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  • VivaTech : « On va avoir besoin non plus d’IA mais de raisonnements augmentés » (A. Templier, Quinten)

    « Imaginez une médecine qui se nourrisse en permanence de toute l’expérience générée sur le terrain par les médecins sur les patients et que l’on n’attende pas des années comme c’est le cas aujourd’hui pour qu’un signal émerge et qu’on fasse des études pour valider ce signal et entraîner un consensus qui va mener à des nouvelles guidelines », commente Alexandre Templier, P.-D.G. de la société Quinten, qui assiste les acteurs de la santé dans la valorisation de leurs données.

    « Mettre l’expérience de tous au service de chacun » : c’est la mission que s’assigne Alexandre Templier, interrogé le 17 mai 2019 par H&TI à l’occasion du salon VivaTech, indiquant que Quinten est « capable d’industrialiser le processus de génération et de validation de nouvelles connaissances ».
    Sous nos latitudes, estime-t-il, « on va avoir besoin non plus d’intelligence artificielle mais de raisonnements augmentés ». Selon lui, on ne va pas « changer la manière dont le médecin pense et prend une décision [mais] simplement lui donner beaucoup plus de puissance et d’amplitude dans ce processus ».

    Les technologies développées par Quinten « permettent automatiquement d’extraire de nouvelles connaissances des jeux de données et de les activer en situation clinique, c’est-à-dire uniquement les connaissances pertinentes pour un patient donné, pour un médecin donné, avec la capacité pour le médecin de comprendre les connaissances qu’on va lui proposer d’activer pour ce malade », explique-t-il.

    Si l’industrie pharmaceutique « génère beaucoup de données, [elle] en consomme relativement peu [et] la tendance du secteur pharma à consommer de plus en plus de données est assez récente ». Le patron de Quinten donne en exemple l’initiative lancée par Sanofi avec son programme Darwin, « assez représentative [d’une] prise de conscience de l’industrie pharmaceutique [qui laisse prévoir qu’elle] va changer de paradigme ».
    « Dès qu’elle va devenir consommatrice en plus d’être génératrice de données, il est fort probable que les taux de succès augmentent et que l’efficience s’améliore, ajoute-t-il. Nous avons multiplié les expériences ces 11 dernières années et montré que c’était possible. Il faut maintenant faire la même chose de manière intégrée et c’est ce que Sanofi est en train de faire. »

    Des données au « point of care »

    La société Optum « aspire » les données « de centaines d’hôpitaux [américains] et « les rend disponibles pour créer de l’intelligence » dans la base Darwin de Sanofi, explique Alexandre Templier. C’est là que Quinten « peut commencer à intervenir ». « À ce moment, la question est de savoir comment « expirer » les données, c’est-à-dire « restituer les outils » pour que les médecins du « point of care » qui ont généré les données puissent prendre des bonnes décisions et implémenter les connaissances au niveau du malade ».

    Interopérabilité : « il est plus réaliste, dans un premier temps en tout cas, de faire avec la multiplicité des systèmes »

    L’interopérabilité est « un problème et un vrai sujet [compte tenu] de la multiplicité des systèmes d’information hospitaliers et des dossiers médicaux [informatisés] », estime le P.-D.G. de Quinten. Il juge « utopique » d’imaginer une ontologie permettant à tout le monde de « parler le même langage [et qui] va être valide pendant longtemps », du fait notamment que l’environnement « évolue tout le temps ». Selon lui, « il est plus réaliste, dans un premier temps en tout cas, [de] faire avec la multiplicité des systèmes », de les « réconcilier [sur] un dictionnaire commun [mais qui] n’est pas unique » .

    Le patron de Quinten loue ici le « pragmatisme » de l’approche d’Optum avec son ontologie, qui « s’appuie sur une multiplicité de codes extrêmement complexes [pour réconcilier] l’hétérogénéité de sémantiques » des centaines de centres hospitaliers concernés.

    L’idéal, selon Alexandre Templier,  « ce serait qu’une fonctionnalité soit accessible dans l’interface du dossier médical, qu’au moment où le médecin rentre l’information, il y ait une alarme, un pop-up qui dise « attention, ne prescrivez pas ça parce que parmi les 11 700 patients du réseau, ou des États-Unis, ou de telle région, ou de France, qui ont telle ou telle caractéristique, qui ont pris ce médicament, il y a deux fois plus de décès ou d’effets indésirables de tel type dans les six mois » ».

    « Tout devra probablement se passer dans un premier temps à l’échelle d’un hôpital », et non dans le SIH

    Il estime que « tout devra probablement se passer dans un premier temps à l’échelle d’un hôpital », et non dans le SIH car l’éditeur de celui-ci « a la main [et] peut décider ou non de débloquer une fonctionnalité ». « Comme la plupart des systèmes sont maintenant basés sur le web et qu’on arrive à des niveaux de sécurisation satisfaisants, on peut très bien imaginer qu’un autre programme [s’ouvre sur l’écran du médecin] en parallèle du SIH, une appli qui à travers un ‘web service’ [lui donne une recommandation] », ajoute-t-il.

    Raisonnement augmenté vs IA

    « Je ne crois pas un instant que les médecins vont être remplacés par un algorithme »

    « Je ne crois pas un instant que les médecins vont être remplacés par un algorithme qui va prendre les décisions à leur place, indique Alexandre Templier, sauf peut-être sur des cas simples et des guidelines simples ».

    Il cite l’exemple de la Chine ou l’explosion des maladies chroniques dans un contexte de « déficit de médecins » et de généralisation du téléphone mobile crée les conditions de développement de la e-santé « sans qu’il y ait un médecin qui valide à chaque fois ».  Les Chinois « n’ont pas le choix » mais il y a peu de chances que cela soit « applicable à nos sociétés [car dans] l’essentiel des cas en médecine [le diagnostic] repose sur des raisonnements complexes qui nécessitent une prise de responsabilité du médecin éclairé ».

    « On va avoir besoin non plus d’intelligence artificielle mais de raisonnements augmentés »

    Sous nos latitudes, estime le patron de Quinten, « on va avoir besoin non plus d’intelligence artificielle mais de raisonnements augmentés ». Selon lui, on ne va pas « changer la manière dont le médecin pense et prend une décision [mais] simplement lui donner beaucoup plus de puissance et d’amplitude dans ce processus ».

    • « Plus de puissance parce qu’il va avoir directement accès aux connaissances opérationnelles pour son malade bien au-delà de son champ d’expérience personnel, sans avoir à aller potasser tous les journaux toutes les semaines » ;
    • « Plus d’amplitude [parce que cela ne pourra que] se généraliser très vite ».

    Alexandre Templier insiste ici sur le « côté explicatif totalement absent de la plupart des initiatives d’aujourd’hui ». « Nous avons fourni beaucoup d’efforts pour que les « insights »,  les enseignements qu’on extrait des données et les connaissances opérationnelles soient compréhensibles, auditables par les médecins : dès lors que la responsabilité reste du côté de l’humain alors « responsabilité » veut dire aussi « transparence » et « capacité de comprendre ce qu’on est en train de faire ». Une responsabilité non éclairée n’est pas souhaitable dans bien des cas et en particulier en santé. »

    Approche symboliste vs deep learning

    « Nos algorithmes explorent les données de manière assez atypique par rapport à tout ce qui  existe », souligne Alexandre Templier. Quinten applique la seule technique existante « qui est vraiment explicite pour les experts métier, notamment pour les médecins [à savoir] l’approche symboliste [qui consiste à] extraire des associations explicites des données, des règles d’association », ajoute-t-il. Quand on dit aux médecins qu’« on détecte que les diabétiques hyper tendus répondent trois fois mieux à ce traitement », ils comprennent ce dont il s’agit. Ils peuvent confronter ce résultat à leurs propres expériences et aller tout de suite vérifier dans les bases.

    L’algorithme de Quinten « génère des milliers d’hypothèses » pour ne récupérer « que la crème de la crème des hypothèses »

    Pour obtenir ce type de résultat, il faut selon lui « croiser dans tous les sens des milliers de variables » et c’est précisément « le mode opératoire de l’algorithme développé par Quinten depuis plus d’une décennie » : il « génère des milliers d’hypothèses et les fait passer par différents filtres successifs en réappliquant les résultats sur des données indépendantes », en ne conservant in fine « que la substantifique moelle, la crème de la crème des hypothèses, qu’il a faites non seulement vérifiées par les médecins mais qui sont surtout actionnables dans une situation thérapeutique ».

    « Tout le monde parle aujourd’hui » de l’approche par réseaux de neurones, celle du deep learning, qui « s’inspire de l’anatomie du cerveau » : cette technologie « peut remplacer l’humain sur des tâches cognitives élémentaires » en médecine sur la détection de tumeurs à partir d’images, mais « on est loin de la décision médicale au sens large », estime le P.-D.G. de la société Quinten. Cependant, les clients « commencent à s’intéresser » à l’approche symboliste parce qu’ils « ont bien perçu les limites des approches connexionnistes notamment en terme d’interprétation », note Alexandre Templier, qui « a la conviction » que ce sont des techniques symbolistes, même si elles ont aussi leurs limites, qui s’imposeront « à terme », s’agissant de la médecine du futur .

    Anonymisation et risque de réidentification

    Interrogé par H&TI sur la question de l’anonymisation des données, Alexandre Templier estime que « la donnée qui est totalement non réidentifiable[, pour laquelle] on n’a aucun moyen de réidentifier, est « souvent une donnée qui ne porte plus aucun signal [et] ne comporte que du bruit ».« Contractuellement, Quinten laisse à ses clients le devoir de désidentification et les actions de prévention de la ré identification potentielle des données [mais] s’intéresse beaucoup à la manière dont c’est fait » et s’assure que « ça été vraiment fait », notamment parce que la société « porte potentiellement une responsabilité de processeur de données selon la RGPD ».

    « La problématique de réidentification ou d’anonymisation n’est pas binaire comme tout le monde semble le croire »

    « La problématique de réidentification ou d’anonymisation n’est pas binaire comme tout le monde semble le croire », déclare le patron de la société. « Il n’y a pas d’un côté des données directement identifiantes parce qu’il y a le NIR, le nom, le prénom et de l’autre côté des données anonymisées parce qu’on ne peut plus retrouver l’identité de la personne concernée. Si l’on pouvait résumer tout ce qui importe dans un jeu de données  et puis après tout bruiter sauf ce qui importe dans un jeu de données, ça se saurait et on n’utiliserait plus que ça en analyse, or il y a pléthore d’outils. Il n’y a donc pas d’approche idéale : il n’y a qu’une approche optimale pour un problème donné [et] tout dépend de ce que l’on cherche », explique-t-il.

    « On ne peut trouver une structure intrinsèque des données indépendamment de n’importe quel problème capable de renvoyer les « insight optimum » quand on voudra poser une question très précise », complète-t-il. Il faut donc « un compromis entre risque de réidentification et exploitabilité [car] en forçant le trait si le risque d’identification est nul, c’est qu’il y a plus rien à exploiter dans les données. »

    Une commission de l’Afnor travaille sur un algorithme capable de mesurer « le risque de réidentification »

    Une commission, qui a été créée au sein de l’Afnor, dont fait partie Quinten, travaille sur un algorithme capable de mesurer « le risque de réidentification », preuve de ce que celui-ci « n’est pas binaire mais continu », commente Alexandre Templier. Il estime qu’« à partir du moment où ce risque sera mesuré [il sera possible d’établir un] niveau d’exigence [différent] selon le secteur d’application ou selon les usages ou les enjeux :  a priori, on ne va probablement pas exiger le même niveau de risque de ré-identification pour le secteur de la publicité en ligne que sur la lutte contre le cancer ».

  • Étude : une appli pour détecter les otites de l’enfant grâce au son (Science Translational Medicine)

    Des chercheurs de l’université de Washington ont créé une nouvelle application pour smartphone qui permet de détecter les otites de l’enfant. Les parents, munis d’un morceau de papier roulé en forme d’entonnoir, d’un microphone et d’un haut-parleur pour smartphone seront ainsi capables de repérer le liquide derrière le tympan grâce à une série de sons émis par l’appli. Selon leur étude*, publiée le 15 mai 2019 dans la revue Science Translational Medicine, ce système détecte les otites dans 85 % des cas.

    Dépister l’otite à la maison

    Les infections de l’oreille constituent la raison n°1 de consultation chez les pédiatres. Dans la majorité des cas, elles se caractérisent par la présence de fluide derrière le tympan. Il s’agit d’une otite moyenne. Cependant, la présence de liquide dans l’oreille moyenne est également symptomatique de l’otite aiguë. Ces infections s’accompagnent souvent de douleurs dans l’oreille, d’écoulements et de fièvre. Toutefois, ces maladies peuvent aussi être silencieuses, asymptomatiques. Afin de poser le diagnostic, le médecin doit inspecter le conduit auditif et le tympan avec un otoscope.

    Des chercheurs de l’université de Washington ont créé une nouvelle application pour smartphone qui permet de détecter, de manière simple pour les parents, le liquide derrière le tympan. « Concevoir un outil de dépistage précis sur quelque chose d’aussi omniprésent qu’un smartphone peut changer la donne pour les parents ainsi que pour les professionnels de santé dans les régions aux ressources limitées », a déclaré l’un des chercheurs. En effet, une fois diagnostiquées, les infections de l’oreille peuvent être facilement traitées et les liquides persistants peuvent être surveillés ou drainés par un médecin pour soulager les symptômes de douleur ou de perte d’audition.

    Un dépistage rapide à la maison pourrait aussi aider les parents à décider s’ils doivent ou non emmener leur enfant chez le médecin. « L’un des principaux avantages de notre technologie est qu’elle ne nécessite aucun matériel supplémentaire, à l’exception d’une feuille de papier et d’une application logicielle exécutée sur le smartphone, » a précisé le chercheur.

    Un algorithme analyse les modifications de signal sonore

    Concrètement, cette application envoie des sons dans l’oreille et mesure la façon dont ces ondes sonores changent lorsqu’elles rebondissent sur le tympan. Les parents ont juste à rouler une feuille de papier en forme d’entonnoir et à la poser ensuite sur l’oreille externe pour guider les ondes sonores dans et hors du canal auditif. Lorsque le téléphone émet dans l’entonnoir un son continu de 150 millisecondes, ressemblant à un chant d’oiseau, les ondes sonores rebondissent sur le tympan, remontent dans l’entonnoir et sont captées par le microphone du smartphone et par le son original.

    Selon qu’il y ait ou non un fluide à l’intérieur, les ondes sonores réfléchies interfèrent différemment avec les ondes sonores originales de gazouillis. « C’est comme taper sur un verre de vin », a déclaré le premier auteur. En fonction de la quantité de liquide qu’il contient, vous obtenez différents sons. » Grâce à l’apprentissage automatique de ces sons, le système détecte la présence de liquide.

    Pour entraîner l’algorithme à détecter les modifications du signal et les classer selon qu’il y a ou pas une présence de fluide, l’équipe de chercheurs a testé la procédure sur 53 enfants âgés de 18 mois à 17 ans. Environ la moitié des enfants devaient subir une intervention chirurgicale pour la pose d’un tube auriculaire, une opération courante chez les patients souffrant d’incidents chroniques ou récurrents de liquide auriculaire. L’autre moitié devait subir une chirurgie différente de l’oreille, telle qu’une amygdalectomie.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 15 mai 2019 dans la revue Science Translational Medicine.

    Résultats : 85 % de réussite

    • L’algorithme a correctement identifié la probabilité de fluide dans 85 % du temps, ce qui est comparable aux méthodes actuelles utilisées par les médecins.
    • Testé chez des enfants plus jeunes (9-18 mois), l’appli a correctement classé les 5 oreilles présentant du liquide et 9 sur 10, soit 90 %, sans liquide.
    • Les parents formés à ce dépistage ont dépisté avec succès les 6 oreilles remplies de liquide et 18 des 19 oreilles qui étaient saines.
    • Les courbes des ondes sonores générées par les tests des parents et des médecins étaient similaires.
    • Les résultats étaient cohérents quel que soit le type de téléphone ou de papier.

    Une commercialisation prochaine

    Certes, l’étude n’a porté que sur une cinquantaine d’enfants mais les chercheurs prévoient de commercialiser cette technologie par l’intermédiaire d’une entreprise dérivée, Edus Health, puis de rendre l’application accessible au public.

    « La présence de liquide derrière le tympan est si courant chez les enfants qu’il est nécessaire de disposer d’un outil de dépistage accessible et précis pouvant être utilisé à la maison ou en clinique », a déclaré l’un des co-auteurs.

    Les chercheurs espèrent pouvoir améliorer le dispositif en étant capables d’évaluer depuis combien de temps le fluide est présent. Cela pourrait aider les soignants de premier recours à savoir quand consulter un spécialiste.

  • Une partie de la division « santé » d’Agfa Healthcare cédée par le groupe

    Dans l’optique de « renforcer [son] indépendance », le groupe belge Agfa-Gevaert a ouvert un processus de cession de toute sa division informatique, qui comprend une partie de la division « santé » d’Agfa Healthcare, par le biais de ses activités d’informatique hospitalière et de soins mais aussi de ses activités informatiques en imagerie. Cette décision est annoncée dans un communiqué publié le 15 mai 2017, au lendemain d’un conseil d’administration du groupe. Le montant de la cession n’a pas encore été fixé.

    « Les préparatifs du processus de vente ont commencé et devraient être lancés au second semestre de cette année« , précise Agfa-Gevaert. Les zones concernées par cette session sont la France, la région Allemagne-Autriche-Suisse et le Brésil.

    Les solutions d’Agfa Healthcare sont notamment utilisées par plusieurs hôpitaux français, dont l’AP-HP, équipé de son système d’information (SI) patient Orbis.

    « En France, nous sommes satisfaits par cette annonce, cette division est rentable et nous allons continuer à développer cette activité IT et à renforcer notre capacité d’investissement, commente une source interne interrogée par Tic Santé. L’an dernier, cette division a compensé toute la décroissance des activités historiques du groupe. »
    Cette cession « ne changera rien à l’activité menée en France », ajoute-t-elle. « Le périmètre d’activité fonctionnel reste inchangé, nous conservons le même portefeuille et les équipes restent en place », précise-t-elle par ailleurs.

    Un chiffre d’affaires à 538 M€ à l’issue du 1er trimestre

    Le groupe Agfa-Gevaert a également présenté ses résultats financiers :

    • chiffre d’affaires :
      • baisse de 1,9 % ;
      • se fixe à 538 millions d’euros à l’issue du premier trimestre 2019 ;
    • endettement financier net : 255 millions d’euros, contre 144 millions d’euros à la fin de 2018.

    Division informatique en santé : 122 M€ de revenus à l’issue du 1er trimestre

    « Notre objectif de rentabilité des activités informatiques de santé commence clairement à porter ses fruits »

    La division informatique de santé « a réalisé ses performances conformément aux attentes », déclare le groupe dans son communiqué, ajoutant que son « objectif de rentabilité des activités informatiques de santé [commençait] clairement à porter ses fruits ».

    La division se maintient et affiche 122 millions d’euros de revenus à l’issue du premier trimestre 2019, contre 123 millions d’euros à la même période en 2018.

  • G7 santé : 5 organisations internationales s’engagent à coopérer en matière de soins primaires

    La déclaration commune adoptée par les ministres en charge de la santé des pays du G7, réunis les 16 et 17 mai 2019 à Paris, s’articule autour de 3 objectifs « ambitieux », dans l’optique de faire progresser l’accès à la santé pour tous en renforçant les soins primaires :
    • accroître la lutte contre les inégalités d’accès aux soins ;
    • améliorer la lutte contre les pandémies pour mettre fin au sida, à la tuberculose et au paludisme d’ici 2030 ;
    • améliorer l’efficacité des systèmes de santé à travers le partage de connaissances : l’OMS, l’OCDE, le Fonds mondial, Gavi l’Alliance du Vaccin et la Banque mondiale ont signé le 17 mai une lettre d’engagement affichant leur intention de collaborer en matière de soins primaires. Les 5 organisations doivent remettre d’ici fin 2019 un « rapport sur les modalités de mise en place d’une plateforme [de partage de connaissances] entre les membres du G7« , annonce le ministère des Solidarités et de la Santé dans un communiqué.

    Les engagements issus de cette déclaration seront présentés lors du Sommet des chefs d’État de Biarritz du 24 au 26 août. Ils seront également pris en considération à l’occasion d’autres événements internationaux attendus en 2019 :
    • l’Assemblée mondiale de la santé, le 20 mai à Genève (Suisse) ;
    • l’Assemblée générale des Nations unies, le 18 septembre à New-York (États-Unis) ;
    • la Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial, le 10 octobre à Lyon (France) ;
    • la réunion des ministres de la Santé du G20, les 19 et 20 octobre à Okayama (Japon).

    « Cette déclaration pose les jalons d’une coopération renforcée en faveur d’un accès à la santé pour tous, commente Agnès Buzyn (communiqué). Nous maintiendrons nos efforts dans les prochains mois, avec l’appui de l’ensemble des acteurs, pour que la santé demeure un sujet prioritaire et fondamental à l’agenda international. »

    3 objectifs prioritaires

    Accroître la lutte contre les inégalités d’accès aux soins

    Engagements des membres du G7 :

    • renforcer les soins de santé primaires en matière de prévention, de dépistage et de soins afin de lutter plus efficacement contre les inégalités de santé.
    • priorité : lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes, « en particulier en matière d’accès aux soins dans le monde et de représentation des femmes dans les instances décisionnelles du secteur de la santé ».

    Améliorer la lutte contre les pandémies pour mettre fin au sida, à la tuberculose et au paludisme d’ici 2030 

    Engagement des membres du G7 :

    • poursuivre leur mobilisation pour assurer le succès de la sixième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial, qui sera accueillie pour la première fois en France les 9 et 10 octobre 2019 à Lyon. Cette conférence internationale a pour objectif de lever au moins 14 milliards de dollars US (12,5 M€) pour lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme afin d’éliminer ces trois maladies d’ici 2030.

    Améliorer l’efficacité des systèmes de santé à travers le partage de connaissances 

    « Sous l’impulsion des membres du G7, 5 organisations internationales s’engagent pour la première fois à coopérer pour la mise en place d’une plateforme de partage de connaissances », indique dans son communiqué le ministère des Solidarités et de la Santé.

    « L’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Fonds mondial, GAVI l’Alliance du Vaccin et la Banque mondiale ont signé le 17 mai une lettre d’engagement affichant leur intention de collaborer en matière de soins de santé primaires, est-il précisé. Elles remettront d’ici fin 2019, un rapport sur les modalités de mise en place d’une plateforme collaborative entre les membres du G7. »

    Cette plateforme devrait permettre de :

    • développer le partage de connaissances et d’expertise sur les soins de santé primaires entre les pays du G7 ;
    • renforcer le dialogue sur les soins de santé primaires entre pays du G7 et les pays à faible et moyen revenu, en particulier les pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) ;
    • favoriser l’innovation en matière de renforcement de soins de santé primaires en s’appuyant également sur la société civile (chercheurs, professionnels, patients, ONG, secteur privé…).
  • CPTS et GHT : les acteurs « manquent de réponses » pour construire une vraie coopération (bilan Sénat)

    Il existe un « décalage paradoxal entre le besoin ressenti de coopération sur le terrain, la pléthore d’outils juridiques « sur le papier » et le manque de réponses pour aider concrètement les acteurs à construire une vraie coopération au service d’un territoire ». C’est que Yves Daudigny (Socialiste et Républicain, Aisne), Catherine Deroche (Les Républicains, Maine-et-Loire) et Véronique Guillotin (RDSE, Meurthe-et-Moselle), ont rapporté à la commission des affaires sociales du Sénat, dans une communication portant sur l’organisation territoriale de la santé.

    L’objectif était de dresser un bilan sur les dispositifs de coordination des acteurs de santé au niveau des territoires, avant l’examen du projet de loi relatif à la transformation du système de santé, le 22 mai 2019. Pour rappel, ledit projet a été adopté fin mars par l’Assemblée nationale.

    Ce travail visait plus précisément à rapporter « la façon dont les acteurs de terrain s’approprient les outils de coordination territoriale mis en place par la loi de modernisation [du] système de santé de 2016″, indique la commission des affaires sociales dans un communiqué publié le 17 mai 2019. Une attention particulière a été portée sur les CPTS et les GHT, « dont le projet de loi en cours d’examen fait les piliers de la « transformation » souhaitée [du] système de santé », est-il spécifié.

    Les principales recommandations des rapporteurs :
    • CPTS : « conserver un cadre juridique souple à la main des professionnels » et « clarifier le paysage des dispositifs d’appui à la coordination » ;
    • GHT : « accompagner les dynamiques locales plutôt [qu’]imposer un schéma homogène à tous ».

    Soins de ville et CPTS : « conserver un cadre juridique souple »

    Constat des rapporteurs :

    • plusieurs CPTS « fonctionnent de manière encourageante, en permettant par exemple d’organiser des parcours de soins complexes autour des patients ».
    • Cependant,  il « n’existe (…) pas de modèle unique ».

    Selon les rapporteurs, il est nécessaire :

    • de « conserver un cadre juridique souple à la main des professionnels, qui leur permette de s’en saisir sur une base volontaire et avec les marges suffisantes pour l’adapter aux besoins de leur territoire » ;
    • de « clarifier le paysage des dispositifs d’appui à la coordination, par exemple en plaçant les plateformes territoriales d’appui (PTA) sous le pilotage des CPTS, et de tendre vers la mise en place d’un guichet unique ».

    GHT : « accompagner les dynamiques locales »

    Constat des rapporteurs :

    • grande hétérogénéité des 136 GHT ;
    • leur vocation territoriale est, en pratique, diversement appropriée.

    Selon les rapporteurs, il est nécessaire :

    • « d’accompagner les dynamiques locales plutôt que d’imposer un schéma homogène à tous ».
  • VivaTech 2019 : les investissements health tech en Asie en forte hausse (F. Desvignes, Axa Next Lab)

    6,3 milliards de dollars US (5,6 Mds €). C’est le total des fonds déployés en 2018 dans le secteur health tech en Asie, avec 294 deals recensés. Un chiffre en augmentation par rapport à 2017, note Frank Desvignes, responsable mondial d’Axa Next Labs, lors de son pitch « What about health tech in Asia ?« , organisé le 16 mai 2019 à l’occasion du salon VivaTech. L’expert, qui a travaillé 3 ans en Chine, indique que cette tendance à la hausse se confirme pour cette année. Au premier trimestre 2019, les investissements dans le secteur en Asie dépassaient le milliards de dollars, soit une hausse de 70 millions par rapport à la même période en 2018, « ce qui présage un nouveau record« , commente-t-il. D’autant plus que pour la première fois au cours d’un premier trimestre, le total des fonds enregistré côté Asie a devancé celui observé côté États-Unis.

    6 tendances identifiées par Frank Desvignes sur le marché health tech chinois :
    • 1. émergence d’un guichet unique (one-stop shop), point de contact à toutes les étapes du parcours du consommateur ;
    • 2. amélioration du diagnostic, du traitement et de la gestion des maladies ;
    • 3. dossier de santé des patients basé sur la blockchain ;
    • 4. le domicile comme nouvel hôpital pour la gestion des soins chroniques, critiques et à destination des personnes âgées ;
    • 5. la génomique pour activer les régimes de santé personnalisés ;
    • 6. gestion de la santé de la population en entreprise avec un plan de santé personnalisé.

    Lorsqu’un auditeur lui demande quels sont ses conseils pour se développer sur le marché chinois, Frank Desvignes recommande, dans la mesure du possible, de nouer des partenariats avec des groupes locaux pour accélérer le processus.

    Investissement health tech (2014-2018) : Asie Pacifique vs États-Unis

    L’écosystème health tech en Asie Pacifique est le deuxième plus important au monde, derrière celui des États-Unis

    85 % des fonds déployés au total en Asie proviennent de la Chine.

    La Chine et l’Inde restent les leaders

    « L’Inde n’est pas encore aussi structurée que la Chine en termes de finances et de technologies mais il y a sur ce marché une forte volonté de se développer dans le secteur de la health tech, commente Frank Desvignes. Nous avons tout intérêt à copier ce qui va se produire et ce qui est en train de se produire en Inde. »

    Domaines dans lesquels l’Asie a le plus investi en health tech en 2018 :

    • gestion de la santé de la population ;
    • marché en ligne ;
    • diagnostic médical ;
    • solutions de gestion de la santé ;
    • bien-être ;
    • recherche.

    6 tendances identifiées sur le marché health tech chinois

    1. Émergence d’un guichet unique (one-stop shop), point de contact à toutes les étapes du parcours du consommateur

    Principales entreprises qui se démarquent dans ce domaine :

    • Ping Ang Good Doctor ;
    • Tencent Trusted Doctors ;
    • Wedoctor.

    2. Amélioration du diagnostic, du traitement et de la gestion des maladies

    Principales entreprises qui se démarquent dans ce domaine :

    • Tencent Aimis ;
    • Infervision ;
    • Linkdoc.

    3. Dossier de santé des patients basé sur la blockchain

    Principales entreprises qui se démarquent dans ce domaine :

    • Emali ;
    • PokitDok ;
    • Luna DNA.

    La technologie de la blockchain dans le secteur de la santé est encore au stade de l’émergence mais la Chine se démarque déjà dans ce domaine. « Environ 85 % des solutions basées sur la blockchain proviennent actuellement de la Chine », indique Frank Desvignes.

    4. Le domicile comme nouvel hôpital pour la gestion des soins chroniques, critiques et des personnes âgées

    Principales entreprises qui se démarquent dans ce domaine :

    • HiNounou ;
    • Nongan insurance ;
    • Drurse.

    5. La génomique pour activer les régimes de santé personnalisés

    Principales entreprises qui se démarquent dans ce domaine :

    • ICarbonX ;
    • BGI ;
    • Prenetics.

    Prenetics sort particulièrement du lot dans le domaine de la génomique en Chine.

    6. Gestion de la santé de la population en entreprise avec un plan de santé personnalisé

    Principales entreprises qui se démarquent dans ce domaine :

    • Cxa ;
    • InsGeek ;
    • StartUp Care.
  • VivaTech 2019 : Visible Patient annonce une levée de fonds de 11,3 M€

    Visible Patient, une start-up strasbourgeoise qui propose une technologie permettant de reproduire en 3D l’organisme humain pour simuler et ainsi mieux préparer une opération, vient de recueillir 11,3 millions d’euros. Le Pr Luc Soler, fondateur de la société, a annoncé cette levée de fonds le 16 mai 2019 à l’occasion du salon VivaTech, qui se tient jusqu’au 17 mai à Paris.

    Plus de 3 000 patients ont bénéficié à ce jour de ce dispositif, présent dans 24 hôpitaux. La start-up souhaiterait toucher 80 % des patients d’ici 2020 et envisage par ailleurs un développement à échelle internationale.

  • VivaTech 2019 : AWS propose ses briques IA aux acteurs santé sur un modèle économique de pay-per-use

    Le géant Amazon a dédié un « corner » de son espace à la santé au salon VivaTech, qui se tient du 16 au 17 mai 2019 à Paris, symbole de sa volonté de développer une approche verticale sur le marché de la santé. Parmi ses offres, des briques technologiques d’intelligence artificielle (IA) pour faciliter le développement de nouveaux usages technologiques.
    Pas d’ambition métier affichée mais une approche de plugAPI qui facilite des points précis pour permettre aux experts santé de développer de nouveaux outils ou d’améliorer des pratiques.

    Parmi les fonctionnalités adressées par les premières offres santé :
    la dé-identification des données, avec un exemple précis d’usage sur les radios ou les examens ;
    le classement automatique d’informations ;
    la structuration de la donnée à partir d’un texte non structuré avec l’offre « Comprehend Medical » : un service de traitement de langage naturel qui facilite l’apprentissage automatique pour extraire les informations médicales pertinentes de textes non structurés. Amazon Comprehend Medical entend faciliter la collecte avec précision des informations, telles que l’état de santé, les médicaments, la posologie, l’intensité et la fréquence, à partir de sources variées telles que des notes de médecin, des rapports d’essais cliniques et des dossiers médicaux.

    AWS cloud a obtenu l’agrément « hébergeur de données de santé » en mars 2019 et développe son écosystème de partenaires avec des entreprises telles que Coreye, Euris ou Claranet. « La façon d’avancer sur un marché pour Amazon est de lancer des ballons en l’air et de regarder qui les rattrape. Sur la santé, nous en sommes au début de cette démarche », résume un collaborateur du département santé d’AWS. La fréquentation du corner healthcare d’AWS, notamment de start-ups, laisse présager que les développements sont prometteurs.

  • PHW 2019 : le salon HIT accueille les villages thématiques « start-ups » et « e-santé Grades »

    Dans le cadre de la Paris Healthcare Week, qui se tient du 21 au 23 mai 2019, 2 « villages » mettent à l’honneur les start-ups health tech ainsi que les stratégies de développement e-santé des Grades.

    • Une trentaine de start-ups sont attendues au village qui leur est dédié, dont Accord Sophro, Altruist, Avismedic.com, Cayceo, Colnec Health, Crisisoft, Data Galaxy, Doctoconsult, DrData, ECES Santé, Edop, Emotivi, Galéon, Gleamer, Healthy Mind, Hellocare, Idomed, Imito, Keeskee, Kernel Biomédical, Medadom, Meredith Santé, Methodim, Milvue, Pandalab, Posos, Zaggo, Sterixene, Captain Compta, Simango, Urgences Chrono, Familizz, Kaducée, RealityCare et Tuttis Soins Infirmiers. 

    • Le village « e-santé Grades » accueillera 9 régions : Bourgogne Franche-Comté, Bretagne, Guyane, Île-de-France, Normandie, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur , Pays de La Loire et Réunion-Mayotte.

    Village « e-santé Grades » : télémédecine, innovation et cybersécurité à l’honneur

    Les Groupements régionaux d’appui au développement de la e-santé (Grades) développent la e-santé dans leur région en accompagnant les organisations, les structures et les professionnels des secteurs sanitaire, médico-social et social dans leur transformation numérique. Avec le soutien des agences régionales de santé (ARS), ils mettent en œuvre le volet numérique des politiques publiques de santé en concertation avec les acteurs du système de santé dans les territoires.

    Des thématiques communes seront abordées par les différentes Grades présents, comme la télémédecine, l’innovation, la cybersécurité, le parcours et la coordination ainsi que l’urbanisation et le socle technique. Seront également présentées les spécificités de chaque régions dans le processus de développement de la e-santé. 

    Village « start-ups » : la e-santé mise en avant

    Le village « start-ups » est mis en place dans le cadre du salon HIT, sur un espace dédié de 165m2 dans le hall 7.2. 

    Toutes les start-ups présentes au sein de ce village ont moins de 3 ans : elles ont imaginé diverses solutions aux services des professionnels de santé ou des patients. Le numérique, l’analyse des données et l’IA sont la base de plusieurs produits et services conçus par ces jeunes sociétés.

    Voici un aperçu des start-ups qui sont attendues sur le salon HIT :

  • VivaTech2019 : Alibaba Cloud aide les sociétés health tech françaises à se lancer en Chine (Q. Liu)

    « La stratégie d’Alibaba Cloud en France s’articule autour de 3 axes, explique (Kévin) Qunkai Liu, directeur France de l’entreprise :
    • développer un écosystème local en nouant des partenariats avec des distributeurs, des revendeurs et des intégrateurs de logiciels ;
    aider les sociétés françaises, dont les start-ups, à se développer en Asie, et en particulier en Chine, parce que c’est notre marché de base ;
    • aider ces sociétés dans leur transformation digitale via l’expérience du groupe Alibaba en Chine, « qui est aujourd’hui un marché très innovant ».

    Dans le cadre d’un entretien accordé à Health& ech Intelligence au cours du salon VivaTech 2019, Qunkai Liu reconnaît que les entreprises qui souhaitent se développer à l’international doivent regarder du côté des États-Unis mais estime qu’elles doivent aussi regarder du côté Est, insistant sur le fait « qu’il ne faut pas négliger le potentiel et la taille du marché asiatique ». Il revient par ailleurs sur la participation d’Alibaba Cloud au développement de solutions basées sur l’IA dans le domaine de la santé et sur la stratégie « got to market » de l’entreprise, expliquant que son objectif est d’être intégrée dans l’écosystème. « Nous ne pouvons pas être champions dans tous les domaines, précise-t-il. En revanche, nous pensons que nous sommes bien positionnés dans la technologie des données. »

    « Il ne faut pas négliger le potentiel et la taille du marché asiatique »

    En quoi le marché chinois est intéressant pour les entreprises françaises, et notamment de santé, par rapport au marché américain par exemple ?

    Le marché chinois est intéressant de part sa taille. Il y a 1,386 milliard d’habitants (chiffres 2017) donc un nombre très important de consommateurs potentiels. La Chine est le premier consommateur au monde dans les domaines du luxe, du jeu, du manufacturing et de la santé.

    Une entreprise qui veut se développer à l’international doit bien sûr aller aux États-Unis mais il ne faut pas négliger le potentiel et la taille du marché asiatique.

    Alibaba Cloud propose un accompagnement sur le plan réglementaire

    Existe-t-il des aides particulières pour soutenir le développement d’entreprises étrangères en Chine ?

    En ce qui concerne les politiques gouvernementales sur le sujet, je peux difficilement vous répondre mais je sais qu’il existe des parcs de scientifiques technologiques qui facilitent l’implantation des sociétés tech européennes en Chine.

    Du côté d’Alibaba Cloud, nous aidons ces sociétés dans le déploiement de leur plateforme digitale mais nous les accompagnons aussi dans leur mise en conformité avec la réglementation qui encadre le marché chinois parce que, comme en France et en Europe avec le RGPD, il y a aussi en Chine des lois relatives à la sécurité des données.

    Que pensez-vous justement du RGPD ?

    Le RGPD n’est pas problématique de mon point de vue parce que c’est une norme industrielle. C’est même positif parce qu’il s’agit d’une norme transparente, qui définit les règles. Toutes les entreprises doivent donc les suivre. C’est bien.

    En Europe, vous êtes implanté à Londres (territoire UK et pays nordiques) et en Allemagne (Pays de l’Est et Europe centrale). Pourquoi avoir choisi de vous implanter aussi en France ?

    Tout d’abord, la France est un grand pays du retail, du luxe et de la fintech notamment, des domaines qui nous concernent.

    Le marché français est aussi intéressant en termes de business parce qu’il y a des milliers d’entreprises françaises qui se développent en Chine actuellement.

    Par ailleurs, il y a un lien amical entre les deux pays. La Chine n’a pas oublié que la France avait été le premier pays à reconnaître la République populaire Chine par le biais du général de Gaulle (janvier 1964).

    « Nous ne sommes pas directement fournisseur de solutions de santé mais nous permettons d’en développer »

    Quelle est précisément votre stratégie en terme de « go to market », et notamment dans le domaine de la santé ?

    Notre stratégie est de développer l’écosystème. Cet écosystème est verticalisé. Parmi celui-ci, nous avons des partenaires dans le domaine du retail et aussi dans celui de la santé. Notre préoccupation est de savoir comme rendre le plus robustes et le plus riches possibles nos capacités en termes de traitement de données pour que nos partenaires dans les métiers de la santé puissent en profiter et mettre en œuvre des solutions permettant d’améliorer l’offre de soins.

    Nous ne sommes pas directement fournisseur de solutions de santé mais nous permettons d’en développer.

    La santé est de plus en plus digitalisée. Au cœur de cette numérisation se trouve le traitement des données, l’idée étant de proposer un traitement à la fois plus performant mais aussi plus intelligent. C’est la même problématique quel que soit le secteur, santé, retail ou fintech.

    Notre stratégie en termes de « go to market » c’est d’être intégrés parce que nous pensons que nous ne pouvons pas être champions dans tous les domaines. En revanche, nous pensons que nous sommes bien positionnés dans la technologie des données.

    « ET Medical Brain » : Alibaba Cloud exploite l’IA pour le domaine de la santé

    Alibaba Cloud est spécialisé dans l’intelligence artificielle, et plus précisément le machine learning (apprentissage automatique). Quelle est précisément votre activité dans ces domaines en santé ?

    Nous sommes au tout au début de notre implantation en France (l’équipe française a été constituée en 2016 et compte actuellement une vingtaine de collaborateurs) et nous en sommes pour l’instant qu’au stade premier de notre développement dans le domaine de l’IA et des big data, d’autant plus qu’ici, une certification doit être obtenue pour pouvoir traiter les données de santé.

    En Chine, en revanche, nous avons participé au développement de plusieurs solutions. Nous utilisons l’IA dans la santé à travers un projet labellisé « ET Medical Brain ». Dans ce cadre, nous aidons par exemple les professionnels de santé à analyser des images médicales via des systèmes basés sur du machine learning dans l’optique de mieux identifier les nodules dans les poumons.

    Nous avons aussi dans notre infrastructure des solutions pour des sociétés spécialisées dans le domaine de l’analyse génétique. Il s’agit ici de traitement de masse (mass processing) de données. L’avantage d’Alibaba Cloud, c’est que nous disposons d’une plateforme robuste qui peut supporter cette analyse de big data.

    L’Assemblée nationale a voté le 8 avril en première lecture l’instauration d’une taxe sur les géants mondiaux du numérique. Cette taxe inquiète-t-elle un géant du numérique comme Alibaba ?

    Je ne suis pas habilité à vous répondre sur ce sujet en ce qui concerne le groupe Alibaba. Pour Alibaba Cloud, cela ne nous concerne pas. Nous sommes soumis à la loi française comme n’importe quelle entreprise locale.