange avec une auditrice, l’intervenant a conseillé aux start-ups de ne pas se préoccuper des questions d’interopérabilité et de chercher en premier lieu à bien vendre leur produit avant de se pencher sur le sujet.
    Un point de vue qui n’a pas été partagé par tous les autres participants, dont Christine Pichon-Abarnou, DSI du CHU de Rennes, qui explique qu’il s’agit pour les DSI d’un gain de temps lorsque les start-ups sont prêtes à prendre directement en main leurs systèmes.

    Interopérabilité et start-ups : un sujet 2daire pour certains, central pour d’autres

    « Vends d’abord ta solution et tu verras ensuite les problèmes d’interopérabilité, conseille Xavier Augay, président d’Icanopée. Il faut d’abord conquérir ses clients, s’imposer sur le marché, pour être crédibles ».

    « Je dirais plutôt l’inverse, nuance Christine Pichon-Abarnou, DSI du CHU de Rennes. Nous sommes peu de DSI dans les établissements de soins. Nous gagnerons du temps si les start-ups avec lesquelles nous travaillons ont travaillé la question de l’interopérabilité en amont. »

    Une formation dédiée à FHIR proposée par une employée de Lifen

    À propos de la méconnaissance des start-ups en e-santé face au sujet de l’interopérabilité, l’initiative de Julie Dumons, chef de produits à Lifen, une société qui propose une messagerie médicale sécurisée, est mise en avant au cours d’une autre table ronde.

    L’ingénieure a lancé en décembre 2018 un Meetup (Meetup est une plateforme de réseautage social ) dédié à FIHR. L’objectif est de réunir des acteurs intéressés par la norme ou qui l’utilisent déjà dans leur produit dans l’optique de les former à son utilisation. Il est ouvert à tous, aussi bien aux étudiants qu’aux consultants, aux start-ups en e-santé, aux vendeurs de logiciels et aux professionnels de santé.

    « Ça fonctionne bien », commente Julie Dumons, qui essaie d’organiser tous les 2 mois une session.

    FHIR est une norme pour l’échange de données sur les soins de santé, publiée par HL7, qui a déjà été adoptée par les géants informatiques comme Apple, Microsoft et Google ainsi que par les principales solutions de DSE dans le monde entier.

    Selon Charles Parisot, il faut choisir la norme en fonction du cas d’utilisation

    Cette attraction pour FHIR depuis quelques années fait sourire Charles Parisot, consultant « normalisation » à IHE. « Quand j’entends tout le monde parler de FHIR depuis quelque temps, je rigole. Il faut arrêter avec FHIR ! Il y a 30 ans, on entendait le même discours avec Dicom, puis c’était la même chose avec XDS », explique-t-il.

    L’important, avec un cadre d’interopérabilité, c’est de choisir la norme en fonction du cas d’utilisation, précise le spécialiste, ajoutant que le dernier standard en date ne résout pas mieux les problèmes qu’avant. « Parfois, FHIR est plus adapté mais avec d’autres produits les problèmes peuvent être plus faciles à traiter avec V2 par exemple. »

  • Les plateformes, une solution possible au « fléau » des RDV médicaux manqués (étude Odoxa/MNH-Nehs)

    Les rendez-vous non honorés par les patients sont « un fléau pour les médecins ». C’est ce qu’affirme le baromètre « Carnet de santé des Français et personnels hospitaliers », réalisé par l’institut de sondage Odoxa pour la Mutuelle Nationale des Hospitaliers (MNH – MHH Group est désormais appelé « Nehs »). L’étude a été réalisée du 28 mars au 2 avril 2019 auprès de 2 échantillons, de 1 003 personnes représentatives de la population françaises et de 1 267 professionnels de santé.

    1 Français sur 6 et 1 jeune sur 3 reconnaissent avoir déjà « posé un lapin » à leur médecin, précise le baromètre, publié le 11 avril 2019, soulignant que la très grande majorité des médecins sont concernés, qu’ils exercent en ville (97 %) ou à l’hôpital (90 %).
    70 % des professionnels de santé affirment que ces rendez-vous manqués « ont des conséquences importantes sur l’organisation de leur travail ».
    84 % des patients interrogés savent que rater un rendez-vous médical est « grave » car cela « désorganise le médecin et prive quelqu’un d’autre de rendez-vous ».

    Les plateformes de prise de rendez-vous en ligne pourraient être une solution, affirme l’étude : elles « incitent les patients à mieux respecter leurs rendez-vous », selon 72 % des patients et 60 % des professionnels. Selon le baromètre, 54 % des Français et 42 % des médecins déclarent utiliser ces plateformes.

  • Partenariat Cdiscount/Ociane Matmut : des complémentaires santé incluant des services numériques

    Cdiscount, spécialiste français du e-commerce, annonce le lancement de son offre Cdiscount Santé, en partenariat avec la mutuelle Ociane Matmut. L’objectif de cette alliance est de « rendre accessible une couverture complémentaire santé de qualité, au meilleur prix » « dans un contexte de renoncement aux soins toujours préoccupant d’une partie de la population », indique les deux sociétés dans un communiqué publié le 10 avril 2019 .

    Cdiscount diffusera 3 formules proposées par la Mutuelle Ociane Matmut via son contrat Ociane Santé Évolution parmi les 4 formules « Essentiel », « permettant d’être bien remboursé pour les soins importants et coûteux, avec 20 % d’économie sur la cotisation, par rapport aux garanties Ociane Santé Évolution classiques, de même niveau », excluant les prestations et la pharmacie « de confort ». 

    Le communiqué souligne que les garanties « Essentiel » intègrent des services santé digitaux :

    – coaching santé en ligne pour gérer son stress, retrouver le sommeil et son poids d’équilibre, avec Metacoaching ;
    – Service de téléconsultation médicale, pour joindre un médecin en moins de 3 minutes 24h/24 et 7j/7, avec Medaviz ;
    – l’obtention d’un second avis médical en cas de problème de santé sérieux, avec Deuxièmeavis.fr;
    – l’apprentissage des gestes qui sauvent , avec la formation de secourisme en ligne Salvum. 

     

    « Miser sur le digital pour rendre accessible la protection santé au plus grand nombre de Français »

    Cdiscount et la mutuelle Ociane Matmut affirment que leur partenariat « est une première en France, entre un acteur majeur du e-commerce et un organisme de complémentaire santé ». Il s’agit selon les 2 partenaires de « miser sur le digital pour rendre accessible la protection santé au plus grand nombre de Français (…) en facilitant l’accès à une complémentaire santé de qualité aux 22 millions de visiteurs du site Cdiscount ».

    Ociane Matmut : plus de 20 % des ventes réalisées via le canal internet

    Ociane Matmut, qui revendique plus de 670 000 bénéficiaires, réalise déjà plus de 20 % de ses ventes intégralement via le canal internet. La société souligne que plus de 60 % des ventes intégralement réalisées sur internet le sont dans les formules « Essentiel ».

    Cdiscount : 9 millions de clients actifs par mois

    Cdiscount affiche pour sa part plus de 22 millions de visiteurs uniques par mois et 9 millions de clients actifs, soit « plus d’un foyer français sur trois ».

    « Dès lors que la présentation des garanties est claire et compréhensible et que la souscription se fait dans le respect du devoir de conseil, internet est un canal tout à fait approprié à la souscription d’une complémentaire santé », déclare Nicolas Gomart, directeur général du groupe Matmut.

  • Journée Interop (Asip) : L. Létourneau défend « l’État méta-plateforme », une uberisation de l’État

    « Le rapport Pon-Coury dresse un constat quelque peu déprimant : en caricaturant un peu, c’est le bazar !, les systèmes ne s’articulent par entre eux, y compris au sein d’un même établissement, déclare Laura Létourneau, déléguée opérationnelle de la task force dédiée au numérique en santé (ministère), intervenue à l’occasion de la Journée française de l’interopérabilité (Asip), qui s’est tenue à Rennes le 10 avril 2019 et à laquelle Health & Tech Intelligence a assisté. Le deuxième fait est qu’il n’y a rien pour l’usager. Il y a Ameli, le DMP mais pas suffisamment d’informations à disposition et pas de services numériques permettant d’avoir accès à toutes ses données de santé. »

    Selon l’experte, tous les acteurs de la santé ont une part de responsabilité, aussi bien les pouvoirs publics que les industriels et les start-ups. « L’écosystème est fragmenté et les industriels ne se donnent pas tous les moyens de respecter les référentiels des pouvoirs publics. »

    Elle prône ainsi, avec son partenaire sur le sujet Dominique Pon (responsable stratégique de la task force), ce qu’elle appelle « la doctrine de l’État-plateforme », soit un modèle reposant sur l’uberisation de l’État.

    « L’État doit s’inspirer du modèle [Uber] et regagner en souveraineté »

    À propos de la mission dont elle a été chargée avec Dominique Pon par le ministère des Solidarités et de la Santé, Laura Létourneau indique qu’il existe 2 prérequis indispensables pour la mener à bien :

    • clarifier la gouvernance du numérique en santé :
      • au niveau national ;
      • déploiement sur le territoire.
    • formaliser une politique nationale du numérique en santé assortie d’un schéma d’architecture cible :
      • doctrine de l’État-plateforme.

    Vision globale : « devenir méta-plateforme »

    « L’état doit s’inspirer du modèle [développé par Uber] et regagner en souveraineté, explique-t-elle pour expliciter le fondement de cette doctrine. [Avec Dominique Pon,] nous voulons que ce soit l’État qui fixe les règle, nous voulons un État méta-plateforme. »

    Elle cite en exemple la Ville de San Francisco, qui pour mieux réaliser sa surveillance sanitaire, cible ses contrôles sur les établissements notés 1/5 sur le site d’avis et de conseils touristiques Tripadvisor, et rend ensuite tous ces résultats publics.

    Laura Létourneau propose ainsi le schéma d’architecture suivant :

    La déléguée opérationnelle précise qu’un cadre éthique doit être établi pour que tous les projets de e-santé en France aient une même base.

    Dans le schéma d’architecture présenté, la fondation (services socle et référentiels) doit être prise en charge par les pouvoirs publics, précise-t-elle. En ce qui concerne l’espace numérique de santé, il s’agit d’un espace qui regroupe dans un store Ameli, les portails des mutuelles et les applications de santé référencées, « à condition qu’elles jouent le jeu du socle de base », explicite Laura Létourneau.

    « C’est le développement de tous ces actes qui fera le succès du système pour les citoyens », commente-t-elle.

    Au sommet de cette architecture se trouve le Health Data Hub, dont le but est d’initier le développement de la recherche et de l’innovation, rappelle-t-elle, ajoutant que l’autre chantier du dossier dont elle est en charge est l’innovation, « un vrai enjeu pour les start-ups ».

    « Nous avons besoin de la mobilisation de tout l’écosystème »

    La déléguée opérationnelle assure avoir conscience que ce projet est « très ambitieux » mais se dit « optimiste ». « Il y a un alignement des planètes, cependant nous avons besoin de la mobilisation de tout l’écosystème, de l’engouement de tous pour avancer ensemble dans la même direction. »