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    Récupération du sang peropératoire

  • La start-up i-Sep (autotransfusion sanguine) lève 2,5 M€ pour lancer son étude clinique

    La start-up nantaise i-Sep, qui développe une nouvelle technologie permettant l’autotransfusion sanguine périopératoire (ou récupération du sang périopératoire – RSPO), lève 2,5 millions d’euros dans un tour de table mené auprès ses investisseurs historiques, dont Go Capital Amorçage, d’un groupe de business angels et de family offices. « En finalisation des essais précliniques sur la dernière version de son prototype [de RSPO, la société] s’apprête à lancer son étude clinique multicentrique au premier semestre 2020″, indique-t-elle dans un communiqué publié le 26 septembre 2016. Avec la somme récoltée, la start-up va pouvoir financer la mise en place de cette étude, visant à entériner l’efficacité et la sécurité du système de récupération de RSPO dans le cadre d’un essai clinique multicentrique, avec pour objectif d’obtenir le marquage CE d’ici la fin 2020.

    La RSPO consiste à récupérer puis à traiter le sang épanché du patient lors de chirurgies hémorragiques au bloc opératoire pour ensuite lui ré-infuser, une pratique qui bénéficie à plus de 4 millions de personnes par an en Europe et aux États-Unis, explique i-Sep, ajoutant que « la complexité des équipements d’autotransfusion et leur incapacité à conserver les plaquettes constituent néanmoins des limites à la démocratisation de ce procédé ».

    Dans la dernière version de son prototype, la start-up nantaise, fondée en 2015, a intégré les besoins des utilisateurs avec une machine ergonomique (encombrement réduit), un système de mise en route intuitif (large écran tactile, logiciel ergonomique…) et un kit de filtration simple à mettre en place (gabarit à clipper sur la machine). « Les manipulations sont ainsi limitées, permettant de répondre au besoin de simplification des praticiens et de lever l’un des freins majeurs à une utilisation généralisée de l’autotransfusion périopératoire », commente la société.

    Le recours à la RSPO est promu par l’OMS

    Depuis 2010, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Patient Blood Management1 promeuvent le recours à l’autotransfusion périopératoire (RSPO) « dans l’intérêt du patient et pour favoriser la réduction des coûts de santé », indique i-Sep. La RSPO est pourtant utilisée dans moins d’un cas indiqué sur deux en France. Or, « dès lors que le risque hémorragique dépasse 25 %2, l’intérêt économique de l’autotransfusion est démontré », commente la start-up.

    C’est pourquoi la société a décidé de développer une technologie de filtration tangentielle innovante, « qui assure la conservation des plaquettes, à la différence des procédés de centrifugation utilisés par les concurrents », explique-t-elle.

    Une solution plus efficace que les dispositifs actuellement sur le marché

    L’efficacité du système d’autotransfusion d’i-Sep dans le traitement de faible et gros volumes de sang total anticoagulé a été démontrée par les validations in vitro de l’Établissement français du sang (EFS) et in vivo précliniques, avec l’École vétérinaire nationale Oniris3.

    La technologie mise au point par la start-up permet de récupérer les globules rouges mais aussi les plaquettes en état fonctionnel du patient, et ce jusqu’à 80 % de la quantité initiale contre moins de 5 % avec les dispositifs actuellement présents sur le marché4 et 5. Par ailleurs, la solution « garantit une meilleure élimination des contaminants (hémoglobine libre, anticoagulant, débris organiques) que celle imposée par la réglementation en vigueur », ajoute i-Sep.

    « C’est la première fois qu’un système permet de récupérer, [de] filtrer et [de] réinfuser au patient ses propres globules rouges et plaquettes »

    « Ces résultats représentent une avancée majeure dans le domaine de la récupération de sang périopératoire (RSPO) : c’est la première fois qu’un système permet de récupérer, [de] filtrer et [de] réinfuser au patient ses propres globules rouges et plaquettes. L’objectif de notre étude clinique est de confirmer ces résultats dans des procédures chirurgicales à fort risque hémorragique (chirurgie cardiaque, chirurgie orthopédique : PTH, PTG et rachis complexe) », commente Patricia Forest-Villegas, directrice scientifique, affaires Réglementaires et gualité d’i-Sep.

  • PLFSS 2020 : la clause de sauvegarde élargie aux DM, 200 M€ d’économies prévues sur ce poste

    « Le PLFSS pour 2020 élargit la clause de sauvegarde aux dispositifs médicaux (DM) et prestations de la liste en sus. » C’est ce qu’affirme le gouvernement dans le dossier de presse diffusé le lundi 30 septembre 2019 au sujet du projet de loi de financement de la Sécurité sociale et présenté par les ministres Agnès Buzyn (Santé) et Gérald Darmanin (Action et Comptes publics). Cette contribution imposée aux industriels, qui existe déjà pour les médicaments innovants, « vise avant tout à améliorer les accords conventionnels » et « n’a vocation à se déclencher qu’en dernier lieu, en cas de progression des dépenses remboursées supérieure à 3 % », est-il précisé.  Le gouvernement indique que celles-ci ont augmenté de « plus de 4 % en moyenne entre 2012 et 2018 » et prévoit d’engager 200 millions d’économies sur les DM, parmi 1,345 milliard d’euros d’économies sur les produits de santé.  

    Afin de « diminuer le reste à charge pour les personnes, de favoriser l’accès à ces dispositifs et de réduire leur impact environnemental » le PLFSS met en place 2 dispositifs :
    • un système de « référencement sélectif » de certains DM  (« une mise en concurrence à l’échelle nationale, permettant ainsi de diversifier les outils de négociation des prix »);
    • la « réutilisation » des DM  encore en bon état de fonctionnement.

    Le gouvernement promet en outre le lancement « très prochainement » des premiers « paiements au suivi pour la prise en charge des patients atteints de pathologies chroniques » (diabète et maladie rénale chronique), après des travaux de co-construction.

    Dans le cadre du PLFSS 2020, les hôpitaux de proximité bénéficieront pour l’exercice de leurs missions d’une dotation de responsabilité territoriale, « permettant l’accès à des consultations de spécialités, des plateaux techniques et des équipements de télésanté ».

    Le projet de loi prévoit enfin de mettre à jour la nomenclature des actes médicaux et paramédicaux « afin d’intégrer plus rapidement l’innovation tout en assurant l’efficience de la tarification » et pour ne pas « favoriser des techniques ou des modes de prise en charge obsolètes ou moins efficaces ».

  • Happytal dément les accusations portant sur sa démarche de facturation des chambres individuelles

    « Le reportage de France 2 dépeint une entreprise dont le profit dépendrait directement de la facturation à des patients d’un service précis, l’installation en chambre individuelle, auquel ils auraient par ailleurs droit sans frais. Parmi l’offre d’Happytal, l’installation en chambre individuelle facturée par les hôpitaux, n’est en aucun cas et d’aucune façon proposée à des personnes qui pourraient bénéficier de ce même service avec une prise en charge par le système de sécurité sociale. » C’est que qu’affirme la société de service de conciergerie dans un communiqué publié le 24 septembre 2019.

    Dans ce document, transmis à Health & Tech Intelligence, Happytal répond à France 2, dont une enquête diffusée le 19 septembre dans « L’œil du 20h » remet en question l’honnêteté de certaines pratiques commerciales menées directement auprès de personnes fragiles, sur la base de témoignages.

    Certains anciens employés de la société ont notamment avancé qu’ils étaient jugés sur le nombre de chambres simples signées (« Il y avait une pression pour en signer toujours plus, pour voir le plus de personnes possible », rapporte un ancien concierge). Happytal dément, assurant qu’il n’incite « d’aucune façon ses salariés à facturer un maximum de prestations ». « D’ailleurs, ces salariés ne peuvent aller en chambre qu’après l’accord préalable donné par le poste de soin, précise l’entreprise. La part la plus importante de la rémunération variable de nos concierges est calculée sur leur propre comportement et la satisfaction des patients. Les objectifs d’Happytal sont fixés en accord avec les établissements de santé et la part quantitative de ces objectifs est minoritaire. »

    RAPPEL – Saisie de plaintes de patients, la Direction de la répression des fraudes (DGCCRF) est en train de mener des contrôles sur la société et ses méthodes. Après les révélations de l’enquête de France 2, qui corroborent les témoignages recueillis par Le Monde (article publié en août 2019), la direction de l’AP-HP a annoncé sa décision de ne pas renouveler ses contrats avec Happytal (le contrat serait néanmoins gardé jusqu’en 2021) : après 2 ans de collaboration, 9 hôpitaux devraient se passer des services de la société.

  • Passeport BP (5M€) : une expérimentation via l’usage d’outils numériques pour les patients bipolaires

    Une prise en charge spécialisée et coordonnée, associée au développement d’outils numériques, à l’utilisation d’algorithmes d’intelligence artificielle (IA) et à un modèle de financement forfaitaire au parcours de soins. C’est ce que propose le projet d’expérimentation Passport BP (parcours de soins pour les patients bipolaire), porté par la Fondation FondaMental et qui vient d’être autorisé par un arrêté du ministère des Solidarités et de la Santé. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la réforme de l’organisation et du financement du système de santé conduite par Agnès Buzyn.

    Le projet est soutenu par un budget de 5 millions d’euros sur les 3 premières années d’implémentation. L’expérimentation concernera 2 000 personnes atteintes de troubles bipolaires réparties sur 5 territoires représentatifs de l’organisation des soins en psychiatrie. Elle s’échelonnera entre 3,5 et 4,5 ans, avec une évaluation intermédiaire réalisée au bout de 3,5 ans.

    Son objectif est d’« améliorer le pronostic psychiatrique et somatique des patients, leur qualité de vie et leur satisfaction tout en améliorant la performance médico-économique du système de santé », indique l’AP-HP dans un communiqué publié le 27 septembre 2019.

    Passport BP est le fruit d’une collaboration avec la start-up Sêmeia et 5 centres hospitaliers : le CHU de Clermont-Ferrand (Auvergne Rhône-Alpes), le CH du Vinatier (Lyon, Auvergne Rhône-Alpes), le CH de Moulins-Yzeure (Auvergne Rhône-Alpes), le CHRU de Besançon (Franche-Comté) et les Hôpitaux universitaires Henri-Mondor – AP-HP (Ile-de-France). « Cette expérimentation associe également la société SBT HappyNeuron, l’association Argos 2001 et l’Unafam », précise l’AP-HP.

    « Vers une prise en charge globale (psychiatrique et somatique) et spécialisée »

    « Cette expérimentation concrétise les transformations souhaitées par les cliniciens et les patients vers une prise en charge globale (psychiatrique et somatique) et spécialisée, au sein d’un modèle économique incitant à la qualité et à l’efficience. Elle préfigure des évolutions qui pourraient s’appliquer aux autres maladies psychiatriques comme la dépression ou la schizophrénie », commente le Pr Marion Leboyer, directrice de la Fondation FondaMental et directrice médical du département médico-universitaire Impact (AP-HP).

    Un plan de soin personnalisé, suivi par un « case manager »

    Passport BP propose un parcours de soins spécialisé spécifique aux personnes atteintes de troubles bipolaires après leur passage dans un service de psychiatrie adultes (post-hospitalisation complète ou partielle ou à l’issue du passage en CMP).

    Dans un premier temps, un plan de soins personnalisé est défini pour chaque patient de manière pluridisciplinaire. Il est établi au cours de consultations spécialisées longues, qui peuvent être complétées par un bilan au sein d’un centre expert FondaMental Troubles bipolaire dans les cas les plus complexes.

    La suivi et la coordination de ce plan seront pilotées par un case manager, « une fonction assurée par une infirmière ayant reçu une formation dédiée spécifique », précise l’AP-HP (communiqué). Le case manager aura pour mission :

    • de détecter les indices de détérioration de la santé du patient et d’ajuster le plan en fonction ;
    • d’améliorer l’articulation ville-hôpital des différents acteurs sanitaires et médico-sociaux ;
    • de favoriser la diffusion des bonnes pratiques.

    Des outils numériques et un traitement des données pour optimiser la prise en charge

    Le projet « s’appuie sur une utilisation intensive des outils numériques et le traitement massif de données de santé pour piloter le projet de soin du patient, répondre à ses besoins de santé et mettre à sa disposition des thérapies psychosociales peu disponibles en soins courants », indique l’AP-HP.

    MentalWise : un suivi des symptômes de la maladie pour une prise en charge rapide des crises somatiques

    Parmi ces solutions figure MentalWise de Sêmeia, qui permet entre autres un suivi des symptômes de la maladie pour une prise en charge rapide des crises et des événements somatiques.

    Basé sur un système d’intelligence artificielle (IA), MentalWise réalise une analyse prédictive de l’état de santé du patient afin d’aider les soignants à orienter leurs actions de prévention et d’éducation vers les patients les plus à risque de crise maniaque ou dépressive, d’arrêt de traitement ou d’hospitalisation.

    La solution SimpLe, un outil numérique de psychoéducation, et Happy Neuron, une solution digitale de remédiation cognitive, seront également utilisées parmi d’autres outils dans le cadre de l’expérimentation.

    « L’apport massif de données de suivi collectées automatiquement et l’utilisation de modèles prédictifs devraient permettre aux équipes soignantes d’anticiper les événements graves survenant sur le parcours du patient. La mise à disposition de ces outils digitaux au service des soignants et des patients va profondément transformer la prise en charge de demain », commente Daniel Szeftel, co-fondateur de Sêmeia.

    Vers un financement forfaitaire au parcours

    Dégager de nouvelles ressources pour la psychiatrie tout en réduisant la dépense pour la collectivité

    Un nouveau mode de financement sera expérimenté à travers le projet Passport BP. L’idée est de basculer progressivement « d’un financement par la dotation annuelle de fonctionnement (DAF), budget global inégalitaire, inefficace et peu propice au déploiement de nouvelles organisations, à un financement forfaitaire au parcours, afin de dégager de nouvelles ressources pour la psychiatrie française tout en réduisant la dépense pour la collectivité par la limitation des hospitalisations et arrêts de travail », explique l’AP-HP.

    Ce nouveau mode de financement est également basé sur la mesure d’indicateurs de résultats qui importent aux patients, définis au préalable avec l’association Argos 2001.

  • Elsan constitue une nouvelle offre d’outils digitaux en collaboration avec les praticiens

    « La constitution de notre nouvelle offre d’outils digitaux repose sur un processus collaboratif avec les praticiens. » C’est ce qu’explique Ségolène Perin, directrice de l’innovation à Elsan, interrogé par Health & Tech Intelligence le 30 septembre 2019 à propos d’une enquête interne* menée auprès des praticiens du groupe sur leur usage et perception des outils digitaux.

    Des groupes de travail sont en train d’être constitués pour une première phase de travail qui s’étendra jusqu’à fin 2019. L’idée est de proposer des solutions « déjà existantes » de start-ups ou d’autres acteurs sur la base des résultats de cette étude, « de centraliser et de commercialiser l’offre » au sein des établissements Elsan, précise Ségolène Perin.

    Principaux enseignements de l’enquête :

    • les praticiens interrogés expriment un fort intérêt pour les outils digitaux ;
    • ils sont en particulier intéressés par les solutions permettant de fluidifier leur pratique médicale (temps de consultation, communication inter professionnels etc.) et leur visibilité.

    « Au-delà d’un aperçu des usages actuels, l’objet du sondage était de valider les thématiques sur lesquelles les praticiens plébiscitaient l’aide d’un outil digital, note Elsan (communiqué). C’est le cas notamment pour faciliter l’information aux patients : plus de 60 % d’entre eux appellent de leurs vœux une bibliothèque de contenus pédagogiques à destination de leur patientèle et près de 70% souhaiteraient avoir accès à un système de consentement éclairé électronique qui garantisse la traçabilité de l’information. »

    Fluidifier la pratique et améliorer la visibilité des praticiens

    Des outils pour informer et collaborer

    L’enquête révèle que les praticiens interrogés utilisent les outils digitaux « principalement à des fins d’information et de collaboration avec des pairs » (communiqué).

    • 96 % des répondants y voient un moyen d’accès à l’information médicale et aux dernières avancées de la recherche ;
    • 72 % les utilisent pour collaborer avec leurs confrères.

    Elsan indique par ailleurs que la moitié des médecins utilisent actuellement les solutions digitales pour communiqué avec leurs patients. Un tiers a déjà recommandé à ses patients une ou plusieurs applications mobiles, notamment pour le suivi ou l’auto-suivi à distance.

    Fluidifier la pratique médicale

    « Actuellement, les outils utilisés pour communiquer entre professionnels sont assez statiques (utilisation de SMS ou de l’appli mobile Whatsapp), commente Ségolène Perin. Notre objectif est de parvenir à fluidifier la communication entre la ville et l’hôpital, mais aussi en interne au sein des établissements pour, à terme, fluidifier les parcours de soins. »

    Améliorer la visibilité des praticiens

    L’un des autres enseignements de l’étude est la volonté des praticiens d’améliorer leur visibilité en ligne, comme par exemple leur page Google. « Ils reconnaissent leurs limites sur ce sujet. Nous allons donc les aider à mieux maîtriser leur image et les outils permettant de mieux gérer leur visibilité sur internet », précise Ségolène Perin.

    La valeur du DMP « n’est pas totalement perçue »

    Il ressort par ailleurs de l’étude menée par Elsan que le dossier médical partagé (DMP) est peu consulté et utilisé. 27 % des praticiens sondés seulement le consultent dans le cadre du suivi de leurs patients.

    Ce désintérêt s’explique, selon les praticiens, par un « manque de fluidité » du DMP, sur lequel l’information disponible « n’est pas totale », explique Ségolène Perin. « La valeur de la solution n’est pas totalement perçue ; l’outil n’est pas forcément vu comme un outil aidant », complète-t-elle.

  • Vidal rachète Weda pour accélérer dans la prescription électronique

    Le groupe Vidal annonce le rachat de la société Weda, spécialiste des logiciels de dossiers patient en ligne en direction des professionnels de santé libéraux. Avec cette acquisition, Vidal prévoit d’« accélérer le développement de sa prochaine génération de services d’aide à la décision thérapeutique, en particulier autour de la e-prescription », est-il précisé dans le communiqué daté du 26 septembre 2019.

    « Grâce à une intégration fine avec le dossier du patient, nous allons améliorer significativement la performance de nos services d’aide à la prescription, en particulier dans le domaine de la prévention du risque évitable », déclare Vincent Bouvier, président de Vidal Group. Selon lui, « ceci bénéficiera à tous les logiciels partenaires utilisant [ses] services ».

    De son côté, Weda attend de ce rapprochement « une nouvelle capacité d’investissement et d’expertise pour étendre ses solutions ». La société revendique plus de 10 000 utilisateurs, dont 60 % de médecins.

  • Étude : le machine learning permet de distinguer des tumeurs primitives et des métastases

    Des chercheurs de la Charité – Universitätsmedizin Berlin et du consortium allemand contre le cancer (DKTK) ont mis au point un algorithme d’apprentissage automatique (machine learning) capable de distinguer les métastases pulmonaires d’un cancer de la tête et du cou d’un cancer primitif du poumon. Cette méthode d’intelligence artificielle (IA) repose sur l’étude des modifications de l’ADN. Cette découverte, présentée dans une étude* publiée le 11 septembre 2019 dans Science Translational Medicine, est très importante dans la mesure où le traitement de ces deux types de tumeurs n’est pas du tout le même.

    Tumeurs primitives ou métastases : une différence cruciale

    Les cancers de la tête et du cou représentent environ 4 % de tous les cancers dans le monde. Ces tumeurs peu connues peuvent affecter le larynx, le pharynx, la bouche, les lèvres, la langue, les amygdales, les sinus ou les glandes salivaires. Et ce cancer a tendance à métastaser au poumon.

    Cependant, dans la grande majorité des cas, il est impossible de déterminer s’il s’agit de métastases pulmonaires du cancer de la tête et du cou ou d’un second cancer primitif, c’est-à-dire d’un cancer primaire du poumon. Or, cette distinction est extrêmement importante dans le choix du traitement. En effet, si la chirurgie peut être indiquée dans les cancers du poumon localisés, elle risque de diminuer les chances de survie en cas de cancers métastatiques de la tête et du cou. Le protocole de soins repose alors sur de la chimiothérapie associée à de la radiothérapie.

    Quand l’IA repère des altérations chimiques de l’ADN

    Actuellement, les techniques utilisées pour distinguer ces deux types de tumeurs cancéreuses reposent sur l’analyse de la microstructure du cancer et la détection de protéines caractéristiques dans les tissus.

    Cependant, ces tests ne sont généralement pas concluants en raison de trop grandes similitudes entre les cancers de la tête et du cou et les cancers du poumon à cet égard. « Afin de résoudre ce problème, nous avons testé des échantillons de tissus pour rechercher une altération chimique spécifique appelée méthylation de l’ADN, déclare le Pr Capper, membre scientifique du consortium allemand contre le cancer (DKTK) à Berlin. Selon des études antérieures, les schémas de méthylation de l’ADN dans les cellules cancéreuses sont fortement dépendants de l’organe à l’origine du cancer. »

    Pour mener à bien leurs travaux, les chercheurs de la Charité – Universitätsmedizin Berlin et du consortium allemand contre le cancer se sont associés à des experts en intelligence artificielle (IA) de la Technische Universität (TU) de Berlin. Ils ont utilisé des données de méthylation de l’ADN de plusieurs centaines de cancers de la tête, du cou et du poumon afin de former un réseau neuronal profond permettant de distinguer les deux types de cancer.

    Les résultats de leur étude ont été publiés le 11 septembre 2019 dans la revue Science Translational Medicine.

    Résultats : précis à 99 %

    • Le réseau de neurones est capable de faire la distinction entre les cancers du poumon et les métastases des cancers de la tête et du cou avec une précision de plus de 99 %.

    Les auteurs de l’étude estiment que leur approche peut faciliter « une différenciation fiable » du diagnostic des métastases pulmonaires d’un cancer de la tête et du cou d’un cancer pulmonaire primitif et ainsi guider les décisions thérapeutiques.

    Pour que les patients bénéficient au plus vite de cette avancée, les chercheurs sont en train de tester la mise en œuvre de cet outil d’IA en routine. Une étude de validation est en cours.

    « Le rôle de plus en plus important de l’IA »

    Après avoir travaillé aux côtés des chercheurs de la Charité, le Pr Klaus-Robert Müller, directeur du Centre d’apprentissage automatique de Berlin (BZML), s’est réjoui de ces résultats : « L’intelligence artificielle joue un rôle de plus en plus important, non seulement dans notre vie quotidienne, l’utilisation de l’intelligence artificielle est particulièrement complexe dans le domaine médical, c’est pourquoi, jusqu’à présent, les résultats de la recherche n’ont que rarement procuré des avantages directs aux patients, commente-t-il. Cela pourrait bien être sur le point de changer. »