Articles

  • La Région Sud et l’ARS PACA lance le prix régional de l’innovation en santé 2019 (deadline : 25/10)

    La Région Sud et l’agence régionale de la santé Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) ont créé un prix régional de l’innovation en santé pour récompenser les projets les plus innovants à destination des patients, des usagers et des professionnels de la santé. 

    Ce prix 2019 sélectionnera des innovations en santé, avec une attention particulière apportée aux projets en santé numérique. Il s’agit de valoriser des innovations technologiques, numériques mais aussi organisationnelles et comportementales, dans lesquelles les professionnels de santé et les patients occupent une place majeure.

    Toutes personnes morales implantées dans la région Sud peuvent participer : professionnels de santé, regroupements de professionnels de santé et réseaux de santé, établissements de santé et médico-sociaux, associations de patients, entreprises, associations, laboratoires et organismes de recherche, chercheurs, établissements d’enseignement supérieur, établissements publics, collectivités territoriales…

    4 catégories de prix seront décernées : 
    • catégorie « développement économique » (projet à fort potentiel économique) ;
    • catégorie : « recherche enseignement supérieur formation » ;
    • catégorie : « innovation collaborative » (originalité du partenariat mobilisé) ;
    • catégorie : « coup de cœur Provence-Alpes-Côte d’Azur » (en lien avec les priorités de santé en région).

    Le jury sélectionnera un lauréat pour chaque catégorie de prix, qui se verra attribuer la somme de 5 000 euros.

    Le dossier de candidatures téléchargeable sur le site Maregionsud.fr, est constitué d’un appel à manifestation d’intérêts et d’une fiche de candidature. Il doit être être adressé avant le 25 octobre 2019 (cachet de la poste faisant foi), aux adresses suivantes : sbinot@maregionsud.fr ; ldagnet@maregionsud.fr et geraldine.tonnaire@ars.sante.fr.

    Les projets attendus 

    Les projets doivent être localisés en Provence-Alpes-Côte d’Azur et concerner des initiatives innovantes déjà réalisées ou en développement et ils doivent s’inscrire dans un ou plusieurs des thèmes suivants :

    • expérience patient : améliorer l’accès aux soins, impliquer les patients et ses proches… ;
    • expérience des professionnels de santé : prise en charge personnalisée, repenser les parcours professionnels, favoriser l’installation de professionnels de santé en zone sous dense, favoriser de nouvelles pratiques de collaboration et de recherche… ;
    • accessibilité et les parcours de soins : fluidifier les parcours de soins, favoriser l’articulation ville hôpital… ;
    • prévention et éducation thérapeutique du patient : développer la prévention et l’éducation à travers des objets permettant l’autonomie du patient, favorisant la méthode Nudge…
    • data et e-santé : proposer un environnement numérique sécurisé, donner accès à l’information, datavisualisation, imagerie médicale, intelligence artificielle…

     Critères de sélection 

    Les projets sont évalués selon les critères suivants :

    • la valeur ajoutée en matière de santé publique ;
    • l’originalité et la différenciation du projet : innovation technologique et/ou en termes d’usages et/ou en termes de services ;
    • la pertinence du projet au regard des thématiques suivantes : expérience patient, expérience des professionnels de santé, parcours et accessibilité des soins, prévention éducation thérapeutique du patient, data et réseaux. Plus le projet du candidat répond à la thématique proposée, plus la note est élevée ;
    • les partenaires engagés ;
    • la capacité du projet à susciter le travail en réseau entre acteurs (lien ville hôpital, professionnels de santé et associations de patients, secteurs sanitaire et médico-social) ;
    • le modèle économique ;
    • l’expérience utilisateur.

    Le jury, sélectionné conjointement par le président du conseil régional PACA et par le directeur général de l’Agence régionale de santé, sera composé d’un président désigné parmi les élus régionaux et d’un co-président désigné par l’Agence régionale de santé ainis que de représentants qualifiés, tel que :

    • l’Assurance maladie ;
    • les facultés de médecine ;
    • l’union régionale des professionnels de santé ;
    • des représentants qualifiés des acteurs de l’innovation en santé.

    Informations et contacts 

    Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur

    Direction de l’Attractivité, du Rayonnement international et de l’Innovation

    Service Recherche, Enseignement supérieur, Santé et Innovation

    Appel à manifestation d’intérêts « Prix régional de l’innovation en santé 2019 »

    27 Place Jules Guesde

    13481 Marseille cedex 20

    Tel : 04 88 73 80 00

  • Le projet de loi bioéthique veut encadrer par l’humain l’emploi de l’IA et du big data en santé

    « Lorsque pour des actes à visée préventive, diagnostique ou thérapeutique est utilisé un traitement algorithmique de données massives, le professionnel de santé qui communique les résultats de ces actes informe la personne de cette utilisation et des modalités d’action de ce traitement ». C’est ce qu’énonce le projet de loi sur la bioéthique présenté le 24 juillet 2019 coprésenté par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, dans son article 11. Le texte ajoute que « l’adaptation des paramètres [d’un tel traitement] est réalisée avec l’intervention d’un professionnel de santé et peut être modifiée par celui-ci ». Il impose d’assurer « la traçabilité des actions [de ce traitement et] des données ayant été utilisées par celui-ci », précisant que  « les informations qui en résultent sont accessibles aux professionnels de santé concernés ».

    L’objectif de cette disposition, selon l’étude d’impact, est « d’assurer la protection aussi bien du patient que du professionnel de santé » afin de garantir « qu’in fine la meilleure décision a pu être prise ou que l’acte le plus approprié a pu être mis en œuvre ». « Il semble indispensable que les dispositifs d’intelligence artificielle (IA) restent un appui à une décision humaine sans s’y substituer », conclut les auteurs de l’étude.

    Il est invoqué dans cette dernière l’avis n° 129 du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), qui préconise d’inscrire au niveau législatif le « principe fondamental d’une garantie humaine du numérique en santé » et souligne qu’une telle garantie pourrait notamment être assurée « par la reconnaissance de préserver la maîtrise finale du professionnel de santé, en interaction avec le patient, pour prendre les décisions appropriées en fonction de chaque situation spécifique ». Le CCNE, rappellent les auteurs de l’étude, estime également que « toute personne doit pouvoir être informée préalablement du recours à un algorithme d’aide à la décision médicale dans son parcours de prise en charge en santé ».

    Ils soulignent par ailleurs que l’article 11 du projet de loi est conforme au considérant 71 et à l’article 22 du RGPD, qui indique que « la personne concernée a le droit de ne pas faire l’objet d’une décision fondée exclusivement sur un traitement automatisé, y compris le profilage, produisant des effets juridiques la concernant ou l’affectant de manière significative de façon similaire ».

    Élargissement de la mission du CCNE

    L’article 29 du projet de loi bioéthique prévoit en outre d’élargir les missions du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) « afin qu’il puisse se saisir de questions transdisciplinaires de santé publique, qui impliquent de s’ouvrir à d’autres domaines que ceux de la biologie, de la médecine et de la santé » selon les termes de l’étude d’impact.

    Le CCNE pour les sciences de la vie et de la santé aura désormais pour mission de donner des avis sur « les problèmes éthiques et les questions de société soulevés par les progrès de la connaissance [non plus seulement] dans les domaines de la biologie, de la médecine et de la santé [mais aussi] par les conséquences sur la santé des progrès de la connaissance dans tout autre domaine ».

    « Afin que la composition du comité puisse couvrir ce périmètre élargi », le texte prévoit de renvoyer au décret, d’une part, « la liste des ministres qui proposent les quinze personnalités qualifiées »  et, d’autre part, celle des organismes qui proposent « quinze personnalités appartenant au secteur de la recherche et de la santé », ces listes étant définies de façon à couvrir les domaines de compétence du comité.

  • Rapport charges et produits : la Cnam souhaite mieux identifier les chirurgies assistées par robot

    La Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) souhaite mieux identifier le recours à l’assistance robotique en chirurgie dans les systèmes d’information (SI) de facturation des établissements de santé afin d’améliorer l’encadrement de cette pratique. C’est l’une des informations qui ressort de son rapport « Charges et produits pour 2020 », approuvé le 2 juillet 2019 par le conseil de la Cnam.

    La chirurgie robot-assistée se développe dans les établissements de soins depuis le milieu des années 1980 mais n’est encadrée par aucune mesure de régulation et d’autorisation. Il n’y a actuellement pas de recensement précis du nombre de machines utilisées puisque le choix de se doter d’un robot n’est opéré que par l’établissement. « De même, le recours à une assistance robotique lors d’une intervention chirurgicale n’est pas tracé dans les circuits de facturation, que ce soit lorsque l’acte est codé ou lorsque le séjour est facturé, empêchant tout décompte précis de cette activité », indique l’assurance maladie dans un chapitre dédié à cette technique.

    Elle estime néanmoins qu’il y aurait entre 25 000 et 35 000 chirurgies assistées par robot réalisées chaque année en France, « un effectif probablement croissant du fait de l’augmentation du nombre de robots disponibles », précise-t-elle.

    De manière plus générale, la Cnam annonce par ailleurs dans son rapport prévoir la réalisation de 2,07 milliards d’euros d’économies sur les dépenses d’assurance maladie en 2020 dans le cadre de la préparation du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS).

    Constat : pas d’études sur l’efficacité et la sécurité, un surcoût difficile à évaluer

    Aucune étude démontrant la supériorité de l’assistance par robot sur la chirurgie traditionnelle, ni d’études de sécurité

    Selon la Cnam, les bénéfices de l’assistance robotique sont « indéniables » pour le chirurgien. Elle note cependant qu’il n’existe pas d’études scientifiques démontrant que cette technique est meilleure pour le patient que la chirurgie laparoscopique traditionnelle.

    Elle remarque également qu’il n’y a aucune étude de sécurité comparant en population les 2 techniques.

    Un surcoût qui varie selon le volume d’activité réalisé par l’établissement de santé

    Le surcoût lié au recours à la robot-assistance par rapport à une chirurgie classique est difficile à estimer en France et « varie sans doute beaucoup en fonction du volume d’activité réalisé par l’établissement », observe l’Assurance maladie :

    • selon la Caisse, le prix d’achat d’un système Da Vinci (Intuitive Surgical) est d’environ 2 millions d’euros et le coût de maintenance d’environ 150 000 euros par an.
    • Le coût des consommables est d’environ 1 900 euros par intervention, soit 76 millions d’euros pour 40 000 chirurgies par an, ajoute la Cnam.

    « Aucune reconnaissance dans les tarifs, hospitaliers ou libéraux »

    L’Assurance maladie indique que la robot-assistance ne fait actuellement l’objet « d’aucune reconnaissance dans les tarifs, hospitaliers ou libéraux », estimant donc que le surcoût éventuellement induit par cette technique doit être pris en charge par l’établissement « à coût constant ».

    Cependant, « le développement de cette chirurgie et l’acquisition d’un nombre croissant de robots laisse supposer que les établissements ont trouvé un modèle économique justifiant ces acquisitions », complète-t-elle.

    L’acquisition d’un robot chirurgical peut être une décision « purement concurrentielle »

    L’acquisition d’un robot chirurgical entraîne souvent une augmentation du volume d’activité pour les établissements et peut être initiée par une décision « purement concurrentielle » dans une « logique de maintien ou non d’une activité », note par ailleurs la Caisse.

    « Une fois l’acquisition faite, l’établissement aura intérêt à maximiser son volume d’activité, posant potentiellement la question de la pertinence des indications retenues », commente-t-elle.

    L’Assurance maladie indique que dans les CHU, cette acquisition est « indispensable » dans le cadre des missions de recherche et d’enseignement. « La présence d’un robot dans un service est devenue un élément majeur dans le choix des stages pour les internes en chirurgie », remarque-t-elle.

    Proposition : produire des études et des évaluations du bénéfice de la chirurgie robot-assistée

    Face à ces différents constats, la Cnam juge « indispensable » la production d’études et d’évaluations du bénéfice de la chirurgie robot-assistée pour les patients et la collectivité.

    Adapter le PMSI pour retracer les opération, mener des études médicales et médico-économiques pour évaluer l’intérêt de la pratique

    La Caisse suggère ainsi d’adapter le système d’information du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) pour retracer les opérations et de réaliser à moyen terme des études médicales et médico-économiques afin d’évaluer l’intérêt de l’utilisation d’un robot en chirurgie et d’émettre des recommandations médicales à destination des chirurgiens et des établissements.

    Dans ce cadre, l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (Atih) va créer un code d’extension documentaire pour le recours à la robot-assistance pendant une chirurgie, qui sera actif « dès le mois de juillet », annonce l’Assurance maladie.

    Une réflexion prospective envisagée

    Avec les données recueillies, la Cnam propose d’effectuer ou de diligenter des études de sécurité et d’efficiences sur l’usage de la technique. « Sur cette base, une réflexion prospective sur la place de la robot-assistance dans l’organisation et la gradation des soins chirurgicaux pourra également être menée »,  ajoute-t-elle.

    Elle présente 2 options :

    • la création d’un groupe homogène de séjours (GHS) spécifique pour permettre la prise en charge du surcoût de la robot-assistance pour les établissements ;
    • l’intégration des actes pour lesquels la robot-assistance serait pertinente à la classification commune des actes médicaux (CCAM).
  • Facebook : 5 Mds $ d’amende après divulgation de données personnelles à des applications tierces

    La Federal Trade Commission (FTC), l’autorité fédérale américaine chargée du commerce, inflige à Facebook « une amende record de 5 milliards de dollars (4,5 Mds €) » assortie de « nouvelles exigences de fond en matière de confidentialité et de sécurité des données ». La sanction est présentée dans le texte de sa décision, publié le 24 juillet 2019, condamnant le groupe pour ses atteintes à la confidentialité des données, notamment dans l’affaire Cambridge Analytica. Le communiqué est signé du président de la commission, le Républicain Joseph J. Simons, et de 2 commissaires (sur 5), soit Noah Joshua Phillips et Christine S Wilson. Les 2 autres commissaires, membres du Parti démocrate, ne sont pas signataires. 

    La FTC impose à la société d’engager « une surveillance accrue des développeurs tiers », et notamment l’obligation de couper l’accès des développeurs aux informations des utilisateurs « s’ils ne certifient pas qu’ils respectent les règles de la plateforme de Facebook ou ne justifient pas la nécessité pour eux d’avoir accès à ces données ». L’entreprise doit également appliquer uniformément ses conditions d’utilisation aux développeurs d’applications sans égard aux avantages financiers découlant de sa relation avec eux. L’autorité fédérale estime que cette obligation enverra « un signal important » aux entreprises concernant « les meilleures pratiques en matière de confidentialité et de sécurité ».

    La Federal Trade Commission explique qu’elle condamne Facebook pour n’avoir pas respecté les engagements contenus dans l’ordonnance sur consentement (consent order) signée avec elle en 2012, portant sur « l‘étendue du partage de données avec des applications tierces et du contrôle que les consommateurs avaient sur ce partage » mais aussi pour avoir « laissé des considérations financières influencer ses décisions relatives aux utilisateurs tiers de données ». Prise à l’issue d’« une enquête extrêmement approfondie pendant plus d’un an », la décision de la FTC est décrite par cette dernière comme « une victoire historique pour les consommateurs américains » , qui « place très haut la barre en matière de sanctions civiles pour les affaires futures impliquant des violations de la vie privée ».

    Une pénalité financière historique

    Les commissaires soulignent que 5 milliards de dollars représentent environ 9 % du chiffre d’affaires de Facebook pour 2018 et environ 23% de ses bénéfices pour 2018, et que cette amende est « plus de 20 fois supérieure » à la plus forte pénalité prononcée ce jour en vertu du RGPD, présenté comme un modèle d’exigence en la matière. L’amende est également « l’une des plus lourdes sanctions civiles de l’histoire des États-Unis ». La Federal Trade Commission (FTC) estime qu’elle « envoie un message fort à toute entreprise américaine qui collecte des données sur les consommateurs » ainsi prévenue que la commission est disposée à faire un usage « énergique » de son pouvoir d’imposer des pénalités.

    Une réforme de la gouvernance de Facebook demandée

    La FTC demande notamment à Facebook de réformer sa gouvernance en créant au sein de son conseil d’administration un nouveau comité « axé uniquement sur les risques liés à la confidentialité » et composés d’administrateurs indépendants, experts des questions de confidentialité et de conformité, et protégés de la destitution par un statut spécifique, qui devront soumettre à l’autorité fédérale des rapports trimestriels sur la confidentialité et un rapport annuel sur la conformité.

    Elle répond dans son communiqué à l’objection des 2 commissaires non-signataires, qui auraient voulu qu’elle « impose davantage de limites à la collecte et à l’utilisation de données » par Facebook. Dans sa décision, la Federal Trade Commission explique qu’en tant qu’organisme d’application et non de règlementation, elle n’a pas ce pouvoir, et qu’il il revient au Congrès de déterminer dans quelle mesure « Facebook, ou toute autre société, devrait être capable de collecter, d’utiliser, d’agréger et de monétiser des données ».

    Défense et nouveaux engagements de Facebook

    « La responsabilité requise par cet accord dépasse la législation américaine en vigueur et nous espérons être un modèle pour le secteur », commente Colin Stretch, directeur juridique de Facebook, dans un article publié dans la « Newsroom » du réseau social le 24 juillet 2019.

    Il reconnaît que la gestion par Facebook de l’affaire Cambridge Analytica constituait « un abus de confiance [vis-à-vis des] personnes qui dépendent de [Facebook] pour protéger leurs données », et affirme qu’ «au cours de l’année écoulée », le réseau social a « fait de grands progrès en matière de respect de la vie privée ».

    Colin Stretch déclare que « ce mois-ci, et en réponse à l’enquête de la FTC », le groupe a « découvert que des défaillances de [ses] systèmes permettaient à certains partenaires de continuer à accéder aux données pour fournir des fonctionnalités Facebook sur leurs produits ». « Bien que nous n’ayons trouvé aucun abus, le nouvel accord contribuera à prévenir de tels risques à l’avenir », note-t-il.

    « Cet accord nécessitera un changement fondamental dans la manière dont nous abordons notre travail », conclut le directeur juridique, évoquant « un virage plus net vers la vie privée, à une échelle différente de tout ce que nous avons fait dans le passé ».

    Les critiques du commissaire Rohit Chopra

    Le commissaire démocrate Rohit Chopra a publié sur le site de la Federal Trade Commission un communiqué détaillant les raisons pour lesquelles il a voté contre l’accord. Selon lui, les sanctions prévues « n’imposent aucun changement significatif à la structure ou aux incitations financières de la société », alors que les abus qui lui sont reprochés découlent de son modèle économique. L’accord « permet à Facebook de décider lui-même de la quantité d’informations qu’il peut collecter auprès des utilisateurs et de ce qu’il peut en faire, à condition de produire une trace écrite », indique-t-il.

    Les garde-fous qu’introduit l’accord sont « fragiles » (flimsy) estime Rohit Chopra, relevant qu’ils « ne fournissent aucune limitation ni même des indications sur ce qui constitue une collecte d’informations justifiée ». « En conséquence, juge-t-il, il est hautement improbable que cela affecte la quantité ou nature des informations collectées par les développeurs, dès lors que leurs avocats trouveront un moyen de les justifier. »

  • CR

    Computed Radiography

  • Inno Génération 2019 (Bpifrance) : le 10 octobre à Paris (inscriptions ouvertes)

    La 5ième édition Inno Génération de Bpifrance se tiendra le 10 octobre à Paris au sein de l’AccorHotels Arena. Créateurs d’entreprises et de start-ups, TPE, PME, ETI, grands groupes mais aussi chercheurs, étudiants, etc. se rassembleront pour présenter leurs projets et échanger afin de développer leur business et leur réseau.

    La santé fera partie des secteurs représentés.

    Le programme prévisionnel est téléchargeable ici.

    Les inscriptions sont à réaliser par le biais d’un formulaire en ligne, accessible via ce lien.

  • Netcancer lance avec Expertscape un répertoire en ligne des praticiens en cancéro pour les patients

    Netcancer, un site web français d’information et de formation sur la cancérologie, s’associe à Expertscape, une entreprise américaine qui fournit des services de recherche et de contenu médicaux aux patients et aux professionnels de la santé. L’objectif est de proposer un répertoire en ligne pour informer le grand public sur les praticiens français impliqués dans la recherche en cancérologie, reposant sur les algorithmes et la méthodologie d’Expertscape.

    « Ce partenariat permettra de faire connaître les médecins impliqués dans les avancées en oncologie et dans le développement de traitements innovants pour les cancers les plus fréquents (sein, poumon, prostate, colon) dans un premier temps, précise Netcancer dans un communiqué publié le 5 juillet 2019.

    Concrètement, le but de cette plateforme, accessible via ce lien, est de donner la possibilité aux patients « de s’impliquer davantage dans leur traitement en trouvant des experts médicaux reconnus et en ayant accès à des informations auparavant réservées aux professionnels de santé », ajoute la société.

    Fondé en 2015, Netcancer propose à l’origine aux professionnels de santé et aux patients un accès en ligne à 220 fiches produits, à des vidéos et à des formations (100 cours) afin d’optimiser la prise en charge des médicaments pour le traitement du cancer.

  • Étude : l’apprentissage automatique à même de faciliter le dépistage de la dépression (JMIR)

    Une étude menée par des chercheurs américains de l’Indiana University montre qu’il serait possible d’automatiser le dépistage des patients nécessitant des soins pour la dépression dans une population de patients. Un système basé sur l’apprentissage automatique (machine learning) a permis d’utiliser un très grand nombre de données qu’un clinicien ne peut pas prendre en compte. Un tel outil pourrait faciliter la mise en place de soins préventifs. Les résultats de ces travaux* ont été publiés le 22 juillet 2019 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).

    Des failles dans le repérage des patients dépressifs

    Selon les chiffres officiels, le nombre de personnes souffrant de dépression n’a cessé d’augmenter en France depuis les années 2000. Actuellement, 10 % de la population serait touchée, contre 8 % il y a une vingtaine d’années. Au coût humain s’ajoute le coût financier : 1 000 milliards de dollars par an dans le monde, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) paru en 2017.

    Identifier les personnes nécessitant une prise en charge représente un défi majeur. Comme il est irréalisable de former tous les soignants à un tel repérage, de nombreux systèmes de santé utilisent des outils, qui sont des échelles d’évaluation.

    Cependant, ces systèmes ne sont pas des solutions optimales car ils mobilisent malgré tout de manière importante le personnel soignant, dépendent fortement de résultats potentiellement inexacts rapportés par les patients, et n’utilisent qu’un petit sous-ensemble de données cliniques comportementales. Le risque de surdiagnostic est réel et des études récentes ont montré qu’un tel dépistage systématique dans les structures de santé n’était pas pertinent.

    C’est pourquoi il semble plus approprié de développer des approches de dépistage basées sur l’apprentissage automatique (machine learning) capables de tirer parti de jeux de données de patients plus complets représentant leur état de santé général. L’apprentissage automatique permet d’apprendre de multiples jeux de données de soins primaires et secondaires que le clinicien ne serait pas en capacité d’exploiter du fait de leur abondance.

    Big data + machine learning pour trier les patients à risques

    Afin d’évaluer le potentiel de cette nouvelle opportunité, des chercheurs américains de l’Indiana University ont identifié une population de 84 317 patients adultes (âgés de 18 ans et plus) ayant effectué au moins une visite de soins primaires entre 2011 et 2016 dans une centre de santé d’Indianapolis.

    Dans un premier temps, ils ont développé une taxonomie de la dépression afin d’identifier tous les concepts biomédicaux et les termes liés à cette pathologie. Ces caractéristiques présentaient une grande variété de caractéristiques diagnostiques, démographiques et comportementales qui influaient sur l’apparition et la gravité de la dépression.

    Ensuite, ils ont sélectionné 3 groupes de patients à haut risque et ils se sont procurés les dossiers médicaux de chacun. « L’ensemble de données comprenait un large éventail de données sur les patients, y compris des données démographiques, diagnostiques, comportementales et de visite, rapportées sous forme structurée et non structurée », précisent les auteurs de l’étude.

    Ils ont développé un algorithme de « forêt aléatoire » à partir de ces données. Le but était d’identifier les personnes qui souffriraient de la détérioration de leur état de santé s’ils ne bénéficiaient pas d’un traitement spécialisé de haute intensité pour la dépression.

    Les résultats de ces travaux ont été publiés le 22 juillet dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).

    Résultats : 8 patients sur 10 identifiés

    • 12 432 patients avec un diagnostic de dépression (le groupe le plus à risque) ont été identifiés, sur un total de 37 560 patients à risques repérés.
    • Ces patients à risque étaient en majorité urbains et de sexe féminin.
    • Sur les 8,29 % des 84 317 patients ayant besoin de soins avancés pour la dépression, 80 % ont été identifié par l’algorithme.
    • Plus de 1 000 concepts liés à la terminologie de la dépression ont été identifiés et inclus dans le modèle de décision
    • L’hypertension, une dépression antérieure, le sexe et le nombre de visites au centre de soins faisaient partie du top 20 des caractéristiques les plus déterminantes.
    • Le modèle décisionnel prédisant le besoin de soins avancés dans la population principale signalait un score de 78,87 %.

    En résumé, le modèle décisionnel permettant de prédire le besoin de soins avancés pour la dépression dans l’ensemble de la population de patients a obtenu un score de 78,87 %. Dans les 4 groupes de patients à haut risque, ces scores allaient de 86,31 à 94,43 %. La sensibilité et la spécificité étaient significativement élevées et démontraient qu’un tel outil pouvait être développé et mis en pratique, estiment les auteurs de l’étude.

    « Un potentiel considérable » pour faire de la prévention

    « Cependant, il est à noter qu’aucun des modèles de décision développés à partir de populations à haut risque ne pouvait prendre en compte tous les patients nécessitant des soins avancés », reconnaissent les chercheurs.

    Globalement, les 3 modèles ne pouvaient capturer que 80,26 % des patients nécessitant des soins poussés. Ils émettent l’hypothèse qu’une part des 19,74 % de patients manquants aurait été classée dans l’un des trois groupes de patients à haut risque si des données plus complètes avaient été disponibles et avaient donc été éligibles pour le dépistage.

    Ce dépistage automatisé et « extrêmement précis » de la dépression pourrait, selon eux, être facilement intégré dans les structures de santé dont l’interopérabilité des jeux de données est de plus en plus une réalité.

    « Ces résultats montrent un potentiel considérable pour permettre la mise en place de soins préventifs, sans risque de surdiagnostic ni de surtraitement et sans utiliser de mécanismes de dépistage manuel », concluent les auteurs de ces travaux.

  • L’Agence française de développement prête 27,3 M€ pour le déploiement de la e-santé en Tunisie

    L’Assemblée des représentants du peuple, soit le Parlement tunisien, vient de voter un projet de loi relatif à l’approbation de l’accord de prêt signé le 14 février 2019 entre la République tunisienne et l’Agence française de développement (AFD) « en appui au déploiement de la e-santé en Tunisie ».

    L’accord porte sur 27, 3 millions d’euros, indique l’AFD dans un communiqué publié le 22 juillet 2019 lors de la signature du document par son directeur général Rémy Rioux et Zied Ladhari, le ministre tunisien du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale. Il vise à accompagner le déploiement dans les hôpitaux tunisiens d’applications, parmi lesquelles « le dossier médical informatisé pour les patients », « la distribution journalière informatisée et nominative du médicament », « la dynamique Tunisie sans films », qui associe « le système de l’archivage des images médicales et le système d’information radiologique », et enfin « la gestion des archives médicales numérisées », est-il précisé.

    L’Agence française de développement ajoute que « des initiatives territoriales de télémédecine seront déployées dans plusieurs spécialités médicales » telles que la télé-cardiologie, la télé-périnatalité, les urgences cardiaques, la télé-radiologie et la télé-échographie obstétricale, avec l’objectif de faciliter le lien avec « les médecins spécialisés et les équipements médicaux de pointe au profit des régions du Nord, du Sud et du Centre de la Tunisie ».

    La presse locale précise que les établissements concernés par ces projets de télémédecine sont l’hôpital La Rabta, l’hôpital régional de Jendouba, l’hôpital régional de Tozeur, le centre de traumatologie et des grands brûlés de Ben Arous et l’hôpital Habib Thameur à Tunis.

  • Projet de télémédecine en Sarthe : la dermatologie et la gériatrie sont les 2 champs prioritaires

    Le projet de télémédecine déployé en Sarthe se concentre dans un premier temps sur 2 filières : la dermatologie (télé-expertise et téléconsultation) et la gériatrie (téléconsultation). « Plus que la faiblesse relative de l’offre de premier recours en Pays de la Loire, c’est son inégale répartition dans la région qui est marquante, commente l’agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire dans un communiqué publié le 18 juillet 2019 à l’issue d’une conférence centré sur la télémédecine au sein du département. La Sarthe se situe ainsi parmi les 10 départements français à la démographie médicale la plus faible. Ces difficultés d’accès aux soins de premier recours sont exacerbées dans un triple contexte de vieillissement de la population, de développement des maladies chroniques et de situations socio-économiques défavorables sur certains territoires. »

    Afin de faire face à cet enjeu, l’ARS et le Pôle métropolitain Le Mans – Sarthe ont mis en œuvre une solution de télémédecine au sein de la région, basée sur un écosystème d’acteurs dynamiques. Ce dernier est composé d’institutionnels avec le conseil régional des Pays de la Loire, le conseil départemental de la Sarthe, la Ville du Mans et la CPAM de la Sarthe, mais aussi de professionnels, « avec la création d’un collège médical (regroupant une vingtaine de professionnels de santé) chargé de faire remonter les expériences d’usages et d’ergonomie de la plate-forme », explique l’agence. Le projet a ainsi été co-construit avec l’ensemble des acteurs du secteur du territoire.

    Le déploiement de cette nouvelle pratique est proposé à 27 structures sarthoises. Les actes sont réalisés par le biais de la plateforme régionale de télémédecine Qimed. Le GCS e-santé Pays de la Loire et le cabinet Opusline assurent la mise en œuvre opérationnel du projet, précise par ailleurs l’ARS. Cette dernière a apporté au projet un soutient financier de près de 500 000 euros.

    Projet de télémédecine : la dermatologie et la gériatrie, les 1ères filières concernées

    Le projet de télémédecine mené en Sarthe est axé en premier lieu sur 2 filières : la dermatologie et la gériatrie.

    • La télé-expertise et la téléconsultation en dermatologie (ulcères, escarres, retards de cicatrisation, éruptions aigües et plaies chroniques) : déploiement prioritaire en appui sur l’expertise du service de dermatologie du centre hospitalier du Mans.
    • La téléconsultation en gériatrie (gériatrie générale et gérontopsychiatrie) : en cours de cadrage, « c’est-à-dire que les acteurs réfléchissent à la future organisation, aux experts qui devront être mobilisés, au matériel nécessaire… », explique l’agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire (communiqué).

    Des actes réalisés sur la plateforme régionale de télémédecine Qimed

    La mise en œuvre opérationnelle du projet de télémédecine sarthois est réalisée par le GCS e-santé Pays de la Loire et le cabinet Opusline. Ils sont chargé d’accompagner les structures tout au long du projet, soit de l’audit initial à l’accompagnement à l’usage, en passant par les phases d’équipement, de formation et de lancement opérationnel.

    Les actes de télémédecine seront effectués par l’intermédiaire de Qimed, la plateforme régionale de télémédecine. En 2015, l’ARS a acquis cette solution, « qui a permis d’expérimenter le déploiement des outils et des pratiques médicales de télémédecine », indique l’agence.

    Une solution de téléconsultation, de télé-expertise et de télérégulation

    Qimed est un espace unique et sécurisé par le biais duquel les professionnels de santé de la région peuvent bénéficier de services :

    • de téléconsultation ;
    • de télé-expertise ;
    • de télérégulation médicale : réponse médicale apportée dans le cadre de l’usage du 15 / Samu.

    « La plateforme est complétée d’outils socles et mutualisés permettant la sécurisation de l’identification des usagers, l’authentification des professionnels, l’interopérabilité des solutions, etc., indique l’ARS. L’intérêt d’une plateforme régionale est de faciliter les relations entre différents professionnels de santé (libéraux, hospitaliers, paramédicaux) tout au long du parcours de santé du patient. »

    Un déploiement à plus large échelle est prévu

    Le projet avec le Pôle Métropolitain Le Mans – Sarthe est une première étape dans le déploiement de la télémédecine au sein du territoire. Il a permis « de consolider la méthodologie et les modalités d’accompagnement des acteurs en vue du développement des usages », commente l’agence régionale de santé des Pays de la Loire.

    La seconde phase consiste à déployer la télé-dermatologie sur un périmètre élargi au département. Les 12 établissements médico-sociaux suivants sont concernés :

    • Ehpad de l’hôpital local à Bonnétable ;
    • Ehpad Delante à Nogent le Bernard ;
    • Ehpad Eugène Aujaleu au Grand-Lucé ;
    • Ehpad Le Tusson à La Chapelle Gauguin ;
    • Ehpad Les Chanterelles à Marolles-Les-Braults ;
    • Ehpad Les Fresnes, Les Châtaigniers à Fresnay-sur-Sarthe ;
    • Ehpad Albert Trotte à Thorigne-sur-Due ;
    • Ehpad de l’Abbaye à Tuffé ;
    • Ehpad Les Thérébinthes à Parigné-l’Evèque ;
    • Ehpad de Fontenay à Loir en Vallée ;
    • Ehpad La Chanterie à Coulans-sur-Gée ;
    • Ehpad Bertrand de Puisard à Sainte-Jamme-sur-Sarthe.

    L’un des établissements a pu réaliser les premiers actes de télé-dermatologie au cours du mois de juin, indique l’ARS. « Les autres établissements bénéficieront de leurs équipements et des formations à partir du mois de septembre », précise-t-elle.

    Une collaboration entre tous les acteurs du territoire

    Les acteurs territoriaux se mobilisent pour déployer la télémédecine au service d’un meilleur accès aux soins en Sarthe

    L’ARS, le Conseil régional et le conseil départemental ainsi que la Ville du Mans se sont associés pour cofinancer ce projet de télémédecine, en collaboration avec les acteurs de terrain, soit le Pôle métropolitain Le Mans – Sarthe, la CPAM de la Sarthe, les établissements sanitaires et médico-sociaux ainsi que le secteur libéral et tous les partenaires concernés.

    L’ARS a apporté au projet un soutient financier de près de 500 000 euros.

    Les bénéfices attendus du projet

    L’usage de la télémédecine permet :

    • d’améliorer l’accès à des avis spécialisés ;
    • d’élargir l’accessibilité aux soins au plus grand nombre de patients ;
    • de réduire les délais de prise en charge ;
    • de limiter les déplacements des plus fragiles ;
    • d’améliorer la pertinence du diagnostic médical par l’appui d’experts médicaux ;
    • de faciliter les interactions entre professionnels.

    Calendrier du déploiement de la télémédecine en Sarthe

    Le déploiement de la télémédecine pour la filière dermatologique s’est déroulé en 4 phases :