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  • Étude : redéfinir la maturité numérique en santé en prenant mieux en compte les besoins locaux (NHS)

    Des chercheurs chargés d’évaluer le programme Global Digital Exemplar (GDE) du NHS anglais (programme visant à diffuser le savoir et l’expérience des établissements du NHS ayant atteint une certaine maturité numérique) incitent à revenir sur la définition de la maturité numérique en santé.

    Selon ces experts, dont les travaux sont parus dans le numéro de septembre 2019 du Lancet Digital Health, la maturité numérique doit être reconceptualisée dans un contexte où :
    • les initiatives de digitalisation à grande échelle des systèmes de santé échouent souvent à répondre aux besoins des acteurs locaux ;
    • la définition de la maturité numérique n’a en fait jamais été arrêtée par des comités internationaux de spécialistes ;
    • les grilles d’évaluation de la maturité numérique actuellement disponibles sont partielles et comportent de nombreuses limites.

    Les auteurs encouragent les établissements de santé à promouvoir leur propre définition du concept dans leurs grilles d’évaluation et les équipes pilotes de larges campagnes de digitalisation à en prendre connaissance.

    Contexte de l’étude

    Il existe actuellement un consensus international concernant la nécessité d’une digitalisation des systèmes de santé : il est couramment admis que celle-ci permet d’améliorer à la fois la qualité, la sécurité et la rentabilité des soins administrés dans le monde. Ainsi, de nombreuses organisations tentent depuis plusieurs années de réaliser cette transformation numérique, et ce parfois à l’échelle de pays.

    Or, plusieurs études (telles qu’une première publiée dans The Lancet en 2014, intitulée Adoption of electronic health records in UK hospitals: lessons from the USA, et une seconde parue dans la même revue en 2016 sous le titre suivant : Six ways for governments to get value from health IT) ont montré que la plupart des initiatives de transformation digitale déployées à grande échelle peinent à répondre à la fois aux priorités nationales et aux besoins localement identifiés.

    Par exemple, au Royaume-Uni, dans le cadre du programme national pour les technologies de l’information (National programme for Information Technology, NPfIT), une expertise indépendante concernant la mise en œuvre d’une stratégie nationale d’approvisionnement a recommandé plus d’approches décentralisées pour l’acquisition de logiciels. Cette expertise a par ailleurs conduit au déblocage de 595 millions de livres sterling (670 M€) destinées au programme Global Digital Exemplar (GDE) du NHS England et à la création d’un réseau d’établissements ayant réalisé avec succès leur transformation digitale (c’est-à-dire ayant atteint une certaine maturité numérique) et désirant partager leur expérience. Il émerge des partages d’expérience que la prise en compte des spécificités locales doit en effet guider la transformation digitale. Mais vers quelle forme de maturité numérique ?

    La maturité numérique en santé, un objet difficile à conceptualiser

    Il n’existe pas encore aujourd’hui de consensus international sur la définition et la mesure de la maturité ou de l’excellence numériques en santé : il n’y a actuellement pas de critères fixes et clairs permettant de déterminer en quoi consiste une utilisation parfaitement effective et sécure des technologies de l’information en santé.

    Ce flou rend particulièrement difficile l’élaboration et le déploiement de programmes de transformation numérique des systèmes de santé : comment en identifier précisément les cibles en l’absence de recommandations internationales et dans un contexte marqué par l’émergence continue de nouvelles technologies ?

    Quelques échelles internationales de maturité numérique

    À l’échelle internationale, malgré l’absence de consensus, il semble que 3 grilles d’évaluation de la maturité numérique soient préférentiellement utilisées par les systèmes de santé :

    • le modèle d’adoption du dossier médical informatisé ou EMRAM (Electronic Medical Record Adoption Model) ;
    • le modèle d’adoption d’infrastructures informatiques ou INFRAM (Analytics Infrastructure Adoption Model) ;
    • le modèle de continuité des soins ou CCMM (Continuity of Care Maturity Model).

    Parmi ces 3 méthodologies d’évaluation complémentaires, c’est la première qui est la plus utilisée.

    Le modèle EMRAM de la HIMMS

    La grille d’évaluation la plus utilisée par les systèmes de santé dans le monde est en effet le Modèle d’adoption du dossier médical informatisé (EMRAM) de la Société des systèmes d’information de gestion et de soins de santé (Healthcare Information and Management Systems Society, HIMSS).

    Cette méthodologie propose de chiffrer la maturité digitale d’un établissement ou organisation de santé en attribuant à ce dernier un stade de développement numérique. Ces stades de développement sont au nombre de 7 : le stade 0 correspond à un organisme ayant à peine amorcé sa transformation digitale (données isolées, pas ou peu de e-communication, etc.) et le stade 7 est associé à l’excellence numérique (pas de registres saisis sur des supports papiers, entrée informatisée des commandes des fournisseurs, utilisation de systèmes d’aide à la décision clinique, etc.).

    Cependant, l’accès au stade 7 (stade d’excellence digitale, de maturation numérique complète) demeure difficile et rare : aux États-Unis, malgré des investissements fédéraux importants, seuls 6 % des hôpitaux ont atteint ce septième niveau. Ce résultat laisse entendre la faiblesse de la grille d’évaluation.

    Le NHS anglais a adapté cette grille EMRAM, lui ajoutant des dimensions d’interopérabilité, de maturité technologique, etc., afin de créer un « Indice de maturité numérique » (Digital Maturity Index) à même  d’évaluer la capacité digitale de ses hôpitaux.

    Les limites des grilles d’évaluation actuelles

    Les principales limites des méthodologies actuelles d’évaluation de la maturité numérique concernent la concentration exclusive de ces grilles sur les technologies utilisées : les adaptations organisationnelles liées à la transformation digitale mises en place dans les établissements sont en particulier ignorées.

    Par ailleurs, l’EMRAM ne s’intéresse qu’à l’efficience des échanges de données au sein des hôpitaux et ne prend pas en compte la communication des établissements de santé avec d’autres acteurs de santé ou médico-sociaux.

    Puis, un établissement ayant atteint le 7ème niveau de l’EMRAM grâce à l’instauration d’un système d’administration des médicaments en boucle fermée pourrait en fait manquer d’expertise dans la gestion et le traitement des données générées par un tel système.

    Enfin et surtout, la représentation d’une unique série d’étapes vers l’excellence pourrait par ailleurs conduire de nombreux hôpitaux à ne pas se concentrer sur les priorités spécifiquement identifiées entre leurs murs ou à leurs alentours. 

    Prendre en compte les besoins à l’échelle locale

    Est-ce à dire que la notion d’excellence digitale devrait être abandonnée ? Non : ce concept permet de motiver les systèmes de santé et établissements à poursuivre leur transformation numérique, dans l’intérêt des patients (la digitalisation des établissements est associée à un meilleur état de santé des populations) et des professionnels de santé (la digitalisation des systèmes de santé s’accompagne d’une amélioration des conditions de travail des professionnels).

    Cependant, de nouvelles échelles d’évaluation de la maturité digitale mieux adaptées aux spécificités et contraintes singulières à la fois économiques, technologiques et institutionnelles des établissements particuliers pris dans leur environnement doivent être développées. 

    Par exemple, les auteurs de l’étude proposent d’utiliser un modèle plus souple que l’EMRAM : il s’agit d’autoriser des ajustements au fil du temps, dans un contexte d’instabilité constante, où les objectifs économiques, technologiques, politiques et de santé changent sans cesse et n’apparaissent en fait jamais totalement fixés, arrêtés. Ils préconisent, plutôt que de recourir à une méthodologie établie longtemps à l’avance et pour tout un État, d’opter pour des process encourageant des ré-évauations constantes à la fois des étapes de digitalisation dépassées et des objectifs décidés : il s’agit d’impliquer les acteurs locaux eux-mêmes dans l’élaboration de leurs propres grilles d’évaluation. 

  • Comment Maple, plateforme de télémédecine, relève le défi de l’organisation territoriale au Canada

    Proposer des téléconsultations à travers le Canada avec des provinces ayant des réglementations pour les praticiens effecteurs et des prises en charge financières pour les patients différentes, tel est le défi que Maple, l’un des premiers fournisseurs de télémédecine au Canada, réussit à relever.

    Alors que les plateformes de télémédecine françaises exercent un fort lobbying auprès de l’Assurance maladie pour faire évoluer l’avenant n°6, Health & Tech Intelligence a rencontré Shelly-Ann Rampersad, directrice des services virtuels pour les hôpitaux et des opérations cliniques au sein de l’entreprise canadienne : éclairage sur une stratégie d’entreprise à succès dans un environnement de santé complexe.

    Maple : 400 médecins effecteurs, 5 000 téléconsultations par mois, une demande directe par le patient en plein essor

    Maple se positionne comme un facilitateur d’accès à un médecin détenteur d’une licence « 24/24 en quelques minutes, pour un conseil, une consultation ou un suivi », explique Shelly-Ann Rampersad. L’entreprise propose sa plateforme aux établissements de santé, en BtoB  et en BtoC. Elle compte actuellement 30 employés et repose sur un réseau de 400 médecins pour la réalisation des téléconsultations. La société revendique plus de 5 000 téléconsultations par mois (BtoB et BtoC), avec une augmentation récente de la composante BtoC.

    L’essor de la demande directe de téléconsultation par le patient s’explique à la fois par le délai moyen d’attente pour rencontrer en présentiel son médecin traitant – le délai moyen d’attente pour un rendez-vous chez un médecin généraliste est de 2 jours à 2 semaines alors que la téléconsultation est accessible en 2 minutes – mais également par les motifs de recours, notamment pour aborder des problématiques pour lesquelles les patients ne souhaitent pas consulter leur médecin généraliste (pathologie mentale, pathologie sexuelle…) et le service complet rendu (consultation, prescription et  livraison de médicaments).

    En BtoB, Maple propose une offre aux entreprises des services de téléconsultation, avec l’objectif de diminuer l’absentéisme, aux courtiers, aux fournisseurs d’assurance et de services sociaux, aux organismes de soins et aux assureurs de voyages.

    La société dispose également d’une offre de téléconsultation pour les établissements de soins, utilisée par les médecins de l’hôpital pour des patients hospitalisés. La plateforme vidéo de Maple et son système de dossiers médicaux électroniques pour les patients hospitalisés permettent aux médecins d’offrir des soins à distance et proposent un suivi post hospitalisation : les patients qui sortent de l’hôpital peuvent avoir des rendez-vous de suivi et peuvent recevoir des ordonnances sur la plateforme virtuelle. Le service est également proposé pour fluidifier les urgences et éviter les passages inutiles.

    Au Canada, seule la Colombie-Britannique rembourse la téléconsultation

    Au Canada, les consultations en présentiel et les hospitalisations sont gratuites pour le patient (couverts par le système public). En revanche, la téléconsultation n’est pas prise en charge par le système public et doit donc être financée soit par le patient, soit par son assurance privée (liée à son employeur en général). Seule une province, la Colombie-Britannique, rembourse actuellement la téléconsultation.

    Il est à noter que les médicaments prescrits ne sont pas pris en charge et sont remboursés (pour les personnes salariées) par les assurances proposées par les entreprises. Par ailleurs, indépendamment de la télémédecine, chaque province a une règlementation différente concernant les autorisations d’exercer (licences) pour les médecins.

    Ces autorisations dépendent du lieu de résidence du patient et de son lieu de présence.

    La téléconsultation par Maple en chiffres :

    • plus de 110 000 personnes utilisent Maple ;
    • taux de satisfaction patients : 98 % ;
    • 91 % des problématiques de santé sont résolues dès la première téléconsultation ;
    • 65 % des téléconsultations réalisées par Maple évitent une absence du travail.

    Les professionnels de santé de Maple sont pour 2/3 des médecins urgentistes

    Par ailleurs, indépendamment de la télémédecine, chaque province a une règlementation différente concernant les autorisations d’exercer (licences) pour les médecins. Ces autorisations dépendent du lieu de résidence du patient et de son lieu de présence.

    En général, seul un médecin ayant l’autorisation d’exercer dans une province peut prendre en charge les patients de cette province.

    C’est une des raisons pour laquelle Maple travaille avec 400 médecins ayant des licences de différentes provinces, pour pouvoir ainsi répondre à tous les cas pouvant se présenter. Les médecins téléconsultants sont pour 2/3 des urgentistes et pour 1/3 des médecins généralistes.

    Le modèle financier :

    • Pour une consultation avec un médecin généraliste :

    La téléconsultation avec un médecin généraliste est obtenue en environ 2 minutes et dure en moyenne de 10 à 15 minutes. Elle est facturée au patient (B2C) : 49 dollars canadiens en semaine (33, 5 €), 79 dollars lors des périodes de vacances et les week-ends (54 €) ou 99 dollars en nuit profonde (68 €). Des formules d’abonnement (individuels ou familiaux) sont proposés, allant de 30 à 50 dollars canadiens par mois  (20,5 à 35 €).

    • Pour une téléconsultation avec un spécialiste :

    Maple propose des téléconsultations de spécialités : conseil en santé mentale, en thérapie du sommeil,en  chirurgie plastique, en oncologie, en dermatologie, évaluation de prescription de cannabis médicale, consultation en chirurgie générale, suivi du diabète et conseil en endocrinologie.

    Les tarifs dépendent des spécialités et des durées de téléconsultation. L’offre aux entreprises repose sur le gain obtenu en diminuant l’absentéisme : sa valeur moyenne est de 8 jours pour un coût moyen de 2 000 dollars canadiens (1 372 €) par employé par an et les téléconsultations évitent une absence professionnelle dans 65 % des cas.

    Maple à l’international

    Actuellement, Maple propose des téléconsultations aux patients qui résident au Canada ainsi que dans 5 états américains. Depuis le lancement de l’entreprise en 2015, Maple a levé plus de 6 millions de dollars en financement d’amorçage et lève actuellement des fonds de série A pour élargir ses ambitions internationales. 

    À noter que les principales plateformes de téléconsultation au Canada sont : Maple, Akira, Dialogue, eCare, GoeVisit, Wello.

  • Les complémentaires santé proposant un service de téléconsultation

    Un an après l’entrée de la téléconsultation dans le droit commun des actes remboursés par la Sécurité sociale, précisément le 15 septembre 2018, Health & Tech Intelligence recense les mutuelles proposant la téléconsultation à leurs adhérents.

    Le plus généralement, cette offre est incluse dans le contrat d’adhésion, sans coût additionnel.

    Axa est la première compagnie à avoir investi ce marché, en 2015. Intériale, la mutuelle des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur et des agents territoriaux, est quant à elle la première mutuelle à signer un partenariat (en janvier 2019) avec Doctoconsult, une plateforme de téléconsultation axée sur la psychiatrie, la nutrition et l’addictologie.

    À noter également que la Mutuelle Générale a annoncé en septembre 2018 avoir mis à disposition des salariés de son siège une cabine médicale connectée, développée par H4D, afin de mesurer son impact sur la santé au travail et de fournir les éléments nécessaires à la constitution d’une offre pertinente autour de la cabine à destination des entreprises clientes de la mutuelle.

    Pour aller plus loin : consulter dans notre rubrique « Data » la liste des start-ups proposant un service de téléconsultation en France.

  • Le CH Valenciennes et Quinten utilisent l’IA pour endiguer la surmortalité dans les Hauts-de-France

    Le centre hospitalier de Valenciennes travaille sur le projet PharmIA avec Quinten, société experte en intelligence artificielle (IA), afin d’identifier les causes de la surmortalité dans la région des Hauts-de-France. Concrètement, l’idée est d’utiliser un système d’IA pour « circonscrire les erreurs de prescription médicamenteuse et évaluer leur impact potentiel sur la surmortalité dans la région« , précisent dans un communiqué les 2 partenaires.

    Selon la dernière étude de l’Observatoire régional de la santé (période 2006-2013), le territoire du Hainaut-Cambrésis (qui regroupe le Valenciennois, le Sambre-Avesnois et le Cambrésis) présente un taux de mortalité de 31 % supérieur à la moyenne nationale. « Si ce taux était ramené au niveau national, ce sont près de 3 000 vies qui seraient sauvées chaque année », est-il indiqué dans le communiqué. C’est dans ce contexte que le CH de Valenciennes a décidé d’agir pour tenter de comprendre les causes de cette surmortalité afin de mieux l’endiguer.

    La piste d’une mauvaise prise en charge médicale écartée

    Le centre hospitalier de Valenciennes a commencé ce projet en réalisant une analyse de ses structures de soins et des taux de consultation sur le Hainaut-Cambrésis. « À l’issue de cette phase, nous avons eu la confirmation que nos structures étaient en quantité suffisante et que le nombre de consultations en médecine de ville était supérieur à la moyenne nationale ; tout comme le nombre de séjours hospitaliers », explique Rodolphe Bourret, directeur général de l’hôpital de Valenciennes.

    La création d’un entrepôt de données

    Ayant écarté la piste de la prise en charge médicale, le DG et ses équipes se sont penchés sur le suivi du patient. « Historiquement, nos établissements de santé ont été pensés pour dispenser des soins aigus et non pour prendre en charge le cycle de vie du patient dans son ensemble. Or nous sommes convaincus que pour comprendre cette surmortalité sur le territoire nous devons changer d’échelle et passer du patient au citoyen », commente Rodolphe Bourret. Ils ont donc mis en place un entrepôt de données intégrant des informations allant au-delà du cadre hospitalier, comme les données sociales, éducatives et relatives à la durée de vie de la population.

    Une approche déclinée dans la pharmacie pour identifier le taux d’erreurs des prescriptions

    Cette nouvelle approche vise notamment à être déclinée dans la pharmacie « pour identifier le taux d’erreurs des prescriptions médicamenteuses », un sujet « majeur » pour le CH.

    PharmIA : une plateforme pour réduire l’iatrogénie médicamenteuse et optimiser les dépenses inutiles

    En 2011, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) rapportait que les accidents iatrogéniques d’origine médicamenteuse, soit les accidents survenant à la suite d’un traitement médicamenteux, pourraient être responsables de 60 000 à 130 000 événements indésirables graves (EIG) par an, dont 15 à 60 000 seraient évitables, est-il rappelé dans le communiqué.

    Le CH s’est demandé quelle était la part de ces EIG au sein du centre hospitalier et quel était leur impact sur la surmortalité régionale.

    Pour répondre à ces questions, l’établissement a fait le choix de recourir à l’intelligence artificielle (IA) développée par Quinten. Ils lancent alors conjointement le projet baptisé « PharmIA ».

    Dans ce cadre, ils ont développé une plateforme numérique d’analyse des prescriptions médicales afin de réduire l’iatrogénie médicamenteuse et d’optimiser les dépenses inutiles.

    Dans un premier temps, le centre hospitalier et Quinten se concentrent sur la médication liée au diabète avant de l’étendre à d’autres environnements thérapeutiques, comme la thrombose et l’oncologie.

    À long terme, la pharmacie de l’hôpital « sera en mesure de personnaliser la prise en charge de ses patients, d’optimiser l’usage des produits pharmaceutiques et surtout de percer à jour les causes de la surmortalité régionale », note Rodolphe Bourret.

    « La complémentarité de nos profils (le CH et Quinten) nous a sauté aux yeux, commente Rodolphe Bourret. Cette entreprise possède des compétences reconnues dans le développement de l’intelligence artificielle tandis que notre hôpital dispose d’une véritable expertise métier. Autrement dit, ils ne peuvent pas développer leur IA sans nos données, tandis que nos données sont inutiles sans leur technologie. Ce partenariat est un moyen de tirer profit de la technologie pour soigner au mieux nos patients sur notre territoire grâce à une meilleure approche de la pharmacologie. »

  • La Mutualité française lance une plateforme mettant en relation les acteurs porteurs d’innovations

    Mettre en relation les mutuelles, des start-ups et de manière plus générale tous les acteurs qui proposent des innovations dans les domaines de la santé et de la protection sociale. Tel est l’objectif de la nouvelle plateforme http://www.innovation-mutuelle.fr, lancée par la Mutualité française à l’occasion de ses Journées de rentrée, qui se tiennent du 25 au 26 septembre 2019 à Nancy.

    « Ce site permet aux acteurs de l’innovation de valoriser leurs travaux et leurs réalisations auprès du premier acteur de la complémentaire santé et du premier gestionnaire d’établissements privés non lucratifs, explique Albert Lautman, directeur général de la Mutualité Française, dans un communiqué publié le 24 septembre. C’est un outil de partage autour des questions d’innovation qui sont au cœur des métiers des mutuelles. »

    Le site Innovation-mutuelle.fr est organisé en 3 rubriques principales :

    « les actualités de l’innovation » : actualités sur les derniers projets nationaux et internationaux dans des domaines tels que que l’intelligence artificielle (IA), la robotique connectée, l’hôpital numérique, la silver économie, le big data et la blockchain ;

    « l’annuaire des innovations mutualistes » : recense les établissements de soins et de services (crèches, Ehpads, cliniques, etc.) et les activités assurantielles « au travers de nouveaux services couvrant les besoins d’une société en mutation », explique la Mutualité ;

    « l’annuaire des acteurs innovants » : recense les start-ups, les associations, les entreprises et les universités qui proposent des solutions innovantes et pertinentes pour les mutuelles et leurs adhérents. Ces acteurs sont spécialisés dans les domaines de l’assurance, de la santé, de l’engagement citoyen ou offrent des process innovants.

    Une plateforme qui s’inscrit dans le cadre de la mission Innovation de la Mutualité

    « Le site Innovation-mutuelle.fr vient compléter la mission Innovation de la Mutualité Française », indique le groupe (communiqué).

    Depuis le lancement de cette mission :

    • des événements grand public sont organisés de manière régulière sur différentes thématiques, comme les innovations à l’hôpital, la silver économie et la blockchain appliquée au domaine de la santé ;
    • des clubs de l’innovation permettent la mise en place de rencontres régulières entre des mutuelles et des start-ups ;
    • le Prix innovation récompense chaque année des organisations qui développement des solutions innovantes dans le secteur de la santé : les lauréats 2019 seront annoncés au cours des Journées de rentrée (H&TI relaiera l’information dans un article dédié).

    Présidée par Thierry Beaudet, la Mutualité Française fédère « la quasi‐totalité des mutuelles en France », précise le groupe. Elle représente actuellement 650 mutuelles.

  • Bien vieillir : l’AAP Med4Age distingue Ted Orthopedics, Lumeen, FasTeesh et EzGayn

    Les sociétés Ted Orthopedics, Lumeen, FasTeesh et EzGayn sont les lauréates de la première édition de l’appel à projets (AAP) Med4Age, financé à hauteur de 338 000 € par AG2R La Mondiale et organisé par le cluster santé Medicalps. Cet AAP a été lancé le 9 avril 2019 en direction des PME avec l‘ambition d’accélérer l’émergence de solutions innovantes pour la santé et le bien vieillir.

    Après avoir reçu 80 dossiers de candidature, le jury réuni le 12 septembre à Paris a attribué :

    98 000 euros à Ted Orthopedics, qui développe un assistant d’auto-rééducation connecté dédié aux patients souffrant d’arthrose du genou ;
    95 000 euros à Lumeen, qui développe des expériences, basées sur la réalité virtuelle « pour apaiser et stimuler les résidents seniors anxieux en établissements » ;
    145 000 euros à FasTeesh, qui a développé HesY, une « brosse à dents efficace en 10 secondes » afin d’améliorer la santé bucco-dentaire des seniors en perte d’autonomie ;
    50 000 euros à EzyGain, prix « coup de cœur du jury », qui a créé un dispositif de rééducation de marche connectée à destination des personnes fragilisées pour les aider à marcher de nouveau.

    Outre la dotation attribuée « pour expérimenter leurs solutions innovantes auprès des seniors et des acteurs de la santé et du bien vieillir », les lauréats se verront également offrir par AG2R La Mondiale « un accompagnement concret » pour le développement, le déploiement et/ou la mise sur le marché des solutions innovantes primées, précise AG2R.

    10 dossiers présélectionnés sur 80 candidatures reçues

    La présélection de 10 dossiers sur les 80 candidatures reçues a été réalisée en juin 2019 par un jury local, composé de représentants d’AG2R La Mondiale, du cluster Silver Valley, du Tasda (Technopole Alpes Santé à Domicile et Autonomie), de la société Pharmanity et du médecin directeur du centre de prévention Bien Vieillir Agirc-Arrco de Grenoble.

    Les 10 candidats présélectionnés ont présenté le 4 juillet leurs projets à un comité d’usagers, « potentiels futurs utilisateurs des solutions proposées », est-il indiqué.

    Le jury qui a opéré la sélection finale était composé de représentants d’AG2R/LaMondiale (experts et présidents des commissions sociales nationales) du médecin coordinateur des centres de prévention Bien Vieillir Agirc-Arrco, des présidents des sociétés Eveon et Endodiag et de la fondation I2ML.

    Présentation des 4 lauréats de l’AAP Med4Age :

  • L’appli de gestion du diabète One Drop s’associe à Bayer et annonce un financement de 40M$ (36M€)

    One Drop, une société spécialisée dans le développement de solutions thérapeutiques numériques pour le diabète et d’autres maladies chroniques, annonce un financement de série B de 40 millions de dollars US (36,4 M€) dirigé par Bayer.

    Le laboratoire pharmaceutique a également conclu un contrat de licence commerciale afin d’exploiter la plateforme One Drop dans des domaines thérapeutiques tels que l’oncologie, les maladies cardiovasculaires et la santé des femmes, indique One Drop dans un communiqué publié le 17 septembre 2019.

    La solution permet de suivre et de gérer de manière simple diverses maladies. Avec des recommandations comportementales optimisées par intelligence artificielle (IA), un coaching personnalisé reconnu par l’American Diabetes Association et des milliers d’intégrations d’applications et d’appareils, One Drop propose des programmes de santé personnalisés pour favoriser un changement de comportement durable dans le cadre d’un plan de gestion du diabète.

    Avec cet accord de licence, Bayer exploitera les capacités de prévision et d’analyse de données de One Drop. Le groupe va utiliser la plateforme mobile pour proposer des solutions bio-numériques innovantes dans le cadre de divers domaines thérapeutiques.

    À noter par ailleurs que Stefan Oelrich, directeur de Bayer Pharmaceuticals, va rejoindre le conseil d’administration de One Drop.

    One Drop : 1,5 million d’utilisateurs

    One Drop est l’une des solutions de gestion du diabète à la croissance la plus rapide au monde, est-il précisé dans le communiqué. La plateforme est utilisée par près de 1,5 million de personnes dans 195 pays.

    L’application One Drop prend en charge HealthKit, CareKit, Health Records et Siri Shortcuts sur iOS, et Google Fit sur Android. Elle s’intègre par ailleurs directement à Fitbit et Dexcom sur les appareils iOS et Android.

    Une efficacité mise en avant dans plus de 20 études

    L’efficacité de One Drop a été mise en avant dans plus de 20 études évaluées par des pairs, qui montrent que les personnes atteintes de diabète utilisant la solution ont diminué leur taux de HbA1c en un mois à peine.

    92 % des utilisateurs de l’outil Predictive Insights, basé sur le système d’intelligence artificielle de One Drop, ont déclaré qu’ils trouvaient ces informations utiles dans la gestion de leur diabète.

  • Étude : les IRM cardiaques analysées plus rapidement grâce au machine learning (American Heart Asso)

    Lire des images issues d’IRM cardiaques prend en moyenne 13 minutes à un expert. Ce temps d’analyse pourrait être considérablement réduit, sans perte de fiabilité, grâce à l’intelligence artificielle (IA) sous forme d’apprentissage automatique (machine learning). Il pourrait passer à seulement 4 secondes, soit une analyse 186 fois plus rapide, comme le montre une étude* menée par des chercheurs britanniques et dont les résultats ont été publiés le 24 septembre 2019 dans Circulation : Cardiovascular Imaging, une revue de l’American Heart Association.

    L’apprentissage automatique pour repérer les anomalies cardiaques 

    L’IRM cardiaque est un examen fréquemment utilisé pour mesurer la structure et les fonctions cardiaques. De nombreuses décisions cliniques importantes, notamment le choix du moment d’une chirurgie cardiaque, l’implantation de défibrillateurs et la poursuite ou l’arrêt de la chimiothérapie cardiotoxique reposent sur des mesures précises.

    Or, alors que l’imagerie par résonance magnétique cardiovasculaire pour mesurer la fraction d’éjection ventriculaire gauche est réalisée à haute résolution, l’analyse du clinicien est remarquablement variable.

    Les techniques automatisées utilisant l’apprentissage automatique (machine learning – intelligence artificielle) pourraient permettre de gagner du temps et d’améliorer la confiance mais elles doivent avoir démontré qu’elles sont précises et reproductibles avant d’être adoptées en clinique.

    Un réseau de neurones formé à l’analyse d’IRM

    Des chercheurs britanniques ont mené une étude pour évaluer la fiabilité et la rapidité d’analyse de l’intelligence artificielle (IA) pour des IRM cardiaques. Ils ont formé un réseau de neurones à la lecture des résultats de l’IRM cardiaque et des résultats de près de 600 patients. 110 patients (de 5 établissements différents) ont ensuite été soumis à un examen d’IRM. Les volumes, la masse et la fraction d’éjection de la chambre ventriculaire gauche ont été mesurés par un expert, un jeune clinicien formé et le réseau de neurones convolutifs entièrement automatisés.

    Au Royaume-Uni, où l’étude a été menée, on estime que plus de 150 000 IRM cardiaques sont effectuées chaque année. Sur la base du nombre d’analyses par an, les chercheurs pensent que l’utilisation de l’IA pourrait potentiellement permettre d’économiser 54 jours-cliniciens par an dans chaque centre de santé britannique.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 24 septembre 2019 dans Circulation : Cardiovascular Imaging, une revue de l’American Heart Association.

    Résultats : 186 fois plus rapide

    • L’expert, le jeune clinicien et le système automatisé d’IA parvenait à la même précision d’analyse.
    • L’analyse de la fonction cardiaque sur les examens d’IRM prenait environ 13 minutes aux humains contre environ 4 secondes au système de machine learning.
    • La formation des jeunes cliniciens à l’analyse d’image dure environ 1 mois contre seulement 9 heures pour le réseau de neurones.

    L’IA au secours de l’erreur humaine

    Cette étude a démontré pour la première fois qu’une technique d’analyse automatisée faisant appel à l’apprentissage automatique avait une précision équivalente à celle d’un expert et qu’elle permettait de gagner un temps supplémentaire de 13 minutes environ.

    Bien que l’étude n’ait pas démontré la supériorité de l’IA par rapport aux experts humains, l’auteur principale de l’étude, Charlotte Manisty, estime que « l’IRM cardiovasculaire offre une qualité d’image inégalée pour évaluer la structure et la fonction cardiaques ; toutefois, l’analyse manuelle actuelle reste basique et obsolète ». Les techniques d’apprentissage automatique automatisées « peuvent changer la donne et améliorer radicalement l’efficacité, complète-t-elle. Nous attendons avec intérêt de nouvelles recherches susceptibles de valider sa supériorité par rapport à l’analyse humaine. »

    Un potentiel « sur-humain »

    « Notre ensemble de données de patients atteints de diverses maladies cardiaques et qui ont été soumis à des analyses nous a permis de démontrer que les principales sources d’erreur de mesure provenaient de facteurs humains », ajoute Charlotte Manisty. Cela indique que les techniques automatisées sont au moins aussi efficaces que celles utilisées par l’homme, avec le potentiel d’être bientôt « surhumain ».

  • Mutualité française : Hospitalink, Lumio Medical et Lifeina (coup de cœur), prix de l’innovation 2019

    Hospitalink décroche le prix de l’innovation organisationnelle en santé pour son bip intelligent permettant de « distinguer une demande de verre d’eau / d’une urgence » en hôpital et Lumio Medical le prix de l’innovation technologique en santé pour sa solution optimisant le travail d’analyse pharmaceutique en détectant de manière automatique les erreurs de prescriptions. Le prix « coup de cœur » a quant à lui été décerné à Lifeina, une société qui développe un mini réfrigérateur connecté permettant aux utilisateurs de médicaments fragiles, tels que l’insuline ou les hormones de croissance, de voyager avec leurs médicaments à la bonne température et de prendre leur traitement en temps voulu. Le vainqueur a été désigné le 25 septembre 2019 par un vote du public, réalisé en direct à l’occasion des Journées de rentrée de la Mutualité française, qui se tiennent jusqu’au 26 septembre 2019 à Nancy.

    Cette 4ème édition du prix « innovation mutuelle » est organisée par La Mutualité française en partenariat avec la société Care Insight. Plus de 200 candidatures ont été reçues.

    Avec la remise de ce prix, les lauréats bénéficient d’une dotation financière et peuvent ainsi gagner en notoriété auprès des acteurs du monde mutualiste, des professionnels et décideurs de la santé mais aussi du grand public. Ils disposent également d’un accès gratuit à la plateforme de veille Health & Tech Intelligence.

    Prix « innovation mutuelle » : les 3 vainqueurs et les finalistes « coup de cœur »

  • Data : les complémentaires santé proposant un service de téléconsultation

    Un an après l’entrée de la téléconsultation dans le droit commun des actes remboursés par la Sécurité sociale, précisément le 15 septembre 2018, Health & Tech Intelligence recense les mutuelles proposant la téléconsultation à leurs adhérents.

    Le plus généralement, cette offre est incluse dans le contrat d’adhésion, sans coût additionnel.

    Axa est la première compagnie à avoir investi ce marché, en 2015. Intériale, la mutuelle des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur et des agents territoriaux, est quant à elle la première mutuelle à signer un partenariat (en janvier 2019) avec Doctoconsult, une plateforme de téléconsultation axée sur la psychiatrie, la nutrition et l’addictologie.

    À noter également que la Mutuelle Générale a annoncé en septembre 2018 avoir mis à disposition des salariés de son siège une cabine médicale connectée, développée par H4D, afin de mesurer son impact sur la santé au travail et de fournir les éléments nécessaires à la constitution d’une offre pertinente autour de la cabine à destination des entreprises clientes de la mutuelle.

    Pour aller plus loin : consulter dans notre rubrique « Data » la liste des start-ups proposant un service de téléconsultation en France.

    Retrouvez les noms des mutuelles, la plateforme avec laquelle elles ont signé un partenariat et l’offre proposée dans la rubrique « Data », accessible via ce lien.