Une étude menée par l’UCLA a montré que l’utilisation de modèles de réalité virtuelle en 3D pour préparer les chirurgies de la tumeur du rein améliore de façon substantielle les résultats de l’intervention. Cette meilleure visualisation de l’anatomie du patient se traduit par des durées d’opération plus courtes, une perte de sang moins importante lors de la chirurgie et un séjour hospitalier plus court. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 18 septembre dans le Jama Network Open.
Mieux visualiser le rein pour mieux l’enlever
Les personnes souffrant d’un cancer du rein doivent très souvent subir une néphrectomie partielle assistée par robot. La réussite de cette chirurgie dépend en grande partie de la compréhension du chirurgien de l’anatomie du patient, notamment de la configuration du rein et des vaisseaux. Des travaux récents ont démontré que l’imagerie en 3D améliorait la compréhension de l’anatomie du patient et influençait la stratégie chirurgicale. En revanche, l’intérêt de l’utilisation de modèles de réalité virtuelle était une question qui restait encore en suspens.
Des chercheurs du département d’urologie de l’University of California, Los Angeles (UCLA) ont donc réalisé un essai clinique multi-institutionnel randomisé, utilisant des modèles de réalité virtuelle en 3D à partir des images de scanner et d’IRM et ils ont cherché à déterminer si l’utilisation de ces modèles de RV en 3D spécifiques à un patient avait une incidence sur les résultats chirurgicaux.
Des images en 3D visionnées en réalité virtuelle sur smartphone
Dans l’étude, 92 personnes atteintes de tumeurs du rein dans six grands hôpitaux d’enseignement ont été réparties au hasard en deux groupes. Quarante-huit appartenaient au groupe contrôle et 44 au groupe intervention. Pour les membres du groupe témoin, le chirurgien s’est préparé à la chirurgie en examinant uniquement le scanner ou l’IRM du patient. Pour les membres du groupe d’intervention, le chirurgien s’est préparé à l’opération en examinant à la fois le scanner ou l’IRM et le modèle de réalité virtuelle 3D. Les chirurgiens ont passé en revue les modèles 3D à partir de leur téléphone portable et d’un casque de réalité virtuelle. Les scanners ou IRM des patients randomisés dans le groupe d’intervention ont été désidentifiés, et utilisés pour créer un modèle de réalité virtuelle 3D spécifique à chaque patient. Ce modèle comprenait au minimum le rein, la masse, l’artère rénale et la veine rénale. La plupart des modèles comprenaient également des structures anatomiques supplémentaires, telles que la rate, l’artère splénique, la veine splénique, l’uretère et le système collecteur, les kystes rénaux (si présents), les côtes et la colonne vertébrale.
Les chirurgiens ont examiné les modèles de réalité virtuelle 3D via une application mobile développée par le sponsor et installée sur leur smartphone. Des paramètres tels que le nombre d’artères et de veines et le score de néphrométrie avec des composants individuels étaient également visibles sur le smartphone du chirurgien. Le modèle peut être pivoté et zoomé à l’aide de gestes standard sur smartphone, et le chirurgien peut afficher ou masquer chaque structure anatomique. De plus, certaines structures ont été rendues translucides pour permettre la visualisation des structures incrustées. C’était une caractéristique importante pour permettre la visualisation de la masse dans le rein et, dans certains cas, des composants kystiques. Pour chaque cas d’intervention, le chirurgien a consulté le modèle VR 3D avant l’opération, et pendant s’il le souhaitait.
Les résultats de cette étude* ont été publiés le 18 septembre dans le Jama Network Open.
Résultats
- La durée de l’intervention chirurgicale est réduite d’environ 10 mn pour les patients appartement au groupe 3D réalité virtuelle
- La durée du séjour hospitalier était également diminuée de 2 jours
- La perte de sang était supérieure de 200 ml dans le groupe contrôle
- La différence de temps de clampage n’était pas significative
De tels résultats ne sont pas anodins puisque ces paramètres (le temps opératoire, la perte de sang, le temps de clampage et la durée du séjour à l’hôpital- sont positivement corrélées à de meilleurs résultats pour les patients. En outre, plus l’opération était complexe, plus l’ampleur des améliorations liée à la 3D en réalité virtuelle était importante.
La 3D en réalité virtuelle pour préparer plusieurs chirurgies cancéreuses
L’un des auteurs de l’étude a donc déclaré que « la visualisation de l’anatomie du patient dans un format 3D multicolore, et en particulier dans la réalité virtuelle, donne au chirurgien une meilleure compréhension des structures clés et de leurs relations les unes avec les autres« . Ces résultats ne font certes que conforter une hypothèse émise depuis longtemps par les chirurgiens mais avoir des preuves de cette ampleur, générées par des chirurgiens très expérimentés de grands centres médicaux, est une tout autre affaire. Cela nous indique que l’utilisation de modèles numériques 3D pour les chirurgies du cancer n’est plus une chose que nous devrions envisager pour l’avenir, mais quelque chose que nous devrions faire maintenant. «
Enfin, cette étude portait sur le cancer du rein, mais l’utilisation de modèles 3D pour la planification chirurgicale pourraient être pertinent dans d’autres opérations cancéreuses, telles que la prostate, les poumons, le foie et le pancréas.