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  • Diabète : accord entre Abbott et Sanofi pour un « écosystème numérique » autour du FreeStyle Libre

    Les laboratoires pharmaceutique Abbott et Sanofi signent un partenariat visant à intégrer l’outil Freestyle Libre dans un « écosystème numérique » avec l’objectif de simplifier la gestion du diabète. Abbott commercialise FreeStyle Libre, qui revendique la place de « numéro 1 mondial des systèmes de surveillance de la glycémie par capteur », tandis que Sanofi possède un large portefeuille de médicaments pour les personnes atteintes de diabète. Selon le communiqué daté du 16 septembre 2019, la solution globale interconnectée imaginée par les 2 laboratoires devrait être opérationnelle d’ici à quelques années, le temps d’obtenir le feu vert des autorités.

    L’accord vise à rendre possible le partage de données, avec l’accord de l’utilisateur, entre d’une part l’application mobile et le logiciel cloud FreeStyle Libre d’Abbott, et d’autre part les stylos à insuline, les applications mobiles et les logiciels cloud actuellement en cours de développement par Sanofi. Ce partage d’informations devrait permettre aux diabétiques et à leurs médecins de prendre des décisions plus pertinentes en matière de médicaments, d’alimentation et de mode de vie.

    Ce partenariat s’inscrit dans un mouvement qui pousse les sociétés technologiques et pharmaceutiques à connecter leurs solutions respectives en direction des patients diabétiques. Abbott a déjà annoncé en février un accord pour connecter à Freestyle Libre les stylos à insuline de Novo Nordisk. De son côté, Sanofi a lancé en décembre 2018 via OnDuo, sa coentreprise avec Verily (Google), une application de gestion connectée du diabète.

  • Rencontres du progrès médical : l’impact éco des innovations organisationnelles doit être anticipé

    Les nouveaux dispositifs médicaux ont un impact sur l’organisation des soins, le parcours de soins et la pratique médicale. L’efficience de cette nouvelle organisation doit d’ailleurs être évaluée sur le plan du bénéfice patient mais aussi sous le prisme médico-économique. Tel était l’enjeu de la table ronde portant sur l’impact de l’innovation dans l’organisation des soins, organisée le 10 septembre 2019 à l’occasion des 7èmes Rencontres du progrès médical du Snitem.

    Anticiper l’impact organisationnel de l’innovation

    Selon Norbert Nabet, directeur général d’activité à Nehs, mettre à disposition un écosystème favorable au changement prend du temps. « Cela ne peut pas prendre moins de 10 ans entre l’innovation, la réglementation et la formation, d’autant que l’innovation est souvent vécue comme un perturbateur », commente-t-il.

    Certaines innovations bouleversent les organisations et les pratiques. Ces bouleversements doivent être anticipés dans l’appréciation économique globale le plus en amont possible. « Cela met en relation des acteurs, grâce au partage de données, qui n’étaient pas en lien précédemment : patients, industriels et plusieurs professionnels de santé », explique Marie-Anne Jacquet, sous-directrice du pilotage de la performance des acteurs de l’offre de soins à la DGOS. La Cnedimts (Haute autorité de santé) a d’ailleurs publié un guide qui explique en quoi le volet organisationnel peut-être une dimension de l’appréciation du bénéfice clinique des dispositifs.

    Tester et évaluer l’efficience

    À noter que différents pays d’Europe utilisent des « champions cliniques de l’innovation », soit des utilisateurs précoces d’une innovation. « Ils sont les mieux placés pour aller voir leurs collègues et leur dire que ce cela est possible. Cela peut s’organiser spontanément avec les sociétés savantes », indique Daniel Szeftel, directeur de Care Factory. Cette encouragement peut venir de la communauté clinique elle-même mais aussi des patients qui peuvent inciter les professionnels de soins à adopter de nouveaux outils, de nouvelles pratiques.

    « Nous avons besoin de pouvoir évaluer en vie réelle, sans faire d’analyses randomisées »

    Ces changements d’organisation doivent également être évalués et cela ne se passe pas comme dans un essai clinique classique. « Nous avons besoin de pouvoir évaluer en vie réelle, sans faire d’analyses randomisées. Pour autant, nous avons besoin de beaucoup de patients et de beaucoup de données pour faire du comparatif avec des techniques statistiques sophistiquées », poursuit Daniel Szeftel. L’objectif est de savoir si l’organisation a fait gagner de l’efficience en termes de qualité de vie mais aussi d’économies à l’Assurance maladie.

    Pour Anne-Marie Jacquet de la DGOS, cette évaluation n’est pas la première préoccupation dans le cadre du déploiement d’un nouveau dispositif mais cette question d’efficience de l’organisation peut enter en ligne de compte dans le cadre de la valorisation CEPS. « Nous soutenons d’ailleurs des programmes de recherche pour évaluer l’impact organisationnel et globale de certaines solutions de prise en charge dispositifs médicaux ou autre traitement », note-t-elle. Les expérimentations effectuées dans le cadre de l’article 51 vont d’ailleurs intégrer des modèles d’analyse d’impact organisationnelle avec la construction de groupes témoins.

  • Colloque Paris Descartes : « intelligence artificielle en santé et responsabilités », le 25/09/2019

    « Intelligence artificielle (IA) en santé et responsabilités ». C’est le thème du colloque organisé le 25 septembre 2019 par l’Institut droit et santé (IDS) et la faculté de droit, d’économie et de gestion de l’université Paris Descartes.

    « Les succès de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé ne doivent pas faire oublier qu’elle reste faillible. La question de la responsabilité en cas de dommage causé par l’IA ne doit par conséquent pas être négligée », contextualisent les organisateurs. L’objectif de cet événement est de s’interroger sur la capacité des régimes actuels de responsabilité civile à indemniser de façon optimale les victimes de dommages causés par l’IA. « Qu’en sera-t-il demain ? Une simple adaptation de nos principes juridiques actuels suffira-t-elle ? » sont autant de questions qui rythmeront les échanges.
    Un autre sujet traité sera celui de la sécurisation des données. « Parce que le résultat produit par une IA sera étroitement pendant des données d’apprentissage qui l’auront nourrie, il convient s’assurer de la qualité et de la sécurité de ces données, commentent les organisateurs. Or, le producteur des données risque de voir sa responsabilité engagée en cas d’obsolescence des données utilisées ou de manquements aux règles de sécurité. »

    Les inscriptions à ce colloque, gratuites, doivent être réalisées sur le site web de l’IDS par le biais d’un formulaire en ligne, accessible via ce lien.

    Plus d’informations au 01 76 53 45 39.

    Organisation :

    • Clémentine Lequillerier, maître de conférences en droit privé à la faculté de droit, d’économie et de gestion de l’université Paris Descartes et membre de l’Institut droit et santé, UMR S 1145.

    Programme

    2 tables rondes et un point sur la thématique « responsabilités et données »

    • 8h30 : café d’accueil
    • 9h00 : ouverture du colloque
      • Lydia Morlet-Haïdara, maître de conférences HDR à l’université Paris Descartes et co-directrice de l’Institut droit et santé, UMR S 1145
  • Des élus ruraux prônent le déploiement de la télémédecine, solution « concrète » aux déserts médicaux

    « Tous ensemble, avec la télémédecine réinventons du temps médical pour re-médicaliser nos territoires. » C’est l’appel lancé par un collectif de présidents départementaux de l’Association des maires ruraux de France (AMR) dans une tribune publiée le 15 septembre dans Le Parisien, également signé par Franck Baudino, médecin et fondateur de la société H4D. Les élus réclament un développement de la télémédecine « pour garantir une offre de soins de qualité pour les 22 millions de ruraux ».

    Le texte rappelle l’ambition de la mesure 61 de l’Agenda rural du 26 juillet 2019, qui prône le recours au digital, à la médecine connectée et aux téléconsultations pour lutter contre les déserts médicaux. Il prévoit que cette préoccupation soit portée devant le Premier ministre Édouard Philippe, attendu ce 20 septembre au Congrès national de l’AMR organisé à Eppe-Sauvage (Nord).

    Pour lutter contre la désertification médicale, les signataires invitent les politiques à « prendre en compte » une « nouvelle équation générationnelle », qui voit les jeunes médecins réclamer « du travail en équipe, du partage d’expériences et de compétences » pour « vivre sereinement leur engagement en repensant leur temps d’exercice de la médecine et en optimisant leurs conditions de travail ».

    La télémédecine est présenté dans le texte comme une « solution alternative, complémentaire mais concrète » dans un contexte où « le nombre d’admissions aux urgences explose (…) alors même que 70 à 80 % des passages ne nécessitent pas de prise en charge médicale immédiate ».

    La liste des signataires :

    • John Billard, maire de Le Favril, président de l’Association des maires ruraux d’Eure-et-Loir ;
    • Vanik Berberian, maire de Gargilesse-Dampierre, président de l’Association des maires ruraux de France ;
    • Luc Waymel, maire de Drincham, président de l’Association des maires ruraux du Nord ;
    • Dominique Dhumeaux, maire de Fercé-sur-Sarthe, président de l’Association des maires ruraux de la Sarthe ;
    • Laurance Bussière, maire de Daubeuf-la-Campagne, présidente de l’Association des maires ruraux de l’Eure ;
    • Jean-Jacques Lachamp, maire de Nibles, président de l’Association des maires ruraux des Alpes de Haute-Provence ;
    • Paul Mumbach, maire de Dannemarie, président de l’Association des maires ruraux du Haut-Rhin ;
    • Bruno Bethenod, maire d’Arceau, président de l’Association des maires ruraux de la Côte-d’Or ;
    • Guy Clua, maire de Saint-Laurent, président de l’Association des maires ruraux du Lot-et-Garonne ;
    • Fabrice Dalongeville, maire de Auger-Saint-Vincent, président des maires ruraux de l’Oise ;
    • Aurélien Ferlay, maire de Moras-en-Valloire, président de l’Association des maires ruraux de la Drôme ;
    • Jean Boinet, maire de Rosiers-d’Egletons, président de l’Association des maires ruraux de la Corrèze ;
    • Guy de Brantes, maire de Les Hermites, président de l’Association des maires ruraux d’Indre-et-Loire ;
    • Daniel Barbe, maire de Blasimon, président de l’Association des maires ruraux de la Gironde ;
    • André Guiol, maire de Néoules, président de l’Association des maires ruraux du Var ;
    • Philippe Geslan, maire de Méricourt, président de l’Association des maires ruraux des Yvelines, Eric Krezel ;
    • maire de Ceffonds, président de l’Association des maires ruraux de la Haute-Marne ;
    • Franck Baudino, médecin, fondateur de H4D.
  • USA : un accord de 10 ans signé entre Google et la Mayo Clinic sur les données, le cloud et l’IA

    Google annonce avoir conclu un partenariat stratégique de 10 ans avec la Mayo Clinic, fondation hospitalo-universitaire américaine basée au Minnesota, avec l’objectif de « redéfinir la manière dont les soins sont dispensés » et d’« accélérer le rythme de l’innovation en santé grâce au numérique », plus précisément dans les domaines du cloud, de l’IA (dont l’apprentissage automatique, machine learning) et de la data.

    La Mayo Clinic, qui a choisi Google Cloud comme pierre angulaire de sa transformation numérique, prévoit d’utiliser la technologie développée par le géant de l’internet pour l’aider à valoriser le diagnostic assisté par IA, notamment en concevant des modèles d’apprentissage automatique pour améliorer les résultats cliniques, est-il précisé dans un communiqué daté du 10 septembre 2019.

    Dans le cadre de cet accord, la Mayo Clinic « continuera à contrôler l’accès et l’utilisation des données de ses patients » : elle autorisera au cas par cas l’utilisation de données pour des projets précis menés avec Google ou d’autres partenaires.

    Les GAFAM multiplient les partenariats avec les acteurs de la santé

    Un accord entre Microsoft et Providence St Joseph

    Cette annonce intervient après plusieurs accords du même ordre conclus aux États-Unis entre les GAFAM et le monde de la santé. Microsoft a annoncé le 8 juillet 2019 un partenariat similaire avec le groupe Providence St Joseph visant à « améliorer les résultats en matière de santé et réduire le coût total des soins » en combinant les technologies du géant de Redmond (cloud, IA, outil collaboratifs) avec les données et l’expertise clinique des hôpitaux.

    Une alliance entre AWS et Cerner

    Le 30 juillet 2019, c’est Cerner Corporation, société spécialiste des dossiers patient numériques, qui rendait public un accord avec AWS (Amazon Web Services) autour du cloud et de l’apprentissage automatique afin d’ouvrir une nouvelle ère en matière d’interopérabilité et de portabilité des données.

  • Ma Santé 2022 : le déploiement massif de la télémédecine parmi les priorités de la rentrée

    « Accélérer le virage numérique en déployant massivement la télémédecine et en autorisant de nouvelles professions de santé à pratiquer le télésoin« . Telle est l’une des priorités annoncées le 16 septembre 2019 par le ministère des Solidarités et de la Santé dans le cadre du déploiement de « Ma Santé 2022 », à l’issue de la deuxième réunion du comité de suivi du plan. Dans le cadre de cette rencontre, à laquelle ont participé environ 150 professionnels, institutionnels et associatifs du secteur, la ministre Agnès Buzyn a présenté les avancées de la première année de mise en œuvre de la stratégie.

    À cette occasion, des acteurs du terrain (un médecin, un élu, un directeur d’hôpital, un directeur général d’Agence régionale de santé) « ont exposé les actions concrètes menées sur leurs territoires et l’impact qu’elles ont eu pour renforcer l’accès aux soins », indique le ministère, notant que l’année 2019 avait permis la mise en place « des outils nécessaires » à la déclinaison du plan national.

    En dehors de l’accélération du virage numérique, il déclare que la loi d’organisation et de transformation du système de santé promulguée en juillet permet « sans délai » :
    • d’initier dès le mois de septembre la refonte en profondeur des études en santé, comprenant notamment la suppression du numerus clausus et des épreuves classantes nationales pour les étudiants médicaux ainsi que la suppression du concours d’entrée en institut de formation en soins infirmiers :
    – dès la rentrée 2020, les étudiants en santé disposeront d’un parcours universitaire « rénové et modernisé » ;
    • d’encourager les coopérations entre professionnels médicaux et soignants grâce à l’application de protocoles simplifiés et à l’entrée en fonction des 50 premiers infirmiers de pratique avancée :
    – depuis mars 2017, le nombre de maisons de santé pluriprofessionnelles a augmenté de près de 40 %, le nombre de centres de santé médicaux polyvalents a lui progressé de 25 % ;
    • de faire évoluer le financement des hôpitaux de proximité.

    « Après une année d’action nationale, l’accent mis sur la déclinaison régionale et locale de la stratégie Ma santé 2022 sera renforcé, en lien étroit avec les élus, les représentants des professionnels de santé et les usagers », synthétise le ministère.

    Le rapport relatif aux politiques d’aide à l’installation des jeunes médecins remis par Sophie Augros

    Dans le rapport relatif aux politiques d’aide à l’installation de jeunes médecins, remis en amont du comité de suivi, Sophie Augros, déléguée nationale à l’accès aux soins, propose notamment la création d’un contrat unique afin de sécuriser les débuts d’exercice des jeunes médecins dans les zones sous-dotées.

    La mesure figurera dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2020.

    Les projets déjà mis en œuvre

    Des projets prioritaires ont déjà été mis en œuvre avec l’objectif commun de « libérer du temps médical » et « de faire le pari de projets qui remontent du terrain », indique le ministère.

    • Les accords conventionnels conclus en juin :
      • ont défini le cadre pour le renforcement et la structuration des soins de ville autour de communautés professionnels territoriales de santé (CPTS) :
        • 400 projets sont actuellement recensés : 50 % de plus qu’en 2018 ;
        • le premier conventionnement aura lieu à la mi-septembre avec la CTPS de Vénissieux (Rhône) ;
        • pour rappel, une CPTS pourra recevoir jusqu’à 400 000 euros pour les missions de service public qu’elle accomplira ;
      • ont créé le métier d’assistant médical :
        • les premiers recrutements auront lieu dès le mois de septembre 2019 : l’objectif est de créer 5 000 postes à l’horizon 2020 ;
    • 400 médecins généralistes ont été recrutés dans les territoires prioritaires : une soixantaine de postes ont été pourvus ou sont en passe de l’être, permettant à environ 38 000 personnes de retrouver un médecin traitant, note le ministère.

    Selon le ministère, le pacte « urgences » amplifie les actions déjà engagées

    « Toutes ces actions rendent aujourd’hui possible le pacte de refondation des urgences annoncé le 9 septembre, ajoute-t-il par ailleurs, rappelant que ce pacte amplifiait les actions déjà engagées afin de renforcer la structuration de l’offre de proximité pour répondre à la demande de soins non programmés.

    Le but final de ce plan est également de proposer aux citoyens français « un grand service d’accès aux soins simple, lisible et efficace dès juin 2020 », notamment en renforçant les compétences des professionnels des urgences, est-il précisé.

    La feuille de route pour l’année à venir

    Au cours de la réunion du comité de suivi, Agnès Buzyn a présenté la feuille de route « Ma Santé 2022 » pour les 12 prochains mois :

    • renforcement du déploiement territorial et de la lutte contre la désertification médicale :
      • le développement de CPTS conventionnées a pour objectif d’assurer un maillage de tout le territoire ;
      • le recrutement de 5 000 assistants médicaux d’ici 2022 vise à libérer du temps médical pour prendre en charge davantage de patients ;
      • la formation à la pratique avancée a été élargie à la santé mentale et le sera à la rentrée 2020 à l’activité d’urgence ;
    • accélération de la transformation du système de santé de par la concrétisation des mesures concernant les établissements de santé avec la réforme de la gouvernance des GHT et la mise en œuvre des commissions médicales de groupement :
      • premier semestre 2020 : labellisation et déploiement des hôpitaux de proximité sur les territoire. « Une réforme de l’emploi médical et du management à l’hôpital permettra d’accompagner ces changements majeurs », note le ministère ;
    • mise en œuvre dès 2020 des premières mesures de la réforme du financement (psychiatrie, urgences…) afin de permettre à horizon d’équilibrer tarification à l’activité et financement à la qualité et à la pertinence.
  • Dräger s’allie à Bow Médical (Fance) pour l’informatisation des services d’anesthésie en Europe

    Dräger, un groupe allemand spécialiste de la technologie médicale et de sécurité, signe un accord de partenariat en Europe avec Bow Médical, fournisseur français spécialisé dans l’informatisation des services d’anesthésie et de réanimation. Dans le cadre de cette alliance, l’entreprise allemande va participer au déploiement de Diane, une solution élaborée par Bow Médical. « Ce partenariat commercial d’innovation (les détails financiers n’ont pas été dévoilés) nous permet de compléter notre offre pour les zones de soins critiques et [de] contribuer ainsi au développement d’une société française en Europe« , commente Yves Le Gouguec, président de Dräger France, dans un communiqué publié début septembre 2019.

    L’objectif est de proposer aux services hospitaliers un outil afin de mieux répondre aux problématiques de coordination de soins et de mise en perspective des données issues de diverses sources (dispositifs médicaux, laboratoires, imagerie, pharmacie et dossier patient informatisé).

    • Diane Anesthésie gère actuellement l’ensemble des informations relatives au patient avant, pendant et après l’anesthésie dans 2 700 salles d’opération.
    En réanimation, Diane propose un moteur de prescription et un plan de soins marqués CE, intégré à un dossier patient complet à destination de toute l’équipe de réanimation (réanimateurs, spécialistes, infirmières, diététiciens, kinésithérapeutes et assistantes sociales). Cette solution équipe plus de 500 lits de réanimation, aussi bien dans l’hospitalisation publique que privée française.

    La suite permet l’impression de rapport d’anesthésie mais se présente aussi comme une station de travail pour l’anesthésiste, « configurable et adaptable aux besoins spécifiques de chaque utilisateur, à chaque étape de son travail », indique Bow Médical sur son profil Linkedin. Par le biais d’une interface web, il est également possible de consulter toute ou partie des données de la base à partir de n’importe quel poste banalisé de l’établissement équipé d’un navigateur et d’un accès réseau.

    Des solutions complémentaires

    Les solutions de Bow Médical s’inscrivent en complémentarité avec les solutions de Dräger, notamment les dispositifs de thérapie en anesthésie, en réanimation ou des moniteurs de surveillance patient Infinity associés.

    Une cellule dédiée à la cybersécurité des DM

    La cybersécurité des DM, l’un des enjeux centraux du secteur actuellement, est prise en compte par Dräger avec une cellule dédiée qui intervient dès la conception des produits.

  • Rencontres du progrès médical 2019 : une innovation freinée par une gestion subie des données

    Dans le processus d’innovation, le patient n’est plus un cobaye qui subit mais un acteur de l’innovation. C’est ce qui ressort de la table ronde portant sur l’implication des patients dans la création de dispositifs médicaux (DM), organisée le 10 septembre à l’occasion des 7ièmes Rencontres du progrès médical du Snitem.

    Actuellement, la conception même de nombreuses dispositifs médiaux (DM) est accompagnée par les patients qui ont exprimé leurs besoins et leurs propositions pour y répondre. C’est la cas, par exemple, du développement de pacemaker miniaturisé sans sonde, considéré par le Dr Nicolas Clementy, cardiologue au CHU de Tours, comme la première innovation de rupture en 60 ans de stimulation cardiaque.

    Le patient est ainsi de plus en plus acteur de l’innovation, un constat observé par les intervenants excepté dans le domaine de la gestion des datas générées nécessaires à ces innovations et du manque de registres de données sanitaires. Autant de freins aux avancées en cours. Sur ce point, tous les participants à la session sont en attente d’une solution, qui pourrait selon eux notamment venir du Health Data Hub, dont le lancement officiel est prévu en octobre.

    Le patient n’est plus un cobaye

    Tous les professionnels le répètent, le patient est au cœur des préoccupations des acteurs de santé. Pour autant, est-il impliqué dans la conception des dispositifs qui le soignent ou n’est-il que le bénéficiaire d’une technologie ? C’est la question à laquelle les participants à la table ronde ont été invités à répondre.

    Selon le Pr Jacques Belghiti, professeur de chirurgie (Académie nationale de médecine) « la médecine s’est d’abord construite sur des convictions de certains médecins ou chirurgiens. Aujourd’hui, la médecine sur les preuves, la personne a pris le pas ». Le patient ne serait donc plus un cobaye. Ce constat est partagé par les représentants de patients. »Pendant longtemps, le patient a été la dernière roue du carrosse. Il y a eu des progrès incontestables, on le voit dans les dossiers transmis à la commission », analyse de son côté Pascal Sellier, représentant de patients à la Cnedimts (Haute autorité de santé). Les industriels semblent de plus en plus intégrer les conséquences de leurs solutions pour les patients sur la douleur ainsi que la vie quotidienne personnelle ou professionnelle.

    L’exemple du pacemaker sans sonde

    La stimulation cardiaque est une technologie qui a plus de 60 ans. Le Pr Nicolas Clementy, cardiologue au CHU de Tours, note que le concept a très peu évolué depuis puisqu’il se présente sous la forme d’ »un boîtier à l’extérieur du cœur, sous la peau, branché à des fils ». Les améliorations se sont concentrées sur la longévité de la batterie, la capacité. « Nous avions fini par nous habituer à des complications devenu normales, liées plus de 30 millions de stimulations cardiaques par ans et aux germes », commente-t-il. 

    La première innovation de rupture est venue des patients qui ont fait sortir les professionnels de ces habitudes en exprimant leurs besoins de miniaturisation, d’interventions au bloc plus courte et moins invasive. « Pour aller de la conception de l’innovation aux patients, il fallait impliquer ces derniers, explique Laurence Comte-Arassus, présidente de Medtronic France. Avec le développement de pacemaker miniaturisé sans sonde, nous avons redéfini la procédure, repensé notre positionnement, et la fin de vie de ses produits. »

    Les professionnels, cliniciens et industriels, ont répondu à ces besoins en adéquation avec les normes internationales très strictes tout en conservant les avantages de l’ancien produit (longévité, compatible avec l’IRM…). L’innovation dans le DM implique ainsi une collaboration à 3 : soit entre l’industriel, le patient, et le professionnel de santé, où chacun détient son propre rôle et sa propre responsabilité.

    Un manque de suivi et une gestion des data subie

    Si le patient n’est plus un cobaye dans le cadre du développement de dispositifs médicaux, cela ne semble pas aussi évident dans le cadre de leur suivi, notamment au regard de la gestion des big data qui échappent aux premiers concernés. »Nous avons des garanties en termes de sécurité, d’augmentation des exigences, mais il y a une insuffisance du suivi. Nous n’avons pas assez de registres, » précise le Pr Jacques Belghiti.

    La robotisation en chirurgie permet la standardisation des interventions. « La France a le plus grand nombre de robots dans ses blocs mais aucun suivi des patients », poursuit le professeur, qui estime que le patient ne serait presque pas assez cobaye parce que pas assez impliqué dans ce suivi. Ce que confirme, avec d’autres mots, le Pr Guy Vallancien, chirurgien urologue (Académie nationale de médecine). Les patients sont bien suivis à un niveau individuel, avec des données patients propres, mais il y a un manque de données transversales. « Je rêve, qu’avec un smartphone, les patients puissent remplir une données pour quantifier les données en masse », déclare le chirurgien.

    La récolte de données dans un registre médical, sécurisé, ne pose pas de problème

    L’ensemble des participants à la table ronde s’accorde sur le fait que la récolte de données dans un registre médical, sécurisé, ne pose pas de problème. « Je n’ai jamais vu de patients refuser un protocole quand cela a été bien expliqué. Ils savent qu’ils participent à l’évolution des techniques au-delà d’eux-mêmes », observe le Pr Guy Vallancien. L’utilisation à des fins commerciales semble être clairement la ligne à ne pas franchir.

    Être cobaye en tant que patient ne serait donc finalement pas le sujet. La problématique de l’innovation dans le domaine des dispositifs médicaux porterait plutôt sur la capacité à développer un réservoir commun de l’ensemble des expériences et des données. Le Health Data Hub pourrait ainsi répondre aux attentes exprimées par ces différents acteurs de la santé et du dispositif médical, avancent les intervenants.

  • Étude : un candidat médicament validé en un temps record grâce à l’IA (Nature Biotechnology)

    La start-up Insilico Medicine et des chercheurs canadiens de l’University of Toronto sont parvenus grâce à un système basé sur intelligence artificielle (IA) à concevoir, à synthétiser et à valider un nouveau candidat médicament contre la fibrose en seulement 46 jours, contre 2 à 3 ans en temps normal. L’étude*, publiée le 2 septembre 2019 dans Nature Biotechnology, démontre que l’IA a un véritable potentiel disruptif dans la recherche de nouveaux médicaments, accélérant considérablement le process et le rendant moins aléatoire.

    Accélérer la recherche de nouveaux médicaments grâce à l’IA

    La découverte de nouveaux médicaments nécessite des années de recherche. Ce processus long est donc aussi coûteux. Selon l’économiste Joseph DiMasi, directeur du Tufts Center for the Study of Drug Development, le coût moyen nécessaire pour amener une nouvelle molécule sur le marché a même été multiplié par 6 entre 1991 et 2013.

    De nombreuses start-ups tentent donc de développer des outils d’intelligence artificielle (IA) pour raccourcir ce temps et permettre à des molécules prometteuses d’arriver plus vite au lit du patient. En 2012, le chercheur canadien, Georges Dalh, spécialiste en machine learning (apprentissage automatique), avait ouvert la voix en remportant le Merck Molecular Activity Challenge : il avait démontré l’efficacité de réseaux de neurones profonds – peu entrainés – pour prédire l’activité d’une molécule à partir de sa structure. À partir de là, le recours à des algorithmes de deep learning (apprentissage profond) pour dénicher de nouveaux médicaments se généralise. Les partenariats entre start-ups et laboratoires pharmaceutiques se multiplient.

    2 techniques d’IA au service d’un médicament contre la fibrose

    Une nouvelle étude, publiée le 2 août 2019 dans Nature Biotechnology, a été menée par la Fondation de recherche en biogérontologie. En combinant 2 techniques d’intelligence artificielle – les réseaux antagonistes génératifs (GAN) et l’apprentissage par renforcement (RL) -, l’équipe de chercheurs d’Insilico Medicine à l’origine de ces travaux a réussi à valider le pouvoir réel de l’IA. C’est-à-dire la réduction du temps dédiée à la découverte et au développement du médicament, ainsi que la transformation d’un processus aléatoire semé d’impasses en un processus intelligent, ciblé et dirigé, qui prend en compte les propriétés moléculaires spécifiques d’un produit compte tenu de la maladie.

    46 jours au lieu de 3 ans

    Ce système, appelé « GENTRL », a permis de trouver 6 traitements prometteurs contre la fibrose à partir de 30 000 modèles de molécules, et ce en seulement 21 jours. Ces 6 molécules ont ensuite été synthétisées et l’une d’entre elles a été testée chez la souris et a donné des résultats prometteurs. Au total, toutes ces étapes ont été menées à bien en 46 jours. En temps normal, l’ »Hit to Lead » (H2L), qui est la phase où les molécules sorties des campagnes de criblage à haut débit sont évaluées et identifiées comme prometteuses, requiert 2 à 3 ans de travail.

    « Nous avons une stratégie d’intelligence artificielle combinée à une imagination d’intelligence artificielle », commente Alex Zhavoronkov, P.-D.G. d’Insilico, qui compare le fonctionnement de GENTRL au système d’apprentissage automatique AlphaGo mis au point par Google Deepmind pour mettre au défi les joueurs de Go.

    Un algorithme en open source 

    « Il est également intéressant de noter que l’équipe a publié le code de son algorithme dans un format open source, permettant à d’autres chercheurs d’appliquer leurs techniques et de s’appuyer sur leurs réalisations pour faire progresser tout le domaine de l’IA pour la conception de médicaments, la recherche sur le vieillissement et la longévité, » déclare Richard Siow, directeur de la recherche sur le vieillissement au King’s College de Londres et ancien vice-doyen de la Faculté des sciences de la vie et de la médecine du King’s College de Londres.

    La Biogerontology Research Foundation espère, de son côté, que cette étude incitera d’autres chercheurs à exploiter le potentiel de l’IA dans la recherche sur la longévité, et poussera les départements R&D des grands laboratoires pharmaceutiques à intégrer l’intelligence artificielle dans leurs programmes « pour apporter des médicaments permettant de sauver des vies entre les mains de vrais patients ».

  • La télépsychiatrie permet aux hôpitaux américains de réduire leurs coûts (rapport Business Insider)

    « Les solutions de télépsychiatrie ont aidé les hôpitaux à mieux affecter leurs effectifs réduits de spécialistes, à réduire les temps d’attente pour les patients et à optimiser leurs flux dans les services d’urgence ». C’est ce que révèle le document The Telemental health Report daté de septembre 2019 et publié par Business Insider. Les auteurs de ce rapport prônent le recours à la télémédecine pour lutter contre la crise que traverse la psychiatrie américaine, qui pourrait coûter 238 milliards de dollars (215 Mds €) en 2020.

    Les conclusions du rapport sont les suivantes : 

    • la télépsychiatrie permet aux hôpitaux de réduire leurs coûts en élargissant le nombre de praticiens mobilisables, en leur évitant les pénalités liées aux réadmissions inutiles de patients et en leur permettant d’atteindre davantage de patients ;

    de plus en plus d’établissements se tourneront vers la télépsychiatrie à mesure de l’aggravation de la crise de la psychiatrie malgré les obstacles qui persistent : coûts initiaux et difficultés à obtenir des remboursements ;

    • les établissements de santé adopteront des approches différenciées de la télépsychiatrie, selon leur taille et leur pouvoir d’achat. Certains s’appuieront uniquement sur les spécialistes qu’ils emploient, d’autres auront recours à des partenaires extérieurs.

    L’ensemble de l’étude, payante, est accessible via ce lien.