H&TIntelligence présente chaque jour à l’occasion de la Paris HealthCareWeek, qui se déroule du 21 au 23 mai 2019 à Paris, 3 sessions sur l’IA et publie chaque jour un état des lieux de l’IA en santé. Jour 3 : Les start-ups IA.
Découvrez la présentation : IA en santé : un nouvel eldorado pour les start-ups ?
Qui sont les start-ups IA Santé ?
La définition retenue pour cette analyse a ciblé les start-ups qui réalisent des activités utilisant l’IA.
74 start-ups dédiées à l’IA ont été référencées à partir de la base de données Health & Tech Intelligence, celle établie par la BPI, et les informations publiées par la presse spécialisée.
Des start-ups jeunes, souvent basées en Ile de France :
Sur les 74 start-ups référencées, la plupart ont été créées entre 2013 et 2019. A l’image de la recherche et de l’innovation en France, plus de la moitié (55 %) de ces acteurs s’est implantée en Île-de-France (41) contre seulement 5 en Région Sud, 6 en Occitanie et une répartition éparse pour le reste. La répartition hétérogène constatée est notamment corrélée à un réseau de partenaires encore mal réparti à travers l’hexagone (environ 50 % des acteurs de l’innovation, publics et privés, sont situés en Ile de France).
Des thématiques porteuses : la recherche, le diagnostic et l’imagerie, l’aide au codage.
La recherche pharmaceutique et le diagnostic, surtout par imagerie (la radiologie) sont fortement représentés, avec des solutions portées par l’IA relativement abouties dans ces domaines : mesure de l’efficacité d’une molécule, qualification de « patterns » pour essais clinique, prédiction de résultats pathologiques, interactions médicamenteuses, prédiction d’efficacité d’une molécule dans le cas de la pharmacie ; ou aide au diagnostic, priorisation d’examens, détection de biomarqueurs, aide au placement du patient, adaptation des doses à titre d’exemple en imagerie.
Les solutions adressent plus spécifiquement certaines spécialités cliniques, avec en particulier la cardiologie, la cancérologie, la biologie, l’ophtalmologie, la diabétologie, les maladies chroniques et l’aide aux handicaps.
Quatre grandes catégories d’objectifs sont portées par ces solutions :
- L’amélioration de l’expérience patient : 36 % des solutions
- L’amélioration de l’efficience thérapeutique : 34 %
- Des solutions d’aide à la recherche : 16 %
- Des solutions d’aide à la performance hospitalière : 13%. Dans cette catégorie se trouvent les outils d’aide au codage, une des applications les plus déployées tant en établissement public que privé, pour d’une part alléger la charge de codage des professionnels de santé, et d’autre part optimiser les ressources hospitalières. Les résultats obtenus sont actuellement mitigés.
Le financement : des acteurs publics et privés
Le financement représente un facteur clé et une préoccupation majeure pour la réussite de ces jeunes entreprises. Un réseau de partenaires économiques s’est constitué pour répondre à cette attente. La BPI propose des solutions de l’amorçage du projet, aux différents tours de table. 42 millions d’€ ont été dédiés par la banque publique à la thématique. Différents outils de financement ont été mis en place dans le cadre de la stratégie « AI for humanity » dont les challenges IA que Care Insight accompagne pour le domaine de la santé.
Un écosystème de fonds privés spécialisés dans les innovations numériques de la santé (Kurma Partners, iBionext Grouth Fund, Kima Ventures…) a investi plus de 142 M€ (chiffres concernant les 74 acteurs étudiés).
Arnaud Rosier, CEO d’Implicity, créateur d’une solution capable d’analyser les informations issues de prothèses cardiaques connectées, explique que « de grands financeurs sont prêts à prendre des risques dès lors qu’ils croient en la solution, sans chercher à entrer dans le détail des projets. « Pour les business angels privés, la thématique en est encore à ses débuts. Armelle Graciet, associée et membre du conseil d’administration d’Angels Santé précise que « la difficulté à comprendre le positionnement futur de ces solutions dans les prises en charge des patients, ainsi que la fréquente absence de modèles de financement a pour conséquence une réserve au niveau du financement » de la part de ces investisseurs privés.
Marquage CE et financements
L’obtention du marquage CE en Europe (ou « FDA approval » aux US) est un enjeu majeur pour ces start-ups. Le process est complexe et pas toujours bien défini pour l’IA. L’obtention de ces marquages rassure certains investisseurs et libère les investissements : à titre d’exemple Diabeloop, Cardiologs et BioSerenity ont chacune effectué des augmentations de capital de 13,5 M€, 5,3 M€ et 15 M€ suite à ces certifications essentielles à leur accès au marché.
L’« IA est devenue un outil transversal, qui s’intègre dans une multitude de thématiques et de technologies. C’est un levier de financement pour les start-ups, il est donc souvent revendiqué » précise Livia Aouizerate, responsable de projet R&D au sein du pôle santé numérique de Medicen. « Il faut donc être attentif à l’effet buzz word ». Certains domaines comme l’imagerie voient arriver de nombreuses solutions parfois concurrentes, d’autres thématiques (biologie, biothérapie) restent encore peu abordées. L’accompagnement de ces jeunes entreprises est essentiel, et assuré par différents types d’acteurs : incubateurs, clusters, pôles de compétitivité, collectivités territoriales,… Les industriels ou certains acteurs de santé proposent des actions d’accompagnement, ceux-ci étant motivés par les potentielles applications de l’innovation en question.
Un certain nombre de challenges restent à adresser : les difficultés d’accès en France à des données structurées, la validation d’un « business model » pertinent pour les solutions proposées. Le contexte réglementaire avec la réalisation d’un marquage CE (ou FDA).
Les 74 start-ups IA santé identifiées