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  • Conseil du numérique en santé : deuxième réunion le 20 février 2020

    Le Conseil du numérique en santé (CNS) se réunira pour la deuxième fois le 20 février 2020 à Paris. Au cours de cette session seront notamment présentées les propositions des 4 groupes de travail qui vont être constitués au cours du mois d’octobre 2019 sur les domaines suivants : formation, fracture numérique, évaluation, développement économique en France et à l’international des entreprises françaises.

    Dans le cadre de ces groupes, l’Asip Santé appelle les acteurs à candidater en tant que pilotes ou contributeurs. Les candidatures peuvent être adressées jusqu’au 18 octobre 2019 à Pascale Sauvage, directrice adjointe de l’Agence (pascale.sauvage@sante.gouv.fr).

    Les inscriptions pour assister à cette deuxième réunion seront prochainement ouvertes.

    Instauré le 25 avril 2019 par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn à l’occasion du lancement de la feuille de route « Accélérer le virage numérique », le CNS est un organisme de concertation sur la transformation numérique du secteur. Il s’agit plus précisément d’une « relance » de l’ancien Conseil stratégique du numérique en santé (CSNS), qui avait été créé dans le cadre de la stratégie « e-santé 2020 » présentée par l’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine. Le CSNS n’avait plus organisé de réunion depuis octobre 2017. Il est prévu que le nouveau CNS se réunisse une fois par semestre.

    Pour rappel, la première réunion du conseil avait eu lieu en juin 2019.

  • FASN Hôpital du futur : urgences – un besoin d’outils de gestion des flux et d’interop (R. Hellmann)

    Le Dr Romain Hellmann, médecin urgentiste à l’hôpital Bichat (AP-HP) et référent médical à la direction de l’offre de soins de l’ARS d’Île-de-France, constate une insuffisance du déploiement des innovations numériques au sein des urgences, et accuse l’organisationnel.

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence en marge de la journée « Hôpital du futur », organisée par Care Insight le 3 octobre 2019 dans le cadre de la campagne #FASN (Faire avancer la santé numérique), Romain Hellman explique que, selon lui, les services d’urgences auraient essentiellement besoin d’outils de gestion des flux de patients mais aussi de solutions d’interopérabilité. L’urgentiste, qui intervenait lors de la table ronde « Les urgences fluides : rêve ou un futur réalisable ? », estime que la télémédecine pourrait faire partie de la solution à la crise actuelle.

    « On ne voit pas arriver les expérimentations numériques aux urgences »

    Quelle est l’impact de l’innovation vu des services d’urgence ?

    Dr Romain Hellmann : On entend parler de beaucoup d’expérimentations en matière de numérique, mais on ne les voit pas arriver aux urgences. Quand on les voit venir, c’est de façon très ponctuelle à certains endroits de la région dans certains services d’urgences et pas dans d’autres. Ce n’est pas nécessairement un dysfonctionnement, c’est peut-être de l’impatience, on entend parler de tellement de choses qu’on aurait envie que cela aille plus vite.

    Quels sont les freins à l’innovation ?

    Il n’y a pas réellement de démarche de transformation d’une expérimentation en déploiement dans une région ou au niveau national d’un dispositif qui fonctionne, probablement parce qu’on ne met pas les bonnes personnes autour de la table, ou pas tous les gens qu’il faudrait (ingénieur, médecin, directeur). Il faudrait construire des petites équipes projets chargées des innovations.

    Il faudrait qu’on impulse cette démarche parce qu’on en a besoin, cela nous permettrait de gagner en termes de productivité, de qualité de vie au travail et de pertinence des affectations de soignants.

    « Si on demande davantage au 15, il va falloir donner des outils supplémentaires »

    Quelles sont les technologies dont les urgences auraient le plus besoin ?

    Si on demande d’appeler davantage le 15, il va falloir donner des outils supplémentaires, notamment pour mieux orienter les flux, optimiser le tri et le rendre visible par le patient.

    J’ai vu dans un service hospitalier à Los Angeles il y a quelques années un gestionnaire de lits qui permet de voir sur un tableau la disponibilité des lits en temps réel. En Suisse également on peut savoir s’il y a des lits disponibles dans un hôpital voisin. En France, quand vous allez dans un parking, parfois vous savez combien de places il reste et vous avez des signaux lumineux verts et rouges pour garer votre voiture : l’hôpital aurait besoin d’un dispositif similaire.

    L’interopérabilité des solutions pourrait aussi permettre de gagner du temps : actuellement, on prend la tension avec une machine et on est obligé de taper le résultat sur une autre machine, alors qu’on peut imaginer un transfert automatique par wifi de ces données vers le dossier médical.

    La télémédecine pourrait être « un élément supplémentaire pour répondre à la demande »

    La télémédecine serait-elle une solution pour diminuer l’engorgement des urgences ?

    La télémédecine pourrait être un recours, un élément supplémentaire pour répondre à la demande. Mais, plus généralement, on aurait besoin d’un outil pour les différentes phases d’un parcours de soins qui mène aux urgences, qui informe le patient très en amont de son arrivée aux urgences, par une conversation téléphonique ou un échange par mail.

    Il faudrait aussi que le patient sache qu’il n’y a pas que les urgences mais aussi des médecins généralistes qui ont de la place pour des patients, un centre de santé, etc. Cette méconnaissance du système de santé est une des raisons pour lesquelles le patient sollicite trop régulièrement les urgences. Cela fait partie d’un enjeu plus global d’éducation à la santé : je vois des gens venir aux urgences en ayant mal et qui n’ont pas pris de Doliprane avant de venir.

  • La convention du Health Data Hub (constitution juridique) sera signée en novembre 2019

    La convention du Health Data Hub (HDH) sera signée entre le 6 et le 18 novembre 2019. Cette action actera la constitution juridique du hub. C’est ce qu’indique Jean-Marc Aubert, directeur général de la Drees, en charge de la mission de préfiguration de cette plateforme de données de santé, intervenu lors d’une conférence organisée par le G5 Santé le 3 octobre 2019.

    Une information confirmée à Health & Tech Intelligence par Emmanuel Bacry, directeur scientifique du futur HDH.

  • Conseil du numérique en santé : 4 groupes de travail vont être constitués, dont un sur la formation

    Formation, fracture numérique, évaluation, développement économique en France et à l’international des entreprises françaises. Il s’agit des 4 domaines pour lesquels vont être mis en place, pour chacun d’entre eux, un groupe de travail, annonce l’Asip Santé dans une communication envoyée le 2 octobre 2019. Cette décision a été prise à l’issue du premier Conseil du numérique en santé (CNS), tenant compte des différentes interventions des participants.

    « Des propositions d’orientations stratégiques sont attendues » pour chacun de ces groupes, indique l’Agence, précisant que ces derniers seront formés au cours du mois d’octobre et qu’1 pilote sera désigné par groupe. L’idée est d’aboutir à des propositions, qui « devront être concrètes, humbles [et] accessibles à court terme », est-il indiqué. Elles seront présentées lors de la prochaine réunion du CNS, qui aura lieu le 20 février 2020 de 9h30 à 12h30.

    Dans ce cadre, l’Asip appelle les acteurs à candidater en tant que pilotes ou contributeurs. Les candidatures peuvent être adressées jusqu’au 18 octobre 2019 à Pascale Sauvage, directrice adjointe de l’Agence (pascale.sauvage@sante.gouv.fr).

    Par ailleurs, pour les travaux en lien avec la cellule d’éthique du numérique en santé, il est possible de prendre contact avec Brigitte Seroussi, chargée de mission à la Délégation à la stratégie des systèmes d’information de santé (DSSIS) du ministère des Solidarités et de la Santé (brigitte.seroussi@sg.social.gouv.fr).

    Pour aller plus loin, retrouvez ici notre article présentant les éléments clefs du premier CNS, auquel Health & Tech Intelligence a assisté.

  • Rencontres de la cancéro 2019 : mieux intégrer les nouvelles technos en limitant le nombre d’outils

    « Le principal facteur limitant des nouvelles technologies est la multiplicité des outils et le manque d’interopérabilité, obligeant les utilisateurs à se connecter à différentes plateformes ou à télécharger plusieurs applications, explique Maya Gutierrez, oncologue à l’Institut Curie, intervenue fin septembre lors d’une conférence présentant les 12ème Rencontres de la cancérologie française (RCFr), qui se dérouleront à Paris les 26 et 27 novembre 2019. Pour mieux intégrer [ces technologies], il est essentiel de pouvoir concentrer le maximum de fonctionnalités dans un minimum d’outils, tant pour les professionnels de santé que pour les patients. »

    La thématique de cette nouvelle édition des RCFr sera « l’intégration en cancérologie dans un monde en mouvement », abordée à travers plusieurs angles (économique, sociétal, organisationnel, technologique et international).

    Dans le domaine du numérique en santé, le Village CancerTech, initié en 2018, sera renouvelé avec notamment une présentation de projets innovants aux futurs utilisateurs. Le 4ème Prix de la cancérologie connectée sera également remis lors des RCFr.

    Améliorer l’organisation du parcours grâce aux technologies

    Les bénéfices des nouvelles technologies dans le parcours de soins sont liés à différentes étapes de la prise en charge :

    • outils de coordination ville-hôpital pour améliorer la communication entre les soignants et fluidifier le parcours ;
    • portails patients hospitaliers pour consulter les comptes rendus ou les rendez-vous et échanger avec leurs professionnels de santé ;
    • réseaux sociaux de patients et chatbots pour améliorer l’empowerment des patients et rompre l’isolement ;
    • développement de la télémédecine et des nouveaux usages au service du patient ;
    • partage d’information qui permet de gagner du temps aux professionnels et d’éviter les répétitions.

    « Il ne faut pas négliger le temps nécessaire pour utiliser les outils »

    « Il ne faut pas négliger le temps nécessaire pour utiliser les outils et, aujourd’hui, certaines opérations sont redondantes ou non-automatiques, indique Maya Gutierrez. Un professionnel de santé peut être amené à créer un dossier patient pour chaque outil, à chaque fois en renseignant les mêmes items, ou alors, il doit transférer manuellement des documents, tels que des comptes rendus, d’une plateforme à une autre ».

    L’objectif est donc de simplifier et d’automatiser les processus de création et de transfert des dossiers et documents tout en gardant la même sécurité. « Les outils intégrant ces nouvelles technologies sont issus de domaines variés qui n’ont pas forcément une ergonomie adaptée au domaine de la santé. Pour favoriser les usages, il faudrait davantage travailler l’ergonomie pour une meilleure intégration, par exemple, par la mise en place d’une démarche d’expérience et d’interface utilisateur (UX/UI design) », ajoute-t-elle.

    Lutter contre les fake news pour rétablir la confiance

    Dans le cadre de l’intégration des nouvelles technologies, la lutte contre les mauvaises informations devient un enjeu de santé publique. En entrant dans une expérience de cancer, avec toutes les propositions thérapeutiques, les difficultés auxquelles sont confrontés les patients et les incertitudes face au parcours, « c’est très compliqué de faire la part des choses (…) notamment face aux propositions de  traitements substitutifs non-conventionnels, non-validés », explique Giovanna Marsico, déléguée au Service public d’information en santé.

    L’explosion du numérique donne aux informations biaisées une importe visibilité. « Sur les réseaux sociaux, la parole d’une personne vaut des recommandations de la HAS », ajoute-t-elle. Face à ces impacts en santé publique, pour rétablir un climat de confiance envers la science, les pouvoirs publics et le système de santé sont en train de déployer plusieurs dispositif. C’est notamment l’enjeu du site Sante.fr lancé par la ministère des Solidarités et de la Santé.

  • FASN Hôpital du futur : comment le numérique transforme la chirurgie cardio-vasculaire (Pr Fabiani)

    Amélioration du diagnostic médical par le biais de l’intelligence artificielle (IA), évolution du métier de chirurgien avec notamment le déploiement de la robotique (interposition d’un ordinateur entre l’opérateur et le patient), multiplication des organes artificiels implantables (exemple : le cœur artificiel Carmat), modification de l’enseignement à envisager en attribuant une place plus importante à l’utilisation du robot informatisé dans la formation, développement de la prévention par l’intermédiaire des capteurs implantables pour mieux suivre l’état de santé des patients…

    Telles sont les manières par lesquelles les outils numériques contribuent à la transformation de la médecin et de la chirurgie cardio-vasculaire, décrites par le Pr Jean-Noël Fabiani, chirurgien, ancien chef du département de chirurgie cardio-vasculaire et de transplantation d’organes de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP).

    Le professionnel est intervenu à l’occasion de la journée « Hôpital du futur« , organisée le 3 octobre 2019 par la société Care Insight dans le cadre de la campagne #FASN (Faire avancer la santé numérique).

    Au cours de la discussion, il a partagé sa vision de l’hôpital de demain, exposée par ailleurs dans un article intégré au livre blanc Contribution des outils numériques à la transformation des organisations de santé, publié en juin 2019, à la demande de la présidence de la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée nationale, coordonnée par le Dr Jean-Pierre Blum, conseiller du groupe Numérique et Santé à l’Assemblée.

    Health & Tech Intelligence revient sur les éléments clés de son discours, illustré par des exemples concrets d’applications du numérique au sein de l’hôpital.

    La révolution numérique dans l’hôpital « reste encore discrète »

    « La révolution numérique a déjà fait son entrée à l’hôpital, dans les cabinets de cardiologues et dans la pratique des soignants. Elle reste cependant encore discrète, se cantonnant pour certains à une meilleure gestion des ses malades et de ses dossiers, commente le Pr Jean-Noël Fabiani (livre blanc). C’est ainsi qu’on n’a peut être pas encore mesuré la portée exacte et évalué les changements qu’elle va entraîner dans l’exercice de la médecine en général et de la cardiologie en particulier. Pourtant une réflexion simple des faits actuellement observés, peut permettre d’en cerner déjà quelques contours. »

    L’IA et le big data au service du diagnostic médical

    Selon le Pr Jean-Noël Fabiani, le diagnostic médical va être « considérablement modifié par la convergence inéluctable de l’intelligence artificielle (IA) et du « big data », qui permettra la consultation immédiate d’un réseau de référence, l’établissement d’un diagnostic extrêmement fiable et bientôt une prise de décision quand les logiciels customisés seront au point ».

    « L’intelligence artificielle doit être utilisée pour extraire du sens »

    Il observe que la plupart des médecins ne sont pas suffisamment préparés « pour l’extraction de connaissances et la demande de prises de décisions rapides qu’exige la médecine moderne ».

    « L’intelligence artificielle doit donc être utilisée pour extraire du sens, déterminer de meilleurs résultats, et permettre des prises de décisions plus efficaces à partir de sources big data massives en perpétuel renouvellement, commente-t-il. Ces possibilités vont modifier indiscutablement la qualité du diagnostic et entraîner un changement radical du métier de médecin dans de nombreuses spécialités. »

    Quelques exemples

    • les résultats d’imagerie, dont la partie technique peut être réalisée par un technicien (scanner, IRM, scintigraphie, PET scan…), pourront être soumis en temps réel à l’expertise du réseau, « permettant un diagnostic d’une remarquable sureté » : « on considère que le résultat donné équivaut au diagnostic des 10 meilleurs experts mondiaux », indique le chirurgien ;
      • les résultats des échocardiographies guidés par le spécialiste sont déjà effectués par des techniciens dans de nombreux établissements et transférés par la biais d’une solution de télémédecine sur le centre expert : « il est vraisemblable qu’ils seront analysés de la même façon dans un futur proche », avance l’expert ;
      • l’interprétation de l’électrocardiogramme est déjà « totalement numérisée » : « les futurs appareils d’enregistrement vont produire immédiatement, l’interprétation fiable, accompagnant le tracé… », analyse-t-il ;
    • les examens biologiques, « largement robotisés actuellement, pourront se passer dans un futur proche de toute intervention humaine » : l’interprétation des résultats (association des banques de données et de l’intelligence artificielle) identifiera les anomalies et « suggérera les diagnostics les plus probables » ;

    « Ces exemples laissent donc supposer une aide au diagnostic à la fois dans la qualité (fiabilité supérieure à celle d’un expert isolé) et dans la rapidité de réponse permettant l’urgence et de toute façon, une meilleure efficacité », synthétise le professeur.

    Évolution du métier de médecin et donc de la formation

    « Ces évolutions, dont les prémisses sont déjà largement amorcées, vont considérablement impacter le rôle du médecin spécialiste », note le chirurgien, expliquant que le praticien pourra consacrer davantage de temps à d’autres tâches que celle de la gestion des examens.

    Conséquences selon le Pr Jean-Noël Fabiani :

    • une formation différente de celle proposée actuellement aux médecins va devoir être envisagée ;
    • la validation de ces examens et l’intervention du spécialiste en cas de doute seront indispensables, notamment pour assumer la responsabilité du résultat, qui ne peut pas être attribuée à l’IA ;
    • le nombre de spécialistes va diminuer : certains d’entre eux vont ainsi pouvoir se concentrer sur des rôles d’organisateurs de plateaux de soins et de chercheurs dans les différents aspects de leur discipline.

    Par ailleurs, selon le professeur, l’enseignement de la médecine « va poser des problèmes majeurs et nécessiter des choix difficiles ». Son analyse met notamment en avant :

    • le risque de l’éloignement du patient de la prise de décision le concernant en cas de trop grande technicité :
      • il propose de privilégier la formation de médecin « rompus aux contacts humains » mais aussi « suffisamment instruits pour effectuer les synthèses indispensables à la traduction des examens et des décisions prises pour son patient » ;
      • l’introduction des sciences humaines dans le cursus médical, et ce, « dès les premières années » est selon lui « nécessaire » ;
    • le besoin de donner « une place plus importante » au robot informatisé dans la formation du médecin.

    La salle d’opération du futur sera hybride et l’ordinateur s’interposera entre l’opérateur et le patient

    « Les chirurgiens ont déjà bien compris que leur évolution était nécessaire et dans de nombreux centres, ils assurent souvent en collaboration avec les cardiologues et les radiologues, la nouvelle prise en charge de ces patients », observe le Pr Jean-Noël Fabiani, ajoutant que devra cependant être envisagé à l’avenir l’institution d’une nouvelle discipline universitaire de « spécialiste interventionnel », qui regroupera les différentes compétences.

    Il complète en imaginant les évolutions relatives : « l’angiographie chère aux cathétériseurs sera remplacée d’abord par le scanner puis par les échographies à trois dimensions, puis par d’autres techniques d’imagerie encore dans les limbes ».

    La salle d’opération du futur devrait ainsi être hybride, comme c’est déjà le cas dans plusieurs centres, estime le chirurgien : possibilité de réaliser une chirurgie sophistiquée (sous circulation extracorporelle par exemple) et d’utiliser toutes les formes d’imagerie actuelles et à venir.

    La robotique sera de plus en plus présente dans le monde chirurgical

    Dans cette salle d’opération de demain, le robot occupera une place centrale selon le professeur. « Plus que la possibilité d’effectuer une opération sans ouverture classique par des trocarts (ce qui peut être obtenu par une simple vidéo chirurgie), il s’agit en réalité de l’interposition d’un ordinateur entre l’opérateur et le patient, explique-t-il. Si les possibilités qui sont actuellement ouvertes semblent d’ores et déjà intéressantes, elles ne permettent que d’imaginer les progrès envisageables par ce qui ne peut être qu’une révolution dans l’acte chirurgical. »

    Quelques exemples d’application de la robotique en chirurgie :

    • « le robot va permettre des gestes ancillaires et répétitifs qui seront commandés par la voix, comme effectuer une série de nœuds ce qui va sans doute permettre de gagner du temps ;
    • le robot permet déjà d’économiser un aide opératoire car on lui confie aisément le soin d’écarter et de présenter le champ à l’opérateur principal ;
    • le robot va permettre de guider le chirurgien si l’imagerie réalisée en préopératoire est intégrée virtuellement dans l’optique du système et permet de superposition des lésions réelles et des lésons virtuelles découvertes au scanner. Il va également servir de guide à la montée des cathéters dans le réseau artériel ou veineux pour effectuer les gestes interventionnels ;
    • en chirurgie cardiaque, il est déjà possible de réaliser un pontage sur un cœur battant, après avoir synchronisé les battements cardiaques et les instruments du robot. Ainsi l’ordinateur permet à l’opérateur d’opérer sur un cœur apparemment arrêté (ce qui lui facilite mentalement la tâche) alors que le cœur bat normalement ;
    • le robot apparaît également comme un remarquable outil d’enseignement, puisqu’un chirurgien situé dans un lieu X peut facilement prendre les manettes pour une intervention située elle dans un lieu y. Ainsi un chirurgien expert situé par exemple à Paris peut intervenir pour effectuer une opération dans une ville située à des milliers de kilomètres de distance. »

    De plus en plus d’organes artificiels

    « À côté de la greffe, s’imposent de plus en plus les organes artificiels implantables, c’est à dire, remplaçant l’organe malade par leur implantation définitive dans l’organisme et activés par une source d’énergie portable, note le Pr Jean-Noël Fabiani. Leur réalisation et la nécessité de prévoir le dysfonctionnement de toutes les pièces constituantes font appel à une électronique particulièrement sophistiquée (comparable à celle employée dans l’aviation civile). De plus, le contrôle de cet organe artificiel est dominé par une informatique spécifique qui permet d’appréhender à chaque moment la situation de l’appareil et du patient. »

    Exemple avec le cœur artificiel implantable Carmat :

    Le cœur Carmat d’Alain Carpentier est un « progrès décisif comparé à ses prédécesseurs », indique le chirurgien.

    Au cours du mois de septembre 2019, la société a levé 60 millions d’euros. Cette somme servira à :

    • finaliser l’étude pivot actuellement en cours en vue d’obtenir le marquage CE en 2020 ;
    • lancer une étude clinique de faisabilité aux États-Unis, rendue possible par le récent feu vert conditionnel de la FDA ;
    • préparer la commercialisation des produits Carmat : amélioration des processus de production dans l’usine de Bois d’Arcy (Yvelines), augmentation de la cadence de production, adaptation de l’organisation.

    Un développement de la prévention par le biais des outils de suivi à distance

    Au centre de la médecine de demain figurera la prévention, analyse le Pr Jean-Noël Fabiani. Il cite notamment les nouvelles stratégies informatiques utilisant les capteurs implantables, qui « pourront dans un avenir proche rationaliser cette prévention ».

    Exemple avec la prévention de l’hypertension artérielle (HTA) :

    Le chirurgien estime que la solution pour la prise en charge de la HTA est « certainement » l’introduction de puces sous-cutanées capables de transmettre en ligne les chiffres tensionnels (et bientôt le débit cardiaque, avance-t-il), « puisque les données seront transférées directement sur un site de surveillance et l’on pourra contrôler la qualité du traitement ou dépister d’éventuelles complications ».

    Vers des prothèses intelligentes

    Le professeur indique par ailleurs qu’il serait « souhaitable d’utiliser les différentes prothèses qui sont introduites actuellement dans le corps humain pour toutes sortes de pathologies et de les transformer en prothèses « intelligentes » bardées de capteurs ».

    Il donne en guise d’exemple le cas d’un patient opéré pour un anévrysme de l’aorte abdominales à l’aide d’une endoprothèse et dont le pronostic ultérieur dépendra de la prise en charge de sa pathologie cardiovasculaire : il indique qu’il serait « facile » de doter la prothèse de capteurs qui, au contact de la circulation sanguine, pourront mesurer la pression, le début, la glycémie et la cholestérolémie.

    « L’organisation des soins doit être revue »

    En conclusion, le Pr Jean-Noël Fabiani estime que, dans ces conditions, « l’organisation des soins doit être revue » :

    • l’hôpital de demain doit se recentrer sur ses missions : « prendre en charge le temps nécessaire les malades les plus lourds (chirurgie et réanimation) mais assurer au maximum des soins ambulatoires pour les examens complexes » :
      • frein à cette évolution : il ne sera, selon lui, pas possible « médicalement et économiquement » d’assurer partout des hôpitaux de proximité de qualité. Il propose donc de revoir les conditions d’accès à l’hôpital universitaire « pour que l’ensemble de la population puisse en bénéficier dans des délais raisonnables » ;
    • cela suppose de « raviver le réseau de soins de ville » pour éviter les hospitalisations non nécessaires et l’afflux d’urgences qui pourraient être traitées « en ville voire à domicile » :
      • cela nécessite en parallèle la prise ne charge du grand âge et de la dépendance, qui justifie, selon lui en France, « des investissements majeurs ».

    « Ces changements prévisibles liés à l’introduction des outils numériques vont modifier profondément le visage d’une médecine qui reste encore souvent dans le schéma du siècle précédent. Les médecins et les pouvoirs publics en ont-il véritablement conscience ? Il ne faudrait pourtant pas que la réalité qui s’imposera de toute façon, ne produise trop de bouleversements avec leur cortège de drames économiques et humains », indique le professionnel.

  • Grace

    Groupe francophone de réhabilitation après chirurgie

  • FASN : « Nous, médecins, professeurs, chercheurs, sommes engagés pour créer l’hôpital du futur »

    Health & Tech Intelligence relaie la tribune « Nous, médecins, professeurs, chercheurs, sommes engagés pour créer l’hôpital du futur », rédigée par le Pr Jean-Noël Fabiani, chirurgien – ancien chef du département de chirurgie cardio-vasculaire et transplantation d’organes de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP), et le Pr Karem Slim, chirurgien au CHU de Clermont-Ferrand et président de l’association Grace. Ce texte est publié à l’occasion de la journée « Hôpital du futur », organisée le 3 octobre 2019 par la société Care Insight dans le cadre de la campagne #FASN (Faire avancer la santé numérique).

    « Réinventer l’hôpital ». « Un thème central et récurrent qui préoccupe l’ensemble de la communauté des soignants et acteurs du secteur », déclarent en introduction les deux professionnels, estimant qu’il est nécessaire de sortir de l’organisation hospitalo-centrée du système de soins et de davantage se tourner « vers les besoins des patients », les rendre acteurs de leurs parcours, notamment en utilisant les nouvelles technologies, comme le numérique, l’intelligence artificielle (IA) et les systèmes d’exploitation des données. Dans cette tribune, ils présentent certains projets innovants initiés pour transformer « concrètement » la manière de soigner.

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    « Réinventer l’hôpital » : un thème central et récurrent qui préoccupe l’ensemble de la communauté des soignants et acteurs du secteur. Les priorités sont claires et partagées. Nous devons mettre à la disposition d’un maximum de patients les dernières découvertes médicales ; utiliser l’intelligence collective de tous les acteurs, publics et privés, pour déployer des organisations innovantes moins « hospitalo-centrées » et davantage tournées vers les besoins des patients ; permettre aux professionnels d’avoir accès aux données de santé pour développer des programmes d’amélioration des pratiques ou piloter de nouveaux projets de recherche ; faire usage de l’intelligence artificielle à bon escient ; donner aux patients les moyens de devenir acteurs de leur santé notamment à travers l’utilisation des outils digitaux, etc.

    Au quotidien, nous œuvrons pour créer l’hôpital du futur. Nous vous présentons quelques initiatives récentes et des projets innovants qui transformeront concrètement notre façon de soigner.

    L’hôpital à l’assaut du numérique

    Par le Pr Jean-Noël Fabiani, ancien chef du département de chirurgie cardio-vasculaire et transplantation d’organes de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP)

    Historiquement, l’hôpital a toujours été l’expression de la médecine de son temps et aussi de la société dans laquelle il se trouvait. La révolution numérique de notre époque,qui transforme fortement notre société,va donc impacter de façon profonde la pratique de la médecine et l’hôpital sera bouleversé par ces évolutions.

    Le diagnostic médical va être considérablement modifié par la convergence inéluctable de l’intelligence artificielle et du « Big Data ». Un diagnostic extrêmement fiable sera établi par la consultation immédiate d’un réseau de référence. Les prises de décisions seront plus efficaces grâce aux sources de big data massives en perpétuel renouvellement. Les programmes d’aide au diagnostic,véritables exemples d’intelligence artificielle, commencent déjà à fournir des résultats impressionnants, fondés sur l’apprentissage autonome.

    Ces évolutions vont considérablement impacter le rôle du médecin spécialiste. Celui-ci, débarrassé de la routine quotidienne de la gestion des examens,pourra se consacrer à d’autres tâches, ce qui supposera une formation différente de celle qu’il a aujourd’hui.

    La chirurgie et les techniques interventionnelles vont également être modifiées par la robotique. Celle ci n’est pas seulement une aide au geste mini invasif, elle va beaucoup plus loin, car elle est l’interposition de l’ordinateur entre l’opérateur et le patient. Si les possibilités qui sont actuellement ouvertes semblent d’ores et déjà intéressantes, elles ne permettent que d’imaginer les progrès envisageables par ce qui ne peut être qu’une révolution dans l’acte chirurgical.

    Ainsi l’hôpital, qu’il soit universitaire – c’est à dire centré sur la recherche et l’évaluation des spécialités – ou général – centré sur le réseau local, les urgences et le premier diagnostic -va être modifié dans son organisation, dans son personnel, dans sa structure ou même dans son architecture. C’est aujourd’hui qu’il faut prévoir ces changements pour construire l’hôpital de demain.

    Le futur patient sera impliqué, acteur, promoteur de sa santé

    Par le Pr Karem Slim, chirurgien au CHU de Clermont-Ferrand et président de l’association Grace

    Dans les parcours de soins modernes -chirurgie ambulatoire et réhabilitation améliorée après chirurgie-,le patient a un rôle primordial dans la réussite de sa récupération. L’information ou le consentement éclairé sont remplacés par la décision médicale partagée. Cela implique l’adhésion au parcours et l’éducation thérapeutique le cas échéance.

    Avant l’intervention,le patient applique les règles du jeûne moderne,et dans certains cas, à l’amélioration de son état de santé avant la chirurgie – traitement de ses maladies, prise en charge psychologique ou exercices physiques-et prépare déjà sa sortie avec l’équipe de soins. Le jour de l’intervention il va au bloc opératoire à pied – patient 3D : debout, digne et détendu. Après l’intervention, parfois même dès son réveil en salle de soins post-interventionnelle, il gère sa douleur, sa réalimentation et sa mobilisation précoce avec l’équipe. Après sa sortie, le patient participe à la surveillance de son état de santé en communiquant avec l’établissement via une application par exemple. Cette surveillance choisie par le patient participe à la gestion des risques liés à sa sortie précoce.

    La transformation du rôle du patient a déjà commencé. Des enfants conduisent eux-mêmes des voiturettes électriques pour se rendre au bloc opératoire. Ils sont bien sûr accompagnés par l’équipe soignante et par un parent. Les conséquences de cette initiative simple et non médicale sont prouvées et non négligeables. Le stress de l’enfant est diminué, la dose d’antalgiques administrée est moins importante, réduisant les douleurs post-opératoires.

    Les protocoles de réhabilitation améliorée après chirurgie se multiplient. La préhabiliation – concept plus récent qui consiste à proposer au patient un entraînement physique avant chirurgie pour améliorer sa récupération – émerge également.

    L’innovation et l’avènement de l’hôpital du futur passe aussi par une certaine évolution des pratiques et des mentalités vers une plus grande autonomie des patients,toujours assistés par une équipe de soignants et non-soignants,avec ou sans les outils digitaux !

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  • Règlement MDR : seuls 27 % des fabricants de DM seraient prêts au 26 mai 2020 (étude RAPS/KPMG)

    Seuls 27 % des fabricants de dispositifs médicaux (DM) prévoient d’être prêts pour l’entrée en vigueur du règlement européen MDR le 26 mai 2020. C’est la conclusion du livre blanc réalisé par l’organisation spécialisée Regulatory Affairs Professionals Society (RAPS) avec le cabinet KPMG auprès de 230 professionnels, publiée le 24 septembre 2019. 46 % des fabricants de DM prévoient de s’appuyer sur les dispositions de transition du règlement (article 120 du MDR) pour continuer à vendre leurs produits actuels jusqu’en 2024, tout en poursuivant leurs travaux de mise en conformité. 43 % des professionnels interrogés (plus souvent de grandes sociétés) envisagent par ailleurs d’avoir à interrompre la commercialisation de dispositifs en raison de la nouvelle réglementation.

    La raison la plus souvent invoquée pour cette impréparation est le besoin non satisfait d’orientation et de normes sur les exigences du nouveau règlement, suivie du coût du processus, puis du peu d’organismes notifiés actuellement certifiés. RAPS et KPMG soulignent cette inquiétude persistante du secteur au sujet de la lenteur du processus de certification des organismes notifiés chargés d’homologuer les dispositifs conformément au nouveau règlement : seuls 5 organismes ont été certifiés à ce jour, le dernier étant TÜV Rheinland LGA Products , intégré à la liste de la Commission européenne le 26 septembre 2019.  

    Paul Brooks, directeur exécutif de RAPS, prévient que « si le nombre d’organismes notifiés est trop faible ou si leur capacité à évaluer les dispositifs est insuffisante pour répondre à la demande, cela créera des goulots d’étranglement pouvant entraîner des pénuries de produits, y compris pour les dispositifs essentiels et à haut risque dont dépendent les patients ». 

    Par ailleurs, quelque 48 % des professionnels interrogés affirment ne pas avoir défini de stratégie de préparation à la mise en place de la base de données Eudamed, appelée selon le règlement MDR à centraliser les informations concernant les DM au niveau de l’Union européenne.

  • FASN Hôpital du futur : Sweepin remporte le start-ups challenge

    Sweepin est le lauréat du start-ups challenge de la journée « Hôpital du futur« , organisée par la société Care Insight dans le cadre de la campagne #FASN (Faire avancer la santé numérique). La remise du prix a eu lieu au cours de l’événement, le 3 octobre 2019.

    Fondé en 2015 à Dijon (Bourgogne), Sweepin a mis au point une plateforme géo-intelligente qui permet la localisation et le guidage sans balise des utilisateurs dans un bâtiment, tel qu’un hôpital, à partir de leurs smartphones, avec pour but d’accueillir, de guider et d’informer en temps réel le public.

    Les 2 autres finalistes du concours étaient :
    Arkhn : organisation à but non lucratif qui produit des solutions open source dans l’optique de standardiser les données de santé pour les établissements de soins ;
    Calmedica : développe un robot conversationnel (chatbot) pour le suivi en ambulatoire des patients opérés.

    Le vainqueur du challenge et les 2 finalistes :

    Comité d’experts :

    • Ahmed El Bahri, responsable de l’offre de soins à l’ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur ;
    • Dr Béatrice Falise-Mirat, directrice scientifique de Care Insight.