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  • « L’intelligence artificielle : le médicament de demain ? » : débat le 17 décembre 2019 à Paris

    À l’ère de l’intelligence artificielle (IA), l’Association des cadres de l’industrie pharmaceutique (Acip) propose aux acteurs du secteur de s’interroger sur son utilisation dans le domaine pharmaceutique. Dans ce cadre elle organise une soirée conférence-débat intitulée « l’IA, le médicament de demain ? » le mardi 17 décembre 2019 à partir de 18h30 à Paris.

    Les personnes souhaitant participer à l’événement (payant) doivent retourner le bulletin d’inscription, téléchargeable via ce lien, par courrier au 183, avenue Charles de Gaulle – 92200 Neuilly-sur-Seine ou par email à contact@acip.asso.fr avant le 16 décembre 2019. Le règlement est à envoyer par voie postale à l’ordre de l’Acip.

    Programme et intervenants

    • « My Cite, 1er médicament connecté : innovation de rupture ou innovation incrémentale ? »

      • Avec Véronique Narboni, directrice médicale à Otsuka Pharmaceutical France
    • « Une lecture de l’avenir »

      • Avec Bertrand Rondepierre, research program manager, machine intelligence à Google AI
    • « Jumeaux numériques et produits pharmaceutiques »

      • Avec Pierre Tchoreloff, chercheur à l’Institut de mécanique et d’ingénierie de Bordeaux
    • « Renaissance des industries de santé par la 3DExperience Platform et l’intelligence artificielle »

      • Avec Alban Van Landeghem, senior business consultant life sciences industry à Dassault Systèmes.

    Débat animé par Michel Hannouin, président de l’Acip, et Agnès Devois, head of global medical information, global medical affairs, à Servier.

  • La nomenclature SNOMED CT pour favoriser l’interopérabilité en pharmacie (Phast)

    Pour que la télémédecine, la santé mobile (mHealth), l’intelligence artificielle (IA), etc. puissent continuer d’évoluer et d’être utilisées de façon optimale par les professionnels de santé et les patients, les acteurs s’accordent sur le fait que des progrès doivent être réalisés dans le domaine de l’interopérabilité, toutes ces nouvelles solutions devant se construire sur « une base sémantique solide, cohérente et commune » et être en mesure de partager des données « normalisées », disponibles « sous une forme structurée et non ambigüe », avance l’organisme de promotion de l’interopérabilité en santé Phast dans un communiqué daté de septembre 2019.

    Selon Phast, la SNOMED CT (Systematized Nomenclature of Medicine Clinical Terms), vocabulaire de référence international permettant de représenter les faits cliniques par des codes dans les SI médicaux, est une des terminologies qui pourrait permettre d’atteindre un niveau d’interopérabilité satisfaisant des solutions informatiques de santé.

    Des savoirs et des expériences développées autour de SNOMED CT ont été partagés à l’occasion d’une journée dédiée, organisée le 27 novembre à Paris par Phast, en partenariat avec Interop’Santé, l’association de promotion de la standardisation des échanges informatiques en santé.

    L’événement a réuni divers membres de l’écosystème de la santé tels que des éditeurs de logiciels hospitaliers et des start-ups de la e-santé, des professionnels de santé (pharmaciens, médecins, biologistes), des référents informatiques médicaux et des institutionnels.

    Health & Tech Intelligence, qui a assisté à cette journée, revient sur les interventions de plusieurs pharmaciens présents lors de l’évènement, professionnels selon lesquels l’utilisation de la terminologie SNOMED CT permettra d’atteindre une digitalisation intelligente de la pharmacie, en particulier hospitalière et officinale, et de la recherche biomédicale. Ils attendent en particulier que l’utilisation généralisée de SNOMED CT :
    • permette de mieux intégrer la biologie médicale dans des parcours de soins coordonné ;
    • fasse de l’officine non seulement un lieu de conseil centré sur un patient hautement connecté mais également un hub technologique ouvert à la recherche ;
    • facilite l’accès à des informations sur les médicaments ainsi qu’à certaines molécules innovantes.

    Mieux intégrer la biologie médicale dans le parcours de soins

    À l’heure actuelle, les biologistes médicaux travaillent à l’aide de logiciels fondés sur le recours à des terminologies spécifiques à leur domaine. Leur niveau d’interopérabilité sémantique est donc assez faible : ils communiquent difficilement avec d’autres logiciels métier ou patient dans la mesure où ils ne peuvent comprendre ou émettre des données non codées selon ces terminologies spécifiques.

    Pour rendre plus interopérables les SI utilisés par les biologistes médicaux, ceux-ci pourraient être entièrement repensés, rebâtis et fondés sur la nouvelle terminologie SNOMED TC. Une restructuration en profondeur des logiciels métier n’est cependant pas souhaitable : elle nécessiterait une implication importante des professionnels déjà habitués à utiliser leurs propres logiciels métier et engendrerait des coûts élevés.

    La solution n’est donc pas de transformer radicalement ces outils déjà adoptés par les biologistes médicaux mais d’adjoindre à ces derniers des fonctionnalités de mapping, c’est-à-dire de traduction de concepts cliniques d’une nomenclature ou terminologie à l’autre.

    Valérie Desbois-Pelissier, médecin biologiste et responsable de la production et de la qualité du référentiel CIOlab à Phast, a illustré comment ces nouvelles fonctionnalités pourraient permettre d’ouvrir numériquement la biologie médicale vers le reste de l’écosystème de la santé et en particulier vers le circuit du médicament.

    Selon elle, la clé est de considérer la terminologie SNOMED CT comme une terminologie intermédiaire, située à l’interface de référentiels d’interopérabilité sémantique autres tels que ceux commercialisés par Phast qui sont :

    • CIOlab, terminologie utilisée par divers logiciels métiers de biologie médicale ;
    • CIOds, terminologie spécifique au circuit du médicament ;
    • CIOdm, terminologie utilisée dans le secteur des dispositifs médicaux ;
    • CIOct, référentiel de termes médicaux utilisé par les cliniciens.

    En effet, si ces terminologies permettent de communiquer facilement au sein des spécialités, ils n’autorisent pas des échanges de données fluides entre ces spécialités. Adjoindre aux logiciels des fonctions de mapping – de traduction des concepts de ces terminologies vers SNOMED CT, et de SNOMED CT vers ces terminologies – permettrait aux données d’être lues plus facilement par tous les professionnels.

    Valérie Desbois-Pelissier affirme que dans le domaine de la biologie médicale, ce système trouverait des applications tant lors de la phase pré-analytique (qui précède les analyses d’échantillons) que de la phase post-analytique (qui suit les analyses d’échantillons).

    En phase pré-analytique, lors de l’admission des patients au laboratoire, le recours à la terminologie SNOMED CT pourrait par exemple rendre les informations renseignées par le patient plus interopérables. En particulier, la saisie des médicaments absorbés par le patient avant l’examen biologique (obligatoire car certains pourraient modifier le résultat de l’analyse), habituellement réalisée dans une terminologie telle que CIOdc, pourrait être traduite en SNOMED CT et ainsi devenir facilement lisible par les biologistes travaillant avec des logiciels fondés sur le recours à la terminologie CIOlab et permettant de s’assurer que les traitements du patient ne modifieront pas les résultats de l’examen.

    Serge Payeur, co-fondateur de la start-up SIL-LAB Experts qui commercialise la solution de prélèvement connecté à domicile P-A-D, a montré comment cette solution se fonde sur un principe analogue pour faciliter l’échange des informations recueillies lors de l’interrogation du patient avant le prélèvement.

    En phase post-analytique, il s’agit également de faciliter l’échange des données entre des logiciels fondés sur les référentiels CIOlab et CIOdc. Par exemple, les compte rendus d’examen biologique qui suggèrent des modifications de la prescription initiale du patient selon la terminologie CIOlab pourraient être traduits, par l’intermédiaire de SNOMED CT, vers la terminologie CIOdc, terminologie utilisée par les logiciels des cliniciens autorisés à modifier les prescriptions.

    Soutenir la transformation de l’officine en hub technologique                    

    Pierre Renaudin, pharmacien et co-fondateur de Bimedoc, a donné un exemple de la façon dont le recours à la terminologie SNOMED CT pourrait soutenir la transformation de l’officine en hub technologique lors de la présentation des solutions commercialisées par cette start-up.

    Lieu d’expertise sur le médicament

    Le recours à la terminologie SNOMED CT doit pouvoir soutenir le pharmacien d’officine dans son rôle d’expert de premier recours concernant les médicaments, et ce au bénéfice des patients : il s’agit de soutenir le pharmacien dans son activité d’analyse des prescriptions, de faciliter la conciliation pharmaceutique exercée en particulier lors des entretiens pharmaceutiques, de poursuivre les efforts déjà réalisés dans la lutte contre les accidents médicamenteux, qui occasionnent encore, selon Pierre Renaudin, « 30 000 décès par an ».

    A cette fin, les start-ups telles que Bimedoc pourraient proposer un accès facilité à des informations issues de diverses bases de données concernant les médicaments : il s’agit de croiser des informations issues de ces différentes bases de données codées selon divers référentiels, de les traduire en SNOMED CT et d’en faire une synthèse.

    Ces bases de données et sources d’informations à croiser concernent par exemple :

    • les interactions médicamenteuses, avec les plantes médicinales et l’alimentation : référentiels des interactions médicamenteuses de l’ANSM ;
    • les médicaments inappropriés : listes Stopp & Start, Laroche, Anticholinergic Drug Scale, déficit en G6PD, cascades médicamenteuses, etc. ;
    • les problèmes de forme galénique : liste sur les médicaments per os concernant l’écrasement des comprimés et l’ouverture des gélules (HAS, Thériaque, OMéDIT Haute Normandie, SFPC, etc.).

    Hub technologique ouvert à la recherche

    La traduction des données de santé mobile en SNOMED CT pourrait contribuer à faire des pharmaciens d’officine des chercheurs actifs.

    De nombreux patients utilisent actuellement des applications mobiles de santé. Les données de santé produites en conditions de vie réelle par ces applications pourraient être centralisées par les pharmaciens d’officine, anonymisées et analysées dans l’objectif :

    • de réaliser une pharmacovigilance efficace ;
    • ou de mettre en évidence des groupes risquant particulièrement de connaître des complications liées à des effets indésirables médicamenteux, des interactions entre spécialités pharmaceutiques ou une observance difficile de leur traitement, groupes qui pourraient alors potentiellement bénéficier d’entretiens pharmaceutiques.

    Faciliter l’accès aux informations sur le médicament et aux molécules innovantes

    Faciliter l’implémentation des bases de données de médicaments à l’échelle internationale

    Selon Paul Bonnet, directeur général de Vidal Espagne, l’utilisation de SNOMED CT faciliterait la gestion multilingue des bases de données concernant le médicament et ainsi la diffusion d’informations fiables et uniformisées à l’échelle internationale. Ceci serait permis par le caractère multilingue de SNOMED CT.

    Faciliter la prescription et le remboursement à des molécules innovantes

    Émilie Nguyen, pharmacien et responsable de l’unité CIOdc à Phast a montré, en présentant l’exemple de la nouvelle base de données off-label (utilisation hors indication), comment l’utilisation de la terminologie SNOMED CT pourrait permettre de faciliter l’accès à des molécules innovantes.

    La prescription et le remboursement des molécules innovantes particulièrement onéreuses sont actuellement fortement retardés et limités du fait de la complexité de la procédure de demande d’accès à ces médicaments. La prescription de ces médicaments doit en effet être justifiée par le clinicien par une bibliographie précise et détaillée auprès des autorités compétentes. Or la constitution de cette bibliographie peut être longue.

    Off-label constitue un exemple de base de données permettant de centraliser des informations concernant les médicaments et des références bibliographiques fournies par un organisme spécialiste de l’aide à la décision clinique, Motive Medical Intelligence. La centralisation de ces données nécessite le recours à SNOMED CT, qui permet finalement de présenter, pour chaque molécule innovante ou médicament pouvant être prescrit hors AMM, sous la forme de fiches :

    • le nom du médicament ;
    • les principales indications AMM, hors AMM ou encadrées par une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) ;
    • des justifications bibliographiques pour chaque indication ;
    • la codification SNOMED concernant au médicament et à chaque indication.

  • EAG

    Ethics Advisory Group

  • UE : le contrôleur de la protection des données défend sa volonté de développer l’éthique numérique

    « Nous avons porté la question de l’éthique et des nouvelles technologies, en particulier l’intelligence artificielle (IA), au centre du débat public », note Wojciech Wiewiórowski, élu fin novembre 2019 au poste de contrôleur européen de la protection des données (CEPD), en introduction du rapport d’activité 2015-2019 du CEPD intitulé « Montrer l’exemple ». Ce document publié le 3 décembre 2019 porte sur la période durant laquelle Wojciech Wiewiórowski était contrôleur adjoint sous la direction de Giovanni Buttarelli.

    « Dans le monde numérique, la législation ne suffit plus [et] les cadres traditionnels peuvent ne pas être suffisamment solides », est-il indiqué dans ce rapport pour justifier la volonté du CEPD de développer « la dimension éthique de la protection des données ». Le contrôleur estime que le sujet est aujourd’hui « solidement ancré » dans l’agenda international en la matière.

    Le CEPD retient à cet égard :

    • la création en 2016 par ses services du groupe consultatif sur l’éthique (EAG), un groupe d’experts chargé « d’examiner les relations entre les droits de l’Homme, la technologie et les marchés », qui a publié son rapport en 2018 ;
    • le lancement en 2014 de IPEN (Internet Privacy Engineering Network), un réseau d’experts chargé de « garantir que la protection des données est prise en compte dès la conception » des nouvelles technologies ;
    • la session publique de la Conférence internationale des commissaires à la protection des données et de la vie privée organisée en 2018 à Bruxelles sur le thème de l’éthique numérique.

  • Outils e-santé pour enfants : 66 % des parents adhèrent mais peu de médecins en parlent (étude Merck)

    56 % des personnes interrogées (53 % des parents) estiment que le développement de la e-santé est « une bonne chose pour le suivi des enfants atteints d’une maladie chronique. » C’est l’une des informations qui ressort d’une étude OpinionWay réalisée mi-octobre 2019 pour le laboratoire pharmaceutique Merck sur « la santé des enfants et les objets connectés » et présentée le 2 décembre. Les répondants sont par ailleurs 68 % (66 % des parents) à juger que les enfants peuvent « s’approprier plus rapidement des consignes sur leur traitement grâce à internet, une application ou un objet connecté ».

    Pour chacune de ces questions, le taux de jugements positifs est toujours plus élevé si les répondants sont de catégorie socioprofessionnelle supérieure (CSP+). 

    Cette reconnaissance du rôle thérapeutique des outils e-santé à destination des enfants est d’autant plus notable que 67 % des parents interrogés déclarent instaurer un « couvre-feu numérique » pour leur progéniture (à savoir « l’interdiction d’utiliser les écrans : smartphones, tablettes, TV » à la maison, après le repas voire dès le retour de l’école). Cette pratique est présente chez 72 % des CSP+, et chez 62 % des autres foyers.

    En revanche, seuls 9 % des parents indiquent que leur médecin leur a déjà conseillé ou suggéré une application e-santé. De manière générale, ce taux est de 7 % pour les 30-55 ans : dans le détail 16 % pour les 30-35 ans, contre 4 % pour les 51-55 ans.

    L’étude permet enfin d’établir que 84 % des Français (83 % des parents) jugent « importantes » les conditions dans lesquelles leurs données de santé sont collectées et utilisées.

  • EIT Health Summit : un programme européen de 2 Mds € pour soutenir les sociétés innovantes en e-santé

    À terme, « la valeur totale des nouvelles transactions dépassera les 2 milliards d’euros », indique la Région Île-de-France à propos d’un nouveau programme d’investissement européen, déployé pour soutenir le développement d’entreprises ou de start-ups innovantes dans les secteurs de la santé numérique, de la medtech et de la biotech. La ville de Paris accueillera « d’ici à deux ans » le siège du Venture Centre of excellence, porteur de ce programme, annonce la Région, intervenue le 3 décembre 2019 lors du sommet de l’EIT Health, l’institut européen d’innovation et de technologie.

    La Région francilienne prévoit d’injecter 200 000 euros pour l’implantation de ce nouveau centre et de créer 10 emplois dans le cadre de ce projet.

    Ce programme de co-financement, d’une durée de 15 ans, sera piloté par le fonds européen d’investissement (FEI) et l’EIT Health. L’objectif est de rassembler des investisseurs, aussi bien des entreprises de capital risque que des industriels et des laboratoires, pour accélérer le développement des sociétés ciblées et faciliter leur accès au marché. Le but est d’améliorer la position de l’Europe à échelle internationale dans ce secteur vis-à-vis des concurrents étrangers.

  • Amazon lance Transcribe Medical, système de reconnaissance vocale pour la saisie de données patients

    « Un service de reconnaissance vocale avec apprentissage automatique (machine learning) [qui vise à] améliorer l’efficacité de la prise de notes médicales. » C’est ainsi qu’Amazon décrit son nouveau produit, Transcribe Medical, dans un billet de blog daté du 3 décembre 2019. Présenté la veille lors de Re-Invent, l’événement cloud du groupe organisé cette semaine à Las Vegas, ce programme développé avec Cerner est complémentaire de l’outil d’extraction Amazon Comprehend Medical, lancé en 2018.

    Le groupe indique avoir conçu cette solution en réponse à une forte demande : pouvoir automatiser la saisie de données dans les dossiers patients électroniques, imposée depuis l’entrée en vigueur en 2009 de la loi HITECH. Selon Amazon, les médecins peuvent passer « jusqu’à six heures par jour » à cette tâche, ce qui constitue « un facteur important d’épuisement professionnel (burn out) et de stress » et dégrade la qualité des soins.
     
    Amazon Transcribe Medical se présente comme une API (interface de programmation d’application) en streaming intégrable à toute application vocale sur tout appareil doté d’un micro. Amazon souligne que son outil est doté de fonctionnalités de ponctuation automatique qui permettent aux médecins l’utilisant de parler naturellement. Le groupe ajoute qu’un important travail d’annotation a été effectué pour éviter les erreurs de transcription de termes et d’abréviations pointues, dans un domaine où elles peuvent avoir de graves conséquences.

  • Owkin (France), Nvidia & le King’s College s’allient pour fournir aux hôpitaux une IA plus sécurisée

    Owkin, société française spécialisée dans les technologies d’intelligence artificielle (IA) appliquées à la recherche médicale, travaille avec l’entreprise américaine Nvidia, acteur majeur de l’IA, et le King’s College London (KCL) sur un projet de « federated learning« , ou « apprentissage fédéré » en français, une technique qui permet de concevoir des IA sans compromettre la sécurité des données des utilisateurs. Dans le cadre de cette collaboration, annoncée le 4 décembre 2019 par Owkin (communiqué), la start-up française a pour objectif de démontrer qu’une architecture de federated learning « est aussi pertinente que le modèle traditionnel d’analyse par centralisation des données mais aussi beaucoup plus sûre pour protéger les données personnelles des patients ».

    Le Medical Imaging and AI Centre for Value-Based Healthcare (AI4VBH) du KCL est actuellement l’un des plus importants projets d’apprentissage fédéré au monde. Il reliera tout d’abord 4 des principaux hôpitaux universitaires de Londres, puis s’étendra progressivement au reste de ces établissements au Royaume-Uni. Par son biais seront proposés des services d’IA conçus pour accélérer la recherche et améliorer les essais cliniques dans divers domaines thérapeutiques (cancer, insuffisance cardiaque, accidents vasculaires cérébraux, maladies neurodégénératives…).

    Le King’s College London va utiliser la plateforme EGX « Intelligente Edge Computing » de Nvidia, à laquelle va être intégré le logiciel de federated learning basé sur la blockchain d’Owkin, pour développer les améliorations cliniques, de recherche et opérationnelles, explique la société française. Les données fédérées seront mises à la disposition des chercheurs par le KCL ainsi qu’auprès d’une communauté d’entreprises du secteur de la santé membres du consortium AI Centre, financé par Innovate UK, l’agence publique d’innovation (non ministérielle) du Royaume-Uni.

    Une dizaine d’hôpitaux impliqués dans le projet à terme

    Le déploiement du projet de federated learning du King’s College London (KCL) sera réalisé en 2 étapes :

    • première phase : le centre AI4VBH, qui fait partie de la KCL School of Biomedical Engineering, fédérera les données de 3 universités (King’s College London, Imperial College et Queen Mary University de Londres) et de 4 hôpitaux d’enseignement supérieur de Londres (Kings College Hospital, South London et Maudsley, Guy’s & St. Thomas’ et Barts Health) ;
    • seconde phase : le réseau sera étendu à 12 hôpitaux du Royaume-Uni.

    « Ce partenariat réunit les meilleurs acteurs du secteur de la santé, du machine learning (ML, apprentissage automatique) et de l’univers de la donnée, commente Gilles Wainrib, co-fondateur et CSO d’Owkin (communiqué). Nvidia va permettre de créer un écosystème idéal et agile pour que les hôpitaux puissent investir dans le ML. De son côté, [le] KLC a réuni les talents en ingénierie, médecine et informatique ainsi que des données de haute qualité sur les patients au sein du centre AI4VBH. »

    « Fédérer une communauté de chercheurs universitaires et privés »

    « Notre objectif est de fédérer une communauté de chercheurs – universitaires et privés – pour développer nos connaissances autour des données cliniques et opérationnelles, indique de son côté Sébastien Ourselin, professeur en ingénierie de santé (professor of healthcare engineering) au KLC. Nous sommes particulièrement heureux d’accueillir Owkin au sein de ce consortium. Ils vont fournir  la couche logicielle permettant aux modèles d’être construits, orchestrés et sécurisés. Cela va garantir que les modèles prédictifs élaborés à partir des données des patients sont représentatifs et impartiaux. »

    La plateforme Owkin Connect intégrée aux plateformes de Nvidia

    Nvidia fournit la plupart des infrastructures de machine learning dans le monde

    Owkin rappelle dans son communiqué que Nvidia alimente une majorité des infrastructures d’apprentissage automatique (machine learning) dans le monde. La société donne accès à de multiples entreprises et start-ups du monde entier à sa plateforme Clara Application Framework et à une gamme de plateformes informatiques spécialisées, dont Nvidia DGX, supercalculateur personnel dédié au déploiement d’applications IA, et Nvidia EGX.

    Fusion des technos d’Owkin et de Nvidia : une « révolution pour la recherche hospitalière »

    Dans le cadre de ce projet, Owkin a intégré sa plateforme de federated learning Owkin Connect aux plateformes EGX, DGX et Clara de Nvidia. Selon la start-up française, il s’agit d’une « révolution pour la recherche hospitalière puisque, plutôt que de construire des modèles d’IA sur des données locales, les hôpitaux pourront élargir leur recherche à un réseau de centres médicaux universitaires de niveau 1 dans le monde entier ».

    En augmentant le volume de données de formation, Owkin garantit que les modèles d’IA peuvent être formés sur des données hétérogènes, « sans retirer les données des hôpitaux », explique la société.

    Le réseau comprend actuellement des hôpitaux de niveau 1 en France et aux États-Unis. Le KCL et ses partenaires hospitaliers de Londres seront le premier consortium universitaire participant au Royaume-Uni.

    Une technologie basée sur la blockchain

    « Owkin donne vie au federated learning en ayant développé un logiciel extrêmement flexible, sécurisé, traçable et préservant la confidentialité des données, note Craig Rhodes, responsable EMEA « intelligence artificielle en santé et sciences de la vie » (« artificial intelligence healthcare and life science« ) à Nvidia. Dans un contexte européen où le RGPD est une exigence, leur technologie basée sur la blockchain permet aux hôpitaux que la donnée de leurs patients soient respectées et protégées. »

    Owkin : des partenariats qui se développent aussi en France

    En France, Owkin a annoncé au mois d’octobre 2019 la lancement, en partenariat avec l’AP-HP, d’une première série de projets de recherche sur données afin d’améliorer la prise en charge des patients et de faciliter le développement de nouveaux médicaments dans 3 domaines principaux : l’oncologie, l’immunologie et la cardiologie.

    1,5 million d’euros versés par la Région Île-de-France

    Début septembre, la start-up a par ailleurs remporté le AI for Health challenge. La Région Île-de-France lui a attribué dans ce cadre 1,5 million d’euros pour financer ses travaux de R&D, en collaboration avec les chercheurs et médecins de l’Institut Gustave Roussy (pendant 18 mois). « Cette recherche vise à développer des outils d’intelligence artificielle performants, qui permettront de faire progresser la lutte contre le cancer », précise la Région (communiqué).

  • Agnès Buzyn dégèle 415 M€ de crédits pour les établissements de santé dès ce mois de décembre

    La ministre des solidarités et de la santé Agnès Buzyn confirme le reversement immédiat aux établissements de santé de la totalité des crédits hospitaliers mis en réserve début 2019 : 415 millions d’euros vont ainsi être alloués ce mois-ci, indique le ministère dans un communiqué publié dans la soirée du 4 décembre 2019. Ce dégel avait été annoncé par le Premier ministre Edouard Philippe en novembre lors de la présentation du plan « Investir pour l’hôpital ».

    Tous les ans, une partie des fonds dédiés au financement des hôpitaux est mis en réserve en début d’exercice. « Cette année, l’engagement et les efforts de chacun ont permis le respect de l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam), d’où la décision de dégeler l’intégralité des crédits mis en réserve », indique le ministère.

    Cette décision constitue « une juste reconnaissance de l’engagement des établissements et de leurs professionnels dans les démarches de transformation de l’offre de soins en lien avec la stratégie Ma santé 2022, et un soutien aux missions qu’ils assument », commente le ministère.
     
    Pour rappel, l’intégralité des crédits mis en réserve avait aussi été restituée en 2018, et ce pour tous les champs d’activité (SSR, court séjour et psychiatrie).

  • Google investit dans Dataiku, spécialiste français des données, qui devient ainsi une licorne

    « Dataiku s’associe à CapitalG et devient une licorne. » C’est ce qu’annonce la société française spécialiste des données dans une publication sur son blog datée du 4 décembre 2019 : elle accueille parmi ses investisseurs CapitalG (ex Google Capital), fonds de capital risque de l’entreprise Alphabet, pour un prix par action qui propulse sa valorisation au-delà d’1 milliard de dollars US (environ 901,5 M€), seuil au-delà duquel une société devient « licorne ». CapitalG rachètera des parts de Dataiku au fonds parisien Serena Capital, actionnaire depuis 2014, en partenariat avec le fonds londonien Dawn Capital, autre actionnaire de Dataiku. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé par les partenaires.

    La direction de CapitalG estime que Dataiku « a fait ses preuves en matière de résolution de problèmes métier pour les entreprises, avec une capacité unique à extraire des informations exploitables pour les spécialistes des données et les décideurs » (communiqué). Avec ses solutions, la société « élimine les barrières entre les scientifiques des données et les analystes métier », ajoute le fonds. La plateforme de Dataiku rend l’analyse de données et l’apprentissage automatique (machine learning) accessibles au plus grand nombre de salariés.

    Florian Douetteau, le fondateur et P.-D.G. de Dataiku, indique vouloir étoffer son équipe de 400 employés, dont 180 à Paris, en recrutant « entre 200 et 250 personnes », avec l’objectif de « doubler [son] chiffre d’affaires l’an prochain » (source : Les Echos). Si Dataiku ne fait pas partie du Next40, l’indice français des 40 start-ups les plus prometteuses dévoilé en septembre, c’est parce que son siège social se situe à New York.