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  • Une vision transversale face aux déserts numériques (G de Durat, Université des déserts médicaux)

    Deux ans après sa première édition champêtre, la seconde Université des déserts numériques s’est tenue les 20 & 21 septembre à Auzon, dans une zone quasi-blanche de la Nièvre. Représentants de patients, professionnels de santé, startuppers, opérateurs de réseaux et pouvoirs publics se retrouvent dans cet espace de réflexion et de co-construction.

    Pour Guillaume de Durat, « patient citoyen » et président de l’Université des Déserts, « Plus que de solutions techniques où d’idées innovantes, les déserts médicaux et numériques d’aujourd’hui manquent d’abord et avant tout d’une vision transversale. Leur fertilisation est intimement liée à leur irrigation, au budget de la Nation pour être pragmatique, mais également à notre propre capacité à échanger en dehors de tout corporatisme et dogmatisme ».

    Au regard de vos multiples casquettes, comment peut-on vous présenter ?

    Dominique Pon parle de moi comme d’un patient citoyen, un Français parmi d’autres qui vit où bon lui semble en France et qui a besoin de bénéficier de l’évolution du système de soins, de santé. Je vis dans la cité, au sens ancien du terme, en ayant besoin de bénéficier d’un certain nombre de services publics. Pour le reste, je fais partie du microcosme qui travaille dans la e-santé de longue date.

    Je me suis aperçu que beaucoup de gens ne se rendait pas compte de ce que la e-santé impliquait. Il y a deux ans, lors de la première université, nous avions dénoncé la double peine face aux déserts numériques. Aujourd’hui, nous parlons de fracture numérique.

    Il ne faut pas faire pour autant de transformation numérique à marche forcée mais prendre la mesure du fait que les Français, patients ou non, ne sont pas complètement prêts. Ils ne maîtrisent pas les outils informatiques. Certains maîtrisent mal le français. D’autres n’ont pas de réseau… C’est un souci pour le développement de la santé. Les autorités s’en aperçoivent avec les difficultés d’avancer sur la dématérialisation de démarches administratives comme la déclaration d’impôts.

    Quels sont les principaux freins ?

    Nous sommes à un an de remboursement de la télémédecine, avec beaucoup moins d’actes que prévu. Pourquoi ? Est-ce que le problème est juste technique ? Est-ce que les connexions ne sont pas bonnes ? Est-ce une question de formation ?

    En tout cas, je ne pense pas que le problème soit purement technique, mais plutôt humain, organisationnel et économique. La technologie est présente. La 5G par exemple correspond exactement aux besoins de la santé en terme de temps de latence, de canaux dédiés. Mais, il faut qu’il y ait une antenne et que la fibre arrive au pied de l’antenne. Le risque si la question n’est pas prise en amont est d’accentuer la fracture pour ceux qui déjà étaient écartés de la 3G et de la 4G. Après il y a les problèmes géopolitique qui nous échappent plus sur le choix d’utiliser des technologies souveraines, ou non.

    Sur la dimension technique, la France est très présente dans l’innovation. Nous avons des prix à Las Vegas mais nous n’avons pas réfléchi aux besoins d’infrastructure pour développer ces outils.

    Quelles sont les autres solutions au-delà de la 5G ?

    Une des options est le développement du haut-débit par satellite. Le centre d’études spatiales est présent à Auzon, sur les deux jours. Le centre propose des canaux sécurisés dédiés sur le mode de la 5G. Une antenne a été mise en place pour les participants à l’université. 

    Une autre solution est le fameux roaming. Avec une puce achetée en Italie, en Belgique, ou en Espagne, l’utilisateur d’un smartphone peut passer d’un opérateur à l’autre. Nous allons présenter des solutions équipées de quatre cartes SIM. Il s’agit donc bien de bon sens et pas d’un obstacle technique. Et également de stratégie économique. Les opérateurs se demandent l’intérêt de couvrir telle ou telle région ou ville. Ce n’est plus un service public. Nous dépendons donc de choix d’entreprises privées.

    Et, la question de la formation est également essentiel ; de l’éducation au numérique ; l’éducation des usagers, bien souvent usagés et fatigués. C’est un accompagnement que propose par exemple Emmaüs Connect dans plusieurs régions. Mais aussi l’accompagnement des médecins qui s’intéressent à la télémédecine comme le fait la fondation « Agir pour la Télémédecine ».

    Pour reprendre le slogan de ces deux jours, comment fertiliser ces déserts ?

    Pour fertiliser, il faut semer de la bonne volonté. Je suis missionné par Dominique Pon sur le numérique en santé. Dans son discours, il parle beaucoup d’humanisme et de bonne volonté ainsi que de l’importance de se mettre à travailler ensemble. Semer de la bonne volonté en n’oubliant pas que notre système de santé repose sur une dimension de solidarité. C’est ce qui m’anime ici.

    Nous sommes une équipe à porter à bout de bras cet événement. Nous espérons qu’il va être relayé. Nous essayons d’aborder ces sujets dans la bonne humeur ici dans la Nièvre où le téléphone portable passe mal. Je suis optimiste de nature. Mais honnêtement, il va falloir travailler beaucoup pour pour que cette fertilisation soit efficace. Cela va être dur.

     

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             Guillaume Durat (de)

  • Plan urgences : 3 acteurs de santé proposent des plateformes de télémédecine installées par les GHT

    Rachel Bocher, présidente de l’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH), Jérémie Sécher, président du Syndicat des manageurs publics de santé (SMPS), et le Dr Pierre Simon, médecin et ancien président de la Société française de télémédecine (SFTelemed), appellent à mettre en place des plateformes d’appel pour « orienter l’appelant, soit vers un cabinet médical de soins primaires, soit vers un service d’urgences, ou tout simplement le rassurer, voire prescrire une ordonnance adressée à la pharmacie la plus proche de son domicile ». Ces outils seraient installés par les GHT, en coopération avec les CPTS, précisent-ils dans un communiqué commun publié le 16 septembre 2019.

    Dans le détail, ils proposent de créer des plateformes « nationales » de téléconsultation immédiate, financées par les mutuelles, qui « pourraient se reconvertir dans une action régionale en travaillant avec les CPTS pour respecter le parcours de soins au sein du territoire de santé ».
    Les 3 acteurs suggèrent également que des systèmes de chatbots assurent un premier tri et une orientation des appels, notant que ce modèle est testé depuis an par le NHS au Royaume-Uni.

    Ces propositions sont émises en réaction à la présentation du plan « urgences » présenté le 9 septembre par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, et qui comprend la création d’un « service d’accès aux soins » (SAS) d’ici l’été 2020 pour conseiller et orienter à distance la population afin de réduire le nombre de passages aux urgences. Le choix d’une organisation-cible devrait être pris en novembre 2019.

    La ministre souhaite que ce service soit accessible « par téléphone et en ligne » pour que le patient puisse accéder « à toute heure et à distance » à un professionnel de santé, « qui lui fournira un conseil, une téléconsultation ou une orientation vers une structure, qu’elle soit hospitalière ou libérale, selon son état ». Ce SAS devra être organisé de façon territoriale et « piloté de concert par les acteurs hospitaliers des Samu et libéraux fédérés en communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) », a déclaré Agnès Buzyn.

    Autres éléments centraux de la proposition

    Une plateforme qui pourrait être tenue par des IPA

    Rachel Bocher (INPH), Jérémie Sécher (SMPS) et le Dr Pierre Simon (ex SFTelemed) estiment que la formation d’infirmiers en pratique avancée (IPA) demandera « plusieurs années » : ils proposent de « reconnaître rapidement plusieurs milliers d’infirmier(e)s [qui ont passé plusieurs années aux urgences] et de leur donner le statut d’IPA, avec un statut financier, pour répondre aux appels ».

    Si la plateforme dont ils suggèrent la création dans leur communiqué était gérée par des IPA, « l’acte de conseil en santé serait qualifié de « télésoin » sur la base d’un tarif envisagé par l’assurance maladie début 2020″, indiquent-ils.

    De la téléconsultation vers les Ehpad

    La plateforme présentée dans le communiqué pourrait, selon leur proposition, « être utilisée pour faire des actes de téléconsultation vers les Ehpad (gériatre, spécialistes) par vidéotransmission ». « Cela nécessiterait que la patientèle des quelque 5 000 Ehpad publics soit désormais suivie par des gériatres hospitaliers. Ils indiquent que « c’est déjà le cas dans plusieurs régions ».

    « Le GHT maîtriserait ainsi le flux des personnes âgées de son territoire », ajoutent-ils.

    Des actes synchrones (par téléphone) ou asynchrones (par MSS) de télé-expertise

    La plateforme pourrait aussi « être utilisée pour faire des actes synchrones (par téléphone) ou asynchrones (par MSS) de télé-expertise vers les médecins de soin primaire, soit pour préparer ou justifier une hospitalisation, soit pour conseiller au décours d’une hospitalisation les médecins traitants ».

    Un accès possible au dossier médical hospitalier ou au DMP lors d’une téléconsultation

    Les 3 acteurs appellent enfin à ce que l’accès au dossier médical hospitalier du GHT ou au dossier médical partagé (DMP) soit « possible lors d’un acte de télésoin ou de télémédecine », soulignant le fait que « le système d’information des GHT doit être interopérable avec le DMP. »

  • Medtronic va stopper la fabrication d’une pompe à insuline implantable jugée vitale par les patients

    L’ANSM « rappelle qu’elle n’a pas le pouvoir d’obliger les industriels à continuer la fabrication des produits ». « Si une alternative émergeait, elle prendrait toute disposition pour en faciliter la mise à disposition, tant que la sécurité du patient est assurée », explique l’agence dans un communiqué diffusé le 20 septembre 2019, rendant compte d’un point d’information organisé le 12 septembre au sujet de la décision de la société Medtronic d’arrêter la fabrication de sa pompe implantable Minimed 2007D (MIP) au 2e semestre 2020. La DGS prévoit de réunir l’ensemble des parties prenantes « dans le courant du mois de novembre afin de suivre les actions à mener, tant auprès des industriels que des professionnels de santé, des établissements et des patients ».

    La pompe MIP est un dispositif médical (DM) permettant l’administration d’insuline par voie intra-péritonéale chez des patients adultes diabétiques de type 1 ne pouvant faire l’objet d’une administration sous-cutanée. Utilisée par quelque 250 personnes en France, elle délivre de l’insuline directement dans la cavité péritonéale à proximité du foie, « mimant le mécanisme physiologique du pancréas ». Medtronic a décidé en 2017 d’arrêter la production de ce dispositif médical (DM), invoquant « des difficultés d’approvisionnement de différents composants de la MIP auprès de ses fournisseurs ». Le Pr Éric Renard, chef du service endocrinologie au CHU de Montpellier déclare que « 90 % des 350 personnes implantées dans le monde ne pourront bénéficier [du] nouveau dispositif » externe prévu par Medtronic et que, pour elles, « il n’y a aucune alternative » (source : Le Parisien).

    Les patients et les médecins inquiets

    Les membres du Collectif des diabétiques implantés présents lors de la réunion du 12 septembre déclarent que la pompe MIP est « vitale  pour beaucoup d’entre eux » et espèrent qu’elle va rester disponible « jusqu’à ce qu’une nouvelle technologie implantable par cette même voie prenne le relais ».

    Les diabétologues demandent de « ne pas abandonner » l’injection d’insuline par voie intrapéritonéale

    Les diabétologues invités demandent de « ne pas abandonner » la « technologie d’avenir » que représente l’injection d’insuline par voie intrapéritonéale, « en particulier pour les patients, peu nombreux, qui sont résistants ou intolérants aux autres traitements » parce qu’atteints d’hypoglycémie sévère, d’intolérance à l’insuline sous cutanée ou de diabète instable.

    Ces spécialistes indiquent ne pas considérer « la disponibilité des systèmes en boucle fermée et des greffes d’îlots pancréatiques » comme des alternatives documentées aux pompes implantées « faute de preuves ».

    Medtronic et Sanofi rassurent les patients

    La société Medtronic a confirmé par la voix de ses représentants son intention de mettre un terme à la fabrication de ce dispositif et « pris l’engagement de garantir la disponibilité des consommables nécessaires au bon fonctionnement des pompes implantées jusqu’à la fin de leur utilisation par les patients ».

    La société Sanofi, qui fabrique « une insuline spécifique utilisée exclusivement » dans la pompe MIP, a « garanti la disponibilité » de ce produit « tant que les patients en auront besoin ».

    L’ANSM s’engage à « veiller au respect des engagements » pris par Medtronic et Sanofi, et invité les professionnels de santé à « élaborer des protocoles de prise en charge des patients concernés ».

  • La démarche de facturation des chambres individuelles d’Happytal mise en cause

    Le service de conciergerie Happytal, qui a levé 23 millions d’euros en novembre 2018, est soupçonné de forcer la main aux patients pour la facturation de chambres simples. La start-up, lancée en 2013 par 2 anciens employés du cabinet de conseil McKinsey, a développé son service dans une centaine d’établissements de santé et quelques Ehpads, en communiquant sur le bien-être que ses prestations apportent aux patients.

    Or, des témoignages de patients, de soignants mais aussi d’anciens salariés recueillis par le Monde (article publié en août 2019) remettent en question l’honnêteté de certaines pratiques commerciales menées directement auprès de personnes fragiles. Des méthodes à nouveau décriées dans une enquête diffusée le 19 septembre dans « L’œil du 20h » (France 2).

    Saisie de plaintes de patients, la Direction de la répression des fraudes (DGCCRF) est en train de mener des contrôles sur Happytal et ses méthodes, indique France 2. À l’issue de son enquête, la direction de l’AP-HP a annoncé à la chaîne sa décision de ne pas renouveler ses contrats avec Happytal : après 2 ans de collaboration, 9 hôpitaux devraient bientôt se passer des services de la société.

    Health & Tech Intelligence synthétise dans cet article les tenants et les aboutissants de cette information pour mieux cerner les enjeux de l’affaire. Contacté le 20 septembre (par téléphone et par email), Happytal n’a pas encore répondu à notre demande d’entretien.

    Un abonnement qui permet aux hôpitaux de facturer plus de chambres individuelles

    Happytal indique que son modèle économique repose sur la conciergerie alors que, selon les enquêtes du Monde et de France 2, l’optimisation de la facturation des chambres individuelles serait sa véritable motivation.

    Pour rappel, l’Assurance maladie ne finance la chambre individuelle que pour des raisons médicales. Dans les autres situations, les hôpitaux peuvent facturer les lits de cette chambre particulière, seulement si le patient a émis une demande par écrit en ce sens. C’est alors la complémentaire santé qui paie si le patient en a une.

    « Pendant des années, les établissements n’ont pas vraiment couru après cet argent : ça n’était pas la priorité du personnel, qui estime d’ailleurs que la chambre seule fait partie des soins et revient à tous. Mais quand Happytal a présenté aux hôpitaux les gains potentiels qu’apporterait une politique active de récupération des consentements, les directions se sont peu à peu laissé convaincre, explique Le Monde. D’autant que la carte-cadeau (15 à 30 euros) à valoir sur la conciergerie que la société propose d’offrir pour chaque signature rend l’établissement attractif. »

    Les services Happytal auraient rapporté 2 millions d’euros aux hôpitaux de l’Est parisien

    S’il accepte l’offre d’Happytal, l’hôpital paie un abonnement mensuel ainsi que 2 à 4 euros par nuitée facturable « mais l’établissement s’y retrouve en facturant davantage les chambres seules », note le quotidien, qui se base sur le témoignage de la direction de l’AP-HP, qui s’est exprimé sur le sujet lorsque celui-ci est revenu en commission médicale d’établissement (CME), au début de l’été.

    Selon les informations du quotidien :

    • les hôpitaux de l’Est parisien (Rothschild, Tenon, Trousseau, Saint-Antoine) versent 756 000 euros par an à Happytal : depuis 3 ans, le contrat aurait rapporté 2 millions d’euros ;
    • dans 2 hôpitaux du Nord parisien, à Bichat et Beaujon, situé à Clichy, l’abonnement annuel coûterait 483 000 euros : en moins de 5 mois, le contrat aurait rapporté 243 000 euros.

    Interrogé par France 2, le centre hospitalier d’Orléans indique de son côté que la facturation des chambres individuelles a doublé depuis que la direction propose les services d’Happytal, passant de 2,5 millions d’euros en 2016 à 5,2 millions en 2018.

    Des patients démarchés dans leur chambre

    Les services d’Happytal apportent un bénéfice aux hôpitaux, soit. Mais ce qui pose surtout question c’est les problèmes d’ordre éthique que posent les pratiques de la start-up, commente Anne Gervais, hépatologue à Bichat et vice-présidente de la CME (Le Monde).

    Les patients peuvent être démarchés dans leur chambre. L’AP-HP et Happytal affirment que la démarche est cadrée (seulement avec l’accord des soignants et pas dans les services lourds) « mais le procédé n’est pas clair, avance Anne Gervais. Il y a des personnes vulnérables qui ne se rendent pas compte de ce qu’on leur vend. Et il y a ce risque de traiter différemment un patient selon ce que sa mutuelle prend, ou non, en charge. » Il ressort des éléments recueillis par les journalistes-enquêteurs que les adhérents d’une complémentaire santé reçoivent une carte-cadeau, pas les autres. Si bien que les chambres seules risquent d’être attribuées prioritairement aux signataires.

    Les enquêtes menées par Le Monde et France 2 font état d’entretiens avec des patients et des anciens collaborateurs mettant en cause les pratiques commerciales de la société.

    Seulement 0,6 % des dossiers donneraient lieu à une réclamation selon Happytal

    Contacté par France 2, Happytal indique que seulement « 0,6 % des dossiers » donneraient lieu à une réclamation.

    Une hausse des remboursements de chambres seules et du prix de la nuitée

    Conséquence : les complémentaires ont observé une hausse des remboursements de chambres seules. Elles ont aussi relevé une augmentation du prix de la nuitée, une hausse qui serait suggérée aux directions des établissements par Happytal : la carte-cadeau incluse dans le tarif de la chambre particulière « aide à mieux justifier le tarif de la chambre particulière », indique un document de négociation dont le Monde a pris connaissance. Le problème est, qu’au final, c’est le reste à charge des patients qui augmente. « Si la carte n’est pas utilisée, le prix de la chambre ne diminue pas pour autant », complète le journal.

  • RG2A

    Référentiel général d’accessibilité pour les administrations

  • Cardiologie : Archeon lance Eolife, dispositif d’aide à la ventilation doté d’IA

    La société bisontine Archeon lance Eolife, dispositif d’aide à la ventilation pour la réanimation cardiaque. Selon le communiqué daté du 19 septembre 2019, l’intelligence artificielle (IA) intégrée à Eolife permet d’éviter le risque d’hyperventilation, en indiquant le juste volume d’air à administrer aux victimes d’arrêts cardiaques et la fréquence de ventilation optimale. Archeon vise la commercialisation de son dispositif en juin 2020, après tests en laboratoire et obtention du marquage CE.

    La société estime que dans 80 % des cas les secouristes chargés de la réanimation administrent beaucoup trop d’air aux victimes avec « de très lourdes conséquences pour l’organisme » : réduction de l’efficacité du massage cardiaque, lésions et infections pulmonaires, barotraumatismes, pneumonie, séquelles neurologiques. Cette hyperventilation « impacte les chances de survie dans 70 % des cas », complète-t-elle, expliquant en partie que « le taux de survie résultant d’une tentative de réanimation reste inférieur à 5 % » et que l’arrêt cardiaque « demeure aujourd’hui la première cause de mortalité dans le monde ».

    Eolife interprète par IA les variables de la ventilation prodiguée aux patients, en fonction de leur profil, de leur poids et de leur état, ainsi que du type de réanimation effectuée (invasive ou non) : il donne aux secouristes « un retour sonore et visuel ». Selon des tests réalisés auprès de médecins urgentistes, d’anesthésistes et d’ambulanciers, notamment au sein de la Croix-Rouge française et de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, Eolife permettrait de passer de 15 % à 90 % de ventilation adéquate en conditions expérimentales.

  • Capeb

    Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment

  • Loi Grand âge : la filière Silver éco encourage le développement de solutions technos à domicile

    Soutenir le développement de solutions technologiques à domicile, en révisant la liste des prestations permettant de bénéficier d’un crédit d’impôt, ou la liste des produits/prestations remboursables par la sécurité sociale ou la liste des solutions de la CNSA, fait partie des 16 propositions émises par la filière Silver économie dans un rapport portant sur l’adaptation des logements pour les seniors. Ces dernières ont été présentées lors d’un point presse organisé le 19 septembre 2019 à Paris.

    À quelques mois du dépôt du projet de loi « Grand âge et autonomie » et après avoir exposé en juin des suggestions pour développer l’usage du numérique au service des personnes âgées (rapport Jean-Pierre Aquino-Marc Bourquin), la filière a décidé d’alimenter le débat public en présentant ses idées pour relancer une véritable politique d’adaptation des logements au vieillissement.

    À l’issue du Conseil national de la Silver économie qui venait de se tenir à l’Assemblée nationale, Luc Broussy, président de la filière, Patrick Liébus, président de la Capeb, Laure de la Bretèche, directrice déléguée à la Solidarité à la Caisse des dépôts, et les auteurs du rapport, Jean-Philippe Arnoux, directeur silver économie à Saint-Gobain, et Hervé Meunier, directeur général du service de téléassistance Filien ADMR, ont souligné qu’ils souhaitaient :
    • encourager et financer le plus en amont possible l’adaptation du logement des propriétaires-occupants ;
    • mobiliser les professionnels et artisans du bâtiment pour que les adaptations soient réalisées dans un double souci d’efficacité et d’éthique ;
    • harmoniser les efforts des bailleurs sociaux en les encourageant à mener des stratégies concertées entre eux.

    Le rapport sera présenté très prochainement à la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn et au ministre auprès de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales Julien Denormandie (chargé de la Ville et du Logement), afin d’encourager la transversalité entre les deux ministères.

    Contexte : la sécurisation et la facilitation du lien social parmi les priorités

    La France compte 28 millions de logements, avec la construction et donc leur renouvellement à hauteur de 1,4 % du parc par an, et, par ailleurs, un accroissement important des plus de 80 ans (+ 3 millions en 20 ans).

    Les chutes à domicile à l’origine de 12 000 décès par an

    Les logements devront donc être adaptés au bien vivre à domicile, tant en termes de sécurisation (notamment pour la prévention des chutes, qui causent le décès de 12 000 personnes par an) qu’en termes de facilitation du lien social.

    À noter par ailleurs que le domicile est aussi un lieu de travail pour les aides à domicile, qui ont un taux d’accident du travail important (+2 par rapport à la moyenne nationale).

    Les 16 propositions de la filière Silver économie

    Le rapport, en contribuant à la réflexion sur le grand âge et le vieillissement, comporte les 16 propositions suivantes autour de l’adaptation du domicile, creuset des difficultés et des enjeux :

    • 1. créer un guide de bonnes pratiques du logement adapté et diffusé à grande échelle : l’Agence nationale de l’habitat – Anah (qui avait déjà publié « Mon chez-moi avance avec moi »), la Cnav et l’Agirc-Arrco pourraient élaborer un guide et le diffuser plus massivement ;
    • 2. mettre en place un diagnostic habitat-mobilité à partir de 65-70 ans : avec l’aide d’un ergothérapeute, qui étudiera les aménagements à réaliser ;
    • 3. créer une Commission annuelle des bailleurs sociaux dédiée à l’adaptation du parc social au vieillissement des locataires, afin de donner une impulsion commune à tous les acteurs (Anah, CNSA, opérateurs locaux) et généraliser les bonnes pratiques ;
    • 4. impliquer les professionnels de l’immobilier avec la création d’une « étiquette Adaptabilité » afin de porter à la connaissance des personnes les points d’amélioration ou les points bloquants pour permettre leur maintien à domicile ;
    • 5. insérer un volet éthique dans le parcours de formation des professionnels de la construction et de l’aménagement ;
    • 6. punir durement les abus de confiance envers les personnes âgées et doubler le délai de rétractation ;
    • 7. informer clairement les usagers de leurs droits et recours ;
    • 8. créer un label RG2A permettant d’identifier les artisans spécialisés afin d’orienter les personnes vers des professionnels (artisans, architectes…) impliqués dans l’adaptation des logements ;
    • 9. mettre en place un processus vertueux grâce à une évaluation par une ergotherapeute et une réalisation par une entreprise agréée ;
    • 10. refondre le texte du crédit d’impôt pour qu’il ne soit plus basé sur les GIR 5 et 6 ;
    • 11. promouvoir une triple conditionnalité de l’accès au financement : être âgé de plus de 65 ans, intervention d’un ergothérapeute et appel à un professionnel labélisé ;
    • 12. créer une prime incitative à l’anticipation des travaux d’adaptation basiques (salle de bains, sols…) pour favoriser l’adaptation préventive des logements ;
    • 13. soutenir les personnes et sécuriser les artisans en généralisant le tiers payant ;
    • 14. soutenir le développement de solutions technologiques à domicile, en révisant la liste des prestations permettant de bénéficier d’un crédit d’impôt, ou la liste des produits ou prestations remboursables par la sécurité sociale ou la liste des solutions de la CNSA ;
    • 15. équiper tous les logement collectifs hébergeant des personnes âgées ;
    • 16. mettre l’adaptation du logement au cœur de l’aide à domicile, en repérant les situations de fragilité afin d’anticiper les adaptations nécessaires.

    Ces dispositifs pourront s’appliquer aux résidences seniors, aux habitats intergénérationnels et aux logement d’accueil familial.

  • Orpea prend 28 % d’Exelus pour déployer l’outil de télémédecine Nomadeec dans ses 354 établissements

    Le groupe Orpea, spécialiste de la prise en charge de la dépendance, annonce une prise de participation de 28 % dans la société Exelus et le déploiement dans ses établissements de la solution de télémédecine Nomadeec développée par la start-up bordelaise. Ce partenariat vise à « adapter la télémédecine aux attentes spécifiques des établissements de soins, maisons de retraites, cliniques de soins de suite et psychiatriques », précise Orpea dans un communiqué daté du 19 septembre 2019. Après cette prise de participation de 3 millions d’euros, le groupe déclare vouloir rester minoritaire « afin de permettre le déploiement de cette solution auprès de l’ensemble des acteurs du secteur ». 

    « Notre ambition est de déployer Nomadeec dans l’ensemble de nos 354 établissements français d’ici 2022 », déclare Jean-Claude Brdenk, directeur général délégué d’Orpea chargé de l’exploitation, soulignant la « grande simplicité d’utilisation [de l’outil,] permettant d’inscrire la télémédecine dans la pratique quotidienne du soin en établissement ». Nomadeec, estime-t-il, « facilite l’expertise médicale au chevet du patient à tout moment, en complément de la venue de médecins » sur place.

    Le groupe relève par ailleurs que Nomadeec « permet d’éviter aux résidents des hospitalisations et déplacements inutiles[, ]tout en facilitant le quotidien des équipes soignantes »: 20 centres de télé-régulation Samu en sont déjà équipés ainsi que les CHU de plusieurs grandes villes.

    Exelus souligne pour sa part dans un communiqué daté du même jour que cette seconde augmentation de capital devrait « assoir le leadership » de Nomadeec en France mais aussi lui permettre de « conquérir des marchés européens et africains » et de « poursuivre des avancées en matière de R&D » sur des projets de réalité mixte et d’IA.

  • Téléconsultation : « le gouvernement n’écoute pas le terrain » (Dr Claude Bronner-FMF)

    « La téléconsultation permet de débuguer certains problèmes (…) mais il faut organiser un relai physique local pour réellement combattre les déserts [médicaux], estime le Dr Claude Bronner, médecin retraité actif (URPS ML Grand Est), vice-président de la Fédération des médecins de France (FMF). C’est d’ailleurs l’un des principes mentionnés dans l’avenant conventionnel : il faut une organisation territoriale des soins. »

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, le Dr Claude Bronner partage son expérience de la téléconsultation dans l’exercice de son métier, convaincu de l’intérêt de cet acte, remboursé par l’Assurance maladie depuis septembre 2018. Il observe une certaine réticence de la part de ses confrères médecins vis-à-vis de la consultation par vidéo, contrairement aux patients, estimant que la réussite du développement de la pratique repose sur l’amélioration de la coordination entre les soignants.

    En désaccord assumé avec la politique menée par le gouvernement en matière de transformation du système de santé, il estime que le gouvernement a fixé son objectif de 1,3 million de téléconsultations remboursés d’ici à 2021 « sur des illusions » (60 000 actes remboursés ont été comptabilisé par la Cnam entre septembre 2018 et septembre 2019). « Cela montre que les politiques n’ont rien compris au sujet, qu’ils n’écoutent pas le terrain« , commente-t-il. Selon lui, le problème organisationnel au niveau des instances publiques est tel « qu’il n’y a pas de vraie prise de décision sur les sujets qui comptent« .

    Téléconsultation : « Il s’agit d’un changement de paradigme majeur »

    La Cnam a comptabilisé 60 000 actes de téléconsultation remboursés depuis septembre 2018 alors que le PLFSS 2018 visait 500 000 actes dès 2019. Êtes-vous surpris ?

    Dr Claude Bronner : Non. C’est tout à fait normal. Il s’agit d’un changement de paradigme majeur.

    Le problème c’est que les ambitions du gouvernement ne collent pas avec la réalité. Il a fixé son objectif (NDLR : 1,3 million d’actes remboursés d’ici à 2021) sur des illusions. C’est stupide ! Cela montre que les politiques n’ont rien compris au sujet, qu’ils n’écoutent pas le terrain.

    Regardez un exemple comme Qare. Ils ont bien négocié avec les entreprises, avec une offre de prise en charge par téléconsultation. Le remboursement n’est pas le souci, c’est l’entreprise qui paye ou la Sécurité sociale si elle veut bien. Pourtant ça pose problème parce que que les patients qui utilisent la plateforme ne sont pas suivis par un seul médecin mais par des praticiens différents, selon la disponibilité des uns et des autres. Cela n’a pas de sens. La téléconsultation doit se pratiquer avec un médecin traitant, qui connaît bien le patient, ou ponctuellement avec un autre praticien si le médecin habituel n’est pas disponible. Si vous enlevez le principe du médecin traitant, vous déstabilisez tout le système.

    Les politiques, tout là-haut, ont dû mal avec ça. La réalité les ramène vers le bon chemin.

    Partagez-vous l’avis des acteurs qui estiment que la téléconsultation risque d’accentuer les inégalités d’accès aux soins (existence par exemple de zones blanches, avec une mauvaise connexion internet voire pas du tout) ?

    Tout d’abord, ceux qui disent que la téléconsultation va permettre de lutter contre les déserts médicaux n’ont rien compris. Quand on parle de désert médical, cela signifie que lorsque quelqu’un doit consulter un médecin, il n’en trouve pas : ces personnes-là ont besoin d’un praticien sur place, en physique.

    La téléconsultation permet de débuguer certains problèmes, certes, mais il faut organiser un relai physique local pour réellement combattre les déserts. C’est d’ailleurs l’un des principes mentionnés dans l’avenant conventionnel : il faut une organisation territoriale des soins. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs.

    Dans le bilan communiqué par la Cnam, on remarque que ce sont surtout les jeunes qui ont pour l’instant pratiqué la téléconsultation. Faites-vous le même constat sur le terrain ?

    C’est aussi parce que les médecins sont moins enclins à proposer l’acte à des personnes âgées parce qu’ils pensent qu’ils vont être moins intéressés que les plus jeunes. Or, en pratique, quand on propose des sessions de téléconsultation à des seniors, que l’on en discute avec la famille, cela ne pose pas de problème.

    « Les médecins n’y croient pas »

    Ressentez-vous une bonne adhésion de vos confrères médecins à la téléconsultation ou au contraire une réticence ?

    Les médecins n’y croient pas. Je peux comprendre. L’acte implique un changement de méthode de travail et pose des questions sur la possibilité réelle d’un acte valide, par exemple du point de vue de la qualité de l’examen réalisé.

    De votre côté, en revanche, vous y semblez plutôt favorable. Recourez-vous souvent à l’acte ?

    Je suis médecin retraité actif donc je ne pratique plus autant qu’avant. Sur les 10 à 20 actes que je réalise par semaine, environ 10 % sont effectués par téléconsultation. Et cette proportion tend à augmenter.

    J’utilise la plateforme Telemedica, qui permet de réaliser des téléconsultation mais aussi de transmettre des ordonnances, de bien travailler en somme. Si j’ai un problème, je propose aux patients de les appeler via Whatsapp ou Facetime. Et cela fonctionne très bien.

    Vous arrivent-ils que vos patients refusent de pratiquer une téléconsultation ?

    Non parce qu’ils ont confiance. Il peut éventuellement y avoir une objection d’ordre technique mais dans l’idée ils sont d’accord.

    En résumé, pour que la téléconsultation se généralise, il faut le soutien des médecins en premier lieu.

    Oui, c’est notre rôle de faire la proposition. Et des infirmiers !

    L’un des aspects dont on parle peu, c’est l’élargissement du champs des missions des infirmiers. L’avenant n°6 à la convention infirmière valorise à partir du 1er janvier 2020 l’acte d’accompagnement du patient à la téléconsultation en lien avec le médecin (de 10 à 15 euros, selon que l’acte est réalisé lors d’un soin infirmier déjà prévu ou de manière spécifique à domicile ou dans un lieu dédié au téléconsultation). Ce n’est pas rien.

    C’est avec ce genre de pratiques que l’on va parvenir à mettre en place une vraie organisation des soins.

    Feuille de route du numérique en santé : « du délire total »

    Vous évoquez l’avenant n°6. De manière plus globale en matière d’actions gouvernementales, que pensez-vous de la feuille de route du numérique en santé présentée en avril ?

    C’est du délire total. Le DMP, par exemple, devait être généralisé en 2007 ! Aujourd’hui, on n’a même pas encore intégré le carnet de vaccination au dispositif alors que c’est un élément essentiel (NDLR : il est prévu qu’il soit ajouté au DMP au cours du 1er semestre 2020).

    Quant à la télésurveillance, cela va mettre beaucoup plus de temps à se mettre en place qu’ils ne le pensent. L’essentiel a été oublié dans les faits. Il faut surtout, selon moi, faire un maximum pour améliorer la coordination entre les soignants.

    Il y a tout de même des actions semblant montrer que le gouvernement cherche à prendre le pouls sur le terrain, comme le Tour de France de la e-santé, lancé à Lille en septembre.

    Pour moi, l’Asip Santé (qui organise le tour) aurait dû être supprimée depuis longtemps. Une partie des rôles attribués dans le domaine de la santé est beaucoup trop hiérarchisée. 36 000 bureaux s’occupent du même sujet, ce qui fait qu’on n’avance pas, que rien ne fonctionne.

    La Cnam est la seule instance avec laquelle on peut travailler parce qu’elle est sur le terrain, même si parfois ce n’est pas facile.

    Il y a un problème organisationnel au niveau administratif. Si bien qu’il n’y a pas de vraie prise de décision sur les sujets qui comptent. Quand je vois par exemple tout l’argent qui a été dépensé pour les TSN, et tout ça pour rien, j’en ai les larmes aux yeux.