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  • Étude : les biomarqueurs du vieillissement et de la longévité dopés par l’IA (Cell)

    Les progrès de l’intelligence artificielle (IA), et plus particulièrement du deep learning (apprentissage approfondi), ont conduit à une explosion du nombre de biomarqueurs permettant d’évaluer le vieillissement. Des chercheurs d’Insilico Medecine, une société américaine de biotechnologies, analysent les progrès récents dans ce domaine et l’espoir que suscite tous ces travaux. Dans leur étude*, publiée le 3 juillet dans Cell « Trends in Pharmacological Sciences », ils décrivent également les utilités potentielles de ces nouvelles « horloges » dans l’industrie pharmaceutique.

    À la recherche des marqueurs de l’âge biologique

    Il existe 2 types d’âge: l’âge chronologique, qui correspond au nombre d’années vécues, et l’âge biologique, influencé par nos gènes, notre mode de vie, notre comportement, l’environnement et bien d’autres facteurs. L’âge biologique est bien plus fiable que l’âge chronologique car il est étroitement corrélé à la mortalité et à l’état de santé. Depuis plusieurs décennies, de nombreuses équipes de recherche planchent sur des prédicteurs fiables de l’âge biologique mais jusqu’à présent, sans grand succès.

    Depuis 2016, l’utilisation de techniques d’apprentissage en profondeur pour trouver des prédicteurs de l’âge chronologique et biologique gagne en popularité dans le milieu de la recherche sur le vieillissement. Les progrès de l’intelligence artificielle (IA), combinés à la disponibilité de vastes ensembles de données, ont conduit à une explosion dans ce domaine, augmentant ainsi la variété de biomarqueurs pouvant être considérés comme prédicteurs potentiels de l’âge. C’est le constat que font des chercheurs de la société américaine de biotechnologies Insilico Médecine. Dans la revue Cell « Trends in Pharmacological Sciences », ils passent en revue les découvertes récentes.

    L’efficacité des réseaux de neurones profonds

    « Les êtres humains sont très doués pour deviner l’âge des uns et autres grâce à des photos, des vidéos, l’enregistrement de la voix, ou même des odeurs », déclarent les auteurs des travaux. Et bien souvent, quand quelqu’un paraît plus âgé que son âge chronologique, c’est qu’il est malade. « Un médecin expérimenté peut deviner l’état pathologique de son patient rien qu’en le regardant », écrivent-ils. Cependant, les réseaux neuronaux profonds (deep learning ou apprentissage approfondi) peuvent le faire mieux que lui et, grâce à cette méthode d’apprentissage automatique, il est désormais possible d’interpréter les facteurs qui impactent le plus l’âge biologique.

    La première étude de vieillissement utilisant des réseaux de neurones profonds a été publiée en 2016. Les scientifiques ont utilisé plus d’un million de tests sanguins cliniques. L’IA utilise aussi largement les données photographiques : des images des coins de l’œil permettent par exemple de prédire l’âge d’un individu avec une précision absolue de 1,9 an. Bien que les données photographiques ne soient pas les plus pertinentes biologiquement, de nombreux troubles génétiques et phénotypiques peuvent en effet être diagnostiqués à partir d’une image.

    L’IA se nourrit de sources de données très variées

    Les données d’expression des gènes sont parmi les plus précieuses car elles permettent l’identification des gènes les plus impliqués dans des maladies spécifiques, telles que le cancer. La première horloge de vieillissement dite « transcriptomique » mise au point à l’aide de techniques de deep learning a été publiée en 2018.

    « Les appareils portables sont également des gros pourvoyeurs de données biologiquement pertinentes », déclarent les chercheurs. En 2018, les changements d’activité physique liés à l’âge ont été étudiés pour la première fois dans le contexte de la prédiction de l’âge à l’aide de réseaux de neurones. Et ce modèle a été relativement précis pour prédire l’âge.

    Le potentiel pour l’industrie pharmaceutique

    Pour les sociétés pharmaceutiques, disposer d’ »horloges de vieillissement » fiables présente plusieurs avantages : c’est un moyen simple d’évaluer le type de données affecté par un médicament ou une intervention et de mieux comprendre quelles sont les données les plus importantes dans un essai clinique.

    Pour les entreprises spécialisées dans les vaccins, ces horloges peuvent aussi permettre de suivre les taux de réponse.

    « Les biomarqueurs profonds du vieillissement développés à l’aide de divers types de données font progresser rapidement l’industrie des biotechnologies de la longévité, » affirment les auteurs de l’étude. Ils font le pari que plusieurs start-ups spécialisées dans la longévité vont voir le jour dans les années à venir.

  • Concours i-Lab : 20 % des lauréats issus de la medtech, 3 projets e-santé parmi les 10 grands prix

    3 porteurs de projets de e-santé (Certis Therapeutics, Superbranche et Exoneo) font partie des 10 grands prix du concours d’innovation i-Lab 2019. Au total, 75 lauréats ont été désignés, sélectionnés parmi 468 candidatures. 20 % des gagnants représentent le domaine des technologies médicales. Créé il y a 21 ans par le ministère de la Recherche, le concours « valorise les résultats de la recherche publique à travers la création d’entreprises de technologies innovantes », est-il précisé dans le dossier de présentation du palmarès 2019, dévoilé le 4 juillet 2019.

    « Comme les années précédentes, les projets des domaines de la santé et du numérique représentent la très grande majorité » des lauréats, est-il indiqué dans le dossier de présentation, soit plus de 69 % des projets. « Les secteurs de la pharmacie, des biotechnologies et des technologies médicales représentent à eux seuls plus de 45 % », tandis que le secteur du numérique « recouvre presque un projet sur 4 avec 24 % », est-il noté. 

    Les projets sélectionnés se voient attribuer une subvention pouvant aller jusqu’à 600 000 euros ainsi que la possibilité d‘être accompagnés par l’EM de Lyon et HEC Challenge +,  et de bénéficier d’un accès privilégié au programme NETVA (Deeptech North America New Technology Venture Accelerator), un accompagnement personnalisé conçu pour se développer sur les marchés nord-américains. La marque i-Lab est présenté comme « un label précieux pour la recherche de financements ». Le ministère souligne qu’au cours des 21 éditions, le concours d’innovation a mobilisé 450 millions d’euros et a contribué à la fondation et à la croissance de 2 008 entreprises technologiques.

    Les 3 lauréats qui représentent la e-santé parmi les 10 grands prix sont :
    • Stéphane Chemouny, de Certis Therapeutics, qui développe des dispositifs médicaux mini-invasifs de thermo‑ablation guidés par imagerie  en cardiologie, oncologie et neurologie ;
    • Delphine Felder-Flesch, de Superbranche, qui développe des produits nanoparticulaires simples, injectables par voie intraveineuse et à moindre coût, ce qui permet d’atteindre les organes les plus profonds et difficilement accessibles ;
    • Guillaume Moguez, d’Exoneo, dont le projet UPYA propose une emboîture de prothèse de jambe capable d’augmenter l’accès aux soins en réduisant la complexité des réglages et les temps d’appareillage.

    Les lauréats du concours i-Lab issus du secteur de la e-santé sont les suivants :

    • Philippe Bastide, de Dianosic, dont le projet Sari-SC vise à développer « un scaffold actif résorbable intranasal pour le traitement de la sinusite chronique »;
    • Nicolas Bourdel, dont le projet SurgAR propose un logiciel d’assistance à la chirurgie par réalité augmentée ;
    • Jérôme Braudeau, d’AgenT, qui développe le test diagnostique sanguin AgenT Alz Diag, capable de détecter les patients atteints d’Alzheimer « 15 ans avant l’apparition de leur démence » grâce à un algorithme de machine learning ;
    • Sophie Cahen, de Ganymed Robotics, qui développe des technologies robotiques avancées pour les chirurgiens orthopédiques, notamment pour la pose de prothèse totales de genou ;
    • Marine Cotty-Eslous, de Lucine, qui propose une thérapie numérique capable de mesurer, d’analyser et de soulager la douleur chronique ;
    • Alexandra de la Fontaine, de Ludocare, qui propose des compagnons connectés destinés aux enfants atteints de mucoviscidose et d’asthme ;
    • Cédric Enguehard, dont le projet DMIV (Diagnostic Medical In Vivo) s’attache à détecter les cellules cancéreuses in vivo ;
    • Benjamin Faurie, dont la technologie Electroducer permet de réduire la durée et les coûts des interventions endovasculaires en supprimant l’utilisation d’un pacemaker temporaire;
    • Alexandre Guenoun, de Byond, dont les outils diagnostiques mettent l’intelligence artificielle au service de la biologie médicale ;
    • Jean-Damien Louise, d’Axorus, qui développe une rétine artificielle implantable pour les patients atteints de DMLA sèche s’appuyant sur un neurone électronique de rupture ;
    • Jordan Miron, dont le dispositif électronique Walk 2.0 aide les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à mieux vivre grâce à la stimulation rythmique auditive ;
    • Fabien Astic, dont le projet d’IA ExactCure propose un jumeau digital capable d’anticiper les effets d’un médicament sur un patient;
    • Florian Bernard, de Nurea, qui développe le logiciel Dynamo, spécialiste de l’aide à la décision médicale pour le diagnostic, le suivi et le pronostic des maladies vasculaires;
    • Sandrine Murcia, de Cosmia, qui lance la « première plateforme d’intelligence de la donnée privée » avec pour cible notamment le secteur de la santé.

  • DM connecté, serious game… 4 solutions décrochent les Trophées de la e-santé 2019 (Castres)

    E-Stella (Smices Surgical), Emy (Fizimed), OdySight (Tilak Healthcare) et Sanivet (centre NeoCare de l’école vétérinaire de Toulouse) sont les 4 projets de santé numérique lauréats des Trophées de la e-santé 2019.

    Le jury a reçu au total plus de 80 candidatures, dont 20 % issues de l’international, a-t-il été précisé le 2 juillet à l’occasion de l’Université d’été de la e-santé de Castres, lors de la présentation des 12 finalistes. Les catégories récompensées les années précédentes ont été supprimées. Au final 4 prix ont été décernés :

    Le grand prix : e-Stella (Smices Surgical, société montpelliéraine) :
    E-Stella est une application qui permet de quantifier avec précision la stéatose d’un foie en vue d’une transplantation. Le dispositif est « en cours d’enregistrement CE en tant que dispositif médical de classe IIa comme outil d’aide à la décision unique au monde par application smartphone pour les transplantations hépatiques, conformément aux exigences essentielles de la directive 93/42/CEE », précise Smices Surgical sur son site web.

    Argent : Emy (Fizimed, start-up strasbourgeoise incubée à Tech Care Paris) :
    Emy a été conçu pour aider les femmes à lutter contre les fuites urinaires en améliorant le contrôle de leur périnée grâce à une sonde médicale connectée dédiée à la rééducation périnéale à domicile.

    Bronze : OdySight (start-up Tilak Healthcare) :
    OdySight est un serious game développé pour aider le suivi des maladies chroniques ophtalmiques. La solution a été testée lors d’une étude clinique satisfaisante menée au centre hospitalier des Quinze-Vingts (Paris), dont les résultats ont été présentés fin 2018.

    Le prix des internautes : Sanivet (centre NeoCare de l’école vétérinaire de Toulouse)
    La troisième journée de l’événement était centrée sur le numérique dans la santé animale. Dans ce cadre, les internautes ont voté en majorité pour le projet Sanivet, une plateforme d’aide à la visite sanitaire comprenant, entre autres, une application mobile de visite d’élevages canins et félins.

  • PSPC

    Projets structurants pour la compétitivité

  • ART

    Accélérateurs de recherche technologique

  • Melies

    Mobilisation de l’épargne locale pour l’investissement dans les entreprises du Languedoc-Roussillon

  • Badge

    Les business angels des grandes écoles

  • Wefight lève 1,8 million d’euros pour déployer son chatbot Vik

    La société montpelliéraine Wefight annonce une première levée de fonds de 1,8 million d’euros réalisée auprès du fonds d’« impact investing » Investir & plus et des réseaux de business angels Angels Santé, Badge et Melies. Les fonds récoltés serviront au déploiement de son chatbot (compagnon virtuel) Vik dans plus de 30 maladies d’ici 2020, précise-t-elle dans communiqué daté du 4 juillet 2019.

    Wefight a été créée en 2017 par Benoît Brouard, docteur en pharmacie, et Pierre Nectoux, ingénieur CentraleSupélec, pour lancer le compagnon virtuel Vik, conçu pour répondre à toutes les questions des patients en lien avec leur maladie, leur traitement ou leur parcours de soins. Les fondateurs ont constaté que les patients étaient « de plus en plus seuls face à leur maladie » et qu’il s’ensuivait un défaut d’informations, source de complications et de ré-hospitalisations. « Vik, en participant à l’autonomisation des patients, va permettre de faciliter leur intégration dans leur parcours de soins », commente Wefight.

    Vik a été d’abord disponible pour les patientes atteintes d’un cancer du sein. Depuis cette année, le chatbot s’adresse également aux personnes asthmatiques ainsi qu’à celles souffrant de migraine et de dépression. Le dispositif est disponible gratuitement sur le site de Wefight ainsi que sur l’application Messenger de Facebook et le système iOS d’Apple.

    « Wefight démontre que la technologie permet de rompre l’isolement et d’apporter un vrai bénéfice socio-économique aux différentes parties prenantes du système de santé, qu’il s’agisse des patients, de leurs proches et des professionnels de santé », commente Vincent Fauvet, président du fonds Investir & plus, qui a participé à la levée de fonds.

  • Matrice santé & numérique : 5 projets sont nés du programme porté par Matrice (École 42) et Roche

    Uway (appli pour améliorer la prise en charge aux urgences), Protocolr (assistant virtuel de la recherche clinique), Welcome Doctor (plateforme pour faciliter la mobilité des médecins), Désertix (plateforme de partage de données pour lutter contre les déserts médicaux) et Qapla (appli pour simplifier le suivi pédiatrique) sont les projets entrepreneuriaux qui ont vu le jour dans le cadre du programme de formation « Matrice santé & numérique », lancé en septembre 2018 par Matrice, le programme d’entrepreneuriat de l’École 42, et Roche, investisseur mondial en R&D dans le secteur de la santé. Les initiatives ont été présentées le 4 juillet 2019, date de fin de la formation, lors d’un événement dédié.

    Les étudiants ont travaillé pendant 10 mois en équipe pour développer leurs idées, accompagnés tout au long de cette période par des collaborateurs Roche qui souhaitaient s’investir. Dans ce cadre, 5 projets ont été développés et consolidés.

    « Ce partenariat illustre comment un grand groupe comme Roche peut travailler avec des étudiants dans une dynamique d’open innovation pour répondre aux besoins d’un marché spécifique, celui de la santé, avec la technologie », commente le service communication de l’entreprise pharmaceutique.

    Synthèse des 4 projets en image

    Uway : appli pour améliorer la prise en charge aux urgences

    Protocolr : assistant virtuel de la recherche clinique

    Welcome Doctor : plateforme pour faciliter la mobilité des médecins

    Désertix : plateforme de partage de données pour lutter contre les déserts médicaux

    Qapla : appli pour simplifier le suivi pédiatrique

    Un programme en 4 phases

    « Matrice santé & numérique » : 26 étudiants, 50 collaborateurs, 8 écoles et universités

  • Diabète : Sanofi accorde 4M€ à Biocorp pour son capteur intelligent Mallya

    La société française Biocorp, spécialiste du développement et de la fabrication de dispositifs médicaux et de systèmes d’administration de médicaments injectés, est entrée en négociation exclusive avec Sanofi afin d’intégrer son capteur connecté Mallya à la plateforme de traitement du diabète du groupe pharmaceutique. Dans un communiqué publié le 3 juillet 2019, Biocorp affirme avoir reçu un paiement initial de 4 millions d’euros de la part de Sanofi « afin de soutenir les activités de développement connexes ». Cette somme est supérieure à son chiffre d’affaires 2018 (3,89 millions).

    Mallya est un capteur intelligent qui « transforme les stylos à insuline classiques en dispositifs connectés », indique la société : il collecte automatiquement les données d’injection (dose, date et heure) et les transmet par Bluetooth en temps réel à une application mobile de suivi. Ce dispositif permet de mieux gérer les injections mais aussi d’éviter les oublis, les doubles doses et les surdosages.

    Eric Dessertenne, directeur général délégué de Biocoorp, estime que la solution Mallya a « un très gros potentiel pour se hisser au rang de standard sur son marché ».