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  • « Le Health Data Hub peut être l’une des plus belles bases de données de santé au monde » (E. Bacry)

    « Mes missions sont de mobiliser, d’associer et de faire participer les acteurs de l’écosystème (académiques, industriels, start-ups) dans le cadre de la mise en place du hub. Je suis aussi en charge de l’organisation d’événements et du suivi scientifique des projets lauréats dévoilés en avril (AAP) », explique le chercheur Emmanuel Bacry, directeur scientifique du futur Health Data Hub (HDH) et également directeur de recherche au CNRS à l’université Paris-Dauphine.

    Sa nomination au sein du HDH, annoncée en avril, fait suite à la transformation de l’Institut national des données de santé (INDS) en « plateforme de données de santé » (le Health Data Hub) prévue dans le cadre du projet de loi santé, sur lequel députés et sénateurs sont parvenus le 20 juin à un accord en commission mixte paritaire (CMP).

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, Emmanuel Bacry revient sur l’état d’avancement du hub et des 10 projets lauréats de l’AAP (sur 189), précisant qu’ils devraient « avoir une idée très claire des besoins de chaque projet à la fin du mois de juin pour lancer, si besoin, les procédures juridiques nécessaires ». Il partage aussi sa vision plus globale de l’initiative. « Nous souhaitons que le Health Data Hub soit non seulement bien sûr une plateforme de données mais aussi une plateforme de mise en relation de compétences et d’intérêts, que lorsqu’il est question de données de santé, que ce soit en France ou à l’étranger, on se tourne naturellement  vers le hub », commente-t-il entre autres, ajoutant qu’en cas de succès, « la France pourrait être au centre du secteur des données et le Health Data Hub être l’une des plus belles bases de données de santé au monde« .

    La création du Health Data Hub en France vise à contribuer à favoriser l’innovation médicale par le traitement de volumes massifs de données de santé. Le projet dans sa globalité est doté d’une enveloppe de 80 millions d’euros sur 4 ans.

    « Je souhaite que le hub soit une plateforme de données mais aussi de mise en relation de compétences et d’intérêts »

    Quelles sont précisément vos missions en tant que directeur scientifique du Health Data Hub (HDH) ?

    Emmanuel Bacry : Je travaille pour le projet « Health Data Hub ». Mes missions sont de mobiliser, d’associer et de faire participer les acteurs de l’écosystème (académiques, industriels, start-ups) dans le cadre de la mise en place du hub. Je suis aussi en charge de l’organisation d’événements et du suivi scientifique des projets lauréats dévoilés en avril (AAP Health Data Hub).

    Ainsi par exemple, certains porteurs de projets souhaitent être mis en lien avec des académiques, collaborer avec des seniors pour vérifier la bonne conduite scientifique de leur projet.

    De façon plus générale, nous souhaitons que le Health Data Hub soit non seulement bien sûr une plateforme de données mais aussi une plateforme de mise en relation de compétences et d’intérêts, que lorsqu’il est question de données de santé, que ce soit en France ou à l’étranger, on se tourne naturellement  vers le hub. Notre objectif est que le HDH fasse de la mise en réseau, réunisse tous les acteurs, privés et académiques, centralisent toutes les questions relatives au sujet des données de santé.

    En avril, Jean-Marc Aubert, le pilote du projet Health Data Hub, a annoncé votre nomination en tant que directeur scientifique ainsi que d’autres recrutements à venir pour compléter l’équipe centrale du hub. Combien de personnes vont rejoindre le projet au total ?

    Actuellement, le Health Data Hub c’est encore l’INDS, soit une dizaine de personnes employées. La mission de constitution du hub est piloté par la Drees qui se fait aider par un certain nombre de consultants. Nous allons recruter petit à petit pour le futur HDH, en fonction des besoins des projets, en interne mais aussi en externe par le biais de prestataires (data scientists et data engineers par exemple). Je ne peux pas vous donner de chiffres précis pour l’instant.

    De mon côté, je cherche à mobiliser les différentes institutions de recherche françaises et par ce biais les chercheurs de ces institutions. Nombre d’entre eux devraient être intéressés pour nous aider à la constitution du hub et plus tard à être associés à son fonctionnement. Ils apporteront des expertises essentielles dont nous avons besoin et participeront aux différentes activités ou animations. Cela permettra par ailleurs de faciliter le recrutement, d’être plus attractifs.

    Si nous parvenons à assurer aux talents du secteur qu’ils vont côtoyer de grands noms, alors nous allons recruter très facilement.

    La création du hub est souhaitée par la ministre Agnès Buzyn avant le 31 octobre 2019. Pensez-vous pouvoir tenir ce calendrier ?

    Oui, l’idée étant que nous soyons prêts quand la loi sera définitivement votée (L’Assemblée nationale se prononcera sur les conclusions de la CMP le 10 juillet 2019 et le Sénat le 23 juillet). Il est en tout cas évident que nous aurons commencé à bien travailler avec les différents porteurs de projets à cette date.

    AAP : « Nous devrions avoir une idée très claire des besoins des projets à la fin juin »

    La collaboration avec les porteurs des 10 projets lauréats de l’appel à projets (AAP) Health Data Hub a débuté en avril. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

    Nous avons entamé la phase de cadrage. Nous sommes en train de les auditionner à nouveau pour bien identifier leurs besoins afin de mener à bien leur projet. C’est très complexe, il y a beaucoup de travail à accomplir avec chacun des porteurs, notamment du point de vue juridique.

    Nous devrions avoir une idée très claire des besoins de chaque projet à la fin du mois de juin pour lancer, si besoin, les procédures juridiques nécessaires.

    D’autres AAP ont été annoncés par Jean-Marc Aubert. Des dates précises ont-elles été fixées ?

    Il n’y aura pas d’autres AAP avant la fin 2019. Aucune date n’a encore été fixée pour les prochains appels mais, dans tous les cas, il y aura des événements organisés au premier semestre 2020. Nous devons déjà nous concentrer sur les 10 projets retenus en avril pour construire des bases solides, savoir quels sont les points pour lesquels le projet fonctionne et quels sont ceux qui posent problème. C’est comme cela que nous apprenons.

    L’idée, à terme, est de ne plus passer systématiquement par des appels mais de permettre à chaque acteur qui le souhaite de déposer une demande d’accès aux données du hub et aux producteurs de données d’y héberger leurs datas en respectant le principe de gouvernance unique du hub.

    « Nous sommes précurseurs mais il existe déjà des initiatives dans d’autres pays »

    La création du Health Data Hub en France va contribuer à favoriser l’innovation médicale par le traitement de volumes massifs de données de santé, mais le pays, et plus généralement l’Europe, souffrent encore d’un « vrai déficit » en plateformes d’intégration de données issues de plusieurs sources, a observé Bernard Hamelin, directeur monde de Sanofi en charge de la production de preuves médicales (Tic Pharma). Partagez-vous cet avis ?

    Nous sommes précurseurs mais il existe déjà quelques initiatives dans d’autres pays européens dans le domaine des données de santé. Nous regardons donc quels sont les modèles mis en place à l’étranger que nous pouvons imiter.

    Cependant, nous sommes parmi les premiers à proposer une telle plateforme de données de santé. Cela devrait permettre un rayonnement mondial et attirer de nombreux chercheurs étrangers.

    Est-il possible d’envisager une interopérabilité entre les différentes plateformes de données de santé européennes ?

    Nous pouvons rêver à un Health Data Hub européen, à une interopérabilité entre les plateformes issus de différents pays. Nous sommes d’ailleurs en train de regarder du côté de nos partenaires européens pour trouver une synergie entre nos projets. C’est un sujet que je vais observer de près.

    « Pour réussir, il faut que le HDH soit un projet en évolution et non figé »

    Dans quel état d’esprit êtes-vous quelques semaines après l’annonce de votre nomination ?

    Je suis toujours enthousiaste ! Nous sommes en mesure de créer quelque chose de magnifique. Je ne vois pas de freins particuliers à l’accomplissement de ce projet mais j’admets que nous avons un vrai défi à relever, des ambitions élevées, l’une de nos missions centrales étant de mettre en place une gouvernance qui fasse sens. Il faut aussi que nous organisions des think tanks et des comités scientifiques pour répondre notamment aux multiples questions qui se posent dans l’utilisation des données de santé (notamment d’ordre éthique). Pour réussir, il faut que le Health Data Hub soit un projet en évolution et non figé.

    Je suis partagé entre excitation et appréhension parce que tout est à faire, tout est à inventer. Il s’agit d’un projet unique, splendide, il faut juste que nous réussissions. Si nous parvenons à atteindre notre objectif, la France pourrait être au centre du secteur des données et le Health Data Hub être l’une des plus belles bases de données de santé au monde.

  • Téléconsultation : 16 000 actes remboursés entre septembre 2018 et fin mai 2019

    La Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam) confirme à Health & Tech Intelligence le chiffre de 16 000 téléconsultations remboursées entre le lancement du dispositif, le 15 septembre 2018, et la fin du mois de mai 2019, récemment dévoilé dans la presse.

    Un premier bilan publié le 26 mars 2019 par la Cnam faisait état de 7 939 actes de téléconsultations pris en charge au 17 mars dans le cadre de l’avenant n° 6 de la convention médicale. Le chiffre récent de 16 000 actes traduit une accélération de la pénétration de cette pratique dans le cadre du parcours de soin,
    même si l’objectif de 500 000 actes en 2019 semble toujours difficilement atteignable.

  • États-Unis : l’entreprise pharmaceutique McKesson rachète l’application Echo (UK)

    McKesson, maison-mère de la chaîne de pharmacies LloydsPharmacy, annonce l’acquisition d’Echo, une société britannique spécialiste de la gestion de prescriptions pharmaceutiques. Les détails financiers de l’opération n’ont pas été dévoilés.
    L’application Echo, disponible sous iOS et Android, permet de savoir à quel moment le traitement doit être pris, l’ordonnance renouvelée et le médecin traitant contacté pour le suivi. Elle offre au patient la possibilité de renouveler ses prescriptions mais également de se faire livrer les médicaments correspondants par la poste.

    Selon le communiqué daté du 19 juin 2019, cette acquisition s’inscrit dans la nouvelle stratégie de santé numérique du groupe, qui vise à fournir aux clients des moyens plus simples et plus pratiques de gérer leur santé en ligne, alors qu’au Royaume-Uni, quelque 29 millions de personnes, notamment atteints de maladies chroniques, ont besoin d’ordonnances renouvelables.

    McKesson est le grossiste avec lequel travaille Echo la plupart du temps, de sorte que de rapprochement augmente les possibilités de réaliser des économies d’échelle, indique Roger Hassan, P.-D.G. de la start-up britannique (source : Techcrunch).

  • Télémédecine : Hellocare lance Hellocare Platform pour les éditeurs de solutions numériques en santé

    Hellocare, qui propose une plateforme e-santé mettant en relation patients et professionnels de santé, annonce le lancement de Hellocare Platform après celui de ses solutions de téléconsultation Hellocare Connect et Hellocare Now. Déployée depuis avril 2019, ce nouvel outil s’adresse aux éditeurs de logiciels et de solutions numériques en santé qui souhaitent ajouter un service de télémédecine à leur offre.

    « Grâce à cette nouvelle solution, nous pouvons désormais équiper les éditeurs de solutions numériques de santé, en leur permettant de nous intégrer directement dans leurs outils. Ils gagnent ainsi plusieurs mois de développement et bénéficient des évolutions de nos solutions au fil de l’eau », commente Mathilde Le Rouzic, directrice de l’exploitation et co-fondatrice d’Hellocare, dans un communiqué publié le 18 juin.

    La start-up française met plus précisément à la disposition des équipes techniques des API (interface de programmation d’application) documentées. « Ce sont des points d’accès qui permettent de brancher les deux solutions pour appeler les briques technologiques souhaitées, explique la société. Les partenaires peuvent choisir leur niveau d’intégration et ainsi avoir une solution complètement intégrée à leurs interfaces. »

    La facturation est réalisée sur un modèle d’usage des API, « en fonction de l’utilisation qui est faite des services intégrés », est-il indiqué.

    Une solution pour équiper indirectement les professionnels de santé, dont les hôpitaux

    Fonctionnement de Hellocare Platform

    En utilisant Hellocare Platform, « les intégrateurs n’ont pas besoin de passer plusieurs mois à développer les briques que nous leur mettons à disposition et peuvent se concentrer sur leur déploiement commercial », note Mathilde Le Rouzic.

    La solution permet ainsi d’équiper de manière indirecte les professionnels de santé, notamment les hôpitaux, dont les patients ont besoin de consultations et d’un suivi régulier, indique la start-up. « Avec les intégrateurs, nous nous intéressons plus particulièrement aux professionnels qui proposent des solutions sur des marchés très spécifiques tels que la dépendance, le suivi ambulatoire ou encore de lourdes pathologies. Ils peuvent ainsi utiliser nos solutions de télémédecine en marque blanche*, totalement intégrées à leurs logiciels habituels », précise la directrice de l’exploitation de Hellocare.

    Créer une « synergie médicale autour du patient »

    Le but de cette nouvelle offre est de créer une « synergie médicale autour du patient », qui aura la possibilité de bénéficier d’une consultation et d’une prescription mis à disposition sur un espace sécurisé, indique la start-up.

  • Dessintey lève 1M€ pour accélérer la commercialisation de son dispositif de rééducation post AVC

    Dessintey, une start-up française qui développe une solution pour la rééducation post AVC, réalise un tour de table d’un millions d’euros auprès de Sham Innovation Santé, du Crédit Agricole Loire Haute-Loire, de Capital Innovation ainsi que d’investisseurs privés et professionnels de santé.

    Avec cette opération, annoncée le 19 juin 2019, la société a pour objectif d’accélérer la commercialisation de son dispositif médical en Europe (Autriche, Italie, Espagne et les pays nordiques), après avoir commencé a s’intéresser au marché suisse et allemand. Elle a pour le moment déjà vendu 25 de ses dispositifs en France. Elle estime un potentiel de marché européen de 4 000 centres dédiés aux soins de suite et de réadaptation.

    Du côté R&D, Dessintey souhaite se renforcer pour que, d’ici 2024, la société atteigne un chiffres d’affaires de 10 millions d’euros et compte 35 salariés, au lieu de 7 actuellement.

    La start-up développe une solution clinique créée pour la rééducation post AVC baptisée « Intensive Visual Simulation 3 » (IVS3). Basé sur le concept de la thérapie miroir, le dispositif composé d’un logiciel, d’une caméra et d’un système d’écrans remplace l’image du membre malade par une images de mouvement créé à partir du membre valide. Ce système permet de tromper le cerveau pour aider à reconstruire les circuits moteurs et sensoriels par le biais d’une stimulation de la plasticité cérébrale du patient.

  • Étude : un e-tatouage surveillerait mieux le cœur qu’un électrocardiographe (Advanced Science)

    Des ingénieurs de l’université du Texas (Austin) ont développé un tatouage électronique pouvant analyser un ensemble de signes vitaux à travers la peau. Dans une étude* publiée le 21 mai 2019 dans la revue Advanced Science, ils montrent que ce e-tattoo est le tout premier dispositif capable de surveiller le cœur grâce à 2 techniques complémentaires : l’électroencéphalographie et la sismographie. Cette double lecture rend le monitoring de la santé cardiaque plus précis et réalisable à distance.

    À la recherche de dispositifs cardiaques portables

    Les maladies cardiovasculaires (MCV) sont la principale cause de décès dans la monde et la seconde en France. La prise en charge de ces 3,5 millions de personnes souffrant de ces pathologies coûte plus de 15 milliards d’euros. Par conséquent, des dispositifs portables sont en cours de développement pour permettre une surveillance cardiovasculaire continue des patients en télémédecine et en ambulatoire. La technique la plus répandue est l’électrocardiogramme (ECG).

    Des dispositifs portables, tels que les holters, ont été développés pour suivre en continu l’ECG. Cependant, l’ECG n’enregistre que l’activité électrique qui traverse le cœur. Une autre technologie appelée « sismo-cardiographie » (SCG) mesure les vibrations thoraciques induites sur le sternum par les battements du cœur. Ces signaux fournissent des informations importantes sur la santé cardiovasculaire qui complètent celles déduites de l’ECG. Mais, si depuis l’introduction de l’électronique épidermique, de nombreuses avancées ont été réalisées dans les électrodes ECG souples, le développement de capteurs SCG souples a peu progressé. Ils sont toujours fabriqués à partir de matériaux non étirables, ce qui les rend volumineux et inconfortables à porter.

    Un e-tatouage robuste et biocompatible

    Pour combler cette lacune, des ingénieurs de l’université du Texas (Austin) ont développé un tatouage électronique à base de graphène pouvant être placé sur la peau et pouvant mesurer des signaux électriques et biomécaniques. Il est actionné à distance par un smartphone. La dernière version de cet e-tattoo a été présentée dans la revue Advanced Science.

    Constitué d’un polymère piézoélectrique, ce patch est donc capable de générer sa propre charge électrique en réponse à des contraintes mécaniques. Ainsi, toute alimentation extérieure est inutile. L’appareil comprend également une technologie d’images numériques 3D utilisée pour cartographier les vibrations thoraciques afin de déterminer le meilleur emplacement sur la poitrine pour placer le tatouage. Une puce rigide d’à peine 2 millimètres d’épaisseur est montée sur un circuit flexible et extensible. De plus, le polymère piézoélectrique utilisé est disponible dans le commerce, robuste et biocompatible.

    Résultats : une meilleure compréhension de la santé cardiaque

    • Le e-tattoo a entièrement cartographié et analysé la déformation thoracique.
    • Le bord gauche du milieu du sternum était le point optimal pour les capteurs de sismo-cardiographie.
    • Les mesures d’ECG et de SCG sont bien prises de manière synchrone, ce qui permet d’estimer en continu la pression artérielle.

    Les battements du cœur sur smartphone

    Les concepteurs de ce patch estiment que « la collecte synchrone de données provenant des deux sources permet de mieux comprendre la santé du cœur ». En outre, ils soulignent que « cet appareil peut être porté pendant des jours, offrant une surveillance cardiaque constante. » Les ingénieurs travaillent déjà à l’amélioration de la collecte et du stockage des données ainsi qu’à des moyens d’alimenter le tatouage électronique sans fil pendant de plus longues périodes. Ils ont récemment développé une application pour smartphone qui stocke les données en toute sécurité et peut également afficher les battements d’un cœur à l’écran en temps réel.

    Enfin, ce e-tattoo pourrait se révéler également utile dans d’autres contextes médicaux, tels que l’apnée obstructive du sommeil.

  • Silver éco : un rapport prône le développement massif des nouvelles technologies

    Le renforcement des moyens financiers et des effectifs du secteur du grand âge, notamment par le financement d’un référent technologie dans chaque établissement, est l’idée centrale qui ressort des 10 préconisations mises en avant dans le rapport sur « les innovations numériques et technologiques en gérontologie ». Ce rapport, présenté le 20 juin 2019 au Conseil national de la silver économie, a été commandé en mars par le conseil à Jean-Pierre Aquino, médecin gériatre, secrétaire général de la SFGG, et à Marc Bourquin, conseiller technique à la FHF.

    Les auteurs partent du constat selon lequel les technologies de santé sont sous-utilisées dans la prise en charge des personnes âgées dépendantes, à cause du « techno-scepticisme » qui accompagne les innovations liées au vieillissement mais aussi à l’absence des innovations technologiques dans les politiques publiques la difficulté à soutenir le passage à l’échelle des solutions technologiques et numériques.

    Parmi les recommandations des 2 rapporteurs figure l’objectif d’un plan d’investissement de 3,5 milliards d’euros sur 10 ans subventionné à 50 % par le PLFSS, la CNSA ou les conférences des financeurs.

    Le document fait suite au rapport de Dominique Libault sur la concertation « Grand âge et autonomie », remis en mars à la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn. Il sera adressé avant la fin juin à la ministre ainsi qu’aux parlementaires.

    Une sous-utilisation du numérique en santé pour le grand âge

    Avec la progression de l’espérance de vie, le nombre de personnes touchées par les maladies liées à l’âge pourrait doubler tous les 20 ans, indiquent les chiffres officiels. Dans leur rapport, Jean-Pierre Aquino et Marc Bourquin présentent les nouvelles technologies comme un atout pour favoriser le maintien de l’autonomie et l’optimiser en fin de vie. Dans le cadre de cette publication, 21 acteurs du secteur du grand âge ont été interrogé sur les modifications de la prise en charge du grand âge et les craintes liées au déploiement du numérique en santé, notamment celui de la déshumanisation des soins.

    Selon les 2 rapporteurs, la dynamique du numérique en santé ne rencontre pas la révolution démographique et la silver tech demeure à l’état embryonnaire, y compris dans les Ehpad. Ce phénomène serait d’abord dû à un « techno-scepticisme » et à une crainte de la déshumanisation de l’accompagnement de la fragilité ou de la perte d’autonomie. Une vision démentie dans le rapport, dans lequel il est indiqué que l’utilisation intelligente et mesurée de la technologie permettra de multiplier les rapports humains entre les personnes âgées et les aidants.

    De plus, les innovations technologiques sont les grandes absentes des politiques publiques. Dans son rapport, Dominique Libault a reconnu cette absence et a encouragé la filière silver éco à s’emparer du sujet. Enfin, le passage à l’échelle des solutions technologiques et numériques est un enjeu. Notre pays propose un écosystème favorable à la création de start-up mais peine, selon les rapporteurs, à offrir un soutien suffisant à celles qui souhaitent passer à un niveau de distribution supérieure.

    Un socle commun de technologies

    Les auteurs du rapport préconisent ainsi la mise en place d’un « pack technologique » dans les établissements accueillant des personnes âgées pour engager la modernisation technologique. Ce pack permettrait de déployer à grande échelle des solutions nouvelles, d’abaisser les coûts de production et de mettre en route un processus d’acculturation en établissement et à domicile.

    Il intègrerait un « socle commun de technologies » avec :

    • des outils domotiques pour maintenir l’autonomie (luminosité, volets, télévision, rails de transfert, fauteuils électriques, clés électroniques…) ;
    • des dispositifs de « levée de doute » en Ehpad comme à domicile (détection électronique des chutes, géolocalisation) ;
    • des dispositifs de traçabilité et d’accès effectifs aux soins (dossiers patients informatisés et interopérables, télémédecine, verres connectés pour lutter contre la déshydratation, piluliers connectés pour assurer l’observance) ;
    • des outils favorisant le lien social et luttant contre l’isolement et les troubles cognitifs (robots sociaux, serious games, réalité virtuelle).

    Financer un référent technologie

    L’effort d’investissement supplémentaire est évalué à 5 000 euros par place soit 3,5 milliards d’euros sur les 10 ans qui viennent. Le PLFSS, la CNSA ou les conférences des financeurs pourraient subventionner un investissement massif à 50 %, soit 175 millions d’euros par an. Par ailleurs, le budget de fonctionnement des établissements et services serait abondé à hauteur de 600 millions d’euros.

    L’objectif de ce plan serait d’intégrer progressivement dans les tarifs l’amortissement des équipements à hauteur de 625 euros par an (renforcement du forfait soins de 430 millions d’euros) mais surtout de financer un poste de référent « technologie » partagé entre opérateurs à raison de 0,5 ETP pour 100 lits ou places, soit un coût de 170 millions d’euros pour l’ensemble des Ehpad, USLD, Ssiad.

    Un rapport complet sera adressé avant la fin du mois à la ministre des Solidarités et de la Santé ainsi qu’aux députés et sénateurs intéressés par ces sujets en prévision des prochains débats parlementaires.

  • Women Startup Challenge Europe : les femmes entrepreneurs mises à l’honneur (AAC)

    L’association Women Who Tech lance son appel à candidatures pour le lancement du Women Startup Challenge en Europe, programme féminin axé sur l’innovation en matière de technologies de la santé.

    « Seulement 10 % du financement des investisseurs vont à des start-ups de technologies de la santé dirigées par des femmes à l’échelle mondiale. Autrement dit, les progrès en matière de financement des jeunes entreprises dirigées par des femmes progressent à un rythme glacial – nous devons changer ce discours pour de bon « , commente Allyson Kapin, fondatrice de Women Who Tech, dans un communiqué diffusé le 20 juin 2019.

    Les inscriptions pour participer au challenge sont à réaliser avant le 1er août 2019 via ce lien.

    Women Who Tech est soutenue par Johnson & Johnson Innovation, JLABS, Craig Newmark Philanthropies et le bureau du maire de Paris. 

    Les 10 finalistes sélectionnés présenteront le 7 octobre 2019 à Paris un pitch auprès d’un jury d’investisseurs composé de Mozilla, de Google Ventures, de Techstars, d’Illuminate Ventures et d’OneRagtime ainsi que des rédacteurs techniques de la BBC et de TNW.

    Critères de sélection :

    • être une start-up dirigée par une femme (ou femme transsexuelle ou personne non-binaire*) ;
    • être une start-up axée sur la health tech ;
    • l’innovation technologique de la start-up doit être au stade de prototype ou avoir déjà été lancée ;
    • les candidatures doivent être déposées en anglais : les pitchs des finalistes devront aussi être en anglais ;
    • la start-up doit intégrer des technologies dans le produit qu’elle propose (l’utilisation de technologie pour vente de produits sur un site web ou utilisation de médias sociaux dans le système marketing ne peut être qualifiée d’utilisation de la technologie) ;
    • avoir collecté moins de 2,1 millions d’euros de sources combinées.

    Règles à respecter :

    • la start-up doit être située en Europe ou aux États-Unis avec une présence en Europe ;
    • les agences et entreprises de conseil ne sont pas éligibles, sauf en cas de création d’un produit répondant aux critères ;
    • les finalistes du précédent Women Startup Challenge ne sont pas éligibles sauf en cas de nouveau démarrage ou d’un nouveau produit ;
    • aucune candidate ne peut contacter les juges, sponsors et/ou partenaires avant le lancement du Women Startup Challenge Europe (risque de disqualification).
  • Convergence des SI au sein des GHT : l’Anap propose aux DSI un kit spécial pour les guider

    Afin de faciliter la conduite des projets de convergence des systèmes d’information (SI) des établissements appartenant à des GHT, l’Anap livre un kit spécial à destination de leurs directeurs des systèmes d’information (DSI).
    La mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT) implique en effet la réalisation de tels projets, dans l’optique d’aboutir à un SI commun de GHT, indique l’Anap dans un communiqué publié le 19 juin 2019.

    Le kit, téléchargeable via ce lien, est composé de retours d’expérience, d’argumentaires et de recueils d’enseignements. Il aborde plus précisément les 4 thématiques suivantes :

    • SDSI : étude de 18 schémas directeurs de convergence des systèmes d’information (SDSI) représentatifs de l’ensemble des SDSI de GHT ;
    • DSI commune : un retour d’expérience de mise en œuvre d’une DSI commune au GHT ainsi qu’un argumentaire pour convaincre de l’intérêt de regrouper les DSI ;
    • hébergement : un retour d’expérience de la part de groupement ayant obtenu l’agrément « hébergeur de données de santé » (HDS) ainsi qu’un recueil d’enseignements à retenir ;
    • urbanisation : un avis d’expert concernant l’articulation à rechercher entre le SI du GHT et les autres briques du système d’information régional.

    Le kit s’adresse principalement aux DSI des GHT mais certains documents (argumentaire, analyse des SDSI) sont susceptibles d’intéresser également « les directeurs d’établissements support ou parties du GHT afin de saisir les enjeux de la convergence des SI au sein du groupement », précise l’Anap.

  • SDSI

    Schéma directeur du système d’information