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  • PLFSS 2020 : le texte adopté en lecture définitive (récapitulatif des mesures clés)

    L’Assemblée nationale adopte en lecture définitive le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2020. 347 députés ont voté « pour », 183 députés « contre » et 17 se sont abstenus, indique le Palais Bourbon dans un communiqué publié le 3 décembre 2019 à l’issue du vote.

    Le texte adopté par les parlementaires, appelé « petite loi », prévoit notamment :

    • la création d’une clause de sauvegarde pour le secteur des dispositifs médicaux (DM) à l’hôpital (article 15) ;
    • un mécanisme de « référencement sélectif » permettant de « diversifier les outils de négociation des prix » pour les dispositifs médicaux (DM) remboursables et des possibilités de réemploi de ces dispositifs (article 28) : le mécanisme de la « consigne » supprimé en première lecture n’a pas été réintroduit ;
    • un équivalent de l’ATU « ouvrant largement l’accès précoce pour les DM qui ont un fort intérêt clinique pendant une période de douze mois, le cas échéant renouvelable, avant le dépôt d’une demande d’inscription » (article 28 bis) ;
    • la remise par le gouvernement dans un délai de six mois à compter de la publication du PLFSS, d’un rapport sur « le montant consolidé de l’ensemble des dépenses d’assurance maladie résultant du remboursement [des DM], ventilé selon les différentes modalités de remboursement » (article 28 ter).

    Le ministère des Solidarités et de la Santé salue sur Twitter « un texte qui donne de nouveaux droits », avec notamment l’expérimentation du cannabis pour l’usage médical, la création d’un congé proche aidants et une réforme du financement des services d’urgence.

    Par rapport au texte voté en première lecture, la plupart des commentateurs retiennent surtout le relèvement de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) initial de 2,3 % à 2,45%, à la suite des 300 millions d’euros supplémentaires accordés le 20 novembre par l’exécutif en réponse à la crise de l’hôpital.

  • NLST

    National Lung Screening Trial

  • Health Data Hub : des craintes sur l’implication de groupes US et la centralisation des données

    « Le stockage [des] données personnelles dans des clouds détenus par des sociétés extra-européennes serait un risque de nature à compromettre la confiance des patients » et le Health Data Hub (HDH) pourrait fragiliser « l’expertise des centres hospitaliers sur leurs données ». Telles sont les craintes émises par Martin Hirsch, directeur de l’AP-HP, qui pointe du doigt la nouvelle plateforme de données de santé dans une note adressée au ministère des Solidarités et de la Santé, citée par Mediapart (article publié le 22 novembre 2019). Il défend dans ce document « l’expertise des CHU sur leurs données » ainsi qu’un « partage équitable et gagnant-gagnant des données ».

    Officiellement lancé fin novembre 2019, le HDH vient remplacer l’ancien Institut national des donnés de santé (INDS), avec pour objet « de veiller à la qualité des données de santé et aux conditions générales de leur mise à disposition, garantissant leur sécurité et facilitant leur utilisation dans le respect de la protection des données personnelles sur l’ensemble du territoire » (arrêté du 29 novembre 2019).

    Malgré les arguments du gouvernement pour tenter de rassurer acteurs de santé et citoyens, le projet éveillent des inquiétudes, en particulier du côté des établissements hospitaliers :
    sur la protection de ces données (cybersécurité) : la centralisation de ces dernières et la taille de la database sont préoccupantes pour certains, estimant que le fait d’avoir un point d’accès unique augmente les dommages en cas de cyberattaque ;
    • ainsi qu’en matière de souveraineté, les géants de l’internet, GAFAM en tête, étant de plus en plus présents dans le secteur de la santé : certains acteurs notent qu’il existe un conflit juridique entre le RGPD et le Cloud Act américain, une loi fédérale américaine promulguée le 23 mars 2018 qui permet aux autorités de récupérer des données hébergées par des entreprises américaines, même à l’étranger.

    Au centre des tensions figure l’implication de Microsoft, qui doit assurer par le biais de son cloud le service d’hébergement de données. L’équipe du hub explique ce choix en mettant en avant des raisons de praticité au niveau juridique et donc de rapidité. En novembre 2018, le groupe américain a en effet été certifiée « hébergeur de données de santé » ; ses concurrents français comme OVH ne l’étaient pas.

    À noter que la Cnil doit rendre prochainement un avis sur le Health Data Hub.

    RGPD (UE) vs Cloud Act (USA) : des lois jugées contradictoires par certains

    « Le concept du Health Data Hub est bon (…) mais tant qu’on n’a pas de réponse sur le Cloud Act, je conseille de confier le stockage de ces données à des entreprises françaises ou européennes », commente le député LRM Pierre-Alain Raphan (source : Le Monde).

    Selon l’élu, il existe un conflit entre le RGPD et le Cloud Act, cette loi américaine qui autorise la justice des États-Unis à récupérer des données hébergées par des entreprises américaines, même à l’étranger.

    Une vision partagée par Martin Hirsch (AP-HP). « On ne saura jamais comment le Cloud Act s’applique et on va filer toutes les recherches en santé à cette plateforme (le  Health Data Hub) », s’inquiète-t-il (Le Monde).

    Stéphanie Combes (HDH) rappelle que les données seront « pseudonymisées » et chiffrées

    Stéphanie Combes, cheffe de projet HDH (Drees), répond :

    • en soulignant que « le critère opérant est l’intérêt public : il faudra que Google ou Amazon aient un projet qui vise l’intérêt public pour légitimer leur demande d’accès aux données », ajoutant que, quel que soit le cas, les chercheurs ne pourront pas extraire les données de la plateforme.

    • en indiquant que les demandes émanant du Cloud Act ne pourront pas s’appliquer dans le cadre du hub français puisque les données seront « pseudonymisées » (le nom des patients n’est pas mentionné) et chiffrées (Le Monde). Or, le processus de déchiffrement n’est pas connu par Microsoft, retenu pour assurer le service d’hébergement de données, complète la responsable.

    Une explication qui ne suffit pas à tous les contradicteurs, certains arguant qu’une anonymisation totale des informations est impossible et qu’un chiffrement peut être contourné.

    Gérard Raymond, président de France Assos Santé et futur vice-président du hub, a conscience qu’il faudra faire preuve de vigilance. « Nous pensons que l’État va devoir aller plus loin dans les règles et les sanctions envers ceux qui ne respecteraient pas l’éthique, note-t-il (La Tribune). Notre engagement associatif consistera à ce qu’on ait ces moyens pour faire respecter la loi. »

    Microsoft se défend

    À propos du Cloud Act, Microsoft affirme au Monde n’avoir reçu, au cours du dernier semestre, « qu’une seule demande de données liées à une entreprise – et pas en France », complétant que la « certification hébergeur de données de santé – qui impose notamment des serveurs en France – répond à la problématique de souveraineté ».

    Un hébergement potentiellement transférable à un autre acteur, comme OVH (français)

    De son côté, le gouvernement explique que l’hébergement des données ne sera pas forcément indéfiniment confié à Microsoft puisqu’il peut être transféré à une autre société spécialiste du cloud. OVH, par exemple, indique être actuellement en discussion avec le hub pour participer à la phase 2 du projet, pour laquelle un appel d’offres (AO) sur le cloud souverain sera lancé. Le calendrier de cet AO n’est cependant pas encore connu.

    Cybersécurité : la centralisation d’un nombre conséquent sensibles inquiète

    Pas de « failles majeures » relevées par l’Anssi, qui émet néanmoins des « conseils d’amélioration »

    À noter que des « conseils d’amélioration » ont été suggérés au Health Data Hub à l’issue d’un audit mené par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi) mais qu’il n’y a pas eu de « failles majeures » révélées, rapporte Stéphanie Combes.

    Cette dernière note par ailleurs, en réponse aux critiques relatives aux questions de cybersécurité, que le niveau de sécurité n’est pas toujours suffisant dans les hôpitaux et les structures locales.

    L’Asip Santé (future Agence du numérique en santé) a, à ce propos, recensé 693 incidents déclarés par les structures sanitaires depuis la mise en place du signalement obligatoire des incidents de cybersécurité dans le domaine de la santé en octobre 2017 (annonce du 2 décembre 2019). Lors de la réalisation d’audits de sécurité, l’Anssi indique retrouver des « traces » d’attaque dans tous les établissements de santé. Il ressort d’ailleurs d’une étude menée par Symantec (2016) que les établissements consacrent 6 % de leur budget informatique à la sécurité, contre 16 % dans l’industrie.

    Des données avec un point d’accès unique

    Les acteurs critiquant le hub rétorquent que les intrusions proviennent parfois d’employés et que le fait d’avoir un point d’accès unique aux données augmente les risques en la matière. « L’idée de centralisation et de facilitation d’accès de l’ensemble des données de santé à des acteurs privés, réalisée sur l’autel de l’intelligence artificielle, ne peut qu’alerter », complète La Quadrature du Net, association de défense des libertés numériques, citée par Le Monde.

    Un droit d’opposition prévue dans le cadre du RGPD

    Stéphanie Combes rappelle que, dans le cadre du RGPD, le citoyen pour exercer un « droit d’opposition », lui permettant de demander le retrait de ses données d’une base.

    « En France, on a des données de très bonne « qualité ». Il faut les regrouper, les exploiter et les mettre à la disposition des chercheurs, tout en les protégeant soigneusement », commente le Pr Serge Uzan, vice-président de l’Ordre des médecins (source : La Tribune).

    Des revenus qui pourraient être partagés avec les producteurs de données

    L’un des autres sujets de tension autour du Health Data Hub est que les structures de santé, notamment les hôpitaux, vont devoir accepter de mettre à disposition leurs bases de données, pour lesquelles ils ont dû investir.

    Comme compromis, Stéphanie Combes suggère de partager avec les producteurs de données (c’est-à-dire les structures de santé) les revenus générés par le HDH de par la facturation de services, dans le cadre de recherches menées par des sociétés privées.

  • Handicap : Matignon confie une mission au Dr Philippe Denormandie sur les « aides techniques »

    « Une mission nationale est confiée à Philippe Denormandie à compter de décembre 2019 pour améliorer l’accès et la qualité d’usage des aides techniques [pour les personnes] en situation de handicap ». Cette annonce est formulée par les services du Premier ministre Édouard Philippe dans un dossier de presse publié le 3 décembre 2019 à l’issue du Comité interministériel du handicap (CIH). Ils précisent que les aides techniques pour le handicap « permettent l’exercice des droits fondamentaux », à savoir se déplacer (fauteuils, véhicules adaptés) mais aussi communiquer (commandes oculaires, tablettes) et s’alimenter (bras automatisés). Philippe Denormandie, chirurgien orthopédique à l’hôpital de Garches (Hauts-de-Seine), est également directeur des relations santé du groupe Nehs et président du collège numérique de la Société française de santé digitale.

    « En 2019, accéder à une aide technique adaptée à leur besoin relève d’un parcours du combattant pour un grand nombre de citoyens » et « le coût restant à leur charge peut constituer un frein dans leur acquisition », déplore Matignon, ajoutant que ces dispositifs « ne correspondent pas toujours très bien » aux besoins et aux usages des personnes concernées, « ce qui explique la non-utilisation d’un nombre important d’aides techniques pourtant prescrites par des professionnels ».

    Selon le dossier de presse, les travaux confiés à Philippe Denormandie « seront conduits en concertation  avec les personnes en situation de handicap, les associations et tous les acteurs de l’écosystème [, ]fabricants, distributeurs, économie sociale et solidaire, financeurs ». Ils seront en outre articulés avec les mesures prévues par le PLFSS pour 2020 concernant « la révision de la liste des prestations et produits remboursables, en particulier s’agissant des fauteuils roulants ».

  • Dépendance : Agnès Buzyn demande de construire « un service public du maintien à domicile »

    « Nous avons à construire le socle d’un service public du maintien à domicile, avec pour garant le conseil départemental [car ce secteur] va devoir absorber une grande partie du choc démographique à venir. » C’est ce que demande la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, intervenue le 3 décembre 2019 lors de la deuxième édition des rencontres nationales entre la CNSA et les Départements. Pour elle, « nous avons jusqu’à 2025 pour être au rendez-vous de la démographie [et construire] une offre intégrée mobilisant à la fois l’aide humaine et le soin » sur le modèle des Spasad. 

    « Réussir le virage domiciliaire », cela veut également dire « repenser » les Ehpad qui  « accueilleront des personnes de moins en moins autonomes », et « c’est tout le sens du grand plan d’investissement qui sera lancé dès 2020 », ajoute la ministre. Elle imagine pour ce faire « un laboratoire », qui rassemblerait « des conseils départementaux, des designers, des architectes, des soignants, des personnes âgées, des proches aidants » : il s’agirait de mutualiser pour « éviter de réinventer dans un territoire ce qui a fait ses preuves dans celui d’à côté ». Agnès Buzyn veut d’ores et déjà « viser une augmentation de 25 % du taux d’encadrement » et  « sauter le pas » d’une « fusion » entre le soin et la dépendance.

    La ministre a salué la concertation sur le grand âge et l’autonomie, estimant qu’avec le rapport Libault qui en est issu, elle « nous a fait passer un cap », en permettant de « mieux comprendre les directions concrètes [dans lesquelles] poursuivre l’effort ».

     « Diversifier les lieux d’accueil »

    Pour « diversifier les lieux d’accueil », la ministre appelle à « promouvoir au maximum » des initiatives qui « foisonnent » aujourd’hui et « doivent mailler tout le territoire » : petites unités de vie avec des services à domicile en permanence, colocations intergénérationnelles, solutions en famille accueillante agréée… Pour cela, Agnès Buzyn « attend énormément » de la mission confiée par le Premier ministre Édouard Philippe au conseiller d’État Denis Piveteau sur « l’habitat inclusif ».

    « Passer un cap en matière de prévention et de détection des fragilités »

    Agnès Buzyn demande également de « passer un cap en matière de prévention, de détection des fragilités et de recherche » : des axes de travail sur ce sujet seront présentés d’ici quelques jours  Marie-Anne Montchamp, la présidente de la CNSA.

    Favoriser le « réflexe « conseil départemental » »

    « La condition de réussite absolue de toutes les ambitions que je viens d’évoquer, c’est évidemment un partenariat renouvelé, renforcé, avec les conseils départementaux », indique la ministre. Elle affirme avoir missionné la DITP pour qu’elle recueille les pratiques d’un échantillon de ces conseils et qu’elle propose au mois de février 2020 un cahier des charges visant à « favoriser le réflexe « conseil départemental » pour tous les aînés et pour leurs proches aidants ».

  • Congrès télémédecine (SFSD) : OphtAI remporte le grand prix de l’innovation, Diabnext coup de cœur

    OphtAI remporte le grand prix de l’innovation, remis le 4 décembre 2019 lors du Congrès de télémédecine de la Société française de santé digitale (SFSD). Diabnext décroche le prix « coup de cœur ».

    • OphtAI est une joint-venture (JV) créée en mai 2019 par Evolucare, spécialiste en gestion des données patients, et ADCIS, PME experte dans le domaine de l’analyse d’images médicales, avec pour ambition de viser « un positionnement fort sur le marché mondial de l’ophtalmologie grâce à une offre de services innovants basés sur l’intelligence artificielle (IA) ». D’ici 2020, la JV prévoit de proposer une dizaine de services basés sur l’IA en réponse aux besoins des praticiens et des patients. La première solution de cette gamme porte sur le dépistage semi-automatisé de la rétinopathie diabétique. Il s’agit d’un dispositif médical marqué CE se présentant sous la forme d’une plateforme web accessible et adaptée « à tout type d’organisation », indique la société (communiqué). Il permet une optimisation de la productivité des praticiens, tout en sécurisant l’activité du dépistage.

    • Diabnext, fondé en 2018, développe une plateforme de monitoring du diabète reliée à un carnet numérique d’auto-surveillance entièrement automatisé à destination des patients souffrant d’un diabète insulino-dépendant.

    Les 2 autres finalistes du concours étaient :
    Careline Solutions : propose une solution de télésurveillance dédiée aux patients atteints d’insuffisance cardiaque et/ou porteurs de prothèses cardiaques ;
    Chronolife : est à l’initiative d’un gilet connecté multiparamétrique capable de suivre les fonctions vitales et en particulier la fonction cardiaque.

  • Les sociétés françaises e-santé ont levé 73,9 millions d’euros en novembre 2019

    Les start-ups françaises spécialisées dans le secteur de la e-santé ont levé 73,9 millions d’euros en novembre 2019. Le plus important tour de table a été réalisé par Hoppen (ex Télécom Santé), une start-up qui fournit des solutions logicielles pour accompagner les hôpitaux et les cliniques dans leur transformation numérique, avec 32 millions d’euros recueillis auprès de ses actionnaires historiques (Kreizig Invest, Logoden Participations, Unexo, Breizh Up et Crédit Agricole d’Ille-et-Vilaine Expansion), de 2 nouveaux investisseurs (Extens et Geneo Capital Entrepreneur) et d’un pool bancaire. Dans le cadre de cette opération, Hoppen acquiert Télécom Services, premier opérateur de services TV numériques des hôpitaux publics.

    L’entrée au capital de la société d’Extens et de Geneo Capital Entrepreneur va permettre à Hoppen d’augmenter ses investissement dans ses technologies afin de lancer de nouveaux services innovants sur le marché et de recruter des talents. Avec la somme récoltée, l’entreprise va aussi pouvoir étendre ses activités à l’international, « en commençant par l’Allemagne et la Grande-Bretagne », et viser « la position de leader en Europe », indique-t-elle.

    La deuxième opération la plus conséquente du mois passé a été effectuée par Biolog-id, une société française créée en 2005, spécialiste de la traçabilité et de la gestion des produits de santé sensibles, qui lève 30 millions d’euros auprès de son partenaire historique, le fonds Xerys Gestion. L’entreprise fait part de son ambition de « dépasser les 200 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2023 » et de « rejoindre (d’ici 2030) le clan des licornes françaises », ces sociétés non cotées valorisées plus d’1 milliard de dollars US (903,5 M€). La valeur de Biolog-ID est aujourd’hui estimée à 150 millions d’euros par le cabinet Roland Berger.  

    À noter également que la plateforme de télémédecine MaQuestionMedicale (MQM) démarre sa deuxième levée de fonds en « Love Money » (capitaux propres apportés par la famille, les proches, etc.) auprès des professionnels de santé. Créée à Lyon en 2018, la solution est utilisée par 250 médecins participants et 10 000 utilisateurs en France, revendique MQM.

    E-santé : top 3 des levées de fonds de novembre 2019 :

    Détails des opérations :

  • DATA : les sociétés françaises e-santé ont levé 73,9 millions d’euros en novembre 2019

    Les start-ups françaises spécialisées dans le secteur de la e-santé ont levé 73,9 millions d’euros en novembre 2019. Le plus important tour de table a été réalisé par Hoppen (ex Télécom Santé), une start-up qui fournit des solutions logicielles pour accompagner les hôpitaux et les cliniques dans leur transformation numérique, avec 32 millions d’euros recueillis auprès de ses actionnaires historiques (Kreizig Invest, Logoden Participations, Unexo, Breizh Up et Crédit Agricole d’Ille-et-Vilaine Expansion), de 2 nouveaux investisseurs (Extens et Geneo Capital Entrepreneur) et d’un pool bancaire. Dans le cadre de cette opération, Hoppen acquiert Télécom Services, premier opérateur de services TV numériques des hôpitaux publics.

    L’entrée au capital de la société d’Extens et de Geneo Capital Entrepreneur va permettre à Hoppen d’augmenter ses investissement dans ses technologies afin de lancer de nouveaux services innovants sur le marché et de recruter des talents. Avec la somme récoltée, l’entreprise va aussi pouvoir étendre ses activités à l’international, « en commençant par l’Allemagne et la Grande-Bretagne », et viser « la position de leader en Europe », indique-t-elle.

    La deuxième opération la plus conséquente du mois passé a été effectuée par Biolog-id, une société française créée en 2005, spécialiste de la traçabilité et de la gestion des produits de santé sensibles, qui lève 30 millions d’euros auprès de son partenaire historique, le fonds Xerys Gestion. L’entreprise fait part de son ambition de « dépasser les 200 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2023 » et de « rejoindre (d’ici 2030) le clan des licornes françaises », ces sociétés non cotées valorisées plus d’1 milliard de dollars US (903,5 M€). La valeur de Biolog-ID est aujourd’hui estimée à 150 millions d’euros par le cabinet Roland Berger.  

    À noter également que la plateforme de télémédecine MaQuestionMedicale (MQM) démarre sa deuxième levée de fonds en « Love Money » (capitaux propres apportés par la famille, les proches, etc.) auprès des professionnels de santé. Créée à Lyon en 2018, la solution est utilisée par 250 médecins participants et 10 000 utilisateurs en France, revendique MQM.

    Le tableau présentant le détail des levées de fonds réalisées par les sociétés françaises en e-santé au mois de novembre 2019 est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien.

    E-santé : top 3 des levées de fonds de novembre 2019 :

  • Étude : quand l’IA détecte les premiers signes de maladie cardiaque (Congrès de radiologie, USA)

    Des chercheurs américains ont développé un système d’intelligence artificielle (IA) qui mesure le taux de calcium dans les artères coronaires chez des patients ayant subi un scanner thoracique pour dépister un cancer du poumon. L’outil, qui repose sur l’apprentissage profond, permet d’extraire automatiquement ces informations sans rallonger l’examen. Les résultats de cette étude* ont été présentés le 3 décembre 2019 au congrès annuel de la Société de radiologie de l’Amérique du Nord (RSNA).

    Le calcium, ennemi des coronaires

    Un dépôt dans les artères représente un risque pour la santé. Des plaques d’athérome se retrouvent alors dans les artères coronaires, qui peuvent aussi contenir des dépôts de calcium. Il est actuellement démontré que la présence de ces éléments est un facteur de risque de maladie cardiovasculaire. La mesure du score calcique, qui s’effectue grâce à un scanner, présente l’avantage de pouvoir identifier des patients à risque intermédiaire et donc de faire de la prévention. Une étude parue en 2019 souligne l’intérêt de mesurer le score calcique pour évaluer le risque d’insuffisance cardiaque.

    Pourtant, en dépit de sa valeur pronostique, le calcium dans les artères coronaires n’est pas systématiquement mesuré lors du dépistage pulmonaire par tomodensitométrie à faible dose, car les mesures nécessitent un logiciel spécifique et un temps supplémentaire pour l’interprétation.

    Mesurer automatiquement le score calcique grâce à l’IA

    Des chercheurs américains ont donc mis au point et testé une technique qui utilise l’intelligence artificielle (IA) pour mesurer automatiquement le taux de calcium dans les artères coronaires sur les images de scanner thoracique.

    Ils ont formé un système d’apprentissage profond (deep learning) sur les scanners cardiaques et thoraciques dans lesquels le calcium de l’artère coronaire avait été mesuré manuellement. Ils ont ensuite testé le système sur des scanners de milliers de gros fumeurs âgés de 55 à 74 ans, qui participaient à l’essai national sur le dépistage pulmonaire (NLST), une étude majeure qui a démontré la valeur du scanner pour le dépistage précoce du cancer du poumon.

    Résultats : des scores calciques correspondant à ceux des lecteurs humains

    • Les scores calciques des artères coronaires obtenus par apprentissage profond correspondaient étroitement à ceux des lecteurs humains.
    • Plus le score calcique mesuré par IA était élevé, plus le risque de décès par maladie cardiovasculaire s’est révélé important durant le suivi de 6,5 ans.
    • Le temps d’examen est resté identique à celui qui est nécessaire au dépistage du cancer du poumon.

    Un outil préventif à développer sur tous les scanners thoraciques

    « ce moyen automatisé d’extraction du score calcique peut aider les patients et les médecins à prendre des décisions en matière de traitement préventif », déclarent les auteurs de l’étude, intervenus le 3 décembre 2019 pendant le congrès annuel de la Société de radiologie de l’Amérique du Nord (RSNA).

    Par exemple, la quantification du calcium coronaire pourrait être utilisée pour séparer les personnes en groupes à risque élevé et faible. « Les nouvelles recommandations en matière de cholestérol incitent à utiliser le score de calcium pour aider les médecins et les patients à décider de prendre ou non une statine », rappelle l’un des auteurs des travaux. Pour certains patients à risque intermédiaire de maladie cardiaque, si le score de calcium est égal à 0, la statine peut être différée. Si le score de calcium est élevé, ces patients doivent prendre une statine. »

    La mesure automatique du score calcique pourrait également être effectuée chez les personnes souffrant de douleurs thoraciques stables et aiguës et qui passent un scanner. L’équipe de recherche a d’ailleurs déjà mené des d’essais cliniques dans de telles populations et les résultats étaient similaires. « Nous disposons d’un outil qui peut à l’avenir être utilisé dans presque chaque scan du thorax pour générer des informations très pertinentes sur le plan clinique pour un grand nombre de patients », concluent les auteurs de l’étude.

  • ESP

    Équipes de soins primaires