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  • USA : Cerner et AWS lancent Project Apollo, une plateforme cloud en médecine prédictive basée sur IA

    La société américaine Cerner lance avec Amazon Web Services (AWS) une nouvelle plateforme cloud en santé intégrant un système d’intelligence artificielle (IA), baptisée « Project Apollo ». Le but n’est pas seulement de transférer sur le cloud les activités de Cerner mais surtout d’accélérer le déploiement des innovations, dans le cadre d’une approche plus « cognitive » de la médecine, indique Brent Shafer, le P.-D.G. du groupe, intervenue lors de la conférence annuelle Cerner Health et cité dans le communiqué de la société daté du 8 octobre 2019.

    Selon Brent Shafer, les clients de Cerner auront accès d’ici la fin de l’année, via ce « centre de contrôle », à un aperçu synthétique en temps réel qui leur fournira une analyse prédictive, et bouleversera leur vision de l’activité hospitalière : ils ne verront plus seulement ce qui se passe à l’instant T, mais aussi ce qui se passera ensuite (source : Kansas City Business Journal).

    Les objectifs du partenariat noué avec AWS au cours de l’été sont notamment d’améliorer l’efficacité des organisations du secteur de la santé en réduisant les charges opérationnelles, et d’améliorer les performances cliniques grâce à l’IA et à l’apprentissage automatique (machine learning), rapporte Cerner dans un communiqué publié le 30 juillet 2019.

    « Nous unissons nos forces à Amazon et AWS pour devenir plus agiles, et fournir aux clients et aux patients des solutions plus rapides, plus évolutives et plus sécurisées, avait alors déclaré Brent Shafer. Nous attendons de cette collaboration l’émergence d’une nouvelle vague d’innovations à même de transformer l’avenir de la santé. »

  • Télémédecine : une expérimentation « article 51 » pour mieux suivre les patients sous anticoagulants

    L’expérimentation « article 51 » intitulée « Parcours de soins intégrant la biologie délocalisée pour des patients chroniques sous AVK-Di@pason », est autorisée pour une durée de 18 mois à compter de l’inclusion du premier patient. C’est ce qu’annonce l’arrêté du 4 octobre 2019 publié au Journal officiel du 12 octobre. Ce projet vise à introduire la télémédecine dans le parcours de soins biologiques des patients traités par anticoagulants oraux (AVK : traitement antivitamine K), et de réduire ainsi sa durée « de 6-12 heures actuellement à seulement 15 minutes » grâce notamment à « la biologie délocalisée connecte au laboratoire de biologie médicale » et à « la coordination des professionnels de santé par le numérique ».

    L’expérimentation ambitionne d’inclure 10 000 patients sur les 12 premiers mois du projet, soit courant 2020, dans les 6 régions concernées : Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Centre-Val de Loire, Occitanie et Nouvelle Aquitaine.

    Dans le cahier des charges annexé à l’arrêté est détaillé le parcours de soins biologiques intégré Di@pason, qui s’appuie sur les 4 piliers suivants :

    • la réalisation de mesures biologiques régulières, en l’occurrence la mesure de l’INR (indicateur de la coagulation sanguine) par une IDE sur une goutte de sang capillaire prélevée au doigt du patient, à domicile ou en établissement, grâce à un dispositif portable connecté de type LabPad INR de la société Avalun ;
    • la connexion permanente du dispositif LabPad INR de l’IDE au laboratoire de biologie médicale par une application de type PAD (prélèvement à domicile) de la société Sil-Lab Innovation ;
    • l’adaptation de la posologie AVK du patient en direct par l’IDE et la réalisation des INR de contrôle, dès lors que le médecin traitant a prescrit en amont un protocole spécifique à l’IDE. Si nécessaire, le dispositif permet à l’infirmier de mettre en place une prise en charge urgente du patient, en coordination avec le biologiste et le médecin traitant ;
    • la prise en charge du parcours de soins intégré grâce à un forfait rattaché au patient qui permet d’inclure l’ensemble des actes biologiques et infirmiers. 

    Une expérimentation comme modèle pour un déploiement progressif à d’autres maladies chroniques

    Il est par ailleurs souligné dans le cahier des charges que cette ambition s’inscrit « pleinement » dans la stratégie nationale de santé 2018-2022, qui prévoit « des parcours de soins modernisés par le numérique ».

    Les auteurs du texte regrettent que les parcours de soins biologiques soient « jusqu’ici restés à l’écart » de l’essor de la télémédecine, invoquant « une plus grande complexité » avec la présence auprès du patient d’« un acteur supplémentaire, le biologiste médical ». Ils affirment que, suite à cette expérimentation, l’innovation organisationnelle proposée « pourrait servir de modèle et être progressivement étendue à d’autres maladies chroniques dont le suivi repose sur la réalisation régulière de mesures biologiques ».

  • Étude : former les généralistes au DME par des tutos vidéo pour un meilleur suivi du diabète (BMJ)

    Des tutoriels vidéo pourraient suffire à améliorer l’utilisation des dossiers médicaux électroniques (DME) des patients diabétiques par les médecins généralistes et optimiser le suivi des ces malades.

    Une étude* publiée le 30 septembre 2019 dans le British medical journal (BMJ) menée auprès de généralistes canadiens montre que proposer certains tutoriels vidéo à des généralistes utilisant des solutions de DME tels qu’OSCAR EMR permet à ces professionnels de mieux utiliser des fonctionnalités avancées du DME et de suivre de façon plus rigoureuse leurs patients diabétiques au moyen de ces fonctionnalités dédiées.

    Si les résultats de ces travaux, réalisés auprès d’un faible échantillon de médecins généralistes, doivent être confirmés par des études de plus grande envergure, ils encouragent les fournisseurs de DME à développer des tutoriels vidéo à destination de la majeure partie de leurs utilisateurs : les généralistes.

    Objectifs de l’étude

    La question de recherche sur laquelle est centrée l’étude est la suivante : 

    • Dans quelle mesure un tutoriel vidéo développé selon les principes du CCM (Chronic Care Model)  et adressé aux médecins généralistes permet-il de solliciter l’utilisation de fonctionnalités avancées du dossier médical électronique de patients atteints de diabète de type 1 ou 2 et d’améliorer la prise en charge de ces patients ?

    Contexte : les patients diabétiques pris en charge par des médecins généralistes généralement peu formés à l’utilisation des DME

    Le diabète comme fléau mondial pris en charge par les médecins généralistes

    Selon la Fédération internationale du diabète (IDF), le diabète est le problème de santé publique le plus important et complexe du XXIe siècle : son incidence augmente fortement d’année en année, nécessitant la prise en charge d’un nombre de plus en plus important de patients.

    Le suivi de ces patients atteints d’une maladie chronique est par ailleurs difficile à mettre en place, d’où la révision régulière de recommandations selon les principes de l’evidence based-medecine. Or, il persiste dans le monde entier un écart important entre les prises en charges préconisées par ces textes de référence et les traitements effectivement mis en place par les professionnels de la santé tels que les médecins généralistes, sur lesquels repose la prise en charge de ces patients. En effet, dans le monde, 80 % des patients diabétiques disposant d’un traitement sont suivi par des médecins généralistes.

    CCM et recours aux dossiers médicaux électroniques pour suivre au mieux les recommandations

    Pour réduire cet écart observé entre les recommandations et les pratiques actuelles des médecins généralistes, de nombreux systèmes de santé ont adopté le Chronic care model (CCM), approche organisationnelle innovante pour la prise en charge des malades chroniques en ville qui promeut notamment l’utilisation de solutions informatiques de suivi des patients telles que des dossiers médicaux électroniques.

    Dans le cadre du CCM, des systèmes d’information (SI) cliniques tels qu’un dossier médical électronique doivent donc être utilisés par les professionnels de santé en ville tels que les médecins généralistes afin d’améliorer la saisie, l’organisation et la présentation des informations du patient.

    Dans le cadre de la prise en charge de patients diabétiques, ces dossiers médicaux électroniques peuvent en particulier aider les médecins généralistes :

    • à identifier ces patients diabétiques ;
    • à s’assurer des examens complémentaires qu’un patient a ou non à réaliser ;
    • à déterminer si les patients ont atteint ou non les objectifs biologiques et cliniques fixés en début de prise en charge et révisés fréquemment.

    L’utilisation des dossiers médicaux électroniques par les généralistes n’est pas optimale

    L’utilisation des solutions de dossiers médicaux électroniques par les médecins généralistes (notamment canadiens et américains) n’est pas optimale, et ce en particulier dans le cadre de la prise en charge des maladies chroniques.

    De précédentes recherches montrent d’ailleurs qu’il est nécessaire de former les médecins généralistes non seulement à la prise en main des solutions de dossiers médicaux électroniques mais également à leur utilisation avancée pour un meilleur suivi des patients atteints de maladies chroniques telles que le diabète. Proposer à ces professionnels un support utilisateur pourrait par exemple leur permettre de mieux utiliser ces solutions afin que le recours à ces dernières ait un impact sur la prise en charge des diabétiques. C’est que les médecins généralistes disposent pour la plupart de peu d’aides ou de formations et demeurent incapables d’utiliser les fonctionnalités avancées de ces solutions.

    Former les médecins généralistes par des tutoriels vidéo

    Les auteurs de l’étude se sont intéressés à des tutoriels vidéo concernant l’utilisation de solutions de dossiers médicaux électroniques, destinés aux médecins généralistes et fondés sur le CCM.

    Tout d’abord, ces tutoriels, qui consistent en des guides vidéos montrant comment utiliser de façon optimale un logiciel ou tout autre dispositif informatique ou non, semblent omniprésents sur internet. Aussi, les médecins généralistes, comme la majeure partie de la population active, sont habitués à en visionner : si des tutoriels vidéo étaient développés afin de montrer comment utiliser de façon efficace les diverses fonctionnalités des dossiers médicaux électroniques (de telles vidéos sont encore marginales : les médecins reçoivent pour le moment un enseignement basique dispensé en personne par un formateur immédiatement avant ou après l’adoption d’une solution de dossier médical électronique), les généralistes y seraient sans doute particulièrement réceptifs.

    Par ailleurs, concernant la formation que proposent ces tutoriels, le support vidéo :

    • permet de développer des représentations mentales plus précises des SI ;
    • permet de s’initier bien plus rapidement à l’utilisation d’un logiciel qu’un support plus statique ou classique, physique ;
    • est associé à un meilleur confort d’utilisation que des instructions automatiques plus statiques ;
    • permet aux apprenants de mieux contrôler leur formation.

    Enfin, ces tutoriels peuvent être produits facilement et à moindre coût.

    Il était d’autant plus important pour les auteurs de l’étude de s’intéresser à l’efficacité des tutoriels vidéos sur la formation des médecins généralistes à l’utilisation des fonctionnalités les plus avancées des dossiers médicaux électroniques qu’aucune recherche de ce type n’avait auparavant pris pour population d’étude des médecins généralistes : seuls les effets positifs de tels supports de formation sur l’utilisation des dossiers médicaux électroniques par des internes, des étudiants infirmiers et en médecine avaient été montrés.

    Résultats

    Les tutoriels vidéo permettent de changer les pratiques

    L’étude montre une augmentation statistiquement significative de l’utilisation de la quasi-totalité des fonctionnalités avancées du dossier medical électronique OSCAR des patients diabétiques. Notons cependant que la fonctionnalité « demander un bilan d’analyses biologiques » a été moins utilisée qu’auparavant et ce, non en lien avec les vidéos proposées mais avec des initiatives autres (telles que la campagne canadienne « Choosing Wisely ») destinées à réduire le nombre de d’examens complémentaires abusifs.  

    Pour optimiser l’utilisation des solutions de dossier médical électronique par les médecins généralistes, ces tutoriels vidéo peuvent être adjoints de systèmes d’évaluation et de retours (audits et feedbacks) concernant des aspects précis des vidéos à présenter fréquemment aux médecins.

    Ces tutoriels pourraient être développés par les fournisseurs de dossiers médicaux électroniques eux-mêmes. Ceux-ci pourraient ainsi former régulièrement les médecins aux développements apportés au cours du temps à leurs solutions  par différentes vidéos successives.

  • Étude : le deep learning développé par Owkin prédit l’évolution du mésothéliome (Nature Medicine)

    La start-up française Owkin, spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA), a développé un modèle pronostique détaillé et précis basé sur des images de biopsies pleurales pour prédire l’évolution du mésothéliome, une forme rare et sévère de cancer des surfaces mésothéliales qui affecte le revêtement des poumons (plèvre), de la cavité abdominale (péritoine) ou l’enveloppe du cœur (péricarde). Testé par des experts du Centre Léon Bérard de Lyon, le système MesoNet s’est révélé plus performant que tous les modèles existants pour prédire la survie. Les résultats de ces travaux ont été publiés le 7 octobre 2019 dans la revue Nature Medicine.

    Un cancer agressif difficile à diagnostiquer

    Le mésothéliome malin est un cancer agressif principalement diagnostiqué sur la base de critères histologiques, et donc sur des tissus biologiques. C’est une maladie extrêmement complexe et hétérogène, ce qui rend son diagnostic et son typage histologique difficiles. Résultat : les soins ne sont pas optimaux. La start-up française Owkin a donc souhaité développer une nouvelle approche basée sur l’intelligence artificielle (IA).

    « Le mésothéliome est un cancer agressif qui attaque souvent la muqueuse des poumons et est fréquemment associé à l’exposition à l’amiante. Malheureusement, cela s’avère fatal pour la plupart des patients, déclare Thomas Clozel, cofondateur et P.-D.G. d’Owkin. Ceux atteints de mésothéliome présentent une très grande variabilité en termes de survie – allant de quelques mois à quelques années – compliquant ainsi la tâche des médecins pour la prise en charge des patients et la planification du traitement. Nos recherches aident à expliquer les causes biologiques de cette variation et conduiront à la mise au point de médicaments plus ciblés ainsi qu’à une meilleure gestion de cette maladie. »

    Des réseaux de neurones pour prédire la survie

    Concrètement, cette nouvelle approche – appelée « MesoNet » – est basée sur des réseaux de neurones convolutionnels profonds et a pour mission de prédire avec précision la survie globale des patients atteints de mésothéliome à partir d’images numérisées de biopsies de la plèvre de près de 3000 patients. Les auteurs de ces travaux ont validé MesoNet à la fois un vaste ensemble de données issus de la base Mesobank, provenant de plusieurs institutions françaises et d’une cohorte indépendante de l’Atlas du génome du cancer (TCGA). Des experts médicaux en anatomo-pathologie du Centre Léon Bérard à Lyon ont validé les résultats du modèle. 

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 7 octobre 2019 dans la revue Nature Medicine.

    Résultats

    • MesoNet a identifié des régions contribuant à la prévision des résultats pour les patients.
    • Ces régions sont principalement situées dans le stroma et sont des caractéristiques histologiques associées notamment à une inflammation.
    • Des sous-groupes de patients atteints du mésothéliome ont ainsi pu être caractérisés.
    • Le modèle prédisait plus précisément la survie des patients que les pratiques actuelles en pathologie.

    L’intelligence artificielle identifie de nouveaux biomarqueurs

    Ces résultats suggèrent que les modèles d’apprentissage en profondeur (deep learning) peuvent identifier de nouvelles fonctionnalités prédictives de la survie du patient et potentiellement conduire à de nouvelles découvertes de biomarqueurs. En effet, au-delà de ses performances prédictives, le modèle de deep learning développé par Owkin a également permis d’identifier de nouvelles caractéristiques biologiques. Celles-ci ont permis d’apporter une meilleure compréhension biologique de l’hétérogénéité de cette maladie.

    « Ce fut une excellente expérience pour notre laboratoire de travailler en étroite collaboration avec les équipes scientifiques de Owkin pour identifier de nouveaux sous-groupes au sein de notre population de patients, commente Françoise Galateau, professeure de pathologie au Centre Léon-Bérard. Et la collaboration a dépassé nos attentes. En plus d’améliorer nos modèles pronostiques, MesoNet a également été en mesure d’identifier de nouveaux biomarqueurs prédictifs liés à la survie dans les régions stromales du microenvironnement tumoral. »

    Vers des essais médicamenteux

    Désormais, la start-up française travaille avec ses partenaires de l’industrie biopharmaceutique pour utiliser ces connaissances afin d’améliorer le développement de nouveaux médicaments. Ensemble, ils vont identifier les patients les plus à risque et donc les mieux disposés aux nouvelles approches médicamenteuses en phase d’essai. 

    En outre, il faut rappeler que les données personnelles des patients sont conservées en toute sécurité grâce à la plateforme Substra. Cette dernière permet la collaboration entre Owkin, le monde universitaire et l’industrie pharmaceutique : les données recueillies auprès de patients dans le cadre de soins et d’essais cliniques sont utilisées par la start-up pour développer des algorithmes sans que les données ne sortent de l’enceinte des établissements.

  • Chine : Ping An Good Doctor va déployer ses cabinets virtuels dans la région autonome du Guangxi

    Ping An Good Doctor, la principale plateforme de santé numérique chinoise, signe un accord de coopération stratégique avec le comité chinois du conseil de la promotion du commerce international, en collaboration avec le gouvernement de Zhuang du Guangxi, afin de créer une plateforme web de santé dans le Guangxi, une région autonome de la République populaire de Chine située dans le sud du pays.

    Cette initiative est déployée en réponse aux exigences présentées dans la note relative à l’émission des avis directeurs visant à encourager le développement de la distribution de médicaments au détail (pour la mise en œuvre d’un essai) promulguée en juillet 2019 par la Guangxi Medical Products Administration, l’agence de réglementation des médicaments et des dispositifs médicaux. Dans ce cadre, Ping An Good Doctor va promouvoir de manière proactive ses « One-minute Clinics » (cabinets virtuels) dans le Guangxi, tout en développant activement le modèle dit « Internet + Drug Circulation » (« circulation de médicaments + internet ») dans chaque ville et village rural de la région.

    Seront également mises en œuvre des mesures pilotes visant à installer dans la région des distributeurs automatiques de médicaments dans les grands lieux publics et les collectivités éloignées pour répondre aux besoins des consommateurs en termes de médicaments.

    Plus de 100 types de médicaments en vente libre dans les « One-minute Clinics »

    Chaque « One-minute Clinic » comprend une salle de diagnostic indépendante et une armoire à pharmacie intelligente, dans lesquelles plus de 100 types de médicaments en vente libre sont stockés à basse température, ce qui permet aux patients d’avoir accès 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et depuis n’importe quel endroit, à des consultations médicales ainsi qu’à des services leur permettant de mieux gérer leur santé et d’achat de médicaments.

    Un développement des hôpitaux numériques

    Avec le soutien du gouvernement de la région autonome et des autorités compétentes, Ping An Good Doctor construira également des hôpitaux physiques centrés sur le numérique dans le Guangxi. Dans ce cadre, la société partagera son expérience en matière de fonctionnement des établissements numériques et coopérera avec les hôpitaux physiques locaux du Guangxi pour construire de nouveaux hôpitaux numériques.

    Ping An Good Doctor multiplie les opérations depuis quelques mois

    • En août 2019, Ping An Good Doctor a lancé son service de médecin privé en Chine. Par le biais de cette offre, il fournira aux utilisateurs des services médicaux complets, tels que des consultations en ligne accessibles 24h/24 et 7j /7, des consultations de deuxième cycle avec des médecins de renom ainsi que des services de gestion de la maladie.
    • Par ailleurs, l’entreprise a conclu en juillet une coopération stratégique avec près de 50 hôpitaux chinois afin de développer conjointement un nouveau modèle d’hôpital numérique.

    Objectif : installer des « One-minute Clinics » dans un maximum de lieux publics

    L’objectif de Ping An Good Doctor est d’installer dans un avenir proche des « One-minute Clinics » dans les entreprises, les grandes communautés, les chaînes de pharmacies, les points de service des autoroutes, les campus universitaires, à l’entrée et à la sortie des stations de métro et de train à grande vitesse ainsi que dans d’autres lieux publics du Guangxi.

    Une extension vers l’ASEAN

    Seule province en Chine à la frontière de l’ASEAN, le Guangxi multiplie les efforts pour développer les industries centrales, le domaine de la santé constituant le principal secteur de développement et attirant les investissements commerciaux. La coopération de Ping An Good Doctor avec le gouvernement du Guangxi va ainsi permettre à la société d’étendre sa présence en ASEAN.

  • Inter-AMC

    Inter-organismes d’assurance maladie complémentaire

  • Les libéraux lancent leur outil numérique de tiers payant en collaboration avec le Crédit Agricole

    7 syndicats de professionnels de santé libéraux (médecins, infirmiers, pharmaciens, kinésithérapeutes, audioprothésistes et biologistes) proposent Paymed, une offre numérique pour permettre la dispense d’avance de frais pour tous les patients. Ils demandent l’ouverture d’une négociation avec l’Union des complémentaires santé (Unocam) pour généraliser le dispositif, lancé en mai et présenté début octobre 2019 lors d’une conférence de presse.

    Paymed repose sur un modèle similaire à celui développé par les pharmaciens pour vérifier les droits des assurés et garantir les paiements par la Sécurité sociale et les diverses mutuelles, assurances ou institutions de prévoyance (plus de 470 organismes). Il s’agit d’un logiciel permettant aux professionnels de récupérer leur dû en moins d’une semaine, contre un abonnement de 35 à 60 euros par mois selon leur activité.

    Le système se veut « simple, sécurisé et indépendant », indique le Dr Philippe Vermesch (SML, médecins). Paymed est majoritairement détenu par le Crédit Agricole mais les syndicats fondateurs sont actionnaires de la société.

    Ces derniers espèrent obtenir le soutien du gouvernement, déclarant que le tiers payant sera indispensable dans le cadre de certaines des réformes annoncées par le ministère (plan « urgences », « 100 % santé » et résiliation « à tout moment » des complémentaires).

    Objectif : se détacher des complémentaires santé

    Avec cet outil, les professionnels libéraux souhaitent se détacher des complémentaires santé, qui ont lancé leur propre plateforme (Inter-AMC), « encore peu utilisée et cible de multiples critiques » commente l’AFP.

    Un mécanisme actuel jugé contraignant par les professionnels

    « Ce n’est pas possible d’avoir 5 % de non-paiements », rapporte Luis Godinho (Unsaf, audioprothésistes), cité par l’AFP, précisant que les montants atteignent parfois « plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’euros ».

    Un autre problème pointé du doigt par les acteurs est la lourdeur administrative de la démarche, chaque praticien devant « signer un document de 14 pages » et se retrouvant ainsi « lié aux mutuelles par un contrat individuel », explique le Dr Jean-Paul Ortiz (CSMF, médecins), qui estime nécessaire la mise en place d’une alternative.

    Les 7 syndicats fondateurs de Paymed

    Médecins :

    • Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) ;
    • Syndicat des médecins libéraux (SML)

    Infirmiers :

    • Fédération nationale des infirmiers (FNI)

    Pharmaciens :

    • Fédération des syndicats de pharmaciens de France (FSPF)

    Kinésithérapeutes

    • Fédération française des masseurs kinésithérapeutes rééducateurs (FFMKR)

    Audioprothésistes :

    • Union nationale des syndicats d’audioprothésistes de France (Unsaf)

    Biologistes

    • Syndicat des biologistes (SDB).
  • Posos rassemble 2 M€ pour accélérer le développement de son IA d’aide à la prescription

    La société française Posos recueille 2 millions d’euros auprès du family office Melusine, spécialisé dans le domaine de la santé, et d’investisseurs privés, via la plateforme de financement participatif en capital Anaxago. Selon le communiqué, daté du 15 octobre 2019, les fonds permettront à la start-up d’accélérer le développement de son moteur de recherche qui, en donnant aux praticiens accès à « toute la connaissance » médicale certifiée sur les médicaments, leur permet de choisir la prise en charge la plus appropriée pour chaque patient et de réduire le risque d’erreurs de prescriptions médicamenteuses.  

    La technologie de Posos est capable de « comprendre les questions posées en langage naturel par les praticiens » et de « retrouver dans l’ensemble des publications médicales de référence les phrases ou les sections qui y répondent ». Le corpus indexé inclut les publications émanant de la Haute autorité de santé (HAS), de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ou encore des sociétés savantes de médecine. Fondé sur une approche sémantique et non plus syntaxique, l’algorithme d’IA développé par la société est capable d’interpréter correctement « plus de 9 questions formulées sur 10 ».

    « Les savoirs en matière médicale sont difficilement accessibles car très éparpillés, explique le pharmacien Emmanuel Bilbault, président et co-fondateur de Posos, ancien responsable des opérations médicales du laboratoire Teva. À l’ère d’internet et de la surabondance d’informations, il est paradoxal que la recherche d’informations fiables sur les médicaments soit aussi laborieuse et chronophage pour les professionnels de santé. »

    La start-up souligne dans son communiqué que plus de 12 000 médicaments sont commercialisés rien qu’en France, et que 130 000 hospitalisations et 10 000 décès sont liés chaque année dans l’Hexagone à une erreur médicamenteuse selon le Collectif pour le bon usage des médicaments.

  • Création d’un laboratoire de R&D commun entre l’hôpital Saint-Joseph et GE Healthcare

    La Fondation hôpital Saint Joseph et le groupe GE Healthcare s’associent dans un projet de création d’un laboratoire de R&D qui  « valorisera l’impact des technologies digitales sur le parcours de soins ». L’accord prévoit le développement continu du parc d’équipements d’imagerie médicale de la fondation sur 6 ans et le lancement conjoint de 2 projets de recherche, précise les partenaires dans un communiqué daté du 10 octobre 2019.

    Le premier projet de recherche porte sur l’optimisation grâce à l’intelligence artificielle (IA) des blocs opératoires et des lits d’aval. Il s’agit de construire des outils d’analyse et de pilotage pour « améliorer l’efficacité et l’utilisation » des blocs opératoires par une « refonte des logiques de programmation et de planification ». Le projet a notamment pour objectif d’« estimer la fin des procédures, au plus juste et de façon la moins perturbante possible pour les opérateurs » et de « stabiliser et fiabiliser l’occupation des lits ».  

    Le deuxième projet de recherche a pour but de mieux comprendre l’impact à long terme des « produits de contraste » que les soignants injectent aux patients en radiologie pour augmenter artificiellement le contraste d’un organe et qu’il ressorte mieux à l’examen. Dans le cadre de cette initiative seront exploitées des données fournies par l’imagerie ainsi que des informations médicales et démographiques collectées notamment « via les dispositifs connectés ou applications mobiles » pour « établir les liens entre doses et potentiels effets cumulés » sur la santé. GE Healthcare se chargera de collecter les données et l’hôpital st Joseph évaluera in situ l’impact des produits.

    L’évaluation et le suivi des sujets de recherche seront arbitrés au sein du comité d’orientation

    Jean-Patrick Lajonchère, directeur général de la Fondation hôpital Paris Saint-Joseph, souligne « l’originalité » de ce laboratoire d’évaluation « co-piloté par les partenaires qui décideront conjointement du choix des sujets de recherche retenus ».

    Il est précisé dans le communiqué que « l’évaluation et le suivi opérationnel des sujets de recherche seront arbitrés au sein du comité d’orientation réunissant des membres des deux parties » avec pour ambition à terme de « déployer cette méthode à d’autres problématiques de prise en charge. »

  • Primaa lève 2 M€ pour développer son IA de diagnostic du cancer à partir de prélèvements biologiques

    Primaa, une start-up française fondée en 2018, recueille 2 millions d’euros dans un tour de table réalisé auprès de Bpifrance, du fonds des Entrepreneurs Investis, de 50Partners, du réseau Angels Santé et de plusieurs business angels. Avec cette levée de fonds, annoncée à la mi-octobre 2019, la société va pouvoir accélérer le développement commercial de sa solution, un logiciel basé sur intelligence artificielle (IA) conçu pour aider les anatomopathologistes à diagnostiquer les différentes pathologies liées au cancer à partir de prélèvements biologiques. L’outil repose précisément sur l’histologie, soit la structure des tissus vivants.

    Primaa, qui compte actuellement une dizaine de salariés, souhaite doubler son effectif d’ici la fin 2020. La jeune pousse envisage un déploiement à l’international, en Europe mais aussi aux États-Unis.

    Une numérisation du travail des anatomopathologistes

    Les anatomopathologistes, spécialisés dans l’étude des tissus, travaillent avec les oncologues et les radiologues. Dans le cas où l’équipe médicale suspecte un cancer chez un patient, ils analysent le prélèvement biologique de la personne afin de confirmer ou infirmer le diagnostic. Ils peuvent notamment déterminer si la tumeur est bénigne ou non et quel est le type de la pathologie pour que le médecin puisse proposer un traitement adapté.

    Un outil conçu pour aider et non remplacer le médecin

    Actuellement, ces experts travaillent de façon manuelle. Les prélèvements sont transférés sur des lames puis observés au microscope.

    Primaa cherche à faciliter les démarches en numérisant les lames de prélèvements puis en regroupant les millions d’images recueillies sur un base de données formée avec le soutien de plusieurs anatomopathologistes.

    Par un procédé de marchine learning (apprentissage automatique), l’outil a appris à reconnaître les différentes pathologies liées aux lésions des tissus et à établir un diagnostic. Il est programmé pour éviter les faux négatifs mais n’est pas infaillible. L’objectif n’est pas de remplacer les médecins mais de les épauler pour leur faire gagner du gain : le professionnel de santé aura la charge de vérifier le diagnostic proposé par l’intelligence artificielle (IA).

    1ères pathologies ciblées : les cancers du sein et de la prostate

    La solution de Primaa a été dans un premier temps centrée sur la détection du cancer de sein, qui comprend de nombreuses pathologies différentes et qui est donc compliqué à diagnostiquer.

    Depuis l’été 2019, elle est également adaptée pour le cancer de la prostate, plus simple à diagnostiquer, du moins en théorie.

    Objectif : diagnostiquer tous les types de cancers

    À terme, la start-up souhaite que son logiciel puisse diagnostiquer tous les types de cancer, en se diversifiant « en fonction du nombre de patients touchés par chacune des pathologies », précise Fanny Sockeel, co-fondatrice et P.-D.G. de la société (source : Maddyness.com). L’IA doit en effet être entraînée avec des millions d’images donc il faut un certain nombre de données pour qu’elle soit efficace.

    Un développement en Europe et aux États-Unis

    Afin de faciliter son déploiement, la solution est compatible avec tous les logiciels de traitements d’images. Elle peut donc être utilisée par tous les acteurs déjà présents dans ce domaine et les anatomopathologistes non équipés peuvent l’adopter directement.

    La solution est en test dans 3 établissements de soins

    Primaa est en train de se développer en dehors de la France. « Les groupements de santé s’organisent à l’échelle européenne. Nous avons noué des liens avec des établissements en Europe mais aussi aux États-Unis pour transformer [les] PoC en produit commercialisable », indique Fanny Sockeel (source : Maddyness.com).

    Le Logiciel de la start-up est actuellement testé dans 2 hôpitaux et 1 établissements de soins privé.