Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2019. Dans cet article, retour sur les dernières annonces clés du NHS, le système de santé britannique.
• Le NHS England et NHSX, une unité du NHS ayant pour objectif de faire avancer la transformation numérique du secteur des soins et des services sociaux, ont établi une liste de fournisseurs accrédités de solutions de dossiers de patient informatique (electronic patient record) afin de donner davantage de confiance aux acteurs de la santé dans leur processus de numérisation. La publication de cette liste a été annoncée le 5 août 2019 par le NHS.
Les 8 fournisseurs suivants ont été retenus : Allscripts, Cerner, DXC Technology, IMS Maxims, Nervecentre, Meditech, The Phoenix Partnership (TPP) et System C.
• Dans le cadre du plan à long terme du NHS (NHS Long Term Plan), des milliers de personnes présentant un risque de développer un diabète de type 2 recevront un support numérique pour les aider à éviter de contracter la maladie. Le système de santé britannique présente cette mesure dans un communiqué publié le 12 août sur son site web.
• Par ailleurs, de nouveaux bilans de santé « intelligents » basés sur l’analyse prédictive, réalisés par le NHS, sont mis en place par le ministère de la Santé et des Affaires sociales (DHSC) britannique.
Cadre de soutien des systèmes de santé : une nouvelle section développée par le NHS
Le NHS England et NHSX ont développé une nouvelle section au sein du cadre de soutien des systèmes de santé pour aider les organisations et les systèmes de soins intégrés à optimiser les ressources lors de l’achat de nouveaux services, logiciels et infrastructures numériques.
8 fournisseurs de DPI accrédités
8 entreprises, « qui ont été évaluées et sont assurées de fournir les systèmes les plus robustes », figurent sur la liste du lot 1 du cadre et répondent à un large éventail de critères clés, notamment la capacité d’intégration avec d’autres systèmes informatiques, indique le NHS dans un communiqué. Il s’agit de :
- Allscripts ;
- Cerner ;
- DXC Technology ;
- IMS Maxims ;
- Nervecentre ;
- Meditech ;
- The Phoenix Partnership (TPP) ;
- System C.
Le cadre en question a été établi pour fournir des services qui soutiennent la prestation de soins intégrés, y compris la gestion de la santé de la population. La nouvelle section consacrée aux DPI (electronic patient record) donnera un accès aux systèmes de fournisseurs capables de respecter les normes Global Digital Exemplars (GDE). « Cela signifie que les trusts et autres entités du NHS pourront numériser [leurs services] plus rapidement », explique le NHS.
Les sociétés candidates ont été évaluées par des experts du NHS England, de NHS Improvement*, de NHSX, de NHS Digital, du ministère de la Santé et des Affaires sociales (DHSC), des organisations de prestataires de soins locales, des équipes régionales et des organismes nationaux. Parmi eux figurent des parties prenantes du secteur tels que les responsables de l’information, les responsables de l’information clinique, les responsables de l’information infirmière, les agents de sécurité clinique et le personnel clinique de première ligne.
Les sociétés passées au crible ont été testées par rapport à un certain nombre d’exigences fonctionnelles portant sur les solutions déployés existantes. Ce haut niveau de qualité a été défini pour garantir que seules les entreprises les plus prometteuses se démarquent. Les fournisseurs ont été autorisés à proposer cette fonctionnalité dans le cadre d’une solution unique ou de plusieurs solutions intégrées au sein d’un partenariat de chaîne d’approvisionnement (supply chain).
Les 8 sociétés retenues ont été invités à démontrer :
- comment elles proposeraient des solutions à l’échelle de l’entreprise mais aussi comment elles pourraient fournir des déploiements plus réduits qui fourniraient une base pour des solutions modulaires (avec ou sans PME et autres partenaires) ;
- comment elles soutiendraient la vision exposée dans le programme « The Future of healthcare: our vision for digital, data and technology in health and care » (« L’avenir des soins de santé: notre vision du numérique, des données et de la technologie dans les domaines de la santé et des soins ») ;
- comment elles pourraient interagir avec d’autres systèmes pour s’assurer que les cliniciens disposent des données au moment opportun mais aussi soutenir la création de registres de santé et de soins locaux intégrés.
NHS Long Term Plan : déploiement d’un programme numérique de prévention du diabète de type 2
Dans les programmes pilotes, offrir un accès pratique, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, à des conseils en ligne a considérablement augmenté le nombre de participants au programme phare de prévention du diabète (Diabetes Prevention Programme, DPP) déployé dans le cadre du NHS Long Term Plan, indique le NHS (communiqué).
Un meilleur suivi du programme de prévention par voie numérique qu’en face à face
- Près de 7 personnes sur 10, soit 68 % des personnes interrogées ayant eu recours à un soutien numérique, ont participé au programme, contre environ la moitié de celles s’étant vues offrir un soutien en face à face.
- Jusqu’à un cinquième des places dans le programme phare de prévention du diabète du NHS England, soit environ 40 000 par an, sera diffusé sous forme numérique.
Les personnes qui risquent de développer un diabète de type 2 mais qui ne peuvent pas participer à des sessions de prévention en face à face seront les premières à bénéficier de cette extension, qui a débuté au cours du mois d’août 2019.
Ces dernières recevront dans ce cadre :
- une technologie wearable qui surveille les niveaux des exercices réalisés ;
- des applications mobiles qui permettent aux utilisateurs d’accéder à des coachs de santé et à du contenu éducatif ;
- un accès à des groupes d’entraide en ligne ;
- la possibilité de définir et de surveiller leurs objectifs de manière numérique.
Le diabète : l’un des plus importants problèmes de santé publique au Royaume-Uni
Le diabète est l’un des plus importants problèmes de santé publique auxquels sont confrontés le NHS et l’Angleterre en général, indique le NHS England, précisant que près de 4 millions de personnes sont atteintes d’un diabète de type 2 au sein du pays.
1 lit d’hôpital sur 6 en Angleterre est occupé par une personne atteinte de diabète de type 2, ce qui entraîne plus de 9 000 amputations chaque année. Le NHS dépense plus de 6 milliards de livres sterling (6,6 Mds €) par an pour soigner la maladie et ses complications, précise l’institution.
Le plan à long terme du NHS met de nouveau l’accent sur la prévention des problèmes de santé ainsi que sur l’extension et la prolongation du traitement. Le programme de prévention du diabète (DPP), qui a déjà aidé des milliers de personnes à perdre au total 132 000 livres (59 874 kg) réunies, sera doublé pour que 200 000 personnes puissent y accéder chaque année. Le NHS mettra également à l’essai des régimes hypocaloriques pouvant inverser le diabète type 2.
Les essais du PDP numérique, impliquant plus de 5 000 personnes, ont révélé :
- que plus des deux tiers (68 %) des utilisateurs du support numérique avaient moins de 65 ans : l’âge moyen des participants numériques était de 58 ans, soit 6 ans de moins que celui des personnes suivant des interventions en face à face (64 ans) ;
- que 16 % des inscriptions pour le programme numérique étaient réalisées par des personnes âgés de 18 à 44 ans, contre 7 % du même groupe d’âge qui s’était inscrit pour une assistance en face à face.
Lancé en 2016, le programme de prévention du diabète du NHS est financé par le NHS England et soutenu par un partenariat entre le NHS England, Public Health England (PHE, une agence exécutive du ministère de la Santé et des Affaires sociales du Royaume-Uni) et Diabetes UK, une organisation caritative de recherche pour les patients, les professionnels de la santé et la recherche basée au Royaume-Uni.
Il aide les personnes présentant un risque élevé de développer un diabète de type 2, par le biais de conseils sur le type d’alimentation à adopter, l’exercice physique et la gestion du poids, qui, ensemble, réduisent le risque de développer la maladie. Les personnes qui ont achevé le programme ont perdu en moyenne 7 livres et demi (3,4 kilogrammes), soit plus de 2 livres (0,9 kilogramme) de plus que prévu initialement.
Des bilans de santé basés sur l’analyse prédictive
Le ministère de la Santé et des Affaires sociales (DHSC) britannique a annoncé courant août un changement radical dans la réalisation des bilans de santé du NHS. Il lance un examen visant à explorer la manière dont les technologies analytiques et basées sur les données peuvent fournir des conseils de santé personnalisés aux patients.
Ces nouveaux bilans « intelligents » ont pour objectif d’améliorer la prévention et le traitement des maladies en cherchant à déterminer si des programmes sur mesure tenant compte de l’âge, de la génétique et de facteurs socio-économiques du patient peuvent s’avérer pertinent dans cette optique.
Ce changement s’inscrit dans le cadre d’un passage plus large des « approches globales » vers la santé publique, au profit d’un système modernisé et pérenne qui prend en compte les risques ou les choix personnels, en exploitant les dernières technologies.
Utiliser les données pour mieux prévenir les maladies pouvant causer une mort prématurée
S’appuyant sur les innovations récemment développées en matière de traitement du cancer – le domaine le plus avancé de la médecine personnalisée en termes de détection et de traitement – le DHSC explorera comment les données pourraient également être utilisées afin d’aider à réduire le risque de développer d’autres maladies pouvant causer une mort prématurée, telles que l’hypertension artérielle, le diabète de type 2, l’accident vasculaire cérébral, les maladies rénales et les maladies cardiaques.
Ces bilans de santé personnalisés et intelligents seront proposés aux groupes de patients en fonction des facteurs de risque spécifiques qu’ils présentent. Par exemple, les personnes âgées de 40 à 49 pourraient être ciblées pour des conseils relatifs à la consommation d’alcool, la consommation d’alcool étant plus courante dans ce groupe d’âge, tandis que les 70 à 74 ans pourraient être ciblés pour des conseils sur la manière de réduire leur tension artérielle.
Cibler les personnes les plus à risque
Un examen du programme de bilan de santé du NHS explorera les moyens de maximiser son utilisation pour que davantage de personnes puissent bénéficier de ces nouveaux bilans plus intelligents, en ciblant les personnes les plus à risque.
Le ministère examinera les cas où une numérisation est la plus appropriée. Il envisage d’élargir l’éventail des conseils, avec par exemple la mise en place d’une action précoce en cas de perte auditive. Il explorera également la possibilité d’un bilan spécifique pour ceux qui approchent de l’âge de la retraite afin d’éviter ou de retarder les besoins futurs en matière de soins.