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  • Europe (MDR) : Bruxelles désigne 4 entités chargées d’attribuer l’identifiant unique (IUD) aux DM

    La Commission européenne a désigné 4 organisations habilitées à attribuer l’identifiant unique (UDI) prévu pour chaque dispositif médical, dans le cadre des nouveaux règlements européens MDR (sur les dispositifs médicaux) et IVDR (sur les dispositifs de diagnostic in vitro). C’est l’objet de la décision d’exécution (UE) 2019/939 datée du 6 juin 2019 et publiée au Journal officiel de l’Union européenne le 7 juin 2019.

    Les 4 organisations qui ont répondu à l’appel à candidatures lancé par la commission le 21 décembre 2018 ont été habilitées. Il s’agit :
    • de GS1 AISBL, basé à Bruxelles ;
    • du HIBCC (Health Industry Business Communications Council), basé à Phoenix, dans l’Arizona;
    • de l’ICCBBA, basée à Redlands, en Californie ;
    • de l’IFA GMBH (Informationsstelle für Arzneispezialitäten), basée à Francfort.

    La décision précise que ces désignations « restent valables pour une période de cinq ans à compter du 27 juin 2019 ». Au terme de cette période, chacune de ces désignations peut être renouvelée pour une nouvelle période de cinq ans « si l’entité d’attribution satisfait toujours aux critères de désignation et aux modalités de désignation », est-il indiqué.

    Le système d’identification unique est déjà en vigueur aux États-Unis : GS1, le HIBCC et l’ICCBBA sont habilitées par la FDA pour attribuer les identifiants uniques aux dispositifs médicaux.

  • Accès aux soins : une inégalité sociale, accentuée par l’essor des outils numériques (Medicine4i)

    35 % des ouvriers ont recours à des sites de prise de rendez-vous en ligne, contre 55 % des cadres, relève une étude Harris interactive réalisée pour la société de conseil et de technologies en santé Medicine4i, qui met notamment en avant le fait que les délais moyens d’attente pour un rendez-vous chez un spécialiste peuvent aller du simple au double selon la catégorie socio-professionnelle du patient ou la région, la Bretagne, le Centre-Val de Loire, la Normandie et les Pays de la Loire apparaissant comme les régions les plus « à la traîne » en la matière.

    Des raisons d’ordre culturel, « et notamment celle d’une bonne appropriation des stratégies à mettre en œuvre pour accéder aux soins », expliqueraient en partie ces différences, analysent les auteurs de l’enquête, publiée le 11 juin 2019 et que Health & Tech Intelligence a pu consulter. Le développement des solutions digitales de santé figurent ainsi parmi les facteurs renforçant cette fracture sociale. L’étude montre que l’utilisation d’outils numériques de santé, favorisant l’accès aux soins, est plus développée chez les cadres que les ouvriers. En dehors de l’usage d’outils de prise de rendez-vous en ligne, les cadres se sentent également plus « autorisés » à échanger par email ou par téléphone avec leurs médecins, en dehors des consultations.
    Selon l’enquête, « un quart des personnes interrogées se trouvent confrontées à une prise en charge médicale dégradée », parce qu’employé ou ouvrier.

    De manière générale, les résultats s’avèrent « à bien des égards disruptifs par rapport au discours ambiant, montrant une dégradation qui va bien au-delà des déserts médicaux« , indique Mathias Matallah, président de Medicine4i (source : Le Monde).

    Le sondage a été réalisé par Harris interactive en février auprès d’un échantillon représentatif de 4 000 Français.

    Les ouvriers consultent moins les spécialistes que les cadres

    L’enquête montre que, d’une manière globale, les ouvriers consultent moins les spécialistes que les cadres et les professions libérales :

    • au cours des trois dernières années, 16 % ont consulté un cardiologue, contre 24 % des cadres ;
    • et 52 % ont consulté un ophtalmologue, contre 75 % des cadres.

    De plus, les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous sont plus importants chez les ouvriers que chez les cadres :

    • les ouvriers attendent en moyenne 70 jours pour obtenir un rendez-vous avec un cardiologue, contre 53 chez les cadres ;
    • et 128 jours en moyenne pour obtenir un rendez-vous avec un ophtalmologue, contre 78 chez les cadres.

    Autre constat, 24 % des ouvriers n’ont pas eu de prise de tension lors de leur dernière consultation chez leur médecin traitant, contre 12 % chez les cadres.

    « Cela tient-il à une forme de réserve plus prononcée dans les milieux populaires devant la figure du médecine et à la crainte de demander un examen ? Ou les médecins eux-mêmes ont-ils tendance, même inconsciemment, à ne pas proposer à tous les patients les mêmes conditions de prise en charge de leur santé ? », questionnent les auteurs de l’enquête pour expliquer cette différence.

    Autres enseignements clés de l’étude Medicine4i

    Des inégalités régionales : la Bretagne, le Centre-Val de Loire, la Normandie et les Pays de la Loire « à la traîne »

    La Bretagne, le Centre-Val de Loire, la Normandie et les Pays de la Loire, soit 22 % de la population adulte en France métropolitaine, sont « particulièrement à la traîne » en matière d’accès aux soins, indiquent les auteurs de l’étude. Dans ces régions, les délais d’attente sont nettement supérieurs à la moyenne nationale pour quasiment toutes les spécialités observées.

    • « Le Grand Ouest se désertifie progressivement en termes d’accès à la médecine spécialisée, et la Bretagne est une région particulièrement sinistrée, précise Mathias Matallah, président de Medicine4i (source : Le Monde). Et si on y ajoute une partie du Nord-Est où la situation n’est guère meilleure, on est probablement même plus près d’un Français sur trois. »
    • En Bretagne, il faut patienter en moyenne deux fois plus qu’en Île-de-France pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste, quelle que soit la spécialité.
    • Dans le Centre-Val de Loire, le délai d’attente pour obtenir un rendez-vous avec un ophtalmologue est en moyenne de 137 jours, contre 61,4 jours en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    Délai moyen d’attente pour avoir un rendez-vous par région :

    Des délais d’attente raisonnables en médecine générale mais très élevés dans toutes les spécialités quelle que soit la région :

    Au niveau national, « la situation s’est dégradée partout sauf en ophtalmologie »

    De manière générale, « la situation s’est [en moyenne] dégradée partout sauf en ophtalmologie » depuis 2012 au niveau national, note Mathias Matallah, qui s’appuie sur des enquêtes menées ces dernières années auprès d’échantillons de 1 000 personnes (Jalma-Ifop).

    • en ophtalmologie, les délais moyens sont ainsi passés de 104 jours en 2012 à 101 jours en 2019, « même si on reste au-delà de 100 jours et qu’un sondé sur quatre déclare toujours un délai supérieur à 180 jours », précise le président de Medicine4i.
    • Les délais continuent de s’allonger dans les autres spécialités :
      • entre 2012 et 2019, le délai moyen pour obtenir un rendrez-vous avec un cardiologue est passé de 38 à 61 jours ;
      • il est passé de 33 à 47,5 jours pour un ORL sur la même période.

    Une étude de la Drees publiée en 2014 présentait les délais d’attente avant l’obtention d’un rendez-vous comme le deuxième motif de renoncement aux soins après les raisons d’ordre financier.

    Une prise en charge « bâclée »

    L’étude montre par ailleurs qu’un Français sur quatre estime être confronté à une prise en charge « bâclée », avec une consultation chez le spécialiste durant moins de quinze minutes en moyenne.

    De plus, un Français sur trois indique ne recevoir aucune explication sur ses traitements ou leurs effets secondaires.

  • Congrès européen de cardiologie : du 31 août au 4 septembre 2019 à Paris (deadline AAP : 28/07)

    Le congrès de la Société européenne de cardiologie aura lieu du 31 août au 4 septembre 2019 à Paris, au parc des expositions de la porte de Versailles dans le 15ème arrondissement.

    Plus de 32 000 professionnels de santé provenant de 150 pays sont attendus pendant ces 5 jours pour assister à 500 sessions d’experts qui porteront notamment sur les différentes spécialités existantes dans le domaine de la cardiologie. Des programmes dédiés aux jeunes cardiologues, aux médecins généralistes et aux infirmiers ainsi qu’un programme consacré aux urgentistes organisé avec la Société française de cardiologie seront également proposés dans le cadre de l’événement. 

    Les inscriptions sont à réaliser via ce lien avant le 31 juillet 2019.

    À noter par ailleurs qu’un appel à projet, auquel il est possible de candidater via ce lien, a été lancé spécialement pour le congrès afin de donner une chance aux acteurs ayant développé une innovation de la partager au cours de l’événement. Les propositions sont ouvertes jusqu’au 28 juillet 2019. 

    Le programme détaillé des 5 jours est téléchargeable ci contre.

  • SantéDom Stat : un observatoire de l’activité des PSD pour mieux négocier avec les pouvoirs publics

    La Fédération des Psad, l’UNPDM et l’Upsadi, les trois organisations représentatives de la profession des prestataires de santé à domicile (PSD) et des prestataires de services et distributeurs de matériels (PSDM), lancent SantéDom Stat, un observatoire national de l’activité des PSD et PSDM. Il s’agit d’un outil stratégique à destination des prestataires conçu pour les aider à maîtriser et à piloter leurs activités.
    SantéDom Stat fournira en continu « des données fiables et actualisées pour mieux comprendre et analyser ce secteur en plein développement », expliquent les partenaires dans un communiqué publié le 13 juin 2019.

    Openhealth, spécialisé dans l’analyse des données de santé, est chargé de la mise en œuvre de l’outil. Plus précisément, l’observatoire se basera sur la collecte et le traitement quotidiens des données anonymisées d’activité des prestataires, réalisés en temps réel au sein de l’environnement sécurisé fourni par l’entreprise française, qui hébergera SantéDom Stat sur sa plateforme en ligne The Hub, outil d’analytics full web*.

    Par le biais de SantéDom Stat, les organisations représentatives de la profession et leurs adhérents auront à leur disposition des indicateurs sur l’économie de leur secteur, leur permettant d’être mieux armés pour des négociations avec les pouvoirs publics.

    Les PSD et PSDM accompagnent plus de 2 millions de patients à domicile chaque jour, rappellent les 4 partenaires, participant ainsi à la mise en œuvre du virage ambulatoire, l’un des éléments centraux de la stratégie nationale de santé.

    Un observatoire pour mieux négocier avec les pouvoirs publics

    L’objectif de ce projet commun est notamment de permettre à la profession « de se renforcer, de manière responsable et transparente, dans la négociation avec les pouvoirs publics », notent les partenaires (communiqué).

    « Un outil de pilotage et de négociation « objectif » » (Upsadi)

    « Si le secteur de la prestation de santé à domicile est dynamique en majorité, pour des questions démographiques, le budget de l’État dévolu à la santé n’évolue pas au même rythme, loin s’en faut ! Entre les deux, les prestataires doivent être armés pour pouvoir défendre leurs positions et continuer à exercer leur mission dans l’intérêt des patients, commente Didier Daoulas, président de l’Upsadi. Avec SanteDom Stat, nous allons enfin nous doter d’un outil de pilotage et de négociation « objectif » qui nous permettra de discuter à armes égales avec le ministère. »

    « Nous souffrons [d’un] déficit d’informations permettant d’appréhender au mieux l’activité des PSDM » (UNPDM)

    L’avis est partagé par Fabrice Camaioni, président de l’UNPDM. « Les négociations avec le CEPS portant essentiellement sur des révisions tarifaires des produits et prestations inscrits à la LPPR, il est fondamental que les organisations syndicales disposent de toutes les données, sectorielles et/ou globales, estime-t-il. Aujourd’hui, nous travaillons sur des statistiques fournies par l’Assurance maladie sans que nous ayons la certitude de leur exhaustivité. Je considère que le combat est inégal et nous souffrons de ce déficit d’informations permettant d’appréhender au mieux l’activité des Prestataire de services et distributeur de matériels (PSDM). Les choses doivent changer et cela par la création d’un outil que chaque PSDM se doit d’alimenter, pour sa propre défense professionnelle. »

    « Un moyen d’objectiver nos analyses » (Fédération des Psad)

    « Cet outil est absolument indispensable dans un contexte budgétaire de plus en plus contraint, où l’anticipation des évolutions passe par une analyse fine de l’activité, complète Charles-Henri des Villettes, président de la Fédération des Psad. Il constitue en outre un moyen d’objectiver nos analyses et favorise, pour chacun, une meilleure connaissance de son activité par rapport au marché. »

  • La Smart Buildings Alliance élabore une « matrice servicielle » pour concevoir l’hôpital numérique

    « Le principe est de mettre au centre les acteurs de l’écosystème hospitalier, d’identifier l’ensemble de leurs besoins spécifiques et d’y faire correspondre les solutions ou famille de solutions technologiques les plus adaptées à leurs usages. » C’est ainsi que la SBA (Smart Buildings Alliance for Smart Cities) présente le projet de « matrice servicielle » pour l’hôpital numérique qu’elle a lancé via le groupe de travail « Smart Hospital ». Emmanuel François, président de l’association, en a livré les lignes directrices lors des 59es Journées d’études et de formation des IHF (Ingénieurs hospitaliers de France) organisées du 5 au 7 juin 2019 à Villejuif (Val-de-Marne).

    « De l’idée stratégique d’un hôpital numérique ou digital ne reste souvent que des modèles de conception qui sont répétés faute d’accompagnement, de compréhension ou d’outils pour libérer les transversalités », regrette la SBA. Elle y voit la nécessité d’un document exhaustif permettant aux décideurs de « se positionner très en amont des projets sur les axes de déploiement du numérique au sein de leur établissement [et sur] les usages souhaités en relation avec les éventuels manquements existants ou cibles visées ».

    Selon l’organisation, les patients, leurs accompagnants, les équipes médicales, les gestionnaires, les fonctions supports et les directions « sont ainsi plus facilement impliqués dans les critères de choix de conception ». De cette matrice se dégagent 3 enjeux majeurs auxquels le numérique est à même de répondre :
    • améliorer l’expérience des patients ;
    • améliorer la performance globale de l’hôpital ;
    • améliorer et augmenter l’expérience des personnels de l’hôpital.

  • DM : le diabète à l’origine de 20 % des dépenses de santé (cartographie médicalisée, Cnam)

    « Au sein du poste regroupant l’ensemble des « autres produits de santé », le diabète est à lui seul à l’origine de 20 % des dépenses », relève la Cnam dans la présentation de sa nouvelle Cartographie médicalisée des dépenses de santé, dans laquelle elle se penche sur le poids des pathologies et traitements dans les dépenses d’Assurance maladie de 2012 à 2017.

    Dans ce rapport, publiée le 12 juin 2019, la caisse insiste sur « le développement de l’insulinothérapie » et « l’arrivée de nouveaux dispositifs médicaux (DM) », tels que les lecteurs de glycémie FreeStyle Libre (Abbott), remboursés depuis le 1er juin 2017. Elle attribue à ces remboursements de DM la « hausse de la dépense moyenne » par patient s’agissant du diabète, alors qu’on observe simultanément « une baisse continue des dépenses moyennes du poste médicament ».

    « Une vigilance s’impose donc pour les années à venir sur le poste « autres produits de santé » en particulier », conclut l’Assurance maladie, qui souligne parallèlement l’impact des mesures de régulation mises en œuvre pour limiter les dépenses de médicaments anti-diabète (baisse de prix, actions de maîtrise médicalisée).

  • Suisse : la numérisation des cabinets progresse moins vite que celle des hôpitaux (eHealth Barometer)

    En Suisse, la numérisation des cabinets médicaux progresse lentement par rapport aux hôpitaux, ce qui a des conséquences sur leur productivité, soulève le Swiss eHealth Barometer 2019, réalisée par l’institut Gfs.bern pour le compte d’InfoSocietyDays, organisateur d’un congrès annuel (mars) situé à Berne et composé du forum Swiss eGo-vernment ainsi que du Swiss eHealth Forum.

    Les cabinets médicaux : 56 % des médecins suisses possèdent une solution logicielle qui permet de gérer l’historique patient (2019), dont un tiers trouvent le système incomplet et lent. Beaucoup renoncent à passer par le cap de la transition numérique, notamment à cause du travail de retranscription supplémentaire à fournir. L’échange de données avec d’autres acteurs de santé a quant à lui augmenté pour les cabinets médicaux, avec plus de deux tiers d’entre eux qui sont actuellement en mesure d’échanger leurs informations de manière numérique.

    Les hôpitaux : plus de 80 % des établissement suisses ont déjà adopté une stratégie numérique et possèdent un système informatique. D’ici 2020, tous les hôpitaux devront introduire le dossier patient électronique (DPI) afin de simplifier le partage de données, qui est d’ailleurs très développé dans les hôpitaux dont la plupart sont en réseau avec d’autres hôpitaux ainsi qu’avec les laboratoires.

    Ce  baromètre sur la e-santé est établi depuis 2009 dans le cadre des InfoSocietyDays.

    Les cabinets médicaux et les solutions de gestion des données patients

    Les raisons pour lesquelles certains cabinets ont renoncé à déployer une solution de gestion des données patients

    Les motifs d’insatisfaction des cabinets médicaux à l’égard de leur solution de gestion des données patients

    Les échanges de données entre les acteurs du domaine de la santé

    Question posée aux sondés : « Avec qui êtes-vous connectés en réseau ? » 

    • Médecins de cabinet
    • Hôpitaux
  • Asie : la Chine, leader sur l’usage des technos numériques de santé (Future Health Index, Philips)

    La Chine et les autres marchés émergents sont les leaders mondiaux en termes d’utilisation de technologies numériques de santé. C’est ce qui ressort de l’étude Future Health Index 2019* commandée par Philips, qui relève également que les professionnels de santé en Chine sont plus enclins que leurs homologues occidentaux à recommander à leurs patients l’usage de solutions permettant d’assurer à domicile le suivi de leur pression artérielle et d’autres constantes de santé.

    Autre informations clés de ce rapport, publié en juin 2019, l’adoption générale de l’autosurveillance par les patients chinois a contribué à ce que le pays devienne le plus grand marché d’appareils portables. Des tendances similaires, observées dans d’autres pays qualifiés par Philips de « précurseurs numériques », comme l’Inde et l’Arabie saoudite, soutiennent une croissance sur ce marché supérieure à la moyenne, constate le groupe néerlandais.

    De manière générale, Philips pense que ces pays précurseurs peuvent servir d’exemple à d’autres pays et aider à mettre en avant les avantages perçus de ces technologies, l’enquête mettant notamment en avant le fait que les patients qui partagent leurs données de santé estiment recevoir des soins de meilleure qualité. Néanmoins, l’adoption généralisée des technologies numériques de santé crée de nouveaux obstacles à leur utilisation. En Asie, les professionnels de santé sont beaucoup plus susceptibles d’avoir accès à des systèmes de partage de données que leurs homologues européens, la législation à ce sujet étant plus souple, mais ils semblent tout autant préoccupés par les sujets relatifs à la confidentialité des données.

    Santé numérique : les marchés émergents mènent la cadence selon Philips

    Depuis la publication de son premier Future Health Index, en 2016, Philips a identifié les moyens par lesquels les économies émergentes influencent l’Occident en matière d’adoption et d’utilisation des technologies numériques de la santé.

    Le rapport de 2016 indiquait que les marchés émergents étaient les leaders mondiaux en matière de partage de données. En Chine et aux Émirats arabes unis, respectivement 58 % et 46 % des patients, avaient partagé des données issues d’appareils connectés avec des professionnels de santé. Tandis qu’au Royaume-Uni, en Suède et en Allemagne, les proportions étaient respectivement de 26 %, 17 % et 12 %.

    Les tendances observées en 2016 se confirment en 2019

    Ce constat et d’autres résultats soutenant la même tendance ont conduit Philips à estimer que les pays émergents avaient le potentiel de devancer les économies établies et de devenir précurseurs dans le domaine des technologies numériques de santé. Dans son étude 2019, le groupe suggère que cette prédiction est désormais devenue une réalité.

    « En 2019, nous constatons que certains [pays] ont déjà fait un bond en avant et que ces technologies font de plus en plus partie de l’expérience de soins quotidienne des professionnels de santé et des patients », analyse l’entreprise néerlandaise dans son dernier rapport.

    Technos numériques : une implication à la fois des professionnels de santé et des patients

    Plusieurs signes indiquent que cet attrait pour les technologies numériques est en train de remodeler l’offre de soins dans les économies émergentes.

    • En Chine, 60 % des professionnels de santé conseillent toujours ou souvent à leurs patients d’utiliser des solutions numériques pour surveiller à domicile leur pression artérielle, alors que la moyenne des 15 pays observés s’établit à 44 % ;
    • 80 % des citoyens chinois qui utilisent des technologies numériques ou des applications mobiles de santé contactent des professionnels de santé sur la base des données qu’ils ont recueillies par eux-mêmes, tandis que la moyenne des 15 pays étudiés est de 47 % : à noter que les citoyens d’Arabie saoudite et de l’Inde arrivent en deuxième et troisième position, avec respectivement 74 % et 70 % d’entre eux qui agissent en réaction aux données qu’ils ont récoltées.

    Pourcentage de professionnels de santé utilisant une technologie numérique ou une application mobile de santé :

    Une plus grande appétence pour l’IA et la télémédecine

    L’ensemble des résultats se fondent sur les prévisions de croissance du marché des appareils portables. Ainsi, les ventes des technologies en Inde et en Arabie saoudite devraient progresser respectivement de 5,8 % et 5,6 %, contre une moyenne de 4,5% dans les 15 pays.

    39 % des citoyens de Chine ont une vision positive de l’IA

    Autre information clé, les citoyens de Russie (42 %), de Chine (39 %) et d’Arabie saoudite (36 %) sont davantage susceptibles d’avoir une perception positive de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine des soins (association d’un diagnostic plus précis à l’utilisation de l’IA) que leurs homologues étrangers (moyenne à 30 % pour les 15 pays observés).

    La télémédecine plus adoptée en Chine qu’en Occident

    Par ailleurs, le rapport note que l’Inde, l’Arabie saoudite et en particulier la Chine ont davantage adopté la télémédecine que les autres pays, en raison peut-être de la faible densité de médecins, qui rend les consultations à distance plus attractives.

  • Traçabilité des DM : un code d’identification individuel sera nécessaire pour chaque produit (décret)

    Les fabricants et distributeurs de dispositifs médicaux (DM) devront obtenir d’ici au 1er janvier 2020 au plus tard un code d’identification individuel pour chaque produit afin de bénéficier d’une prise en charge par l’Assurance maladie. C’est ce qu’affirme le décret n° 2019-571, daté du 11 juin 2019 et paru au Journal officiel du 12 juin 2019 : cette disposition s’applique aux DM inscrits par « description générique » sur la liste des produits et prestations (LPP) de la Haute autorité de santé (HAS) et ne disposant pas encore d’un code d’inscription.

    Ce décret s’inscrit dans la perspective de l’entrée en vigueur en mai 2020 du règlement européen 2017/745 qui prévoit la mise en place d’un système d’identification unique des produits (IUD) afin de faciliter la traçabilité des dispositifs. Il s’agit notamment d’améliorer la notification des incidents et de lutter contre la falsification de DM.

    Ce code individuel sera obligatoire :
    le 1er novembre 2019 pour les titres III et V de la liste, soit respectivement pour les implants et les DM invasifs ou nécessitant d’être posés par un médecin ;
    le 1er décembre 2019 pour les titres IV et II de la liste, soit respectivement pour les véhicules pour personnes handicapées et pour les orthèses, les appareils auditifs, les prothèses externes non orthopédiques, les prothèses oculaires et faciales ainsi que les chaussures orthopédiques ;
    le 1er janvier 2020 pour le titre I de la liste, soit pour les appareils d’assistance respiratoire, l’oxygénothérapie à domicile ou pour les dispositifs médicaux de maintien à domicile ;

    La demande d’obtention des codes devra être effectuée par le fabricant ou le distributeur « au plus tard quatre mois » avant ces dates butoir.

    Il est précisé dans le texte que lorsque le code individuel doit être détenu par le fabricant, la demande de code est à effectuer en ligne par celui-ci, « en utilisant un formulaire accessible depuis le site internet du ministère chargé de la Santé et de la Sécurité sociale ». Lorsque le code individuel doit être détenu par le distributeur, il « comporte le code permettant l’identification du distributeur ayant effectué la distribution du dispositif médical et de la prestation associée ». 

  • Analyse génétique : l’IA Diagen réduit les délais d’1 an à quelques semaines (F. Artiguenave-Traaser)

    « Diagen reproduit le raisonnement qu’aurait un généticien s’il disposait d’énormément de temps. » C’est ce qu’affirme François Artiguenave, directeur général de Traaser, jeune société membre du Génopôle d’Evry, spécialiste de l’analyse génétique par intelligence artificielle (IA), au sujet de son produit phare. La société a annoncé le 4 juin 2019 le lancement d’une validation clinique du logiciel expert Diagen, réalisée avec l’hôpital parisien Tenon (AP-HP), qui expérimentera cette solution d’analyse génétique dans le domaine des maladies rénales.

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, François Artiguenave détaille l’apport de l’aide au diagnostic par l’IA en matière d’analyse génétique, précisant que Diagen contribue à réduire les délais d’attente de résultats d’un an à quelques semaines. Il revient par ailleurs sur les raisons qui ont poussé son équipe à faire le choix de la néphrologie et donc de l’hôpital Tenon, dont le service de néphrologie est l’un des plus réputés en France, pour la validation clinique du système. Il annonce par ailleurs que Traaser participera à partir de la fin de l’année à un essai clinique avec Transgene, une société d’immunothérapie qui produit des vaccins contre le cancer.

    En quoi consiste précisément le logiciel Diagen ?

    Diagen est un système expert qui assiste le médecin pour formuler des hypothèses de diagnostic. En s’appuyant sur des signes cliniques du patient relevés par le médecin, il facilite le travail du laboratoire d’analyse génétique en filtrant et en interprétant les résultats provenant du séquençage d’ADN par rapport aux informations et interrogations qu’a procurées le médecin. Le principe consiste à lire la molécule ADN composant le génome, à y repérer des gènes et à y trouver des variations génétiques.

    La difficulté de l’interprétation du génome, c’est qu’il y a énormément d’informations, il faut traiter des millions de bases, voire des milliards, et des dizaines de milliers de gènes. Il faut pouvoir se demander pour chacun s’il peut être corrélé à la maladie, si une altération de ce gène-là peut entraîner la maladie, et, si oui, dans quelle mesure. 

    Quel est le but recherché ?

    Avec Diagen, non seulement on améliore la qualité du diagnostic, mais surtout on accélère le processus, le réduisant à quelques semaines, alors que quand les cliniciens font des demandes d’analyse, le temps d’attente des résultats peut aller jusqu’à un an. L’étape d’interprétation est très complexe et très longue, les demandes d’analyse sont en nette augmentation et les généticiens, peu nombreux, sont surchargés, c’est pourquoi il y a un engorgement des demandes. Diagen contribue à réduire significativement les délais.

    Votre solution pourrait-elle, à terme, remplacer l’expert humain ?

    L’objectif n’est pas de se passer de l’expert mais de lui donner un moyen d’avoir des résultats plus précis, plus justes et plus rapidement. Diagen reproduit le raisonnement qu’aurait un généticien si ce dernier disposait d’énormément de temps, grâce à des règles logiques de décision qu’on a automatisées, qui reposent sur des logiques métier. L’outil présente les résultats qu’il juge les plus pertinents, et c’est l’expert qui décide à la fin si c’est pertinent ou pas, et qui engage sa responsabilité sur le diagnostic.   

    Pourquoi avez-vous décidé de collaborer avec l’hôpital Tenon pour votre validation clinique ?

    Nous avons d’abord fait le choix de la néphrologie. La génétique s’intéresse traditionnellement aux maladies rares, au cancer, à certaines pathologies neurodégénératives, aux maladies métaboliques… Ce n’est que récemment qu’on s’est rendu compte de l’importance de la génétique en néphrologie : 30 à 40 % des problèmes d’insuffisance rénale peuvent être expliqués par les gènes, de sorte qu’aujourd’hui le monde de la néphrologie est très demandeur de profilage génétique. D’autre part c’était un domaine où l’offre était insuffisante.

    C’est pour cela qu’on a fait le choix de l’hôpital Tenon, car son service de néphrologie, l’un des plus réputés en France, nous a semblé un partenaire idéal pour ces travaux. Nous travaillons également avec cet établissement sur des systèmes de mesure de compatibilité génétique des greffes, car les facteurs de rejet sont avant tout génétiques. Avoir accès au génome d’un donneur permet de mesurer les risques de rejet, et l’hôpital Tenon est assez fort dans ce domaine. 

    Avez-vous prévu d’établir d’autres partenariats dans les mois ou années à venir ?

    Nous participerons également à partir de fin 2019 a un essai clinique avec Transgene, une société d’immunothérapie qui produit des vaccins contre le cancer. Nos solutions d’intelligence artificielle fournissent un profilage moléculaire de la tumeur qui permet d’avoir une analyse prédictive.

    La technologie Diagen est employée pour prédire la réactivité à l’immunothérapie, proposer des thérapies alternatives s’il y en a, en quelque sorte faire un triage des patients. Ces analyses servent à orienter la fabrication des vaccins : ces derniers sont fabriqués à façon en fonction du génome de la tumeur. La question est de savoir quels sont les bons épitopes (déterminants antigéniques) à cibler pour fabriquer le vaccin.