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  • Les start-ups françaises e-santé ont levé 118,9 millions d’euros en septembre 2019

    Les start-ups françaises spécialisées dans le secteur de la e-santé ont levé 118,9 millions d’euros en septembre 2019. Le plus important tour de table a été réalisé par Carmat, une start-up qui a développé un cœur artificiel. La société a recueilli 60 millions d’euros grâce à une levée de fonds coordonnée par Oddo BHF SCA, avec comme contributeurs Matra Défense SAS, le groupe Therabel ainsi que les family offices Lohas SARL et Santé Holdings SRL, les holdings d’investissements de la famille Gaspard et de Pierre-Edouard Stérin.  

    La deuxième opération la plus conséquente au cours du mois a été effectuée par Keranova, qui a levé 24 millions d’euros dans le cadre d’une levée de fonds abondée par ses actionnaires historiques Mérieux Equity Partners et Supernova Invest, avec la participation de la Financière Arbevel et de Tourrette Investissement. 

    À noter par ailleurs à l’international l’opération réalisée par Healthy.io, une société israélienne spécialiste des tests urinaires qui a récolté 60 millions de dollars (54 millions d’euros). À signaler également la levée réalisée par la société britannique Kheiron, spécialiste de la détection de cancer du sein par intelligence, qui a recueilli 20 millions d’euros.

  • Étude : les preuves du pouvoir diagnostic de l’IA restent fragiles (Lancet Digital Health)

    De plus en plus d’études indiquent que la précision diagnostique des algorithmes est équivalente ou supérieure à celle des humains. Cependant, elles comportent des biais, leurs résultats sont donc difficilement généralisables. Selon une étude* publiée le 25 septembre 2019 dans la revue The Lancet Digital Health, sur 20 000 publications passées en revue, moins de 1 % reposaient sur une méthodologie solide.

    Une profusion d’études scientifiques sur l’IA

    Le tout premier article avec le terme « intelligence artificielle », indexé dans la base Medline, remonte à 1951. Actuellement, plus de 16 000 articles paraissent chaque année sur l’IA, rien que dans les revues scientifiques. Certaines d’entre elles suggèrent que les capacités diagnostiques du deep learning (apprentissage automatique) seraient supérieures à celles des humains, suscitant de fait un grand enthousiasme. Ces travaux prédisent même la disparition de disciplines entières ou la création de nouveaux rôles pour les médecins, tels que des « spécialistes de l’information ».

    Comme l’imagerie médicale est l’une des sources les plus précieuses d’informations pour établir un diagnostic, et que les ressources humaines manquent pour interpréter ces images, le diagnostic automatisé par le biais de l’IA apparaît comme une solution.

    Les capacités de diagnostic de l’IA sur imagerie passées au crible

    La Food and Drug Administration (FDA) américaine a aujourd’hui approuvé plus de 30 algorithmes d’IA. En prévision de la mise en place de tels outils de diagnostic dans la pratique clinique, une équipe internationale de chercheurs a souhaité examiner systématiquement l’ensemble des preuves étayant le diagnostic fondé sur l’IA.

    Les auteurs de l’étude ont donc identifié près de 32 000 études portant sur le diagnostic à partir d’images médicales via l’intelligence artificielle. Seulement 82 d’entre elles ont été incluses.

    Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 25 septembre 2019 dans The Lancet Digital Health.

    Résultats : une faiblesse méthodologique

    • 1 % des études reposaient sur une méthodologie solide avec des résultats confirmés par des experts indépendants.
    • 25 études seulement avaient validé leur modèle sur un autre échantillon.
    • 14 études seulement avaient comparé les résultats obtenus par les modèles d’apprentissage en profondeur et les professionnels de santé sur le même échantillon.
    • la performance diagnostique des modèles d’apprentissage en profondeur était globalement équivalente à celle des professionnels de la santé.

    Cette revue est la première, publiée à ce jour, à comparer systématiquement l’exactitude diagnostique de tous les modèles d’apprentissage en profondeur par rapport aux professionnels de la santé utilisant l’imagerie médicale.

    « Bien que cette estimation semble corroborer l’affirmation selon laquelle les algorithmes d’apprentissage profond sont équivalents en termes de précision au niveau du clinicien, il convient de prendre en compte plusieurs déficiences méthodologiques communes à la plupart des études incluses », écrivent les auteurs de cette revue systématique. Le fait que très peu de travaux faisaient état de comparaisons avec des professionnels de la santé utilisant le même ensemble de données de test, il est prématuré de généraliser ces résultats.

    De plus, « très peu d’études prospectives ont été réalisées dans des environnements cliniques réels, précisent les chercheurs, ajoutent-ils. La plupart des études étaient rétrospectives, in silico et basées sur des ensembles de données précédemment assemblés ».

    Comparer homme et IA est « hasardeux »

    « On peut peut-être conclure que, d’après le maigre corpus disponible de travaux comparant l’IA aux médecins, l’IA ne fait pas moins bien que les humains. Mais les données sont limitées et il est encore trop tôt pour le dire », juge Tessa Cook, professeure assistante de radiologie à l’université de Pennsylvanie (Etats-Unis), dans un commentaire indépendant sur l’étude. « Comparer les deux est hasardeux », ajoute-t-elle, rappelant que les médecins travaillent dans le vrai monde, où les données médicales sont « brouillonnes, difficiles à cerner et imparfaites ».

    Les chercheurs en concluent qu’il existe « une grande incertitude quant aux estimations de la performance diagnostique fournies dans notre méta-analyse exploratoire et nous devons souligner que des estimations fiables du niveau de performance ne peuvent être obtenues que par des études bien conçues et bien exécutées qui minimisent les biais et transparentes ». Et « parmi ces quelques études, nous avons tout de même constaté que l’apprentissage en profondeur pouvait en effet détecter des maladies allant du cancer aux maladies des yeux aussi précisément que les professionnels de la santé. Mais il est important de noter que l’IA n’a pas largement surpassé les diagnostics humains ».

  • Les entreprises de la télémédecine (LET) invitent à co-construire le futur de la téléconsultation

    L’association LET (Les entreprises de la télémédecine) invite à co-contruire avec la Cnam et le gouvernement le futur de la téléconsultation. Selon François Lescure (président de MédecinDirect) et le Dr. Alexandre Maisonneuve (directeur médical de Qare), co-fondateurs de l’association, il existe un décalage entre les textes de loi (avenant n°6) et la pratique sur le terrain, également avec les pratiques à l’étranger.

    Dans le cadre d’une matinale organisée fin septembre 2019 par Techtomed sur le bilan de la téléconsultation, 1 an après son entrée dans le droit commun, François Lescure et le Dr. Alexandre Maisonneuve ont présenté un état des lieux du marché, en témoignant de leur expérience en tant qu’industriels et en partageant leur opinion sur l’évolution de la pratique.

    Le Dr. Alexandre Maisonneuve décrit notamment l’avenant n°1, « assez restrictif » selon lui, comme une version n°1 du déploiement de la téléconsulation. Il perçoit par ailleurs des associations possibles entre les groupements de pharmacies et les sociétés de téléconsultation par le biais de l’avenant n°15.

    Environ 60 000 téléconsultations ont été remboursées par l’Assurance maladie entre septembre 2018 et septembre 2019 ; on dénombre par ailleurs environ 500 000 actes non remboursés parmi les 450 millions d’actes annuels, rappellent les 2 fondateurs de LET, précisant qu’il existe actuellement une vingtaine d’acteurs sur ce marché, avec des modèles économiques différents : BtoBtoC (une mutuelle fait l’intermédiaire entre le médecin et le patient tel que MédecinDirect) ; BtoC (sans intermédiaire, comme Qare ou Livi).

    Un moyen de désengorger les urgences et de réaliser des économiques

    Selon le Dr Alexandre Maisonneuve (Qare), les médecins se disent prêts pour la téléconsultation : ils y consacrent actuellement une consultation sur 4 (25 %) ; dans le futur, ils devraient y consacrer 1 consultation sur 2 (50 %), estime-t-il.

    François Lescure (MédecinDirect) souligne de son côté que 15 à 20 % des patients seraient allés aux urgences s’ils n’avaient pas téléconsulté. Au vu du coût d’une consultation (en moyenne 190 € au total), des économies substantielles sont déjà réalisées pour le système de santé afin notamment de désengorger les urgences, avance-t-il.

    La difficulté de faire changer les mentalités

    Le Dr Alexandre Maisonneuve revient sur le cadre initial de la téléconsultation mis en place par la Cnam et les syndicats de médecins. Au début, l’acte avait pour but de desservir les zones sous-denses pour les personnes âgées de plus de 75 ans. Le directeur médical de Qare soulève un décalage avec la réalité puisque cette cible « est peu digitalisée », souligne-t-il.

    Initialement, il y a également eu des craintes d’explosion des téléconsultations sur le nombre d’actes à rembourser, d’une forme d’uberisation de l’acte, avec l’arrivée potentielle d’acteurs étrangers et, enfin, de voir cette pratique remplacer la médecine classique. Le Dr Alexandre Maisonneuve souligne la difficulté de faire changer les mentalités ; les syndicats sont encore aujourd’hui très réticents à ce type d’évolution.

    L’avenant n°6 : une « version 1 » de la téléconsultation car assez restrictif

    Actuellement, l’avenant n°6 prévoit, pour que la consultation soit remboursée, que le médecin doit avoir vu le patient dans les 12 derniers mois, ce qui induit une notion de connaissance préalable du dossier médical de la personne. Cette situation est rare et parfois la téléconsultation se fait dans des déserts médicaux, où les patients n’ont plus de médecin traitant.

    L’avenant n°6 interdit actuellement l’usage du téléphone et du chat. L’usage est donc restrictif. Le Dr Alexandre Maisonneuve évoque cet avenant comme « une version n°1 » de la téléconsultation.

    Vers des associations entre les groupements de pharmacie et les sociétés de téléconsultation ?

    Par ailleurs, l’avenant n°15 va permettre aux pharmaciens de réaliser des téléconsultations, un acte très attendu par les patients et la profession. Le directeur médical de Qare entrevoit dans ce cadre des associations entre les groupements de pharmacie et les sociétés de téléconsultation.

    « Les régions expriment un besoin de territorialité »

    François Lescure ajoute que « les régions expriment un besoin de territorialité », notamment avec la création de CPTS.

    Le Dr Alexandre Maisonneuve complète en indiquant que ces structures faciliteront l’information et la mise en réseau. Les CPTS vont organiser la téléconsultation grâce à la mise en commun des disponibilités et des agendas entre professionnels de santé pour un meilleur accès aux soins. Nicolas Revel, directeur général de la Cnam, se dit favorable à ce déploiement.

  • Rencontres : « découvrir et intégrer les Challenges IA pilotés par la DGE », le 11/10/19 de 14h à 16h

    Un événement dédié aux Challenges IA est organisé le 11 octobre 2019 à Station F. Il est dédié à toutes les start-ups et PMEs qui « souhaitent challenger l’IA au profit de 4 secteurs clés : la santé, le transport-mobilité, l’environnement et la défense-sécurité », précisent les organisateurs. L’objectif de ces rencontres est de découvrir les opportunités de développement et d’innovation proposées.

    Lancés dans le cadre du plan « Intelligence artificielle » annoncé par le Président de la République, ces challenges, pilotées par la Direction générale des entreprises (DGE), font émerger des solutions IA innovantes dans une dynamique d’open innovation dans l’objectif d’améliorer les services publics. Lors de cet après-midi seront présentés les problématiques sélectionnées ainsi que les « sponsors » (entreprises porteuses de challenges sélectionnées dans chacune des thématiques retenues), qui recherchent désormais des start-ups ou des PMEs pour répondre à leur challenge (appel à candidatures en cours). L’idée de l’événement est d’expliquer aux potentiels candidats quels pourraient être leurs profits en termes de data et d’opportunités commerciales, dans le cadre de ces Challenges, et comment rejoindre les lauréats du projet. Les participants seront invités à poser leurs questions et à rencontrer l’ensemble des parties prenantes.

    Les inscriptions à l’événement, gratuites, doivent être réalisées sur le site Eventbrite.fr, accessible via ce lien.

  • Arthrose de la main : Quantic Nanotech lance une série d’essais pour son gant thérapeutique

    Quantic Nanotech, division du groupe espagnol Demac SA, lance une série d’essais pilotes à destination des patients de plusieurs hôpitaux de Madrid pour son gant QNano Glove, présenté au CES de Las Vegas en janvier 2019 et destiné à traiter l’arthrose de la main. Le gant est contrôlable par smartphone ou via internet et permet un contrôle à distance par les professionnels de santé.

    « Ce dispositif permet l’application à domicile, dans la main affectée, de différents traitements à l’efficacité clinique prouvée, pendant le repos ou la nuit », précise le Dr Luis Villa, de l’hôpital madrilène Puerta de Hierro-Majadahonda, cité dans un communiqué daté du 30 septembre 2019. Il ajoute que le traitement de l’arthrose des mains est ordinairement très coûteux, reposant sur une thérapie présentielle et une médication locale et orale, et qu’un traitement à domicile serait « plus facile et moins cher ».

    Les premières conclusions des études cliniques chez les patients souffrant d’arthrose de la main devraient être publiées au cours du quatrième trimestre 2019 et du premier trimestre 2020. La société finalise actuellement une levée de fonds en série A visant à une commercialisation rapide de son produit.

  • Australie : plus de 850 000 rapports de diagnostic téléchargés dans My Health Record chaque semaine

    Plus de 850 000 rapports de diagnostic sont téléchargés chaque semaine dans My Health Record (MyHR), le dossier de santé électronique australien (récemment déployé), rapporte l’Australian Digital Health Agency (ADHA), qui précise que tous les professionnels de l’imagerie diagnostique du secteur public utilisent MyHR et que le nombre de professionnels du privé se servant de l’outil augmente par ailleurs. Le dispositif contient désormais 31 millions de documents cliniques et plus de 1,3 milliards de documents Medicare, note l’ADHA dans un communiqué publié le 30 septembre 2019.

    Ces chiffres ont été présentés en parallèle d’une mise à niveau du système annoncée le même jour. Cette dernière permettra de regrouper les rapports de pathologie et d’imagerie diagnostique ainsi que les résultats des tests médicaux des Australiens, à condition que les applications soient à même d’intégrer la liste des documents disponibles sur My Health Record.

    Les capacités améliorées de flux de travail clinique apportées par cette actualisation « permettront aux fournisseurs de soins d’identifier plus facilement et de regrouper [sur un même espace] les tests et les résultats pertinents, et ainsi de fournir les meilleurs soins possibles, notamment en suivant les réalisations de tests, pour savoir quand ils ont été réalisés, afin de surveiller les résultats des patients au fil du temps« , commente l’agence australienne.

    L’ADHA est actuellement en train de réorganiser l’infrastructure de tous les services dont elle a la charge.

  • Service d’accès aux soins : l’équipe projet est nommée, des propositions sont attendues fin novembre

    « Définir un nouveau service d’orientation et de guidage dans le système de santé, simple et facilement accessible », apportant à tous les Français « une réponse à toute demande de soins ou toute question sur la santé ». C’est l’objectif assigné par le ministère des Solidarités et de la Santé à l’équipe chargée de conduire les travaux sur le Service d’Accès aux Soins (SAS), selon un communiqué publié le 1er octobre 2019.

    Cette « équipe projet » composée de 4 membres mènera une concertation de 2 mois auprès des professionnels de santé sur « les différentes organisations possibles du SAS ». La ministre Agnès Buzyn choisira fin novembre un modèle d’organisation « afin de pouvoir mettre en place ce service à l’été 2020 ».

    Lancée par la ministre en présence du député Thomas Mesnier (LREM) et du Pr Pierre Carli, responsables de la mission sur la refondation des urgences, l’équipe est composée de :

    Vanessa Solviche, cadre de régulation au Samu 57 et infirmière de formation ;
    Laurent Brechat, médecin libéral à la maison de santé pluridisciplinaire d’Avoine (Indre-et-Loire) ;
    Patrick Goldstein, médecin chef du Samu 59 ;
    Alain Prochasson, médecin libéral à Metz et président de l’Association départementale de permanence des soins de Moselle.

  • Tour de France de la e-santé : un engouement des Régions plus fort qu’attendu, rapporte l’Asip

    Des salles combles (entre 200 à 600 participants selon les Régions), des acteurs motivés, en attente d’une mise en place concrète des initiatives, et des remontées « globalement positives », exceptées quelques craintes émises notamment sur l’identifiant national de santé* (INS). À l’issue des premières étapes du Tour de France de la e-santé, l’Asip Santé, avec qui s’est entretenu Health & Tech Intelligence le 1er octobre 2019, constate une « bonne adhésion » à la feuille de route du numérique en santé présentée en avril par le gouvernement. L’Agence se dit même quelque peu « étonnée » par l’engouement généré par l’événement : « On ne s’attendait pas à remplir systématiquement les salles. Cela montre qu’il y a une véritable attente sur le sujet de la part des acteurs. »

    L’Asip rappelle que les ARS ont la liberté d’organiser ces journées comme elles l’entendent : ce sont elles qui mobilisent les intervenants et qui choisissent quelles initiatives locales seront présentées. L’Asip n’intervient qu’en tant qu’accompagnateur, indique-t-elle, précisant que Dominique Pon, responsable ministériel du numérique en santé, présente à chaque étape les orientations de la feuille de route. « L’objectif est d’écouter les acteurs sur les terrains, de faire remonter les éventuelles problématiques et interrogations. »

    Les éléments principaux qui ressortent de ces premières étapes :
    un engagement des acteurs : professionnels de santé (médecins, infirmières, etc.), présence de beaucoup d’industriels (start-ups mais pas seulement), locaux et représentant de patients (France Assos Santé est présente à toutes les étapes) ;
    des questionnements concrets : de manière générale, pas de remise en cause des mesures annoncées (si ce n’est des questionnements sur l’INS et la formation) mais plutôt une volonté de démarrer au plus vite les actions en palliant rapidement les éventuels freins techniques ;
    • une attente de la part des Régions vis-à-vis du gouvernement : elles ne souhaitent pas seulement un passage mais un vrai suivi de la part du National.

    Prochaine étape : l’Occitanie, à Montpellier et Toulouse, le 3 octobre 2019. Le deuxième Conseil du numérique en santé sera par ailleurs organisé d’ici la fin de l’année (le compte rendu du premier conseil vient d’être finalisé et sera prochainement envoyé aux participants).

    « Les Régions nous demandent un suivi »

    L’une des sujets qui se posent dans le cadre de ce tour de France est celui de l’autonomie des Régions. Certaines d’entre elles, comme les Hauts-de-France (HDF) avec Prédice, déploient leur propre feuille de route à échelle régionale. Ne risquent-elles pas de délaisser de ce fait le plan national pour se concentrer uniquement sur leur programme ? « Non », répond l’Asip, expliquant justement que les HDF ont indiqué lors de l’étape organisée début septembre à Lille que le but, avec Prédice, était de « se loguer sur les services socles proposées par la feuille de route nationale ».

    « Le National a besoin des régions et en même temps les régions ont besoin du National »

    « Les Régions ne veulent pas un simple passage. Elle nous demandent un suivi, complète l’Agence. Il y a un lien qui se crée avec l’Asip Santé, les ARS et tous les corps de métier. Notre référent régional est présent à chaque étape et assure le relai avec les ARS. Il va y avoir un suivi. Le National a besoin des régions et, en même temps, les régions ont besoin du National. »

    Ce qui ressort par ailleurs de ces premières étapes est que les échéances fixées dans le cadre la feuille de route sont respectées. « Dominique Pon et Laura Létourneau (en charge de la transformation numérique en santé) y tiennent, même si cela ne répond pas à 100 % aux exigences initialement souhaitées. Leur idée est simple : « On se lance et on affinera ensuite sinon on n’avancera pas » », commente l’Asip.

    La formation, un sujet récurrent

    « Peu de critiques » ressortent des échanges avec les acteurs, avance l’Agence. En dehors des inquiétudes portant sur l’identifiant national de santé (INS), dont la mise en place n’est pas assez rapide selon certains professionnels de santé, un autre sujet qui revient souvent au centre des discussions est celui de la formation, un point qui est, selon les acteurs, peu abordé.

    Dominique Pon et Laura Létourneau vont inclure le sujet dans la feuille de route, note l’Asip, rappelant qu’il avait déjà été abordé lors du premier Conseil du numérique en santé en juin : un groupe de travail va être mis en place. L’Asip ajoute qu’il existe des initiatives au niveau local, comme une formation « e-santé » proposée à l’université de Caen et présentée lors du Tour de France, mais qu’il est important de « réfléchir à quelque chose de plus global ».

    D’autres problématiques devraient par ailleurs ressortir lors des étapes organisées en Outre-mer. L’Asip cite notamment la Guyane, où, « avant même de parler de e-santé se pose la question de la couverture numérique ». Un sujet qui se dégage aussi en métropole, comme en Bourgogne, où les acteurs indiquent que certaines zones n’ont pas la fibre ou un accès limité à la 4G. « C’est pour cela qu’il est important d’aller sur le terrain, pour faire remonter ce genre de problèmes », commente l’Asip.

    Mise en ligne des premiers éléments de la doctrine technique

    Quid de l’après-Tour de France ? L’Asip explique que le but n’est pas de présenter un retour global en faisant venir tous les acteurs à Paris, l’idée étant justement de se déplacer régulièrement en région et de proposer un accompagnement en formant des « groupes de travail » avec des « focus métier ».

    Le suivi se fera notamment via l’espace de concertation en ligne, pour permettre de poursuivre les discussions, avec comme point d’appui la doctrine technique, qui est « très attendue ». « On note en effet un besoin de soutien et d’accompagnement pour la mise en place de la doctrine au niveau régional », indique l’Agence.

    Les premiers éléments de cette doctrine technique ont été mis en ligne le 30 septembre.

    Un Lab e-santé pour accompagner les start-ups

    Autre initiative : le Lab e-santé va être lancé dans les mois à venir pour accompagner les start-ups. « La e-santé est assez complexe et le fait d’avoir un cadre au niveau du ministère est une vraie attente. C’est ce qui manque aujourd’hui », explique l’Asip.

    Assises citoyennes : une autre initiative pour donner la parole aux patients

    Bien qu’ils soient eux aussi invités à participer au Tour de France, les patients bénéficient d’une prise de parole spéciale dans le cadre des « Assises citoyennes », une autre initiative prévue dans le cadre de la feuille de route.

    L’idée est de faire intervenir en petit comité des patients à travers des cas concrets (femme enceinte, personne atteinte de diabète, etc.) pour mieux connaître et comprendre leurs attentes et leurs besoins, par exemple du point de vue des informations qu’ils souhaitent avoir à disposition au sein de l’espace numérique de santé. « Il s’agit de groupes de discussions où on les aiguille, un peu selon le modèle du « grand débat », indique l’Asip. On les fait réfléchir et on les aide. »

    La première assise est en train de se dérouler à Toulouse. Une autre session sera organisée en région avant la fin de l’année.

    Dates du Tour de France de la e-santé

  • Kheiron lève 20 M€ pour lancer à l’international son logiciel de détection du cancer du sein via IA

    La société britannique Kheiron Medical Technologies lève 22 millions de dollars (20,19 millions d’euros) en série A afin de lancer à l’international Mia, son logiciel de détection du cancer du sein par apprentissage automatique (machine learning). L’opération a été dirigée par le fonds Atomico avec la participation de Connect Ventures, Greycroft, Hoxton Ventures et Exor, est-il précisé dans un communiqué daté du 23 septembre 2019. Kheiron prévoit d’utiliser cette somme pour le lancement d’une série d’essais cliniques en Europe, en Asie et aux États-unis.

    Mia est conçu pour analyser des images de mammographie numérique plein champ (full-field digital mammography) : la solution aide les radiologues à décider si une femme ayant subi une mammographie doit être suivie ou non. La société souligne que son outil a été élu meilleur nouveau logiciel de radiologie 2019 par le plus important éditeur de radiologie, AuntMinnie, et meilleur outil d’intelligence artificielle (IA) en santé des CogX 2019 Innovation Awards. Kheiron affirme par ailleurs que le logiciel a été en 2018 le premier outil d’apprentissage profond (deep learning) en radiologie à avoir obtenu le marquage CE.

    « Nous avons investi dans Kheiron parce que nous estimons [que la société] compte parmi l’une des meilleures équipes d’apprentissage automatique au monde », déclare Irina Haivas, directrice du fonds Atomico, qui rejoint le conseil d’administration de la start-up. Kheiron souligne de son côté qu’Atomico a travaillé avec « de nombreuses entreprises du secteur de la santé », notamment AccuRx, Hinge Health et ZocDoc.

  • Dreem : les projets de Harvard/MIT et des universités de Californie et d’Ottawa remportent l’AAP

    3 projets – 2 portés par des universités américaines et 1 par une université canadienne – remportent le premier appel à projets (AAP) mondial lancé par Dreem, une société française qui développe un bandeau visant à lutter contre les troubles du sommeil. Les lauréats ont été dévoilés à l’occasion du World Sleep Congress, qui se déroulait du 20 au 25 septembre 2019 à Vancouver (Canada).

    « L’objectif de notre initiative est d’accompagner des projets de recherche qui seraient impossible de mener sans un appareil de mesure du sommeil tel que Dreem. Nous permettons ainsi à des chercheurs d’utiliser notre solution pour réaliser des études à grande échelle qui seraient impossibles avec la PSG (polysomnographie) », explique Eden Debellemanière membre de l’équipe de recherche de Dreem, dans un communiqué publié le 1er octobre.

    Les 3 lauréats sont les suivants :

    Jerome Siegel, de l’université de Californie à Los Angeles (États-Unis) : recevra 20 bandeaux pour son projet sur les déterminants environnementaux du sommeil humain, une étude sur les chasseurs-cueilleurs de San, Hadza et Tsimane ;
    Rebecca Robillard, de l’université d’Ottawa (Canada) : recevra 40 bandeaux pour son projet sur la surveillance multisystémique des patients insomniaques et la potentialisation des oscillations lentes durant le sommeil chez ces patients ;
    Richa Saxena, Joyita Dutta et Dimitrios Pantazis, de la faculté de médecine de Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (États-Unis) : recevront 20 bandeaux pour le développement de biomarqueurs basés sur le sommeil pour le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer.

    Dreem propose ses bandeaux à 3 autres projets (UK et USA)

    « Compte tenu du nombre considérable de candidatures de grande qualité, Dreem a également attribué des bandeaux à trois autres projets particulièrement prometteurs », indique la société.

    Ces projets sont les suivants :  

    • Katherine Sharkey et ses collaborateurs de l’Alpert Medical School of Brown University et de la Brown University School for Public Health (États-Unis) : recevront 15 bandeaux pour leur travail sur l’étude longitudinale du sommeil des femmes pendant la grossesse et le post-partum ;
    • Elizabeth Coulthard et ses collaborateurs de l’université de Bristol (Royaume-Uni) : recevront 10 bandeaux pour leurs travaux sur la compréhension du sommeil, des rythmes circadiens et de la dopamine dans les maladies neurodégénératives ;
    • Zanna Voysey, Alpar Lazar et Roger Barker de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) : recevront 5 bandeaux pour leur travail pilote sur les enregistrements longitudinaux et l’amélioration du sommeil chez les patients atteints de la maladie de Huntington.

    Des candidatures de « grande qualité »

    L’ensemble des candidatures de l’appel ont été examinées par le comité scientifique de Dreem, qui s’est basé sur des critères de sélection comme la justification et l’importance du projet, l’innovation, l’approche, l’environnement scientifiques et la chronologie.

    La « grande qualité » des dossiers a rendu complexe la décision finale, commente Raphaël Heinzer, membre du jury et directeur du Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil de Lausanne.

    Troubles du sommeil : Dreem souhaite devenir « le leader mondial »

    L’objectif de Dreem est de fournir « un accompagnement efficace » aux patients souffrant de trouble du sommeil ainsi qu’aux prestataires de soins suivant ces personnes, explique la société (communiqué), ajoutant que « sa mission est de devenir le leader mondial du dépistage, du diagnostic et du traitement des troubles du sommeil ».

    60 millions $ (55 M€) recueillis

    Depuis sa création en 2014, Dreem a levé 60 millions de dollars US (environ 55 M€) auprès de divers investisseurs, dont Johnson & Johnson. L’entreprise emploie actuellement 90 personnes réparties entre New York, Paris et Taipei (Taïwan).