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  • Projet de loi de bioéthique : garder l’humain au coeur des nouvelles technologies

    Le projet de loi bioéthique prévoit d’encadrer l’usage de l’intelligence artificielle (IA) et des big data en santé par l’humain. Le texte propose d’imposer au professionnel de santé le fait d’informer le patient de l’usage d’un traitement algorithmique de données massives pour des actes à visée préventive, diagnostique ou thérapeutique et des résultats obtenus. Ce document, qui fait suite au rapport du comité consultatif national d’éthique, entre dans sa phase parlementaire. Après l’audition des ministres par la Commission parlementaire le 9 septembre 2019, les discussions sur les amendements vont démarrer le 10 septembre avant les débats parlementaires à l’Assemblée nationale du 24 septembre au 9 octobre.

    Plus précisément, pour que l’IA reste un outil d’aide à la décision et que la décision finale reste entre les mains du professionnel de santé, l’intervention de ce dernier sera rendue obligatoire pour réaliser l’adaptation des paramètres du traitement, assurant ainsi une garantie humaine lors de l’utilisation de l’intelligence artificielle.

    Concernant le traitement algorithmique des données génétiques, le texte insiste sur le consentement de la personne et sur l’usage limité aux fins médicales ou de recherche scientifique. Le texte prévoit également de limiter le recours aux techniques d’enregistrement de l’activité cérébrale et d’encadrer l’usage des dispositifs de neuromodulation à risque.

    La révision des lois de bioéthique s’inscrit dans un contexte de développement technologique inédit. Le titre III du projet de loi vise à « appuyer le diffusion des progrès scientifiques et technologiques dans le respect des principes éthiques ». Il concerne en premier lieu l’IA mais aussi les neurosciences et la neuromodulation.

    IA : informer les patients et garantir l’usage

    L’article 11 du projet de loi prévoit que « lorsque pour des actes à visée préventive, diagnostique ou thérapeutique est utilisé un traitement algorithmique de données massives, le professionnel de santé qui communique les résultats de ces actes informe la personne de cette utilisation et des modalités d’action de ce traitement ». Dans la même idée, « l’adaptation des paramètres [d’un tel traitement] est réalisée avec l’intervention d’un professionnel de santé et peut être modifiée par celui-ci ».

    Dans la lignée des autres textes règlementaire, notamment le RGPD, la traçabilité est imposée pour rendre les données accessibles aux professionnels de santé concernés et garantir la décision thérapeutique. D’ailleurs, le texte prévoit, toujours dans son article 11, « l’intervention du professionnel pour réaliser l’adaptation des paramètres du traitement et consacre le principe d’une garantie humaine lors de l’utilisation de l’intelligence artificielle » ; ce qui permet de préserver la maîtrise finale de la décision par le professionnel de santé.

    Encadrer l’examen des caractéristiques génétiques

    L’article 10 du projet de loi prévoit que l’examen des caractéristiques génétiques constitutionnelles ne peut être réalisé qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique après consentement express de la personne par écrit.

    Elle devra être informée de la nature de l’examen, de son indication s’il s’agit de finalités médicales ou de son objectif scientifique. Elle devra également être informée si l’examen révèle des caractéristiques sans lien avec l’objectif initial mais qui pourrait nécessiter des mesures de prévention pour elle ou sa famille. Elle pourra toutefois refuser cette révélation en étant informé des risques.

    Encadrer l’enregistrement de l’activité cérébrale

    Le projet de loi précise dans son article 12, les finalités de recours aux techniques d’enregistrement de l’activité cérébrale. Il interdit l’emploi de l’imagerie cérébrale fonctionnelle dans le domaine de l’expertise judiciaire et renforce l’interdiction des discriminations fondées sur les données  issues de l’enregistrement de l’activité cérébrale, en particulier en matière de prévention et de couverture des risques.

    Interdire les dispositif de neuromodulation à risque

    L’article 13 du projet de loi donnerait au ministère chargé de la Santé le pouvoir d’interdire, après avis de la Haute autorité de santé (HAS), les dispositifs de neurostimulation qui présenteraient un danger ou une suspicion de danger grave pour la santé humaine.

    Via une électrode de stimulation ou un produit diffusé par cathéter, cette technique augmente ou diminue l’excitabilité d’un neurone ou d’un groupe de neurones. Elle agit directement sur une zone cérébrale, la moelle épinière ou une racine nerveuse. Elle est utilisée à usage récréatif sans être, pour l’instant, encadrée par une règlementation française ou européenne.

  • Télémédecine : Medadom annonce le rachat de Docadom

    La start-up de télémédecine Medadom annonce le rachat de la plateforme concurrente Docadom, avec l’intention affichée de devenir « leader sur la téléconsultation médicale d’urgence ». C’est ce qu’affirme la société dans un message publié le 9 septembre 2019 sur Linkedin. L’opération aurait été conclue au début du mois d’août, selon un post Twitter de Docadom annonçant le 5 août que l’entreprise arrivait « au bout de son histoire ».

    « Le rachat de Docadom nous permet de profiter de leur image de marque tout en enrichissant notre catalogue de médecins disponibles, pour devenir la référence du secteur et pouvoir répondre à une demande croissante », déclare Nathaniel Bern, directeur technique et cofondateur de Medadom (source : La Tribune).

    Medadom affirme avoir déjà déployé son service de téléconsultation dans une trentaine de pharmacies parisiennes et prévoit de s’installer dans « 200 pharmacies d’ici fin décembre 2019 et 2 000 d’ici la fin d’année 2020 ». La société fait part de sa volonté « d’accorder la possibilité aux patients dans le besoin de trouver un médecin disponible rapidement », « d’aider à désengorger les urgences » et de « permettre aux pharmacies de devenir un acteur important de proximité dans le domaine de la santé ».

  • Philips commercialise ses sondes portable via Liz&med, plateforme de financement de matériel médical

    Pour commercialiser ses échographes portables et mobiles Lumify, Philips s’associe à Liz&med, une plateforme de financement de matériel médical en BtoB destinée aux acteurs du monde de la santé humaine et animale. Par le biais de cette solution, les praticiens, quelle que soit leur spécialité, peuvent consulter un catalogue produits interactif auquel est associé un contrat de financement aux conditions modulables, indique la société dans un communiqué publié le 3 septembre 2019.

    Avec Liz&med, Philips cible les 40 000 praticiens qui utilisent un échographe en France pour la vente de ses sondes échographiques Lumify. Par le biais de ces solutions ultraportables, les examens peuvent être effectués au chevet du patient à l’aide d’une sonde d’échographie reliée à un smartphone ou à une tablette pour la visualisation immédiate des images.

    Une marketplace pour accéder à un canal de ventes complémentaires

    Créé en 2017, Liz&med est « une place de marché (marketplace)sur laquelle se rencontrent les professionnels de santé et les fournisseurs de matériel, explique la société (communiqué). Chaque constructeur ou distributeur est invité à créer ses annonces sur la marketplace pour bénéficier d’un canal de ventes complémentaires sur un réseau non conventionnel. »

    Objectif : construire une offre de produits personnalisée

    Par le biais de cette plateforme, il est possible de construire une offre de produits personnalisée disponible 24 heures sur 27 et 7 jours sur 7 via l’intégration de services à la carte divers comme la maintenance, l’assurance, l’extension de garantie et la formation, sur un même bon de commande.

    Grâce à un calculateur intégré, le médecin peut adapter le montant de ses loyers en temps réel, sélectionner ses options puis transmettre de manière instantanée sa demande de financement. Lorsqu’elle est acceptée, il reçoit son contrat de financement (LLC ou crédit-bail) qu’il peut signer de manière électronique et choisir sa date de livraison.

    Un gain de temps

    Liz&med permet à tous les professionnels de santé de s’équiper sans avoir besoin de réaliser des demandes de devis auprès des multiples intermédiaires existants. « Le praticien peut donc gagner un temps précieux en consacrant plus de temps à son cœur de métier plutôt qu’à des contraintes financières et administratives », commente Fabrice Carré, président de Liz&med.

  • Télémédecine : Docly se lance au Royaume-Uni et ne prévoit plus d’opérer en France

    Docly, marque européenne de la société suédoise Min Doktor, comptabilise 200 consultations en moins de 2 semaines. La société a lancé son service de télémédecine par messagerie au Royaume-Uni en août 2019 après avoir reçu l’aval de la Care quality commission (CQC) le 9 août.

    Roger Jansson, P.-D.G. de Docly, déclare à H&TI ne plus avoir l’intention de se développer en France. « Nous concentrons nos efforts à l’international sur le Royaume-Uni », précise-t-il, citant des études de marché selon lesquelles l’adhésion du public à l’offre de Docly serait forte dans ce pays. Docly UK a recruté en juin 2019 Andy Williams, ancien responsable des activités numériques (digital CEO) du NHS, comme président du conseil.

    Lionel Hoellinger, chargé du déploiement du service Docly en France depuis septembre 2018, a quitté la société en juillet 2019.

  • Plan urgences (753,5M€) : 12 mesures clés, dont l’intégration de la vidéo à distance dans les Samus

    Intégrer la vidéo à distance dans tous les Samus, notamment pour permettre le transfert de flux vidéo entre l’appelant et le médecin régulateur du Samu (15 M€), fait partie des 12 mesures clés du Plan de refondation des urgences. Ce dernier est présenté comme une déclinaison, pour les urgences, du plan Ma Santé 2022. Il est basé sur un renforcement de la proximité et la confiance accordées aux territoires, avec un « mode de financement adapté » et un recours central au numérique, « qui doit faire partie du système de santé d’avenir », indique la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn à l’occasion d’un point presse organisé le 9 septembre 2019.

    Au total, ce sont 753,5 millions d’euros de crédits supplémentaires qui sont engagés sur la période 2019-2022. Pour l’année 2020, cela représente 150 millions d’euros.

    Les 12 mesures clés :

    • 1. mettre en place dans tous les territoires un service distance universel pour répondre à toute heure à la demande de soins des Français : le Service d’accès aux soins (Sas) : 340 M€ ;
    • 2. renforcer l’offre de consultations médicales sans rendez-vous en cabinet, maison et centre de santé : 10 M€ ;
    • 3. donner à la médecine de ville les mêmes outils de prise en charge que les urgences : 75 M€ ;
    • 4. offrir aux professionnels non médecins des compétences élargies pour prendre directement en charge les patients ;
    • 5. généraliser des parcours dédiés aux personnes âgées pour éviter les urgences, avec notamment l’ambition d’atteindre l’objectif « zéro passage par les urgences » pour les personnes âgées d’ici 5 ans : 175 M€ ;
    6. intégrer la vidéo à distance dans tous les Samus : 15 M€ ;
    • 7. mieux utiliser les compétences médicales et soignantes rares en graduant les services d’urgences et en réformant les transports médicalisés ;
    • 8. renforcer et reconnaître les compétences des professionnels des urgences : 28,5 M€ ;
    • 9. lutter plus efficacement contre les dérives de l’intérim médical ;
    • 10. réformer le financement des urgences, notamment en expérimentant un forfait d’organisation de parcours pour désengorger les urgences : 5 M€
    • 11. renforcer la sécurité des professionnels exerçant aux urgences ;
    • 12. fluidifier l’aval des urgences grâce à l’engagement de tous en faveur de l’accueil des hospitalisations non programmées, avec notamment la mise en place d’une cellule de gestion interne des lits dans tous les GHT : 105 M€.

    Calendrier 2019-2022 :

    Détails des 12 mesures clés :

    • 1. Mettre en place dans tous les territoires un service distance universel pour répondre à toute heure à la demande de soins des Français : le Service d’accès aux soins (Sas) – 340 M€

      • Calendrier :
        • choix d’une organisation-cible en novembre 2019 ;
        • mise en place du service à l’été 2020.
    • 2. Renforcer l’offre de consultations médicales sans rendez-vous en cabinet, maison et centre de santé :

      • structurer les soins sans rendez-vous en ville à partir des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) :
        • calendrier : 100 CPTS financées fin 2019, 300 fin 2020 et 1 000 en 2022 / 3 500 assistants médicaux déployés progressivement à compter de septembre 2019 ;
      • installer une maison médicale de garde (MMG) à proximité des plus importants services d’urgence : 10 M€
        • calendrier : 50 MMG supplémentaires financées fin 2019.
    • 3. donner à la médecine de ville les mêmes outils de prise en charge que les urgences :

      • permettre au Samu de solliciter un transport sanitaire pour conduire un patient à un rendez-vous en libéral : 15 M€
        • calendrier : mise en œuvre en 2020 ;
      • systématiser le tiers-payant dans le cadre des médecins libéraux : 5 M€
        • calendrier : application fin 2019 ;
      • permettre un accès direct à des examens de biologie dans le cadre de consultations sans rendez-vous en libéral : 55 M€
        • calendrier : aide au financement des équipements à compter de 2020.
    • 4. offrir aux professionnels non médecins des compétences élargies pour prendre directement en charge les patients :

      • permettre une prise en charge directe par des professionnels libéraux non médecins dotés de compétences nouvelles dans un cadre sécurisé. Plusieurs protocoles de coopération seront autorisés d’ici la fin 2019, après avis de la Haute autorité de santé (HAS) : 2 permettant un accès direct aux masseurs-kinésithérapeutes pour la traumatologie bénigne comme l’entorse de la cheville ; 4 permettant la prise en charge par les pharmaciens et les infirmiers de pathologies simples
        • calendrier : application des 6 protocoles d’ici fin 2019 ;
      • généraliser les pharmaciens correspondants
        • calendrier : application dès 2019 ;
      • déployer les infirmiers en pratique avancée (IPA) sur le suivi des maladies chroniques
        • calendrier : premières arrivées d’IPA à compter de septembre 2019.
    • 5. généraliser des parcours dédiés aux personnes âgées pour éviter les urgences :

      • atteindre l’objectif « zéro passage par les urgences » pour les personnes âgées d’ici 5 ans : 175 M€
        • calendrier : incitation financière à la généralisation de cette organisation dès la fin 2019 ;
      • renforcer la prise en charge médicale et soignant au sein des Ehpad :
        • calendrier : déploiement des équipes mobiles de gériatrie supplémentaires dès la fin 2019 ; généralisation des infirmiers de nuit mutualisés en Ehpad à compter de 2020.
    • 6. intégrer la vidéo à distance dans tous les Samus :

      • permettre le transfert de flux vidéo entre l’appelant et le médecin régulateur du Samu : 15 M€
        • calendrier : équipement des Samus début 2020.
    • 7. mieux utiliser les compétences médicales et soignantes rares en graduant les services d’urgences et en réformant les transports médicalisés :

      • renforcer les ressources en médecins urgentistes dans les points clés d’accès aux soins urgents
        • calendrier : modification réglementaire en 2020 dans le cadre de la réforme du régime des autorisations d’activité de médecin d’urgence.
    • 8. renforcer et reconnaître les compétences des professionnels des urgences :

      • faire évoluer la fonction d’infirmer aux urgences en déployant très rapidement des protocoles adaptés aux urgences : 13 M€
        • calendrier : application d’un 1er protocole de coopération dès octobre 2019 / déploiement de nouveaux protocoles de coopération à partir de la fin 2019 ;
      • créer des infirmiers de pratique avancée aux urgences : 3,5 M€
        • calendrier : entrée en formation de la première promotion d’infirmiers en pratique avancée aux urgences en septembre 2020 ;
      • valoriser les nouvelles compétences des assistants de régulation médicale (ARM) par la création d’une prime spécifique d’assistance à la régulation médicale : 12 M€
        • calendrier : versement de la prime d’assistance à la régulation médicale dès l’automne 2019.
    • 9. lutter plus efficacement contre les dérives de l’intérim médical :

      • calendrier : interdiction du cumul d’emploi dans le secteur public au 1er semestre 2020 ; obligation pour chaque employeur de disposer d’une attestation de responsabilité civile professionnels et personnelle dans le cadre des dispositions relatives à la modernisation de l’emploi médical hospitalier au 1er semestre 2020 ;
      • obliger les médecins intérimaires à fournir lors du recrutement une attestation sur l’honneur sur le cumul d’activités
        • calendrier : parution du décret obligeant la présentation de l’attestation sur l’honneur à l’automne 2019 ;
      • encourager le développement de dispositifs de mutualisation inter-hospitalière
        • calendrier : promotion du développement de la mutualisation inter-hospitalière à l’automne 2019.
    • 10. réformer le financement des urgences :a. expérimenter un forfait d’organisation de parcours pour désengorger les urgences :

      • octroyer une « dotation populationnelle de financement » aux services d’urgences ;
      • ajuster la facturation à l’activité ;
      • expérimenter un forfait d’organisation de parcours pour désengorger les urgences : 5 M€
        • calendrier : expérimentation du forfait en 2020 ; entrée en vigueur de la réforme du financement en 2021.
    • 11. renforcer la sécurité des professionnels exerçant aux urgences :

      • autoriser le chef d’établissement à déposer plainte et à se constituer partie civile ;
        • calendrier : application à compter de 2020 ;
      • lors des rénovations des services d’urgences, prendre en compte systématiquement les questions de sécurité des professionnels et d’amélioration des conditions de travail.
    • 12. fluidifier l’aval des urgences grâce à l’engagement de tous en faveur de l’accueil des hospitalisations non programmées :

      • faire des urgences « l’affaire de tous » par un contrat institutionnel avec les médecins « des étages »
        • calendrier : mis en œuvre en 2020 ;
      • une cellule de gestion interne des lits dans tous les GHT : 105 M€
        • calendrier : déploiement des moyens pour la gestion des lits dans les GHT en 2020 ; dispositif obligatoire par les décrets d’autorisation d’activité de médecin d’urgence en 2020 ;
      • diffuser l’indicateur de besoin en lits dans les établissements et GHT
        • calendrier : instruction de diffusion du besoin journalier minimal en lits (NJML) par les agences régionales de santé (ARS) à la fin 2019 ; diffusion d’outils d’accompagnement par l’Anap début 2020 ;
      • inciter à l’hébergement temporaire en Ehpad post-urgences par une baisse du reste à charge
        • calendrier : dispositif en place en 2019.
  • AI for Health/Grand prix télémédecine : 7 start-ups retenues, la sélection finale dévoilée en octobre

    Anamnèse, Idelyo (Inzee.care), Implicity, Newcard, Pandalab, Omnidoc et Sivan sont les 7 start-ups sélectionnées (sur un total de 25 candidatures reçues) dans le cadre du premier Grand prix mondial de la télémédecine, lancé par l’Académie francophone de télémédecine et e-santé. Les finalistes ont « pitché » devant un jury d’experts lors de l’événement European AI for Health, organisé le 5 septembre 2019 à Paris par Startup Inside et Janssen.

    Le jury va se réunir prochainement pour délibérer. La sélection officielle sera annoncée courant octobre, indique Startup Inside. Le Grand prix sera remis le 28 novembre 2019 à l’Académie nationale de médecine et le prix « coup de cœur » lors du congrès européen de la Société française de télémédecine, qui se déroulera les 3 et 4 décembre 2019 à Paris.

    Le lauréat du Grand prix recevra une récompense de 50 000 euros pour l’aider à développer sa solution sur le marché.

    Grand prix mondiale de télémédecine : les 7 finalistes

    Critères de sélection :

    • initiative originale permettant d’optimiser le parcours de santé et de soins des patients ainsi que la prévoyance ;
    • action garantissant l’accès aux soins à tous ;
    • projet innovant de télémédecine généralisable et « exportable ».

    Composition du jury

    La sélection des 7 start-ups finalistes a été réalisée par :

    • Ghislaine Alajouanine, MC Institut de France, présidente du Haut conseil Télésanté et de l’ Académie francophone de télémédecine et e-santé mais aussi vice-présidente de Silver Valley et de La Société savante de la silver économie (SFTAG) ;
    • le Dr Line Kleinebreil, médecin et mathématicienne, référente OMS Be healthy Be Mobil et présidente de l’Université numérique francophone mondiale (UNFM) ;
    • le Dr Jean-Francois Thébaut, cardiologue, membre du collège de la Haute autorité de santé (HAS) et président du Haut conseil du développement professionnel continu.

    Ils président tous les 3 le concours de télémédecine. Le jour de l’événement AI for Health, le jury a été complété par Antoine Denis, directeur de la division « innovation et développement santé » à Microsoft France.

  • « La France peut devenir la locomotive européenne de l’IA en santé » (Damien Gromier, AI for Health)

    « Permettre aux acteurs de la santé de comprendre ce que peut faire la technologie ». C’est l’objectif que s’assigne Damien Gromier, fondateur en 2018 de l’événement AI for Health, organisé le 5 septembre 2019 au Palais de Tokyo à Paris par Startup Inside et Janssen.

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, Damien Gromier souligne le potentiel de la France en matière d’intelligence artificielle (IA) appliquée à la santé, jugeant que son avantage stratégique majeur est la base de données de la Sécurité sociale, non biaisée, et que le pays a toutes les cartes en main pour « devenir la locomotive européenne de l’IA en santé ». Il distingue 2 tendances particulièrement porteuses dans ce domaine : l’assistance au diagnostic et la simulation d’interactions de molécules.

    « Nous voyons d’un très bon œil l’émergence du Health Data Hub »

    Comment en êtes-vous arrivé à créer AI for Health ?

    Damien Gromier : J’ai d’abord fondé il y a 4 ans France is AI, qui est le plus grand consortium d’acteurs de l’intelligence artificielle (IA) en France et en Europe. Puis, j’ai créé AI for Good avec Cédric Villani, lancé à l’Assemblée nationale en avril 2018. Et suite à cela, j’ai fondé AI for Health pour rassembler les acteurs de l’intelligence artificielle et de la santé : les start-ups  et les laboratoires de recherche d’un côté et de l’autre, les professionnels de santé, les régulateurs, laboratoires pharmaceutiques, les assureurs et grandes mutuelles et enfin les associations de patients. Le but, c’est de rassembler tout le monde dans un cluster. Tous ces acteurs sont membres du Forum AI for Health aujourd’hui : c’est un peu l’anniversaire de l’écosystème.

    Quel est le principe de cet événement ?

    L’idée est de pouvoir montrer quels sont les cas d’usage, ce que signifie concrètement l’IA en santé. C’est pour ça que je voulais faire une « démo zone ». Il s’agit aussi à l’inverse de permettre aux acteurs de l’IA et de la tech d’évangéliser les acteurs de la santé et de décrypter ce qu’ils font :  je tiens à cette notion de formation, d’acculturation, car c’est mon métier. Ce que nous faisons sur la santé, nous le faisons aussi sur la finance ou l’industrie.  

    Quelle place tient la santé au sein de France is AI ? 

    La santé tient une place centrale dans l’écosystème de l’intelligence artificielle, c’est donc notre sujet principal. On assiste actuellement à un réel engouement de l’IA pour la santé et on constate aussi un vrai besoin des professionnels de santé et des entreprises du secteur ainsi que des patients, de comprendre quels vont être les bouleversements provoqués par l’IA sur tout ce qui touche à la santé. Nous voyons d’un très bon œil l’émergence du Health Data Hub (HDH), comme une façon de structurer l’accès aux données de santé pour les acteurs de la technologie qui vont pouvoir proposer des solutions basées là-dessus.

    « L’IA est extrêmement efficace sur l’amélioration des résultats de diagnostic »

    Quelles sont actuellement les tendances les plus remarquables dans l’IA en santé ?

    Le plus visible, c’est que l’IA est extrêmement efficace sur l’amélioration des résultats de diagnostic. Que ce soit en cancérologie, en ophtalmologie ou en radiologie, elle permet de donner un diagnostic beaucoup plus précis, beaucoup plus fiable et beaucoup plus rapidement qu’avec les techniques actuelles. On doit citer aussi les technologies de simulation d’interaction des molécules, qui vont permettre aux laboratoires pharmaceutiques de créer plus rapidement de nouveaux médicaments. On voit par ailleurs de plus en plus d’IA appliquée au traitement des données de santé, notamment pour l’analyse des compte rendus réalisés par les médecins, permettant d’établir des corrélations.  

    Peut-on dire que ces tendances-là sont les plus porteuses à court terme ?

    Absolument. À horizon 10 ans, on aura des laboratoires pharmaceutiques capables de créer des molécules en 3 fois moins de temps qu’actuellement grâce justement à l’IA et aux algorithmes, grâce à la réduction de la durée des essais cliniques et grâce à des simulations. On aura également des systèmes d’assistance au diagnostic applicables à 80 % des maladies, permettant aux médecins de passer plus de temps avec le patient.

    « La France peut être leader mondial de l’IA en santé à l’horizon 2030 » 

    Comment voyez-vous la France évoluer dans cet écosystème ? 

    La France peut devenir un des leaders internationaux de l’IA en santé, et une locomotive européenne. Il faut pour cela que la montée en puissance du secteur soit bien orchestrée et avec les bons investissements.

    L’avantage concurrentiel majeur de la France par rapport aux autres pays c’est la base de données de la Sécurité sociale, qui est la plus grande base de données non biaisée au monde. Il y a des bases de données aussi grandes aux États-Unis mais elles appartiennent à des mutuelles privées et par conséquent elles sont biaisées, car les données sont celles de patients riches et en bonne santé, et ne concernent pas toute la population.

    La France peut être leader mondial de l’IA en santé à l’horizon 2030, voire 2025, si on exploite bien cet avantage stratégique. Le Health Data Hub est une des réponses : il s’agit de créer un cadre pour que les acteurs puissent accéder et utiliser cette donnée.  

  • Téléconsultation en officine : publication au JO de l’arrêté d’approbation de l’avenant n° 15

    L’arrêté du 2 septembre 2019 portant approbation de l’avenant n°15 à la convention nationale du 4 mai 2012 « organisant les rapports entres les pharmaciens titulaires d’officine et l’assurance maladie » a été publié au Journal officiel (JO) du 6 septembre 2019.

    Cet accord, signé le 6 décembre 2018, définit « les conditions dans lesquelles les pharmaciens pourront contribuer à la réalisation d’actes de téléconsultation à partir de leur officine », la prise en charge s’effectuant dans le respect du parcours de soins.

  • L’université de Lille lance un DU « intelligence artificielle en santé »

    L’université de Lille va ouvrir un nouveau diplôme universitaire (DU) spécialisé en intelligence artificielle (IA) en santé.

    Les objectifs de cette nouvelle formation sont les suivants:
    comprendre le principe des algorithmes qui sous-tendent les technologies embarquant des outils d’IA ;
    connaître les méthodes de ces nouveaux outils diagnostiques ou d’aide à la décision ;
    • permettre au chercheur de connaître les bons interlocuteurs pour les projets de recherche utilisant les méthodes d’intelligence artificielle.

    La formation est ouverte aux médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, enseignants ou enseignants chercheurs en santé, ainsi qu’au personnel de santé publique et aux professionnels de santé pouvant justifier d’un niveau master ou équivalent. Sont également ciblés les internes en médecine, pharmacie ou odontologie et les salariés du privé ou indépendants de l’industrie de la santé pouvant justifier d’un niveau master ou équivalent. 

    Le DU se compose de 6 séminaires de 2 jours (17 heures par séminaire, soit un total de 102 heures), répartis entre novembre 2019 et juin 2020. Il est porté par les professeurs Vincent Sobanski et Grégoire Ficheur.

    Les dossiers de candidatures peuvent être déposées jusqu’au 15 décembre 2019 sur le plateforme Medecine.univ-lille.fren ligne, accessible via ce lien.

    Contenu du DU :

    Séminaire 1 : Big data en santé : introduction, données et outils.

    Séminaire 2 : bioinformatique et analyse statistique de données -omiques

    Séminaire 3 : la relation médecin/IA

    Séminaire 4 : text mining-Natural language processing

    Séminaire 5 : le deep learning pour le traitement d’image

    Séminaire 6 : datathon/séminaire projet

    Organisation du DU :

    • 6 séminaires de 2 jours (17 heures par séminaire) se déroulant le jeudi et le vendredi (à l’exception du séminaire 6 qui pourrait se dérouler le vendredi et le samedi) soit un total de 102 heures.

    Validation du DU :

    1. réalisation d’un projet au cours du séminaire 6 (datathon) noté sur 10 :

    2. examen final sous forme de QCM noté sur 10 :

    La somme des notes des programmes 1. et 2. doit être supérieure ou égale à 10 pour valider la formation.

    3. assiduité aux enseignements :

    La session de rattrapage en septembre ne portera que sur la partie QCM. Elle s’ajoute à la note obtenue en juin lors du séminaire 6.

  • Ramsay Générale se lance dans les structures de soins de proximité et crée un innovation hub

    Suite à l’acquisition de Capio, groupe suédois de cliniques, fin 2018, Ramsay Générale de Santé annonce le lancement de nouveaux projets aux bénéfices des patients, à commencer par le test de structures de soins de proximité sur un modèle différent de celui des maisons de santé ou des dispensaires. Ces tests s’effectue dans le cadre de l’article 51.

    Plus globalement, les meilleures pratiques des 2 groupes, aux histoires et aux pratiques différentes et complémentaires, vont être partagées et déployées. Le groupe teste ainsi le paiement à l’épisode de soins dans le cadre d’une expérimentation avec le ministère des Solidarités et de la Santé et par le financement par capitation pour ces structures de proximité, a-t-il expliqué le 5 septembre 2019 lors de la conférence de presse annuelle de l’entreprise.

    Le groupe mutualise également ses indicateurs et les outils pour renforcer la structuration et la sécurisation des prises en charge des patients, notamment les solutions digitales en mettant en place un « innovation hub ». Il développera de nouveaux services médicaux centrés sur le patient en se concentrant tout d’abord sur l’offre de soins en ligne dans le cadre du projet d’expérimentation des structures de soins de proximité en y intégrant une offre de soins en ligne.

    Après l’intégration des activité de Capio, le groupe Ramsay a identifié une première centaine de bonnes pratiques à partager et à déployer tant sur des sujets opérationnels que fonctionnels (excellence médicale, optimisation, digital, RH, achats,développement de l’activité…), de niveau et de complexité de déploiement différents (nativont onal ou groupe).

    Des structures de soins de proximité

    Le contexte sanitaire présente des services d’urgences débordés, des déserts médicaux en zones rurales comme urbaines et un manque d’attractivité de la médecine de ville. Le groupe Ramsay a également identifié des difficultés de transformation d’un secteur fragmenté et une insuffisance des solutions existantes.

    Une expérimentation sur le modèle des « Proximity Care Centers » suédois et norvégiens 

    Il lance ainsi une expérimentation de solutions complémentaires aux maisons et pôles de santé, sur le modèle des « Proximity Care Centers » suédois et norvégiens dans le cadre de l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 (LFSS 2018) ouvrant la possibilité à des expérimentations dérogatoires.

    Au sein de ces centres de proximité de soins primaires, les patients sont pris en charge par une équipe pluridisciplinaire salariée. Les patients accèdent aux soins de premier recours gratuitement avec un parcours de soins personnalisé. Il s’agira de structure indépendante des établissements existants, situés en Île-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes (Ris Orangis, Argenteuil, Pierrelatte…). Les dossiers « article 51 » sont en cours de dépôt.

    Un financement à l’épisode de soins

    Le paiement forfaitaire s’effectue sur le mode de la capitation. La structure perçoit une rémunération forfaitaire qui varie selon âge et les antécédents du patient, que le patient consulte ou non. Ce nouveau mode de rémunération favorise la coordination des soins et la délégation des tâches. Pour François Demesmay, Directeur de la division « innovation médicale et expérience patient » de Ramsay Générale de Santé, il permet aussi de développer la culture du résultat qualité et la pratique collective. Il réduirait également le recours aux structures secondaires.

    Le groupe participe déjà, par ailleurs, à l’expérimentation lancée par le ministère des Solidarités et de la Santé et l’Assurance maladie en juillet 2019, soit un paiement à l’épisode de soins chirurgical pour la colectomie pour cancer, la prothèse totale de hanche et la prothèse totale de genou. Il est basé sur 3 principes :

    • une rémunération forfaitaire ajustée au risque et au parcours (établissement, équipe médicale, SSR, soins de suite hospitalier, soins de ville) ;
    • un partage du risque complication et de ré-hospitalisation ;
    • un financement modulé à la qualité selon des indicateurs de résultats (PROM, PREM).

    Sur les 27établissements engagés à mener cette expérimentation au niveau national, 3 sont des établissements qui ont rejoint le groupe à la suite du rachat de Capio : la clinique de la Sauvegarde à Lyon (69), la clinique Domont à Ezanville (95) et la clinique Claude Bernard à Ermont (95).

    Une synergie digitale au sein d’un innovation hub

    La mutualisation des outils digitaux des 2 groupes a motivé la création d’un « innovation hub » pour développer de nouveaux services médicaux centrés sur le patient. Une équipe transverse de 7 personnes à la croisée des domaines médicaux et technologiques a été mise en place. Sa première mission sera d’intégrer l’offre de soins en ligne du projet d’expérimentation des structures de soins de proximité.