« Unicancer et les centres de lutte contre le cancer (CLCC) se sont mobilisés pour rester à la pointe des évolutions, dans un environnement de santé qui évolue fortement : digitalisation pour une santé connectée, intelligence artificielle (IA), programmes de recherche ambitieux, équipements de pointe (…) », déclarent le Pr Patrice Viens, président de la fédération, et Pascale Flamant, déléguée générale, dans l’éditorial du rapport d’activité Unicancer 2018. L’organisation met notamment en avant dans ce document, publié le 19 septembre 2019, les innovations les plus significatives développées au sein des CLCC, avec un focus sur le développement de l’IA, présentée comme une « priorité », et de projets relatifs au numérique.
Parmi les initiatives figurant dans le rapport se trouvent :
• le programme Esmé (Épidemio-stratégie médico-économique), un outil d’aide à la décision en santé permettant de mesurer l’apport réel des traitements : il s’agit du premier programme en Europe visant à améliorer la prise en charge des patients à partir d’une base de données de vie réelle. Après avoir conclu des accords avec les laboratoires Roche, Pierre Fabre, Pfizer, Astrazeneca et Eisai, Unicancer a signé un partenariat de 5 ans avec le laboratoire MSD France pour le soutien de la plateforme Esmé ainsi qu’un partenariat de 2 ans avec les laboratoires Daïchi ;
• Consore (continuum soins-recherche) : en 2018, le Centre Paul Strauss a été le 11ème CLCC à rejoindre Consore. L’outil, basé sur un système d’intelligence artificielle et du machine learning (apprentissage automatique), a été conçu pour traiter des informations présentes dans les centaines de milliers de dossiers patients des centres de luttes contre le cancer.
IA : une « priorité » pour Unicancer et les CLCC
« Unicancer et les CLCC agissent pour mettre les nouvelles technologies, et en particulier l’intelligence artificielle (IA), qui va bouleverser les pratiques, au service du patient, est-il noté dans le rapport d’activité de la fédération. L’IA était au cœur des débats de la convention nationale organisée par Unicancer et qui réunit, chaque année, la communauté des CLCC autour d’une thématique différente. »
Un partenariat scientifique avec la start-up DOSIsoft
Unicancer a signé un partenariat scientifique avec la start-up DOSIsoft autour de la solution logicielle EPIbeam pour optimiser la sécurité du patient en radiothérapie.
6 CLCC (le Centre Jean PERRIN, le Centre Georges-François Leclerc, l’Institut Godinot, l’Institut Curie, l’Institut Claudius Regaud – IUCT Oncopole de Toulouse et le Centre Léon Bérard) ont participé à l’évaluation de l’outil pendant 9 mois dans des conditions d’usage clinique. Cela a permis de démontrer la précision de la capacité d’EPIbeam à réaliser de manière fiable les contrôles en routine clinique.
- À l’avenir, la fédération souhaite développer les partenariat avec des start-up et des industriels « pour intégrer l’IA au cœur de ses projets et de ceux des centres, afin de tirer profit des algorithmes pour mieux soigner et guérir des patients », commente-t-elle.
Consore : exploiter le big data pour améliorer l’offre de soins et la recherche
En 2018, le Centre Paul Strauss a été le 11ème Centre à rejoindre Consore (Continuum soins-recherche), un outil développé par Unicancer et utilisant les technologies de l’intelligence artificielle et du machine learning afin de traiter des informations présentes dans les centaines de milliers de dossiers patients des CLCC.
Consore est identifié comme un outil d’intérêt dans le rapport sur la mise en place du futur Health Data Hub, indique Unicancer. Il donne notamment aux patients l’opportunité de bénéficier rapidement des avancées thérapeutiques. « Des dossiers partagés avec les CHU sont testés, ainsi que la recherche de traitements à partir des comptes rendus ou courriers qui permet de retrouver des informations sur des actes thérapeutiques effectués en dehors du centre », précise la fédération.
- Le Centre Antoine Lacassagne, le Centre Henri Becquerel et l’Institut Claudius Regaud – IUCT Oncopole de Toulouse ont exprimé leur intérêt d’installer Consore en 2019.
- Parmi les évolutions en cours :
- une amélioration de l’ergonomie de l’outil pour faciliter la prise en main de l’outil et son utilisation par les médecins des centre ;
- un travail sur des évolutions permettant de cadrer parfaitement avec les normes réglementaires.
Digitalisation et e-santé : « des opportunités majeures pour innover »
L’un des objectifs d’Unicancer est de « créer de la synergie sur la digitalisation au sein et entre les centres de lutte contre le cancer ».
La digitalisation et la e-santé « représentent des opportunités majeures pour innover dans la recherche, les traitements, mais également pour fluidifier la relation ville-hôpital et les parcours de soins, faciliter le virage ambulatoire et associer le patient à toutes les étapes de sa prise en charge », est-il expliqué dans le rapport d’acivité.
- Le recensement des projets e-santé des Centres sera actualisé en 2019.
- Des « Pitch’Unicancer », webinars de 30 minutes seront organisés tous les 15 jours pour présenter les outils et les projets e-santé développés dans les CLCC afin de les faire connaître, de favoriser leur essaimage et de développer des partenariats.
- Internes dans un premier temps, ils seront dans un deuxième temps ouverts à des start-up souhaitant présenter leur projet aux Centres.
Numérisation de l’outil Premaco, outil d’aide à la préparation de la consultation médicale
Unicancer a testé en 2018 un premier recueil de résultats rapportés par les patients (PROMs – patient-reported outcome measures) par l’intermédiaire d’un outil d’aide à la préparation de la consultation médicale appelé « Premaco » (« PREparer MA Consultation). Il permet aux patients pris en charge dans un centre de préparer en amont leur consultation afin d’optimiser ce temps avec leur médecin.
« L’objectif de Premaco est de faciliter le dialogue entre le patient et son médecin en aidant le patient à mieux exprimer ses besoins et en facilitant le partage de la décision sur la prise en charge, précise Unicancer. À moyen terme, il s’agira de contribuer à améliorer l’observance des traitements et l’orientation du patient dans son parcours. »
L’outil a été testé en 2018 sous la forme d’un questionnaire papier, auprès de patients traités pour une leucémie myéloïde chronique (LMC) ou par hormonothérapie (sans distinction sein ou prostate) dans 6 CLCC : l’Institut Bergonié, le Centre Georges-François Leclerc, l’Institut Curie, l’Institut Paoli-Calmettes et le Centre Antoine Lacassagne. « Les retours des patients et des médecins ont été particulièrement positifs, ouvrant la voie au développement de l’outil dans le réseau des CLCC, en l’adaptant à chacun d’entre eux », commente la fédaration.
- En 2019, Unicancer souhaite digitaliser l’outil Premaco. Les étapes prévues sont les suivantes :
- rédaction d’un cahier des charges ;
- publication d’un appel d’offres et choix des prestataires ;
- prototypage de l’outil ;
- mise en œuvre.
De manière concrète, les patients rempliront un questionnaire numérique d’aide à la préparation de la consultation médicale et d’orientation du parcours du patient. À partir de ce dernier, une synthèse des résultats sera réalisée. Elle donnera lieu à des observations et à des conseils personnalisés. À terme, l’objectif est de déployer Premaco pour qu’il soit disponible dans tous les centres de lutte contre le cancer.
Protection des données : une autre priorité pour Unicancer et des CLCC
« La sécurisation des données personnelles de santé représentant un sujet majeur auquel Unicancer et les CLCC sont particulièrement sensibles, le réseau était prêt pour l’entrée en vigueur, en mai 2018, du Règlement général sur la protection des données (RGPD) », note Unicancer.
Un data protection officer (DPO) a été nommé au sein de la fédération, avec un périmètre incluant les données patients mais aussi celles des salariés, des donateurs et des mécènes. Le DPO intervient de manière transversale avec l’ensemble des directions d’Unicancer, est-il précisé.
Un DPO a également été désigné dans chaque CLCC et un groupe de travail dédié a été créé. Il s’est réuni pour la première fois en mai 2018. Il suit notamment les évolutions de la réglementation (RGPD et Loi informatique et libertés).
Recherche : des projets pour innover dans le traitement des cancers
« L’année 2018 a consacré, avec la certification ISO 9001, la qualité de la recherche clinique d’Unicancer et des Centres, déclarent la fédération. Elle a également permis la poursuite de nombreux projets de recherche ainsi que le développement de partenariats stratégiques pour améliorer les traitements proposés aux patients, faire progresser les connaissances, innover dans le traitement des cancers, dans le respect de la confidentialité et de la sécurité des données personnelles. »
Esmé : 1er programme en Europe visant à améliorer la prise en charge sur la base de données de vie réelle
Esmé est un outil d’aide à la décision en santé permettant de mesurer l’apport réel des traitements. Il s’agit du premier programme en Europe visant à améliorer la prise en charge des patients à partir d’une base de données de vie réelle.
Esmé mesure l’apport des traitements innovants. Actuellement, le programme a été développé dans 3 domaines : poumon (le programme comprendra à terme plus de 26 000 patients pris en charge dans des CLCC, des CHU et des CHG)/immunothérapie, ovaire (le programme centralisait l’ensemble des données de vie réelle de plus de 6 000 patientes en 2018) et sein métastatique (plus de 20 000 patientes).
Après avoir conclu des accords avec les laboratoires Roche, Pierre Fabre, Pfizer, Astrazeneca et Eisai, Unicancer a signé un partenariat de 5 ans avec le laboratoire MSD France pour le soutien de la plateforme Esmé ainsi qu’un partenariat de 2 ans avec les laboratoires Daïchi.
- Unicancer et les centres de lutte contre le cancer envisagent de « poursuivre rapidement le développement de nouveaux partenariats, qui porteront sur d’autres pathologies », est-il indiqué dans le rapport. Les premiers appels à projets pour Esmé Poumon/Immunothérapie et ESMÉ Ovaire pour valorisation scientifique auront lieu en 2019.
Focus sur 4 projets innovants développés au sein des CLCC
Centre Paul Strauss (Strasbourg) : vidéo-assistance au service de la qualité et de la sécurité des chimiothérapies
Le Centre Paul Strauss s’est équipé du dispositif de vidéo-assistance Drugman de la société Eurekam : il vise à améliorer la qualité et la sécurité du processus de préparation des chimiothérapies.
Il s’agit du premier établissement de santé de la région Grand Est à s’être doté de cette technologie de reconnaissance faciale appliquée aux reconstitutions de chimiothérapie sous hotte à flux laminaire.
Institut Paoli-Calmettes (Marseille) : une nouvelle plateforme d’imagerie de la femme
La nouvelle plateforme d’imagerie de la femme de l’Institut Paoli-Calmettes a été élaboré afin d’améliorer l’accessibilité au dépistage et au diagnostic du cancer du sein et favoriser le bien-être des patientes.
« Plus grande, avec plus d’équipements de pointe, elle renforce l’offre intégrée de dépistage proposée aux femmes de la région PACA et de Corse, détaille Unicancer. La réduction des délais d’attente pour un rendez-vous permettra d’éviter des pertes de chances et des soins plus lourds. »
Centres de Reims, Dijon, Nancy : la réalité virtuelle au service de la formation et des traitement
L’Institut Godinot (Reims) et le Centre Georges-François Leclerc (Dijon) ont acquis 2 casques de réalité virtuelle utilisant des techniques d’hyphnose clinique (auprès de la start-up Oncomfort pour le premier et de C2Care pour le second). Ils ont été mis au point pour faire vivre aux patients qui les portent une expérience immersive relaxante avant la réalisation d’actes anxiogènes ou douloureux.
L’Institut de cancérologie de Lorraine (Nancy) est partenaire du projet européen NHL Chir-Ex, une approche de simulation virtuelle ayant pour but d’améliorer et d’harmoniser la formation multiprofessionnelle en radiothérapie.
Centres de Montpellier, Angers-Nantes : un nouveau robot chirurgical dédié à la recherche clinique
L’Institut du cancer de Montpellier a été sélectionné, avec 4 autres établissements français, pour mettre en place un nouveau robot chirurgical dédié à la recherche clinique, le Da Vinci Xi (Intuitive Surgical).
Le robot CHIP-e (Consultation hospitalière individuelle pharmaceutique) assistée par robot, a été intégré à l’Institut de cancérologie de l’Ouest (Angers-Nantes) afin d’améliorer la prise en charge des patients traités pour leur pathologie cancéreuse par voie orale. « Un e-assistant permet de valider la compréhension globale du traitement et d’habituer, en plein développement de la e-santé, le patient aux outils informatiques », explique Unicancer.