Google décroche la certification d’hébergeur de données de santé (HDS) en France, encadrée par la loi et le décret 2018-137 du 26 février 2018, et ce sur l’ensemble des domaines d’application analysés. Cette dernière concerne plus précisément ses offres Cloud Platform et sa suite bureautique et collaborative G Suite. Le géant américain est le troisième GAFAM a obtenir cette certification, après Microsoft en novembre 2018 et Amazon Web Services (AWS) en mars 2019.
« La certification HDS de Google Cloud concerne 25 sites en Europe, sur le continent américain et en Asie du Sud-Est et porte sur l’ensemble des six domaines d’application audités et validés par l’Asip : la mise à disposition et le maintien de l’infrastructure, des systèmes d’information (SI), leur administration et exploitation, l’hébergement d’applications, la virtualisation et bien sûr la sauvegarde des données de santé », précise le groupe dans un communiqué publié le 18 juillet 2019.
Microsoft a également obtenu une certification couvrant l’ensemble de ces 6 activités. Celle attribuée à AWS n’en couvre que 5, excluant celle concernant l’administration et l’exploitation du SI contenant les données de santé.
« la possibilité de diagnostics meilleurs et plus rapides via l’IA »
« Concrètement, [cette certification] ouvre entre autres la possibilité de diagnostics meilleurs et plus rapides via l’intelligence artificielle, une meilleure collaboration entre médecins pour un suivi plus adapté des patients, ou encore des puissances de calcul bien supérieures pour une recherche plus performante, tout en respectant le caractère privé et nécessairement sécurisé des données de santé », explique Eric Haddad, directeur général de Google Cloud en France.
Integragen, partenaire de Google Cloud, va pouvoir bâtir ses propres modèles d’analyse
« L’ensemble de solutions performantes et de technologies fiables et innovantes de Google Cloud Platform nous permettaient déjà de proposer des solution intégrées et puissantes d’analyse génomique à grande échelle aux cliniciens et chercheurs. La certification HDS de Google Cloud vient renforcer notre choix, nous permettant d’envisager de nouvelles possibilités de traitements personnalisés, et surtout accessibles à tous, en nous laissant entrevoir de nouveaux champs de recherche, via l’intelligence artificielle qui nous permettra de faire un nouveau saut technologique en bâtissant nos propres modèles d’analyse », complète Bérengère Génin, directrice de la bio-informatique à Integragen, spécialisé dans l’analyse génomique, le développement et la commercialisation de tests de diagnostic moléculaire en oncologie et dans l’autisme. La société collabore avec Google Cloud pour la mise en ligne de ses outils avancés d’analyse génomique, Sirius et Mercury sur la Google Cloud Platform.
Sanofi, autre partenaire de Google Cloud, va pouvoir développer de nouvelles approches thérapeutiques
« Cette certification HDS de Google Cloud élargit l’éventail des projets que nous pourrons menerdans le cadre de notre partenariat avec le laboratoire d’innovation, ajoute de son côté Rémi Gas, Chief Technology Officer (CTO) de Sanofi. L’analyse des données de santé, en toute sécurité et en toute confidentialité, va permettre d’étudier et de développer de nouvelles approches thérapeutiques et de mieux prendre en charge les patients. »
Les autres sociétés ayant obtenu une certification HDS couvrant les 6 activités (en dehors de Microsoft et de Google) :
- A2com ;
- ASP Server ;
- Biotronik;
- Bretagne Télécom;
- Cegedim.cloud ;
- Cheops Technology France ;
- Cloud & Securité de Pictime Groupe ;
- Euris Health Cloud (Cloud SAnté) ;
- Fresenius Netcare ;
- GIP MiPih ;
- ICT ;
- Oceanet Technology ;
- Orange Healthcare;
- Prolival ;
- Proquire LLC-Accenture ;
- Sigma Informatique, ;
- St. Jude Medical ;
- LLC – Abbott ;
- Thales;
- Worldline.
AWS « n’infogère pas les données de santé mais opère de l’infrastructure »
La certification HDS obtenue par AWS, bien qu’elle ne couvre que 5 activités sur 6, est plus étendue que d’autres, comme celle de l’entreprise de centres de données Equinix par exemple, qui se limite aux mises à disposition et aux maintiens en condition opérationnelle des sites physiques permettant d’héberger l’infrastructure matérielle du SI utilisé pour le traitement des données de santé et à l’infrastructure matérielle du SI utilisé pour le traitement de données de santé.
« Conformément à son modèle de responsabilité (…), AWS n’infogère pas les données de santé mais opère de l’infrastructure, avait précisé en mars à Lemondeinformatique.fr un porte-parole de la société. Les organisations qui gèrent des systèmes travaillant avec des données de santé en France peuvent déjà utiliser AWS, car elles sont couvertes par toute la gamme de certifications HDS. En d’autres termes, les clients restent responsables de la création, de l’administration et de la gestion de leurs applications pouvant contenir des données de santé sur le cloud, c’est pourquoi cette activité ne s’applique pas à AWS. »