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  • PHW 2019 : partenariat IA entre le CHU de Bordeaux et Deski pour l’analyse d’échographies

    Le CHU de Bordeaux et la start-up bordelaise Deski annoncent la signature d’un accord-cadre visant à faciliter le lancement de projets de recherche dans le domaine de l’intelligence artificielle « par des accès rapides, privilégiés et réguliers à la structure de recherche » du CHU. Le partenariat se concentrera dans un premier temps sur des outils d’aide à la démocratisation de l’échographie, précisent les deux signataires dans un communiqué daté du 14 mai 2019. 

    Deski a installé, au sein du CHU de Bordeaux, un serveur de calcul à hautes performances dédié à l’IA afin d’analyser des données anonymisées, conformément à la règlementation et aux exigences de la Cnil. Plus de 17 000 examens échographiques cardiaques sont réalisés et analysés chaque année par les cardiologues du CHU. C’est à partir de ces données que Deski entraîne ses algorithmes de deep learning (apprentissage profond) pour reproduire les analyses d’experts et les rendre accessibles à une plus large communauté médicale. 

    Le projet prévoit tout d’abord de développer des outils d’aide à l’analyse cardiaque, en lien avec le service de cardiologie et de valvulopathie du CHU de Bordeaux dirigé par le Pr Stéphane Lafitte (unité 1034 Inserm), avant d’être étendu à la gynécologie, à la gastro-entérologie et à l’urologie.

    Le CHU et Deski organisent un point sur leur alliance le 22 mai à 10 heures à l’occasion de la Paris Healthcare Week (stand CHU de Bordeaux/Région Nouvelle-Aquitaine – Hall 7 Stand G61).

    Objectif de Deski : simplifier l’usage de l’échographie par des médecins non-experts

    La société Deski, qui combine expertise en imagerie médicale et maîtrise d’algorithmes d’intelligence artificielle, a développé des solutions fondées sur l’intelligence artificielle pour simplifier l’usage de l’échographie par des médecins non-experts. Elle prévoit que « le stéthoscope du médecin de demain sera une sonde échographique » et souligne que l’examen d’échographie « requiert une forte et longue expérience pour son acquisition et son analyse », ce qui demeure «un obstacle à [sa] démocratisation ».

    Un impact important dans les pays en voie de développement

    La société s’engage en faveur de la diffusion de l’échographie, qui devrait selon elle avoir un impact « fort pour les pays développés[,]  où l’on connaît le problème des déserts médicaux, [et] encore plus important dans les pays en voie de développement, où les systèmes de santé et d’imagerie médicale ne sont pas encore établis ».

    « Ce partenariat est une véritable opportunité pour Deski : avoir accès à une large base de données expertisée et au support de médecins spécialistes reconnus sont des conditions optimales pour le développement de nos solutions », déclare  le cofondateur de la société, Bertrand Moal, docteur en biomécanique et interne de médecine au CHU de Bordeaux. 

    « L’analyse des données, réalisée en interne, par des professionnels du CHU ayant des doubles compétences médicales et du monde des sciences de l’ingénieur, permet aux patients d’être mieux suivis, aux étudiants et aux professionnels d’être mieux formés », explique de son côté Philippe Vigouroux, directeur général du CHU de Bordeaux.

  • Owkin clôture sa levée de fonds de série A avec plus de 15 millions de dollars (13 M€) récoltés

    Owkin clôture sa levée de fonds de série A en réalisant un tour de table de plus de 15 millions de dollars américains (environ 13,4 M€), mené notamment par l’investisseur F-Prime Capital.

    Grâce à cette nouvelle collecte, annoncée à la mi-mai 2019, la start-up française spécialisée dans le machine learning (apprentissage automatique) appliqué à la recherche médicale se consolide pour faire avancer la médecine à l’aide du big data et de l’intelligence artificielle (IA).

    Cette levée de série A, réalisée en 3 temps, a commencée en janvier 2018 auprès de Otium Venture, Cathay Innovation, NJF Capital et Plug and Play. Quelques mois plus tard, en mai 2018, GV d’Alphabet a décidé d’injecter 5 millions de dollars (27,7 M€) dans la start-up.
    En un peu plus d’1 an, Owkin a récolté une somme totale de 31 millions de dollars (4,5 M€).

    L’utilisation du machine learning pour analyser l’imagerie médicale 

    Fondé en 2016 par Gilles Wainrib et Thomas Clozel, Owkin fait appel à des technologies de machine learning afin d’analyser des bibliothèques d’imagerie médicale, des ensembles de données cliniques ainsi que des data moléculaires pour découvrir des modèles de biomarqueurs complexes provoquant des maladies.

    Elle utilise le « transfert learning », un système qui permet de transférer l’intelligence d’un modèle prédictif à un autre, favorisant l’essor d’une intelligence artificielle collective. En transformant les données des patients en modèles prédictifs, le but de la société est d’améliorer la prise en charge thérapeutique des patients ainsi que d’accélérer la découverte et le développement de nouveaux médicaments. 

  • PHW 2019 : la e-santé au cœur d’un grand atelier et de 4 agoras (Cyrille Politi, FHF)

    « Dans le domaine de la e-santé, il y a aura notamment un grand atelier de l’innovation sur les enjeux du numérique et 4 agoras : une première sur l’IA, une deuxième sur le RGPD, une troisième sur l’évolution de la charte des bonnes pratiques BP6 face au développement du numérique et une autre dédiée à la télémédecine« , résume à propos de la Paris Healthcare Week* (PHW) Cyrille Politi, conseiller en transition numérique à la Fédération hospitalière de France (FHF), à quelques jours de l’événement, qui se tiendra du 21 au 23 mai à Paris.

    Atelier de l’innovation : « Enjeux du numérique : 2h pour comprendre et décider » – 22 mai, 9h30-11h30
    « Cet atelier fait partie des grands événements du salon, commente Cyrille Politi. L’idée est de laisser parler les intervenant pour que chacun puisse exposer un regard critique et permettre aux auditeurs de se faire leur propre idée sur le sujet ».
    Parmi les intervenants : Dominique Pon, responsable stratégique et/ou Laura Létourneau, déléguée opérationnelle, ainsi que Stéphanie Combes, préfiguratrice du Health Data Hub (HDD) à la Drees. Quand on l’interroge sur le concept d’État-plateforme, au centre de la feuille de route du numérique en santé, Cyrille Politi répond que le message à retenir pour les acteurs est qu’ »il faut se lancer ». « Je soutiens et encourage totalement l’initiative, et même si le projet de « store » n’aboutit pas, ce n’est pas grave, cela aura permis d’avancer, notamment sur le sujet de l’interopérabilité. »

    • Il cite également une « deuxième grande conférence » sur la e-santé, axée sur « le numérique au service du Grand Âge » : 23 mai 2019, 9h30-11h30.

    4 agoras :
    – « RGPD : Un code de conduite pour les établissements sanitaires et médico-sociaux » : 22 mai, 13h-14h
    Il s’agit d’un « autre temps fort » du salon, souligne Cyrille Politi, précisant que Marie-Laure Denis, présidente de la Cnil, et Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF, feront partie des intervenants.
    – « L’intelligence Artificielle n’est plus un mythe. Comment se lancer ? » : 21 mai, 15h-16h
    – « Chartes de bonnes pratiques : de BP6 à BP7 clients et fournisseurs affinent leurs relations » : 22 mai, 17h15-18h
    – « La télémédecine et l’hôpital, pour qui ? pour quoi ? pour quand ? » : 23 mai, 12h15-13h

    1 atelier de l’innovation

    Mercredi 22 mai 2019 – 9h30-11h30 : « Enjeux du numérique : 2h pour comprendre et décider »

    • Lieu : salle S03, hall 7.3 (rentrer par le hall 7.2)

    Modérateur : Cyrille Politi, conseiller en transition numérique à la FHF

    Résumé : faire le point des grands chantiers SI et numérique nationaux dans une vision prospective pour l’usager du système de santé et les impacts pour les structures et leurs organisations.

    Déroulé et principaux points développés par les intervenants :

    • La stratégie de transformation numérique en santé et l’espace numérique en santé
      • Dominique Pon, responsable stratégique et/ou Laura Létourneau, déléguée opérationnelle
    • Programmes Hop’en et e-parcours (objectifs, pilotage, financements)
      • Marie-Anne Jacquet, sous-directrice DGOS
    • Créer, protéger, valoriser la donnée de santé
      • Stéphanie Combes, préfiguratrice du Health Data Hub à la Drees
    • Le DMP et l’hôpital
      • Yvon Merlière, directeur du projet DMP à la Cnam
    • L’application du RGPD dans l’hôpital, un défi et une chance
      • Thomas Dautieu, directeur de la conformité à la Cnil
    • Grand témoin : les enjeux de l’expérience patient à travers les Prems et les Proms
      • Alain-Michel Ceretti, président de France Assos Santé

    Plus de 600 inscrits à date.

    Mots-clés : actualité numérique, système d’information, projets, financements, orientations stratégiques, pilotage.

    Conférence « Le numérique au service du Grand Âge »

    Jeudi 23 mai 2019 – 9h30-11h30 : « Risque de déshumanisation ou accompagnement au mieux vivre ? »

    • Lieu : salle S03, hall 7.3

    Modérateur : Luc Broussy, président France Silver Eco

    • Réflexion introductive, l’Homme, le robot, le grand âge, un trio conciliable ?
      • Serge Tisseron, psychiatre, docteur en psychologie HDR, spécialiste des interrelations entre l’homme et ses artefacts, membre de l’Académie des technologies.
    • Gérontechnologies, environnements intégrés, usages et opportunités
      • Pr Cédric Annweiler, Living lab gériatrique du CHU d’Angers
    • Robots sociaux, une étude-recherche pour objectiver les impacts
      • Isabelle Dufour, déléguée générale, gérontopôle d’Île-de-France
    • Living lab, patient cobaye et enjeux éthiques ? Les questions du facteur humains dans l’évaluation des technologies
      • Sylvia Pelayo, responsable e-santé et usages, CHRU de Lille

    Conférence pilotée par le Comité scientifique de la FHF.

    4 agoras dédiées à la e-santé

    Mardi 21 mai 2019 – 15h-16h : « L’intelligence Artificielle n’est plus un mythe. Comment se lancer ? »

    • Lieu : agora FHF, stand FHF, hall 7.2

    Modératrice : Dr Salima Benhamou – France Stratégies

    Résumé : Après le remise du rapport Villani et de celui de France Stratégies, le président de la République a annoncé un grand plan IA français avec comme priorités le véhicule autonome et la santé. Les lancements notamment, de la « plateforme de données de santé » (Health Data Hub), des instituts 3IA, des appels à manifestation d’intérêt…, doivent permettre le développement de l’IA dans la santé.

    Intervenants :

    • Retour d’expériences d’IA dans des établissements pionniers
      • Dr Emmanuelle Séjourné, radiologue
    • Chercheurs, utilisateurs, industriels, quelles synergies ? Regards croisés
      • Professeur Zyed Zalila, professeur à l’université de technologie de Compiègne
      • Docteur Frédéric Martineau, radiologue GHT de la Côte basque
      • Docteur Icham Sefion, Syntec Numérique
    • Appel à Manifestation d’Intérêts : une opportunité pour se lancer
      • Madame Sandrine Degos, Care Insight

    Mots-clés : intelligence artificielle, financement, pilotage projet, start-up, recherche, institut 3IA, médecine 3P.

    Mercredi 22 mai 2019 – 13h-14h : « RGPD : Un code de conduite pour les établissements sanitaires et médico-sociaux »

    • Lieu : agora FHF, stand FHF, hall 7.2

    Modérateur : Cyrille Politi, conseiller en transition numérique à la FHF

    Résumé : La mise en œuvre du RGPD dans est une obligation dans les établissements sanitaires et médicaux-sociaux. Il est essentiel que les établissements puissent se mettre en conformité de façon sécurisée et facilitée. C’est pourquoi la Cnil et la FHF ont décidé de travailler en étroite collaboration au travers du comité DPO fédéral.

    Intervenants :

    • Les enjeux de la coopération Cnil / FHF et ses premières réalisations :
      • modérateur : Benoit Louvet, fondateur de Mon DPO Santé 
      • Marie-Laure Denis, présidente de la Cnil
      • Zaynab Riet, déléguée générale FHF
    • Le code de conduite « information des usagers », les outils d’échanges et partage avec les DPO :
      • Thomas Dautieu, directeur de la conformité Cnil
      • Ingrid Nkouenjin, cheffe de service outils de conformité Cnil
      • Dr Moufid Hajjar, information médicale et DPO CHU Bordeaux
      • Armande François, DPO AP-HP
      • Guillaume Deraedt, DPO GHT Lille
      • Bélaïd Ait-Hamouda, DPO GHU Paris
      • Yohann Fourchon, DPO Côtes-d’Armor
      • Fabien Viry, RSI de la FHF
    • Prospective : la mise en conformité, et après ?
      • Me Laurent Houdart, cabinet Houdart et associés

    Mots-clés : RGPD, Cnil, code de conduite, droit patient, information patient, usager, médico-social.

    Mercredi 22 mai 2019 – 17h15-18h : « Chartes de bonnes pratiques : de BP6 à BP7 clients et fournisseurs affinent leurs relations »

    • Lieu : agora HIT – IT

    Modératrice : Maître Géraldine Salord, avocate au sein du cabinet Metalaw

    Résumé : Les fédérations d’établissements hospitaliers et médico-sociaux ainsi que les associations et fédérations de représentatives des industriels ont co-signé la charte de bonnes pratiques BP6. Quelques années plus tard, les technologies, le virage numérique, les attentes des usagers, la réglementation, l’écosystème… ont évolué. De ce fait, les bonnes pratiques aussi évoluent, et l’ensemble des parties prenantes à la charte BP6 a souhaité élargir le champ de cet engagement conjoint, dans la continuité des travaux réalisés.

    Intervenants :

    • Cyrille Politi, FHF
    • Jean-François Goglin, Fehap
    • Guilherme Pontes, FHP
    • Charlotte Hammel, Asinhpa
    • Isabelle Zablit, Syntec Numérique
    • Aissa Khelifa, Lesiss

    Mots-clés : relations établissements fournisseurs, charte de bonne pratique, RGPD, pilotage numérique, qualité système d’information, stratégie SI.

    Jeudi 23 mai 2019 – 12h15-13h : « La télémédecine et l’hôpital, pour qui ? pour quoi ? pour quand ? »

    • Lieu : agora HIT – e-santé

    Modérateur : Eric Guyader, directeur du CH de Beauvais et administrateur GCS e-Santé Picardie

    Résumé : la télémédecine est entrée dans le droit commun. Plus qu’un outil technologique, la télémédecine permet l’exercice de la médecine (et bientôt du soin) dans des processus organisationnels différents.

    Intervenants :

    • Myriam Burdin, chef de bureau PF3 – DGOS
    • Dr Julien Carricaburu, Cnam
    • Dr Nathalie Salles, présidente de la SFTélémed-Antel

    Mots-clés : télémédecine, organisation médicale et soignante, territoires, déserts médicaux, financement.

  • Étude : l’IA pourrait prédire décès et crises cardiaques avec une précision de 90 % (congrès)

    Des chercheurs finlandais ont développé des algorithmes qui se sont révélés capables de prédire les risques de décès et de crise cardiaque avec une précision de plus de 90 %. Quelque 85 variables issus de 950 patients suivis pendant 6 ans ont été compilées et le système d’intelligence artificielle (IA) a ainsi été capable d’établir des corrélations plus fiables que les scores de risque habituels. Les résultats de cette étude* ont été présentés le 12 mai 2019 lors de la Conférence internationale sur la cardiologie nucléaire, qui se tenait à Lisbonne du 12 au 14 mai.

    La prédiction des risques individuels à l’heure de l’intelligence artificielle

    Évaluer le risque d’une complication, d’une maladie, voire d’un décès est un genre d’exercice auquel sont habitués les médecins. Ils utilisent tous des scores de risque pour les aider à prendre des décisions de traitement. Cependant, ces scores ne sont basés que sur une poignée de variables et ont souvent une précision modeste chez chaque patient. Pourtant, plus le nombre de variables augmente, plus la précision s’affine.

    C’est pourquoi l’intelligence artificielle (IA) ouvre des horizons en matière de prédiction des risques individuels. Une équipe de chercheurs finlandais du centre Turku Pet, un institut national finlandais de recherche sur l’utilisation des isotopes émetteurs de positons à courte durée de vie dans le domaine de la recherche médicale, vient de le démontrer. Ils ont mis au point des algorithmes d’apprentissage automatique sur un jeu de données de près de 1 000 patients.

    85 variables pour construire un algorithme

    Un scanner d’angiographie coronarienne par tomographie assistée par ordinateur a fourni 58 données de données sur la présence de plaque coronaire, le rétrécissement des vaisseaux et leur calcification. Les personnes dont le scanner évoquait une maladie étaient soumises à une tomographie par émission de positrons (TEP), qui produisait 17 variables sur le débit sanguin.

    10 variables cliniques ont par ailleurs été obtenues à partir des dossiers médicaux, y compris des informations sur le sexe, l’âge, le tabagisme et le diabète.

    Ces data incluaient donc des douzaines de variables que l’ordinateur devait digérer afin d’établir des corrélations entre les cas de décès et de crise cardiaque. Au total, l’algorithme, nommé « Logibost », a pris en compte 85 variables.

    Les résultats de ces travaux ont été présentés le 12 mai 2019 lors de la Conférence internationale sur la cardiologie nucléaire, qui se tenait à Lisbonne du 12 au 14 mai.

    Résultats : une prédiction des risques de décès et de crise cardiaque très précise

    L’algorithme a « appris » comment les données d’imagerie interagissaient. Il a ensuite identifié des profils corrélant les variables à la mort et à la crise cardiaque avec une précision de plus de 90 %. En fait, les performances prédictives ont augmenté de manière significative lorsque les données de scanner d’angiographie coronarienne par tomographie assistée par ordinateur ont été ajoutées aux données cliniques et aux données du PET, atteignant ainsi une précision de plus de 90 %.

    Pendant les 6 ans de suivi, 24 crises cardiaques et 49 décès avaient été enregistrés dans cette population.

    « Ces progrès vont bien au-delà de ce qui a été fait en médecine, où nous devons être prudents quant à la manière dont nous pouvons évaluer les risques et les résultats. Nous avons les données mais nous ne les utilisons pas encore pleinement », a déclaré le Dr Luis Eduardo Juarez-Orozco, du Centre PET de Turku, auteur de l’étude.

    Grâce à la répétition et à l’ajustement, l’apprentissage automatique peut exploiter de grandes quantités de données et identifier des modèles complexes qui peuvent ne pas être évidents pour l’Homme. Les scores de risque traditionnels ne sont basés que sur une poignée de variables et ont souvent une précision modeste chez chaque patient.

    L’IA permet de penser en 5 dimensions

    « Les humains ont beaucoup de difficulté à penser en plus de trois ou quatre dimensions. Au moment où nous sautons dans la cinquième dimension, nous sommes perdus, comment le principal auteur de ces travaux. Notre étude montre que les modèles à très haute dimension sont plus utiles que les modèles à une seule dimension pour prédire les résultats chez les individus et que, pour cela, nous avons besoin d’un apprentissage automatique.

    Les chercheurs en concluent qu’une telle approche via l’intelligence artificielle devrait leur permettre d’affiner les traitements personnalisés et finalement d’aboutir à de meilleurs résultats pour chaque patient.

  • Stratégie e-santé de la Lituanie et de la Slovénie (MAJ 2019)

    Stratégie e-santé de la Lituanie

    La Lituanie a profondément réorganisé son système de santé depuis qu’elle a retrouvé son indépendance : exclusivement public, centralisé et centré sur les hôpitaux au début des années 90, l’écosystème de santé a évolué de par des réformes de diversification, le développement des soins primaires, la restructuration du système hospitalier ainsi que la modernisation du système de rémunération et de la règlementation. 

    Avec sa Stratégie de santé 2014-2025, la Lituanie œuvre notamment pour assurer l’efficacité et la haute qualité des soins sur son territoire. Le développement de la e-santé s’inscrit dans cette feuille de route :
    • pour les professionnels : permettre l’accès efficace à l’information ;
    • pour les patients : permettre l’utilisation de services et de solutions de santé électroniques ;
    • pour la gestion du système de santé : faciliter la prise de décision de politiques de santé.

    Le Programme de développement du système de e-santé 2015-2025 assure la cohérence de la politique e-santé et une mise en route opérationnelle fluide. La Lituanie y met en avant son ESPBI IS, système d’information national pour services électroniques et infrastructure de coopération. Lancé en 2015 pour patients et professionnels, il comprend notamment un dossier médical électronique (EHR). Accessibles depuis un portail web, les patients peuvent y consulter résultats de laboratoires, certificats, “passeport santé”, vaccinations, données clés, e-prescriptions… La Lituanie s’appuie également sur l’interopérabilité sémantique de par la structuration et l’harmonisation des formats de documents.

    Stratégie e-santé de la Slovénie

    Sous l’autorité de l’Institut national de santé publique, la Slovénie met actuellement en place une vingtaine de services clés à sa stratégie e-santé, dont :
    • la e-prescription (mis en place en 2016) : concerne 92 % des prescriptions (août 2018) ;
    • le e-adressage et la prise de rendez-vous (mis en place en 2017) : 96 % de l’adressage se fait électriquement, plus de 450 000 prises de rendez-vous en ligne par mois (août 2018) ;
    • le registre centralisé du patient (mis en place en 2017) : plus de 15,6 millions de documents stockés pour près de 1,5 millions de patients (août 2018) ;
    • le portail patient qui regroupe l’ensemble de ses informations : près de 20 400 utilisateurs (août 2018) ;
    • le registre électronique des personnes vaccinées : plus de 570 000 dossiers (août 2018) ;
    • le réseau privé de télécommunication e-santé ;
    • l’interopérabilité socle ;
    • le e-triage ;
    • la téléAVC et la téléradiologie.

    Ces services s’appuient sur le numéro d’identification unique du patient, qui se trouve sur sa carte d’assurance maladie.

    La Slovénie avait défini une feuille de route e-santé pour 2005-2015. Ce projet national avait pour but :
    • de mettre en place un système d’information unifié ;
    • de lancer une unité centralisée pour le développement de la e-santé ;
    • de travailler sur la modernisation et la re-conception de processus et de services.

  • L’OMS lance un appel pour rejoindre son futur groupe technique multidisciplinaire sur la e-santé

    L’OMS travaille actuellement sur la mise en place d’un groupe technique multidisciplinaire mondial « pour délivrer des conseils sur les questions liées à la santé numérique ». Dans ce cadre, l’organisation est en train d’établir une liste d’experts dans divers domaines liés à la e-santé, comme les approches stratégiques et les structures de gouvernance pour la réglementation et l’adoption des solutions et produits de santé numérique.  

    « Certains de ces experts seront sélectionnés pour faire partie d’un groupe consultatif technique et d’autres pourront être appelés à intégrer des sous-groupes spécifiques », précise l’OMS dans un communiqué publié le 10 mai 2019.

    Les membres de ce nouveau groupe auront une compréhension et une expérience dans les domaines suivants : santé numérique, programmes et politiques de santé numérique à l’échelle nationale ou à grande échelle, intelligence artificielle et santé, réalité virtuelle et augmentée dans les soins de santé, innovation biomédicale, chirurgie robotique, technologies à porter, santé et bien-être, traçabilité (exemple : blockchain) et santé, éthique, gouvernance et sécurité dans l’écosystème de la santé / économie de la santé / droit de la santé axés sur la santé numérique.

    Les dépôts des candidatures sont ouverts et accessibles via ce lien (deadline : 02/06/2019).

    La liste des membres du futur groupe sera publiée une fois que l’OMS « aura reçu les réponses et évalué les conflits d’intérêts », précise-t-elle.

    Contexte : un appui au nouveau département « santé numérique » de l’OMS

    La création de ce groupe technique multidisciplinaire mondial vient appuyer les travaux du nouveau département « santé numérique » de l’OMS, qui cherchera à « exploiter la puissance des technologies numériques pour la santé et [à] orienter les développements dans ce domaine afin de contribuer à la réalisation des objectifs du triple milliard du Programme général de travail (GPW13) et de l’Objectif de développement durable 3 (permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge) pour que chacun accède au niveau de santé le plus élevé », explique l’organisation (communiqué).

    La résolution WHA/71 A71 de l’Assemblée mondiale de la Santé sur la santé numérique pose les bases de ce travail.

  • DGCCRF

    Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

  • IA en santé : les Français se disent craintifs et mal informés mais pas totalement réticents (Nuance)

    À une semaine de la Paris Healthcare Week, Nuance annonce les résultats de son enquête intitulée « l’IA en santé : entre craintes et espoirs ». Selon ce sondage, les Français sont craintifs face à l’intelligence artificielle appliquée à la santé. 87,5% des personnes interrogées ne s’estiment pas suffisamment informés sur l’IA et redoutent ses impacts. De plus, ils ne sont que 6 % à la juger très fiable.

    Ces résultats, publiés le 13 mai 2019, s’expliquent en partie par le fait que l’intelligence artificielle reste la plupart du temps invisible pour les usagers car embarquée dans des applications comme les systèmes de reconnaissance vocale, analyse Nuance. Cependant, les Français ne se disent pas totalement réticents à confier à l’IA certaines étapes de la prise en charge, comme la prise de rendez-vous en ligne (41 % la citent), l’accueil des patients et la création des dossiers (31 %) ainsi que l’aide au diagnostic (30 %).

    Les craintes face à l’intelligence artificielle en santé

    Selon l’enquête menée par Nuance, les Français semblent préoccupés par les enjeux relatifs à la sécurité des données de santé :

    • seuls 13 % des sondés feraient confiance à l’intelligence artificielle (IA), et ce uniquement s’ils avaient la certitude que leurs données personnelles étaient en sécurité ;
    • un quart serait prêt à faire confiance à l’IA pour une aide aux médecins.

    Par ailleurs, pour 18 % des personnes interrogées, elle risque d’éloigner les médecins des patients et moins de 4 % des sondés pensent que l’IA pourra redonner du pouvoir aux patients.

    Des technologies invisibles pour les usagers

    90 % des répondants s’estiment peu, voire pas informés du tout sur le sujet. Seuls 13 % des répondants disent avoir vu leurs médecins utiliser des technologies d’IA ou des applications sur smartphones ou tablettes. Une réforme des études de médecine sur les deux premiers cycles a notamment pour objectif d’enseigner le numérique aux médecins en formation, ce qui devrait favoriser le développement des usages.

    La reconnaissance vocale basée sur l’intelligence artificielle, qui est à la base des solutions de Nuance, n’est citée comme technologie numérique utilisée par les médecins que par 5 % des répondants. Des chiffres qui s’expliquent en partie, selon Nuance, par le fait que l’IA reste invisible pour les usagers car embarquée dans de nombreuses applications numériques. « Un algorithme n’a pas vocation à être visible », explique la société dans son communiqué.

    Un outil d’aide à certaines étapes du parcours

    Les Français ne semblent pour autant pas totalement fermés à l’usage de ces technologies dans certaines étapes de la prise en charge. La prise de rendez-vous en ligne est la plus citée (41 %). Un tiers des répondants indiquent avoir vu leur médecin utiliser une application de prise de rendez-vous en ligne.

    Pour 31 % des personnes interrogées, l’IA peut également être un atout pour aider les médecins à établir des diagnostics et 16 % estiment qu’elle peut être un facteur d’amélioration de la prise en charge. Enfin, pour 30 % des sondés, une intelligence artificielle pourrait être en mesure de se charger de l’accueil des patients et de la création des dossiers médicaux.

  • HIMSS 2020 : lancement de l’appel à speakers (deadline : 15/07/2019)

    Un appel à speakers international est lancé par HIMMS dans le cadre de son prochain congrès, qui se tiendra du 9 au 13 mars 2020 à Orlando, aux États-Unis.

    Les intéressés ont jusqu’au jusqu’au 15 juillet 2019 pour postuler via le site officiel de l’organisation américaine. Le programme complet de l’événement sera dévoilé au cours de l’année.

    Pour postuler, les candidats doivent axer leur proposition sur l’une des thématiques identifiées par HIMSS :

    • Applied Artificial Intelligence and Machine Learning

    • Biomedical Informatics or Healthcare Informatics

    • Consumerization and Patient Experience

    • Cybersecurity, Privacy, or Security

    • Data and Analytics

    • Health Information Exchange or Interoperability

    • Healthcare Applications and Technologies

    • Innovation, Entrepreneurship, or Venture Investment

    • Leadership, Governance, or Strategy

    • Organizational Change Management

    • Personalized Health and Genomics

    • Population Health or Public Health

    • Professional Development or Workforce Development

    • Quality Improvement Model Practices

    • Telehealth

    • User Experience (UX), Usability, or User-Centered Design

    • Value-Based Care Models

  • Hopsyweb/FSPRT : mobilisation du Cnom et du monde de la psychiatrie contre le décret

    Le Conseil national de l’Ordre des médecins annonce qu’il a « décidé d’examiner les voies juridiques d’un recours au Conseil d’État » contre le décret paru le 7 mai 2019 « autorisant les traitements de données à caractère personnel relatifs au suivi des personnes en soins psychiatriques sans consentement ». La décision sera annoncée le vendredi 17 mai par le Cnom.

    « Garant des principes fondamentaux de l’exercice professionnel », l’Ordre « tient à réaffirmer la nécessité de préserver le caractère absolu du secret médical (…), condition sine qua non de la relation de confiance entre un patient et son médecin », précise-t-il dans un communiqué publié le 10 mai. « Conscient des enjeux liés à la prévention de la radicalisation », il relève que la législation permet des exceptions au secret professionnel « en cas de danger imminent » et préconise une stricte application des textes législatifs en vigueur. 

    23 institutions, associations de psychiatres et de psychologues, usagers et proches* dénoncent dans un communiqué commun daté du 11 mai la publication du décret comme « une étape supplémentaire inacceptable et scandaleuse » du « fichage [des] personnes les plus vulnérables touchées par la maladie mentale », et demande « l’abrogation pure et simple » de ce texte.

    Selon eux, le décret participe d’« un amalgame indigne entre le champ sanitaire et celui de prévention de la radicalisation[,] foulant aux pieds des années de lutte contre la stigmatisation des patients présentant des troubles psychiques ». Les signataires dénoncent la mise en concordance d’informations issues des 2 fichiers « à l’insu de la personne concernée » et établissent un parallèle avec le « fichage » dans le système SI-VIC de patients admis en urgence lors de récents mouvements sociaux, signe selon eux d’une « dérive sécuritaire ».

    Le Syndicat des psychiatres des hôpitaux dénonce une « méconnaissance de la réalité des patients psychiatriques »

    Dans un entretien publié sur le site internet de la chaîne Arte, Marc Bétrémieux, président du Syndicat des psychiatres des hôpitaux, dénonce « une sorte de détournement » et une « méconnaissance de la réalité des patients psychiatriques ». Il voit ce décret comme « une attaque assez grave envers le professionnalisme » des équipes en psychiatrie, consistant à penser que les médecins seraient « complètement inconscients [et] n’auraient pas la capacité de discerner les situations de dangerosité [,alors] que c’est le quotidien dans lequel nous vivons ».

    Selon lui, en outre, « on garde des informations trois ans pour avoir des données statistiques mais il n’y a pas de relation entre l’hospitalisation et la période pendant laquelle on garde les fichiers », ce qui pose « beaucoup de questions ». Il estime par ailleurs que « l’ensemble des travaux qui ont été faits sur la radicalisation ne montrent pas cette corrélation » entre maladie mentale et terrorisme.

    « Quelles preuves scientifiques autoriseraient une confusion de ce genre ? », demande en écho l’association Geps (Groupement d’études et de prévention du suicide) sur Twitter, soulignant que les soins sans consentement (SSC) « sont déjà tous contrôlés par un juge ».

    « Il n’est pas acceptable que l’amalgame [entre] patient en souffrance mentale et individu dangereux soit à la base de textes réglementaires »

    Le Syndicat des jeunes médecins généralistes abonde dans ce sens dans un communiqué daté du 9 mai 2019 : « Même si les deux notions peuvent, de façon marginale, se recouper, il n’est pas acceptable que l’amalgame [entre] patient en souffrance mentale et individu dangereux soit à la base de textes réglementaires promus par le ministère en charge de la Santé, qui plus est au moment où la ministre concernée entend mettre en place un plan de sauvetage de la santé mentale en France ».

    Le délégué ministériel  à la santé mentale, interpellé par la Fédération française de psychiatrie

    La Fédération française de psychiatrie, qui « réprouve avec la plus grande fermeté » dans un communiqué publié le 11 mai 2019 le décret daté du 6 mai, interpelle Frank Bellivier, le nouveau délégué ministériel  à la santé mentale et à la psychiatrie, afin de connaître son positionnement sur le sujet, soulignant la nécessité de « déstigmatiser [la psychiatrie et] toutes les personnes qui y ont recours ».

    Rappel :

    • FSPRT : Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste
    • Hopsyweb : fichier portant sur les admissions en soins psychiatriques sans consentement