Articles

  • AP-HP : partenariat d’innovation pour automatiser le codage des diagnostics de séjours courts via IA

    L’AP-HP s’engage dans un partenariat d’innovation afin de parvenir à l’automatisation du codage des diagnostics de séjours courts (zéro, une ou deux nuits, hors séances) de médecin, chirurgie et obstétrique (MCP) sur le base des documents médicaux produits par les professionnels à l’occasion de ces séjours.

    L’idée est d’utiliser un système basé sur intelligence artificielle (IA) pour réduire le travail de codage nécessaire dans le cadre de ces séjours et « libérer des ressources humaines qui pourront notamment se concentrer sur les séjours longs au codage plus complexe », explique l’AP-HP dans un communiqué publié le 12 septembre 2019. Améliorer la qualité des données du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) pourrait avoir un impact positif sur la recherche biomédicale et le pilotage des organisations de soins, estime l’établissement.

    La démarche concerne 600 000 séjours (en 2018), soit 43 % de l’activité « séjours » de l’AP-HP.

    Pour concevoir une solution adaptée, l’AP-HP recherche des entreprises spécialisées en IA afin de l’épauler. Un appel à candidatures (AAC) va être lancé au cours du mois pour sélectionner ces sociétés partenaires :
    • le démarrage de la recherche et développement avec les lauréats de l’AAC est programmé pour janvier 2020 ;
    • 3 phases de développement sont ensuite prévues jusqu’à fin 2021, pour un objectif d’acquisition finale et de mise en place de la solution en 2022-2023.
    La procédure sera pilotée par le pôle d’intérêt commun Achat de l’AP-HP.

    Partenariat d’innovation : des collaborations encadrées entre acheteurs publics et opérateurs économiques

    Le partenariat d’innovation, prévu à l’article L. 2127-3 du code de la commande publique, « a pour objectif de faciliter la passation de marchés publics à visée innovante et d’aider les acheteurs publics à faire une meilleure utilisation stratégique de leurs marchés pour stimuler l’innovation », synthétise le ministère de l’Économie (site web). Son but est de développer des collaborations encadrées entre les acheteurs publics et des opérateurs économiques sur des projets à élaborer.

    Dans le contexte présent, il permet de structurer le projet d’automatisation du codage des séjours courts en travaillant sur plusieurs phases avec divers partenaires sélectionnées afin de développer à terme la solution la plus adaptée possible.

    « Il s’agit d’une véritable démarche de recherche et développement »

    « Il s’agit d’une véritable démarche de recherche et développement, car les produits informatiques existant actuellement ne sont pas encore adaptés à l’objectif de qualité du codage de ces séjours », commente l’AP-HP.

    Dans le cadre de ce partenariat :

    • les entreprises retenues à l’issue de l’appel à candidatures apporteront leur savoir-faire dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) ;
    • l’AP-HP mettra à disposition son entrepôt de données de santé, le plus grand disponible actuellement en France, et l’expertise de ses équipes d’information médicale.

    Les partenaires collaboreront en ces termes pour concevoir la meilleure solution possible de codage automatisé des diagnostics de séjours courts.

  • France Digitale Day : Doctolib, Alan et Bioserenity sélectionnés au sein de l’indice Next40

    « Le secteur médical est très régulé, il y a beaucoup de contraintes, on est en train de les lever une à une. » C’est ce qu’a déclaré le président de la République Emmanuel Macron lors de l’ouverture du France Digital Day le 17 septembre 2019 à l’Élysée, en présence de nombreux dirigeants de société technologiques. « Chaque année, au moins une fois par an, je réunis les administrations et les acteurs des dispositifs médicaux et du médicament pour lever les contraintes, accélérer les délais« , a-t-il rappelé.

    Au cours de la soirée, le chef de l’État a présenté la première édition du Next40, cet indice annoncé par Mounir Mahjoubi en janvier 2019 : il réunit les 40 start-ups françaises jugées les plus prometteuses par un jury présidé par Céline Lazorthes, la fondatrice de Leetchi. Inspiré du rapport remis en juillet par Philippe Tibi, l’exécutif promet pour ces sociétés « un accompagnement sur mesure de l’État », avec l’ambition d’avoir « au moins 25 licornes en 2025 ».

    L’indice Next40 compte 3 sociétés issues du secteur de la e-santé :

    • Doctolib, plateforme de télémédecine ;
    • Alan, compagnie d’assurance santé numérique ;
    • Bioserenity, société spécialiste des dispositifs médicaux connectés.

    Le secrétaire d’État au Numérique Cédric O annonce par ailleurs que les investisseurs institutionnels français investiront « dans les mois à venir » 5 milliards d’euros afin de « structurer à Paris un écosystème complet de financement pour les start-ups » (source : Les Échos, 18 septembre). Selon lui, ces fonds « vont permettre de faire levier sur des financements internationaux qui attendent une masse critique de financements locaux pour investir dans les gros fonds français ». De plus, grâce à eux, « les investisseurs institutionnels français vont se familiariser avec cette classe d’actifs [et] des équipes spécialisées s’implanteront à Paris », ajoute-t-il.

  • Étude : 1ère chirurgie cardiaque à distance grâce à un robot (EClinicalMedicine)

    C’est une première mondiale. Un chirurgien indien a réalisé la toute première angioplastie coronaire à distance par voie robotique. Le robot CorPath GRX System de la société Corindus Vascular Robotics a été testé sur 5 patients qui se trouvaient à une trentaine de kilomètres du chirurgien. Aucune complication ni effet indésirable n’a été enregistré, comme en témoigne l’étude* publiée le 3 septembre 2019 dans la revue EClinicalMedicine du groupe The Lancet. Dans le futur, ces chirurgies robotisées à distance pourraient faciliter l’accès aux soins dans les pays en développement.

    L’inégal accès aux soins cardiovasculaires

    Le taux de mortalité des maladies cardiovasculaires s’est stabilisé mais seulement dans les pays développés. Dans les pays pauvres, le fardeau reste très lourd. Plus des trois quarts des décès liés aux maladies cardiovasculaires interviennent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

    Lorsque les artères sont obstruées par des plaques d’athérome, l’angioplastie coronaire percutanée (ICP) constitue le soin de référence : un ballonnet est positionné dans l’artère au niveau du rétrécissement ou de l’occlusion puis gonflé pour dilater la sténose et écraser la plaque d’athérome afin d’obtenir un flot normal dans l’artère coronaire. Ensuite, un stent, une sorte de mini-ressort, qui empêche l’artère de se reboucher, est posé. Cependant, la disponibilité des hôpitaux dotés d’installations de cathétérisme cardiaque et d’intervenants qualifiés est extrêmement limitée dans les zones reculées et sous-développées.

    En conséquence, très peu de patients reçoivent un traitement.

    Le chirurgien à 30 km de son patient

    Cette intervention, assistée par robot, est pratiquée avec succès aux États-Unis depuis 2011. En 2019, la clinique Pasteur de Toulouse a réalisé la toute première opération de ce type en Europe.

    Un chirurgien indien de renom a souhaité évaluer la faisabilité de l’angioplastie coronaire percutanée par télémédecine. 5 patients atteints de lésions coronariennes ont été inclus dans une étude unicentrique, à un bras, menée à l’Apex Heart Institute à Ahmedabad, en Inde. Les patients se trouvaient à environ 32 kilomètres du lieu où était le Dr Patel, installé dans le temple Swaminarayan Akshardham à Gandhinagar, dans le Gujarat, en Inde. Son partenaire, le Dr Sanjay Shah, était sur place dans la chambre avec chaque patient de l’Institut de cardiologie Apex.

    La plate-forme CorPath de la société Corindus est le premier dispositif médical autorisé par la FDA dans les procédures coronariennes et vasculaires percutanées. Il comprend l’unité de chevet et un poste de travail robotique. L’unité de chevet est connectée via des câbles au poste de travail de contrôle robotique local situé dans le laboratoire de cathétérisme cardiaque, à plusieurs mètres du patient. Pour cette étude, un deuxième poste de travail de contrôle robotique identique et distant a été placé à 20 miles dans un complexe culturel et religieux doté d’une infrastructure de technologie de l’information et de réseaux moderne de haute qualité.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 3 septembre 2019 dans la revue EClinicalMedicine du groupe The Lancet.

    Résultats : une robotisation sans effet secondaire

    Le critère d’évaluation principal était le succès de la procédure sans événement cardiaque indésirable majeur et sans passage en mode manuel.

    • L’intervention robotisée à distance a été réussie dans 100 % des cas.
    • 24 heures après la procédure, les 5 patients n’avaient connu aucun événement cardiaque indésirable majeur.
    • La surveillance électrocardiographique continue du rythme cardiaque après la procédure à la sortie n’a révélé aucun signe d’arythmie chez aucun patient.
    • L’évaluation par l’opérateur du temps de réponse, le contrôle du périphérique et la capacité de communiquer avec l’équipe locale du laboratoire ont tous été évalués comme étant satisfaisants ou extrêmement satisfaisants.

    Une réussite qui dépend de la connectivité

    « Je suis honoré d’avoir participé à cette étape médicale », commente le Dr Patel. « L’application de la télérobotique pour le traitement à distance peut avoir un impact sur un nombre important de vies en offrant un accès à des soins spécialisés qui ne seraient peut-être pas possibles autrement, ajoute-t-il. Les procédures à distance ont le potentiel de transformer la manière dont nous prodiguons des soins lorsque nous traitons les maladies les plus sensibles au facteur temps, telles que les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux. »

    Ces procédures robotiques à distance n’en sont cependant encore qu’aux premiers stades de développement. Et cette étude de faisabilité, bien que positive, ne portait que sur 5 patients. Par ailleurs, le succès de ce type d’intervention en télémédecine repose sur une connectivité fiable et un système de télécommunication audiovisuel avancé entre les stations de travail de contrôle robotique locales et distantes. Or, dans les pays en développement, ces conditions sont loin d’être toujours réunies.

  • DATA – Stratégie e-santé de l’Australie

    L’Australie a adopté une stratégie nationale e-santé pour 2018-2022. L’Agence de la santé numérique du pays (Australian Digital Health Agency), créée en 2016 par les gouvernements territoriaux et étatiques de l’Australie, mène cette feuille de route. En Australie, les progrès en matière de e-santé ont souvent été réalisés en silo, notamment du fait de la complexité de la gouvernance et du financement du système de santé. L’objectif pour 2022 est de s’appuyer sur le numérique pour harmoniser et intégrer le système de santé au niveau national.

    Les directions stratégiques pour 2022 ont été définies selon les principes suivants : 
    • mettre l’utilisateur au centre ;
    • garantir l’intimité et la sécurité ;
    • favoriser la collaboration agile ;
    • animer une culture de sécurité et de qualité ;
    • améliorer l’équité de l’accès ;
    • s’appuyer sur les atouts et capacités existants ;
    • utiliser l’argent des contribuables de façon judicieuse.

    Elles s’organisent autour de 4 thèmes : 
    • aider à la décision et proposer des solutions ;
    • aider tous les professionnels de santé à mieux comprendre le patient et, ensemble, prodiguer des soins de manière sécurisée et personnalisée ;
    • créer un environnement où le patient et son soignant peuvent bénéficier de technologies innovantes ;
    • préserver la confiance et protéger les droits.

    Le dossier patient national, My Health Record, est placé au cœur de la stratégie australienne. Le patient et tous ses professionnels de santé y ont accès. My Health Record remplace le Personally Controlled Electronic Health Record (PCEHR) lancé en 2012. L’utilisation du PCEHR par les professionnels a été freinée par la méfiance des professionnels de santé envers les systèmes informatiques (SI), l’absence d’une intégration complète avec les SI cliniques, le manque d’information clinique utile, des préoccupations sur la sécurité et la faible adoption du PCEHR par les patients. Une enquête lancée par ministre de la Santé fédéral en 2014 sur les difficultés rencontrées par le PCEHR et les moyens d’y résoudre a recommandé le changement du modèle d’inscription pour un modèle de désinscription ainsi que le changement de nom du dossier patient et de la gouvernance (ce qui a conduit à la création de l’Australian Digital Health Agency) mais aussi de se concentrer sur les informations cliniques significatives et de renforcer la transparence autour de la sécurité.

    Le tableau présentant la stratégie e-santé de l’Australie est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien.

  • Stratégie e-santé de l’Australie

    L’Australie a adopté une stratégie nationale e-santé pour 2018-2022. L’Agence de la santé numérique du pays (Australian Digital Health Agency), créée en 2016 par les gouvernements territoriaux et étatiques de l’Australie, mène cette feuille de route. En Australie, les progrès en matière de e-santé ont souvent été réalisés en silo, notamment du fait de la complexité de la gouvernance et du financement du système de santé. L’objectif pour 2022 est de s’appuyer sur le numérique pour harmoniser et intégrer le système de santé au niveau national.

    Les directions stratégiques pour 2022 ont été définies selon les principes suivants :
    • mettre l’utilisateur au centre ;• garantir l’intimité et la sécurité ;
    • favoriser la collaboration agile ;
    • animer une culture de sécurité et de qualité ;
    • améliorer l’équité de l’accès ;
    • s’appuyer sur les atouts et capacités existants ;
    • utiliser l’argent des contribuables de façon judicieuse.

    Elles s’organisent autour de 4 thèmes :
    • aider à la décision et proposer des solutions ;
    • aider tous les professionnels de santé à mieux comprendre le patient et, ensemble, prodiguer des soins de manière sécurisée et personnalisée ;
    • créer un environnement où le patient et son soignant peuvent bénéficier de technologies innovantes ;
    • préserver la confiance et protéger les droits.

    Le dossier patient national, My Health Record, est placé au cœur de la stratégie australienne. Le patient et tous ses professionnels de santé y ont accès. My Health Record remplace le Personally Controlled Electronic Health Record (PCEHR) lancé en 2012. L’utilisation du PCEHR par les professionnels a été freinée par la méfiance des professionnels de santé envers les systèmes informatiques (SI), l’absence d’une intégration complète avec les SI cliniques, le manque d’information clinique utile, des préoccupations sur la sécurité et la faible adoption du PCEHR par les patients. Une enquête lancée par ministre de la Santé fédéral en 2014 sur les difficultés rencontrées par le PCEHR et les moyens d’y résoudre a recommandé le changement du modèle d’inscription pour un modèle de désinscription ainsi que le changement de nom du dossier patient et de la gouvernance (ce qui a conduit à la création de l’Australian Digital Health Agency) mais aussi de se concentrer sur les informations cliniques significatives et de renforcer la transparence autour de la sécurité.

  • Tic Meeting Santé : « l’IA en santé : pour quels usages ? », le 26/09/2019 à Bordeaux

    « L’intelligence artificielle (IA) est actuellement partout en santé comme ailleurs. Mais entre fantasmes et réalités : Où en est-on ? Qu’entend on par intelligence artificielle ? Quelles en sont les applications en santé ? Quels en sont les usages ? » Ces interrogations rythmeront les échanges du Tic Santé Meeting organisé le 26 septembre 2019 à partir de 18 heures à Bordeaux par Tic Santé Nouvelle-Aquitaine.

    Les inscriptions pour participer à l’événement, gratuites mais obligatoires, doivent être réalisées par le biais d’un formulaire en ligne, accessible via ce lien.

    Programme :

    • 18h00 : accueil

    • 18h30 : mot d’accueil

    • 18h45 : Qu’entend-on aujourd’hui par « intelligence artificielle » dans le domaine de la santé ? Quelles applications, quelles thématiques, quelles évolutions ?

      • Dr Béatrice Falise-Mirat, de Health and Tech Intelligence (Care Insight)

    • 19h15 : La médecine orientée par les données :

      • Thierry Colin, PhD, VP imaging applications à Sophia Genetics
    • 19h30 : Quels usages, quelles enjeux ?

      • retour d’expérience du Pr Stéphane Lafitte, professeur de cardiologie au CHU de Bordeaux, aux cotés de Bertrand Moal, P.-D.G. de la start-up Deski (IA et imagerie médicale) ;
      • notion de confiance autour de l’IA par le Dr Jean-Arthur Micoulaud-Franchi, MCU PH en physiologie au CHU de Bordeaux/Sanpsy.
  • La start-up française Keranova lève 24 M€ pour robotiser l’opération de la cataracte

    La société stéphanoise Keranova, spécialiste des équipements d’ophtalmologie chirurgicale, annonce avoir levé 24 millions d’euros à l’initiative de ses actionnaires de longue date, Mérieux Equity Partners et Supernova Invest, avec la participation de nouveaux partenaires comme la Financière Arbevel et Tourrette Investissement. Selon le communiqué daté du 10 septembre 2019, les fonds permettront à la start-up d’accélérer le développement de ses outils : Keranova espère notamment d’obtenir le marquage CE et l’homologation FDA pour sa solution de robotisation de l’opération de la cataracte. Cette intervention chirurgicale est la plus fréquemment pratiquée dans le monde avec plus de 25 millions de patients opérés par an (chiffres du communiqué).

    Le laser ultra-rapide robotisé développé par Keranova permet d’automatiser des procédures traditionnellement réalisées manuellement : il traite actuellement les patients atteints de cataracte et pourrait à l’avenir s’attaquer à la myopie et à l’astigmatisme. Ce robot chirurgical sera présenté à Paris lors du congrès de l’ESCRS (Société européenne de chirurgie réfractive et cataracte), organisé à Paris jusqu’au 18 septembre. Le fabricant vise une commercialisation de la solution vers la fin de l’année 2021.

    Depuis sa création en 2015, Keranova a levé 4 millions d’euros lors d’un premier tour de table, auquel Bpifrance a ajouté 1 million d’euros. Le premier prototype clinique, protégé par 11 familles de brevets, a traité avec succès ses premiers patients en décembre 2018.

  • 88 % des PS français ouverts aux usages de l’IA dans des domaines spécifiques (Future Health Index)

    54 % des professionnels de santé (PS) français utilisent l’intelligence artificielle (IA) dans leur établissement ou lieu d’exercice, contre 46 % au niveau mondial (31 % aux États-Unis, 41 % en Allemagne et 88 % en Chine) : la France se place ainsi en 5e position. C’est l’un des éléments clés qui ressort du Future Health Index (FHI) 2019, une étude sur l’usage du numérique en santé au niveau international commandée par Philips.

    Par ailleurs, 88 % des PS exerçant en France se disent favorables à l’utilisation de l’IA dans certains domaines spécifiques. Dans le détail : 73 % des professionnels de santé français ont confiance dans l’usage de l’IA pour le signalement d’anomalies, contre 38 % des professionnels allemands, 36 % des professionnels chinois et 22 % des professionnels américains. Ils sont 68 % à partager la même opinion pur la recommandation des traitements, 66 % pour le suivi des patients et 63 % pour le diagnostic.

    Autres informations centrales de l’étude côté français :
    • « seuls 23 % des professionnels de santé (…) indiquent que le lancement du dossier médical partagé (DMP) a eu des répercussions positives sur leurs pratiques alors que pour 51 %, cela n’a rien changé et que pour 13 %, cela aurait même eu des conséquences négatives », indique Philips dans un communiqué présentant le FHI publié le 16 septembre 2019 ;
    • l’usage par les Français des technologies numériques ou des applications mobiles de santé pour surveiller leurs indicateurs de santé (patients ou en bonne santé) « reste faible » ;
    les Français sont plus ouverts au partage de leurs données médicales avec des professionnels de santé lorsqu’ils ont eux-mêmes accès aux informations : 90 %, contre 68 % de ceux qui n’ont pas accès à leurs données.

    Les PS français sont plus nombreux à faire confiance dans l’IA qu’en Chine

    73 % des PS français ont confiance dans l’usage de l’IA pour le signalement des anomalies

    IA et santé en France : de nombreux partenariats menés par les industriels avec les établissements

    « Ce fort usage [de l’IA côté français] est certainement lié aux nombreux partenariats menés par les industriels avec les établissements de santé, commente David Corcos, président de Philips France (communiqué). À titre d’exemples, en juin [2019], nous avons signé un partenariat de recherche avec le CHU de Lille autour de nos algorithmes d’intelligence artificielle. Encore plus récemment, nous avons contractualisé, pour 10 ans, avec le CHU de Nancy afin de moderniser l’ensemble du système d’information d’imagerie en s’appuyant sur l’IA. D’autre part, il faut souligner que Philips consacre 60% de son effort en R&D à l’informatique de santé, à l’IA. »

    Des pôles d’excellence scientifiques en IA présents en France

    « Cette confiance des professionnels de santé français peut être expliquée par la présence en France de pôles d’excellence scientifiques en IA, qu’il s’agisse des pôles liés aux grandes écoles d’ingénieurs, aux facultés… mais également des pôles de recherche privés comme le Hub IA de Philips, intégré au sein de notre siège de Suresnes, analyse de son côté Nicolas Villain, directeur du Hub AI Paris Philips. Tous ensemble, nous participons à créer des connaissances – près de 10 % des dépôts de brevets mondiaux liés à l’IA en 2019 sont le fait de Philips – mais aussi une culture et une confiance propres à favoriser les usages de demain. »

    84 % des PS français partagent des données

    • 84 % des professionnels de santé français partagent des données au sein de leur établissement ou lieu d’exercice, contre 80 % pour l’ensemble des 15 pays étudiés, révèle le Future Health Index 2019 ;
    • ils ne sont que 45 % à le faire vers l’extérieur, contre 32 % pour la moyenne des pays étudiés, est-il précisé.

    Frein au partage des données : le manque d’interopérabilité cité par 61 % des PS

    Le problème de l’interopérabilité des systèmes dissuade les professionnels de santé français à généraliser le partage des données médicales de leurs patients, bien qu’ils soient plus nombreux à le faire que la moyenne de leurs confrères étrangers, note Philips.

    DMP : un bilan mitigé

    • 23 % des professionnels de santé français indiquent que le lancement du dossier médical partagé (DMP) a eu des répercussions positives sur leurs pratiques ;
    • pour 51 %, cela n’a rien changé ;
    • pour 13 %, cela aurait même eu des conséquences négatives.

    « Pourtant, ils sont 75 % à reconnaître que le DMP permet une meilleure coordination et continuité des soins et 65 % un meilleur suivi médical », complète Philips.

    Techno numériques et applis mobiles : un usage qui reste faible

    L’usage par les Français des technologies numériques ou des applications mobiles de santé pour surveiller leurs indicateurs de santé (patients ou en bonne santé) « reste faible », constatent les auteurs de l’étude :

    • 21 % les utilisent dans le cadre d’activités physiques, contre 29 % pour la moyenne des pays étudiés ;
    • 20 % pour surveiller leur poids, contre 25 % en moyenne ;
    • 15 % dans le cadre d’un suivi de traitement médical, contre 18 % en moyenne ;
    • 13 % pour suivre leur tension artérielle, contre 20 % en moyenne.

    « Ce faible usage est directement lié au taux de recommandation de ces technologies par les professionnels de santé », analysent les auteurs du FHI :

    • seuls 2/5e des professionnels de santé français ont déjà recommandé à leurs patients de surveiller des indicateurs clés tels que le poids (39 %) et la tension artérielle(44 %).

    Par ailleurs :

    • seuls 10 % des PS exerçant en France indiquent que la majorité de leurs patients partagent régulièrement leurs données de santé à l’aide de ces technologies numériques ou applications mobiles.

    « La France a un environnement propice pour réussir cette transformation numérique »

    « Cette nouvelle édition du FHI s’inscrit dans un contexte particulier : la transformation numérique de notre système de santé telle qu’elle est annoncée et décrite dans le plan Ma Santé 2022. Il est d’ailleurs intéressant de noter que si certains résultats semblent indiquer qu’il existe des marges de progression, je pense notamment au domaine de l’interopérabilité et du partage de données, d’autres résultats montrent clairement que la France a aujourd’hui un environnement propice pour réussir cette transformation numérique et même devenir l’un des leaders mondiaux dans différents domaines: l’IA, la télémédecine… », synthétise Frédéric Bouvier, directeur des activités systèmes de soins et solutions de Philips France.

  • Le Cercle P de Pfizer propose d’intégrer l’IA à l’Espace numérique de santé (manifeste)

    « La e-santé doit profiter à tous. » C’est le mot d’ordre lancé par le Cercle P à travers son manifeste en faveur de la e-santé. Le document a été présenté le 17 septembre 2019 à l’Open Mind Kfé à Paris, en présence du député LREM Julien Borowczyk. Le cercle de réflexion, créé en 2016 par le laboratoire pharmaceutique Pfizer, a mené fin 2018 une enquête auprès de 287 associations de patients et a élaboré à son issue 5 propositions, « en cohérence » avec les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) et « dans la continuité »  du plan gouvernemental Ma Santé 2022 :

    • « diffuser en mode « push » des messages personnalisés et ciblés de prévention à tous les publics (…) en fonction des données collectées » par l’Espace numérique de santé (ENS) grâce à l’intégration de l’intelligence artificielle à celui-ci : « l’association de l’ENS et de l’IA peut ainsi devenir un puissant outil d’éducation et de prévention en matière de santé en France », commentent les auteurs du manifeste ;

    • « mettre en place un « roaming » national » permettant à l’abonné d’un réseau d’utiliser en zone « grise » le réseau d’un autre opérateur afin de remédier à l’insuffisance de la couverture du réseau mobile dans les zones isolées dans le but de « garantir à tous l’accès à la e-santé »; 

    • « généraliser la formation sur la e-santé et les outils numériques dans les études médicales et la formation continue » afin de « réduire la perception négative qu’ont les médecins de l’impact des outils numériques sur la relation avec le patient » ;

    • « intégrer la composante e-santé dans le parcours de formation des patients experts », chargés d’accompagner les patients « vers les outils les plus adaptés » ;

    • « instaurer et financer un temps médical numérique des soignants (…) lors de la consultation médicale à proprement parler ou lors de sessions e-santé dédiées » pour leur permettre d’ »accompagner les patients vers les solutions et outils e-santé ».

  • Soins à domicile : Korian lance Oriane, une plateforme de suivi avec dossier patient partagé

    Korian, spécialiste de la gestion de la dépendance et des personnes âgées, lance Oriane, une plateforme numérique orientée vers les soins à domicile. Ce nouveau service s’appuie sur l’expertise du réseau Petits-fils, intégré à Korian en novembre 2018, précise le groupe dans un communiqué daté du 16 septembre 2019.   

    Oriane prévoit que, dans un premier temps, une infirmière se rende au domicile de la personne dépendante pour une première évaluation de son degré de dépendance, de sa mobilité et de l’ergonomie de son domicile, une évaluation de suivi étant prévue tous les 6 mois.

    Un conseiller santé, qui est également infirmier, assure ensuite à la personne dépendante un suivi médical individuel via un appel téléphonique hebdomadaire ou quinzomadaire, en lien avec les professionnels de santé qui suivent le patient. Ce conseiller tient à jour le dossier médical de ce dernier, constitué sur un espace sécurisé du site web, grâce aux comptes rendus des appels téléphoniques. Il signale également tout événement (chute, perte de facultés, perte ou gain de poids, changement d’humeur, etc.) au médecin généraliste ainsi qu’à la famille. 

    Les services proposés, accessibles via Oriane.fr, sont actuellement disponibles dans les zones couvertes par les agences Petits-fils situées à Paris, dans les Yvelines et dans les Hauts-de-Seine. Ils seront disponibles d’ici la fin de l’année 2019 dans toutes les villes desservies par le réseau Petits-fils au niveau national.

    Un dossier de santé partagé intégré

    L’abonnement à Oriane se fait via la plateforme numérique, développée avec la société Move in Med. Les familles peuvent s’assurer du bon fonctionnement des services via une application mobile.

    Le dossier regroupe toutes les données de santé du patient, les rapports d’évaluation et les rapport de suivi

    Oriane intègre également un dossier de santé partagé, ce qui constitue selon Korian « une première dans le secteur des soins à domicile ». Ce dossier rassemble toutes les données de santé de la personne dépendante, les rapports d’évaluation et les rapports de suivi réalisés par le conseiller santé ainsi que le calendrier des rendez-vous médicaux.

    Un accès à la plateforme possible à tout moment

    Les professionnels de santé qui suivent le patient peuvent accéder à tout moment à la plateforme sécurisée, échanger des informations et suivre son parcours en toute transparence.

    1 000 clients visés la première année

    « Notre ambition est de repenser les soins à domicile en facilitant la vie quotidienne des personnes en perte d’autonomie souhaitant rester chez elles, et celle de leurs familles, déclare Sophie Boissard, directrice générale du groupe Korian. Nous attendons 1 000 clients la première année. »