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  • Lifen lève 20 M€ pour accélérer le déploiement de son logiciel d’échange de documents médicaux

    Lifen lève 20 millions d’euros dans un tour de table de série B mené par Partech, Idinvest Partners,​ Majycc eSanté Invest et ses investisseurs historiques, Serena et Daphni. La start-up française avait déjà recueilli 7,5 millions d’euros en mars 2018 dans le cadre de sa première levée de fonds.

    Cette opération va permettre à Lifen « d’accélérer le déploiement de sa solution de communication médicale à l’ensemble des établissements publics et privés ainsi qu’aux praticiens libéraux », précise la société dans un communiqué publié le 13 juin 2019. Cette dernière souhaite aussi doubler ses effectifs, notamment sur les profils développeurs, opérations et ventes.
    Elle ambitionne également de mettre en place de nouvelles fonctionnalités souhaitées par les acteurs de santé comme la simplification du remplissage du DMP et la traçabilité du parcours de soins entre médecines de ville et hôpitaux, « l’objectif étant d’offrir aux établissements et praticiens une coordination simple, efficace et sécurisée pour leurs patients », ajoute Amélie Faure, operating partner à Serena.

    Fondé en 2015 par Franck Le Ouay, l’un des cofondateurs de Criteo (plateforme publicitaire pour l’internet ouvert), avec d’autres personnalités dont l’ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy, Lifen a créé une solution d’envoi de comptes rendus médicaux interopérables avec 100 % des dossiers patients informatisés (DPI), commercialisée depuis 2017. Par le biais du logiciel, il est possible d’extraire des documents les informations essentielles des patients (nom, professionnel destinataire, nature du document) pour garantir leur bonne expédition et leur bon archivage.

    Plus de 3 millions d’euros économisés en 2019

    Des budgets postaux divisés par 3

    Tous les établissements ayant mené un essai pilote ont généralisé la solution, indique Lifen. « Le bénéfice [pour eux] est de pouvoir divisé par 3 les budgets postaux et de faire économiser une heure de traitement quotidien par secrétaire médical », note la société (communiqué).

    « En 2019, nous estimons que plus de 3 millions d’euros seront économisés par les établissements qui utilisent Lifen, commente Franck Le Ouay, P.-D.G. de Lifen. Pour les praticiens libéraux, une solution universelle de communication médicale a été développée. Le temps gagné grâce à son utilisation représentera l’équivalent de 300 000 consultations en 2019. »

    Un abonnement spécial pour les libéraux

    Initialement, le service de Lifen a été conçu pour les hôpitaux publics. Une soixante d’entre eux, dont 6 CHU, utilisent la solution. Cette dernière gère pour eux environ 400 000 envois par fois, soit 10 fois plus qu’il y a un an, auprès d’environ 70 000 médecins, précise la start-up. Parmi les autres utilisateurs du logiciel figure aussi Ramsay Générale de Santé, le premier réseau de cliniques privées de France.

    Les établissements de santé paient le service à l’acte

    La société commence également à proposer sa solution sous forme d’abonnement (25 euros par mois) aux médecins libéraux. Les établissements de soins paient, eux, le service à l’acte.

    « Lifen n’a pas accès aux données de santé »

    La sécurisation des données fait partie des préoccupations centrales de la start-up. « Le double facteur d’authentification, le chiffrement pendant le transport et le stockage ainsi que la mise en conformité aux normes HDS et ISO 27001 font partie des éléments mis en place pour assurer une sécurité optimale, explique-t-elle (communiqué). Concrètement, Lifen n’a pas accès aux données de santé et s’assure que les personnes pouvant recevoir et consulter ces informations sensibles sont des professionnels de santé habilités à le faire. »

  • La France et l’OMS collaborent en vue de créer une académie, plateforme de formation via IA et RV

    Le Président français Emmanuel Macron et Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), annoncent la création à venir de l’Académie de l’OMS, dont l’objectif est de « révolutionner l’enseignement continu tout au long de la vie dans le domaine de la santé » (communiqué).
    Les deux hommes ont signé une déclaration d’intention en vue de cette fondation le 11 juin 2019, au siège de l’organisation mondiale à Genève.

    La nouvelle instance proposera des formations via une plateforme numérique de pointe basée sur un campus à Lyon, qui sera doté d’environnements d’apprentissage de haute technologie, d’un centre de simulation d’urgences sanitaires de niveau mondial ainsi que d’espaces de collaboration favorisant la co-conception, la recherche et l’innovation. Les formations seront dispensées par le biais d’antennes dans les 6 régions de l’OMS (Afrique, Amériques, Asie du Sud-Est, Europe, Méditerranée orientale et Pacifique occidental).

    L’académie rassemblera des compétences dans les domaines des sciences de l’éducation pour adultes et des sciences comportementales. Elle sera équipée de technologies pédagogiques de pointe, comme l’intelligence artificielle (IA) et la réalité virtuelle (RV). « Elle appliquera les normes de l’OMS et elle disposera de données afin de dispenser un enseignement multilingue accrédité, adapté et à fort impact pour répondre à des besoins différents », précise l’OMS.

    L’Académie sera ouverte à tous les acteurs de la santé

    Cette académie sera ouverte aux parties prenantes de plusieurs secteurs « susceptibles d’avoir une influence dans le domaine de la santé » (dirigeants, enseignants, chercheurs, agents de santé, membres du personnel de l’OMS et grand public), indique l’organisation. Elle sera l’une des divisions internes de l’OMS et l’organisation assurera une coordination ainsi qu’une collaboration avec tous les États Membres afin d’ »optimiser l’aide à l’apprentissage apportée à tous », est-il expliqué.

    Progresser vers l’objectif du « triple milliard »

    L’OMS souhaite, via ce projet, répondre aux besoins d’apprentissage et de perfectionnement du personnel de son organisation et des acteurs intéressés dans l’optique de progresser vers l’objectif du « triple milliard », soit le fait d’atteindre en 2023 le chiffre d’un milliard de personnes supplémentaires :

    • bénéficiant de la couverture sanitaire universelle ;
    • mieux protégées dans les situations d’urgence sanitaire ;
    • bénéficiant d’un meilleur état de santé et d’un plus grand bien-être.
  • Canada : Imagia, start-up spécialisée dans le diagnostic du cancer par IA, remporte un AAP de 214M€

    Imagia, une start-up canadienne qui développe des outils d’aide au diagnostic en cancérologie, remporte avec l’Institut de recherche Terry Fox (consortium) un appel à projet lancé par le gouvernement canadien visant à améliorer le système de santé grâce à l’intelligence artificielle (IA).

    Navdeep Bains, ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique canadien, a annoncé un investissement allant jusqu’à 49 millions de dollars (32,6 M€) consenti dans le cadre du volet 4 du Fonds stratégique pour l’innovation (concours du secteur de la santé et des sciences biologiques). Ce prix est combiné aux contributions des 97 partenaires du consortium à hauteur de 108 millions de dollars (71,8 M€) en espèce, soit 157 millions de dollars (104,4 M€) au total, auxquelles s’ajoutent 165 millions de dollars en nature (109,8 M€).

    Imagia, qui compte plus de 60 collaborateurs, va ainsi pouvoir profiter d’un financement total de 322 millions de dollars (214 M€) au total, lui permettant d’installer sa plateforme Evidens dans les hôpitaux canadiens pendant les 4 années à venir. La société souhaite également se développer dans le domaine des maladies neurodégénératives, comme Alzheimer.

    Evidens est une plateforme basée sur l’IA conçue pour faciliter la prise de décision des médecins en leur permettant de définir le traitement adéquat à utiliser pour chaque patient, mais aussi pour accélérer la sélection des données nécessaires a la recherche.

  • Rencontres du progrès médical-Snitem : « Peut-on encore rêver à une innovation pour tous ? » (10/09/19)

    Le Snitem organise ses 7ème rencontres du progrès médical sur le thème « Peut-on encore rêver à une innovation pour tous ? ». L’événement, qui aura lieu le 10 septembre 2019 à Paris, sera l’occasion de traiter le sujet de l’innovation en santé sous ses différentes facettes, en se concentrant à la fois sur le point de vue du patient et sur ceux du professionnel de santé et de l’entrepreneur.

    Les inscriptions sont à réaliser via ce lien.

    Programme :

    • 9h15 : Ouverture par Stéphane Regnault, président du Snitem.
    • 9h20 : Ouverture par Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé. 
    • 9h45 : Retours d’expériences d’innovations de ruptures. 
    • 10h00 : « De la conception aux patients, quelles exigences ? » Trois questions à Laurence Comte-Arassus  ainsi qu’à des professionnels de santé.
    • 10h15 : Table ronde : « Tous cobayes ? Quelle réalité ? » – Dominique Martin, Guy Vallancien, chirurgien urologue et membre de l’académie nationale de médecine, ainsi que des patients.  
    • 11h15 : Retours d’expériences d’innovations incrémentales.
    • 11h30 : Table ronde : « L’accès de tous à l’innovation est-il une utopie ? » – Lise Alter, adjointe à la sous-directrice du pilotage de la performance de tous les acteurs de l’offre de soins à la DGOS, Christophe Lala, président directeur général de GE Healthcare France & Benelux, Claude Le Pen, économiste de la santé et Natacha Lemaire, rapporteure générale du conseil stratégique de l’innovation en santé et du comité technique associé.
    • 12h05 : « Un cardiologue sur sa vision d’une innovation, focus sur les valves aortiques percutanées » Trois questions à Hélène Eltcheminoff, cardiologue au CHU de Rouen.
    • 14h00 : Retours d’expériences d’innovations incrémentales.
    • 14h15 : « L’innovation pour tous : vision d’un pharmacien hospitalier » Trois questions à Nicolas Martelli, pharmacien à l’hôpital européen Georges Pompidou.
    • 14h30 : Table ronde : « L’impact de l’innovation dans l’organisation des soins » – Cécile Courrèges, directrice générale de l’offre de soins, Alexandre Tepas, directeur général France d’Urgo médical, et des représentants de l’ARS.
    • 15h10 : « Une économiste de la santé et deux DG CHU/Hôpital sur le développement et la recherche de l’innovation » Trois questions à Marc Penaud, DG du CHU de Toulouse, Lise Rochaix, économiste de la santé et Robert Sigal, DG de l’hôpital américain de Paris.
    • 15h40 : Retours d’expériences d’innovations incrémentales.
    • 16h15 : « L’innovation au service des professionnels de santé et des aidants, et si on avançait? » Trois questions à Nicolas Chandellier, président et DG de Becton Dickinson France, Stéphane Regnault, président du Snitem ainsi que des professionnels de santé.
    • 16h45 : Table ronde : « Quel avenir pour les technologies médicales en France ? » – Philippe Berta, député MoDem, Catherine Deroche, sénatrice LR et Claude Evin, avocat et ancien ministre de la santé.
    • 17h15 : Conclusion de la rencontre 
  • IT et essais cliniques : Dassault Systèmes rachète Medidata pour 5,8 milliards de dollars (5,1 Mds €)

    Dassault Systèmes est sur le point d’acquérir Medidata Solutions, une société américaine cotée au Nasdaq spécialisée dans les solutions logicielles dédiées aux essais cliniques. Il précise racheter l’entreprise « entièrement en numéraire au prix de 92,25 USD (81,39 €) par action ordinaire de Medidata, soit une valeur d’entreprise totale de 5,8 milliards de dollars (5,1 Mds€). C’est la première fois que Dassault Systèmes dépasse le seuil du milliard d’euros pour un rachat. Il s’agit de la plus importante acquisition du groupe français.

    L’opération, approuvée à l’unanimité par les conseils d’administration des 2 sociétés, doit être finalisée au cours du dernier trimestre de 2019, indiquent les deux organisations dans un communiqué publié le 12 juin 2019. Elle devrait entraîner un impact positif sur les comptes du groupe français à partir de 2020, a déclaré à la presse Pascal Daloz, directeur financier de Dassault Systèmes (source : Reuters).

    Afin de financer cette acquisition, l’entreprise française a signé une facilité de financement de 4 milliards d’euros avec un groupe de banques, dont un emprunt d’1 milliard d’euros et 3 milliards d’euros d’obligations. Le reste de la transaction sera financée par 1,3 milliard d’euros de trésorerie disponible.

    Investi dans le domaine de la recherche et des sciences de la vie depuis 2010, Dassault Systèmes souhaite faire de la santé son deuxième marché après les transports grâce à cette acquisition. Il va être en mesure de proposer une offre complète dans le domaine de l’innovation médicale grâce à l’expertise de Medidata dans les essais de nouveaux traitements médicaux auprès de patients.

    Medidata : un chiffre d’affaires de 636 millions de dollars (531,7 M€) en 2018

    Fondé en 1999, Medidata est basée à New York et emploie 2 800 personnes. Ses solutions cliniques Cloud, « leaders du marché », sont utilisées par 1 300 clients, est-il indiqué dans le communiqué.

    Le chiffre d’affaires de la société s’est élevé à 636 millions de dollars (561,7 M€) en 2018, essentiellement aux États-Unis, pour une marge d’exploitation de 23,4 %.

    Le titre Medidata est en progression de 40,5 % depuis début 2019

    Le 11 juin, le titre Medidata a terminé à 94,75 dollars (83,7 €). Le 22 avril, il avait connu une hausse de 14,1 % sur une journée après la publication dans la presse d’informations mettant en avant l’intérêt de Dassault Systèmes pour la société. Depuis le début de l’année, le titre Medidata est en progression de 40,5 %.

  • Étude : les e-consultations en allergologie réduisent les temps d’accès aux spécialistes (JACI)

    Les consultations électroniques en allergologie et immunologie pourraient réduire les besoins de visites de spécialistes en face à face. Une étude* menée par des chercheurs du Massachusetts General Hospital (MGH), et publiée le 3 juin 2019 dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology : In Practice (JACI), démontre que cette forme de télémédecine a entraîné une réduction des temps d’attente des consultations de visu malgré une augmentation du volume global des consultations.

    La e-consultation s’ouvre doucement à l’allergologie

    Les consultations électroniques (e-consultations) fournissent des soins rapides, ciblés et rentables dans d’autres spécialités, mais elles n’ont été que très peu étudiées en allergologie-immunologie. Or, la gestion des affections allergiques nécessite plus souvent des conseils d’un allergologue que des tests d’allergie ; ce qui plaide en faveur d’un recours à la télémédecine. Cependant, le temps d’attente pour une visite d’un patient chez un allergologue dépasse souvent les 3 semaines.

    Des chercheurs du Massachusetts General Hospital de Boston ont donc mené une étude pour mesurer leur impact sur l’accès aux soins. Le MGH a commencé à offrir des consultations électroniques en cardiologie et en dermatologie fin 2013 et a étendu le programme aux allergies / immunologie en août 2016. En janvier 2019, le programme de consultations électroniques de MGH impliquait 47 domaines de spécialisation et près de 10 000 consultations électroniques ont été fournies en 2018.

    Pour mener leur étude, les chercheurs américains ont donc examiné les données relatives aux consultations électroniques sur l’allergie et l’immunologie fournies d’août 2016 à juillet 2018, ainsi que des consultations en face à face d’août 2014 à juillet 2018. Les résultats de leurs travaux ont été publiés en ligne le 3 juin 2019 dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology : In Practice (JACI).

    Résultats : des temps d’attente réduits

    • Les e-consultations sont passées de 1 % à 10 % de toutes les nouvelles consultations, avec une croissance simultanée des consultations traditionnelles.
    • Sur 306 e-consultations, 13,4 % ont abouti à un diagnostic, des recommandations thérapeutiques ou à une orientation, 73 % à des simples conseils, et dans 59,8 % des cas, une consultation de visu était nécessaire.
    • 2 % des patients ont consulté un spécialiste en face à face alors que ce n’était pas recommandé.
    • Les e-consultations ont été utilisées plus souvent que les consultations en personne pour les effets indésirables liés aux médicaments (66 % vs 9 %), en particulier l’allergie à la pénicilline et le déficit immunitaire.
    • Alors que le temps d’attente moyen pour une visite en personne d’un allergologue avant l’institution du programme de e-consultation était de 22,5 jours, il est passé à 21 jours après le début du programme.
    • Les allergologues ont effectué des consultations électroniques en 11 minutes en moyenne, et le délai moyen de traitement par le fournisseur référant pour se faire guider par un spécialiste des allergies était inférieur à 24 heures.

    Les e-consultations améliorent les consultations traditionnelles

    Les informations relevant de l’éducation thérapeutique fournies via les consultations électroniques ont été bénéfiques à la fois pour les médecins traitants et les patients. Elles permettaient de s’assurer que le plan de soins prévu était pertinent.

    Au vu de ces résultats, les auteurs de l’étude estiment que « les consultations électroniques sont devenues un outil essentiel des soins ambulatoires ». Ils pensent « qu’ils peuvent augmenter la satisfaction des patients et qu’ils réduisent les coûts car les e-consultations peuvent remplacer les consultations en personne facturées aux compagnies d’assurance et aux patients eux-mêmes ».

    Des dossiers médicaux pas assez partagés

    Cette forme de télémédecine représente aussi un outil pertinent pour les médecins généralistes, qui peuvent délivrer de bonnes recommandations à leurs patients après avoir été guidés par des spécialistes.

    Cependant, les chercheurs regrettent que les dossiers médicaux électroniques ne puissent pas toujours être partagés entre spécialistes et médecins traitants, « ce qui constitue l’un des principaux obstacles à une utilisation plus large de la consultation électronique », estiment les chercheurs.

  • Le Sénat adopte le projet de loi santé : obligation de conformité aux référentiels d’interopérabilité

    Obligation de conformité aux référentiels d’interopérabilité d’ici 2023, création d’un espace numérique de santé maintenue… Plusieurs mesures dans le domaine de la e-santé ont été validées par le Sénat, qui a adopté le 11 juin 2019 le projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé par un scrutin public solennel (219 voix pour, 92 voix contre), dans un contexte marqué par une crise dans les services des urgences et une mobilisation dans les hôpitaux publics à l’appel de plusieurs syndicats. Le texte sera étudié le 20 juin en commission mixte paritaire par les députés et les sénateurs.

    Les informations clés à retenir côté e-santé sont les suivantes :

    • la création d’un espace numérique de santé (ENS), sécurisé et obligatoire pour tous les patients, est confirmée : déjà modifié en commission, l’article (n°12) a été encore amendé en séance, notamment pour « inscrire des exceptions pour les contrats relatifs aux services et outils numériques référencés dans l’espace numérique en santé et qui poursuivent une finalité limitée à la prévention, au diagnostic, aux soins et au suivi social et médico-social » ;

    • Autre élément clé, le principe d’interopérabilité est confirmé dans le domaine du numérique :
    – le respect des référentiels d’interopérabilité doit être certifié via une attestation de conformité ;
    – un délai de trois ans et demi (janvier 2023) est accordé pour que les éditeurs, les professionnels et les établissements de soins se préparent au mieux ;

    • les sénateurs ont habilité le gouvernement à légiférer par ordonnances sur les missions et l’organisation des hôpitaux de proximité. Dans ce cadre, l’implantation d’un plateau de e-santé (ou de télé-santé) ouvert aux médecins libéraux dans ces établissements devient obligatoire ;

    • le Sénat réintroduit l’obligation de prescrire les arrêts de travail de façon dématérialisée, une mesure qui avait été supprimée en commission, mais prévoit des exceptions. Le calendrier de la mise en place de cette réforme est assoupli.

    IVG : suppression de la disposition sur l’allongement du délai

    À noter par ailleurs l’introduction « surprise » dans le débat de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Le 7 juin, l’ancienne ministre (Parti socialiste) Laurence Rossignol avait fait adopter dans les derniers instants de l’examen du projet de loi un allongement de 2 semaines (fin de la 14e semaine) du délai de l’IVG.

    Cependant, le rapporteur du projet de loi Alain Milon a demandé le 11 juin une seconde délibération avant le vote solennel sur l’ensemble du texte, les conditions dans lesquelles les sénateurs s’étaient prononcés quelques jours auparavant n’étant pas satisfaisantes selon lui (beaucoup d’absences dans l’hémicycle). La réclamation a été acceptée par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, sous les critiques de la gauche.

    Finalement, le Sénat a supprimé cette disposition (205 voix contre 102).

    Récapitulatif des autres mesures clés validées par le Sénat

    Lutte contre les déserts : les internes et les médecins seniors mobilisés

    • Les sénateurs estiment que la formation médicale doit favoriser « la répartition équilibrée des futurs professionnels sur le territoire au regard des besoins de santé ».
      • Le groupe socialiste a mis en avant le critère des « besoins de santé des territoires » sur la capacité d’accueil des facultés dans la détermination du nombre d’étudiants reçus en deuxième et en troisième années de premier cycle. En raison de la suppression du numerus clausus, il redoute que les zones où se situent les facultés les plus importantes soient avantagées par rapport aux plus modestes.
    • Le texte prévoit de faire passer la dernière année de l’internat de médecine générale (voire d’autres spécialités) en « pratique ambulatoire en autonomie », en priorité dans les zones sous tension : la mesure a été adoptée contre l’avis du gouvernement et est vivement critiquée par les internes.
    • Les médecins seniors ont l’obligation de « négocier » dans le cadre conventionnel leur contribution « à la réduction des inégalités territoriales dans l’accès aux soins ».
    • Les maires ont le droit de saisir l’Ordre pour recruter des médecins adjoints en cas de pénurie médicale.

    Formation, jeunes médecins : la suppression du numerus clausus validée

    • Le Sénat a validé la suppression du numerus clausus
    • Afin de limiter les conflits d’intérêts, le groupe communiste a fait voter l’exclusion des industriels de la santé de la formation continue des médecins lors de la procédure de certification. Cette garantie d’indépendance a été étendue par le gouvernement à « tout lien d’intérêt ».
    • L’exonération de cotisations sociales pour les jeunes médecins qui s’installent dans les 3 ans suivant l’obtention de leur diplôme et assurent une activité continue pendant au moins 5 ans est maintenue. Elle avait été votée en commission des Affaires sociales :
      • les sénateurs ont exclu du droit à l’exonération les zones sur-dotées en médecins ;
      • le gouvernement a, de son côté, supprimé la limitation à 3 années de la durée totale de remplacement, une mesure mise en avant par le rapporteur Alain Milon (LR), critiquée par les jeunes médecins.
  • Sécurisation et protection des données de santé au cœur de la matinée e-santé du 20/06/2019

    Cloud Santé organise une matinée « e-santé & networking » consacrée à la sécurisation et à la protection des données de santé le 20 juin 2019 à Tech Care Paris (XVe). 

    Au programme de la matinée :  
    • 8h30-9h : accueil café avec Pedro Lucas, fondateur de Cloud Santé ;
    • 9h-11h : présentations & retour d’expériences ;
    • 11h-11h30 : conclusion et questions/réponses.

    Les inscriptions, gratuites, sont à réaliser via ce lien.

    Les principaux thèmes abordés 

    • Cadre réglementaire hébergement de données de santé (HDS & RGPD): les impacts & actions ;
    • les mesures et obligations principales garantissant un niveau de sécurité de données de santé adapté au risque ;
    • les facteurs clés d’une « compliance intelligence » en phase de création d’entreprise, d’acquisition ou d’investissement ;
    • sécurisation des données de santé : principes clés et notions à maîtriser ; 
    • gestion efficace des risques liés à la sécurité des données.
  • Développement durable : l’ANFH développe une appli pour accompagner les établissements de soins

    L’Association Nationale pour la formation permanente du personnel hospitalier (ANFH) et Primum Non Nocere, agence experte en stratégie RSE et plus globalement en développement durable et santé, sont en train de déployer Terre-Happy, une application permettant aux établissements sanitaires d’identifier et de mesurer les risques pour l’environnement et la santé mais aussi d’adopter plus facilement des gestes éco-responsables.

    Présentée dans un communiqué publié le 6 juin 2019 par l’ANFH, cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un projet pilote de responsabilité sociétale des établissements (RSE), incluant un volet environnemental, lancé en 2015 par l’ANFH PACA en partenariat avec l’ANFH Languedoc-Roussillon. Une soixantaine d’établissements, soit 70 000 agents concernés, sont inscrits dans le projet. 

    Une cinquantaine d’établissements ont pour l’instant adopté cette application. Du 1er au 15 juillet 2019, un « healthtruck » circulera en Occitanie afin de promouvoir les éco-gestes dans le domaine de la santé et présenter Terre-Happy. L’application sera utilisée, à la rentrée, dans 2 instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi), à Montpellier et à Alès.

  • DATA – Stratégie e-santé du Danemark

    Le Danemark veut faire de son système de santé un réseau cohérent, fiable, numérique et personnalisé, qui met en liaison tous ses acteurs. Pour ce faire, sa stratégie e-santé 2018-2022 se décline en 27 initiatives, regroupées en 5 champ d’actions
    le patient comme partenaire actif ;
    le partage rapide d’information, au bon moment ;
    la prévention ;
    la fiabilité et la qualité de la donnée ;
    le progrès et les briques communes.

    Le Danemark fait partie des pays les plus avancés en Europe en termes de e-santé. Il a notamment mis en place :
    • un portail patient pour prendre rendez-vous en-ligne, compléter son historique, accéder à ses données de santé ;
    • une application qui permet au patient de suivre ses prescriptions (plus de 400 000 téléchargements, décembre 2017) ;
    • de nombreuses bases de données de haute qualité pour les professionnels de santé, chercheurs, institutionnels ;
    • le Copenhagen HealthTech Cluster, qui crée partenariats, opportunités et croissance pour les entreprises du secteur.

    Le système de santé du Danemark peut s’appuyer sur une richesse de données (plurisectorielles et récoltées à différentes périodes) car la data fait historiquement partie du modèle social danois. Cependant, le manque d’intégration freine la dynamique e-santé du pays et constitue donc un enjeu majeur de sa stratégie 2018-2022, tout comme la sécurisation des données sensibles.

    Le tableau présentant la stratégie e-santé du Danemark est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien.