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  • NFC

    Near Field Communication (communication en champ proche)

  • Observatoire de la e-santé pays du Sud : 5 projets récompensés pour réduire les inégalités de soins

    Une solution numérique de collecte et de partage des données de santé locales, un service de télé-expertise en dermatologie ou encore une application de gestion des épidémies liées au contact avec les animaux. Tels sont les projets récompensés par la Fondation Pierre Fabre à l’occasion de la conférence annuelle de l’Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud, qui s’est tenue le 1er juillet à Lavaur, dans le Tarn, au siège de la fondation.

    5 lauréats ont été retenus : mHealth (Burkina Faso), LeDA (Burkina Faso), Smartphone Tele-Dermatology Service ‘Mongolie), Khushi Baby (Inde) et AfyaData – Promoting Proper Management of Zoonotic diseases (Tanzanie).

    Les porteurs de ces projets vont bénéficier d’un accompagnement d’un an avec un financement de 100 000 euros au total pour soutenir le développement de leur initiative.

    « L’édition 2019 a été très riche en échange sur le partage de données et le renforcement des compétences, deux enjeux majeurs de la transformation des stratégies de santé pour une e-santé efficiente et durable, commente Béatrice Garrette, directrice générale de la Fondation Pierre Fabre. L’implication de tout un chacun est essentielle [pour] que la pyramide sanitaire, en cours de déploiement, dans chaque pays du Sud soit fiable et de qualité. Le renforcement des compétences par la formation et l’implication de tous est clé dans la culture de la e-santé. Les cinq projets récompensés illustrent parfaitement ces deux axes. »

    Burkina Faso : mHealth et IeDA

    MHealth : plateforme SMS et Android développée à l’initiative du ministère de la Santé burkinabé

    L’objectif de cette solution, simple d’utilisation, est de permettre aux agents de santé de faire remonter les informations sanitaires (nombre de consultations, âge des patients, pathologies identifiées…) des zones rurales du Nord du pays vers les autorités locales et nationales.

    Le dispositif vise à renforcer le système d’information nationale et ainsi à améliorer le suivi de l’état sanitaire du patient. Par son biais, les prises de décisions par les autorités sanitaires et la gestion des stocks de médicaments sont facilitées.

    leDA (Integrated e-Diagnostic Approach) : guide et soutient les agents de santé communautaire lors des consultations d’enfants de moins de 5 ans

    La solution a été mise en place par l’ONG Terre des Hommes et co-construite avec le ministère de la Santé. Par le biais de cette plateforme, les agents de santé communautaires qui interviennent dans les villages les plus reculés du pays lors des consultations d’enfants de moins de 5 ans sont guidés  par le biais d’un protocole de prise en charge précis accessible sur tablette, alimentées par panneaux solaires.

    IeDA est intégré au système d’information sanitaire du Burkina Faso. L’outil envoie en temps réel les informations recueillies au niveau central sur l’actions des agents de santé et sur les données sanitaires collectées.

    L’initiative a été évaluée par la London School of Hygiene & Tropical Medecine et le Centre Muraz, une institution nationale de recherche pour la santé du Burkina Faso.

    Mongolie : Smartphone Tele-Dermatology Service

    Smartphone Tele-Dermatology Service est un programme de télé-expertise en dermatologie ciblant les populations vivant dans les régions rurales et isolées de Mongolie. Il est porté par l’Université nationale des sciences médicales.

    En utilisation un smartphone et l’application Derma, les médecins de villages sont guidés dans leurs consultations en envoyant les informations pertinentes et les photos des affections cutanées de leurs patients sur une plateforme sécurisée, à laquelle ont accès les dermatologues installés dans les grandes villes du pays. Ces derniers renvoient leurs diagnostics et recommandations aux médecins de villages pour améliorer la prise en charge des patients.

    Du fait que des spécialistes partagent leur point de vue avec des généralistes, le dispositif permet ainsi en parallèle d’améliorer la formation médicale.

    Le projet est actuellement en phase pilote dans plus d’une vingtaine de villages.

    Inde : Khushi Baby, un pendentif pour collecter les données de santé des jeunes enfants

    Khushi Baby est un pendentif équipé d’une puce NFC qui permet de stocker les informations de santé des jeunes enfants qui la portent. Le dispositif a été conçu pour surmonter les difficultés de vaccination des jeunes enfants, de collecte de données et de sensibilisation.

    Les informations recueillies sont accessibles sur une application mobile pour les agents de santé et par le biais d’un tableau de bord pour les autorités sanitaires.

    Les pendentifs sont waterproof, ne nécessitent pas de batterie et coûtent moins d’un dollar à produire. La solution est adaptée aux us locaux puisque le fil noir utilisé ressemble à celui des colliers que les bébés de cette région de l’Inde portent pour éloigner la malchance.

    L’initiative a bénéficié d’un premier accompagnement par l’Observatoire en 2017 pour développer l’application en Inde, au Rajasthan. Le dispositif a été testé avec succès en phase pilote. Le nouvel accompagnement de la fondation a pour objectif d’aider les porteurs du projet à développer la solution à grande échelle et à y intégrer de nouvelles fonctionnalités.

    Tanzanie : AfyaData pour promouvoir la gestion adéquate des zoonoses*

    L’initiative AfyaData est une application de gestion des épidémies liées à la proximité des populations avec les animaux.

    Grâce aux informations récoltées sur les symptômes, aux coordonnées GPS et aux photos envoyées par les patients, les professionnels de santé, propriétaires de bétails, vétérinaires et rangers de parcs nationaux reçoivent les informations relatives à la maladie suspectée et la procédure à suivre pour éviter une épidémie.

    Ce projet de recherche opérationnelle est un support de gestion des épidémies mobilisant tous les acteurs du terrain et décisionnels.

  • MDEC

    Malaysia Digital Economy Corporation

  • WCIT

    World Congress on Information Technology

  • Investissements d’avenir : lancement du 1er appel à projets « PSPC-Régions » (deadline : 11/09/2019)

    Dans le cadre du lancement d’une nouvelle phase de la politique des pôles de compétitivité (2019 – 2022), l’État souhaite poursuivre une politique active de cofinancement des projets de recherche et développement collaboratifs, en association étroite avec les Régions, qui cofinancent les projets retenus.

    Après 25 appels à projets déjà menés conjointement par l’État et les Régions, le lancement de la phase IV des pôles de compétitivité est l’occasion d’impulser une nouvelle dynamique via la création du PSPC-Régions au sein du programme d’investissements d’avenir (PIA).

    Les projets PSPC-Régions attendus sont conduits par un consortium qui rassemble des entreprises et des partenaires académiques. Ils correspondent à des assiettes de travaux d’un montant compris entre 1 et 4 millions d’euros.

    Les objectifs de cet appel à projets conduit dans le cadre d’une association étroite avec les Régions sont :
    • de soutenir des projets collaboratifs de recherche et développement (R&D) structurants devant conduire à une mise sur le marché et visant des retombées économiques et technologiques directes sous forme de nouveaux produits, services et technologies, et des retombées indirectes en termes de structuration durable de filières ;
    • de favoriser la collaboration entre différents types d’acteurs (économiques et académiques), et en particulier entre grandes entreprises et PME.

    L’instruction des dossiers est conduite par les ministères concernés ainsi que par Bpifrance, sous la coordination du Secrétariat général pour l’investissement (SGPI) et en concertation avec les Régions.

    Opéré par Bpifrance, l’appel à projets PSPC-Régions N°1 est ouvert jusqu’au 11 septembre 2019.
    Les projets sont à adresser uniquement sous format électronique via la plateforme de dépôt Bpifrance :
    Extranet.bpifrance.fr/projets-innovants-collaboratifs.

    Nature des projets attendus

    Les projets attendus sont des projets de R&D conduits par un consortium qui rassemble au minimum 2 partenaires industriels ou de services dont une PME ou une ETI et un partenaire de recherche.

    Ils doivent présenter des budgets totaux compris entre 1 et 4 millions d’euros et seules les entreprises peuvent être chefs de file des projets. Il est recommandé que les consortiums candidats n’excèdent pas 5 partenaires formulant une demande d’aide.

    Critères de sélection des projets

    Pour être sélectionnés, les projets éligibles sont instruits notamment sur la base des critères suivants :

    • caractère innovant et valeur ajoutée du projet ;
    • caractère stratégique à l’échelle nationale et régionale, existence d’une collaboration structurée et d’un effet diffusant au sein d’une filière, en particulier pour les entreprises impliquées ;
    • impact économique du projet ; capacité du consortium à porter le projet ;
    • éco-conditionnalité.

    La labellisation d’un projet par un ou plusieurs pôles de compétitivité :

    • permet d’apporter une plus-value au porteur de projet, en apportant notamment la vision d’experts ;
    • doit garantir une qualité technique du projet pour les financeurs publics.

    Financement

    La labellisation d’un projet par un pôle de compétitivité conduit à une bonification du taux d’aide pour les entreprises :

    • de 35 à 50 % pour une PME ;
    • de 25 à 35 % pour un ETI ;
    • de 20 à 25 % pour une grande entreprise.

    Dans le cadre du processus de sélection, les projets PSPC-Régions sont proposés aux collectivités territoriales pour faire l’objet d’un cofinancement avec l’État, dans un objectif de parité.

    Le soutien apporté par l’État aux bénéficiaires se fait sous forme d’aides constituées de subventions et/ou d’avances récupérables.

    Les collectivités territoriales mettent en œuvre leurs propres modalités d’aide.

    Calendrier prévisionnel

    L’appel à projets PSPC-Régions est ouvert jusqu’au 11 septembre 2019 à midi. Le cahier des charges est téléchargeable via ce lien.

    Le calendrier prévisionnel de sélection est le suivant : 

    Contacts et informations :

    Pour toute question concernant cet AAP, les points de contact sont :

    • PSPC-Regions@bpifrance.fr :
      • Julien Simon : julien.simon@bpifrance.fr ; 01 53 89 87 25 ;
      • Julie Baudet : julie.baudet@bpifrance.fr ; 01 53.89.78.83.
  • Le numérique au bilan 2018 de l’Inserm (rapport d’activités)

    « Réussir la révolution technologique de la recherche biomédicale ». C’est l’un des principaux objectifs que s’assigne l’Inserm dans son rapport d’activités 2018. « Les outils de production de la connaissance sont en pleine métamorphose », déclare l’institut, évoquant l’intelligence artificielle, une technologie employée à « gérer les données massives des cohortes et de la génomique, la production d’organoïdes pour des recherches cliniques et les capteurs ultrasons scrutant les organismes ». L’organisme affirme qu’il s’agit pour lui « d’identifier les ruptures décisives et d’y asseoir un leadership ».

    « L’Inserm est engagé dans une stratégie nationale visant à asseoir le leadership français dans le domaine de l’intelligence artificielle », indique-t-il dans son rapport, publié le 4 juillet 2019, soulignant que « l’une des clés de voûte en sera le Health Data Hub ». L’institut relève que « près de 300 » de ses équipes de recherche « sont déjà utilisatrices de technologies de gestion de big data, de machine learning et d’intelligence artificielle dans la production et l’exploitation de données ou le suivi de cohortes ».

    L’Inserm précise dans son rapport avoir cofinancé en 2018 des thèses avec l’Inria, préparé un appel d’offres sur la santé numérique avec le CNRS et signé un partenariat avec la start-up Owkin pour le lancement de la plateforme Socrates, destinée aux chercheurs « pour aider à la découverte et au développement de nouveaux médicaments ». L’Inserm a également fait avancer le plan France médecine génomique 2025, « autre dispositif clé de cette révolution des données massives appliquées à la santé[, qui permet d’]intégrer les analyses génomiques personnalisées dans la pratique clinique », commente-t-il. En 2018, les 4 projets pilotes de ce programme  (cancer, déficience intellectuelle, diabète et population générale) « sont constitués et opérationnels », est-il annoncé. 

    « Nous avons l’ambition de concilier une politique de science ouverte ambitieuse avec le respect des données de santé des personnes », explique Gilles Bloch, P.-D.G. de l’Inserm, qui souligne dans un entretien publié en ouverture du rapport que l’institut « travaille en conformité avec les règles de protection des données en Europe (RGPD) [et] accueille désormais une déléguée à la protection des données ».

    Le big data, un enjeu majeur

    « Mutualiser les moyens de calcul pour la recherche à l’ère des big data » est l’un des objectifs de l’Inserm. « Le recueil, le croisement et l’analyse des données massives sont, depuis quelques années, décrits comme des enjeux majeurs en sciences de la santé [et n’ont] rien de nouveau pour les épidémiologistes responsables de cohortes », indique l’institut. Ces investigateurs, « habitués à travailler sur des grands volumes d’information, s’ouvrent à de nouvelles pratiques de partage de données et testent des méthodes innovantes en machine learning », ajoute-t-il.

    Les ART, un outil de prédilection

    Franck Lethimonnier, directeur de l’institut thématique « Technologies pour la santé » de l’Inserm, souligne l’engagement de l’organisme pour la réussite des accélérateurs de recherche technologique (ART) qui « visent aussi bien à produire des technologies qu’à les diffuser dans la pratique des laboratoires » : un troisième ART dédié à la thérapie génomique a été créé en janvier 2018, est-il indiqué.

  • Asie : les acteurs de la e-santé de Malaisie réclament une « feuille de route numérique complète »

    « Une feuille de route numérique complète est cruciale et requiert la coopération de toutes les parties« , estime le Dr Wong Chee Piau, pédiatre consultant, neurologue pour enfants et président du comité d’organisation Digital Health Malaysia (DHM), pilote de la conférence sur la télémédecine 4.0, à laquelle ont notamment participé des hauts fonctionnaires des divisions de la planification et du contrôle des maladies du ministère de la Santé, des représentants de l’industrie, des médecins ainsi que des universitaires et des experts en technologie de la santé.
     
    L’événement s’est tenu en Malaisie fin juin 2019 dans le cadre de la Semaine de la santé numérique, en lien avec la 6e Conférence internationale sur la technologie de bio-sensibilité. L’objectif était de soutenir les initiatives de santé numérique en Malaisie, un déploiement faisant partie des priorités du gouvernement.

    Le directeur général du ministère de la Santé a ouvert la conférence de 2 jours sur le thème « 4ème révolution industrielle dans le secteur de la santé ». Les participants ont été informés des tendances actuelles en matière de nouvelles technologies et de leur application dans le secteur de la santé.

    La Malaisie en pleine transformation numérique

    « La transformation numérique est en cours dans tous les secteurs et la santé ne fait pas exception, contextualise le Dr Wong Chee Piau. La médecine clinique a évolué rapidement, tandis que les soins épisodiques sont maintenant remplacés par une surveillance continue des patients à distance grâce aux informations fournies par les patients et aux biocapteurs. »

    Un accord pour exploiter la 5G en e-santé

    En mars 2019, l’entreprise de télécommunication centrée sur les données a signé un protocole d’accord (MoU) avec un fournisseur d’assurance et de takaful* malaisien, renforçant ainsi leurs relations de travail.

    Le MoU prévoit que la compagnies de téléphonie collabore avec la société d’assurance pour explorer les essais de la 5G sur des cas d’applications en santé numérique. Dans un deuxième temps, les deux parties s’appuieront sur les forces, les capacités et le réseau de fournisseurs de leurs partenaires pour créer un écosystème de santé numérique.

    Un État malaisien organise le premier Techfest 2020

    En parallèle, l’État malaisien de Penang a annoncé qu’il organiserait le premier Techfest2020 au monde ainsi que le Congrès mondial sur les technologies de l’information (WCIT) 2020. Les deux événements auront lieu en septembre 2020.

    Le ministre en chef de l’état a déclaré que le Techfest2020, qui durera 10 jours, se tiendra dans plusieurs lieux de l’état, principalement dans la zone patrimoniale de George Town, capitale de l’île malaisienne de Penang.

    Techfest2020 est une initiative de l’État associée à l’Association nationale des TIC de Malaisie (Pikom) et rendue possible par le Malaysia Digital Economy Corporation (MDEC).

    L’objectif est de présenter, par le biais de challenges et de tables rondes, les nouvelles tendances et innovations technologiques en Malaisie et dans le monde.

    6 principaux domaines d’intérêt seront explorés : le style de vie numérique (digital lifestyle), les technologies éthiques, les technologies expérientielles, les interactions sociales et interactives, la transformation des activités et l’innovation urbaine.

    45 000 visiteurs sont attendus, en plus des 4 000 participants internationaux de la WCIT. En organisant le festival à Penang, le gouvernement malaisien espère encourager les investissements dans cet État. L’objectif est aussi de montrer comment le numérique influera sur la vie des citoyens au cours des 10 prochaines années.

    En ouvrant ses États aux talents et aux innovations technologiques locaux et internationaux, le pays est en train de devenir un hub dans lequel des collaborations technologiques peuvent être mises en place et des idées lancées.

    Le gouvernement est fortement impliqué dans la promotion et l’organisation d’événements et de platesformes pour faire progresser son plan national, centré sur la transformation technologique et numérique.

  • États-Unis : Livongo, éditeur de solutions de gestion du diabète, annonce son introduction en Bourse

    La société Livongo Health, éditrice de solutions de gestion du diabète basée à Mountain View (Californie), a déposé auprès de la US Securities and Exchange Commission (SEC) une déclaration d’enregistrement sur formulaire S-1 concernant son projet d’introduction en Bourse sur le marché des valeurs technologiques, le Nasdaq. Dans un communiqué daté du 28 juin 2019, elle précise que ni le nombre d’actions ni la fourchette de prix n’ont été déterminés. Les banques Morgan Stanley, Goldman Sachs et J.P. Morgan seront les principaux partenaires du projet.

    « Notre produit phare et la grande majorité de nos revenus sont liés à la gestion du diabète, l’une des maladies chroniques dont la croissance est la plus rapide au monde, commente l’entreprise dans le formulaire S-1 publié sur le site de la SEC. Sur la base de nos estimations du nombre de personnes bénéficiant de la couverture santé de leur employeur, de la prévalence du diabète dans cette population et du coût moyen de notre solution, nous estimons que la taille du marché immédiatement adressable aux États-Unis est d’environ 12,3 milliards de dollars (10,9 Mds €) ». À plus long terme, Livongo table sur un marché supplémentaire de 15,9 milliards de dollars (14 Mds €), celui des adultes diabétiques bénéficiant d’une couverture de santé Medicare ou Medicaid.

    Le Wall Street Journal estime que Livongo pourrait lever jusqu’à 200 millions de dollars (177 M€), ce qui valoriserait à la société à quelque 2 milliards de dollars (1,8 Md €).

  • Rapport « Charges et produits » : la Cnam propose de mettre en place un baromètre de l’observance

    Sur une échelle de 0 à 100 % où il leur est demandé d’évaluer leur niveau d’adhésion à leur traitement, 81% des patients chroniques sondés estiment « être observants entre 80 % et 100 % » et 88 % des répondants déclarent ne jamais avoir arrêté de prendre leurs traitements ou avoir fait une pause. C’est, pour l’essentiel, ce qui ressort d’une enquête en ligne réalisée en mai 2019 par la société A+A pour la Cnam auprès de 1 198 patients chroniques*, dont les résultats ont été dévoilés dans le rapport « Charges et produits pour 2020 », approuvé le 2 juillet 2019 par le conseil de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam). Le document va être présenté dans les jours à venir au ministère des Solidarités et de la Santé ainsi qu’au Parlement.

    À noter côté numérique que les outils de type alertes à la prise de médicament ou applications mobiles sont relativement peu sollicités spontanément par les répondants (moins de 10 %).

    Sur le sujet de l’observance, la Cnam formule ainsi 2 propositions dans son rapport pour favoriser l’adhésion des patients au traitement et renforcer l’observance :
    • proposition 17 : mettre en place un baromètre de l’observance afin de favoriser une plus large diffusion des connaissances sur l’observance auprès d’un large public, l’Assurance maladie se propose de publier à un rythme bisannuel un baromètre dédié à l’observance, constituant un rappel régulier sur cette problématique majeure et visant à faire partager les données sur les évolutions constatées ;
    • proposition 18 : élaborer et diffuser des outils de dialogue et d’analyse de l’observance et de l’adhésion au traitement.

    Une enquête pour identifier les facteurs influençant le point de vue des patients sur leur observance

    Une groupe d’experts dédié au sujet de l’observance

    Dans son rapport « charges et produits » pour l’année 2018, « l’Assurance maladie avait consacré un chapitre à l’observance afin d’aborder les questions méthodologiques qu’elle soulève, notamment dans la complexité de sa mesure ou encore concernant l’estimation des impacts de la non observance », indique la Cnam. Dans ce cadre, un travail a été confié à un groupe d’experts, piloté par Dominique Polton et la Fédération française des diabétiques pour identifier les leviers et les actions à mettre en place par l’Assurance maladie afin de favoriser la bonne observance des patient.

    « Dans la suite de ce travail, il a également semblé intéressant dans une démarche prospective d’interroger les patients sur le sujet de l’observance, que ce soit sur la perception de leur propre observance que sur ses déterminants », explique la Caisse à propos de cette enquête réalisée auprès de personnes atteintes d’une maladie chronique.

    Comprendre la perception qu’ont les patients de leur observance

    L’étude A+A pour la Cnam a été menée en ligne par le biais d’un questionnaire d’une vingtaine de minutes. Les répondants ont été questionnés sur leur état de santé perçu et leur comportement en matière de santé de façon générale, l’histoire et l’impact de leur maladie, puis sur le traitement de leur maladie avec un focus sur l’adhésion à leur traitement.

    « Cette étude ne prétend en aucun cas analyser de manière fine le taux d’observance de patients concernés par des pathologies fréquentes, mais plutôt d’identifier de manière globale chez des patients chroniques la perception qu’ils ont de leur propre observance, ainsi que les facteurs l’influençant de leur point de vue », précise la Cnam.

    Les répondants sont répartis ainsi :

    • 212 présentant une maladie respiratoire chronique ;
    • 210 présentant une maladie cardio neuro-vasculaire (dont l’hypertension artérielle) ;
    • 210 présentant un diabète ;
    • 210 suivant un traitement psychotrope ;
    • 210 présentant une maladie psychiatrique ;
    • 146 atteints d’un cancer.

    Enseignements principaux de l’enquête

    • Sur une échelle de 0 à 100 % où il leur est demandé d’évaluer leur niveau d’adhésion à leur traitement, 81 % des sondés estiment « être observants entre 80% et 100% » et 88 % des répondants déclarent ne jamais avoir arrêté de prendre leurs traitements ou avoir fait une pause. « Pour autant, au regard de ce niveau très élevé d’observance déclarée, une analyse plus nuancée des réponses permet de distinguer 2 grands groupes de personnes », indique la Cnam :
      • un premier « que l’on pourrait qualifier par une pleine adhésion à leur traitement et représentant 34 % de la population interrogée », dont les réponses aux différentes questions sont systématiquement dans le sens d’une bonne observance ;
      • un second groupe, représentant environ 2/3 des répondants, « faisant état d’écarts de différentes natures dans l’adhésion à leurs traitements et déclarant certains facteurs de non observance dans leurs réponses à certaines questions »

    « C’est selon cette distinction en deux groupes qu’il est proposé d’analyser les résultats de la présente enquête », explique l’Assurance maladie.

    Le niveau d’observance déclaré et la répartition entre les 2 groupes varie selon la pathologie considérée :

    L’appartenance au groupe des personnes en écart d’adhésion est déterminée par des réponses attestant de défauts d’observance qui s’expriment sur des plans variés, « depuis la prise de médicament en retard jusqu’à la non prise volontaire », explique la Cnam.

    La Caisse note que les personnes en écart d’adhésion sont des malades plus jeunes (âge moyen de 54 ans versus 63 ans), plus fréquemment dans la vie active (44 % contre 23 %) et plus fortement représentés dans les maladies respiratoires et les problématiques de santé mentale.

    Les facteurs influant l’observance :

    • la relation avec son médecin ;

    • le rapport à sa maladie et à la santé au sens large ;

    • Le rôle majeur de l’information ;

    • la confiance dans son traitement ;

    • des attentes pour améliorer l’adhésion au traitement

    Parmi les répondants en écart d’adhésion, 21 % d’entre eux plébiscitent notamment la possibilité de faire un bilan régulièrement avec un professionnel sur la prise de leurs traitements, contre 10 % chez les pleinement adhérents.

    À noter que les outils de type alertes à la prise de médicaments ou applications mobiles, « s’ils représentent un soutien complémentaire utile, sont relativement peu sollicités spontanément par les répondants des deux groupes (de 9 à 2 %) », indique la Cnam.

    Leviers pour favoriser l’adhésion des patients à leur traitement :

    éviter une approche simpliste ;

    développer une culture commune sur l’observance ;

    mobiliser les professionnels et renforcer l’accompagnement des patients :

    • élaborer et diffuser des outils de dialogue et d’analyse de l’observance ;
    • renforcer l’accompagnement pluri-professionnel.
  • Dossier médical scolaire Esculape : « 90 % des données sont structurées contrairement au DMP » (Dgesco)

    « 90 % des médecins scolaires ont été sur l’application Esculape », le dossier médical scolaire. C’est ce qu’a déclaré Alexandre Grosse, chef du service du budget, de la performance et des établissements à la Dgesco (Direction générale de l’enseignement scolaire au ministère de l’Éducation nationale), auditionné à l’Assemblée nationale le 3 juillet 2019 par la Mecss avec d’autres membres de cette direction sur le dossier médical scolaire Esculape et ses rapports avec le DMP.

    Esculape est « un projet informatique structurant très stratégique », explique Alexandre Grosse, soulignant que « son histoire est encore très récente » puisqu’il n’est vraiment déployé que depuis un an et demi. « Par rapport au DMP, on est en avance », note-t-il cependant. Brigitte Moltrecht, médecin conseiller technique auprès de la Dgesco, souligne qu’au sein d’Esculape « 90% des données sont structurées » et donc « exploitables en termes de données de santé, contrairement au DMP », dont les données ne sont pas structurées ». « Nous aurions bien aimé avoir la possibilité de construire une interface entre les deux applications directement mais ce n’est pas possible, explique-t-elle. Nous en sommes à une première étape qui consiste à consulter les documents qui sont dans le DMP et à pouvoir alimenter le DMP avec la synthèse du bilan fait dans Esculape. » 

    Alexandre Grosse annonce la mise en place d’ «un portail global » baptisé « Diapason », actuellement en construction, et « très haut dans la hiérarchie des priorités » de la Dgesco, indique-t-il. Ce portail comportera des applications métier pour les différentes catégories de personnels concernés (infirmiers, psychologues scolaires). Brigitte Moltrecht précise que « l’application des infirmiers aura des onglets communs avec Esculape, notamment sur la vaccination, ce qui permettra d’avoir des données communes ».  L’application, à date, « a un périmètre académique [mais] nous travaillons sur un périmètre national qui simplifierait énormément le partage », ajoute Marcel , chef de bureau des projets et des applications nationales.

    Plan « Priorité prévention » : la relance des travaux sur le Esculape, « une période de montée en charge »

    « Aujourd’hui, la moitié des médecins scolaires se servent de l’application, déclare Brigitte Moltrecht. L’an prochain, l’enquête habituelle de la Drees sur les grandes sections [de maternelle] se fera dans l’application Esculape. On a travaillé sur un module capable de récupérer les données de santé et les envoyer à la Drees ». Tous les élèves de grande section auront un dossier ouvert dans l’application, précise-t-elle.

    « On est dans une période de montée en charge » d’Esculape, indique de son côté Alexandre Grosse, soulignant que « 90% des médecins scolaires ont été sur l’application ». La décision de la Drees de faire son enquête par le biais de cette application « va être un levier pour augmenter encore le nombre de médecins qui y auront accès », explique-t-il.

    « La transition n’est pas simple mais l’application plaît énormément, complète-t-il. Quand les médecins s’y mettent, ils se l’approprient rapidement. Seulement, au départ, ils sont très habitués au papier, et saisir en direct pendant une consultation demande une certaine habitude, une pratique de quelques mois : mais c’est la seule façon d’adopter le système car avoir à rentrer le soir tous ses dossiers dans l’application quand on ne l’a pas fait en direct est un peu décourageant. »

    Marcel Deturche ajoute que, dans le cadre de l’enquête Drees, la Dgesco « est en train de mettre en place un tableau de bord qui permettra de voir ce taux de pénétration et d’utilisation ».

    DMP/Esculape : une intégration en 3 étapes

    L’intégration du DMP et d’Esculape se fera en 3 étapes, annonce Marcel Deturche.

    • La première étape sera en mode déconnecté : le médecin, avec sa carte CPS, ira consulter le DMP à côté d’Esculape.
    • La deuxième étape, qui est actuellement permise par le protocole DMP, est la suivante : quand le médecin sera dans Esculape, il visualisera le dossier du jeune et Esculape ira interroger le système DMP, qui indiquera si l’enfant a un dossier ouvert et des documents à l’intérieur.
    • « La troisième étape, sur laquelle nous sommes en train de travailler, permettra de partager avec le DMP des données structurées et notamment d’enrichir le carnet de vaccination », explique Marcel Deturche. 

    Brigitte Moltrecht précise : « Pour la visite de la 6e année, tous les dossiers seront examinés par le médecin mais il ne verra pas tous les enfants, donc il aura besoin de l’accès au DMP pour voir l’historique et faire le choix des enfants qu’il aura a voir. »

    « Le DMP sera l’équivalent du carnet de santé de l’enfant, Esculape est au-delà, résume-t-elle. On a besoin d’un dossier qui soit sur la continuité de la maternelle au lycée avec tout le contexte scolaire et le partage de certaines informations avec des psychologues notamment. Le carnet de santé est une des briques d’Esculape, qui ne doit pas être complètement interopérable avec le DMP ».

    Le DMP comme « système pivot »

    Alexandre Grosse affirme que dans le cadre de la loi Blanquer, il y aura besoin d’automatiser les échanges avec la PMI (Protection maternelle et infantile) et son application Horus, et que le DMP pourrait alors faire office de « système pivot ».

    « Nous avons suggéré au secrétariat général du ministère de la Santé q’il y ait dans le DMP des données structurées qui puissent être échangées avec Esculape, par exemple, que le carnet de vaccination électronique soit interfaçable directement dans le DMP [et] que le carnet de santé papier soit transformé en DMP de l’enfant, donc avec des données structurées numériques. Il faudra à ce moment-là qu’on construise l’interface pour pouvoir consulter et alimenter dans les deux sens le carnet de santé et Esculape. »