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  • Gustave Roussy lance DuOnco Unity pour analyser les tumeurs au scanner, résultats en 3 à 15 minutes

    @Health & Tech Intelligence

    Les limites des critères RECIST

    L’évaluation de la réponse aux traitements en cancérologie repose encore largement sur les critères RECIST, un référentiel international fondé sur la mesure d’un nombre limité de lésions dites cibles (jusqu’à cinq au total, avec un maximum de deux par organe). Ces lésions sont sélectionnées pour représenter la maladie, puis leur évolution est comparée au fil du traitement.

    Cette approche montre des limites chez les patients qui présentent un nombre très élevé de lésions, parfois plusieurs centaines, réparties sur plusieurs organes. Dans ces situations, quelques cibles ne suffisent pas toujours à restituer l’étendue réelle de la maladie.

    À mesure que la médecine de précision exige une caractérisation plus fine des tumeurs pour ajuster les stratégies thérapeutiques, la mesure de la charge tumorale prend une place de plus en plus importante. Elle correspond à l’ensemble des lésions cancéreuses identifiables sur les examens d’imagerie de référence, en particulier le scanner thoraco-abdomino-pelvien, utilisé pour explorer les principaux sites métastatiques des cancers solides.

    DuOnco Unity analyse organes, ganglions et tissus en imagerie

    C’est dans ce contexte que Gustave Roussy a participé au développement de DuOnco Unity, un outil d’IA conçu pour mesurer la charge tumorale à partir d’un examen d’imagerie. Le projet a été mené avec Guerbet, Intrasense et le CHU d’Angers, avec le soutien de Bpifrance et du programme France 2030.

    L’outil repose sur un algorithme capable de détecter, en trois dimensions, les tumeurs et métastases visibles sur un scanner thoraco-abdomino-pelvien. L’objectif est de produire une mesure de la charge tumorale sur cette zone anatomique et de générer des indicateurs destinés à prédire l’évolution de la maladie.

    DuOnco Unity analyse à la fois plusieurs organes et plusieurs structures anatomiques.

    Il couvre le thorax, l’abdomen et le pelvis. Il prend aussi en compte les ganglions lymphatiques, un point utile en oncologie du fait de leur rôle fréquent dans la dissémination métastatique. Les comptes rendus intègrent également la masse musculaire et les tissus adipeux, deux paramètres utilisés dans l’évaluation clinique des patients.

    Une évaluation plus fine pour détecter les résistances

    Arrêter plus tôt les traitements inefficaces grâce à la charge tumorale.

    L’intérêt de cette approche est de permettre une adaptation plus précoce des traitements. Lorsqu’une thérapie se révèle efficace, elle peut être consolidée plus rapidement. À l’inverse, une évaluation plus fine peut conduire à interrompre plus tôt un traitement inefficace, afin d’éviter des effets indésirables inutiles et de proposer une autre option thérapeutique. Elle peut aussi aider à repérer des signes précoces de résistance.

    Par rapport aux critères RECIST, fondés sur une mesure unidimensionnelle d’un nombre restreint de lésions, la quantification de la charge tumorale prend en compte l’ensemble des lésions visibles et leur volume réel. Elle propose ainsi une lecture plus complète de l’évolution de la maladie.

    287 000 lésions annotées pour entraîner l’algorithme

    Le développement de l’outil a nécessité l’annotation de près de 287 000 lésions. L’interface a été pensée pour s’intégrer au poste de travail des radiologues pour en faciliter le déploiement et l’usage. Les données sont hébergées localement, sans export vers des serveurs extérieurs.

    Autre point mis en avant par les équipes : l’outil peut analyser des scanners récents comme des examens plus anciens, y compris lorsqu’ils ont été réalisés sur des machines ne disposant pas de fonctions d’IA. Cette capacité ouvre la possibilité de réévaluer des images déjà acquises et d’enrichir le suivi longitudinal des patients.

    DuOnco Unity fournit ses résultats en 3 à 15 minutes.

    À titre de comparaison, une analyse tridimensionnelle complète de l’ensemble des lésions reste difficilement compatible avec la pratique courante lorsqu’elle est faite manuellement. Les concepteurs précisent toutefois que l’outil n’a pas vocation à remplacer le radiologue : la validation des données et leur interprétation dans le contexte clinique demeurent du ressort du spécialiste.

    Deux études cliniques en cours (dont une sur 600 patients)

    En attendant l’obtention du marquage CE, DuOnco Unity est disponible sous la forme d’un prototype en cours de validation à Gustave Roussy. Il est déjà utilisé dans deux études cliniques.

    • L’étude IMPACT doit déterminer si la détection par IA de la charge tumorale permet de prédire la survie sans progression et la survie globale chez 600 patients atteints de cancers du poumon et de mélanomes.
    • L’étude LIFE vise, de son côté, à évaluer l’effet de l’outil sur la pratique clinique quotidienne des médecins.

     

  • Données de santé : le Luxembourg affirme une souveraineté nationale mais ne ferme pas la porte à des initiatives européennes

    La souveraineté pour les données sensibles comme seul mot d’ordre

    Interrogés par des députés sur les choix d’hébergement des données de santé et les risques de dépendance vis-à-vis d’acteurs étrangers, le gouvernement luxembourgeois a clarifié sa position. Ce dernier défend un principe central, celui de la garantie de la maîtrise des infrastructures critiques et limiter les dépendances vis-à-vis d’acteurs étrangers, en particulier extra-européens.

    Concrètement, cette stratégie repose sur un socle public, le GovCloud opéré par le Centre des technologies de l’information de l’État luxembourgeois (CTIE). Les principales institutions sanitaires, telles que le ministère de la Santé, l’Inspection générale de la sécurité sociale, ou l’Observatoire de la santé, y hébergent déjà leurs données. Le positionnement est explicite : les données hospitalières sensibles sont conservées dans des infrastructures sécurisées situées au Luxembourg.

    Pour les décideurs, cette approche vise à répondre directement aux préoccupations liées :

    • aux risques d’accès extraterritorial ;
    • à la dépendance technologique ;
    • et à la continuité de service.

    Le dossier patient au cœur du modèle souverain :

    Le dossier de soins partagé (DSP) luxembourgeois illustre cette stratégie. Sa nouvelle génération, en lien avec l’Espace européen des données de santé (EHDS), sera désormais hébergée au sein des infrastructures publiques nationales.

    Ce choix est structurant. En effet, il consacre le DSP comme actif souverain, au cœur de l’écosystème numérique de santé luxembourgeois. Pour les décideurs, cela traduit une évolution importante : désormais, les plateformes de données ne sont plus de simples outils techniques, mais des infrastructures critiques relevant de politiques publiques.

    Un modèle hybride pour permettre la recherche à l’échelle européenne

    Si la souveraineté est affirmée sur les données sensibles, le Luxembourg adopte une approche plus ouverte pour les usages de recherche. Les institutions comme le Luxembourg Institute of Health ou l’université du Luxembourg s’appuient sur :

    • des infrastructures nationales ;
    • mais aussi des clouds localisés en Europe, notamment en Allemagne.

    Ce modèle hybride permet de protéger les données sensibles, tout en facilitant les collaborations scientifiques internationales, et s’inscrit également pleinement dans la logique du futur EHDS, qui repose sur la circulation encadrée des données à des fins de recherche.

    Une alternative au modèle français :

    Sans se positionner frontalement sur les choix français, le Luxembourg propose une alternative claire à l’hébergement des données de santé dans une solution américaine, permettant :

    • une souveraineté opérationnelle sur les données critiques ;
    • combinée à une interopérabilité européenne maîtrisée.

    Cette approche évite une opposition binaire entre souveraineté et innovation. Elle reconnaît que certaines données doivent rester strictement sous contrôle national, tandis que d’autres usages nécessitent une ouverture pour créer de la valeur scientifique.

    Vers un modèle reproductible ?

    Au-delà du cas luxembourgeois, cette stratégie illustre une tendance émergente en Europe : la recherche d’un équilibre entre souveraineté, conformité réglementaire et performance scientifique. Dans ce contexte, la France semble progressivement converger vers une structuration comparable. Après plusieurs années de débats autour de l’hébergement du HDH, les pouvoirs publics ont engagé une réorientation stratégique visant à renforcer la maîtrise des infrastructures.

    L’enjeu est désormais clairement identifié : sélectionner un hébergeur répondant à des exigences élevées en matière de sécurité et de souveraineté, notamment via la qualification SecNumCloud délivrée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. Cette évolution traduit une volonté de limiter les risques juridiques liés aux acteurs extra-européens, tout en maintenant la capacité d’exploiter les données à des fins de recherche.

    Pour les décideurs, cette trajectoire marque un tournant : la France passe progressivement d’un modèle centré sur la performance technologique à une approche intégrant pleinement les enjeux de souveraineté, de conformité et de confiance.

  • Private equity en santé : NYU Stern pointe un risque pour la qualité des soins (US)

    • Le rapport du NYU Stern établit un lien entre private equity et dégradation de la qualité des soins.
    • Plus de 1 000 milliards de dollars ont été investis en santé en dix ans, majoritairement via des montages à crédit.
    • Les établissements concernés enregistrent une baisse de 4,4 % des effectifs infirmiers et les complications hospitalières y augmentent de 25 % selon les données analysées.
    • Les structures détenues par des fonds présentent un risque de faillite dix fois supérieur à la moyenne.
    • En 2023, 34 entreprises de santé contrôlées par ces fonds ont déposé le bilan.
    • Le rapport appelle les investisseurs à plus de transparence et à limiter le recours à l’endettement.
    • Il recommande aussi aux pouvoirs publics de renforcer le contrôle des acquisitions et des montages financiers.

    Un modèle financier jugé incompatible avec les logiques de soin

    Selon un rapport* publié en mars 2026 par le NYU Stern Center for Business and Human Rights, la propriété d’établissements de santé par des fonds de private equity serait associée à des effets défavorables sur la qualité des soins et la stabilité financière du secteur. L’étude s’appuie sur des recherches scientifiques, des données de faillite et des transactions, ainsi que sur les cas de Steward Health Care et Prospect Medical Holdings.

    Au cours de la dernière décennie, les fonds d’investissement ont injecté plus de 1 000 milliards de dollars dans des opérations de rachat d’organisations de santé, souvent à crédit. Ces montages ont contribué à réduire les effectifs infirmiers de 4,4%, augmenter les complications hospitalières de 25%, et, dans les maisons de retraite, à un excès de mortalité de 11% chez les patients.

    Le rapport souligne également que les établissements détenus par des investisseurs financiers présentent un risque de faillite dix fois supérieur à la moyenne. Rien qu’en 2023, 34 entreprises de santé détenues par des fonds de private equity ont déposé le bilan.

    Des faillites aux conséquences locales sévères

    Les exemples de Steward Health et Prospect Medical illustrent ces dérives. Steward, propriété de Cerberus Capital Management entre 2010 et 2021, a fait faillite en 2024. Prospect Medical, détenu par Leonard Green & Company sur la même période, a subi le même sort un an plus tard. Dans les deux cas, la fermeture d’établissements a particulièrement touché les communautés à faibles revenus et les zones rurales.

    Pour Michael Goldhaber, auteur du rapport, le modèle du private equity n’est « pas adapté à un secteur où les enjeux sont littéralement de vie ou de mort ». Il souligne toutefois que l’objectif du rapport n’est pas d’interdire ces fonds d’investissement, mais de réformer leurs pratiques pour les rendre compatibles avec les missions sanitaires.

    Un appel à l’autorégulation des investisseurs

    Le rapport propose plusieurs mesures d’autorégulation pour les fonds d’investissement :

    • Publier de manière régulière des informations sur la situation financière, la structure de propriété, la composition du personnel, les résultats de santé et la satisfaction des patients.
    • Éviter les opérations de sale-leaseback (cession-bail) et les dividendes financés par l’endettement, ainsi que toute charge financière excessive en période de baisse des revenus.
    • Maintenir un ratio maximal dette/cash-flow afin de limiter les coupes budgétaires susceptibles d’affecter la qualité des soins ou de provoquer des fermetures de sites.
    • Ne réduire les effectifs, salaires ou services essentiels qu’en cas d’urgence avérée et avec l’accord des autorités sanitaires.

    Goldhaber souligne que cette discipline volontaire pourrait permettre aux acteurs du secteur d’éviter une régulation coercitive de la part du Congrès américain.

    Des recommandations législatives pour un meilleur contrôle

    Le rapport adresse également plusieurs propositions aux pouvoirs publics :

    • Accorder aux régulateurs des États le pouvoir de bloquer ou de conditionner les acquisitions dans le secteur de la santé.
    • Utiliser les procédures d’examen des transactions pour imposer des exigences précises aux investisseurs.
    • Décourager les montages financiers risqués en rendant inéligibles aux paiements publics les entreprises pratiquant le sale-leaseback ou les dividendes d’endettement.
    • Responsabiliser les sociétés mères impliquées dans des fraudes aux programmes publics de santé lorsque les investisseurs en avaient connaissance.
    • Obliger les fonds à divulguer leurs données financières à la SEC et interdire l’accès aux investissements de type 401(k) pour ceux qui refuseraient de se conformer.

    *NYU Stern Center for Business & Human RightsPrivate Equity and Healthcare : Balancing Profit with Wellness

  • Diagnoly déploie Fetoly sur iOS et étend son IA d’échographie prénatale à plus de 20 pays

    Une extension mobile dans la continuité du déploiement international

    Diagnoly annonce le lancement de Fetoly sur iOS. Ce qui marque une nouvelle étape dans sa stratégie d’expansion internationale. Déjà déployée dans plus de 20 pays, la solution vise à rendre l’assistance par IA en échographie prénatale accessible directement au lit du patient, grâce à une tablette.

    Cette évolution s’inscrit dans l’objectif de fournir aux professionnels de santé « un second regard expert en temps réel » au cours de l’examen.

    Cette annonce intervient dans le prolongement du partenariat récemment communiqué avec GE HealthCare. Elle permet aux obstétriciens, spécialistes de médecine fœtale et échographistes d’utiliser Fetoly directement sur iPad, en connexion avec leurs systèmes d’échographie existants, sans ajout de matériel ni mise à niveau technique.

    La dernière version gagne en précision et en rapidité d’analyse

    Fetoly fonctionne en local sur l’appareil, sans recours au cloud. Ce choix technique est fait pour répondre aux enjeux de confidentialité des données patients, mais aussi pour faciliter l’intégration dans les flux de travail cliniques.

    L’application analyse en continu le flux vidéo de l’échographie pendant l’examen. Elle vérifie l’exhaustivité des acquisitions en identifiant les structures anatomiques visualisées et signale des anomalies potentielles à partir de mesures automatisées. Le praticien conserve la responsabilité de l’interprétation et de la décision clinique. Ce positionnement s’inscrit dans un contexte où l’échographie fœtale reste une pratique fortement dépendante de l’opérateur, avec des variations liées à l’expérience et aux conditions d’exercice.

    • La version 2026.02.25 introduit plusieurs évolutions, dont une amélioration des performances en temps réel et une détection anatomique plus fiable.
    • Elle intègre également de nouveaux ratios automatisés pour faciliter le dépistage de pathologies telles que la ventriculomégalie, les anomalies du corps calleux et le retour veineux pulmonaire anormal total.

    Standardisation des pratiques

    La solution bénéficie d’une “adoption rapide”, et un niveau de satisfaction utilisateur “élevé”, lié à son apport en pratique clinique.

    En effet, l’approche proposée permet une intégration immédiate de l’IA dans les pratiques existantes, sans modification des équipements. L’objectif est de contribuer à la standardisation des examens, à la réduction de la variabilité inter-opérateurs.

    Fetoly est désormais disponible en téléchargement sur les principales plateformes applicatives.

  • Bpifrance a déployé 2,5 milliards d’euros dans la santé en 2025 et confirme 10 milliards d’ici fin 2030

     

    @Health & Tech Intelligence

    Une hausse de 40 % par rapport à 2024

    Dans un contexte de vieillissement de la population, de progression des maladies chroniques et de transformation du système de soins, la banque publique entend “accélérer l’émergence de champions français et européens”, “soutenir l’innovation sur l’ensemble de la chaîne de valeur” et “contribuer au renforcement de l’indépendance sanitaire de la France et de l’Europe”.

    Bpifrance indique avoir déjà déployé 2,5 milliards d’euros en faveur de la filière santé en 2025, contre 1,8 milliard en 2024, soit une hausse de 40 %. Plus de 3 200 bénéficiaires ont été financés et ou accompagnés, parmi lesquels des start-up, des PME, des ETI, des grands groupes, des académiques et des établissements hospitaliers.

    La banque souligne que cette mobilisation repose sur l’ensemble de ses métiers : financement de l’innovation, financement, garantie, investissement direct, export, fonds de fonds et conseil.

    Un milliard d’euros pour le financement de l’innovation

    Le financement de l’innovation représente à lui seul 1 milliard d’euros en 2025. Bpifrance précise que cette enveloppe couvre toutes les étapes de développement, de la preuve de concept à l’industrialisation. Trois priorités sectorielles sont mises en avant.

    • Les biothérapies et la bioproduction concentrent 535 millions d’euros, avec notamment le projet important d’intérêt européen commun porté par The Drug Cell et une dynamique autour des anticorps.
    • Les molécules chimiques représentent 185 millions d’euros, soutenues par le PIIEC d’EuroApi destiné à moderniser les procédés de production.
    • Les dispositifs médicaux, notamment numériques, totalisent 160 millions d’euros, avec des projets en robotique, en imagerie, en santé mentale, en prévention et dans des usages fondés sur l’intelligence artificielle et les données de santé.

    Dans le détail, Bpifrance mentionne aussi 65 millions d’euros pour les études de faisabilité, 800 millions d’euros pour les phases de R&D, 19 millions d’euros pour l’industrialisation, 28 millions d’euros pour l’accès au marché et 127 millions d’euros de prêts pour accélérer la croissance.

    878 millions d’euros investis en fonds propres

    Bpifrance a investi 878 millions d’euros en fonds propres en 2025, à travers 68 opérations, ce qui porte à 171 le nombre de participations en santé au 31 décembre 2025.

    143 millions d’euros investis en capital innovation

    Le métier du capital innovation a engagé 143 millions d’euros en 2025 dans les entreprises innovantes de la santé. Au sein des pôles Sciences de la Vie et Patient Autonome, 59 millions d’euros ont été investis, en hausse de 70 % par rapport à 2024, dans le cadre de 26 opérations dont 6 nouveaux investissements.

    Parmi les sociétés citées figurent ADCytherix, Arthex Biotech, EG427 et Fizimed pour l’équipe Patient Autonome du pôle Sciences de la Vie. Le fonds Large Venture a de son côté poursuivi son accélération dans la santé avec cinq investissements en 2025, dont Bioptimus, mais aussi ADCytherix et Arthex Biotech.

    735 millions d’euros sur des actifs plus matures en capital développement

    Avec 735 millions d’euros investis en 2025, le capital développement confirme le poids de la santé dans cette activité. Bpifrance met en avant la finalisation de l’investissement dans Opella, ainsi que les investissements dans Softway Medical, et DMS Group.

    Les équipes Mid Cap ont renforcé leur portefeuille avec Proteor, accompagné à la fois en dette privée et en fonds propres, Hublo, plateforme SaaS pour les établissements de santé, et Vitalaire, acteur des prestations de santé à domicile. Côté Small Cap, Bpifrance cite Dentalsoft dans les logiciels, Hemodia et Didactic dans la fabrication de matériel médical, ainsi que France Imagerie.

    Une année 2025 marquée par l’accompagnement de plus de 460 acteurs de santé

    L’activité de garantie reste stable à 230 millions d’euros de risque garanti en 2025, au bénéfice de 1 050 entreprises. Elle facilite l’accès au crédit dans les phases jugées les plus risquées.

    Sur le financement, 320 entreprises de santé ont bénéficié de crédits court ou moyen terme, souvent en cofinancement avec les banques de la place.

    L’activité fonds de fonds a souscrit 50 millions d’euros dans des fonds de santé en 2025, confirmant selon Bpifrance la dynamique de croissance des fonds d’investissement privés français. La banque rappelle toutefois que cette activité se lit souvent sur plusieurs exercices en raison du calendrier des levées de fonds.

    Sur le conseil, 466 clients santé ont été accompagnés en 2025. Bpifrance s’appuie pour cela sur des consultants référencés et sur plusieurs programmes d’accélération. L’Accélérateur Industries et technologies de Santé a lancé sa quatrième promotion, tandis que l’Accélérateur Prévention a ouvert une deuxième promotion. L’offre comprend aussi Access Europe, pour aider les entreprises à se positionner sur les financements européens, ainsi que Neo pour les start-up industrielles.

    Bpifrance présente une feuille de route organisée autour de quatre priorités.

    • La première porte sur le développement et la production de traitements médicaux.
    • La deuxième concerne l’accélération du numérique en santé et de l’intelligence artificielle.
    • La troisième est la promotion de la prévention.
    • La quatrième vise le soutien à la distribution et à l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire.

    À travers ces axes, la banque poursuit quatre objectifs : faire émerger de futurs champions français et européens, renforcer une politique industrielle de santé, accélérer l’accès des patients à l’innovation et préserver la solidité du système de soins.

    Bpifrance et la prévention

    La banque y voit un levier de soutenabilité du système de santé, dans un modèle encore dominé par le curatif.

    Plusieurs outils ont été mis en avant. Le premier est le lancement du Fonds Prévention Numérique en santé, doté de 100 millions d’euros. Le deuxième est le financement de plus de 86 projets d’innovation en prévention en 2025. Le troisième est le déploiement du Challenge Prévention dans le cadre de France 2030. Et enfin, le lancement de la deuxième promotion de l’Accélérateur Prévention, opéré avec PariSanté Campus.

    Bpifrance met aussi en avant des actions déployées auprès de ses 4 500 collaborateurs, avec des dispositifs de prévention et des solutions en santé mentale. Elle présente cette démarche à la fois comme une politique interne et comme une manière d’expérimenter des usages et des modèles économiques.

    Un observatoire pour suivre les dynamiques du secteur

    Bpifrance a également annoncé le déploiement de l’Observatoire Santé, inscrit dans son Radar de l’innovation. Cet outil doit permettre de mieux documenter les tendances et les besoins émergents de la filière, à partir de données sur les start-up, les implantations, les levées de fonds, les investisseurs et l’évolution des entreprises.

    La banque y voit un instrument supplémentaire pour contribuer aux transformations en cours dans l’innovation en santé.

    Pour la période 2026-2030, Bpifrance confirme donc sa volonté de mobiliser 10 milliards d’euros dans le secteur de la santé.

    Cette enveloppe doit permettre d’accroître la capacité d’action de tous les métiers, de soutenir les programmes d’accélération, les investissements stratégiques, les filières industrielles, la prévention et la transformation numérique.

    Quelques temps forts depuis janvier 2025

    Parmi les événements marquants cités par Bpifrance figurent

    • la cession d’ImCheck Therapeutics, détenue par InnoBio 2 et Large Venture, à Ipsen,
    • le lancement du Fonds Prévention Numérique en santé,
    • le démarrage des accélérateurs Prévention #2 et Industries & technologies de Santé #4,
    • ainsi que le renforcement des liens avec l’AP-HP et le CHU de Bordeaux dans le cadre du plan Deeptech.
  • Imagerie médicale : l’Anap publie un référentiel national pour intégrer l’éco-responsabilité au cœur des pratiques

    Avec 138 millions d’actes réalisés chaque année, l’imagerie médicale constitue un gisement d’action encore largement sous-exploité. Derrière ces volumes se cachent des impacts environnementaux significatifs, liés notamment à la consommation énergétique des équipements, à l’usage de produits de contraste et à la gestion des données numériques.

    Le référentiel – fruit d’une collaboration entre l’Anap, la SFR et le Collectif écoresponsabilité en santé (Ceres) – apporte ici un premier niveau de quantification, en objectivant l’empreinte carbone de certains examens :

    • environ 19 kg de CO₂e pour une IRM,
    • contre 6 kg pour un scanner.

    Pour les décideurs, cet apport permet de passer d’une approche abstraite de la transition écologique à une logique pilotable, fondée sur des indicateurs concrets.

    Structurer l’action de la sensibilisation à l’opérationnel

    L’un des apports du référentiel réside dans sa dimension opérationnelle. Il ne se limite pas à poser des principes, mais propose des recommandations directement activables, validées par les sociétés savantes.

    Ces recommandations couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur :

    • optimisation énergétique des équipements,
    • gestion du cycle de vie des données et du stockage numérique,
    • usage raisonné des produits de contraste,
    • réduction des consommables et amélioration du tri des déchets.

    Cette approche globale traduit une évolution importante : la transition écologique n’est plus traitée comme un sujet périphérique, mais comme une dimension intégrée de la qualité et de la performance des soins.

    Des retours d’expérience pour accélérer le passage à l’échelle

    Pour une approche encore plus structurante, le référentiel intègre des retours d’expérience concrets. Il s’appuie sur des projets déjà déployés dans des établissements, avec des résultats mesurables. Ces cas d’usage permettent d’objectiver les gains potentiels, tant environnementaux qu’économiques. Par exemple, certaines optimisations dans l’utilisation des produits de contraste permettent à la fois de réduire les déchets plastiques et les coûts associés.

    Parmi les initiatives identifiées, plusieurs leviers concrets émergent déjà sur le terrain :

    • D’abord, l’optimisation des produits de contraste constitue un cas d’usage emblématique : certains établissements ont mis en place des injecteurs multi-patients, permettant de réduire significativement les volumes perdus, tout en diminuant fortement les déchets plastiques associés.
    • Autre levier, la gestion énergétique des équipements d’imagerie. Des services ont engagé des démarches d’extinction automatique ou de mise en veille optimisée des IRM et scanners en dehors des plages d’activité, avec des gains mesurables en consommation électrique, sans impact sur la qualité des soins.
    • Le numérique et le stockage des images représentent également un axe clé. La rationalisation des durées de conservation, la compression des images ou encore l’optimisation des infrastructures de stockage permettent de limiter l’empreinte environnementale liée aux volumes massifs de données générées en imagerie.
    • Enfin, certains établissements travaillent sur la pertinence des examens, en renforçant les protocoles de prescription pour éviter les actes redondants ou non nécessaires. Ce levier, souvent sous-estimé, permet à la fois de réduire l’empreinte carbone globale et d’améliorer la qualité des parcours patients.

    Vers une généralisation des référentiels “verts” en santé ?

    Cette publication s’inscrit dans une dynamique plus large portée par l’Anap, qui avait déjà structuré une première approche sur le bloc opératoire. L’imagerie constitue ici une nouvelle étape, avec une ambition claire : outiller les établissements pour agir à grande échelle.

    D’autres référentiels sont annoncés, notamment sur la maternité, la pharmacie ou encore l’hospitalisation. Cette logique de déclinaison par secteur traduit une stratégie progressive mais structurée : transformer les pratiques au plus près du terrain, service par service.

    Mais au-delà de la réduction de l’empreinte carbone, ce référentiel illustre une évolution plus profonde du système de santé. Il introduit une nouvelle grille de lecture, où la performance hospitalière intègre désormais des critères environnementaux aux côtés des dimensions économiques et cliniques. Pour les décideurs, l’enjeu est désormais clair : faire de l’éco-responsabilité non pas une contrainte supplémentaire, mais un levier de transformation des organisations et des pratiques médicales.

  • Étude : une approche basée sur l’IA pour repérer les véritables ruptures scientifiques (Science Advances)

    Mesurer l’impact d’une recherche reste un angle mort. Aujourd’hui, les indicateurs dominants (nombre de publications, volume de citations) captent surtout la visibilité, pas la nature même de l’innovation. Ils valorisent donc les travaux qui s’inscrivent dans une continuité, mais peinent à repérer ceux qui modifient réellement la trajectoire d’un domaine.

    Or, dans le même temps, la production scientifique explose. Des millions d’articles et de brevets sont publiés chaque année, rendant plus difficile encore l’identification des contributions réellement structurantes. Pour les institutions comme pour les financeurs, l’enjeu devient stratégique : distinguer les avancées incrémentales des véritables ruptures, afin de mieux orienter les priorités de recherche et les investissements.

    55 millions d’articles et de brevets passés au crible de l’IA

    Les chercheurs ont analysé un corpus impressionnant d’environ 55 millions d’articles scientifiques et de brevets. Pour cela, ils ont utilisé une méthode de machine learning dite de neural embedding. Cette dernière permet de représenter chaque article en fonction de ses liens avec les autres. Concrètement, l’algorithme analyse à la fois les travaux qu’un article cite et ceux qui le citeront ensuite, afin de le situer dans un réseau global de connaissances.

    Chaque publication est ainsi caractérisée à partir de 2 dimensions : les connaissances sur lesquelles elle s’appuie et celles qu’elle influence. L’objectif est de reconstituer la trajectoire des idées dans le temps, et d’identifier les travaux qui en modifient le cours.

    À partir de cette cartographie, les auteurs ont ensuite développé un indicateur de “disruptivité”, sous la forme d’un score mesurant la capacité d’une publication à s’écarter des travaux existants et à influencer de nouvelles directions de recherche. Ils comparent enfin cet indicateur aux métriques existantes, en particulier celles reposant sur les réseaux de citations, afin d’en évaluer la pertinence.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 1er avril dans Science Advances.

    Résultats : l’IA met en lumière les découvertes simultanées

    • L’indicateur de disruptivité distingue mieux les travaux réellement disruptifs, notamment en identifiant des publications majeures comme certains articles récompensés par des prix Nobel.
    • Il met en évidence des découvertes simultanées, en identifiant des publications “jumelles” issues d’équipes indépendantes mais ouvrant des trajectoires similaires.
    • Il corrige les limites des indicateurs existants, dont les résultats peuvent changer fortement pour de faibles différences dans les citations.
    • Il introduit une mesure plus fine, capable de graduer le niveau de rupture entre les publications.
    • Il permet d’identifier les moments où un champ de recherche bifurque vers de nouvelles directions.

    Des indicateurs quantitatifs d’innovation

    Avec l’appui de l’intelligence artificielle, les chercheurs montrent donc qu’il devient possible de suivre, à grande échelle, la circulation des connaissances et d’identifier plus finement les ruptures scientifiques. « Nous introduisons une mesure plus robuste de la disruptivité, capable de mieux capter les changements de trajectoire dans la recherche, expliquent les auteurs. Nous disposons désormais d’indicateurs quantitatifs pour analyser à quel stade de la recherche les travaux disruptifs apparaissent et où ils ont le plus d’impact, » ajoutent-ils

    Mais, l’enjeu dépasse la seule performance technique. « Nous avons besoin de meilleurs outils pour identifier et soutenir les recherches réellement innovantes », souligne le dernier auteur, Yong-Yeol Ahn. En rendant visibles les travaux qui font réellement bifurquer un champ, cet indicateur pourrait aider à orienter plus finement les financements et les priorités de recherche. Tandis que les indicateurs classiques favorisent surtout les travaux qui prolongent des trajectoires existantes.

    Reste une limite : comme tout indicateur, il dépend des données disponibles et des pratiques de publication. Et il pose une question de fond : comment évaluer l’innovation scientifique ? « Tous les articles très cités ne sont pas nécessairement disruptifs », rappelle Sadamori Kojaku, co-auteur de l’étude. Une distinction appelée à peser de plus en plus dans les stratégies de recherche.

    *Uncovering simultaneous breakthroughs with a robust measure of disruptiveness

    Munjung Kim et al. Sci. Adv.12,eadx3420(2026).DOI:10.1126/sciadv.adx3420

     

  • Données de santé : 35 millions de patients exposés après des cyberattaques sur des ARS

    D’une attaque ciblée à une diffusion incontrôlée des données

    L’attaque initiale, attribuée au cybercriminel connu sous le pseudonyme de “Marak”, avait déjà suscité de fortes inquiétudes par son ampleur. À l’époque, celui-ci affirmait, lors de son arrestation, ne pas vouloir monétiser les données et présentait cette fuite comme un « trophée ».

    Mais quelques mois plus tard, la situation évolue : la base de données est désormais récupérée par le groupe Dumpsec, connu pour la revente de bases massives sur les forums spécialisés. Elle est aujourd’hui proposée à la vente, confirmant un basculement classique dans l’économie cyber : une donnée volée finit presque toujours par être exploitée. Pour les décideurs, ce point est critique : le risque ne s’arrête plus à l’attaque initiale, il s’inscrit dans une chaîne de revalorisation criminelle.

    Un volume inédit qui confirme une industrialisation des attaques :

    Avec ces 35 millions de lignes, l’incident des agences régionales de santé (ARS) s’inscrit dans une série noire récente. En moins d’un an, ce sont plus de 102,5 millions de données médicales qui ont été compromises en France :

    • Cegedim : 65 millions de données ;
    • Agences régionales de santé : 35 millions de données ;
    • Cerballiance : 2,5 millions de données.

    Ce cumul révèle un changement d’échelle : les attaques ne sont plus opportunistes mais industrialisées, ciblant des acteurs structurants capables de donner accès à des volumes massifs de données.

    Les ARS comme points d’entrée systémiques pour les hackers

    Le cas des ARS met en lumière un enjeu souvent sous-estimé : la vulnérabilité des acteurs intermédiaires du système de santé. En tant que structures de coordination territoriale, elles concentrent des flux de données issus de multiples établissements. Cela en fait des points d’entrée à fort effet de levier pour les attaquants.

    Pour les experts, cette attaque illustre une réalité opérationnelle : la cybersécurité ne peut plus être pensée établissement par établissement, mais doit être abordée à l’échelle des écosystèmes et des flux interconnectés.

    Une fuite qui représente un risque durable pour les patients et les établissements

    La revente de ces données expose les patients à des risques concrets :

    • tentatives de phishing ciblé ;
    • usurpation d’identité ;
    • exploitation de données sensibles (pathologies, parcours de soins).

    Pour les établissements, le risque est également réputationnel et juridique, dans un contexte de renforcement des exigences portées notamment par la Cnil. Mais surtout, ces incidents fragilisent la confiance des citoyens dans le système de santé numérique dans son entièreté.

    Une accélération des vols de données qui doit sonner l’alarme :

    Cet épisode confirme une tendance lourde : la cybersécurité est désormais un enjeu systémique de santé publique.

    L’accumulation des fuites, dépassant les 100 millions de données en un an, appelle une réponse qui dépasse les logiques techniques : il convient de renforcer la gouvernance cyber à l’échelle nationale avec des programmes comme Care, de mettre en place une sécurisation des acteurs pivots (éditeurs, opérateurs, agences), mais surtout d’investir et de former en vue d’une montée en maturité des établissements.

    Dans un contexte de généralisation de l’IA et des usages de la donnée, la question n’est plus seulement de protéger les systèmes, mais de sécuriser durablement la chaîne de valeur des données de santé.

  • 12 levées de fonds pour les entreprises du numérique en santé, dont 2 des 4 licornes françaises en santé.

    Les 6 plus grosses levés de fonds au T1 2026 @HTI

    MyC : digitaliser la santé au travail à grande échelle

    MyC développe une plateforme SaaS de santé au travail qui centralise et sécurise les données médicales des salariés pour les équipes médicales et RH de grands groupes industriels. La startup lève 10 M€ en Série A afin de renforcer ses briques d’intelligence artificielle, accélérer le déploiement international et industrialiser son produit auprès de clients déjà présents dans de nombreux pays. Sa solution cloud, bâtie sur des technologies de data management sécurisé et d’IA appliquée, vise à mieux piloter les risques, la conformité réglementaire multi‑pays et la coordination des soins.

    MadeForMed : une plateforme pensée par et pour les médecins

    MadeForMed opère une plateforme numérique destinée aux professionnels de santé, en particulier aux médecins généralistes, pour centraliser outils, services et informations utiles à leur pratique quotidienne. L’entreprise a levé 200 000 € directement auprès de ses utilisateurs, devenus actionnaires, afin de consolider un modèle de gouvernance indépendant, améliorer les fonctionnalités de la plateforme et financer de nouveaux développements. La solution, basée sur des technologies web et une infrastructure cloud, se positionne comme un hub digital sécurisé et ergonomique, pensé par et pour les praticiens.

    BrightHeart : L’IA au service du dépistage prénatal

    BrightHeart est une medtech spécialisée dans l’échographie prénatale augmentée par intelligence artificielle, avec une solution qui analyse en temps réel les images pour aider à détecter les malformations, notamment cardiaques, chez le fœtus. La startup lève 11 M€ en Série A pour faire de l’IA un nouveau standard de soins, accélérer les déploiements internationaux et étendre les indications cliniques de sa plateforme. Sa technologie repose sur le deep learning appliqué aux images médicales et sur des algorithmes de guidage d’examen, afin de standardiser les échographies et réduire les erreurs de détection.

    FineHeart – Un « vélo électrique » pour le cœur insuffisant

    FineHeart développe l’ICOMS FlowMaker, une mini‑pompe cardiaque intracardiaque entièrement implantable, conçue comme un « vélo électrique du cœur » pour les patients en insuffisance cardiaque sévère. L’entreprise mobilise 83 M€, combinant tour de table auprès d’investisseurs et financements publics, afin de financer l’industrialisation en France, la structuration de nouvelles installations (salles blanches, bancs d’essai) et la poursuite des essais cliniques jusqu’à la mise sur le marché. Sa solution s’appuie sur des technologies mécaniques, électroniques et de contrôle automatique avancées, intégrées dans un dispositif implantable connecté.

    Carvolix – Miser sur la robotique cardiovasculaire de précision

    Carvolix, nouveau nom d’Affluent Medical, se positionne comme une société de technologies médicales focalisée sur la cardiologie interventionnelle, la robotique médicale et les implants cardiovasculaires innovants. La société réorganise sa stratégie autour de plateformes comme un logiciel de guidage basé sur l’intelligence artificielle pour l’implantation de valves aortiques, ainsi que de micro‑robots et implants sophistiqués issus de récentes acquisitions. Cette transformation vise à concentrer les ressources financières sur le développement clinique, l’industrialisation et la mise sur le marché de dispositifs de haute précision combinant robotique, imagerie et IA.

    Alan – L’assurtech qui industrialise l’IA santé

    Alan est une assurtech française qui propose une assurance santé 100% digitale intégrant application mobile, services de prévention et outils de pilotage pour entreprises et particuliers. La licorne lève 100 M€ pour accompagner une forte croissance de ses revenus, poursuivre son expansion en Europe et investir dans des fonctionnalités d’IA pour la relation membre, la personnalisation des parcours de soins et l’optimisation des opérations. Sa plateforme repose sur une architecture cloud scalable, des outils d’automatisation et des modèles d’IA appliqués à la tarification, au support client et à la recommandation de services de santé.

    DiappyMed – Personnaliser le traitement du diabète

    DiappyMed conçoit des outils numériques pour personnaliser le traitement du diabète, en particulier une thérapie numérique qui aide au calcul individualisé des doses d’insuline pour les patients et les professionnels de santé. La startup lève 5 M€ en amorçage et s’appuie sur un partenariat stratégique avec un grand acteur pharmaceutique pour déployer massivement cette thérapie numérique. Sa solution s’appuie sur des algorithmes d’aide à la décision, l’analyse de données glycémiques et de modes de vie, ainsi que sur une application mobile et une plateforme cloud sécurisée, afin d’ajuster les doses en temps réel et de réduire les risques d’hypo‑ et hyperglycémie.

    Parallel – Des agents IA pour le codage hospitalier

    Parallel développe des agents d’intelligence artificielle qui automatisent le codage médical et d’autres tâches administratives dans les hôpitaux, directement au sein des logiciels hospitaliers existants. La startup lève 20 M$ (environ 17 M€) en Série A pour industrialiser ses agents IA, les déployer dans de nombreux établissements, optimiser les recettes PMSI et alléger la charge de travail des équipes du DIM. Sa technologie repose sur l’IA générative et des modèles spécialisés capables de lire dossiers patients et comptes rendus, de proposer des codes fiables et de s’intégrer via APIs aux systèmes d’information hospitaliers.

    DentalMonitoring – L’IA pour le suivi orthodontique à distance

    DentalMonitoring propose des solutions de suivi orthodontique à distance basées sur l’intelligence artificielle, permettant aux patients d’envoyer des scans réguliers de leur dentition et aux praticiens d’ajuster les traitements sans visites systématiques. L’entreprise lève 100 M$ pour injecter davantage d’IA dans ses soins connectés, accélérer sa croissance internationale et renforcer un panel de solutions déjà largement déployées. Ses produits combinent vision par ordinateur, analyse d’images dentaires, applications mobiles patient et portails cloud pour les orthodontistes, afin de détecter précocement les écarts de traitement et personnaliser la prise en charge.

    Lifebloom – Redonner la station debout aux utilisateurs de fauteuil roulant

    Lifebloom est une medtech nordiste qui industrialise Lifebloom One, un fauteuil exosquelette connecté Oxilio couplé à une plateforme numérique, destiné aux personnes en fauteuil roulant ayant encore une motricité partielle. Elle vient de lever 6 M€ en capital, complétés par 2 M€ d’aides France 2030, pour financer la montée en cadence industrielle, la mise en place du site d’assemblage et le déploiement clinique auprès des centres de rééducation et établissements de soins. Fruit de six ans de R&D, la solution combine robotique d’assistance au mouvement, capteurs embarqués et logiciel de « soin augmenté » qui mesure temps passé debout, nombre de pas ou distance parcourue, afin de personnaliser suivi et rééducation.

    Dermascan – L’IA au service du dépistage dermatologique

    Dermascan (montant de la levée estimé à 2,5 M€ d’après tes éléments) développe une solution de télédépistage et d’aide au diagnostic des lésions cutanées, en particulier des cancers de la peau, à partir de photos prises via smartphone ou dispositifs dédiés. Cette levée de fonds vise à enrichir ses bases d’images, renforcer ses algorithmes d’IA de vision par ordinateur, accélérer les validations cliniques et déployer la solution auprès des dermatologues, généralistes et réseaux de télédermatologie. La plateforme s’appuie sur le deep learning appliqué aux images, une infrastructure cloud sécurisée et des intégrations possibles avec les logiciels métier pour faciliter le tri des cas urgents et améliorer l’accès au spécialiste.

    Entreprise Logo Montant en M€ Thématique  Technologie Article
    MyC MyC - Your next generation Entreprise Health Platform 2,5 Santé au travail Plateforme MyC lève 10 M€ pour développer sa plateforme de santé au travail | J’❤️ les startups
    MadeFoeMed MadeForMed (@madeformed) • Facebook 1,6 Secretariat Plateforme https://www.jaimelesstartups.fr/news/madeformed-levee-de-fonds-200-000-euros/
    BrightHeart BrightHeart lève 11 M€ en Série A pour accélérer le déploiement de sa plateforme d'IA, dédiée à l'échographie prénatale 1,6 Maternité IA https://www.maddyness.com/2026/01/08/echographie-prenatale-brightheart-leve-11-millions-deuros-pour-ameliorer-la-detection-des-malformations-grace-a-lia/
    Fine Heart Fineheart, équipements médicaux d'assistance cardiaque, Pessac 15,0 Cardiologie Robotique https://www.latribune.fr/article/regions/13500144163391/insuffisance-cardiaque-le-velo-electrique-du-coeur-de-fineheart-reunit-83-millions-deuros
    Carvolix Logo de Carvolix aux formats PNG transparent et SVG vectorisé 2,5 Cardiologie Robotique et IA https://www.boursier.com/actions/actualites/news/carvolix-confirme-sa-transformation-strategique-vers-la-robotique-medicale-et-les-implants-cardiovasculaires-innovants-981292.html
    Alan Alan | Notre avis sur l'offre d'assurance santé et prévoyance 2026 22,0 Assurance Plateforme https://www.maddyness.com/2026/03/11/alan-leve-100-millions-deuros-et-devient-rentable-en-france/
    Waiv Waiv main logo 1,5 Oncologie IA https://www.linkedin.com/posts/jeromeleleu_esantaez-ia-share-7439186765367783424-VDye/?utm_source=share&utm_medium=member_desktop&rcm=ACoAAAARYjUBM8TPTSy_jqtqD0QS9KzS_YOJ8ZY
    DiappyMed DiappyMed | LinkedIn 7,0 Diabète IA https://www.medvallee.fr/actualites/diappymed-leve-5-millions-deuros-et-conclut-un-partenariat-strategique-avec-sanofi
    Parallel Parallel | LinkedIn 10,0 Pilotage IA https://www.healthandtech.fr/post_ci/parallel-convainc-par-son-impact-rapide-et-leve-20-millions-pour-industrialiser-son-ia-de-codage/
    DermaScan DermaScan | LinkedIn 5,5 Dermatologie IA https://lnkd.in/eXMetZKr
    DentalMonitoring
    DentalMonitoring - Orthodontie Chalon
    4,7 Dentisterie IA https://www.maddyness.com/2026/02/10/dentalmonitoring-obtient-100-millions-de-dollars-pour-injecter-de-lia-dans-les-soins-orthodontiques/
    Lifebloom Lifebloom - Homepage 14,0 Réducation Robotique https://www.lesechos.fr/pme-regions/innovateurs/lifebloom-finance-lindustrialisation-de-son-fauteuil-roulant-revolutionnaire-2223629

     

  • 7 fusions-acquistions et une subvention de 48 millions d’euros au premier trimestre 2026

    Lifen–Curecall : de la donnée à l’échange avec le patient

    Lifen a annoncé l’acquisition de Curecall pour étendre sa stratégie vers la relation patient et la télésurveillance. Jusqu’ici positionné principalement sur la structuration et le partage sécurisé des données de santé, Lifen complète sa proposition de valeur par des services d’interaction directe avec les patients, notamment dans les parcours de suivi à distance. L’intégration de Curecall doit permettre de couvrir le continuum allant de la collecte de données cliniques (documents, comptes rendus, résultats) à l’engagement du patient via des outils de rappel, de questionnaires et de monitoring. Cette évolution répond aux besoins des établissements de santé et des équipes soignantes, confrontés à la montée en charge des programmes de télésurveillance remboursés et à la nécessité d’outiller la relation à distance sans multiplier les plateformes hétérogènes. Pour Lifen, l’opération marque une étape vers un rôle élargi d’architecte de parcours numériques, en combinant infra‑structure de données et couches applicatives orientées vers les usages.

    Corilus–Sofia : un spécialiste européen des logiciels de santé ambulatoire

    Corilus et Sofia ont annoncé leur fusion pour créer un spécialiste européen des logiciels de santé ambulatoire. Corilus apporte ses solutions à destination des médecins généralistes, cabinets pluridisciplinaires et autres professionnels de santé de ville, tandis que Sofia contribue avec ses logiciels de gestion et de coordination des soins. Le nouvel ensemble vise à proposer une offre intégrée couvrant la gestion administrative, le dossier patient, la coordination et les échanges de données, dans une perspective multi‑pays. La stratégie mise en avant repose sur la capacité à mutualiser les développements, à répondre aux exigences d’interopérabilité et à accompagner les professionnels de santé dans la transition vers des pratiques plus numérisées. Pour les médecins et soignants utilisateurs, cette fusion pourrait se traduire par une rationalisation du portefeuille de solutions, avec une montée en puissance d’outils communs sur plusieurs marchés européens, tout en posant la question de l’accompagnement au changement et de la migration des systèmes existants.

    RadNet–Gleamer : Gleamer racheté et déployée dans 400 centres d’imagerie

    RadNet, acteur américain de l’imagerie médicale, a racheté le français Gleamer, dont les algorithmes d’intelligence artificielle assistent les radiologues dans l’analyse d’examens, notamment en radiologie générale et d’urgence. L’objectif est de déployer les solutions de Gleamer au sein des quelque 400 centres d’imagerie de RadNet, en les intégrant directement aux systèmes d’information et aux workflows de lecture. Ce rachat illustre la montée en puissance de l’IA comme brique métier au cœur de l’organisation des plateaux techniques d’imagerie, avec une logique de standardisation et d’évaluation à grande échelle des gains de productivité et de qualité. Pour Gleamer, l’opération ouvre l’accès à un réseau étendu de sites cliniques, susceptible de générer des volumes importants de données et de retours d’usage, utiles pour l’amélioration continue des modèles. Du point de vue des radiologues, la convergence entre un opérateur d’imagerie intégré et une solution d’IA européenne pose aussi la question de l’articulation entre aides algorithmiques, responsabilité médicale et organisation du travail au quotidien.

    Extens, Orthalis et Dentalsoft : consolidation des logiciels dentaires

    Le fonds Extens a organisé l’union d’Orthalis et Dentalsoft, deux éditeurs de logiciels dédiés aux cabinets dentaires, dans le cadre d’une opération destinée à créer un acteur de référence sur ce segment. En réunissant ces deux plateformes, Extens cherche à atteindre une taille critique suffisante pour accélérer l’industrialisation des offres, mutualiser les investissements techniques et harmoniser les feuilles de route produits. L’objectif affiché est de proposer une suite logicielle plus complète aux cabinets dentaires, couvrant la gestion administrative, la planification, le dossier patient et l’intégration avec les dispositifs d’imagerie et de facturation. Cette consolidation intervient dans un contexte de pression accrue sur les éditeurs pour répondre aux exigences réglementaires, d’interopérabilité et de cybersécurité, tout en accompagnant la transformation numérique des cabinets. Pour les praticiens, la recomposition capitalistique pourrait se traduire par une offre plus structurée, mais aussi par une standardisation des usages et des interfaces, avec des cycles de mises à jour plus fréquents.

    Quantum Surgical et Neuwave Medical : étendre la robotique aux thérapies mini‑invasives

    Quantum Surgical a annoncé l’acquisition de l’américain Neuwave Medical, spécialiste des dispositifs de thermo‑ablation utilisés pour le traitement mini‑invasif de tumeurs. Cette opération vise à combiner la plateforme robotisée de Quantum Surgical avec l’expertise de Neuwave en ablation percutanée guidée par l’imagerie, afin de proposer une offre intégrée en oncologie interventionnelle. En ajoutant des dispositifs de thermo‑ablation à son portefeuille, Quantum renforce sa capacité à couvrir différentes indications tumorales, dans une logique de prise en charge guidée par image, moins invasive que la chirurgie conventionnelle. Le rachat s’inscrit également dans une stratégie de développement international, en particulier sur le marché nord‑américain où Neuwave dispose déjà d’une présence et de relations avec des centres hospitaliers utilisateurs. Pour les établissements, cette consolidation pourrait simplifier l’adoption de solutions combinant robotique, planification et traitement, dans un contexte où les volumes de procédures d’oncologie interventionnelle sont en croissance.

    Carvolix (Affluent Medical) : IA, mini‑robots et cardiologie interventionnelle

    Affluent Medical a annoncé la signature d’accords engageants pour acquérir Caranx Medical et Artedrone, deux sociétés spécialisées dans les thérapies cardiovasculaires, pour un montant total de 28 millions d’euros (16,6 millions pour Caranx, 11,4 millions pour Artedrone), payés intégralement en actions nouvelles, sans décaissement de trésorerie. Les trois entités seront regroupées sous la marque Carvolix, avec un positionnement centré sur la cardiologie interventionnelle guidée par intelligence artificielle et mini‑robots autonomes. L’objectif est de démocratiser des procédures aujourd’hui réservées à des opérateurs très spécialisés, notamment le remplacement des valves cardiaques et la prise en charge en urgence des AVC ischémiques, sur un marché adressable estimé à 23 milliards d’euros. Carvolix prévoit un premier lancement commercial début 2026 avec Tavipilot, logiciel de guidage per‑opératoire par IA pour les procédures TAVI, autorisé par la FDA et déjà utilisé dans l’étude clinique ROTAO en Australie. Une première tranche de 10 millions d’euros, apportée par Truffle Capital et Edwards Lifesciences, doit étendre l’horizon de trésorerie jusqu’à fin mai 2026 et financer Tavipilot, la valve mitrale biomimétique Epygon et le futur partenariat autour du sphincter urinaire artificiel Artus.

    Equasens–Erevo : formation digitale et services aux soignants

    Equasens a annoncé début janvier 2026 l’acquisition de 80% du capital d’Erevo, pure player marseillais du e‑learning en santé, financée par emprunt bancaire, avec une option pour monter à 100% du capital. Erevo propose plus de 80 formations en ligne destinées aux infirmiers, médecins, pharmaciens et professions paramédicales, sous forme de dispositifs de formation continue certifiants adaptés aux contraintes de temps des soignants. Avec cette opération, Equasens affiche sa volonté de structurer un pôle de formation digitale complémentaire à ses logiciels métiers, en articulant contenus pédagogiques et outils de pratique quotidienne. Le groupe mise sur la convergence entre solutions numériques et montée en compétences, dans un contexte de renforcement des obligations de formation continue et de généralisation des usages digitaux. Erevo vise près de 7,4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, ce qui conforte le choix d’Equasens de s’appuyer sur un acteur déjà installé pour élargir sa chaîne de valeur au‑delà du logiciel, tout en conservant une intégration progressive grâce à la montée au capital échelonnée.

    FineHeart : des capitaux privés complétés par 48 M€ de subventions européennes

    Les 83 millions d’euros mobilisés par FineHeart combinent une levée de capitaux privés et un important soutien public non dilutif, avec 48 millions d’euros de subventions dans le cadre du PIIEC Tech4Cure. Ce programme européen positionne FineHeart comme chef de file sur la chaîne de valeur des dispositifs médicaux implantables connectés, en lien avec son dispositif ICOMS Flowmaker pour l’insuffisance cardiaque sévère. Les subventions doivent financer des briques critiques qui dépassent le seul produit : industrialisation, sécurisation des chaînes d’approvisionnement, dimension numérique et connectée des implants, ainsi que la montée en puissance d’un écosystème européen de partenaires. En complétant les apports en capital, ce financement public permet de limiter la dilution tout en soutenant des investissements lourds, difficiles à porter uniquement sur fonds privés à ce stade de développement. Pour les cliniciens et les établissements, cette combinaison de capitaux privés et de subventions vise à sécuriser la trajectoire de mise à disposition d’un dispositif implantable connecté, dans un cadre européen structuré autour de la souveraineté industrielle et de la prise en charge d’une pathologie chronique à fort impact.