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  • Éthique : le CCNE crée un comité pilote « numérique », l’IA en santé parmi les premiers sujets d’étude

    Le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) « a été chargé par le Premier ministre de constituer un comité pilote d’éthique du numérique ». C’est ce qu’annonce l’instance dans un communiqué daté du 2 décembre 2019, précisant que le comité sera dirigé par Claude Kirchner, directeur de recherche émérite Inria, et tiendra sa première réunion plénière le 4 décembre 2019.

    Le nouveau comité sera chargé, selon la volonté de Matignon, de remettre des premières contributions sur l’éthique du numérique et de l’intelligence artificielle (IA) et de « déterminer les équilibres pertinents pour l’organisation du débat sur l’éthique des sciences et technologies du numérique et de l’IA ».

    Les premiers travaux du comité pilote porteront sur 3 saisines, dont l’une porte sur « le diagnostic médical et l’intelligence artificielle ». Elle se propose notamment :
    • « de discuter la tension entre proposition de décision algorithmique et garantie humaine » ;
    • « de se demander quels sont les risques encourus lorsqu’on ne suit pas le ‘conseil’ d’un algorithme de prédiction » ;
    • « de promouvoir la transparence et l’explicabilité du fonctionnement de ces algorithmes tant pour les professionnels de santé que pour les usagers du système de santé ».

    Une autre saisine concerne « les agents conversationnels » (chatbots) dont les enjeux éthiques concernent « la transparence sur le traitement des données récoltées », « le respect des individus », « la commodité de [leur] utilisation » ou « la mise en œuvre de stratégies d’influence par de tels agents ». La troisième saisine porte sur « le véhicule autonome ».

    Membres du comité pilote éthique du numérique

    Le CCNE publie sur son site une liste de 27 membres du comité pilote éthique du numérique, qui inclut notamment :

    • des chercheurs en intelligence artificielle (IA) : Gilles Adda (CNRS), Jean-Gabriel Ganascia (CNRS), Serena Villata (CNRS), Laurence Devillers (CNRS, membre de la Cerna, Commission de réflexion sur l’éthique de la recherche en science et technologies du numérique d’Allistene) ;
    • des juristes spécialistes du numérique : Theodore Christiakis (CNnum) Claire Levallois-Barth (IMT/Cerna), Célia Zolynski (Paris 1) ;
    • des spécialistes de l’éthique : Gilles Dowek (Inria), Emmanuel Hirsch (Espace éthique IDF), Catherine Tessier (Onera/Cerna) ;
    • des personnalités politiques : Valeria Faure Muntian, députée LREM et membre de l’Opecst, Karine Dognin-Suze, Vice-présidente de la Métropole de Lyon chargée du numérique et membre du CNNUm ;
    • David Gruson (Jouve) ;
    • Tristan Nitot, dirigeant de la société Qwant ;
    • Jean-François Delfraissy, président du CCNE ;
    • la présidente ou le secrétaire général de la Cnil.

    Le président du comité pilote, Claude Kirchner, est membre du CCNE et de la Cerna et a été copilote en 2018 du groupe de travail « numérique et santé » du CCNE.

    Vers un comité pérenne sur l’éthique du numérique ?

    Le comité prévoit de travailler « en lien avec plusieurs organisations », dont la Cnil, l’Inria, le CNRS, la CPU (Conférence des présidents d’université), les Académies des sciences et des technologies, le CNNum ainsi que des comités d’éthique français et étrangers. 

    Le communiqué annonce que le Comité pilote d’éthique du numérique remettra début 2021 « le bilan de ses activités » au Président du CCNE. Le CCNE émettra alors des recommandations sur « les modalités d’un éventuel comité pérenne d’éthique du numérique» .

    Le CNNE souligne que cette création s’inscrit dans la stratégie nationale d’intelligence artificielle et dans la continuité des recommandations du rapport de Cédric Villani remis en mars 2018 (Donner un sens à l’intelligence artificielle) ainsi que de l’Avis 129 du CCNE (septembre 2018), qui propose « de jouer un rôle d’aide à la constitution d’un futur comité d’éthique du numérique, spécialiste des enjeux numériques dans leur globalité ».  

  • L’AP-HP présente ses nouveaux robots du 2 au 13 décembre 2019 : rencontre des équipes et démo

    10 hôpitaux de l’AP-HP sont équipés de robots chirurgicaux dernière génération. À l’occasion du 1er anniversaire de leur installation, les centres de soins invitent à rencontrer les équipes qui les utilisent et à manipuler un robot de démonstration du 2 au 13 décembre 2019.

    Avec un parc total de 13 robots chirurgicaux, l’AP-HP représente actuellement environ 30 % du parc francilien. « En investissant 52 millions d’euros sur 7 ans dans l’acquisition et l’exploitation de ces nouveaux équipements ainsi que dans la formation des équipes, elle affiche sa volonté de développer un programme global de chirurgie assistée par robot », indique-t-elle. L’établissement souhaite « aussi contribuer au débat international sur l’impact et les bénéfices de ces nouvelles pratiques pour les patients et être plus attractive auprès des chirurgiens et des équipes de blocs ».

    Les équipes (chirurgiens urologues, gynécologues, thoraciques et cardiaque, ORL, digestifs, adultes et pédiatriques, anesthésistes, paramédicaux…) des 10 hôpitaux de l’AP-HP équipés de ces robots se coordonnent pour :
    • optimiser l’usage de ces solutions ;
    • mutualiser les expériences ;
    • accélérer la formation des équipes de bloc ;
    • mener des projets de recherche.

    Programme

    • Lundi 2 décembre à l’hôpital Henri-Mondor ;

    • Mardi 3 décembre à l’hôpital Necker – Enfants malades ;

    • Mercredi 4 décembre à l’hôpital Pitié-Salpêtrière ;

    • Jeudi 5 décembre à l’hôpital Tenon ;

    • Vendredi 6 décembre à l’hôpital Bicêtre ;

    • Lundi 9 décembre à l’hôpital Cochin ;

    • Mardi 10 décembre à l’hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) ;

    • Mercredi 11 décembre à l’hôpital Bichat ;

    • Jeudi 12 décembre à l’hôpital Saint-Louis ;

    • Vendredi 13 décembre à l’hôpital Robert-Debré.

    Le programme détaillée est disponible sur le site de l’AP-HP, accessible via ce lien.

    Chiffres clés

    • 13 robots chirurgicaux installés dans les hôpitaux Bicêtre, Bichat, Cochin, Georges-Pompidou (2), Henri-Mondor (2), Necker – Enfants malades, Pitié-Salpêtrière (2), Robert-Debré, Tenon ;
    • 13 disciplines : chirurgie cardiaque, colorectale, digestive, hépatobiliaire, infantile, plastique, surrénalienne, thoracique et viscérale ; gynécologie ; ORL ; stomatologie et urologie ;
    • Au 30 septembre 2019, 37 chirurgiens formés, 125 IBODE, 3 formations stérilisation réalisées dans chaque établissement ;
    • 1 500 opérations réalisées en 2019 avec le robot Da Vinci (Intuitive Surgical).

    Des robots aux applications diverses

    • L’AP-HP a installé fin 2018-début 2019 dans ses hôpitaux 9 nouveaux robots chirurgicaux Da Vinci de dernière génération (hôpitaux Bicêtre, Bichat, Cochin, européen Georges-Pompidou, Henri-Mondor, Pitié-Salpêtrière, Robert-Debré, Saint-Louis et Tenon).
    • Ils s’ajoutent aux 4 robots déjà installés à l’HEGP, à la Pitié-Salpêtrière, Mondor et Necker-Enfants malades.

    Le robot permet aux équipes de réaliser des interventions complexes de chirurgie ablative (par exemple l’exérèse d’une tumeur) ou reconstructive, et notamment « d’améliorer la précision du geste opératoire pendant les interventions » et au chirurgien d’adopter « une position plus ergonomique » tout au long du programme de la journée :

    • meilleure vision en 3D de haute définition du champ opératoire grâce à un effet de grossissement ;
    • articulation des instruments à sept degrés de liberté et des mouvements intuitifs ;
    • contrôle de la caméra par l’opérateur ;
    • disparition du « fulcrum effect » ou effet levier au niveau des orifices de trocarts.

    13 disciplines actuellement concernées

    Le produit peut actuellement être utilisé dans 13 disciplines : chirurgie cardiaque, colorectale, digestive, hépatobiliaire, infantile, plastique, surrénalienne, thoracique et viscérale ; gynécologie ; ORL ; stomatologie et urologie.

    Un robot utilisé avec l’intervention des équipes pluridisciplinaires dédiées

    « Le robot n’est jamais utilisé seul (prolongement des mains du chirurgien), précise l’AP-HP. Il fait intervenir des équipes pluridisciplinaires dédiées composées notamment de chirurgiens, anesthésistes, infirmiers de bloc opératoire, instrumentistes, ingénieurs, agents de stérilisation… formées spécifiquement à l’utilisation de ces robots dans les semaines suivant leur installation. »

    Robots chirurgicaux : « l’ambition de l’AP-HP est mondiale »

    « L’ambition de l’AP-HP dans ce domaine est mondiale », note l’établissement, qui souhaite devenir « un centre important de prise en charge des patients, de formation des équipes et d’innovation en robotique chirurgicale ». Au-delà de la robotique, l’enjeu est « la généralisation de la chirurgie mini-invasive – robotique ou cœlioscopique – pour tous les patients éligibles et la formation des jeunes à ces techniques chirurgicales ».

    Les enjeux de la recherche sont, entre autres, :

    • d’identifier les indications les plus adaptées de chirurgie robotique dans les différentes disciplines ;
    • de valider de nouvelles indications ;
    • d’étudier les aspects médico-économiques.
  • Le Health Data Hub est constitué, 9 personnalités qualifiées sont nommées (Journal Officiel)

    « Le groupement d’intérêt public (GIP) « Plateforme des données de santé » est constitué. » C’est ce qu’annonce un arrêté du 29 novembre 2019 publié au Journal officiel (JO) du 30 novembre 2019, portant l’approbation de l’avenant à la convention constitutive du GIP « Institut national des donnés de santé (INDS) ». Le Health data Hub ainsi créé (par la loi santé du 24 juillet) « a pour objet de veiller à la qualité des données de santé et aux conditions générales de leur mise à disposition, garantissant leur sécurité et facilitant leur utilisation dans le respect de la protection des données personnelles sur l’ensemble du territoire ».

    Le ministère des Solidarités et de la Santé salue dans un communiqué daté du 2 décembre la création officielle de cette « infrastructure clef », soulignant qu’elle permettra de « croiser les bases de données de santé dont nous disposons » et de « faciliter leurs utilisations par les nombreuses équipes de recherche et de développement » avec « un respect total de la vie privée des usagers du système de santé ».

    Le ministère annonce que « d’ici quelques semaines, la plateforme technologique sera ouverte aux premiers projets » avec un premier catalogue de bases de données mis à disposition. Cette plateforme devra, d’ici 2022, « enrichir le catalogue de données, déployer une offre attractive de services pour faciliter le traitement et l’usage des données, informer les usagers du système de santé et leur faciliter l’exercice de l’ensemble de leurs droits, et acquérir une visibilité nationale et internationale ». Le Health Data Hub s’appuiera pour ce faire sur « des partenariats, prioritairement en France et en Europe, avec des instituts de recherche et des producteurs de données ».

    La ministre Agnès Buzyn remercie « les partenaires qui sont associés dans ce projet » et les membres de l’INDS, « précurseur du GIP », ainsi que France Asso Santé, dont le président Gérard Raymond « assure les fonctions de vice-président du Health Data Hub ».

    Un arrêté paru le 30 novembre livre les noms des « personnalités qualifiées à l’assemblée générale » du GIP « Plateforme des données de santé » :
    • Bruno Maquart, actuel président de l’INDS ;
    • Jeanne Bossi Malafosse, avocate, responsable du département « Données personnelles » et co-responsable du département « Sciences du vivant » du cabinet Delsol Avocats ;
    • Carole Dufouil, épidémiologiste, directrice de recherche à l’Inserm;
    • Pierre-Yves Geoffard , économiste de la santé, directeur de l’École d’économie de Paris;
    • Magali Giral, directrice de recherche au CHU de Nantes, responsable scientifique du projet Divat (Données informatisées et validées en transplantation);
    • Laurence Mauduit, journaliste spécialiste de la santé ;
    • Dominique Polton, ex-présidente de l’INDS ;
    • Pierre Ricordeau, directeur de l’ARS Occitanie ;
    • Alexandre Vainchtock, dirigeant de la société Heva, spécialiste de l’analyse des données.

    Les membres du GIP sont les suivants :

    • le ministère des Solidarités et de la Santé, représenté par la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (Drees), la Direction générale de la santé (DGS), la Direction de la Sécurité Sociale (DSS), la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) et la Délégation à la stratégie des systèmes d’information de santé (DSSIS), future délégation du numérique en santé (DNS) ;
    • le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, représenté par la Direction générale de la recherche et de l’innovation (DGRI) ;
    • le ministère de l’Économie et des Finances, représenté par la Direction générale des entreprises (DGE) ;
    • le ministère de l’Action et des Comptes publics, représenté par la Direction du Budget (DB) ;
    • le ministère des Armées, représenté par la Direction centrale du Service de santé des armées (SSA) ;
    • le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, représenté par la Direction générale de l’enseignement Scolaire (DGesco) ;
    • les services du Premier ministre, représentés par la Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (Dinsic) ;
    • le ministère du Travail, représenté par la Direction générale du travail (DGT).
    • la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) ;
    • la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (CCMSA) ;
    • l’Union nationale des régimes spéciaux (UNRS) ;
    • l’Union nationale des organismes d’assurance maladie complémentaire (Unocam) ;
    • la Fédération nationale de la mutualité Française (FNMF) ;
    • la fédération française de l’assurance (FFA) ;
    • le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP);
    • l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ;
    • l’Institut national de la recherche en informatique et en automatique (Inria) ;
    • le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ;
    • le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) ;
    • l’École des hautes études en santé publique (EHESP) ;
    • l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) ;
    • la Conférence des présidents d’universités (CPU) ;
    • la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (Fehap) ;
    • la Fédération hospitalière de France (FHF) ;
    • la Fédération des cliniques et hôpitaux privés (FHP) ;
    • la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (Fnehad) ;
    • la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer (Unicancer) ;
    • la Conférence nationale des directeurs généraux de CHU ;
    • La Conférence des présidents de commissions médicales d’établissement de CHU ;
    • la Conférence des présidents de commissions médicales d’établissement de CH ;
    • l’Assistance publique – hôpitaux de Paris (AP-HP) ;
    • le groupement de coopération sanitaire « Hôpitaux Universitaires du Grand Ouest » (Hugo) ;
    • le CHU de Toulouse ;
    • Le CHU de Limoges ;
    • l’Union nationale des professionnels de santé (UNPS) ;
    • la Fédération des spécialités médicales (FSM) ;
    • le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) ;
    • le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (Cnop) ;
    • l’Union nationale des associations agréées d’usagers du système de santé (France Assos Santé) ;
    • l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (Atih) ;
    • la Haute autorité de santé (HAS) ;
    • l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) ;
    • l’Agence nationale de santé publique (ANSP) ;
    • l’Institut national du cancer (Inca) ;
    • l’Agence de la biomédecine (ABM) ;
    • l’Agence des systèmes d’informations partagés en santé (Asip santé, future Agence du numérique en santé – ANS);
    • la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) ;
    • le syndicat professionnel des Entreprises du médicament (Leem) ;
    • l’Association française des entreprises de la recherche clinique (Afcros) ;
    • le Syndicat national de l’industrie des technologies médicales (Snitem) ;
    • le syndicat du Syntec numérique (Syntec Numérique) ;
    • l’Association France Digitale.
  • FCPI

    Fonds communs de placement dans l’innovation

  • Diabeloop conclut son tour de série B (31 M€) et accélère son déploiement en Europe et aux USA

    Diabeloop, qui développe des solutions basées sur intelligence artificielle (IA) pour une gestion automatisée et personnalisée du diabète, conclut son tour de série B à hauteur de 31 millions d’euros. Avec cette opération, finalisée le 2 décembre 2019, la société grenobloise envisage d’accélérer son déploiement commercial à l’international, « tant en Europe qu’aux États-Unis », indique-t-elle dans un communiqué, précisant que des discussions avancées sont déjà en cours en Allemagne. Cette levée de fonds succède au tour de table réalisé en 2017 (13,5 millions d’euros), qui a soutenu l’obtention du marquage CE du premier produit de la start-up et qui a permis d’enclencher les démarches pour sa prise en charge par l’Assurance maladie.

    Le family office Cemag Invest, qui investit dans des jeunes pousses françaises centrées sur la health tech, a mené ce renforcement de fonds propres de 22 millions d’euros. À ses côtés figurent les investisseurs privés Adag, Odyssée Venture et Agir à dom.

    À noter par ailleurs que Diabelopp a été retenu pour le programme européen pour la recherche et l’innovation Horizon 2020 « Instrument PME Phase 2 ». Dans ce cadre, la société bénéficie d’une subvention à laquelle s’ajoute le soutien renouvelé d’EIT Health via le programme D4Teens.

    Après avoir mis au point un dispositif médical (DM) à destination des adultes atteints de diabète de type 1, la start-up a réalisé des essais cliniques en France et en Belgique pour adapter le pancréas artificiel à l’enfant. D’autres études cliniques sont en cours, dont une dédiée à la soumission à l’agrément FDA.

    Ont également fait le choix de réinvestir :

    • le management de Diabeloop ;
    • les investisseurs du premier tour de table :
      • Aliad (Air Liquide Venture Capital), partenaire de long terme ;
      • Supernova Invest, à travers son fonds Supernova 2, complété d’un nouvel investissement avec les fonds Crédit Agricole Innovations et Territoires et le FCPI Amundi Avenir Innovation ;
      • Sofimac Innovation ;
      • Kreaxi ;
      • Crédit Agricole Sud Rhône Alpes Capital et Crédit Agricole des Savoie Capital ;
      • le Centre d’études et de recherches pour l’intensification et le traitement du diabète (Ceritd).

    La Caisse d’Épargne, BNP Paribas et la Société Générale soutiennent également Diabeloop, via des prêts bancaires, aux côtés du Crédit Agricole Sud Rhône Alpes, Banque Populaire Auvergne Rhône-Alpes, HSBC et Bpifrance, qui accompagnent historiquement la société depuis 2017.

    « Avoir pu réunir à nouveau nos investisseurs et soutiens historiques sur ce deuxième tour de financement est une marque précieuse de leur confiance dans les fondements et le potentiel de Diabeloop, commente Marc Julien, co-P.-D.G. de Diabeloop, qui a mené ce tour de financement. Les nouveaux investisseurs, menés par Cemag Invest, particulièrement sensible à la création de valeur pour les patients, nous  permettent de réaliser une levée de fonds inédite dans le secteur de l’intelligence artificielle thérapeutique. Diabeloop est ainsi maintenue sur la route d’un déploiement international, pour rendre nos dispositifs accessibles au plus grand nombre. »

    Un remboursement demandé en France, un déploiement prévu en UE et aux USA

    « Ces nouveaux financements vont renforcer la stratégie de pénétration des marchés internationaux et répondent à l’ambition première de la société qui est de rendre ses innovations accessibles au plus grand nombre de patients », explique Diabeloop (communiqué).

    En France, le dossier pour le remboursement par l’Assurance maladie du premier dispositif de Diabeloop a été déposé au printemps 2019. Il est en cours d’examen par les autorités de santé.

    Des discussions déjà avancées en Allemagne

    La société envisage également de commercialiser « à court-moyen terme » son dispositif dans la majorité des pays européens. « Des discussions avec les organismes payeurs sont actuellement avancées en Allemagne, au niveau national et local », précise-t-elle.

    La conclusion de cette nouvelle levée de fonds permet également de renforcer le dossier déposé auprès de la FDA aux États-Unis. Diabeloop « espère ainsi établir rapidement les premières bases commerciales de son arrivée sur le marché américain », commente la start-up.

    Plusieurs essais cliniques en cours

    Diabeloop développe des solutions embarquant de l’intelligence artificielle (IA) afin d’aider les patients atteints de diabète de type 1 de mieux gérer leur maladie au quotidien.

    Son premier produit est un système de délivrance automatisée d’insuline qui repose sur un algorithme propriétaire auto-apprenant (machine learning) hébergé dans un terminal dédié. La solution est associée à un système de mesure continue du glucose et à une pompe insuline. De ce fait, il « automatise presque totalement le traitement du diabète de type 1 », indique la société.

    Les bénéfices médicaux et de qualité de vie apportés par les solutions de Diabeloop ont été observés « notamment lors des séries d’essais cliniques qui ont mené au marquage CE et à des publications scientifiques prestigieuses en particulier dans le Lancet Digital Health« , ajoute-t-elle. 

    Des essais menés pour adapter le pancréas artificiel à l’enfant

    Après avoir mis au point un dispositif médical à destination des adultes atteints de diabète de type 1, Diabeloop a mené des essais cliniques dans 2 centres pédiatriques en France et dans 1 centre en Belgique, en partenariat avec le CEA-Leti et soutenus par l’EIT Health, afin d’adapter le pancréas artificiel à l’enfant.

    Des études cliniques en cours pour adresser des problématiques particulières

    D’autres études cliniques sont « en cours ou en projet » pour répondre à des problématiques particulières comme celles des adolescentes ou le cas complexe des patients atteints de diabète hautement instable.

    Une étude dédiée au dossier FDA

    La start-u prévoit également de réaliser une étude dédiée à la soumission à l’agrément FDA.

    Photo Une : Diabeloop présente son intelligence artificielle au Leti Innovation Days en juin 2019.

  • Étude : le suivi des graves traumatisés crâniens amélioré grâce à un algorithme (Scientific Reports)

    Des chercheurs finlandais ont mis au point un système basé sur l’intelligence artificielle (IA) capable de prédire la mortalité en temps réel de patients en soins intensifs après une lésion cérébrale traumatique. Dans le cadre de travaux menés sur le système, ces algorithmes simples sont parvenus à prédire la probabilité de décès du patient dans les 30 jours avec une précision de 80 à 84 %. Étant donné que les patients sont inconscients, cette information peut faciliter la prise de décision clinique. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 27 novembre 2019 dans la revue Scientific Reports, du groupe Nature.

    Le big data des patients inconscients

    En Europe et aux États-Unis, plus de 1,6 million de personnes sont hospitalisées chaque année en raison d’une lésion cérébrale traumatique. Malgré des soins de qualité en unités de soins intensifs, environ 1 patient sur 3 meurt.

    Les patients souffrant d’un traumatisme cérébral grave sont inconscients, ce qui rend difficile leur suivi. En réanimation, plusieurs dizaines de variables font l’objet d’une surveillance continue (par exemple la pression intracrânienne, la pression artérielle moyenne et la pression de perfusion cérébrale), des variables qui donnent indirectement des informations sur l’état du patient.

    Cependant, une seule variable, telle que la pression intracrânienne, peut générer des centaines de milliers de points de données par jour. Ainsi, il est impossible pour le cerveau humain de les analyser au regard de de toutes les données surveillées. Les algorithmes basés sur l’apprentissage automatique (machine learning) peuvent capturer des corrélations de caractéristiques non linéaires difficiles à détecter à l’aide d’approches statistiques classiques. En outre, les modèles pronostiques actuels sont de nature statique et sont basés sur des variables simples qui sont évaluées lors de l’admission.

    Un algorithme dynamique pour prédire la mortalité

    C’est pourquoi des chercheurs de l’Hôpital universitaire d’Helsinki ont commencé à développer un algorithme basé sur l’intelligence artificielle (IA) qui pourrait aider les médecins à traiter les patients atteints d’une lésion cérébrale traumatique grave. Ils ont conçu un algorithme dynamique capable de capturer les changements de pronostic pendant les soins intensifs. Ainsi, les cliniciens pourraient adapter leurs décisions de traitement fondées sur ces données, et améliorer potentiellement la qualité des soins.

    Les chercheurs ont donc développé 2 algorithmes entièrement automatisés pour prédire la mortalité à 30 jours :

    • l’un assez simple reposant sur la pression intracrânienne, la pression moyenne exercée sur les vaisseaux sanguins et la force entraînant le flux d’oxygène dans le cerveau ;
    • le deuxième plus complexe incluant des données sur le niveau de conscience du patient.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 27 novembre 2019 dans la revue Scientific Reports.

    Résultats : une précision « étonnamment bonne »

    • Sur 472 patients, 92 (19 %) sont décédés dans les 30 jours.
    • L’algorithme le plus simple prédit la mortalité à 30 jours avec une précision de 81 %.
    • L’algorithme le plus élaboré atteint une précision de 84 %.

    « La précision des deux algorithmes est étonnamment bonne, étant donné que le modèle le plus simple ne repose que sur trois variables principales et le plus complexe sur cinq variables « , déclare l’un des auteurs et codeurs principaux des algorithmes.

    De plus, les algorithmes fonctionnent même dans des conditions où la surveillance est perturbée par intermittence, comme cela arrive souvent dans les unités de soins intensifs. Il s’agit donc d’une preuve de concept (PoC). De nouveaux algorithmes sur des données volumineuses devraient permettre de prédire l’évolution de la lésion cérébrale traumatique. « De tels algorithmes ont le potentiel d’aider les cliniciens à prendre des décisions thérapeutiques plus rapides, fondées sur des données et normalisées », estiment les chercheurs.

    Cependant, ils doivent maintenant valider les algorithmes en utilisant des jeux de données externes nationaux et internationaux.

  • Google assure respecter des « règles strictes » dans le traitement des données de santé (Nightingale)

    Google tente d’expliquer plus clairement au public l’objectif de son programme controversé de collecte de données de santé « Project Nightingale », révélé par une enquête du Wall Street Journal en novembre 2019. Le géant américain a précédemment déclaré qu’il collectait légalement des données de la chaîne hospitalière Ascension dans le cadre d’un accord d’association commerciale (BAA) : cela lui permettrait de partager certaines informations relatives aux patients en vertu des lois en vigueur sur la protection des informations privées dans le domaine de la santé. Cependant, le Congrès a indiqué qu’il souhaitait savoir précisément ce que l’entreprise allait faire avec ces données. Google a donc expliqué plus en détail le projet dans un article de blog signé par le Dr. David Feinberg, VP de Google Health, publié le 20 novembre.

    Depuis le mois de novembre, Google a regroupé toutes ses divisions médicales sous la marque Google Health mais est resté assez discret sur ses projets. Pour rassurer ses clients et le grand public, l’entreprise a ouvert une page web dédiée à son projet de recherche médicale, que certains décrivent comme un outil proche du DSE/EHR (le DMP en France).

    « Notre travail respecte des règles strictes en matière de traitement des données des patients et notre accord de partenariat avec Ascension garantit que les données des patients ne peuvent être utilisées à d’autres fins que pour fournir nos services. Cela signifie qu’elles ne sont jamais utilisées à des fins publicitaires », note le Dr David Feinberg sur le blog. Il précise qu’il existe des contrôles stricts pour les employés de Google qui traitent les données de santé :
    • l’outil a tout d’abord été testé sur de fausses données et des ensembles de données librement accessibles, explique David Feinberg ;
    • il indique également que les employés de Google qui entrent en contact avec des données des patients suivent une formation HIPAA et sur l’éthique médicale ;
    • le VP de Google Health ajoute que la société chercherait à réduire le nombre de membres du personnel de Google qui ont accès à ces données ;
    • le système fera également l’objet d’un audit par une tierce partie, annonce-t-il.

    Le nouvel outil, encore au stade de la phase pilote, permet aux cliniciens d’accéder à différentes parties du dossier patient (DSE/EHR), telles que les constantes ou les notes médicales, à l’aide d’une fonction de recherche. Les médecins seront également en mesure de rechercher des informations dans les documents médicaux numérisés et les fax, qu’il s’agisse de notes manuscrites ou dactylographiées.

    Basé à Saint-Louis (États-Unis), Ascension sera le premier système de santé à mettre à l’essai la nouvelle technologie de Google. Courant novembre, il a été signalé que le groupe américain travaillait avec Ascension depuis 2018 dans le cadre d’une collaboration basée sur les données des patients, appelée « Project Nightingale ».

    Le lien entre charge administrative et burn out mis en avant dans des études

    Des travaux ont démontré que le fardeau de la documentation (administratif) et du DSE/EHR contribuait à l’épuisement professionnel (burn out) des médecins. Une étude sur les questions de santé, basée sur des données administratives et cliniques provenant des médecins généralistes et spécialisés de la Palo Alto Medical Foundation, révèle que le nombre de messages reçus par ces praticien était corrélé à leur probabilité de burn out.

    Un rapport récent de la Clinique Mayo, aux États-Unis, établit également un lien entre l’épuisement professionnel et une expérience sous optimale du DSE.

    Google s’intéresse à la documentation clinique depuis plusieurs années

    Google s’intéresse depuis longtemps à l’espace de documentation clinique. En février 2019, le géant américain a publié une demande de brevet sur un système de DSE prédictif mis en évidence pour la première fois par le groupe en mai. La demande avait été déposée par Google en juillet 2017 et n’a pas encore été acceptée.

    Un système de regroupement des DSE basé sur le deep learning

    Comme décrit dans la demande de brevet, le système de Google peut regrouper et stocker des DSE pour une population diversifiée, tout en compilant les dossiers de chaque patient dans un document chronologique unique. Un système informatique utilisant des modèles d’apprentissage en profondeur (deep learning) utiliserait alors cette collection de données pour orienter les prévisions d’événements de santé futurs et pour mieux contextualiser les données collectées à partir du dossier d’une personne afin de mettre en évidence des événements passés pertinents sur un DSE.

    La présence de Google dans le secteur de la santé éveille les craintes

    Le grand public est craintif à l’idée que Google puisse accéder à ses données privées, en particulier celles concernant leur santé.

    Le géant de l’internet a déjà été mis en doute dans ce champ particulier. En juillet 2019, Google, le centre médical de l’université de Chicago et l’université de Chicago ont été mises en accusation dans le cadre d’un recours collectif alléguant qu’ils n’avaient pas réussi à « désidentifier » les données médicales confidentielles de patients qu’ils avaient utilisées.

    Dans son billet de blog, David Feinberg tente de répondre aux préoccupations de confidentialité notamment relatives à ce projet.

  • Accord cadre e-parcours : focus sur les marchés publiés par les régions Grand Est et Occitanie

    Suite à l’attribution par le Resah des 3 accords-cadres destinés à accompagner les groupements régionaux d’appui au développement de l’e-santé (Grades) dans la mise en œuvre du programme e-parcours, les régions Grand Est et Occitanie sont les deux premières à publier leurs marchés subséquents pour le Lot 1 « Acquisition, maintenance et intégration des logiciels nécessaires à la mise en œuvre des services numériques pour les parcours de santé et leur coordination dans la sphère sanitaire et médico-sociale ».

    Health & Tech Intelligence a pu prendre connaissance des cahiers des charges déposés par le Grades Pulsy (Grand Est) et le GIP e-santé Occitanie.

    Les consortiums retenus comme titulaires du lot 1 de l’accord-cadre et qui devront répondre sont, pour rappel, les suivantes : Cap Gemini en co-traitance avec Orion Health, GFI en co-traitance avec Medialis, Maincare et Sword.

    La date limite de réponse des offres est le 16 décembre 2019 à midi. Les candidats seront choisis après 2 tours de négociation, comprenant des démonstrations de leurs solutions. Il est notamment attendu d’eux qu’ils démontrent leurs compréhensions des spécificités fonctionnelles et techniques indiquées dans les cahiers des charges et autres pièces du marché.

    Des stratégies régionales e-parcours dans la continuité de Ma Santé 2022

    Avec 5,893 millions d’habitants pour l’Occitanie (Insee 2019) et 5,6 millions d’habitants pour le Grand Est (Insee 2016), les 2 régions doivent faire face à des défis majeurs en matière de santé :

    • une population vieillissante et l’accroissement des maladies chroniques (affections cardiaques, AVC, diabète, Alzheimer…);
    • une situation sociale plus défavorisée dans les grandes villes et les territoires ruraux pour le Grand Est et une forte précarité pour l’Occitanie (un habitant sur 6 est en situation de pauvreté et 4 départements de la région se situent parmi les 10 départements les plus pauvres de France) ;
    • des disparités territoriales importantes en matière d’accès et d’offre de soins;
    • la soutenabilité financière et l’efficience du système de santé.

    C’est sur ces constats similaires que les stratégies régionales e-parcours des deux régions se sont construites afin de répondre à des enjeux communs :

    • celui de l’interopérabilité et de l’intégration (avec les Espaces numériques régionaux de santé, les services socles nationaux et régionaux, les outils numériques et systèmes d’information propres à chaque catégorie de professionnels et à chaque structure) ;
    • celui de la mobilité indispensable à l’appropriation des services par les professionnels, notamment en permettant un usage au domicile de la personne ou durant les déplacements des professionnels ;
    • celui de la circulation de l’information autour du patient afin de permettre une mise en relation entre les acteurs, éviter les ruptures de prises en charges notamment entre la ville et l’hôpital et disposer d’une vision globale du parcours du patient ;
    • celui de l’innovation afin de continuer à développer des services innovants à valeur avérée et alignés avec les priorités de santé régionales et nationales.

    C’est pour répondre à ces enjeux que chacune des régions souhaite se doter de Services numériques d’appui à la coordination (Snacs) qui visent à répondre à 3 grandes classes de besoins :

    • renforcer la coordination usuelle directe entre professionnels ;
    • outiller les dispositifs organisationnels d’appui à la coordination ;
    • se doter d’infrastructures et de technologies permettant d’assurer les fonctions de partage d’échanges et de gestion de processus.

    Relevons que le travail de spécifications fonctionnelles réalisé a été conduit grâce à des démarches fédératrice, de collaboration et de co-construction avec les acteurs de terrain de la coordination, notamment en Grand Est, où les porteurs de territoires pilotes Snacs ont été associés tout au long de la formalisation du cahier des charges. 

    Des offres e-parcours larges et spécifiées en fonction des besoins des acteurs 

    Sur l’ensemble des services proposés dans l’accord-cadre national, le GIP e-santé Occitanie et le Grades Pulsy pour le Grand Est envisagent de souscrire aux mêmes services, notamment en ce qui concerne la coordination de proximité :

    • équipe de prise en charge ;
    • cahier de liaison, notification d’événements ;
    • agendas partagés ;
    • réseau social professionnel ;
    • orientation des sorties ES et ESMS pour une prise en charge à domicile.

    L’outillage des dispositifs d’appui à la coordination est également prévue avec les services suivants :

    • outil de coordination ;
    • outils de dépistage, repérage, évaluation de la situation de l’usager ;
    • plan personnalisé de santé (PPS) ;
    • pilotage et gestion du dispositif d’appui.

    Pour l’Occitanie, 3 autres services seront possiblement souscrits dans un second temps, ensemble ou séparément (échelonnés dans le temps). Il s’agit des services suivants :

    • gestion des ressources du dispositif d’appui ;
    • Ppoint d’accès pour les usagers ;
    • référentiels métiers, protocoles et pratiques professionnelles.

     En revanche, le GIP e-santé Occitanie ne prévoit pas de souscrire aux services :

    • de point d’accès des professionnels, déjà présent dans leur ENRS ;
    • d’exploitation de données pour la connaissance et l’analyse des parcours, puisqu’il s’agit d’un service d’Infocentre de suivi des indicateurs.

    Les deux régions mettent l’accent sur l’ergonomie des outils, leur accessibilité, leur caractère intuitif et la mobilité, facteur indispensable au développement des usages.

    Une prestation supplémentaire éventuelle (PSE) de visioconférence est demandée en Occitanie afin d’intégrer les échanges synchrones en visioconférence aux outils Snacs.

    Par ailleurs, pour aider à la compréhension des attendus des différents services, les deux régions ont fournis plusieurs cas d’usage travaillés et échangés avec les professionnels de la région :

    • en Occitanie :
      • cas d’usages parcours « femme enceinte vulnérable » ;
      • cas d’usages parcours de l’adulte majeur vulnérable ;
      • cas d’usages parcours du patient vieillissement/handicap ;
    • En Grand Est :
      • un cas d’usage général travaillé avec l’ensemble des acteurs et des porteurs des territoires pilotes: la prise en charge de proximité ;
      • un cas d’usage plus détaillé intégrant l’outil de coordination DAC et ses attendus spécifiques ;
      • des cas d’usages plus spécifiques travaillés par certains territoires pilotes :
        • l’entrée et la sortie d’hospitalisation (territoire Nord-Champagne et Grand Der-Meuse) ;
        • la coordination de l’ETP des enfants/adolescents en surpoids (territoire des Vosges) ;
        • la réponse intégrée (territoire de la Haute-Alsace) ;
        • le parcours patient diabétique de type 1 (territoire de l’Aube et du Sézannais).

    Il est attendu que les consortiums démontrent comment leurs solutions et services répondent et s’adaptent aux cas d’usages fournis par chacune des deux Régions.

    Des stratégies et calendriers de déploiement différents en fonction des contextes régionaux

    En Grand Est

    Le déploiement des services sera progressif, initié par les 4 territoires pilotes engagés dans la démarche Snacs. Ces services auront vocation, à terme, à équiper l’ensemble de la région Grand Est.

    Afin d’atteindre des cibles d’usages rapidement, la priorité est donnée aux services permettant de faciliter l’appropriation des professionnels. Les chantiers prioritaires et transverses sont les suivants :

    • intégration et services socles (SSO, MPI, EAI, DMP, MSS, ROR, annuaire régional) ;
    • services numériques permettant l’échange et le partage d’information entre professionnels en mobilité, notamment :
      • le cahier de liaison ;
      • le réseau professionnel ;
      • l’équipe de prise en charge ;
    • services numériques permettant d’améliorer la coordination ville/hôpital ;
    • équiper (reprise de l’existant) les DAC en SI de coordination, notamment avec les fonctions de « évaluation, dépistage, repérage et PPCS ».

    En termes de calendrier, le rythme suivant est envisagé :

    • 2020 : travail de conception itérative avec les territoires pilotes Snacs sur les services « cahier de liaison », « réseau professionnel » et « équipe de prise en charge », puis phase de convergence et de concertation ;
    • 2021: déploiement des usages en mode projet sur les territoires Snacs + un territoire supplémentaire ;
    • 2022 : déploiement en mode projet de territoires supplémentaires et début de la phase de généralisation ; 
    • 2023 : poursuite de la généralisation.

    En Occitanie

    4 grands axes de déploiement sont envisagés : 

    • un déploiement volontariste département par département, avec l’objectif qu’à la fin du déploiement d’un département, l’outil de coordination soit paramétré et utilisé par les dispositifs d’appui à la coordination dudit département ;
    • une mise à disposition du réseau social professionnel pour tout professionnel de la région qui souhaite l’utiliser ;
    • une migration volontariste pour les Maia d’Occitanie ;
    • des travaux spécifiques, au fil de l’eau et des demandes, avec les réseaux régionaux ou les porteurs de projet article 51 pour lesquels les Snacs sont identifiés comme une réponse adéquate aux besoins numériques.

    En terme de calendrier, le rythme suivant est envisagé :

    • de mai à fin octobre 2020 : mise en place des 9 services Snacs du bouquet « Ensemble de service Occitanie », avec : 
      • mise en place des liens d’interopérabilité avec les services socles existants ;
      • travaux de paramétrage de la solution pour mettre en œuvre les paramétrages régionaux et génériques des DAC, en utilisant comme moteur les 3 territoires pilotes ;
      • ouverture du service de Réseau Social Professionnel à l’ensemble des professionnels de santé de la région qui le souhaitent ;
    • Novembre et décembre 2020 : déploiement effectif sur les 3 départements 2020 (32, 82, 66) et pour l’ensemble des Maia d’Occitanie ;
    • 2021 : déploiement de 5 nouveaux départements et mise en place éventuelle des autres services Snacs ;
    • 2022 : finalisation du déploiement avec les 5 derniers départements et poursuite de la mise en place des liens d’interopérabilité avec les outils des professionnels.
  • Alexa : Amazon lance la gestion de médication par commande vocale

    « Nous introduisons de nouvelles fonctionnalités qui permettent aux clients de définir des rappels de médicaments » et de « programmer le renouvellement de leur ordonnances, simplement en le demandant à Alexa ». C’est ce qu’annonce Amazon dans un post de blog daté du 26 novembre 2019. Le géant de Seattle a conclu pour ce faire un partenariat avec la société Omnicell, spécialiste des solutions de gestion de médication pour les pharmacies et les hôpitaux, et avec la chaîne américaine de supermarchés Giant Eagle.

    Le client possesseur d’un appareil Alexa (Echo Dot ou autre) peut dès ce mois-ci installer l’application de Giant Eagle. En disant « Alexa, renouvelle mes ordonnances », il pourra envoyer une commande au détaillant Giant Eagle qu’il aura sélectionné, qui le préviendra par téléphone ou SMS. Après avoir entendu « Alexa, gère mes prescriptions», l’assistant vocal passera en revue chacune de ses ordonnances en cours de validité pour définir la fréquence et l’horaire des rappels.

    Amazon affirme sur son blog que ce projet est né des retours selon lesquels « de nombreux clients utilisaient Alexa pour se rappeler de prendre leurs médicaments régulièrement ». Le groupe insiste sur la protection des données, garantie par la conformité de l’environnement Alexa avec la norme HIPAA. Il se dit prêt à faire évoluer ce dispositif pour l’étendre à d’autres détaillants en 2020.

  • Le fonds Captech Info Santé comptera « 30 à 40 % de projets e-santé » (Etienne Vervaecke, Eurasanté)

    Étienne Vervaecke, directeur général d’Eurasanté, l’agence de développement de la région Hauts-de-France spécialisée en santé, prépare le lancement d’un nouveau fonds spécialisé, baptisé « Captech Info Santé », en partenariat avec la société de gestion Finorpa.

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, Étienne Vervaecke annonce que 30 à 40 % des projets soutenus par ce fonds devraient concerner la e-santé. Il souligne la double spécificité de Captech Info Santé, spécialisé en santé et sur la région Hauts-de-France, et sa volonté de faire coopérer les secteurs public et privé, avec un apport de fonds de 800 000 euros par cible.

    Le fonds couvre toute la santé « et donc aussi la santé numérique »

    Quelles seront les spécificités de Captech Info Santé dans le paysage du secteur ?

    Le fonds est focalisé en santé et couvre toute la santé : biotech, medetch, hospitech, nutrition et donc aussi numérique en santé. Les souscripteurs sont issus de l’univers de la santé mais c’est aussi le cas des équipes de gestion chargées de l’instruction des dossiers ainsi que des instances de gouvernance, composées en très grande majorité d’entrepreneurs qui ont des parcours de réussite dans le domaine santé.

    Eurasanté est culturellement configuré pour lancer des initiatives dans lesquelles ce petit milieu se retrouve : entrepreneurs, entreprises et spécialistes du financement des offres de santé (mutuelles, structures de prévoyance). Captech Info Santé se propose de jouer un rôle d’aiguillon de tour de table, avec l’objectif de drainer des capitaux vers le domaine de la santé. Son originalité est sa double spécificité sectorielle (santé) et régionale (Hauts-de-France), rare en France mais plus commune en Belgique ou en Scandinavie.

    Financement : un objectif fixé à 30 millions d’euros

    Où en êtes-vous du point de vue des financements ?

    L’objectif est fixé à 30 millions d’euros mais il n’est pas du tout irréaliste de dépasser les 40 millions d’euros. Nous sommes aujourd’hui à 73 % du chemin, avec 17,5 millions d’euros investis par des acteurs privés décidés, et l’équivalent de 8 millions d’euros de la part d’acteurs institutionnels publics. Les projets d’innovation en santé sont très intenses « capitalistiquement » et nous devons avoir la longueur de souffle nécessaire.

    La formule choisie est celle du FPCI (Fonds professionnel de capital investissement, anciennement FCPR). Nous prévoyons de traiter entre 6 et 7 dossiers par an, avec un horizon de liquidité de 10 ans. Nous devrions avoir à terme une trentaine de lignes avec une moyenne de 800 00 euros par cible et jusqu’ à 1,5 fois cette somme pour certaines. Le premier closing est prévu pour le courant du mois de janvier 2020.

    Comment se situera cette nouvelle structure entre les secteurs public et privé ?

    La gouvernance sera entre les mains d’entrepreneurs, nous sommes totalement en phase avec Finorpa sur ce point. Eurasanté n’aura d’ailleurs aucun rôle décisionnel au sein de cette structure, car nous avons un devoir de neutralité vis-à-vis des opérateurs de capital risque. En même temps, nous avons aussi une dimension très fédérative et publique, avec l’ambition d’aider à créer des entreprises à partir de la recherche publique. L’Institut Pasteur de Lille fait partie du projet, la région Hauts-de-France et la métropole européenne de Lille sont également en bonne voie pour apporter des fonds.

    40 % des projets d’Eurasanté concerne la e-santé, contre 20 % il y a 5 ans

    Quelle place occupera le numérique en santé parmi les projets financés ?

    Ce domaine devrait représenter 30 à 40 % des projets soutenus par Captech Info Santé. Le numérique en santé représente aujourd’hui 40 % des projets d’Eurasanté, et on a pu assister à une forte progression sur la période récente, car il y a 5 ans de cela, ils n’étaient que 20 %.

    Pouvez-vous citer 3 success stories issues d’Eurasanté ?

    Je citerais d’abord Hospimedia, le média indépendant des décideurs de la santé, créé dès 2001 au sein d’Eurasanté. En deuxième position Aquilab, un éditeur de logiciels spécialiste de l’imagerie et de la radiothérapie en oncologie, fondé en 2000. Enfin, la société Newcard, fondée en 2016, qui est spécialiste de la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque, et qui vient de lever 2 millions d’euros.