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  • Pacte productif 2025 : le secteur du numérique demande l’accès aux données et aux marchés publics

    « Le développement de solutions innovantes par les entreprises suppose de créer les conditions d’une économie de la donnée. » C’est ce qu’affirment les organisations professionnelles Syntec Numérique, France Digitale et Tech In France dans leur contribution au « Pacte productif 2025 » remise au secrétaire d’État au Numérique Cédric O le 25 septembre 2019.

    Le numérique est l’un des 5 volets de ce plan annoncé en avril par le président de la République, avec l’objectif d’« atteindre le plein emploi d’ici 2025 » et d’ «accroître la part de PIB de l’industrie ». Les auteurs du document émettent 30 propositions mettant l’accent notamment sur la question des données et la transformation de l’administration.

    Les propositions sur le numérique

    • Pour « créer un environnement favorable à la croissance des entreprises de l’écono­mie numérique » le groupe de travail « numérique » demande d’ »assurer une véritable ouverture des données publiques, générale et sectorielle » et d’ »élaborer des formalismes et des normes pour faciliter leur diffusion par l’administration et leur réutilisation par les entreprises » (proposition 10).
    • Il s’agit également selon elles de « soutenir l’accès de tous les acteurs de la R&D, y compris les chercheurs privés, à la recherche et la fouille de données [qui] viendra accélérer le développement de l’intelligence artificielle (IA) » (proposition 11).
    • Les auteurs du rapport estiment qu’il faut « encourager la transformation numérique des administrations, en adaptant la définition des archives publiques aux dispositions européennes » (Proposition 12).
    • Ils recommandent de « réécrire le projet de règlement ePrivacy, en concertation avec les écosystèmes, afin de garantir son alignement sur le RGPD » et ainsi de concilier « le maintien d’un standard élevé de protection des données », avec « les intérêts des entreprises du numérique » (proposition 16).
    • Il est nécessaire, estiment-ils, de poursuivre l’accompagnement des éditeurs dans leur mise en conformité avec le RGPD et, à ce titre, de « clarifier le principe de co-responsabilité» dans un souci de « sécurité juridique » (proposition 15).
    • Le groupe de travail demande de « soutenir la transformation numérique des collectivités, et notamment leur passage au cloud, en attachant les dépenses relatives au numérique aux budgets d’investissement » (proposition 27).
    • Cet objectif justifierait également de « simplifier l’accès à la commande publique pour renforcer l’accès des start-ups aux marchés publics » (proposition 19) et de « raisonner davantage en termes de TCO (Total Cost Ownership ou coût total de possession) pour comparer les soumissionnaires d’un appel d’offre public » (proposition 14).
    • En découle aussi la nécessité de « former massivement les administrations, de l’État comme des collectivités territoriales, dans les parcours de formation initiale et continue » (proposition 13) « sur les technologies émergentes, en matière de cyber-sécurité par exemple » (proposition 28).

    Afin d’encourager les entreprises à « poursuivre le développement de nouvelles technologies innovantes, notamment en matière d’IA », les auteurs du document jugent important de soutenir les « bacs à sable réglementaires », c’est-à-dire la dérogation à certaines dispositions réglementaires en échange d’une transparence approfondie vis-à-vis du régulateur.  

    Les propositions sur la formation initiale et continue : reconversion et fidélisation

    Pour « adapter nos forces vives aux besoins de l’économie numérique« , le groupe de travail numérique émet les propositions suivantes :

    • 1. mettre en place des programmes adaptés pour l’enseignement de l’informatique dès l’école, et développer les « humanités numériques » dans tous les parcours ;
    • 2. développer à grande échelle les initiatives visant à faire découvrir les métiers scientifiques et numériques dès le collège, et accentuer les actions de promotion de la mixité et de la diversité ;
    • 3. favoriser les échanges entre l’enseignement public et le secteur privé pour pallier le manque d’enseignants (faciliter la transition professionnelle praticien-enseignant, encourager les interventions de professionnels dans les classes et les stages d’enseignants en entreprise) ;
    • 4. promouvoir le dispositif de préparation opérationnelle à l’emploi, auprès des demandeurs d’emploi comme des entreprises en difficulté pour trouver des compétences ;
    • 5. créer un observatoire intersectoriel permettant de rassembler les données des observatoires des OPCO et d’identifier les opportunités de reconversion entre les secteurs ;
    • 6. créer un dispositif de reconversion professionnelle, qui permettra de mieux répondre aux besoins en compétences des entreprises et aux spécificités de chaque territoire ;
    • 7. encourager le développement du télétravail en entreprise, comme outil de fidélisation des salariés ;
    • 8. étendre les BSPCE aux start-ups franchissant certains seuils pour permettre aux start-ups d’attirer et de fidéliser les talents en France ;
    • 9. ouvrir les plans d’actionnariat salarié (BSPCE, AGA) aux non-salariés pour associer à la croissance de l’entreprise les travailleurs indépendants ;
    • 17. pérenniser et protéger le statut des travailleurs indépendants et des plateformes.

    Les propositions sur le financement : CIR, IR-PME, PEA-PME et fonds de fonds

    Sur le volet « financement des startups« , les auteurs de la contribution présente ces propositions:

    • 18. permettre la transférabilité totale des contrats d’assurance-vie sans dénouement fiscal pour dynamiser l’épargne en France et faire émerger de nouveaux acteurs innovants ;
    • 20. sanctuariser le dispositif du CIR, y compris sur les dépenses de fonctionnement et lancer une réflexion pour revaloriser le dispositif du CII, avantageux pour les jeunes entreprises innovantes ;
    • 21. stabiliser les dispositifs CIR/CII/JEI en collaboration avec l’administration fiscale (dialogue avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, formation des entreprises à la documentation de leurs dossiers…) ;
    • 22. mettre en place une plus grande transparence de la procédure de contrôle (transmission aux entreprises d’une feuille de route spécifiant le type et le rétroplanning de contrôle) ;
    • 23. renforcer le dispositif IR-PME pour rediriger rapidement l’épargne des français vers les PME ;
    • 24. favoriser la création de fonds de fonds retail pour rendre l’écosystème de financement des start-ups plus robuste et moins dépendant des investisseurs étrangers ;
    • 25. renforcer le PEA-PME pour que les start-ups puissent mieux en bénéficier ;
    • 26. amender les modalités de contrôle des investissements étrangers en France pour permettre à la cible de connaître, en amont de l’investissement, son éligibilité et instaurer un dialogue avec les pouvoirs publics sur la nature des engagements pris par l’investisseur en cas d’éligibilité.
  • Le Resah retient Capgemini/Cneh/EY/Houdart pour appuyer la transformation du système de santé

    Dans le cadre d’un marché de prestations de conseil d’une durée de 4 ans, le Resah retient le consortium Capgemini (mandataire du groupement)/Centre national de l’expertise hospitalière (CNEH)/Ernst & Young (EY)/Cabinet Houdart et associés pour créer une nouvelle offre d’appui à la transformation pour l’hôpital de demain.

    Dans un communiqué publié le 26 septembre 2019, le Réseau des acheteurs hospitaliers indique qu’il s’appuiera sur l’expertise de ce groupement pour proposer à l’ensemble des acteurs du secteur sanitaire et médico-social (établissements de santé, sociaux et médico-sociaux mais aussi caisses de sécurité sociales, ARS, etc.) une offre d’accompagnements accessible directement auprès de sa centrale d’achat dans les domaines suivants :

    performance des organisations : réalisation de diagnostics et de feuilles de route d’optimisation, mise en œuvre de plans de transformation, groupement de structures médico-sociales, etc. ;
    conception de nouveaux parcours de santé : conception de nouveaux design, modélisation des parcours, refonte de la relation patients-usagers, etc. ;
    exploitation du potentiel des données : définition d’une stratégie sur les données, structuration d’une plateforme de données, définition de la gouvernance, collecte, analyse et valorisation, etc. ;
    conception de stratégies à court, moyen et long terme : projet médical de territoire, projet d’établissement, stratégie d’innovation, plan d’investissement partagé, etc. ;
    démarrage de collaborations multi-acteurs : coopération territoriale, coopération entre structures médico-sociales, etc. ;
    déclinaison opérationnelle des exercices d’évaluation : mise en pratique d’évaluations internes et externes, mise en pratique des certifications, etc.

    Le consortium devra concevoir une nouvelle offre « hôpital de demain »

    En parallèle de cette mission, le Resah a demandé au consortium Capgemini/Cneh/EY/Cabinet Houdart de concevoir une nouvelle offre visant à proposer aux établissements de santé un appui global aux transformations allant de la conception à la réalisation et au déploiement des projets.

    Cette conception devra être assurée « en lien étroit » avec les départements d’activité du Resah (centrale d’achat, Resah-conseil, formation, Centre de l’innovation par les achats) et des groupes de travail associant ses adhérents, précise le Réseau des acheteurs hospitaliers.

    Des AO à venir pour sélectionner les panels d’industriels partenaires

    Cette offre associera des panels qualifiés d’industriels capables de prendre en charge tout ou partie des projets. Elle sera conçue et diffusée par la centrale d’achat du GIP sous la marque « hôpital de demain », note le Resah.

    Les premiers travaux qui ont été engagés portent sur les thématiques suivantes :

    • hôpital de demain et imagerie ;
    • hôpital de demain et laboratoire ;
    • hôpital de demain et digitalisation de la relation patients-usagers.

    Dans le cadre de ces travaux seront lancés des appel d’offres visant à sélectionner les panels d’industriels partenaires à partir de janvier 2020.  

  • AG2R La Mondiale et EDF lancent un AO dédié à la e-santé dans le domaine des maladies chroniques

    Trouver des solutions innovantes et accessibles pour la prévention, le dépistage et l’accompagnement des maladies chroniques dans les différents lieux de vie de la personne (à domicile, au travail et en mobilité), avec un focus particulier sur les pathologies cardiovasculaires, ostéo-articulaires et respiratoires ainsi que sur la cancérologie. Tel est l’objectif de l’appel à projets lancé par AG2R La Mondiale et EDF à destination des start-ups, TPE et PME.

    Dans le cadre de cet AO, les 2 groupes se sont associés à Paris&Co, qui possède notamment une plateforme d’innovation dédiée à la e-santé, Tech Care Paris.

    Les lauréats bénéficieront :
    d’une expérimentation rémunérée de leur solution : terrains de test et de démonstration grandeur nature de la solution ;
    d’une expertise et d’un support technique des experts d’AG2R et d’EDF ;
    d’un accompagnement d’AG2R, d’EDF et de leurs partenaires (pôles de compétitivité, incubateurs…) pour les aider à implémenter la solution qui sera testée ;
    d’une visibilité accrue dans les supports de communication d’AG2R et d’EDF. 

    « Par ailleurs, l’expérimentation rémunérée pourra potentiellement être suivie d’une collaboration plus étroite avec AG2R La Mondiale et/ou EDF, au cours de l’année 2020 », est-il précisé dans un communiqué publié par l’organisme de protection sociale le 23 septembre 2019.

    Les dossiers de candidatures sont à envoyer au plus tard le 21 octobre 2019 à 23h59 par le biais d’un formulaire, accessible via ce lien. Les finalistes sélectionnés pour un pitch devant le jury seront annoncés le 21 novembre 2019. Les lauréats seront dévoilés à la mi-décembre.

    Critères d’éligibilité

    • Être entrepreneur dans une start-up, PME ou TPE ;
    • l’entreprise doit :
      • être créée et avoir moins de 250 salariés ;
      • avoir au moins un bureau en France ;
      • avoir à minima un MVP (Minimum Valuable Product) et une offre commerciale ;
      • avoir un modèle économique défini.

    Les associations ne sont pas éligibles au dépôt de candidature.

    Les candidats doivent présenter des solutions innovantes, digitales et compétitives, conçues pour améliorer la prévention, le dépistage des maladies chroniques et l’accompagnement des patients dans leurs différents lieux de vie (domicile/travail, en mobilité).

    Ces solutions doivent notamment permettre :

    • de donner à chacun les clés de son capital santé / d’être acteur de sa santé ;
    • d’agir durablement sur le changement de comportement ;
    • d’améliorer la prévention de rechutes ;
    • d’apporter des solutions innovantes et efficaces pour les patients.

    Calendrier : 3 étapes

    Étape 1 – phase de candidature : 23 septembre 2019 – 22 novembre 2019

    • Remplir le formulaire dans l’espace de participation ;
    • envoyer le « Pitch Deck » (obligatoire) ainsi qu’une vidéo de présentation (facultative) avant le 21 octobre 2019 à 23h59 ;
    • évaluation et sélection des finalistes qui se présenteront devant le jury par les experts des groupes AG2R La Mondiale et EDF ;
    • annonce des finalistes sélectionnés pour un pitch devant le jury le 21 novembre 2019.

    Étape 2 – session de coaching : 25 novembre 2019 – 03 décembre 2019

    Les candidats pré-sélectionnés seront coachés en vue de la présentation devant le jury.

    Étape 3 – jury : 5 – 6 décembre 2019

    • Les candidats pré-sélectionnés viendront présenter leur solution devant un jury constitué de représentants des groupes EDF et AG2R La Mondiale ainsi que d’experts sectoriels ;
    • Mi-décembre, les lauréats de l’appel à projets seront annoncés et invités pour la remise des prix.
  • Australie : un centre pour faciliter la commercialisation des outils de santé numériques en Indo-Asie

    L’Association australienne de l’industrie de l’information (Australian Information Industry Association, AIIA), organisme représentant le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC) en Australie, demande à ses membres et aux associations homologues de toute l’Asie d’investir dans le nouveau centre qu’il déploie pour faciliter la commercialisation des solutions de santé numériques en Indo-Asie : l’Indo-Asia Digital Health Centre for Innovation and Commercialisation (centre de santé numérique pour l’innovation et la commercialisation en Indo-Asie, ou Indo-Asia DHC).

    Le centre en question sera basé en Australie-Occidentale (AO) et se concentrera sur la zone Indo-Asie. Il aidera les chercheurs et les innovateurs de l’AO à évoluer sur un marché estimé à 4-5 milliards de personnes. L’AIIA indique que le DHC attirera des subventions, des financements et du capital-risque pour financer des preuves de concepts (PoC) visant à résoudre des problèmes de santé cruciaux sur les marchés de l’AO et de l’Indo-Asie. Des investisseurs sont recherchés pour un financement précoce ainsi que pour les phases de série A et B.

    « La vision du centre est de favoriser les partenariats mondiaux, de supprimer les obstacles à l’entrée sur le marché et de faciliter le déploiement plus rapide de solutions de santé numériques pour les cliniciens, les patients et les soignants dans le système de santé de l’Australie ainsi que sur le marché florissant de l’Indo-Asie », commente Ron Gauci, le directeur général de l’AIIA, dans un communiqué publié début septembre 2019.

    L’appel de l’AIIA fait suite à la publication du rapport sur la santé durable émis en avril par le ministre de la Santé australien Roger Cook, soulignant la nécessité d’investir dans les soins numériques et de favoriser une culture plus dynamique de l’innovation et de la recherche en Australie-Occidentale.

    Une collaboration avec les secteurs public et privé

    L’Indo-Asia DHC sera une société à but non lucratif. Le centre collaborera avec des prestataires de santé publics et privés, des universités, des organisations de recherche et des entreprises de technologie médicale pour développer et commercialiser des technologies de santé numériques.

    « Nous avons des membres qui se sont avérés être les plus innovants du monde mais qui rencontrent de réels problèmes de collaboration et ont besoin de conseils de spécialistes en innovation, en développement de produits et en commercialisation, commente Ron Gauci, directeur générale de l’AIIA. Ils bénéficieront grandement de l’accès au capital-risque pour exporter à l’étranger et créer des emplois localement en Australie-Occidentale (AO). Ils ont également besoin de l’aide opportune du ministère de la Santé pour valider les projets pilotes, vérifier les concepts et faciliter l’innovation dans cet État. Si nous ne pouvons pas convertir les investissements en idées et les idées en commercialisation, nous ne pouvons pas créer d’emplois. »

    La demande de profils experts en TIC augmentera de près de 100 000 d’ici 2023

    Selon Ron Gauci, le secteur des TIC en Australie-Occidental de a été un important fournisseur de technologies d’innovation dans les secteurs des logiciels d’exploitation minière, de l’énergie, de la santé et de la fabrication. Il emploie plus de 660 000 personnes au niveau national. Plusieurs rapports indiquent que la demande de profils experts en TIC augmentera de près de 100 000 d’ici 2023.

    « En tant qu’organisme sectoriel national, nous représentons une industrie d’exportation de 3,2 milliards de dollars (2,9 Mds €) composée à la fois des grandes multinationales et d’une base importante de petites et moyennes entreprises, parmi lesquelles les organisations de l’Australie occidentale sont bien représentées », ajoute-t-il.

    L’AIIA indique que l’Indo-Asia DHC va :

    • réunir des chercheurs, des innovateurs, des entrepreneurs et des investisseurs en capital-risque de premier plan issus de l’Australie-Occidentale pour tirer parti des nombreuses pépinières d’innovation en début de croissance afin de promouvoir les investissements et d’adapter les innovations commercialement prêtes ;
    • se concentrer sur l’exportation d’innovations en matière de santé numérique en AO afin de créer des échanges commerciaux avec l’Asie et l’Asie-Occidentale sur un marché de 400 milliards de dollars (366 Mds €), en croissance de 21 % par an. Les investisseurs en capital-risque ont injecté 2,4 milliards de dollars (2,2 Mds €) rien qu’en janvier 2019 en Amérique du Nord dans ce secteur. Pourtant, en AO, le manque d’échelle et les réseaux au sein de l’Asie font défaut ;
    • collaborer avec un consortium d’organisations de premier plan dotées de capacités de recherche dans le domaine de la santé et de la recherche internationale, telles que le CSIRO, l’université d’Australie-Occidentale, l’université de Notre Dame, l’université de Murdoch, l’université de Curtin, St John of God Health Care, le Telethon Kids Institute et un assureur privé ;
    • associer des capacités de recherche de pointe autour de PoC afin de relever les grands défis de la santé numérique dans la région et offrir aux investisseurs des solutions validées ainsi qu’un placement préférentiel dans les investissements ultérieurs de séries A et B ;
    • travailler en étroite collaboration avec les prestataires de santé publics et privés, les pôles d’innovation hospitaliers, le réseau de traduction de la santé en OA, des technologistes médicaux indépendants, des chercheurs, des innovateurs, des institutions, le gouvernement, des philanthropes et des investisseurs en capital-risque afin de créer un réseau de collaboration et de commercialisation ;
    • se concentrer sur les plus grands défis et la plus grande demande du marché autour des domaines suivants :
      • médecine de précision / personnalisée ;
      • biosenseur et wearables ;
      • application lifestyle et pour patients ;
      • la télémédecine ;
      • l’analyse prédictive et l’intelligence artificielle ;
      • les cliniques de santé numériques ;
      • la santé numérique pour le mental ;
      • la santé numérique dédiée au vieillissement / à la démence ;
      • la pharmacie numérique.

    Objectif : créer un système de santé durable, fondé sur des preuves

    Ron Gauci précise que l’Indo-Asia DHC créerait des voies académiques pour développer l’éducation la formation à la santé numérique en Australie-Occidentale, en collaborant avec des universités et des établissements académiques pour faire en sorte que la recherche en santé numérique informe et soit en adéquation avec la formation, les effectifs et les soins délivrés aux patients, afin de créer un système de santé du futur durable, fondé sur des preuves et de haute qualité.

  • Étude : redéfinir la maturité numérique en santé en prenant mieux en compte les besoins locaux (NHS)

    Des chercheurs chargés d’évaluer le programme Global Digital Exemplar (GDE) du NHS anglais (programme visant à diffuser le savoir et l’expérience des établissements du NHS ayant atteint une certaine maturité numérique) incitent à revenir sur la définition de la maturité numérique en santé.

    Selon ces experts, dont les travaux sont parus dans le numéro de septembre 2019 du Lancet Digital Health, la maturité numérique doit être reconceptualisée dans un contexte où :
    • les initiatives de digitalisation à grande échelle des systèmes de santé échouent souvent à répondre aux besoins des acteurs locaux ;
    • la définition de la maturité numérique n’a en fait jamais été arrêtée par des comités internationaux de spécialistes ;
    • les grilles d’évaluation de la maturité numérique actuellement disponibles sont partielles et comportent de nombreuses limites.

    Les auteurs encouragent les établissements de santé à promouvoir leur propre définition du concept dans leurs grilles d’évaluation et les équipes pilotes de larges campagnes de digitalisation à en prendre connaissance.

    Contexte de l’étude

    Il existe actuellement un consensus international concernant la nécessité d’une digitalisation des systèmes de santé : il est couramment admis que celle-ci permet d’améliorer à la fois la qualité, la sécurité et la rentabilité des soins administrés dans le monde. Ainsi, de nombreuses organisations tentent depuis plusieurs années de réaliser cette transformation numérique, et ce parfois à l’échelle de pays.

    Or, plusieurs études (telles qu’une première publiée dans The Lancet en 2014, intitulée Adoption of electronic health records in UK hospitals: lessons from the USA, et une seconde parue dans la même revue en 2016 sous le titre suivant : Six ways for governments to get value from health IT) ont montré que la plupart des initiatives de transformation digitale déployées à grande échelle peinent à répondre à la fois aux priorités nationales et aux besoins localement identifiés.

    Par exemple, au Royaume-Uni, dans le cadre du programme national pour les technologies de l’information (National programme for Information Technology, NPfIT), une expertise indépendante concernant la mise en œuvre d’une stratégie nationale d’approvisionnement a recommandé plus d’approches décentralisées pour l’acquisition de logiciels. Cette expertise a par ailleurs conduit au déblocage de 595 millions de livres sterling (670 M€) destinées au programme Global Digital Exemplar (GDE) du NHS England et à la création d’un réseau d’établissements ayant réalisé avec succès leur transformation digitale (c’est-à-dire ayant atteint une certaine maturité numérique) et désirant partager leur expérience. Il émerge des partages d’expérience que la prise en compte des spécificités locales doit en effet guider la transformation digitale. Mais vers quelle forme de maturité numérique ?

    La maturité numérique en santé, un objet difficile à conceptualiser

    Il n’existe pas encore aujourd’hui de consensus international sur la définition et la mesure de la maturité ou de l’excellence numériques en santé : il n’y a actuellement pas de critères fixes et clairs permettant de déterminer en quoi consiste une utilisation parfaitement effective et sécure des technologies de l’information en santé.

    Ce flou rend particulièrement difficile l’élaboration et le déploiement de programmes de transformation numérique des systèmes de santé : comment en identifier précisément les cibles en l’absence de recommandations internationales et dans un contexte marqué par l’émergence continue de nouvelles technologies ?

    Quelques échelles internationales de maturité numérique

    À l’échelle internationale, malgré l’absence de consensus, il semble que 3 grilles d’évaluation de la maturité numérique soient préférentiellement utilisées par les systèmes de santé :

    • le modèle d’adoption du dossier médical informatisé ou EMRAM (Electronic Medical Record Adoption Model) ;
    • le modèle d’adoption d’infrastructures informatiques ou INFRAM (Analytics Infrastructure Adoption Model) ;
    • le modèle de continuité des soins ou CCMM (Continuity of Care Maturity Model).

    Parmi ces 3 méthodologies d’évaluation complémentaires, c’est la première qui est la plus utilisée.

    Le modèle EMRAM de la HIMMS

    La grille d’évaluation la plus utilisée par les systèmes de santé dans le monde est en effet le Modèle d’adoption du dossier médical informatisé (EMRAM) de la Société des systèmes d’information de gestion et de soins de santé (Healthcare Information and Management Systems Society, HIMSS).

    Cette méthodologie propose de chiffrer la maturité digitale d’un établissement ou organisation de santé en attribuant à ce dernier un stade de développement numérique. Ces stades de développement sont au nombre de 7 : le stade 0 correspond à un organisme ayant à peine amorcé sa transformation digitale (données isolées, pas ou peu de e-communication, etc.) et le stade 7 est associé à l’excellence numérique (pas de registres saisis sur des supports papiers, entrée informatisée des commandes des fournisseurs, utilisation de systèmes d’aide à la décision clinique, etc.).

    Cependant, l’accès au stade 7 (stade d’excellence digitale, de maturation numérique complète) demeure difficile et rare : aux États-Unis, malgré des investissements fédéraux importants, seuls 6 % des hôpitaux ont atteint ce septième niveau. Ce résultat laisse entendre la faiblesse de la grille d’évaluation.

    Le NHS anglais a adapté cette grille EMRAM, lui ajoutant des dimensions d’interopérabilité, de maturité technologique, etc., afin de créer un « Indice de maturité numérique » (Digital Maturity Index) à même  d’évaluer la capacité digitale de ses hôpitaux.

    Les limites des grilles d’évaluation actuelles

    Les principales limites des méthodologies actuelles d’évaluation de la maturité numérique concernent la concentration exclusive de ces grilles sur les technologies utilisées : les adaptations organisationnelles liées à la transformation digitale mises en place dans les établissements sont en particulier ignorées.

    Par ailleurs, l’EMRAM ne s’intéresse qu’à l’efficience des échanges de données au sein des hôpitaux et ne prend pas en compte la communication des établissements de santé avec d’autres acteurs de santé ou médico-sociaux.

    Puis, un établissement ayant atteint le 7ème niveau de l’EMRAM grâce à l’instauration d’un système d’administration des médicaments en boucle fermée pourrait en fait manquer d’expertise dans la gestion et le traitement des données générées par un tel système.

    Enfin et surtout, la représentation d’une unique série d’étapes vers l’excellence pourrait par ailleurs conduire de nombreux hôpitaux à ne pas se concentrer sur les priorités spécifiquement identifiées entre leurs murs ou à leurs alentours. 

    Prendre en compte les besoins à l’échelle locale

    Est-ce à dire que la notion d’excellence digitale devrait être abandonnée ? Non : ce concept permet de motiver les systèmes de santé et établissements à poursuivre leur transformation numérique, dans l’intérêt des patients (la digitalisation des établissements est associée à un meilleur état de santé des populations) et des professionnels de santé (la digitalisation des systèmes de santé s’accompagne d’une amélioration des conditions de travail des professionnels).

    Cependant, de nouvelles échelles d’évaluation de la maturité digitale mieux adaptées aux spécificités et contraintes singulières à la fois économiques, technologiques et institutionnelles des établissements particuliers pris dans leur environnement doivent être développées. 

    Par exemple, les auteurs de l’étude proposent d’utiliser un modèle plus souple que l’EMRAM : il s’agit d’autoriser des ajustements au fil du temps, dans un contexte d’instabilité constante, où les objectifs économiques, technologiques, politiques et de santé changent sans cesse et n’apparaissent en fait jamais totalement fixés, arrêtés. Ils préconisent, plutôt que de recourir à une méthodologie établie longtemps à l’avance et pour tout un État, d’opter pour des process encourageant des ré-évauations constantes à la fois des étapes de digitalisation dépassées et des objectifs décidés : il s’agit d’impliquer les acteurs locaux eux-mêmes dans l’élaboration de leurs propres grilles d’évaluation.