« Rien ne s’oppose à une digitalisation massive du parcours de soin des patients et c’est bien là que le bât blesse. » C’est ce qu’affirment Sopra Steria Consulting et Ipsos dans une étude sur la digitalisation du parcours de santé en Europe. Cette enquête, publiée le 20 juin 2019, a été menée pendant un an dans 6 pays européens (la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Norvège, la Belgique et l’Espagne), auprès de 35 experts en santé et de 1 200 Européens âgés de 18 ans et plus. Ses auteurs demandent aux décideurs de chaque pays « une volonté politique forte » pour éviter « un morcellement des initiatives qui rend l’interopérabilité impossible ».
« Le virage de la digitalisation du parcours de santé doit être pris urgemment, sous peine de perdre notre souveraineté digitale », estiment les auteurs. Face à des GAFAM qui ont pris beaucoup d’avance grâce à leurs investissements massifs dans les outils digitaux mais aussi l’élaboration de partenariats avec les plus grandes universités et de nombreux établissements hospitaliers, « il est urgent de réagir », notent-ils. Si ces grands groupes arrivent à proposer demain des outils digitaux « clé en main » permettant aux patients d’exploiter leurs données de santé, « il est probable que bon nombre d’entre eux les leur confieront », expliquent-ils. L’enquête montre que les Européens font encore peu confiance aux GAFAM mais ses auteurs pensent que « la situation pourrait changer très rapidement ».
77 % des Européens pensent que la digitalisation améliorera la qualité du système de santé
- Près de 8 Européens sur 10 (77 %) considèrent que « la digitalisation améliorera la qualité du système de santé ».
- Les attentes des citoyens sont fortes notamment en matière de prévention (77 %), de suivi des maladies chroniques (74 %), de pertinence des diagnostics (73 %), d’accompagnement des personnes en perte d’autonomie (71 %), de rapidité de la prise en charge (69 %) ou encore de qualité du suivi après une hospitalisation (66 %).
Télémédecine, IA, échanges de données : près d’un Européen sur deux insatisfaits
- Près de la moitié des Européens « ne sont pas satisfaits des dispositifs actuels » de télémédecine (49 %), du niveau d’utilisation de l’intelligence artificielle pour améliorer la prévention, le diagnostic ou le traitement (44 %) ou encore des échanges de données de santé entre les différents professionnels de santé ou avec leurs patients (43 %).
Le DMP plébiscité
- Les Européens plébiscitent le dossier médical partagé, un dispositif qu’ils jugent utile pour accéder à l’historique de soins (92 %), pour renforcer la coordination entre les professionnels de santé (91%), et améliorer la prévention (80 %).
- En ce sens, la majorité des Européens (74 %) interrogés souhaiteraient donner accès à leur dossier médical électronique aux professionnels de santé qui les suivent. Près d’un Européen sur deux (47 %) et près d’un Français sur deux (48 %) estime que le dossier médical partagé n’est pas suffisamment développé.