« On estime à plus de 60 000 le nombre de téléconsultations facturées » du 15 septembre 2018 au 15 septembre 2019 sur l’ensemble du territoire. C’est ce qu’annonce la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) dans le dossier publié le 12 septembre à l’occasion du 1er anniversaire de l’entrée en vigueur des dispositions de l’avenant n° 6 à la convention médicale. « La montée en charge est nette et va aller en s’accélérant », prédit son directeur général Nicolas Revel, qui en appelle aux « autres professions engagées dans la démarche, comme les infirmiers ou les pharmaciens, » ainsi qu’aux CPTS.
La Cnam relève dans son document une « nette accélération » des facturations depuis le début de l’année : passant de 2000 pour le mois de janvier à 7 000 pour le mois de mai, à plus de 10 000 par mois depuis l’été et « autour de 3 300 par semaine » depuis la rentrée. Ces chiffres demeurent cependant très en-deçà des objectifs fixés par le PLFSS 2018, qui tablait sur 500 000 actes dès 2019.
« 85 % des téléconsultations sont facturées par des médecins libéraux et 8 % par des centres de santé », indique par ailleurs l’Assurance maladie, qui comptabilise également 5 % de consultations externes et 2 % de téléconsultations en établissement. En ce qui concerne les téléconsultations en libéral, elles sont facturées à 65 % par des généralistes. Facturées par un spécialiste, elles sont 1 fois sur 7 le fait d’un psychiatre (14 %) , 1 fois sur 12 celui d’un gynécologue (8,3 %) et 1 fois sur 20 (5 %) celui d’un pédiatre.
« Quelques départements concentrent la grande majorité des téléconsultations », souligne enfin la Cnam : 44 % d’entre elles ont été facturées en Île-de-France (15 % à Paris, 8 % dans le Val-de-Marne, 6 % dans les Yvelines et dans les Hauts-de-Seine).
Une évolution croissante des actes, prescrits à 85 % par des libéraux
Une évolution progressive de la téléconsultation
Un acte essentiellement prescrit par les médecins libéraux
La Cnam constate que les médecins téléconsultants « sont globalement plus jeunes » que la moyenne de la profession : « la moitié d’entre eux a moins de 50 ans alors que cette classe d’âge ne constitue que 37 % de l’ensemble des effectifs de généralistes libéraux », note-t-elle.
Inversement, seuls 15 % d’entre eux ont plus de 60 ans, alors que cette tranche d’âge représente un tiers de la profession.
Les auteurs de l’étude relèvent également que seuls 1 647 médecins libéraux (ou structures) ont facturé des téléconsultations lors de cette première année.
L’Île-de-France et l’Occitanie enregistrent le plus important nombre de téléconsultations réalisées
« Environ 30 000 patients ont bénéficié en France d’une téléconsultation depuis le lancement en septembre 2018, note l’Assurance maladie. La Cnam observe plus précisément que 2 téléconsultations sur 3 (64 %) ont été réalisées auprès d’une femme et qu’un tiers des patients ayant bénéficié d’une téléconsultation ont moins de 30 ans : 56 % ont moins de 40 ans ; 12 % ont 70 ans et plus. Par ailleurs, 27 % des patients ayant eu recours à l’acte sont en ALD (affection longue durée).
Doctolib revendique 2 téléconsultations remboursées sur 3 réalisées via son appli
« Depuis qu’elles sont remboursées, 2 téléconsultations sur 3 sont réalisées via Doctolib. » C’est du moins ce que déclare la société de télémédecine dans un communiqué publié le 12 septembre 2019. Elle précise avoir réalisé 40 000 téléconsultations depuis le lancement de son offre en janvier, soulignant que « toutes ont été remboursées par la Sécurité sociale ». Doctolib prévoit que 13 000 téléconsultations auront été réalisées via ses services au mois de septembre 2019 et vise les 150 000 facturations « avant la fin de l’année ».
La société relève cependant que ces chiffres « restent faibles » au regard des 150 millions de rendez-vous médicaux enregistrés via sa plateforme depuis janvier 2019. Elle estime que si les médecins « ont pris le sujet à bras-le-corps », les patients n’adoptent encore « que progressivement » cette nouvelle pratique.
Qare revendique 45 000 téléconsultations réalisées sur 1 an
Qare affirme de son côté avoir réalisé quelque 45 000 téléconsultations sur les 12 mois écoulés. Olivier Thierry, son président, évoque « un très fort démarrage » de cette pratique (source : Radio Classique). « La moitié des téléconsultations a concerné des soins de médecine générale ; 1 sur 5 a correspondu à des soins ORL ; 1 sur 10 à des soins en gynécologie », précise la société dans un communiqué.
« 59 % des patients qui ont recours à une téléconsultation via Qare sont des femmes qui sont en majorité âgées de 20 à 45 ans », complète l’opérateur, ajoutant que « 50 % des consultations vidéo concernent des demandes de soins de premiers recours usuels », tandis que 50 % sont « en rapport avec le suivi de patients » : pathologies chroniques, renouvellements, conseils médicaux.
Livi revendique 33 418 téléconsultations sur 1 an
Livi affiche pour sa part 33 418 actes de téléconsultation en un an, dont plus des deux tiers non remboursés. Maxime Cauterman, son directeur médical, indique que son service de téléconsultation compte quelque 67,5 % de femmes parmi ses patients et 90 % de patients de moins de 40 ans, dont 25 % de moins de 20 ans (source : APM).