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  • Imagerie : le CHU de Nîmes veut diminuer les prescriptions automatiques et repositionner le radiologue dans le parcours de soins

    Face à la hausse du recours à l’imagerie médicale, le CHU de Nîmes et l’ARS Occitanie lancent un projet destiné à améliorer les examens prescrits.

    Baptisée « Pertinence en imagerie : informer, former et impliquer patients et médecins demandeurs à Nîmes », l’initiative vise à limiter les examens inutiles.

    Le projet repose sur un double levier : faire évoluer les pratiques des médecins demandeurs et renforcer l’information des patients. Il s’appuie sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé et sur l’expertise des équipes de radiologie du CHU de Nîmes, engagées dans des démarches de qualité et d’accréditation.

    Moins de prescriptions automatiques et plus de coordination ville-hôpital pour améliorer l’imagerie

    Le CHU de Nîmes fixe plusieurs objectifs.

    • Il s’agit d’abord de réduire les examens non pertinents, en rappelant que le recours à l’imagerie n’est pas systématique.
    • Le projet entend aussi améliorer les échanges avec les médecins demandeurs autour des bonnes pratiques et des recommandations nationales.
    • Autre axe affiché : réaffirmer le rôle du radiologue dans le parcours de soins. L’établissement veut le positionner comme un médecin spécialiste garant du bon usage des examens, et non comme un simple exécutant technique.
    • Le dispositif prévoit aussi d’impliquer davantage les patients dans une démarche de soin plus personnalisée et de renforcer la cohérence des parcours entre la ville et l’hôpital.

    « La radiologie n’est pas un simple service prestataire, mais une spécialité médicale à part entière, au cœur du parcours de soins. Informer et impliquer patients et médecins est essentiel pour garantir le juste examen, au bon moment », indique le Dr Jean Goupil, chef du service de radiologie du CHU de Nîmes et coordonnateur du projet.

    L’enjeu est de renforcer la coordination entre la médecine de ville et l’hôpital

    Pour déployer ce programme, le CHU de Nîmes s’appuie sur des partenaires du territoire : les médecins généralistes, les Communautés professionnelles territoriales de santé, la faculté de médecine Montpellier-Nîmes et des acteurs de la formation en imagerie.

    Le projet s’inscrit dans la continuité d’actions déjà engagées par l’établissement, notamment à travers les formations universitaires, les commissions d’interface radio-clinique, les travaux de recherche et les démarches d’accréditation conduites avec la HAS.

    Un déploiement progressif sur 2026 et 2027

    Le calendrier présenté prévoit une montée en charge par étapes, avec des campagnes de communication au printemps, les premières actions de formation à partir de juin, puis le déploiement complet des outils digitaux et pédagogiques à l’automne. Une évaluation finale doit intervenir fin 2027.

    La stratégie retenue se veut multicanale. Elle combinera supports pédagogiques, outils de formation en ligne, temps d’échange avec les médecins du territoire ainsi que contenus digitaux et multimédias destinés à valoriser l’expertise des radiologues.

    Au-delà de la seule réduction des actes inutiles, le CHU de Nîmes et l’ARS Occitanie présentent ainsi un projet centré sur l’appropriation des recommandations, la circulation de l’information entre professionnels et la participation du patient dans la décision de soin.

     

  • 6 cas d’usage pour l’IA au service de l’expérience patient

    L’IA, nouveau socle de l’expérience et de la satisfaction patient

    Les établissements de santé font face à un volume croissant de retours patients, issus d’enquêtes en ligne, de questionnaires SMS, de mails ou de plateformes numériques, difficilement exploitables manuellement à grande échelle.
    Les moteurs de traitement automatique du langage transforment ces verbatim en matière première stratégique, en les catégorisant finement par thématiques de satisfaction ou d’insatisfaction et en produisant des indicateurs agrégés directement réutilisables pour le pilotage qualité et la gestion des risques perçus par les patients.

    Les résultats sont restitués sous forme de tableaux de bord personnalisables par type de parcours, de service ou de population, ce qui facilite l’identification des irritants récurrents, le suivi des plans d’action et le partage d’enseignements opérationnels avec les équipes de terrain comme avec la gouvernance.
    En centralisant toutes les sources de retours d’expérience au même endroit et en automatisant l’analyse textuelle, ces dispositifs réduisent la charge manuelle d’exploitation des enquêtes, améliorent la réactivité face aux signaux faibles et soutiennent une démarche d’amélioration continue de l’expérience patient à l’échelle de l’établissement.

    Dans ce paysage, la solution verbatim.care, éditée par l’entreprise française EntendsMoi, illustre la maturité croissante de ces approches.
    Plateforme web 3-en-1 dédiée au recueil, à l’analyse et à la visualisation des verbatim d’expérience patient, elle centralise différentes sources de retours, alimente des tableaux de bord personnalisés par type de parcours de soins et intègre un générateur d’enquêtes diffusables par URL, QR code, SMS ou e-mail.

    Reposant sur des algorithmes propriétaires de TAL/NLP entraînés sur plus de 100 000 verbatim labellisés par des professionnels de santé et des patients, verbatim.care classe les commentaires en près de 70 thèmes et sous-thèmes et en quatre niveaux de ressenti.
    Les analyses alimentent un tableau de bord opérationnel pour les directions et les équipes de terrain, afin de piloter l’expérience patient et les plans d’action, dans une logique de co‑conception avec les établissements hospitaliers, ambulatoires et de soins primaires.

    Ce cas d’usage est déjà déployé dans un large panel de 23 établissements à ce jour.

    Information préopératoire et relation de confiance

    L’IA conversationnelle participe également à la réduction du stress et à l’amélioration de la relation soignant‑patient avant une intervention.
    Au sein de plusieurs hôpitaux français, des plateformes numériques sécurisées proposent des parcours préopératoires via des chatbots d’information, comme Heko, solution de BOTdesign déployée à l’Hôpital de Foch, au CHU de Toulouse, au CHU de Nantes et au CHU de Lille.

    Ces assistants guident les patients en amont de la consultation d’anesthésie, délivrent des recommandations claires et personnalisées et préparent les échanges avec les anesthésistes.
    Cette approche fluidifie la communication, réduit l’anxiété préopératoire et optimise l’efficacité des consultations, en limitant les questions répétitives et les incompréhensions.

    Dans le prolongement de ces dispositifs, des agents conversationnels vocaux comme ceux de la plateforme Caresquad automatisent le rappel systématique des consignes préopératoires (jeûne, horaires, préparations spécifiques).
    Programmés au nom de l’établissement, ils informent le patient des consignes personnalisées, vérifient leur compréhension, anticipent les difficultés et mettent à disposition des équipes une interface de suivi pour permettre, si nécessaire, une intervention humaine.

    En renforçant la sécurisation du parcours, en diminuant le stress des patients et en optimisant le temps infirmier, ces agents s’inscrivent pleinement dans une logique de qualité et de sécurité des soins.

    Automatisation des processus administratifs et fluidité du parcours

    L’expérience patient se joue également dans la simplicité des démarches administratives, de l’admission à la facturation.
    En France, plusieurs établissements, dont l’Hôpital de Foch et le CHRU de Nancy, expérimentent des solutions d’IA pour automatiser l’admission et la facturation, en combinant reconnaissance de caractères et traitement intelligent des données.

    Ces systèmes simplifient la collecte d’informations, la vérification des droits et des assurances, accélèrent la génération et l’envoi des factures et réduisent les erreurs liées aux ressaisies manuelles.
    Des suites logicielles comme celles de Dedalus, Luminess ou Optacare intègrent, aux côtés des outils d’imagerie et de visualisation avancée, des modules d’entrée en relation digitale qui automatisent et sécurisent les processus administratifs tout en gardant l’IA au service de l’efficience hospitalière.

    En rendant les parcours plus fluides et plus prévisibles, ces solutions contribuent à une meilleure perception globale de la prise en charge, et font de l’optimisation administrative un composant à part entière de l’expérience patient.

    Mesure en temps réel de la satisfaction et ajustement des pratiques

    Au‑delà des grandes enquêtes périodiques, les établissements développent des dispositifs de mesure en temps réel de la satisfaction à des moments clés du parcours, comme l’imagerie ou la consultation.
    Dans des structures comme le CH de Valenciennes (CHV) et l’Hôpital de Foch, l’IA analyse les réponses aux enquêtes digitales post‑consultation, permettant d’identifier les points d’amélioration et d’ajuster rapidement les organisations.

    Des solutions telles que Better Word, éditée par Better World, exploitent l’analyse automatique des verbatim issus des retours d’expérience pour mesurer la satisfaction des patients, des résidents, des proches aidants et des équipes.
    En se concentrant notamment sur les centres d’imagerie, ces outils renforcent la confiance, améliorent la qualité perçue des services et alimentent des indicateurs spécifiques à la radiologie et à l’IA.

    Cette granularité des retours permet de passer d’une logique de reporting a posteriori à une gestion dynamique de la satisfaction, où les décisions organisationnelles peuvent être prises à partir de signaux quasi temps réel.

    Urgences : transparence, information et pilotage des flux

    Les services d’urgences constituent un terrain emblématique où se joue simultanément la sécurité, la satisfaction et la confiance des patients et de leurs proches.
    Plusieurs hôpitaux, dont l’Hôpital de Foch et le CH de Valenciennes, ont déployé des dispositifs d’IA pour suivre en temps réel l’avancée des patients aux urgences, réduire l’anxiété des familles et optimiser l’organisation interne.

    Des solutions comme FollowMe Urgences, éditée par MyCareProcess, informent les patients et leurs proches sur l’évolution de la prise en charge, via une application qui restitue simplement les grandes étapes du parcours.
    En parallèle, des plateformes d’anticipation des flux comme Saniia analysent en temps réel les mouvements de patients, planifient l’occupation des lits, coordonnent les actions et notifient les intervenants concernés.

    En combinant transparence de l’information vers les familles et pilotage prédictif des flux non programmés, ces outils renforcent à la fois l’expérience vécue aux urgences et la performance opérationnelle des services.

    Un écosystème en structuration autour de l’IA et de l’expérience patient

    Pris ensemble, ces cas d’usage dessinent un écosystème de solutions d’IA centré sur l’expérience patient, depuis la voix du patient captée à grande échelle jusqu’à l’automatisation des interactions et des parcours.
    Les acteurs spécialisés comme EntendsMoi (verbatim.care), BOTdesign (Heko), Better World (Better Word), MyCareProcess (FollowMe Urgences), SaniIA (Saniia) ou Caresquad contribuent à structurer un marché où l’IA, française et européenne, se positionne sur des usages concrets et mesurables.

    Ces innovations rejoignent les orientations des autorités de santé qui encouragent l’intégration des retours d’expérience patients et des mesures de satisfaction dans les démarches qualité, tout en veillant au respect des exigences de sécurité et de protection des données.
    L’IA devient ainsi un instrument transversal de qualité et de sécurité des soins, non seulement pour améliorer la décision clinique, mais aussi pour faire de l’expérience patient un véritable indicateur de performance des établissements.

  • 26 solutions d’IA qui transforment l’expérience patient, la qualité et la sécurité des soins

    34,8% des solutions pour l’accès, le triage et la coordination des parcours

    Plus d’un tiers des solutions se concentrent sur l’accès aux soins, le triage et la continuité du parcours ville‑hôpital, en combinant IA symbolique, machine learning et modèles conversationnels. L’objectif commun : qualifier mieux et plus tôt les situations cliniques, orienter vers le bon niveau de prise en charge et éviter les ruptures de parcours.

    Medana (Anamnese), déployée au CHU de Bordeaux, au CHU de Montpellier, aux Hospices Civils de Lyon (HCL) et au GH Paris Saint‑Joseph, s’appuie sur une IA hybride pour orchestrer le parcours patient. La solution collecte de manière autonome les données administratives et médicales via des questionnaires dynamiques, calcule des scores, identifie les facteurs de risques, aide au diagnostic, optimise le tri aux urgences et facilite le suivi post‑hospitalisation. Elle contribue ainsi à sécuriser les processus métier, réduire les ruptures de parcours, libérer du temps médical et structurer les données (CIM‑10, MOS‑NOS) pour la recherche clinique.

    Les plateformes de télémédecine Livi et Medaviz intègrent des briques de triage médical automatisé : leurs IA analysent en amont les symptômes afin d’orienter vers la téléconsultation, une consultation présentielle ou les urgences, avec un niveau de risque élevé au sens de la réglementation (services essentiels / urgence). Elles participent à désengorger les cabinets de ville et à garantir un accès plus rapide au bon professionnel.

    Sur les maladies chroniques, Mapatho propose une plateforme collaborative d’orientation fondée sur un annuaire qualifié de soignants (RPPS), validé par les associations de patients. Ses algorithmes de recommandation (« IAGO ») réduisent l’errance diagnostique, améliorent l’accès aux experts et génèrent des économies substantielles pour le système de santé. Sokle cible quant à elle les troubles neuro‑cognitifs, en coordonnant les acteurs ville‑hôpital et en personnalisant les recommandations pour les patients et leurs aidants.

    À l’interface hôpital‑domicile, e‑fitback agit comme un pont numérique couvrant l’intégralité du parcours (pré‑admission, hospitalisation, retour à domicile), avec une IA symbolique pour sécuriser le retour et optimiser le temps infirmier. Nanni AI illustre, côté pédiatrie, l’essor de solutions à haut risque : l’application analyse les pleurs des nourrissons via smartphone pour interpréter les besoins et détecter certaines pathologies, renforçant la vigilance des équipes et des parents.

    13% des solutions au service du pilotage opérationnel et des urgences

    Une part significative des solutions se positionne sur le pilotage des flux, la planification et la gestion des risques, prolongeant la dynamique d’infectiovigilance et de surveillance temps réel déjà à l’œuvre dans les établissements. L’objectif : passer d’une lecture rétrospective des incidents à une gouvernance prédictive des situations critiques.

    Saniia, utilisée notamment au CH de Valenciennes, au CHU de Nice, et au CHU de Nîmes, et au CH de Métropole Savoie, anticipe les flux non programmés et analyse en temps réel les mouvements des patients. Elle alloue automatiquement les ressources en tenant compte des contraintes, coordonne les actions et notifie les intervenants concernés. Les retours d’usage font état d’une meilleure anticipation des capacités, d’une diminution des temps d’attente et des transferts évitables, ainsi que d’une amélioration de la qualité de vie au travail des soignants.

    Patient Journey (Ospi) structure les données médicales de parcours pour fluidifier les processus hospitaliers et améliorer l’expérience patient. En combinant NLP et machine learning, la solution contribue à réduire les erreurs, optimiser les flux et accélérer la prise en charge dans des contextes où la variabilité des entrées et la saturation des lits sont fortes.

    Au plus près du terrain, FollowMe Urgences informe les patients et leurs proches en temps réel sur l’évolution de la prise en charge aux urgences (par exemple à l’hôpital Foch). Les établissements observant son déploiement rapportent une réduction de l’anxiété, moins d’interruptions de tâches pour les soignants et une meilleure gestion des attentes, avec un impact direct sur la qualité perçue et la performance du service.

    17,4% d’outils pour automatiser la documentation, les appels et les tâches administratives

    Près d’une solution sur cinq agit principalement sur la charge documentaire, la gestion des rendez‑vous ou les tâches administratives répétitives, faisant de l’IA un levier direct de qualité de vie au travail et de sécurisation des processus. Ces outils s’inscrivent dans les lignes directrices de la HAS et de la CNIL sur la transparence, la traçabilité et l’usage responsable des systèmes d’IA.

    DAX Copilot (Nuance Communications, Microsoft) incarne la montée de l’intelligence clinique ambiante. La solution transcrit et structure en temps réel les échanges médecin‑patient, s’intègre aux dossiers électroniques de santé (EHR) comme Epic, réduit la charge documentaire et améliore la précision des dossiers. Les bénéfices attendus portent sur le gain de temps, la diminution du burnout et une meilleure fiabilité des informations cliniques utilisées pour la décision.

    Qare Assistant Médical IA automatise la rédaction des comptes rendus de téléconsultation et s’intègre dans un flux déjà largement systématisé chez Qare depuis 2017. En réduisant la charge administrative des praticiens, il permet de recentrer l’attention sur la relation patient pendant la visio et sécurise la trace écrite du rendez‑vous.

    Assistant de consultation (Doctolib) optimise la gestion des plannings, la préparation des consultations et l’organisation des dossiers. Son usage dans un grand nombre de cabinets contribue à diminuer les erreurs administratives et à rapprocher les temps médicaux de la valeur clinique créée.

    Caresquad déploie des agents vocaux IA spécialisés dans le suivi des patients (secrétariat, observance, post‑opératoire), avec connexion aux logiciels médicaux et détection automatique des urgences. CareCall, assistant vocal intelligent pour la gestion des appels, automatise la prise et la modification des rendez‑vous, filtre les demandes et assure une disponibilité 24/7. Dans les établissements utilisateurs, ces solutions se traduisent par une réduction de la charge téléphonique pour les équipes, une meilleure disponibilité pour les patients et une performance accrue des plannings.

    30,4% des solutions centrées sur l’expérience patient, le ressenti et les PROMs

    Près d’un tiers des solutions mettent l’accent sur la voix du patient, la satisfaction et les PROMs, en transformant des signaux parfois difficiles à capter (verbatim, émotions, comportements d’adhérence) en indicateurs actionnables. Elles marquent un basculement vers une qualité perçue pilotée de manière systématique.

    Emobot, plateforme robotique et logicielle, combine vision par ordinateur et analyse vocale pour suivre en continu l’état émotionnel des patients via micro‑expressions faciales, prosodie et gestuelle. Déployée notamment au GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences, la solution génère un agenda émotionnel et alerte les soignants en cas de dégradation durable, améliorant la détection précoce des troubles de l’humeur et allégeant la charge mentale des équipes.

    Music Care propose une thérapie digitale fondée sur la méthode “U” (séquences musicales algorithmiques) pour traiter douleur et anxiété, avec un marquage dispositif médical. Utilisée dans des structures comme le CHU de Montpellier, l’Institut Curie ou le groups Elsan, la solution montre une réduction cliniquement significative de la douleur et de l’anxiété, une baisse de la consommation de médicaments et une amélioration du sommeil.

    Resilience Pro offre une télésurveillance des patients atteints de cancer à partir de questionnaires symptomatiques analysés par algorithmes d’IA. Les centres utilisateurs (CHU de Bordeaux, Polyclinique de Limoges, CH de Valenciennes, etc.) constatent une détection plus précoce des complications, une prévention des aggravations et un renforcement du lien patient‑soignant.

    Sur l’adhérence thérapeutique, SPUR (Observia) génère des profils comportementaux holistiques et prédit le risque de non‑adhérence pour guider les interventions en diabète, oncologie ou hypertension.

    Enfin, Glucozor (Dowino) illustre le potentiel des serious games adaptatifs pour l’éducation thérapeutique des enfants diabétiques, en rendant l’apprentissage des gestes du quotidien et des règles d’équilibre glycémique plus accessible et motivant.

    De la voix du patient au pilotage stratégique de l’expérience

    Au‑delà des dispositifs cliniques, plusieurs solutions structurent et industrialisent l’analyse des retours d’expérience, transformant les verbatim en leviers de pilotage stratégique pour les directions qualité, les équipes soignantes et le management.

    Better Word analyse les verbatim issus des retours d’expérience dans des structures sanitaires et médico‑sociales (Hôpital Foch, CH Victor Dupouy, CH de Valenciennes,). Elle aide les équipes à identifier les axes d’amélioration, suivre la qualité de vie au travail, construire et monitorer des plans d’action ciblés.

    Verbatim.care, co‑conçue avec de nombreux établissements (CHU de Brest, HCL, APHM, CHU de Reims, établissements privés et fondations), s’appuie sur des algorithmes NLP entraînés sur plus de 100 000 verbatim d’expérience patient. La solution classe les commentaires en près de 70 thèmes et sous‑thèmes, avec quatre niveaux de ressenti, offrant un tableau de bord opérationnel pour piloter les parcours, la qualité et la gestion des risques.

    Detec’t (Kap Code) et Better Word exploitent également les données issues des réseaux sociaux, forums et dispositifs de recueil d’expérience pour compléter les enquêtes institutionnelles (type e‑Satis) par une vision plus qualitative et continue. Ces approches permettent d’identifier plus rapidement des problèmes organisationnels, des irritants récurrents ou des signaux faibles de désengagement.

    Au total, près de 70% des solutions du corpus s’appuient déjà sur des références hospitalières ou médico‑sociales, et plus de 30% relèvent d’usages à haut risque au sens de l’IA Act, ce qui souligne la nécessité d’une gouvernance renforcée. Mais la dynamique est claire : l’IA devient un composant structurant de la qualité et de la sécurité des soins, en intégrant enfin, à grande échelle, la voix et l’expérience des patients dans le pilotage des établissements.

  • Vivalto Santé lance un Plan Cancer avec 3 instituts et 15 critères de labellisation

    Vivalto Santé annonce la mise en œuvre d’un Plan Cancer destiné à harmoniser ses parcours de soins en cancérologie.

    Le dispositif s’appuie sur une organisation déjà en place, articulée autour de 3 instituts de cancérologie, 14 centres de référence et 15 centres de proximité. Il repose aussi sur un programme interne de labellisation fondé sur 15 critères qualité, avec des plans d’action ciblés selon les établissements.

    Dans un contexte marqué par près de 433 000 nouveaux diagnostics de cancer en France, Vivalto Santé rappelle que la moitié des cas pourraient être évités, en s’appuyant sur les données 2025 de l’Institut national du cancer. Le groupe inscrit son plan dans les orientations nationales de santé et dans sa gouvernance d’entreprise à mission.

    Quatre engagements affichés

    Le Plan Cancer de Vivalto Santé s’organise autour de quatre engagements.

    • Le premier porte sur des prises en charge globales, coordonnées et personnalisées, indépendamment du niveau de revenus ou de couverture sociale des patients.
    • Le deuxième vise à réduire les délais, avec des parcours fléchés et accélérés, notamment pour les biopsies, ainsi que des dispositifs de type « diagnostic en un jour ».
    • Le troisième concerne le renforcement de la proximité territoriale, pour limiter l’éloignement géographique dans le parcours de soins.
    • Le quatrième met l’accent sur l’accompagnement du patient et de ses proches, avec une attention portée au soutien tout au long de la maladie.

    La gradation de l’offre constitue l’ossature du plan.

    Les centres de proximité doivent assurer une prise en charge au plus près du lieu de vie.

    Ils couvrent le dépistage, le diagnostic et la chirurgie du cancer, avec une coordination structurée des parcours, l’accès aux soins de support et un travail avec les professionnels du territoire.

    Les centres de référence proposent une prise en charge complète à toutes les étapes : dépistage, diagnostic, chimiothérapie, hospitalisation complète ou de jour, soins palliatifs, soins de support renforcés et coordination dédiée. Ils disposent d’autorisations de chirurgie carcinologique et d’un accès à la recherche clinique.

    Les instituts de cancérologie rassemblent sur un même site l’ensemble des expertises et des plateaux techniques, dont la radiothérapie et la médecine nucléaire. Ils concentrent toutes les autorisations en chirurgie carcinologique et prennent en charge des situations complexes.

    Cette organisation permettrais aujourd’hui à plus de 10 millions de Français d’être “à moins de 30 minutes d’un centre de référence” ou d’un institut de cancérologie du groupe.

    Prévenir, agir, soutenir

    La feuille de route est structurée autour de trois priorités.

    • Sur la prévention, Vivalto Santé entend renforcer les actions d’information, les opérations de terrain et la promotion d’un dépistage ciblé et régulier, en cohérence avec les recommandations nationales.
    • Sur la prise en charge, le groupe dit mobiliser l’ensemble des spécialités concernées, des oncologues aux hématologues, radiothérapeutes, internistes, spécialistes de la douleur et des soins palliatifs, ainsi que les équipes chirurgicales, du diagnostic à la rééducation-réadaptation. Plus de 20 postes sont dédiés à la coordination dans le groupe, avec un renforcement de la coopération avec la médecine de ville.
    • Vivalto Santé met aussi en avant sa dynamique de recherche clinique en oncologie et en onco-hématologie, avec près de 400 protocoles ouverts, soit une hausse de plus de 20 % en 2025 par rapport à 2024. Le groupe cite également le déploiement de robots chirurgicaux dans plusieurs établissements pour améliorer la précision des prises en charge.

    La télésurveillance comme levier opérationnel

    Dans le versant numérique du plan, Vivalto Santé fait de la télésurveillance un axe de sa stratégie en cancérologie. Le groupe déploie la solution Cureety, présentée comme une plateforme labellisée par la HAS, pour assurer un suivi sécurisé entre deux consultations et détecter plus tôt les situations critiques.

    L’initiative, lancée en 2023, concerne désormais 12 services d’oncologie médicale et 5 services d’onco-hématologie. Plus de 2 500 patients sont suivis chaque mois et plus de 5 000 situations critiques ont déjà été gérées de manière proactive.

    Soins de support et accompagnement à domicile

    Le troisième pilier du plan concerne le soutien aux patients et à leurs proches. Les centres et instituts du groupe proposent des paniers de soins de support et une prise en charge spécialisée de la douleur.

    À domicile, la continuité des soins doit être facilitée par la coordination avec Vivalto Dom, prestataire de services à domicile du groupe, ainsi que par un partenariat récemment noué avec OuiHelp pour l’accès à des services d’aide à domicile.

    Vivalto Santé indique par ailleurs que ses dispositifs d’éducation thérapeutique affichent un taux de satisfaction de 95 %. Plus de 50 patients experts sont aussi mobilisés pour accompagner les patients et leurs proches.

    Ce Plan Cancer doit permettre de “structurer et d’harmoniser l’offre de soins en cancérologie à l’échelle du groupe”. L’objectif est de garantir un parcours fluide, coordonné et accessible, quel que soit le lieu de résidence, en articulant expertise médicale, proximité territoriale et accompagnement des patients.

  • AAP : jusqu’à 50 % de financement pour des projets de déploiement de solutions innovantes en santé (30.06)

    Un dispositif orienté vers le déploiement à grande échelle

    Inscrit dans le plan France 2030, l’appel à projets “Achats publics innovants” cible la diffusion de solutions innovantes déjà disponibles sur le marché, avec une maturité élevée (TRL 9). L’objectif est de soutenir des projets d’intégration opérationnelle dans les établissements sanitaires et médico-sociaux en privilégiant des approches reproductibles.

    Les candidatures pour cette première vague sont ouvertes jusqu’au 30 juin 2026 à 00h00, avec un dépôt en ligne via la plateforme dédiée.

    Des projets financés jusqu’à 50 %

    Le financement prend la forme d’une subvention couvrant jusqu’à 50 % des dépenses éligibles. Les projets doivent présenter un budget minimal de 150 000 euros et s’inscrire dans une durée comprise entre 12 et 24 mois.

    Les dépenses prises en charge incluent notamment :

    • l’achat, la licence ou l’abonnement à la solution,
    • l’intégration technique et le déploiement,
    • la formation et l’accompagnement au changement,
    • l’évaluation du projet,
    • certains frais de personnel directement mobilisés.

    À l’inverse, les dépenses de fonctionnement courant, les investissements immobiliers ou les équipements antérieurs ne sont pas éligibles.

    Des établissements de santé en première ligne

    Les projets doivent s’inscrire dans des priorités telles que l’organisation des soins, le parcours patient, le bloc opératoire, le diagnostic ou encore la transition écologique.

    Le portage du projet doit être assuré par un établissement sanitaire ou médico-social, public ou privé, disposant d’un numéro FINESS, seul ou en groupement. Une équipe projet identifiée est requise.

    Les solutions proposées doivent être déjà disponibles sur le marché, effectivement achetées puis déployées, et répondre aux exigences réglementaires, notamment en matière de RGPD, de sécurité des systèmes d’information et, le cas échéant, d’hébergement des données de santé.

    Une sélection en plusieurs étapes pilotée par l’ANAP

    La procédure de sélection repose sur plusieurs phases : vérification d’éligibilité, instruction initiale par l’ANAP, audition des porteurs, analyse technique et financière approfondie, puis validation finale par un comité de pilotage.

    Les critères d’évaluation portent sur la maturité de la solution, les impacts attendus pour l’établissement, la qualité du déploiement et de la gouvernance, ainsi que le potentiel de diffusion à d’autres structures.

    Une exigence forte sur l’évaluation et la conformité

    L’appel à projets exclut les phases de recherche ou d’expérimentation amont, en se concentrant sur des déploiements effectifs. Les porteurs doivent ainsi définir des indicateurs en amont, prévoir des modalités de suivi robustes et produire des rapports intermédiaires et finaux.

    Le respect du cadre réglementaire constitue un prérequis, notamment en matière de commande publique, de protection des données et de sécurité. L’évaluation de l’impact et la capacité à répliquer le projet dans d’autres établissements sont également au cœur du dispositif.

  • La plateforme de livraison de médicaments Livmed’s en liquidation judiciaire après un an de redressement

    La société Livmed’s, spécialisée dans la livraison de médicaments à domicile, a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Nice.

    Cette décision intervient à l’issue d’une procédure de redressement judiciaire ouverte en avril 2025. L’entreprise a bénéficié d’une période d’observation d’un an, structurée en deux phases de six mois renouvelées, sans parvenir à rétablir sa situation financière.

    Un redressement engagé avec l’objectif de rentabilité

    Placée en redressement judiciaire au printemps 2025, Livmed’s visait alors une restructuration de ses activités. Cette procédure collective devait permettre la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement des dettes sous contrôle judiciaire.

    Cette phase devait conduire l’entreprise à la rentabilité, en s’appuyant sur le soutien de ses actionnaires. Une audience au tribunal de commerce, prévue en juin 2025, devait statuer sur la poursuite de la période d’observation.

    Un modèle BtoBtoC adossé aux officines

    Fondée en 2020, Livmed’s proposait un service de livraison de médicaments et de produits de parapharmacie via une application mobile. Les patients pouvaient téléverser une ordonnance, sélectionner une pharmacie partenaire, régler en ligne et se faire livrer à domicile par un coursier.

    La plateforme revendiquait 2 300 pharmacies partenaires dans plus de 200 villes françaises. Son modèle reposait sur l’absence de facturation pour les officines, avec une rémunération assurée par la logistique et une commission de 15 % sur les ventes de parapharmacie. Des partenariats avec des mutuelles permettaient le remboursement des frais de livraison.

    Des tensions réglementaires avec l’Ordre des pharmaciens

    Depuis sa création, l’entreprise a levé plus de 7 millions d’euros auprès d’investisseurs, dont Sanofi, CMA CGM, Bpifrance et des business angels.

    Son développement a été marqué par un contentieux avec le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, qui l’accusait d’exercer une activité de pharmacie en dehors du cadre légal, en intervenant dans le circuit du médicament.

    Livmed’s contestait cette analyse, se présentant comme un simple intermédiaire logistique. En octobre 2023, le tribunal judiciaire de Paris avait suspendu sa décision dans l’attente d’un jugement de la Cour de justice de l’Union européenne dans une affaire distincte impliquant Doctipharma. En janvier 2025, un médiateur avait été désigné pour favoriser un règlement amiable.

    Les juges ont toutefois estimé que Livmed’s n’intervenait pas directement dans l’acte de vente, la qualifiant de prestataire technique de mise en relation. La société a été condamnée à verser 15.000 euros au Cnop au titre des frais de procédure.

    La juridiction a également considéré que la plateforme avait enfreint le code de la santé publique en facilitant la vente en ligne de médicaments soumis à prescription obligatoire. Elle pouvait en revanche continuer à proposer des médicaments sans ordonnance sous conditions.

    Des difficultés opérationnelles signalées

    Outre les enjeux réglementaires, l’entreprise a également été confrontée à des difficultés opérationnelles. Selon Les Echos, des livreurs ont signalé des retards de paiement et des difficultés à entrer en contact avec la société, notamment via des avis publiés sur la plateforme Trustpilot.

    La liquidation judiciaire met un terme à l’activité de la start-up niçoise, souvent présentée comme un acteur de la digitalisation de l’activité officinale. Aucun projet de reprise n’a été évoqué à ce stade.

  • La Fondation FondaMental lance « BAE », une application gratuite pour prévenir le suicide chez les 12–17 ans

    La Fondation FondaMental annonce le lancement de « BAE », une application mobile gratuite de prévention du suicide destinée aux jeunes de 12 à 17 ans. Le projet, soutenu par la Région Île-de-France dans le cadre d’une Question d’Intérêt Majeur sur la santé mentale, a été développé avec le CHU de Montpellier, le CHU Robert Debré, l’INSERM et l’association ASMA.

    Depuis la pandémie, la Fondation alerte sur la persistance des troubles psychiques chez les adolescents. Grâce au financement régional, plusieurs outils ont été conçus pour soutenir les jeunes Franciliens, dont la plateforme LENA et l’application MyMood.

    Sous l’impulsion du professeur Philippe Courtet, psychiatre au CHU de Montpellier et chercheur à la Fondation FondaMental, « BAE » a été élaborée par une équipe pluridisciplinaire réunissant psychiatres, psychologues et sociologues. Des jeunes ayant traversé des périodes de crise suicidaire ont participé à sa conception afin d’assurer la pertinence et l’accessibilité de l’outil.

    Suivi émotionnel et plan d’action personnalisé

    L’application invite chaque adolescent à évaluer quotidiennement son état émotionnel et à élaborer un plan d’action avec ses parents et son médecin. Le dispositif repose sur une triade de profils connectés, adolescent, parent, professionnel de santé, et fonctionne selon un partage contrôlé des informations pour préserver la confidentialité des échanges.

    L’utilisateur peut compléter son espace personnel en y renseignant ses signaux d’alerte, ses stratégies de régulation ou ses ressources apaisantes : films, musiques, lieux rassurants. Six modules interactifs facilitent la mise en œuvre de ce plan : contacter un proche, relaxation, souvenirs positifs, lieux de réconfort, contenus favoris. Un bouton d’alerte permet de joindre immédiatement un proche ou les services d’urgence (3114 ou SAMU).

    Un outil d’aide, non un suivi médical

    La Fondation rappelle que « BAE » ne se substitue pas à un suivi psychologique ou médical. Les données ne sont pas analysées en temps réel ; en cas de détresse, les utilisateurs doivent contacter les services d’urgence.

    Philippe Courtet souligne que l’objectif est de redonner des repères pour agir rapidement en cas de crise et de rappeler à chaque jeune qu’il n’est pas seul.

    Une initiative soutenue par la Région Île-de-France

    Pour Valérie Pécresse, présidente de la Région, ce projet illustre l’engagement de l’institution en faveur du bien-être des jeunes. La Région mène une politique active de prévention en santé mentale, tout en investissant dans les domaines du logement, de l’emploi, de l’orientation et des transports afin de renforcer l’accompagnement global des adolescents.

    Marion Leboyer, directrice générale de la Fondation FondaMental, voit dans ce lancement une étape supplémentaire vers la mise à disposition d’outils concrets pour répondre aux enjeux de santé mentale : « BAE » complète l’offre déjà portée avec la Région, en s’appuyant sur l’expertise scientifique française.

  • Interopérabilité : un coût de 360 M€ à 1,8 Md€, France Biotech propose une feuille de route

    Une interopérabilité encore largement inaboutie

    L’étude mené sur un panel de 120 sociétés – allant des éditeurs de logiciel, aux institutionnels, en passant par les offreurs de soins et les industriels – met en évidence un paradoxe bien connu des acteurs du secteur : la France dispose d’un tissu riche d’éditeurs, de start-ups et d’établissements engagés dans la transformation numérique, mais peine encore à faire circuler efficacement les données de santé. Ce problème représente un énorme manque à gagner pour les établissements de santé, puisque le collectif estime que la difficulté d’interopérabilité des données de santé coûte à la collectivité entre 360 millions et 1,8 milliard d’euros par an.

    Le coût annuel de l’interopérabilité estimé dans les établissements (achats et dépenses depersonnel) - France Biotech
    Le coût annuel de l’interopérabilité estimé dans les établissements (achats et dépenses de
    personnel) – France Biotech

    En cause, plusieurs facteurs structurels. D’abord, la coexistence de multiples standards techniques, parfois mal implémentés ou interprétés différemment selon les acteurs. Ensuite, une forte hétérogénéité des systèmes d’information hospitaliers, souvent construits par empilement successif de briques logicielles peu compatibles entre elles.

    Résultat : les données sont disponibles, mais difficilement exploitables à grande échelle. Les cas d’usage avancés, en particulier ceux liés à l’intelligence artificielle, à la recherche clinique ou à la médecine personnalisée, se heurtent à des coûts d’intégration élevés et à des délais de déploiement incompatibles avec les attentes du terrain.

    Cette situation n’est pas seulement technique.

    Elle a des conséquences directes sur l’innovation et la qualité des soins :

     des impacts concrets sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

    Est-ce que les problèmes d'interroperabilité impactent les activités de santé ? - France Biotech
    Est-ce que les problèmes d’interroperabilité impactent les activités de santé ? – France Biotech

    Pour les industriels et start-ups, le manque d’interopérabilité constitue un frein à l’industrialisation. Chaque déploiement nécessite des développements spécifiques, limitant les effets d’échelle et ralentissant l’accès au marché. Pour les établissements de santé, cela se traduit par une difficulté à intégrer de nouvelles solutions, même lorsqu’elles sont pertinentes. L’absence de fluidité dans les échanges de données complexifie les parcours patients et limite les gains organisationnels attendus. Enfin, pour les professionnels de santé, cela renforce la fragmentation de l’information, avec des données dispersées dans plusieurs outils, peu ou mal synchronisés. À terme, c’est la qualité et la continuité des soins qui peuvent être impactées.

    Une problématique aussi organisationnelle que technique

    L’un des apports majeurs de l’étude est de dépasser une lecture purement technologique du sujet. L’interopérabilité ne se résume pas à des standards ou à des API : elle repose aussi sur des choix de gouvernance, des modèles économiques et des incitations. Le collectif souligne notamment le manque d’alignement entre les différents acteurs : éditeurs, établissements, pouvoirs publics. Chacun avance avec ses propres contraintes et priorités, sans toujours converger vers une vision commune. Cela conduit à ce que plus de 70% des interrogés expliquent rencontrer des problèmes dans leurs intégrations de données.

    70% des interrogés expliquent rencontrer des problèmes dans leurs intégrations de données - France Biotech
    70% des interrogés expliquent rencontrer des problèmes dans leurs intégrations de données – France Biotech

    Par ailleurs, les incitations économiques restent limitées. L’interopérabilité est souvent perçue comme un coût, en développement, en maintenance, en conformité, sans retour immédiat pour les acteurs qui l’implémentent.

    Trois axes de résolution pour structurer un cadre commun

    Face à ce constat, France Biotech propose une approche pragmatique, articulée autour de plusieurs leviers.

    • Premier axe : renforcer l’adoption et l’implémentation effective des standards existants. Il ne s’agit pas nécessairement d’en créer de nouveaux, mais de mieux utiliser ceux qui sont déjà disponibles, en garantissant leur bonne application.
    • Deuxième levier : améliorer la lisibilité du cadre réglementaire et technique. Les acteurs ont besoin de référentiels clairs, stables et opérationnels pour intégrer l’interopérabilité dès la conception de leurs solutions.
    • Troisième point clé : développer des mécanismes d’incitation. Cela peut passer par des critères d’éligibilité dans les appels d’offres, des financements conditionnés ou encore des dispositifs de labellisation valorisant les solutions réellement interopérables.

    Enfin, le collectif insiste sur la nécessité de renforcer les espaces de collaboration entre acteurs publics et privés. L’interopérabilité ne peut pas être décrétée : elle doit être co-construite.

    Des recommandations qui penchent vers une stratégie nationale plus structurée

    L’étude formule plusieurs recommandations.

    Elle appelle d’abord à une clarification du rôle des pouvoirs publics dans la gouvernance de l’interopérabilité, avec une vision stratégique plus affirmée et une coordination renforcée entre initiatives existantes. Elle recommande également de systématiser l’intégration de l’interopérabilité dans les politiques publiques numériques en santé, en en faisant un prérequis et non un objectif secondaire.

    Autre point central : accompagner les acteurs, notamment les plus petits, dans la mise en conformité. Cela suppose des outils, des guides, mais aussi des dispositifs de soutien financier.

    Enfin, le collectif France Biotech plaide pour une approche plus européenne, afin d’aligner les efforts nationaux avec les dynamiques en cours à l’échelle de l’Union européenne, notamment dans la perspective du développement des espaces européens de données de santé.

  • Data : la CNIL met à disposition un outil open source (PIA) pour faciliter les analyses d’impact

    La CNIL met à disposition un logiciel open source, baptisé PIA, pour accompagner la réalisation des Analyses d’impact relatives à la protection des données (AIPD), telles que prévues par le RGPD. L’outil s’inscrit dans une démarche d’accompagnement des responsables de traitement dans la mise en œuvre de leurs obligations en matière de protection des données.

    Disponible en 20 langues, PIA a aussi pour objectif de faciliter l’appropriation des guides AIPD publiés par la CNIL. L’analyse d’impact est obligatoire pour certains traitements de données, et l’outil entend en structurer la conduite comme la formalisation.

    La CNIL indique que PIA s’adresse d’abord aux responsables de traitement qui ne sont pas, ou peu, familiers de la démarche AIPD. L’outil est proposé dans une version « prête à l’emploi », conçue pour être lancée simplement sur un poste de travail.

    Au-delà de cet usage individuel, il peut aussi être déployé sur des serveurs afin d’être intégré à des outils déjà utilisés en interne dans une entreprise.

    Trois fonctions pour suivre la méthode CNIL

    L’outil PIA est présenté autour de trois axes destinés à aider les organisations à suivre la méthode AIPD développée par la CNIL.

    • Un outil modulaire : PIA peut être adapté aux besoins d’une structure ou d’un secteur d’activité. La CNIL cite notamment la possibilité de créer un modèle d’AIPD, duplicable ensuite pour des traitements de nature similaire. Le caractère open source du logiciel permet aussi de modifier son code source, publié sous licence libre, pour ajouter des fonctionnalités ou l’intégrer à d’autres outils internes.
    • Une interface pour dérouler l’analyse pas à pas : L’outil repose sur une interface pensée pour gérer l’ensemble des analyses d’impact et suivre, étape par étape, la méthode de la CNIL. L’objectif est d’éviter les oublis dans la conduite de l’exercice. Des outils de visualisation sont également proposés afin de donner une lecture synthétique de l’état des risques associés au traitement étudié.
    • Une base de connaissance juridique et technique : PIA intègre des éléments juridiques relatifs à la licéité du traitement, ainsi que des mesures destinées à protéger les droits des personnes concernées. Le logiciel embarque aussi une base de connaissance contextuelle, accessible pendant la réalisation de l’analyse. Ses contenus s’appuient sur le RGPD, les guides AIPD et le guide sécurité de la CNIL, avec une adaptation aux caractéristiques du traitement examiné.

    La CNIL distingue deux déclinaisons de son outil

    • La version logicielle se télécharge et s’installe sur un poste de travail. Elle est disponible pour Windows en 32 et 64 bits, Linux en 64 bits et Mac OS.
    • La version web est destinée à un déploiement sur les serveurs de l’entreprise. Elle existe en mode front-end et en mode back-end.

    Dans les deux cas, l’ouverture du code permet une adaptation à l’écosystème informatique existant au sein de l’organisation et une intégration avec les autres outils internes.

    Pour les structures de santé, les éditeurs et les entreprises du numérique en santé amenés à traiter des données personnelles sensibles, PIA constitue un outil opérationnel pour cadrer une démarche AIPD, en particulier lorsque les équipes disposent de peu de ressources spécialisées en interne.

    L’intérêt du dispositif repose sur trois leviers ; un cadre méthodologique aligné sur la doctrine de la CNIL, une possibilité d’adaptation aux usages métiers, et une intégration envisageable dans des environnements techniques déjà en place.

    Découvrir le tutoriel pour utiliser l’outil PIA

     

  • « Ce qu’on construit, c’est une sous-catégorie d’IA qui s’appelle un modèle de fondation » Camille Bouget, ScientaLab

    Une biotech de 20 personnes, 7 M€ levés et un soutien européen

    En quatre ans, Scienta Lab est passée de l’idée à une structure d’environ vingt collaborateurs, mêlant profils scientifiques, technologiques et métiers. « À l’heure actuelle, Scienta Lab, c’est une vingtaine de personnes en tout, on a levé 7 millions d’euros depuis la création de la société en 2021 », détaille Camille Bouget cofondatrice. La jeune pousse a également été « lauréat du concours EIC Accelerator qui est l’un des programmes phares de l’Union européenne pour soutenir financièrement les sociétés qui développent des innovations de rupture ».

    Cette reconnaissance valide le caractère deeptech de la société et contribue à financer le développement d’EVA, son outil d’intelligence artificielle appliqué aux maladies immuno-inflammatoires. L’entreprise revendique ainsi un positionnement de spécialiste très pointu, articulant IA, immunologie et recherche pharmaceutique.

    EVA : simuler in silico l’efficacité des candidats dans l’immuno-inflammation

    Le produit phare de Scienta Lab, EVA, se situe au cœur des étapes translationnelles du développement de médicament. « On a récemment annoncé le lancement de notre outil EVA qui est un outil d’intelligence artificielle qui vise vraiment à répondre à cette problématique initiale », explique la CEO.

    L’enjeu : aider les laboratoires pharmaceutiques et sociétés de biotechnologie qui « passent des dizaines d’années en essai clinique » et dépensent « des centaines de millions d’euros pour emmener ce médicament sur le marché sans savoir comment est-ce qu’il va fonctionner chez des patients ». EVA réalise « toute une série de simulations dans un ordinateur, donc in silico, sur des populations de patients représentatives de ces pathologies » afin de tester plusieurs hypothèses.

    L’objectif est « d’accélérer à la fois les phases de recherche pré-clinique, translationnelle et les essais cliniques de ces médicaments et donc in fine d’emmener des options thérapeutiques plus personnalisées plus rapidement sur le marché à des patients qui ont des besoins médicaux non satisfaits ».

    Un focus exclusif sur l’immunologie-inflammation, mais sans drug discovery

    Contrairement à de nombreuses solutions d’IA centrées sur la « drug discovery », Scienta Lab a choisi un positionnement de niche sur l’immunologie-inflammation et les phases aval du pipeline. « On ne fait que de l’immunologie inflammation. Notre modèle est spécialisé dans cette aire thérapeutique-là, il est entraîné sur des données de patients qui sont atteints de ces maladies », résume la fondatrice.

    Elle insiste sur le fait que le modèle ne vise pas à découvrir de nouveaux candidats, mais à « valider des cibles thérapeutiques et ensuite soutenir des étapes de recherche translationnelle ».

    Concrètement, il s’agit de prédire « la manière dont le candidat va être efficace chez des patients à partir de toutes les informations qu’on a lors des phases de recherche ». Cette approche s’inscrit dans un contexte où l’IA a déjà produit des preuves de concept solides en oncologie, mais où d’autres aires, comme l’immuno-inflammation, restent « très peu servies par ce type d’approche » malgré l’ampleur des besoins médicaux et de marché.

    Modèle de fondation multimodal : capturer les signaux faibles des patients

    Sur le plan technologique, Scienta Lab développe un modèle de fondation, mais appliqué à la biologie et non au langage. « Ce qu’on construit, c’est une sous-catégorie d’intelligence artificielle qui s’appelle un modèle de fondation. Dans notre cas, nous, ce n’est pas un modèle de langage, c’est un modèle qu’on entraîne sur des données de patients », explique la dirigeante.

    Ces données incluent « des données cliniques sur sa symptomatologie, des données biologiques sur des prises de sang », mais aussi des données omiques « comme de la transcriptomique, donc de la génomique ».

    Le modèle est entraîné « de manière non supervisée » pour « laisser le modèle voir une large quantité de données et créer lui-même des représentations ». Le postulat est qu’avec un tel volume, « la technologie sera plus à même que l’œil humain ou que des statistiques classiques de capturer des signaux faibles ». Ensuite, Scienta Lab applique un « fine-tuning », pour spécialiser ce modèle générique sur des tâches précises comme la prédiction d’efficacité ou l’identification de biomarqueurs.

    Biobanques et partenariats

    La performance du modèle repose sur l’accès à une donnée riche, multimodale et bien appareillée. « L’enjeu du modèle de fondation, c’est de voir la plus grande quantité de données possibles et de la donnée pairée, c’est-à-dire pour un patient donné toutes les modalités possibles », rappelle la fondatrice.

    Les données proviennent de plusieurs sources : « des données publiques qui sont publiées typiquement sur des bases de données européennes et américaines », des « partenariats académiques, des partenariats avec des biobanques ou des universités » et surtout « une biobanque propriétaire, qu’on est en train de constituer ». Cette biobanque doit permettre de collecter « spécifiquement les types d’informations dont on a besoin pour entraîner notre modèle ».

    Impact clinique et économique : doubler le succès des phases II et viser la précision thérapeutique

    Si Scienta Lab commence à documenter l’impact de son approche, la fondatrice insiste sur un bénéfice qui dépasse le seul arbitrage temps/coût.

    Elle indique que « le modèle est deux fois plus puissant que ce qui se fait actuellement sur la prédiction d’efficacité », alors que « à l’heure actuelle, on a un taux de succès des phases deux qui est de l’ordre de 20% ».

    L’entreprise estime que « avec la prédiction, on peut multiplier ça par deux ». Pour autant, « la majorité du temps la valeur ajoutée que voient les clients dans notre solution, ce n’est pas nécessairement le gain de temps ou l’argent ». Ce qui compte, c’est « le fait d’arriver plus rapidement sur le marché et avec une proposition de valeur plus précise » permettant « un succès commercial supérieur » face à des classes thérapeutiques déjà bien établies. Dans des pathologies comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, où la prise en charge thérapeutique reste chronique, incomplète et parfois d’efficacité décroissante dans le temps, la CEO explique que « seulement 30 à 50% des patients répondent réellement aux traitements disponibles ».

    Dans ce contexte, la capacité à identifier très précisément les patients chez qui un traitement sera réellement efficace devient centrale pour la différenciation thérapeutique et économique, sur un marché où chaque nouveau médicament peut coûter « des centaines de millions, voire 1 milliard de dollars » à développer.