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  • Télésurveillance : une expérimentation « article 51 » sur le suivi post-greffe des patients hépatiques

    « Le financement forfaitaire de la télésurveillance médicale des patients ayant bénéficié d’une greffe hépatique (…) afin de prévenir la perte de fonction du greffon » est autorisé « pour une durée de 45 mois à compter de la prise en charge du premier patient ». L’arrêté du 4 octobre 2019, publié au Journal officiel du 12 octobre, lance l’expérimentation de ce dispositif dans le cadre du dispositif « article 51 », dans les régions Nouvelle-Aquitaine et Centre-Val de Loire.

    Il est mentionnée dans le cahier des charges publié en annexe qu’« un suivi intensifié, à domicile, dès le premier mois post-greffe » pourrait permettre d’identifier et de prendre en charge plus rapidement les comorbidités constatées après une greffe : « environ 75 % des patients transplantés hépatiques développent de l’hypertension artérielle, 50 % une insuffisance rénale chronique, 40 % de l’hypercholestérolémie d’hypertriglycéridémie et 30 % souffrent de diabète après la première année de greffe », est-il précisé. La télésurveillance serait alors à même de « diminuer leur impact sur le greffon et la survie du patient » en même temps que celui de « nombreux déterminants psychologiques, dont la qualité de vie et l’adhésion au traitement », qu’il importe de « prendre en charge le plus précocement possible ».

    L’expérimentation est appelée à durer d’octobre 2019 à décembre 2022, « période nécessaire pour avoir un nombre suffisant de patients et un recul suffisant pour pouvoir évaluer l’impact de cette nouvelle organisation ». La solution de télésurveillance sélectionnée est celle de la société Optim’Care. Cet acte « est prescrit initialement pour une période de 6 mois par le médecin spécialiste et renouvelable autant de fois que nécessaire », est-il indiqué.

    Objectifs de l’expérimentation

    L’expérimentation sera mise en œuvre « tout d’abord au niveau interrégional » mais « avec l’objectif d’identifier d’autres centres au niveau national ». Il est souligné dans le cahier des charges la nécessité de valider la télésurveillance dans des régions où « l’offre de soin et dont les parcours de soin des patients transplantés peuvent être différents (…) afin de pouvoir généraliser la télésurveillance à la fin de l’expérimentation ».

    Les objectifs affichés de l’expérimentation sont :

    • de valider cette « nouvelle organisation de soins » ainsi que son impact sur « la qualité de vie du patient, la qualité et la pertinence des soins et des traitements proposés, les conditions de travail des professionnels de santé et les dépenses de santé » ;
    • de fixer des tarifs pré-figurateurs de la télésurveillance médicale des patients transplantés hépatiques.

    Les auteurs du texte indiquent qu’une surveillance médicalisée entre deux consultations, « basée sur des données cliniques, biologiques mais aussi psychologiques », permettrait de « diminuer le nombre de consultations (…) et donc de déplacements et/ou d’absences au travail pour les actifs » ou au contraire d’organiser « des consultations anticipées afin d’éviter les hospitalisations ou les complications » comme les re-transplantations.

    Environ 10 000 patients vivent avec un greffon hépatique en France et environ 1 350 patients sont transplantés hépatiques par an pour des indications différentes (cirrhose, carcinome…) et « pourraient à terme bénéficier de cette nouvelle modalité de prise en charge », est-il précisé.

    Origine du projet

    La solution de télésurveillance a été co-construite avec les équipes de soin et les patients transplantés du territoire de Nouvelle-Aquitaine, au sein duquel est né ce projet. Il est souligné dans l’arrêté le rôle de la Fédération hospitalo-universitaire SUPORT (SUrvival oPtimization in ORgan transplantation), incluant les centres hospitaliers de Limoges, de Poitiers et de Tours, «  créée en 2014 pour regrouper des talents et des compétences pour stimuler l’innovation et développer de nouveaux protocoles ».

    Modalités de la télésurveillance

    À l’initiation de la télésurveillance, le médecin spécialiste (hépatologue/hépatologue transplanteur) déterminera « en fonction des facteurs de risque du patient et en discussion avec celui-ci (…) le plan de suivi sur la solution technique » : choix des données à suivre parmi les données cliniques, biologiques et/ou psychologiques disponibles dans la solution technique et pour chacune d’entre elles leur fréquence et leurs seuils d’alertes.

    Il définira aussi, avec l’accord du patient, les différents acteurs de la télésurveillance :

    • le responsable de la télésurveillance (lui-même le cas échéant) ;
    • la personne en charge de l’accompagnement thérapeutique (lui-même le cas échéant) ;
    • l’ensemble des professionnels de santé pouvant avoir accès aux dossiers afin de faciliter le parcours de soins du patient.

    La personne en charge de l’accompagnement thérapeutique aura pour mission de définir les objectifs d’apprentissage du patient : en fonction de ceux-ci seront mises en place des formations, en présentiel ou e-learning, « au minimum tous les 2 mois lors des 6 premiers mois de la télésurveillance puis tous les 3 mois », lui permettant de mieux comprendre sa pathologie, son traitement et de s’impliquer pleinement dans sa prise en charge.

    Le suivi portera sur :

    • des données cliniques incluant a minima la tension, la possibilité étant offerte d’ajouter le suivi d’une autre donnée clinique (poids, IMC) à la fréquence appropriée pour chaque patient mais « au minimum une fois par mois » ;
    • a minima une donnée biologique à chaque contrôle biologique, sélectionnée « parmi la liste usuelle des bilans biologiques des patients transplantés hépatiques » ;
    • « si nécessaire » des données psychologiques : adhésion, qualité de vie et/ou effets indésirables ressentis à la fréquence adaptée.

    L’algorithme, propre à chaque patient et validé par le médecin effectuant la télésurveillance, pourra être :

    • soit totalement personnalisé, c’est-à-dire « n’impliquant aucun filtre humain en charge la vérification de la cohérence de l’alerte », de sorte que le médecin recevra l’ensemble des alertes « sans traitement préalable » ;
    • soit contrôlé par une IDE, « chargée de contacter le patient afin de s’assurer de la cohérence de l’alerte ».

     Rémunération des parties prenantes

    • Les actes de télésurveillance réalisés seront rémunérés sous forme tarifaire à hauteur de 60 euros par patient et par semestre au médecin effectuant la télésurveillance ou à sa structure employeur. Le paiement de ce forfait n’exclut pas le paiement de « toute consultation physique ou de toute téléconsultation qui s’avérerait nécessaire dans le cadre du suivi du patient », y compris à l’issue des alertes générées par le système de télésurveillance, est-il précisé.
    • Le professionnel assurant l’accompagnement thérapeutique du patient bénéficiant d’un suivi par télésurveillance ou sa structure est rémunéré sous forme forfaitaire à hauteur de 60 euros par patient et par semestre.
    • La solution technique est mise à disposition du patient par la société Optim’Care pour une durée minimale de 6 mois. Au titre de cette mise à disposition et des services rendus par la solution, le fournisseur est rémunéré sous forme forfaitaire de 220 euros par patient par semestre.
  • SophI.A Summit : une série de conférences sur le thème « IA & Santé », les 20 et 22 novembre 2019

    Une série de conférences sur le thème « IA & Santé » est organisée les 20 et 22 novembre 2019 dans le cadre du SophI.A Summit, 3 jours de conférences animées par plus de 50 chercheurs et entrepreneurs européens (du 20 au 22 novembre). L’événement s’inscrit dans le cadre de la semaine dédiée à l’intelligence artificielle (IA) porté par la technopole de Sophia Antipolis, qui se tient du 19 au 23 novembre 2019.

    Parmi les moments forts du sommet :

    • la conférence « Analyse des réseaux neuronaux – application aux prévisions de résistance des cancers aux traitements » : le 22 à 10h05 ;
    • la conférence « Définir des modèles synthétiques de génomes chez les femmes enceintes, pour déterminer les intervalles de confiance des tests prénataux non invasifs » : le 22 à 11h25.

    Au cours de la semaine sera par ailleurs lancé l’Institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle 3IA Côte d’Azur. Labellisé en avril par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, il entre dans sa phase concrète, indique la technopole.

    Les inscriptions pour assister à l’événement sont à réaliser sur le site Weezevent.com, accessible via ce lien.

    Organisation de la semaine dédiée à l’IA

    SophI.A Summit 2019 : les sessions dédiés à la santé

    Mercredi 20 novembre 2019

    Vendredi 22 novembre 2019

    Le programme complet du SophI.A Summit est téléchargeable via ce lien.

  • Nouvel organigramme de Medicen : le domaine « santé numérique » présidé par Carlos Jaime (InterSystems)

    Le pôle de compétitivité Medicen Paris Region, annonce une nouvelle configuration de ses domaines d’activités ctratégiques (DAS) « pour relever les défis de la compétition internationale des innovations en santé ». Le pôle s’organise désormais autour de 5 secteurs stratégiques : le diagnostic biologique, l’imagerie, les biothérapies et molécules, la santé numérique et les techno-thérapies

    Le DAS « Santé Numérique » est présidé par Carlos Jaime, directeur général d’InterSystems France.

    La nouvelle organisation « reflète le décloisonnement indispensable entre cliniciens et ingénieurs, entre académiques et industriels », souligne Medicen dans un communiqué daté du 10 octobre 2019. Stéphane Roques, délégué général du pôle de compétitivité, fait part de sa conviction que « la santé de demain est interdisciplinaire ».

    Le nouveau DAS techno-thérapies a été créé pour accompagner « les innovations technologiques appliquées au traitement du patient [et] intégrées à l’acte de soin ». Agathe Arlotti, responsable de l’équipe innovation santé à Medicen cite les implants, l’impression 3D, les exosquelettes, la robotique ou encore les nanoparticules.

    Les leaders d’opinion en santé » placés à la tête des DAS se réuniront plusieurs fois par an pour identifier des sujets d’innovation transversaux », annonce le pôle, qui précise que « leur prochaine rencontre abordera notamment le bloc opératoire du futur et les enjeux du point-of-care.

    Le nouvel organigramme de Medicen

    Les dirigeants des DAS sont les suivants :

    DAS « Santé Numérique »

    • Présidence : Carlos Jaime, Directeur Général, InterSystems France
    • Vice-Présidence : Philippe Gesnouin, Responsable du Transfert Technologique dans les Sciences de la Vie et la Santé, Direction du Transfert et de l’Innovation, Inria.

    DAS « Diagnostic biologique »

    • Présidence : Jérôme Sallette, Directeur de l’Innovation & du Développement, Cerba Healthcare
    • Vice-présidence : Pr Patrice Debré, Laboratoire d’immunologie cellulaire et tissulaire, hôpital Pitié-Salpêtrière, (AP-HP).

    DAS « Biothérapies et Molécules »

    • Présidence : Hugues Dolgos, Directeur adjoint Biopharmacie, Servier
    • Vice-présidence :
      • Pr Jérôme Larghero, Directeur du Département de Biothérapies et du Centre Meary de Thérapie Cellulaire et Génique de l’AP-HP, Hôpital Saint-Louis (AP-HP)
      • Dr Jean-Louis Pinquier, Consultant en développement clinique précoce et médecine translationnelle, ex-directeur adjoint du département de Pharmacologie Clinique et Exploratoire à Sanofi.

    DAS « R&D Imagerie »

    • Présidence : François Kotian, Ingénieur en chef, GE Healthcare
    • Vice-présidence :
      • Pr Guy Frija, Radiologue, Université Paris Descartes / ESR
      • Pr Alain Luciani, Imagerie Médicale, GHU Henri Mondor, Université Paris Est Créteil, AP-HP
      • Pr Valérie Vilgrain, Chef de service de l’Imagerie Médicale, Hôpital Beaujon, AP-HP

    DAS « Techno-thérapies »

    • Présidence : Antoine Groheux, Responsable innovation Medtronic France
    • Vice-présidence :
      • Pr Eric Vicaut, Responsable de l’unité de recherche clinique du Groupe Hospitalier Saint-Louis Lariboisière Fernand-Widal et du Centre du Dispositif Médical (CEDM)
      • Dr Jean-Marc Collombet, chef de l’unité « Biothérapie Ostéo-Articulaire », Institut de Recherche Biomédicale des Armées (IRBA)
  • Prix de l’innovation en radiologie des JFR 2019 : Milvue vainqueur, HypnoVR prix « coup de cœur »

    Milvue remporte le prix de l’innovation des Journées francophones de radiologie (JFR) et HypnoVR décroche le prix coup de cœur. Les lauréats ont été annoncés le 11 octobre 2019 lors des JFR, qui se tiennent jusqu’au 14 octobre.

    • Milvue (basé à Paris), dont l’équipe est composée de radiologues et de chercheurs en intelligence artificielle (IA), a mis au point un logiciel d’analyse et de tri des radiographies d’urgence basé sur le machine et le deap learning (apprentissage automatique et profond) afin de réduire les délais et les erreurs de diagnostics aux urgences.

    • HypnoVR est une start-up basée à Strasbourg spécialisée dans la réalité virtuelle (RV ou VR en anglais) appliquée à l’hypnose médicale dans le cadre d’anesthésies chirurgicales.

    Les 4 autres finalistes du concours étaient :
    Azmed : a mis au point Rayvolve, un logiciel d’IA détectant toutes fractures en radiographie standard (marqué CE) ;
    • Avicenna.AI (Cina.ai) : développe des algorithmes de deep learning analysant les clichés d’imagerie médicale afin de fournir au radiologue une aide au diagnostic ;
    NetR : propose une plateforme sécurisée de données de santé, dédiée à l’indexation, la structuration et la labellisation des données pour l’intelligence artificielle ;
    PI.R2 : conçoit un robot (Light Puncture Robot) d’assistance à la radiologie interventionnelle percutanée.

    Prix de l’innovation des JFR 2019 : présentation des gagnants et des finalistes

  • Grand prix de l’innovation de la Sécurité sociale 2019 : les 8 projets récompensés

    8 projets ont été distingués parmi quelque 99 candidats (50 émanant de la Cnam) dans le cadre du Grand prix de l’innovation (GPI) de la Sécurité sociale. Organisé le 4 octobre 2019 à Station F à Paris par la Direction de la sécurité sociale et l’Ucanss, ce concours a pour objectif de « récompenser des initiatives de caisses nationales et d’organismes locaux » et de « partager avec les directeurs généraux les toutes dernières innovations de leur branche ».

    Parmi les lauréats, les 4 suivants ont retenu l’attention d’H&TI : 

    • catégorie « Innovation et rupture technologique » : le projet MRAPmotion (Métrologie d’aide à l’analyse des risques liés à l’activité physique) lancé par la Carsat Nord-Picardie. Cette prestation experte de la technologie d’analyse du mouvement motion capture (mesure des angulations et postures au travail) contribue à la lutte contre les troubles musculo-squelettiques (TMS) dans les entreprises ;

    • catégorie « Innovation des réseaux » : le projet Coding Dojo de la Cnam, un concours qui permet d’accompagner et de développer l’innovation opérationnelle proposée par des équipes des CPAM et de la Cnam ;

    • catégorie « Innovation en matière de relation aux usagers » : un service de webinars 100 % personnalisé lancé par l’Urssaf Midi-Pyrénées. Accessible aux cotisants en direct ou en replay, ce webinar multicanal associe une invitation par mail à s’inscrire, une relance par SMS, une séance en visio, un rappel par téléphone dans les 48 heures de ceux qui attendent un complément de réponse, ainsi qu’une prise de rendez-vous si le dossier l’exige.

    • prix spécial du jury : l’assistant virtuel retraite Aria -Cnav. Le chatbot Aria permet de guider le retraité dans la prise en main des services en ligne (attestation de paiement, changement de coordonnées bancaires ou postales, consultation du montant déclaré à l’administration fiscale). Il répond aussi à certaines questions sur le prélèvement à la source, l’Aspa ou encore la retraite de réversion.

    GPI 2019 : les 8 lauréats

    Catégorie « Innovation en matière de relation aux usagers »

    • lauréat : un service de webinars 100 % personnalisé -Urssaf Midi-Pyrénées

    Catégorie « Innovation sociale »

    • lauréat : Projet « Toit+Moi » – Carsat Aquitaine
      • plateforme qui met en relation des seniors européens et des étudiants ou apprentis titulaires d’une bourse Erasmus+ pour partager un logement.

    Catégorie « Innovation managériale »

    • lauréats : « La Cousinade de l’innovation » – Caf et Cpam de Haute-Garonne, Carsat et Urssaf Midi-Pyrénées, Pôle emploi Occitanie
      • rassemblement d’une centaine de collaborateurs des 5 organismes pour une grande journée dédiée au partage d’expériences et à l’émergence de nouvelles idées.

    Catégorie « Innovation en matière de responsabilité sociétale »

    • lauréat : Mécénat de compétences au service de l’insertion – iMSA Tarn-et-Garonne
      • mise à disposition pour les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) des collaborateurs issus des métiers de l’informatique mais aussi de fonctions supports (notamment communication et ressources humaines) pour des simulations d’entretiens de recrutement, l’élaboration de supports d’information, la conception d’outils de communication.

    Catégorie « Innovation et rupture technologique »

    • lauréat : MRAPmotion -Carsat Nord-Picardie

    Catégorie « Innovation des réseaux »

    • Lauréat : Coding Dojo -Cnam

    Prix spécial du jury

    • lauréat : l’assistant virtuel retraite Aria -Cnav

    Prix coup de cœur du jury

    • lauréat : le site internet Parents31.fr – Caf de la Haute-GaronneParents31.fr. Il s’agit du portail officiel pour accompagner les parents de Haute-Garonne dans leur rôle au quotidien. Réalisé par la Caf de la Haute-Garonne, Parents31.fr est un projet partenarial, porté par les signataires du schéma départemental des services aux familles (SDSF).
  • Le fonds de dotation Janssen Horizon lance un nouvel AAP « IA et maladies » (deadline : 29/11/2019)

    Janssen Horizon, un fonds de dotation dédié à l’innovation en santé, lance un appel à projets (AAP) sur la thématique suivante : « Apport de l’intelligence artificielle dans les domaines de la neurologie, de la psychiatrie, de l’oncologie, des maladies infectieuses et des maladies auto-immunes (de la recherche académique à la recherche préclinique) ».

    Les dossiers de candidature doivent être envoyés par voie électronique sur le site du fonds, accessible via ce lien, avant le 29 novembre 2019 à 13 heures.

    En dehors de l’étude des candidatures spontanées, Janssen Horizon lance 2 AAP par an pour soutenir des jeunes chercheurs* basés en France. Les montants des dotations vont de 50 000 à 150 000 euros répartis sur 2 à 3 ans.

    En 2017, un premier appel à projets sur le thème « intelligence artificielle et maladies » a permis de soutenir les projets de 3 jeunes chercheurs à hauteur de 450 000 euros, rappelle le fonds dans un communiqué publié le 11 octobre 2019.

    Cadre de l’appel à projets :

    Cet appel à projets (AAP) répondra à des travaux de recherche translationnelle ou dans le domaine des sciences humaines et sociales dans les 5 domaines transversaux ci-dessous et dans les 4 domaines thérapeutiques suivants :

    • maladies infectieuses ;
    • oncologie et hémopathies malignes ;
    • maladies auto-immunes ;
    • maladies neurodégénératives.

    Les 5 grands domaines de recherche identifiés dans le cadre de cet AAP : 

    • big data et médecine de précision intégrant des données biologiques et cliniques ;
    • identification de nouvelles cibles thérapeutiques ou de biomarqueurs prédictifs grâce à une meilleure connaissance de la physiopathologie des maladies ;
    • evidence based medicine permettant de mieux répondre aux besoins des patients ;
    • modélisation de systèmes experts d’aide au diagnostic précoce par exemple dans les maladies neurodégénératives telle que la maladie d’Alzheimer ;
    • analyse des données du web en santé permettant l’analyse fine d’une grande quantité de données de santé.

    Conditions d’inscription :

    • tout dossier déposé doit répondre à la charte des candidats commune aux appels à projets et aux candidatures spontanées (ci-contre) ;
    • le dossier doit faire entre 20 pages (minimum) et 25 pages (maximum) ;
    • la candidature doit être en lien avec la thématique de l’appel à projet ;
    • la recherche doit être menée en France et par de jeunes chercheurs ;
    • le dossier de candidature est à remplir de manière intégrale et une lettre de soutien d’un mentor doit y être jointe ;
    • cet AAP porte sur des projets dont la durée doit être comprise entre 24 et 36 mois ;
    • une dérogation d’une année par congés de maternité, congés parental, congés longue maladie sera accordée ;
    • le porteur de projet s’engage à fournir une attestation sur l’honneur détaillant les financements obtenus et/ou sollicités, l’identité des financeurs sollicités ainsi que les montants.

    Critères majeurs de sélection et d’évaluation des dossiers :

    • l’innovation ;
    • la faisabilité ;
    • le besoin médical important ;
    • la réputation de l’équipe projet ;
    • la méthodologie.

    « Le comité se réserve le droit d’ajouter d’autres critères en cours d’évaluation », précise sur son site web Janssen Horizon.

    Procédure de sélection des projets :

    • chaque dossier de candidature complet et répondant à l’intérêt général poursuivi par Janssen Horizon sera soumis, par l’équipe de suivi des appels à projet du fonds de dotation, pour avis au conseil scientifique ;
    • en cas d’avis favorable du conseil scientifique, le porteur sera invité à fournir un protocole de recherche, un calendrier détaillé de l’avancée des travaux de recherche et un budget détaillé ;
    • l’avis du conseil scientifique sera transmis au conseil d’administration qui se réunira pour prononcer d’un éventuel financement.
  • Taxe GAFA : l’OCDE propose de cibler les entreprises en contact avec le consommateur

    « Garantir que les grandes entreprises multinationales très rentables, y compris les entreprises numériques, paient des impôts partout où elles exercent des activités significatives en direction des consommateurs et partout où elles génèrent des bénéfices. » C’est l’objectif affiché par le secrétariat de l’OCDE dans la présentation de sa « proposition unifiée » publiée le 9 octobre 2019 « visant à faire progresser les négociations internationales » en la matière. 

    L’organisation propose de « réaffecter certains bénéfices et les droits d’imposition correspondants aux pays et juridictions où les entreprises multinationales ont leurs marchés », ce qui garantirait que celles  « exerçant des activités significatives dans des lieux où elles ne sont pas physiquement présentes » soient taxées dans ces pays, par la création de nouvelles règles de connexion (indiquant où l’impôt doit être payé)  et de répartition des bénéfices (indiquant sur quelle partie des bénéfices ils devraient être imposés).

    Le document publié par l’OCDE propose de concentrer l’assiette de ce prélèvement sur les grandes entreprises « en contact avec le consommateur » (« consumer-facing »), définies au sens large comme celles qui « génèrent du chiffre d’affaires en fournissant des produits de consommation ou des services numériques comportant un élément orienté-consommateur ». L’organisation prévoit de définir pour le déclenchement de la taxation un seuil minimal de chiffre d’affaires global (qui pourrait être fixé à 750 millions d’euros) ainsi que des seuils minimaux de volumes de ventes propres à chaque pays, pour que les plus petites économies puissent aussi en bénéficier.  

    Les groupes correspondant à ces critères seraient taxés indépendamment de leur présence physique ou non sur le territoire d’un pays,  sur la base de leur « profit résiduel », c’est-à-dire la partie de leurs bénéfices dépassant leur « profit de routine », selon un seuil de rentabilité à définir. La part de ces profits résiduels qui seraient prélevés au titre de cette taxe reste également à négocier.

    Les ONG déçues, Amazon satisfait

    • L’ICRICT (Commission indépendante pour la réforme de la taxation internationale) souligne dans un communiqué publié le 9 octobre que la proposition « va pour la première fois au-delà du principe de pleine concurrence pour aller dans le sens d’une taxation des multinationales en tant qu’entreprises mondiales et d’une répartition des bénéfices mondiaux entre les pays », ce qui constitue selon elle « un premier pas important ». L’ONG dénonce en revanche, entre autres, la distinction établie entre « profits de routine » et « profits résiduels », jugeant qu’elle « permettrait de maintenir les règles d’imposition « dysfonctionnelles » actuelles et n’entraîneraient qu’une réaffectation « très limitée » des impôts perçus, rendant le système « plus complexe et plus incertain ».
       
    • La proposition de l’OCDE , est « très décevante » juge de son côté l’ONG Oxfam, un réseau d’organisations de solidarité internationale : si elle était mise en œuvre, estime-t-elle « les bénéfices des entreprises et leur capacité à les transférer seraient à peine affectés et, par conséquent, les pays en développement ne pourraient espérer qu’une très faible augmentation de leurs recettes fiscales ». Le Tax Justice Network dénonce en écho un projet qui, « en excluant l’emploi comme facteur de répartition », accorde de meilleurs droits fiscaux « aux pays les plus riches, dans lesquels les groupes multinationaux vendent leurs chaussures, qu’aux pays à faibles revenus où elles sont produites ».
    • Un porte-parole d’Amazon a par ailleurs déclaré que la proposition de réforme constituait « un important pas en avant » et que le géant américain « continuerait à soutenir activement les travaux de l’OCDE et à y contribuer afin de parvenir à une solution consensuelle».
  • Étude / 1ère mondiale : pilotage d’un exosquelette par la pensée réussi en France (The Lancet)

    Une personne tétraplégique est parvenue à diriger par la pensée un exosquelette et ainsi à remarcher par le biais de cette technologie. L’expérience a été réalisée par le laboratoire de recherche français Clinatec, associé au CHU de Grenoble. Le prototype, qui a nécessité 10 ans de recherche, repose sur des électrodes implantées sur les 2 hémisphères du cerveau qui captent les ondes électriques cérébrales. Les résultats de cette étude*, qui représente une première mondiale, ont été publiés le 3 octobre 2019 dans The Lancet Neurology.

    Faire remarcher les personnes tétraplégiques, un vieux rêve

    Environ 20 % des lésions traumatiques de la moelle épinière cervicale entraînent une tétraplégie. Afin de les aider à remarcher, plusieurs équipes de recherche travaillent sur l’élaboration de combinaisons biomécaniques ou motorisés. Le 1er brevet d’exosquelette motorisé a été déposé par un américain en 1964. Dans le domaine de la santé, il a fallu attendre les années 2000 pour voir éclore des prototypes utilisables dans le cadre de la rééducation neuro-fonctionnelle. Ils ont rapidement bénéficié d’une forte exposition médiatique mais les bénéfices apportés aux patients sont pour le moment proches de zéro.

    Une première mondiale réalisée par des Français

    L’essai clinique mené en juin 2017 au centre de recherche biomédicale Clinatec à Grenoble marque, quant à lui, un bond en avant. L’équipe dirigée par le Pr Alim-Louis Benabid et Stéphane Chabardes a souhaité tester un dispositif innovant composé d’un exosquelette et d’électrodes implantés sur les zones sensorimotrices du membre supérieur du cerveau : 64 électrodes qui enregistrent les signaux électriques du cortex sensori-moteur. Ces signaux, émis quand le patient pense au mouvement qu’il souhaite réaliser, sont ensuite traités en ligne par un algorithme qui les transforme en « ordres » et les envoie à l’exosquelette.

    Les chercheurs grenoblois ont sélectionné un jeune homme de 28 ans, atteint de tétraplégie à la suite d’une lésion médullaire cervicale. Ce dernier, une fois les électrodes implantées, s’est entraîné pendant 2 ans à piloter mentalement son exosquelette pour que celui-ci réponde aux ordres envoyés par son cerveau.

    Les résultats de cette étude*, qui représente une première mondiale, ont été publiés le 3 octobre 2019 dans The Lancet Neurology.

    Résultats : le pilotage mental d’un exosquelette est possible

    • Entre le 12 juin 2017 et le 21 juillet 2019, le patient a contrôlé de manière corticale un programme simulant la marche mais aussi divers mouvements des bras relativement complexes (tâches de toucher et de rotations du poignet) en utilisant un avatar virtuel via un jeu vidéo à la maison ou un exosquelette en laboratoire.
    • En un an et 39 séances, le patient a parcouru 145 mètres et effectué 408 pas.
    • Le système a fonctionné pendant 7 semaines sans recalibrage.

    Ces résultats constituent en fait une preuve de concept (PoC) : il est possible de capter l’activité électrique du cerveau et de la transmettre pratiquement en temps réel et sans fil vers un ordinateur qui la décode. Le dispositif va maintenant être testé sur 3 autres patients. Cependant, il faudra encore des années avant qu’une telle interface cerveau-machine puisse être déclinée chez de nombreuses personnes tétraplégiques. L’équilibre de l’exosquelette a également besoin d’être amélioré, la marche n’étant pas du tout fluide. Cette avancée pourrait aussi aider des patients paralysés à piloter par la pensée leur fauteuil roulant.

    Et si on se trompait de voie ?

    Dans un éditorial accompagnant l’étude du Lancet**, Tom Shakespeare, un sociologue britannique, se demande si viser la récupération de la marche est réellement la bonne stratégie. Est-ce que c’est ce que souhaitent réellement les personnes tétraplégiques ?, s’interroge-t-il. En outre, « un danger de battage médiatique existe toujours dans ce domaine, fait-il remarquer. Même si elles sont toujours viables, les contraintes de coûts signifient que les options de haute technologie ne seront jamais disponibles pour la plupart des personnes atteintes de lésions de la moelle épinière dans le monde. »

  • Information médicale en ligne : WebMD (Medscape) rachète Aptus (Univadis) au laboratoire Merck

    La société américaine WebMD Health Corp, spécialiste des services d’information en santé, annonce la conclusion d’un accord en vue de l’acquisition d’Aptus Health, filiale à 100 % du laboratoire pharmaceutique Merck. L’acquisition devrait être effective en octobre, précise le communiqué daté du 30 septembre 2019.

    Filiale du groupe Internet Brands, WebMD gère le site d’information grand public WebMD.com et le site professionnel Medscape.com. Aptus Health possède le réseau social Univadis, qui revendique 4 millions d’utilisateurs professionnels de santé dans 91 pays, ainsi qu’EngagedMedia, une plateforme de messagerie mobile destinée aux patients, et TomorrowNetworks, qui propose des services de publicité et de marketing sur mobiles, géolocalisées à partir des données recueillies sur le comportement des consommateurs.

    Jeremy Schneider, directeur général de WebMD Global, déclare qu’avec l’arrivée d’Univadis au sein du groupe, Medscape renforcera sa position de  « principale source mondiale d’informations cliniques » : avec cette acquisition, précise-t-il, « nous approfondissons notre connexion aux marchés locaux, étendons notre portée aux audiences de HCP et augmentons notre valeur pour nos clients ».

  • Docaposte acquiert Icanopée avec l’objectif de réussir l’informatisation du dossier patient

    Docaposte, filiale numérique du groupe La Poste, acquiert la société Icanopée, spécialiste des solutions pour « exploiter et faciliter l’accès » au DMP (dossier médical partagé), au DP (dossier pharmaceutique) et aux MSSanté (messageries sécurisées de santé) à destination des professionnels de santé, des établissements et des éditeurs de logiciels.  

    Docaposte accompagne les acteurs de la santé dans le développement de solutions de digitalisation de la relation avec les patients, est-il rappelé dans un communiqué publié le 9 octobre 2019. Créé en 2009, Icanopée est quant à lui spécialisé dans l’interopérabilité depuis 10 ans et revendique 10 000 utilisateurs professionnels de santé pour ses solutions.

    Olivier Vallet, P.-D.G. de Docaposte, déclare que cette acquisition permettra aux 2 sociétés de « contribuer à faire émerger le marché de la e-santé, tout en étant respectueux des données des citoyens et en [se] positionnant comme facilitateur ». Xavier Augay, président d’Icanopée, relève que le plan du ministère « Ma santé 2022 » « souligne l’importance d’interconnecter les systèmes informatiques de santé locaux avec les dossiers nationaux des patients – citoyens » : il espère que ce partenariat permettra de « réussir le défi de l’informatisation du dossier patient (…) tout en libérant le professionnel de santé des contraintes technologiques ».