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  • PHW 2019 : le Snitem souhaite montrer que « le numérique peut apporter énormément » à la santé

    « Montrer de façon très concrète que le numérique peut apporter énormément » à la santé : c’est ainsi que François Régis Moulines, directeur des affaires gouvernementales du Snitem, présente les objectifs du rapport en cours d’élaboration par le think tank « Numérique, DM et Santé », composé d’une dizaine de personnes experts, de patients et de représentants de patients, avec pour mots d’ordre « l’efficience des soins, la pertinence des soins, la prévention » ainsi que l’exploration de solutions novatrices à l’étranger.

    Le Snitem a organisé le 23 mai 2019 un « point d’étape » de ce rapport sur le « village du DM » de la Paris Healthcare Week 2019. Les principales conclusions seront livrées en septembre 2019 lors d’un atelier qui se tiendra en marge de la convention Cham (Convention On Health Analysis And Management).

    Lors de la première table ronde intitulée « Le patient au cœur de l’objectivité de la qualité et de la pertinence des soins », Alain-Michel Ceretti, président de France Assos Santé, a souligné l’intérêt de la méthode ICHOM élaborée par Michael Porter, professeur à Harvard, qui permet de mettre en place un dispositif qui « remonte l’expérience patient ». « La prise en considération du retour efficacité, du retour qualité de vie du patient est primordiale », abonde Lucile Blaise, vice-présidente Europe de l’Ouest de Resmed France, soulignant la nécessité de monter des Prom (Patient-reported outcome measures) en complément des Crom (Clinician-reported outcome measures). « Le dispositif médical présente une réelle opportunité pour faciliter la collecte de ces paramètres estime-t-elle. Il s’inscrit au cœur de cette démarche de valorisation du patient ». 

    « Nous sommes en train de construire les différents étages de la fusée mais nous n’avons pas construit la base ». C’est ce qu’affirme de son côté Carlos Jaime, country general manager de l’éditeur de logiciels InterSystems, pour résumer les enjeux de la deuxième table ronde intitulée « e-santé et intégration : répondre au besoin d’efficience ». Selon lui, « il y a des trous dans la raquette : un registre national [et un référentiel qui n’existent pas] » . « La base est techniquement à disposition, nous avons un cadre d’interopérabilité », précise le Dr Jean-Pierre Thierry, consultant indépendant, conseiller médical de France Assos Santé. Il y a de son point de vue plutôt « un problème règlementaire d’application ». Il faudrait « rendre opposables des critères d’interopérabilité [et] trouver un moyen d’accélérer le changement organisationnel », comme avec le regroupement des médecins en CPTS, avance-t-il, l’essentiel étant selon lui de « rendre l’interopérabilité attrayante ».

    Expérience patient : « trop de questions tue l’indicateur »

    « [Si on veut ] remettre le patient au centre du système de santé, on n’a rien dit [tant qu’on s’en tient à ce mot d’ordre], affirme Alain-Michel Ceretti. Il faut le prendre en compte non en tant qu’organe malade mais en tant que personne au centre de l’intérêt à agir des producteurs de soins ». Le président de France Assos santé relève que le rapport remis en janvier 2019 par Jean-Marc Aubert, directeur de la Drees, pour la préparation du projet de loi santé « a intégré ce concept-là [avec son idée d’un paiement] à la qualité et à la pertinence ».

    « Le vrai sujet [à cet égard] c’est la collecte de l’expérience patient », estime Alain-Michel Ceretti. Pour les remontées d’expérience, il s’agit selon lui de poser des questions au patient, et plus précisément « les mêmes questions aux mêmes types de patients ». « Trop de questions tue l’indicateur, souligne-t-il cependant : il faut se limiter à 4 ou 5 questions, validées par les sociétés savantes et associations de malades ». Par exemple, « Après une opération de la cataracte, pouvez-vous reconnaître quelqu’un dans la rue ? », ou « après la pose d’une prothèse de hanche pouvez-vous monter 5 étages ? ». C’est ce qu’on appelle le Prom (Patient reporting outcome measurement).

    L’intégration de la santé par le numérique, une mesure « de sauvegarde »

    Le Dr Jean-Pierre Thierry relève qu’avec le plan Ma Santé 2022, c’est la première fois qu’un volet e-santé apparaît de façon conséquente dans une stratégie de santé, avec notamment le déploiement de la nouvelle version du DMP et la création de « l’espace numérique de santé ». Il souligne que le DMP a toujours été soutenu par les associations de patients. « Les ambitions sont fixées, le cadre est bon, (…) ce qui manque en France c’est l’exploitation des données riches notamment des données secondaires du dossier médical, et la création de registres, domaine dans lequel a pris un retard certain », analyse-t-il. En cas d’inaction prolongée, les opérateurs privés peuvent venir répondre a des besoins spontanés, dans une logique de disruption, donc il y a selon lui « un risque à rester immobile trop longtemps ».

    Jean-Pierre Thierry insiste sur le fait que si l’’interopérabilité coûte cher, le manque d’interopérabilité coûte « très cher aussi ». Il n’est pas nécessaire selon lui d’effectuer « un reset du système comme en Estonie » , argumentant qu’il est possible de « créer des cellules régionales pour construire une plateforme », comme le font « un peu » les Grades en France. Dans ces conditions, « l’interopérabilité ne sera pas obligatoirement perçue comme contrainte ».

    « Sans vouloir dramatiser à l’excès, conclut-il, intégrer fait plus partie d’un plan de sauvegarde [du système de santé]. Si nous n’arrivons pas à défragmenter, à organiser, nous serons face à de très graves difficultés : [dans un contexte de déserts médicaux], d’arrivée des baby-boomers à un âge de forte consommation de soins, [il y a un fort risque d’] explosion des dépenses de santé et des inégalités de santé ». 

    L’IA peut « alléger le paysage » de la cardiologie

    Administratrice du Syntec Numérique et coprésidente de son comité Santé, Isabelle Zablit présente lors de la 3e table ronde les usages de l’intelligence artificielle (IA) en cardiologie. Elle souligne que les dispositifs médicaux (DM) dans ce domaine, comme les pacemakers, nécessitent « un suivi ambulatoire très lourd[, qui] engorge les services de cardiologie », et que le taux de mortalité est « assez élevé » : « on compte 60 000 décès liés à des problèmes qui n’ont pas été pris en main suffisamment tôt », déclare-t-elle.

    Selon Isabelle Zablit, « le numérique peut aider à alléger ce paysage encore assez lourd ». L’administratrice du Syntec Numérique évoque l’étude Lucy, en cours d’implémentation en Pologne, qui porte sur deux vagues de 300 patients, avec l’idée de « combiner l’intelligence artificielle avec l’intelligence du cardiologue[, de] paralléliser le diagnostic fait par l’IA, avec celui du cardiologue en ambulatoire ».

    « On va connecter les appareils électroniques implantés a une appli mobile [qui va] permettre de les remonter dans un système de machine learning (apprentissage automatique), précise-t-elle. [L’objectif est] la prédiction de la nécessité pour le patient de se présenter au service ambulatoire de cardiologie ». On constate que l’IA « vient soulager le cardiologue et se révèle très bénéfique dans le parcours de soins », synthétise-t-elle.

  • PHW 2019 : parcours de soins, urbanisation et cybersécurité au centre du « village » dédié aux Grades

    Parcours de soins, urbanisation et cybersécurité sont les thématiques qui ont été mises en avant par les Grades présentes à l’occasion de la Paris Healthcare Week sur un « village » dédié. Au cours de l’événement, qui s’est tenu du 21 au 23 mai 2019, elles ont présenté leur périmètre d’actions aux acteurs régionaux sur ces 3 domaines.

    Les 9 régions suivantes étaient représentées : Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Guyane, Île-de-France, Normandie, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Pays de La Loire et Réunion-Mayotte.

    Le rôle des Grades dans le parcours de soins 

    Avec l’évolution du système de santé via les nouveaux produits lancés sur le marché par les industriels et le projet de loi Ma Santé 2022, la e-santé s’intègre progressivement dans le système de soins et devient moteur de cette dynamique. 

    En créant des solutions et des outils innovants (DMP, DMC, messagerie sécurisées…), les Grades participent à échelle régionale à son développement afin de décloisonner les pratiques et de créer une coordination entre les différents professionnels de santé intervenant tout au long du parcours de soins.

    Ma Santé 2022 prévoit notamment dans le volet « numérique » de son plan le programme « Snac », qui consiste en la mise en œuvre d’un bouquet de services numériques d’appui à la coordination. Dans ce cadre, les Grades participent à consolider des offres de services e-santé régionaux intégrant les Snacs et veillent à assurer l’interopérabilité des systèmes.

    Urbanisation et cybersécurité aussi parmi les préoccupations des Grades

    • Urbanisation : les Grades garantissent aux différents acteurs régionaux un lien avec le niveau national, permettant de porter leurs nouvelles solutions sur l’ensemble du territoire. Ils s’appuient sur des référentiels techniques et sémantiques d’interopérabilité pour concevoir et mettre en œuvre chaque système d’information ainsi que pour les urbaniser au sein de l’Espaces numériques régionaux de santé (ENRS).
    • Cybersécurité : un système de cybersécurité solide est nécessaire pour maintenir ou améliorer la confiance des usagers dans les outils numériques. Les Grades, en charge du déploiement de plateformes régionales et d’outils, se chargent également de la mise en place de bonnes pratiques de sécurité à adopter. Pour ce faire, elles sensibilisent les différents acteurs via des sessions de formations, mettent à disposition des bases documentaires régionales et agissent comme soutien en cas d’accident. 
  • PHW 2019 : 3 retours d’expérience sur la téléconsultation et autres solutions numériques en HAD

    Une étude sur la vidéo-téléconsultation psychologique, un projet de téléconsultation et une expérimentation sur la sécurisation du patient le 1er soir de retour à domicile par le biais d’un chatbot : telles sont les trois initiatives pour lesquelles a été respectivement présenté un retour d’expérience (REX) à l’occasion de l’atelier « E-santé : du rêve à la réalité ? – retour sur les usages et pratiques en HAD », organisé le 22 mai 2019 à l’occasion de la Paris Healthcare Week.

    Les 3 REX, qui se sont avérés plutôt positifs, portaient plus précisément sur :

    • une première étude pilote contrôlée sur la vidéo-téléconsultation psychologique, menée à la Fondation Croix Saint Simon sur 25 patients majeurs : résultats positifs sur l’utilisation de la solution pour des entretiens psychologiques de soutien en oncologie à domicile ;
    – intervenants : Camille Baussant Crenn, responsable du service psychosocial de la fondation, et Jéremy Martin, psychologue clinicien et chercheur ;

    • un projet de téléconsultation mené au sein d’une structure « HAD » de l’association Santélys : 31 téléconsultations ont été réalisées jusqu’à aujourd’hui et il n’y a eu aucun refus de la part de patients ;
    – intervenant : Pierre Hagneré, directeur de Santélys ;

    • expérimentation sur la sécurisation du patient le premier soir de retour à domicile : un projet simple à mettre en œuvre et personnalisable mais quelques inconvénients, dont le fait qu’il y a encore « trop » de non réponses (20 %), nécessitant une sensibilisation des patients ;
    – intervenant : Vincent Hubert, chef de projet « SI » à HAD France.

    Des résultats positifs pour la vidéo-consultation psychologique en HAD 

    Cette étude s’est basée sur une revue de la littérature mettant en avant :

    • le lien entre cancer (augmentation du nombre de patients vivant avec un cancer) et psychopathologies (détresse psychologique pour le patient et l’entourage et une anxiété-état très présente) ;
    • la pratique de la thérapie de soutien reposant sur la collaboration entre patient et thérapeute dans le but de développer les capacités d’adaptation du patient et dont l’efficacité repose sur différents facteurs, notamment l’alliance thérapeutique, à savoir l’effort de collaboration entre le thérapeute et le patient et la satisfaction ;
    • les difficultés pratiques pour disposer partout et pour tous les patients d’un psychologue présent.

    L’objet de l’étude a été d’évaluer l’utilisation de la vidéo-consultation comme technique d’entretien clinique, notamment la réalisation d’entretien psychologique de soutien pour les patients pris en charge pour un cancer en HAD selon 2 hypothèses :

    • hypothèse 1 : de façon équivalente à un entretien psychologique de soutien en face à face, un entretien psychologique en vidéo-consultation pourrait permettre de diminuer l’anxiété des patients et de maintenir le niveau d’alliance thérapeutique ;
    • hypothèse 2 : la vidéo-consultation permettrait de développer le même niveau de satisfaction quant à l’entretien que dans le groupe en face à face.

    Une prochaine étude sur la représentation des psychologues quant à cet outil

    Cette étude a été menée sur 25 patients majeurs à l’aide du logiciel Skype. La vidéo-consultation n’a  pas été proposée pour le premier et le dernier entretien de la prise en charge.

    Les résultats sont positifs sur l’utilisation de la vidéo-consultation pour des entretiens psychologiques de soutien en oncologie à domicile. Il existe le même niveau de satisfaction et une diminution significative de l’anxiété – état des patients dans les deux conditions. Par ailleurs, il a été relevé une augmentation de l’alliance thérapeutique chez les moins de 40 ans, exposant ainsi l’intérêt des plus jeunes pour cette technique par rapport au face à face.

    La prochaine étude concernera la représentation des psychologues quant à cet outil.

    Téléconsultation en soins palliatifs 

    Afin de développer la culture palliative au domicile et d’éviter des déplacements pour les patients les plus difficilement mobilisables, cette expérimentation avait pour objectif d’évaluer la faisabilité de la téléconsultation entre le patient pris en charge en HAD dans le cadre de soins palliatifs et l’équipe spécialisée du centre de lutte contre le cancer. 

    • Les solutions techniques mises en place :
      • un ordinateur dédié à l’HAD avec une webcam et un amplificateur de son ainsi qu’une clé 4G est mis à disposition au domicile du patient le temps de la téléconsultation avec un logiciel de salles de réunions virtuelles sécurisées. Au centre hospitalier, le praticien a accès par son ordinateur à la salle de réunion virtuelle.
    • Fonctionnement :
      • après programmation de la téléconsultation avec le patient, un infirmier d’HAD accompagne le patient à son domicile pour l’installation (installation du matériel, préparation du patient, aide à l’évaluation et formulation d’informations) ;
      • en fin de téléconsultation, les actions préconisées par le médecin hospitalier en lien avec le médecin traitant sont mises en place sans délai.
    • Éléments financiers :
      • En sus de l’achat des environnements informatiques, il faut compter le coût relatif aux ressources humaines avec la mise à disposition de l’IDE pour la téléconsultation (30 minutes avant, 40 minutes pendant et 30 minutes après incluant les transmissions).

    Retour d’expérience et perspectives 

    31 téléconsultations ont été réalisées jusqu’à aujourd’hui et il n’y a eu aucun refus de la part de patients. Les retours de ces derniers ainsi que ceux des praticiens et des équipes de l’HAD sont encourageants pour le développement de la technique. Cependant, il est nécessaire d’avoir une plus grande file active de patients afin de mesurer l’impact d’une telle organisation.

    Sécurisation du retour à domicile par le biais d’un chatbot

    Il s’agit d’éviter les appels systématiques du patient le premier soir en HAD et de redonner de la valeur ajoutée aux soignants d’astreinte. Pour ce faire, HAD France a choisi le chatbot MemoQuest de Calmedica permettant de dialoguer avec le patient, d’analyser ses réponses et de déclencher une alerte en cas de besoins. Le déploiement d’une telle solution est léger et les coûts financiers reposent principalement sur du paramétrage, une licence annuelle et des coûts d’utilisation par flux de SMS.

    Les points positifs relevés sont les suivants :

    • projet simple à mettre en œuvre puisqu’il nécessite aucune infrastructure ;
    • algorithme paramétrable (construction par l’HAD) et évolutif :
      • rédaction et enchaînement des SMS ;
      • réponses attendues (dictionnaire des mots compris) ;
      • gestion et déclenchement des alertes ;
    • formation succincte et accompagnement des équipes HAD ;
    • bon accueil de la part des patients avec explications.

    Les inconvénients et points de vigilance relevés sont les suivants :

    • le patient doit posséder un mobile et pouvoir s’en servir (fracture générationnelle) et il ne doit pas être en zone blanche ;
    • il n’y a pas d’interface avec les logiciels métiers HAD ce qui implique de ressaisir manuellement des patients entrées dans le journée ;
    • Il y a encore « trop » de non réponses (20 %), d’où un besoin de sensibilisation des patients.
  • La Cnil publie un référentiel sur l’accès aux données de santé via l’INDS conformément au RGPD

    La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a consacré sa délibération n°2019-039 du 11 avril 2019 à l’adoption d’un référentiel « portant sur la description et les garanties de procédure » permettant la mise à disposition en vue de leur traitement de l’« échantillon généraliste des bénéficiaires » (EGB) du Sniiram et de ses bases de données thématiques appelées « datamarts », toutes données « présentant un faible risque d’impact sur la vie privée ».

    Le texte a été publié au Journal officiel le 19 mai 2019. Le référentiel adopté le 11 avril à la demande de l’INDS réécrit la procédure définie par la délibération du 12 avril 2018 pour la rendre conforme à la nouvelle version de la loi informatique et libertés adoptée en juin 2018, adaptée au règlement RGPD.

    Si le nouveau texte établit un référentiel à partir de la procédure déjà utilisée, celle-ci ne subit pas de modifications. La demande d’accès doit toujours être adressée à l’INDS dans les conditions prévues par la loi « informatique et libertés », qui se prononce sur la base des éléments suivants :
    • la finalité d’intérêt public de la recherche, de l’étude ou de l’évaluation dans le domaine de la santé ;
    • la justification apportée par le responsable de traitement pour démontrer la pertinence scientifique du projet ;
    • la durée de l’accès au portail pour le traitement envisagé qui doit être limitée à la durée nécessaire à la réalisation de la recherche, l’étude ou l’évaluation ;
    • le respect des exigences législatives applicables au SNDS et notamment l’engagement du responsable de traitement sur le respect du paragraphe 5 « Accès aux données » du référentiel de sécurité précité applicable au SNDS. 

    La procédure issue de la délibération d’avril 2018 a été définie dans le cadre de la loi de santé du 26 janvier 2016, qui instaurait le SNDS.

    Le projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé actuellement en cours d’examen par les parlementaires, a notamment pour objet de redéterminer une nouvelle fois dans son article 11 les conditions d’accès aux données de santé par la création d’une plateforme des données de santé, le  Health Data Hub, qui « se substitue à l’INDS tout en élargissant ses missions ».

    Les référentiels post-RGPD de la Cnil

    La Cnil rappelle sur son site que « depuis la mise en œuvre du RGPD et l’adoption de la nouvelle loi Informatique et Libertés, [elle] peut édicter des référentiels afin de guider les organismes dans la mise en conformité de leur traitement [et que ces documents] actualisent les normes et autorisations uniques, adoptées avant le 25 mai 2018, à la lumière du RGPD ».

    Les données du Sniiram, EGB et datamarts

    Le Sniiram est un entrepôt de données anonymes « collectées et organisées progressivement depuis 2002 » regroupant :

    • les informations « issues des remboursements effectués par l’ensemble des régimes d’assurance maladie pour les soins du secteur libéral[, soit] 1,2 milliard de feuilles de soins pour l’ensemble de la population vivant en France » ;
    • les informations sur les séjours hospitaliers recueillis par l’Agence technique de l’information hospitalière (Atih) au sein du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), notamment les diagnostics et les actes.  

    Le Sniiram comprend 3 « ensembles de restitutions », dont les 2 concernés par la délibération du 11 avril 2019 :

    • l’EGB, un échantillon constitué par la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) qui concerne 1/97e de la population couverte par l’Assurance maladie en France, soit « près de 660 000 bénéficiaires », et permet d’analyser leur parcours individuel en ville et à l’hôpital. La Cnil souligne qu’il contient des informations sur « les caractéristiques sociodémographiques et médicales des bénéficiaires et les prestations de soins qu’ils ont reçues », permettant ainsi de « mieux connaître et comprendre le recours aux soins, les trajectoires de soins et les dépenses de santé des assurés sur une période ». 
    • les « datarmarts », soit « 15 bases de données thématiques de données agrégées » constituées à partir du Sniiram, et « orientés vers une finalité particulière » : comme le suivi des dépenses (Damir), l’ analyse de l’offre de soins libérale (Amos) ou « des tableaux de bord sur la biologie et la pharmacie ».  
  • Sim&Cure réalise un tour de table de 3M€ auprès de deux fonds pour lutter contre les AVC

    Sim&Cure réalise un tour de table de 3 millions d’euros auprès des fonds Elaia et IT-Translation dans l’optique de développer ses solutions visant à lutter contre les AVC. La start-up se concentre plus précisément sur l’amélioration des traitements médicaux par voie endovasculaire et est spécialisée dans les dispositifs neurovasculaires.

    Connue pour sa suite logicielle « Sim&Size », conçue pour les traitements de l’anévrisme cérébral et déjà utilisée sur 1 500 patients (dans 250 hôpitaux) depuis 2018, Sim&Cure est la première medtech autorisée à commercialiser un modèle de simulation des anévrismes permettant de fournir des informations pour mieux dimensionner les prothèses.

    Par le biais de cette levée de fonds, annoncée le 23 mai 2019, la start-up souhaite renforcer son développement aux États-Unis, où elle compte, après l’obtention d’une certification prévue cet été, ouvrir un bureau de 5 personnes à New York à la rentrée prochaine, avant d’en ouvrir un deuxième sur la côte ouest en fonction des résultats du premier. 

    La société souhaite également s’ouvrir sur le marché chinois, dont la taille, selon certaines études, devrait dépasser l’Europe en fin d’année 2020 pour ce type de produit. Sim&Cure prévoit de démarrer le processus de certification de sa solution sur le marché chinois en début d’année prochaine.

  • Google intègre 4 grands labos à son projet Baseline pour le recueil des données de vie réelle

    Verily, filiale d’Alphabet (Google) spécialiste des sciences de la vie, conclut des accords stratégiques avec les laboratoires pharmaceutiques Novartis, Otsuka, Pfizer et Sanofi pour développer des programmes de recherche clinique centrés sur le patient autour de sa plateforme Baseline.

    Verily, qui a annoncé ces partenariats le 21 mai 2019, a lancé ladite plateforme en 2017 pour « combler le fossé entre la recherche et le soin ». Son site (www.projectbaseline.com) propose au visiteur de participer à des études cliniques avec l’objectif de réaliser une « cartographie de la santé humaine ». Le participant potentiel est informé que ses données de santé seront partagées « avec son consentement » avec les partenaires de Verily.

    Les 4 groupes pharmaceutiques partenaires de Verily projettent d’utiliser la plateforme Baseline au cours des prochaines années pour des essais cliniques dans le domaine des maladies cardiovasculaires, de l’oncologie, de la santé mentale, de la dermatologie et du diabète. »Les connaissances scientifiques ont explosé au cours des dernières décennies, mais nous devons beaucoup améliorer les essais cliniques pour en faire bénéficier les patients, affirme Lionel Bascles, responsable monde du domaine clinique chez Sanofi. Le projet Baseline nous donnera accès aux patients les plus pertinents et permettra de reconnecter les essais cliniques aux parcours de soins des patients ».
    « Le processus de recherche clinique est obsolète à bien des égards », indique de son côté Debbie Profit, vice-présidente d’Otsuka chargée de l’innovation appliquée, jugeant que le projet Baseline permettra à son groupe d’accélérer le cycle de développement de nouveaux médicaments.

    Verily cherche à construire un « écosystème de recherche connecté »

    Baseline a démarré en 2017 avec Project Baseline Health Study, une étude sur 4 ans menée avec les universités de Duke et de Stanford, portant sur une population de 10 000 personnes. Il s’agissait de collecter un « jeu de données approfondi » auprès de chaque participant au moyen de visites cliniques, d’enquêtes et de sondages interactifs, et d’utiliser ces données pour déterminer ce que signifie être en bonne santé et comment une personne évolue vers un état pathologique.

    Des partenariats avec universitaires, hôpitaux, associations de patients et entreprises

    Depuis, Verily a construit autour du projet un « écosystème de recherche connecté », en ajoutant des partenariats avec des instituts de recherche universitaires, des hôpitaux, des entreprises et des associations de patients. Actuellement, Baseline porte notamment le programme Research Goes Red, par lequel Verily s’est allié avec l’Association des cardiologues américains pour inciter les femmes à contribuer à la recherche sur les maladies cardiaques.

    Baseline : « L’alliance du big data et de la médecine intégrative » (A. Normand)

    Alexis Normand, directeur du développement des objets connectés en santé pour le groupe Nokia, évoquait en janvier 2018 le projet Baseline dans un entretien accordé à H&TI. Il indiquait que ce programme visait « à numériser entièrement le corps d’individus sains afin que des supercalculateurs puissent modéliser le vivant dans son fonctionnement ‘normal’ ». « [Cette] modélisation de la bonne santé, aussi exhaustive que possible, doit servir à une meilleure compréhension de la maladie, en vue d’améliorer la portée des traitements », ajoutait-il.

    Il présentait l’initiative comme « l’alliance du big data, c’est-à-dire la capacité à traiter des méga-données en laissant les machines elles-mêmes formuler des hypothèses, et de la médecine intégrative, qui consiste à adopter une approche globale de la maladie, par opposition [à une médecine] ciblée sur un organe ou une pathologie ». 

  • H&TI Webinar : retour sur les tendances IA à la PHW 2019 (29/05/19 – invitation)

    Chers abonnés,

    Nous avons le plaisir de vous inviter au prochain Webinar, consacré à l’intelligence artificielle (IA) et plus précisément aux projets au sein de l’hôpital et à ses enjeux pour les industries de santé et un focus sur l’écosystème des start-ups françaises spécialisées dans l’IA en santé.

    Cette session est le fruit des travaux menés dans le cadre de la Paris Healthcare Week, au cours de laquelle nous avons eu l’occasion d’animer 3 sessions sur l’IA dans le secteur de la santé et d’intervenir à la conférence de la FHF : « Intelligence Artificielle : comment se lancer ? »

    Connectez-vous le 29 mai 2019 de 11h à 11h35 et posez vos questions en direct à :
    Cyrille Politi, responsable « transition numérique » à la FHF ;
    Béatrice Falise-Mirat, directrice scientifique de Care Insight.

    Les inscriptions doivent être réalisées via ce lien.

  • Étude : les traqueurs d’activité encouragent l’activité physique mais pas durablement (Jama)

    Une application de téléphone mobile conçue pour des femmes inactives s’est révélée efficace pour augmenter le niveau d’activité physique lorsqu’elle était associée à un suivi d’activité et à des conseils personnalisés. Cependant, l’étude* en question, publiée le 24 mai 2019 dans le Jama Network Open et menée par des chercheurs de l’Université de Californie, montre les limites de cette stratégie. L’outil ne permettait pas un changement de comportement durable. Au bout de 3 mois, le niveau d’activité physique diminuait de nouveau.

    Les applis, un arme anti-sédentarité

    L’activité physique est sans doute le moyen de prévention avec le plus large spectre d’action (obésité, diabète, maladies cardiovasculaires…) et pourtant les recommandations actuelles ne sont suivies que par une minorité de personnes. Et les femmes font partie des mauvais élèves de la classe. Selon le baromètre santé d’Attitude Prévention, les femmes ne font que 7 524 pas par jour contre 8 313 pour les hommes.

    Pour combler cette lacune et inciter au changement de comportement, de nombreuses applications mobiles et des dispositifs de suivi de l’activité physique ont vu le jour. Des chercheurs américains de l’Université de Californie ont réalisé un essai clinique randomisé avec des femmes inactives. Ils estiment que les études menées jusqu’à maintenant étaient menées sur des échantillons trop réduits, pendant des durées trop courtes, et relèvent que les mesures de l’activité physique étaient auto-déclarées.

    L’essai a concerné 210 femmes physiquement inactives, âgées de 25 et 65 ans. Elles ont été divisées en 3 groupes : un groupe de contrôle n’ayant aucune intervention, un groupe « régulier » qui a bénéficié de conseils et a utilisé le système suivi ainsi que l’application pendant 3 mois, puis n’a utilisé que le système de suivi pendant les 6 mois restants, et un groupe « plus » qui a obtenu des conseils et a utilisé le traqueur et l’application pendant les neuf mois.

    Les chercheurs ont mesuré l’activité des femmes toutes les 60 secondes, tous les jours pendant 9 mois via le traqueur.

    Une étude dédiée aux femmes inactives

    L’application, développée exclusivement pour l’étude et non disponible dans le commerce, envoyait un message quotidien interactif préprogrammé ou une vidéo renforçant les connaissances acquises au cours d’une séance de conseil, ainsi qu’un journal quotidien des activités pour enregistrer les progrès accomplis.

    L’application augmentait automatiquement les objectifs d’activité des participants de 20 % chaque semaine à 10 000 pas par jour. Pour améliorer l’adhésion, les participants recevaient un message automatisé si l’application n’avait pas été utilisée pendant 3 jours consécutifs.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 24 mai 2019 dans le Jama Network Open.

    Résultats : 2 000 pas quotidiens en plus

    • Au cours des 3 premiers mois, les femmes des groupes réguliers et des groupes « plus » ont enregistré environ 2 000 pas de plus par jour par rapport au groupe témoin.
    • Ces femmes ont également augmenté leur activité physique modérée à vigoureuse de 18 minutes par jour.
    • Dans les 6 mois suivants, le groupes régulier et le groupe « plus » ont enregistré environ 1 400 pas de plus que le groupe témoin et ont pratiqué 8 minutes d’activité physique modérée à vigoureuse supplémentaires.
    • L’intervention était efficace, quels que soient l’âge, la race et l’origine ethnique, l’IMC, l’éducation et le revenu du ménage.

    Comment maintenir le niveau d’activité physique ?

    Les chercheurs estiment que ces résultats montrent que les femmes ont pu atteindre un niveau d’activité impressionnant.

    Cependant, « soutenir tout changement de comportement est difficile en général, et en particulier, maintenir l’activité physique accrue résultant de l’intervention, a déclaré le premier auteur de l’étude. Néanmoins, il est encourageant de constater que 97,6 % des femmes [ayant participé] à notre essai ont effectué une visite au bout de neuf mois et ont poursuivi une partie de leur activité accrue. »

    Le prochain objectif est d’affiner les stratégies qui peuvent aider à maintenir ces niveaux d’activité accrus sur une période plus longue.

  • Datavaloris remporte le challenge Sanofi sur la dé-identification des données patients (VivaTech)

    Présent au salon VivaTech sur le stand de Sanofi, Datavaloris remporte le challenge sur la dé-identification des données patients. La start-up, qui a été récompensée le 22 mai 2019, est spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA) et plus précisément sur la deep neuro-évolution, alliant algorithmie génétique et machine learning (apprentissage automatique).

    Le concours était centré sur la problématique suivante : « Comment rendre les données médicales accessibles pour la recherche sans qu’elles permettent d’identifier le patient ? »
    La solution de DataValoris permet de garantir l’anonymat des patients sans qu’ils puissent être réidentifiés et sans que cela ne biaise les données.

    Les autres start-ups finalistes pour ce challenge étaient :
    • Anamnèse : télé-expertise médicale via IA ;
    • Medicus AI : plateforme d’IA qui automatise la conversion des données de santé sous forme visuelle et interactive ;
    • Yuni : analyse des données de santé via IA pour aider les acteurs à donner accès à tous les patients aux dernières innovations thérapeutiques.

    La solution DataValoris 

    La solution de la start-up s’appuie sur les fonctionnalités suivantes : 

    • la possibilité de chercher des mots-clés sur les réseaux sociaux patients et grand publics (hashtags sur Twitter) ;
    • des curseurs permettant de contrôler la finesse de la dé-identification sans introduire de biais dans les données ;
    • un data-set dé-identifié correctement indexé avec les bons critères. 
  • PHW 2019 : CompuGroup cherche à se différencier sur le marché de la prise de RDV avec Clickdoc

    Une synchronisation du service de prise de rendez-vous avec le logiciel utilisé par les médecins (AxiSanté et HelloDoc) et un service de télésecrétariat médical totalement gratuit (« On appelle pour vous ») pour contacter les praticiens non adhérents à l’offre. Tels sont les 2 points sur lesquels CompuGroup Medical entend se différencier sur le marché de la prise de rendez-vous en ligne. À l’occasion de la Paris Healthcare Week (PHW), qui s’est tenue du 21 au 23 mai 2019, l’entreprise a officiellement lancé Clickdoc, sa plateforme web et application mobile de prise de rendez-vous médicaux avec médecins généralistes et spécialistes, qui va prochainement être complétée par un service de téléconsultation.

    Totalement gratuit pour les patients, Clickdoc est disponible à partir de 49,99 euros TTC pour les professionnels de santé équipés d’un logiciel CompuGroup Médical, soit 40 % des médecins en France, précise l’entreprise.

    Au cours de la PHW, Mohamedi Azehaf, product manager senior de Clickdoc, a présenté en détail pour H&TI les fonctionnalités de la solution ainsi que le service de téléconsultation à venir. De son côté, Franck Frayer, senior vice president Western Europe de CompuGroup Medical en France, est notamment revenu sur les ambitions de Clickdoc et sur sa vision du développement de la téléconsultation, estimant que son adoption « sera lente mais progressive ».

    2 PARTICULARITÉS : SYNCHRONISATION ET TÉLÉSECRÉTARIAT

    Clickdoc est disponible en France depuis début mars 2019 mais a été officiellement lancé à l’occasion de la Paris Healthcare Week. Le médecin peut bénéficier du service par le biais d’une plateforme web et le patient a accès à toutes les fonctionnalités via un site web et une application mobile disponible sous Android et iOS.

    Après une présentation générale du service, Mohamedi Azehaf, product manager senior de Clickdoc, a insisté sur les 2 particularités de l’offre :

    • « Pour les médecins, l’avancée principale est la synchronisation de la plateforme avec leur outil de travail » : Clickdoc est présenté comme une prolongation naturelle des logiciels professionnels AxiSanté et HelloDoc de CompuGroup Medical. Il s’intègre aux outils de travail des médecins équipés et permet ainsi une synchronisation de leur agenda ainsi que de leur liste de patients. Les praticiens travaillent de ce fait sur une seule interface.
    • Pour les patients, l’originalité de Clickdoc est le service de télésecrétariat « On appelle pour vous » : si le médecin avec lequel le patient souhaite prendre un rendez-vous n’est pas adhérent de Clickdoc, une équipe dédiée peut contacter le praticien pour prendre rendez-vous en son nom en fonction des disponibilités indiquées par le patient sur le site.

    Au-delà de la prise de rendez-vous en ligne et du service de télésecrétariat, Clickdoc offre diverses fonctionnalités, dont :

    • un coaching des médecins : audit et conseils à distance, formation sur site aux solutions et services mais aussi accompagnement digital ;
    • la téléconsultation (à venir) entre un patient et son praticien ;
    • l’échange sécurisé de messages et de documents, telles que les ordonnances, avec les patients à l’issue d’une téléconsultation notamment.

    Des données hébergées dans un environnement agréé par l’Asip Santé

    CompuGroup précise que Clickdoc est une plateforme développée en conformité avec les exigences requises en matière de sécurité des données de santé. Par ailleurs, toutes les données sont hébergées dans un environnement agréé par l’Asip Santé.

    QUESTIONS À FRANCK FRAYER

    Prise de RDV en ligne : CompuGroup est sur le marché depuis 2012

    Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer sur un marché déjà très concurrentiel ?

    Franck Frayer : Nous ne sommes pas vraiment un nouvel acteur puisque nous sommes sur le marché depuis longtemps. Nous avons lancé notre logiciel de gestion de rendez-vous en 2012 mais, à l’époque, nous ne croyions pas en une plateforme de mise en relation avec les patients par le biais d’un portail web. Nous nous sommes trompés. Alors nous avons changé notre stratégie.

    Une prise de contact répétitive pour faire connaître Clickdoc

    De quelle manière comptez-vous augmenter votre nombre de médecins adhérents ?

    Par le biais de notre service « On appelle pour vous », nous appelons les cabinets non adhérents pour leur expliquer qu’un patient souhaiterait prendre un rendez-vous avec eux. Nous n’avons pas d’approche commerciale mais nous précisons que nous appelons via le service ClickDoc. Grâce à cette prise de contact répétitive, nous nous faisons connaître petit à petit.

    Certains praticiens nous signalent qu’ils ne souhaitent pas prendre de rendez-vous en passant par un tiers mais quand nous prenons le temps de leur expliquer que notre service a été mis en place pour les patients qui en ont besoin, que tel patient n’aurait pas pu les joindre directement puisqu’il a effectué sa demande en dehors de leurs horaires d’ouverture, cela les amène à réfléchir.

    Nous offrons un vrai service gratuit dans le cadre de « On appelle pour vous », aussi bien du côté des patients que du côté des médecins, mais nous pensons que la démarche est bénéfique en termes d’image et de visibilité.

    « Le marché français est dynamique dans le domaine de la e-santé »

    ClickDoc va être lancé dans les prochaines semaines en Allemagne, où est basé CompuGroup. Pourquoi avoir choisi de développer en priorité ClickDoc sur le marché français ?

    Certes, il y a des blocages mais toutes les initiatives entreprises ici montrent que le marché français est dynamique dans le domaine de la e-santé. Par ailleurs, les acteurs sont bien préparés à l’arrivée de ces nouvelles technologies parce que les professionnels de santé sont massivement connectés par rapport au reste de l’Europe, comme en Allemagne, où il est plus rares que les praticiens utilisent des solutions numériques.

    Dans quels autres pays envisagez-vous de lancer ClickDoc ?

    Sur tous les marchés européens.

    « L’adoption de la téléconsultation sera lente mais progressive »

    Un service de téléconsultation va prochainement être ajouté à l’offre ClickDoc.

    En ce qui concerne la téléconsultation, il peut y avoir 2 logiques :

    • il est possible de construire une plateforme hors-sol, soit une sorte d’uberisation du service : le patient échange en ligne pendant 5 minutes avec un praticien qu’il ne connaît pas et qui ne gardera aucune trace de la consultation ;
    • nous, nous suivons plutôt le principe porté par l’avenant n°6 à la convention sur le déploiement de la télémédecine en France, qui permet d’encadrer la pratique, d’assurer un vrai suivi du patient, de maintenir l’humain au cœur du numérique.

    Ressentez-vous un réel intérêt pour la téléconsultation de la part des médecins ?

    L’adoption de la téléconsultation sera lente mais progressive parce que c’est un vrai changement. Nous avons présenté notre solution à des groupes de médecins, qui, au départ, affirmaient qu’ils ne pratiqueraient pas la téléconsultation. Nous les avons fait réfléchir, leur avons expliqué que tels ou tels problèmes pouvaient être rencontrés et comment les surmonter par le bais de notre service, simple d’utilisation, et nous leur avons montré que nous étions prêts. Au final, ils ont apprécié la solution et nous avons retourné la situation de départ.

    Cependant, dans la vraie vie, cette évolution des pensées va prendre du temps parce que nous ne pourrons pas rencontrer les médecins un par un.

    Pensez-vous que les patients sont plus enclins à pratiquer la téléconsultation ?

    Je ne sais pas. L’enjeu, c’est surtout que les patients qui veulent réaliser des téléconsultations se moquent de savoir si leur médecin pratique l’acte ou non. S’il n’en propose pas, il ira voir un autre praticien. Les médecins doivent prendre conscience de cela.

    « Il ne faut pas que la e-santé devienne le Minitel d’aujourd’hui »

    Que pensez-vous du principe d’État-plateforme, porté par Laura Létourneau et Dominique Pon à l’occasion de la présentation de la feuille de route du numérique en santé en avril ?

    Si l’idée est de mettre à disposition des services et que l’État ne s’implique pas, pourquoi pas. Il faut savoir comment diriger l’offre de manière à l’apporter aux patients pour qu’ils puissent s’en servir facilement.

    Il y a une subtilité dans l’exécution de cette mesure. Il ne faudrait pas que l’État se mette à fabriquer ses propres services parce que cela tuerait l’innovation. S’il n’y a pas de concurrence, il n’y a pas d’innovation. On se retrouverait avec le même schéma que le Minitel ! Il ne faut pas que la e-santé devienne le Minitel d’aujourd’hui et que l’État construise un 3615 Santé. Quand j’évoque cette comparaison, on trouve que j’exagère mais je pense qu’il est important d’être vigilants.