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  • Analyse du sommeil : Dreem lance un appel à projets à destination des chercheurs en médecine

    La société française Dreem donne le coup d’envoi d’un appel à projet (AAP) à destination des chercheurs en médecine du sommeil. Cet AAP, annoncé le 25 juin 2019, a été lancé à l’occasion du SLEEP 2019, le 33e congrès annuel de l’APSS (Associated Professional Sleep Societies) organisé du 7 au 11 juin à San Antonio au Texas. Il fait suite à la présentation des résultats de l’étude clinique Octave Irba sur l’efficacité du bandeau Dreem 2 pour le suivi du sommeil.  

    L’appel est ouvert aux professeurs à temps plein (ou titulaires d’un statut équivalent) d’institutions publiques ou privées, universités, hôpitaux ou laboratoires. Les projets candidats doivent inclure une évaluation du sommeil avec le bandeau Dreem. Les 3 programmes sélectionnés par le board scientifique de Dreem bénéficieront de « 20 à 100 bandeaux » pour mener à bien leurs investigations.

    Les lauréats seront annoncés lors du Congrès mondial du sommeil à Vancouver au Canada, le 21 septembre 2019. 

    « Notre solution permet aux scientifiques et aux médecins de mieux comprendre l’impact du sommeil sur un large éventail de conditions, couvrant la santé mentale et le bien-être physique, grâce à des études à faible coût menées sur une large population», souligne Hugo Mercier, P.-D.G. et co-fondateur de Dreem.

  • Elsan lance un service de téléconsultation en oncogénétique

    Elsan a mis en place une téléconsultation en oncogénétique entre les oncologues de la polyclinique de Gentilly à Nancy et le Dr Sylviane Olschwang, généticienne médicale à Marseille. L’objectif est de permettre aux patients d’accéder plus facilement à ces médecins spécialisés, « peu nombreux en France », en réduisant « de plusieurs semaines » les délais d’attente de rendez-vous et de délivrance des résultats, indique le groupe de cliniques et d’hôpitaux privés dans un communiqué publié le 26 juin 2019.

    « Pour certains cancers, les oncologues ont besoin de recourir à la génétique (oncogénétique) pour proposer la prise en charge la plus personnalisée à leurs patients voire à leur famille, explique Elsan. L’accès aux tests génétiques et à la compétence médicale requise pour les interpréter est une priorité pour Elsan afin de proposer un parcours de soin personnalisé et préventif. »

    En raison du succès rencontré par ce nouveau service, instauré depuis quelques mois, le Dr Sylviane Olschwang propose actuellement une session de consultation toutes les 4 semaines, est-il précisé.

    Une seule autre téléconsultation en oncogénétique existe en France, entre Clermond-Ferrand et Aurillac.

    Évaluer la prédisposition du patient à développer un cancer

    Pour de nombreux cancers, les praticiens de la réunion de concertation pluridisciplinaire doivent prendre en considération les caractéristiques génétiques de la tumeur afin d’adapter le protocole thérapeutique.

    L’intérêt d’une consultation en oncogénétique et des tests prescrits à son issue est « d’évaluer la prédisposition du patient à développer un cancer, explique le Dr Sylviane Olschwang. Cela permet d’une part de déterminer la contribution génétique du patient dans la survenue du cancer et éventuellement de prendre en charge ses proches de manière préventive si cette contribution (c’est-à-dire si le cancer n’est pas survenu « par hasard ») est avérée. D’autre part, cette évaluation permet parfois de déterminer si le traitement est le plus adapté à la pathologie. »

    Déroulé de la première téléconsultation :

    • le spécialiste interroge le patient sur sa pathologie et ses éventuels antécédents personnels et familiaux ;
    • il réalise ensuite un « calcul de risque » pour déterminer la probabilité que le cancer soit génétiquement déterminé ;
    • si cette probabilité est importante, le praticien propose au patient des tests sur prise de sang pour le confirmer.

    Déroulé de la deuxième consultation, appelée « la consultation d’annonce » :

    • le Dr Sylviane Olschwang présente les résultats ;
    • si le patient est porteur d’une anomalie génétique, elle lui indique comment prendre en compte sa probabilité plus élevée que la population de développer un certain type de cancer, tout en respectant sa qualité de vie.

    Le calcul de risque permet d’adapter le suivi du patient

    « La force combinée de l’oncologie et de la génétique est de favoriser la prévention : grâce au dépistage et au calcul de risque, nous pouvons adapter le suivi du patient, commente de son côté le Dr Dominique Spaeth, oncologue à la polyclinique de Gentilly (communiqué). L’analyse génétique tumorale est quant à elle dédiée aux évaluations thérapeutiques. »

    Des traitements préventifs aux apparentés peuvent être demandés par les patients

    Dans le cas où un patient est porteur d’une prédisposition génétique, l’équipe d’oncologues et de généticiens peut proposer des tests de dépistage. Il est ensuite possible de proposer des traitements préventifs aux apparentés si le patient en fait la demande.

    « Dans certains cancers, l’identification de certains gènes mutés est clé pour proposer un traitement optimal, indique Elsan (communiqué). Par exemple, comme le rappelle l’oncologue de la Polyclinique de Gentilly, 15 à 20 % des cas de cancers du poumon peuvent être traités par des thérapies ciblées, moins lourdes et éprouvantes pour le patient », précisant que ces thérapies personnalisées sont « particulièrement d’actualité pour les cancers des ovaires ».

  • L’Anap pointe les freins au déploiement du DMP dans les établissements sanitaires (rapport)

    « Expliquer les freins qui ont été à l’origine du très faible déploiement du DMP dans les établissements sanitaires. » C’est l’objectif du rapport mis en ligne par l’Anap le 7 juin 2019 sous le titre « Le DMP en établissement de santé : retours d’expérience ». Il présente aux directeurs d’établissement et aux présidents de commissions médicales d’établissements (CME) les enseignements tirés de 5 expériences d’usage du DMP en établissement.

    « Le projet DMP doit être institutionnel et porté par la direction de l’établissement et la présidence de la CME », estime l’Anap. L’agence souligne l’importance des coûts d’un projet DMP, comprenant les équivalent temps plein (ETP) affectés au projet d’introduction, l’achat de compléments logiciels, la mise en œuvre de la « DMP compatibilité » dans le logiciel patient de l’établissement ainsi que les « coûts récurrents »  liés aux opérations de création des DMP, de surveillance du bon fonctionnement du logiciel et de supervision des flux. « Aucun retour sur investissement n’a été identifié pour les établissements », relèvent les auteurs du document, citant un directeur pour qui « sans aucune incitation financière », l’introduction du DMP ne peut être pour les directions qu’«une démarche militante ». 

    « L’accompagnement auprès des professionnels et des établissements a décoincé le système »,  témoigne Nathalie Grabherr, chef de projet de l’Assurance maladie du département Indre-et-Loire. Elle pointe le poids de la procrastination dans le retard d’introduction du DMP : « Au départ, tout le monde s’attendait. On n’alimente pas car il n’y a pas de création, on ne consulte pas car il n’y a pas assez d’alimentation… » Elle affirme avoir convaincu les décideurs hospitaliers grâce à « des présentations aux commissions paritaires et aux conseils de l’ordre » réalisées dès fin 2016 et lors de la Commission de coordination des politiques publiques de santé organisée par l’ARS.

  • Robotique : le Resah choisit Oratorio et Conserto pour accompagner les établissements

    Le Resah annonce que le groupement formé par le cabinet de conseil en santé Oratorio (créé par le groupe Nehs) et la société de conseil informatique Conserto s’est vu attribuer un marché d’accompagnement des établissements de santé « à l’acquisition et au déploiement de solutions robotiques ». Ce marché d’une durée de 4 ans a été lancé via le Centre de l’innovation par les achats créé fin 2018 pour « faire de la fonction achat un levier de l’innovation dans le secteur sanitaire et médico-social » avec pour axes prioritaires de travail « la digitalisation, la robotisation et le bien vieillir ».

    Dans un communiqué publié le 25 juin 2019, le Resah précise que ce marché prévoit que les établissements sanitaires ou médico-sociaux « souhaitant se doter de robots destinés à améliorer la prise en charge du patient et/ou du résident » pourront :
    • être accompagnés en amont par Oratorio « sur la pertinence d’acquérir un tel équipement dans leur établissement, l’identification du robot correspondant le mieux au besoin, la gestion du changement et la communication en interne et en externe liée à l’achat d’un robot » ou encore sur « les modalités d’installation incluant la formation associée » ;
    • acquérir des robots adaptés en fonction de cas d’usages identifiés par le Centre de l’innovation par les achats du Resah, en partenariat avec les adhérents du Resah ;
    • accéder à des packs d’applications déjà développées et testées ;
    • participer à des expérimentations avec le Centre de l’innovation par les achats du Resah et les titulaires du marché, notamment afin d’améliorer la performance des robots ou d’aider à développer de nouvelles applications répondant à de nouveaux cas d’usage.

    Les titulaires du marché ont d’ores et déjà proposé 3 robots correspondant au cahier des charges:
    • le robot Heasy de Hease Robotics, chargé de l’accueil, de l’orientation et de la prise en charge du patient et de l’accompagnant;
    • le robot Nao de Softbank Robotics, chargé de l’accompagnement pédiatrique et de la rééducation des patients et des résidents ;
    • le robot Pepper de Softbank Robotics, qui propose un support à la télémédecine et à la téléconsultation.

  • La digitalisation du parcours de santé, un enjeu de « souveraineté » (étude Sopra Steria/Ipsos)

    « Rien ne s’oppose à une digitalisation massive du parcours de soin des patients et c’est bien là que le bât blesse. » C’est ce qu’affirment Sopra Steria Consulting et Ipsos dans une étude sur la digitalisation du parcours de santé en Europe. Cette enquête, publiée le 20 juin 2019, a été menée pendant un an dans 6 pays européens (la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Norvège, la Belgique et l’Espagne), auprès de 35 experts en santé et de 1 200 Européens âgés de 18 ans et plus. Ses auteurs demandent aux décideurs de chaque pays « une volonté politique forte » pour éviter « un morcellement des initiatives qui rend l’interopérabilité impossible ». 

    « Le virage de la digitalisation du parcours de santé doit être pris urgemment, sous peine de perdre notre souveraineté digitale », estiment les auteurs. Face à des GAFAM qui ont pris beaucoup d’avance grâce à leurs investissements massifs dans les outils digitaux mais aussi l’élaboration de partenariats avec les plus grandes universités et de nombreux établissements hospitaliers, « il est urgent de réagir », notent-ils. Si ces grands groupes arrivent à proposer demain des outils digitaux « clé en main » permettant aux patients d’exploiter leurs données de santé, « il est probable que bon nombre d’entre eux les leur confieront », expliquent-ils. L’enquête montre que les Européens font encore peu confiance aux GAFAM mais ses auteurs pensent que « la situation pourrait changer très rapidement ».

    77 % des Européens pensent que la digitalisation améliorera la qualité du système de santé

    • Près de 8 Européens sur 10 (77 %) considèrent que « la digitalisation améliorera la qualité du système de santé ».
    • Les attentes des citoyens sont fortes notamment en matière de prévention (77 %), de suivi des maladies chroniques (74 %), de pertinence des diagnostics (73 %), d’accompagnement des personnes en perte d’autonomie (71 %), de rapidité de la prise en charge (69 %) ou encore de qualité du suivi après une hospitalisation (66 %).

    Télémédecine, IA, échanges de données : près d’un Européen sur deux insatisfaits

    • Près de la moitié des Européens « ne sont pas satisfaits des dispositifs actuels » de télémédecine (49 %), du niveau d’utilisation de l’intelligence artificielle pour améliorer la prévention, le diagnostic ou le traitement (44 %) ou encore des échanges de données de santé entre les différents professionnels de santé ou avec leurs patients (43 %).

    Le DMP plébiscité

    • Les Européens plébiscitent le dossier médical partagé, un dispositif qu’ils jugent utile pour accéder à l’historique de soins (92 %), pour renforcer la coordination entre les professionnels de santé (91%), et améliorer la prévention (80 %).
      • En ce sens, la majorité des Européens (74 %) interrogés souhaiteraient donner accès à leur dossier médical électronique aux professionnels de santé qui les suivent. Près d’un Européen sur deux (47 %) et près d’un Français sur deux (48 %) estime que le dossier médical partagé n’est pas suffisamment développé.
  • Étude : les assistants vocaux capables de détecter les arrêts cardiaques (Nature Digital Medicine)

    Des chercheurs de l’université de Washington ont développé un algorithme qui étudie les sons ambiants dans une pièce. Cette fonctionnalité développée sur des enceintes connectées s’est révélée capable de reconnaître la respiration agonale, typique des personnes faisant un arrêt cardiaque. Selon les résultats de leurs travaux* publiés le 19 juin 2019 dans Nature Digital Medicine, les assistants vocaux repéraient ce type de respiration dans 97 % des cas.

    Diminuer la mortalité liée aux arrêts cardiaques

    Chaque année, selon les chiffres officiels, quelque 46 000 personnes seraient victimes d’arrêts cardiaques en France. À 30 jours, le taux de survie est de 4,9 %. Si des massages cardiaques sont effectués juste après la perte de conscience, ce taux grimpe à 10,4 %. Aux États-Unis, ce sont près de 300 000 personnes qui décèdent chaque année en raison d’un arrêt cardique. Pour réduire ce taux de mortalité, l’enjeu est de pouvoir repérer rapidement un arrêt. Or, si ce dernier se produit alors que la personne est seule, à son domicile (2/3 des cas), ses chances de survie sont faibles.

    Des chercheurs de l’université de Washington se sont penchés sur un élément diagnostic typique : la respiration agonale. Elle résulte d’un réflexe du tronc cérébral en cas d’hypoxie sévère. Parfois rapportée comme une respiration sifflante, la respiration agonale peut être potentiellement utilisée comme un biomarqueur diagnostic audible. Pour repérer cette respiration haletante, les chercheurs ont utilisé des assistants vocaux intelligents, présents chez 75 % des ménages américains. Mais la tâche était loin d’être simple car les événements respiratoires agonaux sont relativement rares, nous manquons de mesures de référence et ils ne peuvent pas être reproduits en laboratoire.

    Un algorithme qui identifie la respiration agonale

    Pour surmonter cet obstacle, les chercheurs ont exploité une source de données unique, les enregistrements des appels au 911 de cas confirmés d’arrêt cardiaque. Et ils ont entraîné leur algorithme sur 82 heures d’enregistrement. L’ensemble de données comprenait 162 appels (19 h) avec des enregistrements clairs de la respiration agonale.

    Pour évaluer les capacités de l’algorithme à discriminer les sons, les scientifiques ont utilisé des enregistrements de ronflement, de personnes souffrant d’apnée du sommeil et de respiration normale. Les enregistrements ont été capturés sur différents appareils, tels qu’une enceinte Amazon Alexa, un iPhone 5s (Apple) et un Samsung Galaxy S4.

    Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 19 juin 2019 dans la revue Nature Digital Medicine.

    Résultats : des assistants vocaux très fiables

    • L’algorithme a réussi à reconnaître la respiration agonique dans 97 % cas lorsque le microphone se trouvait dans un rayon de 6 mètres de la personne.
    • Il y avait confusion avec d’autres sons dans 0,2 % des cas.
    • La détection peut fonctionner en temps réel sur un smartphone et peut classer chaque segment audio de 2,5 secondes en moins de 21 millisecondes. Avec l’enceinte intelligente, l’algorithme peut s’exécuter dans les 58 millisecondes.
    • Même si le smartphone était dans une poche, avec le sujet couché sur le dos et le haut-parleur à côté de la tête, la précision de détection moyenne était de 93,22 %.

    Au vu de ces résultats, les auteurs de l’étude estiment que « la détection passive et sans contact de la respiration agonale représente un nouveau moyen d’identifier une partie des victimes d’un arrêt cardiaque jusque-là inaccessibles. Le recours à du matériel intelligent pour la surveillance de ces situations pourrait avoir des avantages pour la santé publique. »

    Des enjeux de respect de la vie privée

    Cependant, ce système pose des problèmes de confidentialité. « Pour résoudre ces problèmes, nous envisageons que notre système fonctionne localement sur les appareils intelligents et ne stocke aucune donnée », précisent les chercheurs.

    Par ailleurs, ces derniers reconnaissent que la respiration agonale a été identifiée chez environ 50 % des victimes d’un arrêt cardiaque. Enfin, il faudrait que le système soit doté d’une alarme avant tout appel d’urgence pour qu’un utilisateur puisse interrompre le processus.

  • Europe : la Croatie rejoint le programme d’échange de données de santé eHDSI

    La Croatie rejoint le programme de transfert de données patient eHDSI (eHealth Digital Service Infrastructure), qui permet l’échange électronique transfrontalier de données de santé entre pays membres de l’Union européenne. L’Assurance maladie croate, HZZO, annonce qu’à partir du 17 juin 2019, elle acceptera les prescriptions rédigées en Finlande et pourra transférer des ordonnances en Estonie.

    Dans un communiqué daté du 14 juin, elle précise que si le patient donne son consentement, ses données pourront être transmises depuis son pays de résidence à une pharmacie en Croatie par l’intermédiaire des points de contact nationaux (PCN), les agences nationales chargées des services e-santé. Les pharmaciens auront accès à la version originale de la prescription et à une traduction depuis le portail internet de leur PCN. Ils pourront y enregistrer la délivrance de médicaments et transférer les données au pays de résidence du patient. Celui-ci paiera la totalité de la facture mais pourra demander le remboursement à son retour.

    Le directeur de HZZO, Lucian Vukelic, indique que ce programme d’échange de données entre États membres servira également à identifier parmi les ressortissants croates résidant à l’étranger ceux qui profitent indûment de l’Assurance maladie de leur pays d’origine, nettement moins chère que celle de l’Allemagne, de l’Autriche ou de l’Irlande (source : quotidien croate Novi List).

  • Europe : le Luxembourg lance l’échange transfrontalier du dossier patient électronique

    Le Grand-Duché de Luxembourg lance son premier service e-santé transfrontalier, soit l’échange électronique du dossier patient avec d’autres pays membres de l’Union européenne, dans le cadre du programme CEF eHDSI (Connecting Europe Facility – eHealth Digital ServicesInfrastructure).

    « Dès à présent, un patient européen qui consulte un médecin lors de son séjour au Luxembourg [peut] demander à ce que son résumé patient soit partagé avec celui-ci », indique l’Agence eSanté Luxembourg dans un communiqué daté du 21 juin 2019. L’organisation précise que, dans un premier temps, le transfert électronique du résumé patient sera ouvert aux personnes originaires de la République tchèque, puis dès le mois de juillet également aux ressortissants portugais et maltais, avant de s’étendre progressivement aux citoyens d’autres États membres participant au programme CEF eHDSI.

    L’Agence eSanté se chargera également « dès 2020 » de l’envoi du « résumé patient » d’un assuré luxembourgeois au médecin qu’il consulte à l’étranger, et de l’envoi d’une e-prescription – rédigée par un médecin luxembourgeois – à une pharmacie d’un autre État membre.   

    La  « mise en opération » de l’échange électronique transfrontalier du résumé patient et de la e-prescription « vise à contribuer à une meilleure prise en charge du patient et à faciliter la continuité des soins sûrs et de qualité au-delà des frontières », note l’agence. « Étant donné que les documents sont fournis dans la langue véhiculaire du pays où les soins sont prestés et dans celle du pays d’affiliation du patient[, l’échange électronique] enlève les barrières linguistiques potentielles entre le patient et le professionnel de santé, et garantit ainsi une meilleure sécurité des informations échangées », ajoute-t-elle.

    E-prescription : la Finlande, l’Estonie et la Croatie ont aussi lancé l’échange électronique transfrontalier

    l’Agence eSanté Luxembourg rappelle dans son communiqué que la Finlande et l’Estonie sont les pays pilotes ayant lancé, en janvier 2019, l’échange électronique transfrontalier de la e-prescription et de l’e-dispensation : entre le 21 janvier et le 5 juin, plus de 4 700 e-prescriptions et plus de 2 100 e-dispensations ont été échangées entre les 2 pays. Elle ajoute que depuis la mi-juin, la Croatie a rejoint ce groupe de pays opérant l’échange de la e-prescription.

    Échange électronique transfrontalier : 22 États membres de l’UE concernés

    L’agence indique que l’échange électronique transfrontalier du résumé patient et de la e-prescription sera progressivement mis en œuvre dans les 22 États membres suivants : la Finlande, l’Estonie, la République Tchèque, le Luxembourg, le Portugal, la Croatie, Malte, Chypre, la Grèce, la Belgique, la Suède, l’Autriche, l’Italie, la Hongrie, l’Irlande, la Pologne, l’Allemagne, la France, l’Espagne, la Slovénie, la Lituanie, et les Pays-Bas. Tous les pays aujourd’hui membres de l’UE se trouvent dans cette liste hormis la Lettonie, la Slovaquie, la Roumanie, la Bulgarie et le Danemark.

  • Servier lance à Paris-Saclay un incubateur pour start-ups innovantes, y compris en e-santé

    Servier va ouvrir un incubateur dédié aux start-ups « les plus innovantes dans le domaine de la santé ». Il se situera au sein de l’Institut de recherche Servier Paris-Saclay, dont la première pierre a été posé le 19 juin 2019 et qui regroupera d’ici 2022 l’ensemble des activités de recherche du groupe basées en France.

    L’incubateur s’étendra sur une surface de 1 850 m2 et sera composé de 80 postes de travail. Il permettra aux start-ups hébergées de « développer leurs projets de façon autonome » et de « partager leur expertise avec les équipes Servier pour créer une dynamique partagée supplémentaire », précise Servier dans un communiqué.

    Contacté par Health & Tech Intelligence, le groupe explique que cet « hôtel à projets » sera appelé à accueillir « des entreprises du numérique et de la e-santé à partir du moment où cela fera sens » du point de vue du soutien que Servier peut apporter ou « vis-à-vis d’autres start-up présentes sur le site ». C’est le professionnel choisi pour la gestion de cet incubateur qui se chargera de sélectionner les jeunes sociétés appelées à rejoindre le site en 2022 : Servier fera partie du comité de sélection.

    « Le futur institut s’inscrit dans un écosystème extraordinaire par sa proximité avec CentraleSupelec, l’ENS, l’ICE, le CNRS, l’Inserm… et nous l’espérons bientôt un hôpital dédié aux soins et à la recherche à proximité », commente Olivier Laureau, président de Servier.

  • Le numérique à l’honneur pour le 4e appel à projets RHU en santé (15 lauréats – 121 M€)

    Revoir la prise en charge des rétinopathies diabétiques avec l’apport de technologies d’imagerie nouvelles et d’algorithmes d’intelligence artificielle. Tel est l’objectif du projet Evired coordonné par l’AP-HP (9 016 888 €), l’un des 15 lauréats retenus dans le cadre du 4e appel à projets (AAP) de recherche hospitalo-universitaire en santé (RHU) du programme d’investissement d’avenir (PIA).
    Les résultats de cet AAP ont été annoncé le 24 juin 2019 par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, et Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Selon le ministère de la Santé, ils « démontrent l’excellence et le potentiel de la recherche biomédicale française et au-delà, sa capacité à proposer des innovations dans la prise en charge des patients » (communiqué). Une enveloppe de 121 millions d’euros va ainsi permettre de financer « des approches vers de nouveaux médicaments, de nouveaux outils de diagnostic avec l’apport des technologies du numérique et des big data », précise-t-il.

    Parmi les projets retenus en dehors d’Evired figurent :
    • Betpsy (7 381 509 €), coordonné par l’Université Claude Bernard de Lyon, développera « des outils de diagnostic » des encéphalites et « syndromes neurologiques paranéoplasiques » « provoqués par des réactions auto-immunes » ;
    • Idbioriv (5 719 814€), coordonné par les Hospices Civils de Lyon, « développera de nouveaux outils de diagnostic ultrarapide dans les infections », afin de « détecter en moins d’une heure les résistances et la virulence des bactéries ».

    Le jury international a examiné 67 dossiers « sur des critères de qualité scientifique, d’innovation mais aussi sur leur potentiel en matière de retombées médicales et socio-économiques », indique le ministère. Il ajoute que cette quatrième vague RHU « confirme la forte dynamique de la recherche hospitalo-universitaire française et son attractivité pour des partenariats industriels ».

    Les 15 projets lauréats

    • Le projet Atraction (9 939 535 €) veut développer de nouvelles approches pour prendre en charge les immunodéficiences qui dans 25 % des cas produisent de l’auto-immunité et des inflammations chroniques. Le projet est porté par le Dr Frédéric Rieux-Laucat et par l’Institut Imagine à l’hôpital Necker-Enfants malades.
    • Le projet Audinnove (9 740 615 €) s’attaque aux surdités congénitales avec le développement de nouvelles approches à la fois de diagnostic et thérapeutiques. Il est piloté par le Pr Nathalie Loudon et l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.
    • Le projet Betpsy (7 381 509 €) s’attaque aux encéphalites et aux syndromes neurologiques paranéoplasiques provoqués par des réactions auto-immunes. L’objectif est de développer des outils de diagnostic de ces maladies et améliorer ainsi la prise en charge des patients. Le Pr. Jérôme Honnorat pilote le projet. L’établissement coordinateur est l’université Claude Bernard de Lyon.
    • Le projet Booster (9 871 428 €), porté par le Pr Mikael Mazighi à l’hôpital Lariboisière (AP-HP) à Paris, développe de nouvelles approches de prises en charge des accidents vasculaires cérébraux ischémiques (AVCi) à haut risque de handicap et décès dont l’identification et la caractérisation rapides sont un enjeu crucial pour la survie des patients et la limitation des séquelles. L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris est l’établissement coordinateur.
    • Le projet Cosy (9 423 907 €) propose de développer de nouvelles thérapies pour traiter une maladie rare : le syndrome d’hypercroissance dysharmonieuse. Il est porté par le Dr Guillaume Canaud et coordonné par l’Inserm.
    • Le projet Depgyn (6 624 906 €), au centre Léon Bérard à Lyon, veut développer de nouvelles approches thérapeutiques ciblant les récepteurs à dépendance dans les cancers ovariens. Le projet est dirigé par le Pr. Jean-Yves Blay. Le centre Léon Bérard coordonne le projet.
    • Le projet Destination 2024 (5 053 595 €) ambitionne de révolutionner la prise en charge de l’hypertension pulmonaire thromboembolique chronique. Il est porté par le Pr. Marc Humbert au CHU du Kremlin-Bicêtre (AP-HP). L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris est l’établissement coordinateur.
    • Le projet Evired (9 016 888 €) va revoir la prise en charge des rétinopathies diabétiques avec l’apport de technologies d’imagerie nouvelles et d’algorithmes d’intelligence artificielle. Il est porté par le Pr. Ramin Tadayoni à l’hôpital Lariboisière (AP-HP) à Paris. L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris est l’établissement coordinateur.
    • Le projet Idbioriv (5 719 814 €) porté par le Pr. Philippe Vandenesch à Lyon, développera des nouveaux outils de diagnostic ultrarapide dans les infections. L’objectif est de détecter en moins d’une heure les résistances et la virulence des bactéries. Les Hospices Civils de Lyon coordonnent le projet.
    • Le projet Innov-CKD (5 084 421 €), à Marseille, veut développer des traitements personnalisés des complications coronariennes chez les patients souffrant d’atteinte rénale chronique. Il est piloté par le Pr. Laurent Bonnello et Aix-Marseille Université.
    • Le projet Iris (9 927 097 €) s’attaque aux maladies héréditaires du système immunitaire et vise à développer des produits de thérapie génique. Il est porté par le Pr. Marina Cavazzana et l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris est l’établissement coordinateur.
    • Le projet Psycare (8 797 878 €) piloté par le Pr. Marie-Odile Krebs à l’hôpital Saint-Anne à Paris s’attaque aux psychoses et veut mieux les caractériser pour développer des traitements personnalisés de ces pathologies aux origines complexes. L’établissement coordinateur est l’Inserm.
    • Le projet Records (9 919 695 €) vise à mieux traiter les septicémies, en particulier en identifiant rapidement les infections sensibles aux corticostéroïdes. Le Pr. Djilali Annane à l’hôpital Raymond-Poincaré (AP-HP) à Garches porte le projet coordonné par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.
    • Le projet Shiva (8 201 379 €) au CHU de Bordeaux entend prévenir et stopper le déclin cognitif et la démence en s’attaquant aux maladies des petites artères cérébrales qui en sont responsable. Il est piloté par le Pr. Sophie Debette et l’université de Bordeaux.
       
    • Le projet Success (6 426 717 €) du Pr. Brigitte Dréno du CHU de Nantes propose de mettre au point de nouveaux produits pour les grands brulés, protégeant la peau et l’aidant à se régénérer. Le CHU de Nantes est l’établissement coordinateur.