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  • Tour de France e-santé IDF : Terr-eSanté, une plateforme régionale pour mieux coordonner les parcours

    Améliorer la qualité de la prise en charge et sécuriser le parcours du patient ; faciliter la coopération entre professionnels dans les territoires ; contribuer à l’innovation dans le domaine de la e-santé. Tels sont les 3 objectifs stratégiques qui ont guidé la conception de Terr-eSanté (Territoires de soins numériques), une plateforme territoriale d’appui développée par l’ARS Île-de-France (IDF), présentée en détail le 28 novembre 2019 lors de l’étape IDF du Tour de France de la e-santé (Asip). Objectif central : améliorer la coordination des parcours de soins, en décloisonnant Ville et hôpital, grâce au déploiement de solutions numériques innovantes. Le dispositif a été pensé par et pour les professionnels de santé.

    La nouveauté est le lancement de l’application mobile du dispositif, une mobilité qui va changer les pratiques selon les professionnels de santé en favorisant son utilisation, notamment auprès des acteurs agissant au domicile des patients.

    Avec Terr-eSanté, les professionnels ont accès aux informations partagées par l’ensemble des acteurs prenant en charge le patient. Parmi les services proposés : dossier de coordination patient, résultats d’examens, e-prescription, gestion des rendez-vous en ligne… Le but est d’optimiser la collaboration entre les professionnels afin d’éviter les examens redondants ou les pertes de documents médicaux importants.

    La démarche s’inscrit dans le programme e-parcours, qui vise à faciliter la collaboration en encourageant notamment le déploiement de services numériques territoriaux. Une convention a été signée avec 170 Ehpad pour le développement de l’outil, signale Pierre Albertini, directeur coordinateur de la gestion du risque pour l’Île-de-France à la Cnam IDF. À noter également qu’une expérimentation est en cours dans les 13 et 14ème arrondissements parisiens.

    Au cours de la table ronde a par ailleurs été soulignée en conclusion l’importance d’une sensibilisation des professionnels de santé à l’usage et à la pertinence des outils numériques à disposition, les acteurs pouvant « se perdre » parmi les « nombreux » dispositifs proposés.

    Expérimentation lancée dans les 13 et 14ème arrondissements parisiens :

    • préalable au développement de cet outil : mettre en place une organisation entre professionnels de santé ;
    • défis à relever : identito-vigilance, confidentialité, interopérabilité :
      • en lien se posent des questions d’ordre éthique (pour le patient) dans le cadre de l’exploitation des données de santé ;
    • réserves émises :
      • dans le cadre du partage des données : quel est le destinataire ? ;
      • convaincre de la pertinence de l’outil est parfois compliqué.

    Les services Terr-eSanté 

    Présentation d’un cas d’usage :

  • Ajis

    Association des journalistes de l’information sociale

  • EDPS

    European Data Protection Supervisor

  • EDPB

    European Data Protection Board

  • SSI

    Sécurité sociale indépendants

  • Prévention du VIH : le Conseil national du sida recommande le recours à la téléconsultation

    « Le développement de la téléconsultation » constitue une « alternative » pour « faciliter l’accès à une sérologie VIH ou au dépistage plus large des infections sexuellement transmissible (IST) ».  C’est ce qu’affirme le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) dans une « note valant avis sur les orientations de la politique de dépistage du VIH en France », adoptée le 21 novembre 2019. Le CNS estime qu’avec une application smartphone de téléconsultation, les patients « pourraient avoir accès à un échange vidéo sécurisé avec une plateforme médicale et des médecins formés », un dispositif qui « existe déjà à l’étranger ».  

    Cette « option supplémentaire » est susceptible d’intéresser :
    • les patients qui ont recours fréquemment au dépistage ;
    • les personnes résidant en territoire médicalement sous-dense ;
    • les patients les plus jeunes pour lesquels la nécessité de « faire une demande à leur médecin généraliste » peut « constituer un frein ».

    Selon le Conseil, ce dispositif – dont le cadre de fonctionnement « reste à aménager sur le plan légal et règlementaire » – pourrait également être utilisé pour le suivi PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition) ou pour proposer un accompagnement à la démarche de notification aux partenaires.

    Créé en 1989 par décret du Président de la République, le CNS est un « lieu de réflexion interdisciplinaire » qui s’attache à « penser la globalité des questions et la cohérence d’ensemble des réponses apportées par les différents dispositifs et acteurs publics concernés ».

    La télémédecine au service de la prévention du VIH, une idée déjà évoquée par le Sénat

    L’utilisation de la téléconsultation pour la prévention du sida a déjà été suggérée en juillet 2019 par la sénatrice LR Corinne Imbert dans un rapport remis au nom de la commission des Affaires sociales de la Haute assemblée. Elle y voit un moyen de « préserver la confidentialité et l’intimité » des patients et demande la levée, dans ce cas, de « l’obligation d’avoir consulté physiquement le médecin prescripteur au moins une fois dans les douze mois précédant la téléconsultation ».  

    « Au regard du retard pris, il est souhaitable que les pouvoirs publics engagent beaucoup plus rapidement la mise en œuvre de ces dispositifs innovants dès lors que les phases expérimentales en ont démontré l’intérêt », affirme le CNS.

    e-DO : la dématérialisation des déclarations d’infection rencontre des difficultés

    Le CNS rapporte que la dématérialisation des procédures de déclaration obligatoire (DO) à Santé publique France des infections par le VIH, engagée à compter de 2015 avec l’application web e-DO, « a rencontré de nombreuses difficultés » et « n’a à ce jour pas permis de résoudre plusieurs défauts du dispositif ».

    Cette dématérialisation a été engagée après que les procédures de déclaration et de remontées des données sur des supports papier ont été sources de « délais considérables dans la production des données », atteignant « 11 mois et plus pour les données consolidées ».

    Il en résulte selon la note une aggravation du « désengagement » d’une partie des professionnels de santé et « une dégradation de l’exhaustivité des déclarations », qui « fragilise les résultats » et « n’autorise pas une adaptation éclairée des politiques publiques à l’évolution de l’épidémie VIH ».

  • RGS

    Référentiel général de sécurité

  • IDF : Sécurité et traitement des data au centre du plan de transformation numérique porté par l’ARS

    D’ici 5 ans, « une part significative des utilisateurs potentiels doivent s’être emparés d’un service numérique : par territoire et par cible l’usage doit dépasser les 25 %, voire s’approcher des 50 % ». C’est l’un des objectifs du plan de transformation numérique de l’ARS Île-de-France (IDF), présenté le 28 novembre 2019 à l’occasion de l’étape IDF du Tour de France de la e-santé (Asip).

    « La démarche initiée par l’ARS Île de France s’inscrit dans une nouvelle logique par rapport au précédent schéma directeur des systèmes d’information de santé (SIS) et médico-social. Le sujet ne se restreint plus au seul système d’information régional mais bel et bien à la transformation numérique régionale, explique Aurélien Rousseau, directeur général de l’ARS. Cette démarche fait écho au plan Ma Santé 2022, qui fait du numérique un des 5 chantiers phares du plan. Il s’agit ici de co-construire et de partager :
    • une nouvelle vision régionale fédératrice ;
    • un cadre de transformation rénové et ouvert. »

    Il précise que « l’Agence travaillera avec les acteurs, au plus proche de leurs besoins, pour détecter, construire et déployer les solutions qui facilitent leur exercice quotidien ». L’impératif est de  « partir des besoins » observés sur le terrain et d’ »inclure les usagers ».

    La transformation numérique de la Région s’articule autour des 5 principes directeurs suivants :
    1.
    décliner les orientations nationales en Île-de-France : ;
    2. développer les services numériques et l’innovation ;
    3. développer les usages aux mains des acteurs des territoires ;
    4. mettre en œuvre le traitement de la data ;
    5. mettre en œuvre la stratégie régionale en matière de sécurité.

    Éléments clés issus de la présentation du plan :
    • l’ARS est présentée comme « facilitateur » et « tiers de confiance » : elle doit avoir une place dans la gouvernance, insiste Nicolas Péju, directeur-général adjoint de l’ARS, ;
    • le déploiement de la e-prescription est en cours au sein de la Région ;
    • il ressort de l’échange un besoin d’outils pour la diffusion et une bonne adhésion de la communauté ;
    • se pose par ailleurs la question des garanties de sécurité pour le droit à la communication des données personnelles, note Jean-Pierre Burnier, directeur de la Conférence régionale de la santé et de l’autonomie (CRSA).

    Aurélien Rousseau a salué l’effort de l’établissement d’une doctrine nationale et assuré que le plan régional était convergent avec celui-ci.

    Un plan issu d’une réflexion entre tous les acteurs

    Nicolas Péju, directeur général adjoint de l’ARS Île-de-France, insiste sur le fait que le plan de transformation numérique de la Région est le fruit d’une réflexion menée entre tous les acteurs.

    L’idée centrale est de « repartir de l’usage », de « partir des besoins » des usagers, pour construire une stratégie plus efficiente.

    Une interopérabilité est « indispensable » : appel au instances nationales

    « Attention à ne pas oublier les libéraux », note de son côté le Dr Frédéric Prudhomme, vice-président de l’URPS Médecins Île-de-France.

    Il ajoute par ailleurs qu’une interopérabilité est « indispensable », avec une intégration aux logiciels métiers : pour impulser cette norme, il fait appel aux instances nationales.

    Terr-esanté : lancement d’une application mobile pour favoriser les usages

    Lors de la présentation du plan a été annoncé le lancement de l’application mobile de Terr-esanté, une plateforme de partage d’information et de services proposée par l’Agence régionale de santé afin d’améliorer la coordination des parcours de soins.

    Une convention a été signée avec 170 Ehpad pour déployer plus largement le dispositif.

    Le lancement de l’application mobile est perçue comme un atout pour les acteurs, la plupart d’entre eux jugeant plus pratique un usage via smartphone.

    Priorités stratégiques pour la Région IDF

    Le plan de transformation numérique d’IDF contribue aux 5 axes du projet régional de santé 2 (PRS 2) :

    • axe 1 : promouvoir et améliorer l’organisation en parcours des prises en charge en santé sur les territoires ;
    • axe 2 : une réponse aux besoins mieux ciblée, plus pertinente et efficiente ;
    • axe 3 : permettre un accès égal et précoce à l’innovation en santé et aux produits de la recherche ;
    • axe 4 : permettre à chaque francilien d’être acteur de sa santé et des politiques de santé ;
    • axe 5 : inscrire la santé dans toutes les politiques.

    Principes directeurs de la transformation numérique pour la Région IDF

    1. Décliner les orientations nationales en Île-de-France

    • Les enjeux :
      • capitaliser sur les briques technologiques développées ;
      • intégrer les normes et référentiels nationaux ;
      • intégrer l’ensemble de ces services dans un cadre d’urbanisation respectant les orientations nationales.
    • Les objectifs (au terme des 5 ans de ce plan) : mettre en place les conditions permettant à l’ensemble des professionnels de santé d’accéder depuis leurs outils métiers à la plateforme socle tel que défini par la Délégation du numérique en santé (DNS) et ainsi bénéficier des services régionaux et nationaux.
    • Les Travaux :
      • mise en œuvre au sein de la région de l’identifiant national de santé (INS) que ce soit son déploiement en particulierau sein des établissements et son intégration au sein du serveur de rapprochement d’identité ;
      • évolution du répertoire opérationnel des ressources et des personnes vers un référentiel national ;
      • faciliter l’accès transparent à l’information contenue dans le DMP, en particulier les comptes-rendus, les résultatsd’examens et le dossier de vaccination ;
      • faciliter l’accès transparent à la e-prescription, une première étape ayant été réalisée dans le cadre du projet PEM2D mené par l’Assurance maladie ;
      • mettre en œuvre les services nécessaires au fonctionnement opérationnel des CPTS et des dispositifs d’appui encontexte et hors contexte Patient ;
      • mise en œuvre de l’article 51 de la LFSS de 2018 qui vise à expérimenter de nouveaux modes de financement découlant d’organisations de soins innovantes ;
      • accompagner au déploiement de la télémédecine et du télé-soin, en collaboration avec l’Assurance maladie, ce qui nécessite l’intégration des outils de télésanté à la plateforme socle permettant de rendre transparent à l’utilisateur l’accès à ces outils de télésanté ;
      • travailler sur l’interopérabilité syntaxique et sémantique en coordination avec les organismes nationaux DNS et Asip Santé.

    2. Développer les services numériques et l’innovation

    • Les enjeux :
      • développer des services « individualisés » à forte valeur et orientés professionnels de santé auservice des parcours des patients ;
      • donner une place plus importante à l’innovation ;
      • être collectivement plus agile et plus réactif dans le cycle de déploiement des services et dedéveloppement des usages ;
      • détecter précocement, identifier, évaluer et accompagner les cas d’usages ou projets à fort potentiel et initiés par des acteurs de territoires, jusqu’au lancement.
    • Les objectifs : garantir une intégration forte de l’ensemble des acteurs (hospitalier, médecine de ville, médico-social, dispositifs d’appui, etc.) dans le développement des services ainsi que d’obtenir le lancement de services venant des territoires pour créer de la valeur pour les acteurs qui seront les utilisateurs.
    • Les travaux :
      • s’ouvrir aux initiatives des acteurs territoriaux et du numérique en s’appuyant sur les comités de projet deterritoire e-parcours ;
      • intégrer des méthodes agiles dans le développement de services numériques pour être davantage tourné vers l’utilisateur final, l’usage, l’expérimentation ;
      • cartographier des organisations terrain et d’identification des forces en présence, pour ne pas passer à côtéd’initiatives intéressantes (CPTS, dispositifs d’appui, établissements, etc.), en particulier pour les dispositifs d’appuiet les initiatives liées à la recherche ;
      • créer une politique de partenariats avec des startups, même déjà matures, afin de leur permettre d’avoir accèsà un marché potentiel de taille significative et permettre à l’ensemble de l’écosystème de se nourrir des expertisesles plus avancées dans le domaine ;
      • mettre en œuvre un mécanisme de gestion du cycle de vie du produit avec une ré-interrogation régulière duportefeuille de services (par exemple tous les 6 mois) pouvant déboucher sur un arrêt du service ou une prise en compte d’améliorations aux services existants ;
      • mettre en œuvre une veille sur les initiatives régionales, et/ou à l’international, de sessions de présentation et d’échange d’informations, pour faire émerger les idées et initiatives de demain, dans un souci d’acculturation et demontée en compétences.

    3. Développer les usages aux mains des acteurs des territoires

    • Les enjeux
      • entrer dans une logique d’amélioration continue à l’aide d’utilisateurs finaux, voire d’arrêter lesservices qui ne trouvent pas leur marché ;
      • donner une place plus importante à l’innovation ;
      • passer d’une culture de construction de produits à une culture de développement des usages ;
      • se placer en priorité dans la co-construction et dans la conduite du changement ;
      • assurer un contact avec le public des usagers lors de la conception des différents outils
    • Les objectifs : une part significative des utilisateurs potentiels doivent s’être emparéd’un service numérique : par territoire et par cible l’usage doit dépasser les 25 %, voire s’approcher des 50 %).
    • Les travaux :
      • identifier des professionnels ou des organisations à même de devenir les plus grands utilisateurs,voire les meilleurs ambassadeurs d’un service, dans une logique de pilote.
      • cibler des organisations pilotes pour développer la culture de l’usage ;
      • renforcer les usages par la mobilité ;
      • placer l’ARS et l’opérateur e-santé comme structure d’appui des expérimentations et initiatives decoordination les plus avancées pour mettre les services numériques en maillage avec leur organisationet faire ressortir les pilotes ;
      • mettre en place un canal de retours d’expérience valorisant la parole des pilotes ;
      • placer les fédérations, les URPS et les acteurs de territoires comme animateur des communautés et du développement des usages ;
      • mettre en place une structure de formation continue sur la e-santé, sur les aspects techniques (ex. : interopérabilité, réglementaires…) pour les acteurs internes et externes, avec des formations enprésentiel, des modules de e-learning, et un système de certifications graduelles ;
      • solliciter les associations, les représentants de citoyens et du secteur social afin de comprendrecomment mieux cibler et atteindre les personnes.

    4. Mettre en œuvre le traitement de la data

    • Les enjeux
      • placer l’ARS dans un rôle de tiers de confiance ;
      • exploiter les opportunités pour la région des travaux menés par le CHU et des établissements ainsique du Health Data Hub en tant que lauréate du premier appel à manifestation d’intérêt ;
      • valoriser rapidement les données de santé et maximiser l’impact de leur utilisation.
    • Les objectifs : construire une architecture et des modes opératoires afin de mettre en qualitéles données et les rendre facilement accessibles et exploitables, tant pour la recherche que les parcoursde santé.
    • Les travaux :
      • tirer parti d’efforts de mutualisation, pour développer la réflexion sur l’exploitation de la donnée et lesmoyens de mise en œuvre ;
      • construire une feuille de route de projets mobilisant des données de santé, pour les territoires ;
      • exploiter et développer le patrimoine de données régional ;
      • construire un centre de compétences et de traitement de la data au service de la recherche et desterritoires, en tirant partie de la réglementation en matière de protection des données.

    5. Mettre en œuvre la stratégie régionale en matière de sécurité

    • Les enjeux :
      • assurer la continuité de service des activités de l’État ;
      • garantir la confiance dans le service aux citoyens.
    • Les objectifs :
      • réaliser les analyses de risques pesant sur les SI ;
      • mettre les SI en conformité avec les lois et réglementations : suivi et mise en conformité (Cnil, RGS, RGPD…) ;
      • sensibiliser et former le personnel ;
      • sécuriser les composants des SI et maintenir les SI en condition de sécurité
      • penser et anticiper le maintien en condition de sécurité (mise à jour des correctifs de sécurité,vérification des comptes utilisateur…) ;
      • organiser une gestion efficace des incidents de sécurité, des crises et de la continuité d’activité.
    • Les travaux :
      • mettre en œuvre et l’animation d’une communauté des RSSI élargie au médico-social et à la ville ;
      • mettre en place une task force régionale d’experts sécurité issus des organisations pouvant venir en soutien lorsd’un incident de sécurité ;
      • mettre en œuvre un programme d’accompagnement des organisations structures de santé et du médico-social à la sécurisation de leurs architectures physiques et logiques ;
      • mettre en œuvre un programme de sensibilisation et d’acculturation des professionnels de santé aux bons usages des technologies numériques et des SI ;
      • animer et coordonner d’une démarche SSI régionale, avec l’organisation d’une journée thématique annuelle sur la cybersécurité ;
      • mettre en œuvre un programme d’accompagnement à la conformité au RGPD et la structuration du réseau des DPO.

    Les grandes étapes du calendrier

    Pour plus d’informations, contacter la Direction de la transformation numérique à ars-idf-secr-dir-strategie@ars.sante.fr.

  • Plan Investir pour l’hôpital : « il faut médicaliser les instances de gouvernance » (K. Julienne, DGOS)

    « La feuille de route est claire, il faut médicaliser les instances de gouvernance », déclare Katia Julienne, directrice générale de l’offre de soins (DGOS), intervenue le 25 novembre 2019 lors d’un point presse (Ajis) dédié aux décryptages des mesures « Investir pour l’hôpital », présentées le 20 novembre par le Premier ministre Édouard Philippe. « Nous devons travailler à faire évoluer les compétences de la CME (commission médicale d’établissement) mais aussi celles de la CMG (Commission médicale de groupement), qui sera mise en place pour le GHT. La DGOS précise cependant que « la présidence du comité stratégique des GHT restera aux directeurs hospitaliers ».  

    La DGOS souligne que le plan « Investir pour l’hôpital » s’inscrit dans le cadre de Ma Santé 2022, qui constitue « un cap, une feuille de route de l’évolution de l’ensemble du système de santé ». « L’ensemble de ces mesures se combinent les unes avec les autres et c’est ce paquet qui doit répondre à la situation difficile que vivent les hôpitaux », résume-t-elle.

    « Redonner de l’oxygène financier aux établissements »

    Sur la mesure de reprise de dette de 10 milliards d’euros sur 3 ans, la DGOS souligne que « ce n’est pas un jeu d’écritures » mais qu’il s’agit de « redonner de l’oxygène financier aux établissements » à hauteur de 800 millions d’euros par an (estimation) car le service de la dette « obère » leur capacité à financer de l’investissement courant.

    L’exécutif affirme avoir reçu le message selon lequel les hôpitaux sont en trop importante difficulté financière pour participer à l’évolution qui leur est demandée, notamment leur articulation avec la Ville.

    « Des modalités d’organisation» pour encadrer l’intérim

    Concernant l’intérim, qui « pose des questions d’organisation et de qualité des soins », la DGOS annonce le dépôt par le gouvernement d’un amendement pour renforcer son encadrement, en concomitance des  « campagnes de contrôles individuel » évoquées dans le plan « Investir pour l’hôpital ».

    L’amendement n°172 déposé le 28 novembre à la veille de l’examen du PLFSS en nouvelle lecture au Sénat , énonce que «toute clause d’un contrat conclu pour une mission de travail temporaire prévoyant un montant journalier de dépenses supérieur au plafond» prévu à l’alinéa précédent «est réputée non écrite» et que «dans ce cas, le comptable public procède au versement de ce seul montant plafond auprès de l’entreprise signataire du contrat selon des modalités déterminées par voie réglementaire».

    « Des modalités d’organisation sont mises en place dans plusieurs régions entre établissements et entre GHT. Nous devons faire évoluer nos organisations pour une réponse à des besoins ciblés », précise la DGOS.

  • Exosquelette : « La France, un marché difficile en termes de capacité d’investissement » (Wandercraft)

    « La France est un marché difficile en termes de capacité d’investissement, du fait notamment qu’il n’y a pas de tarification à l’acte en centre de rééducation. Mais nous avons en France des compétences médicales très développées, ce qui est très positif pour démarrer quand on est une société innovante dans le domaine de la santé », analyse Jean-Louis Constanza, en charge des études cliniques au sein de la société Wandercraft où il occupe la fonction de Chief Business Officer.

    Dans un entretien accordé à à Health & Tech Intelligence (H&TI), il détaille les dernières étapes du déploiement de cette start-up française qui développe Atalante, un exosquelette employé en rééducation pour les victimes d’AVC ou autres accidentés à mobilité réduite.

    Alors que la société a vendu 7 exosquelettes depuis l’obtention du marquage CE au mois de mai 2019, Jean-Louis Constanza constate que les acheteurs sont le plus souvent des centres de rééducation privés ou des acteurs du secteur privé à but non lucratif. Le déploiement international de l’exosquelette Atalante est par ailleurs en route avec plusieurs coopérations en cours avec des universités américaines et le lancement d’un processus d’homologation par la FDA. Jean-Louis Constanza souligne le caractère unique du produit Wandercraft sur le marché de la rééducation (une « marche réaliste en posture réaliste ») et les possibilités qu’il offre aux patients ainsi qu’aux soignants.

    « Une rapide mise en route des ventes »

    Où en êtes- vous depuis l’obtention du marquage CE en mai 2019 ?

    On assiste a une rapide mise en route des ventes : nous avons déjà vendu 7 exosquelettes depuis l’obtention du marquage CE au mois de mai. Deux d’entre eux avant déjà été vendus et sont utilisés pour la recherche, en particulier au centre APJAH de Pionsat (Puy-de-Dôme), notre premier utilisateur et client.

    Le premier centre acquéreur de l’exosquelette marqué CE a été la fondation de La Renaissance Sanitaire. La solution vient de leur être livrée. Ils prévoient de l’utiliser intensément dès les prochaines semaines.

    Le Centre Mutualiste de Kerpape, à Ploemeur (Morbihan), est un de nos partenaires de recherche : il nous a acheté un deuxième exosquelette pour le traitement clinique. Notre autre partenaire, le centre Jacques Calvé de la Fondation Hopale à Berck-sur-Mer (Nord-Pas-de-Calais), nous a aussi acheté 2 exosquelettes, 1 en recherche et 1 en clinique. C’est flatteur car beaucoup de centres regardent ce que font leurs pairs.

    Quel est le profil principal de vos clients ?

    Nos acheteurs sont actuellement pour la plupart issus du secteur public ou privé non lucratif. Nous prévoyons des acquisitions prochaines par des équipes issues du public, où le temps de réaction est un peu plus long : le processus prend quelques mois de plus. Les établissements qui investissent les premiers sont souvent ceux qui sont financés par des fondations prêtes à innover dans l’amélioration de la rééducation – ou qui disposent de capacités de financement particulières.

    « Nous avons lancé le processus pour l’homologation de notre produit par la FDA »

    Quelle est votre position à l’international ?

    Nous avons déjà des clients aux États-Unis, notamment l’université Caltech en Californie et l’Ohio State University qui possède à la fois un laboratoire de robotique (Le Cyberbotics Lab) et une école de médecine de haut niveau. Les réactions sont très fortes : ce qui les intéresse, c’est notamment de vérifier le fonctionnement avec une personne en déficience de motricité et non seulement avec un ingénieur.

    Nous avons lancé le processus pour l’homologation de notre produit par la FDA. Cela devrait prendre un peu moins d’un an.

    Quelles différences observez vous entre le marché français et l’étranger ?

    La France est un marché difficile en termes de capacité d’investissement, du fait notamment qu’il n’y a pas de tarification à l’acte en centre de rééducation. Mais nous avons en France des compétences médicales très développées, ce qui est très positif pour démarrer quand on est une société innovante dans le domaine de la santé.

    À l’étranger, les modes de tarification sont différents, les centres demandent souvent des formules de location sur 3, 4 ou 5 ans, et dans certains pays il faut passer par des distributeurs que nous devons former, ce qui prend du temps. En Allemagne nous commençons à discuter avec des mutuelles pour des formules de prise en charge du surcoût des traitements.

    « Notre point fort c’est la marche réaliste en posture réaliste »

    Comment vous situez-vous sur le marché de la rééducation ?

    Notre point fort, c’est la marche réaliste en posture réaliste. Le patient a les bras libres, il ne marche pas sur un tapis roulant ou avec des béquilles. De plus, les traitements peuvent commencer très tôt et être intensifs.

    L’exosquelette de Clinatec, par exemple, n’est pas un outil de rééducation, de sorte que nous ne sommes pas en concurrence. Leur solution permet la démonstration d’un mode de commande d’un robot avec implant intracrânien : c’est fantastique mais cela reste de la recherche fondamentale. Par ailleurs, poser un implant oblige à rester en environnement de laboratoire. 

    Comment se passe concrètement une rééducation par exosquelette ?

    Les tâches demandées aux patients qui emploient notre exosquelette sont volontairement réalistes, il y a un impact neurologique avéré : aller chercher un verre, prendre son téléphone, faire un selfie avec le kinésithérapeute, écrire un message. C’est aussi parfois du « double tasking », à savoir gérer deux activités à la fois.

    Le patient est autonome : même si son kinésithérapeute l’accompagne, il n’a pas besoin de béquilles, il se déplace vraiment. La réaction est proche du choc émotionnel quand il se retrouve debout, ce qui ne lui est parfois pas arrivé depuis plusieurs années (ou mois dans le cas d’un AVC par exemple).

    Quel bilan faites-vous aujourd’hui du développement de votre société ?

    Quand nous avons démarré en 2012, des professeurs de robotique nous disaient que notre produit prendrait une quinzaine voire une vingtaine d’années à arriver sur le marché. Aujourd’hui, 7 ans plus tard l’exosquelette est opérationnel et nous sommes plus de 60 à Wandercraft.