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  • La Cnil autorise le CHU Grenoble-Alpes à déployer un entrepôt de données de santé (Predimed)

    Le CHU Grenoble-Alpes (CHUGA) indique que ses projets de recherche et la qualité de prise charge des patients seront « bientôt boostés » par l’utilisation d’un entreprôt de donnée de santé, baptisé « Predimed« . Dans un communiqué publié le 11 décembre 2019, l’établissement annonce que la Cnil l’a autorisé le 10 octobre à mettre en œuvre un traitement de données à caractère personnel visant à la création de Predimed. Il s’agit du quatrième CHU français à obtenir cette autorisation, après l’AP-HP, le CHU de Nantes et le CHU de Lille. 

    L’entrepôt regroupera toutes les données générées pendant la prise en charge des patients du CHU grenoblois (données de soins, administratives et relatives au fonctionnement de l’établissement). Ces dernières seront stockées pour une durée de 20 ans, « dans le strict respect des textes en vigueur afin de garantir le respect des droits individuels« , indique le CHU, précisant qu’elle ne seront pas exploitées « à des fins de promotion des produits de santé ou à des fins d’exclusion de garanties des contrats d’assurance et de modification de cotisations ou primes d’assurance ».

    Elles seront la source principale pour des projets à des fins :
    de recherche dans le domaine de la santé, menés par les professionnels du centre de santé et ses partenaires extérieurs ;
    d’amélioration de la prise en charge des patients ;
    de pilotage de l’établissement.

    Le projet Predimed a été initié par le Pr Jean-Luc Bosson, chef du pôle « santé publique », avec la participation des professeurs Alexandre Moreau-Gaudry et Pascal Mossuz, missionnés par la Direction générale et la Commission médicale d’établissement pour le mener à bien. Une gouvernance spécifique a été mise en place. Elle associe des professionnels de santé, des chercheurs et des représentants des patients.

    Un accès aux données limité

    « Une plateforme sécurisée, performante, dotée des capacités de stockage et d’analyse distribuées a été mise en place avec une architecture innovante », explique le CHU de Grenoble-Alpes. Elle est hébergée à la Direction des services numériques de l’établissement.

    Un groupe restreint d’experts associant médecins, ingénieurs en informatique et mathématiques appliquées, datascientists, data-analysts et statisticiens a accès aux données.

    Plusieurs projets prévus dans des thématiques diverses

    L’autorisation de la Cnil ouvre la possibilité de rentrer dans la phase opérationnelle du projet, note le CHU.

    Plusieurs projets sont déjà identifiés. Ils concernent des thématiques diverses (imagerie, observatoire des dispositifs médicaux, information médicale, etc.) et seront lancés à la fin de la campagne d’information des personnes concernées.

    Une plateforme en lien avec le le projet MIAI@Grenoble-Alpes

    Predimed « sera un élément important en faveur de la participation du CHU au projet MIAI@Grenoble-Alpes, labellisé dans le cadre de l’appel à projet 3IA en mai 2019, et qui a inscrit la santé comme un de ses deux domaines d’application privilégiés », indique l’établissement.

    Pour rappel, Grenoble est l’un des 4 sites universitaires français retenu au niveau national pour accueillir un institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle (3IA) avec Nice, Paris et Toulouse. 

  • Lancement de 100 000 Médecins.org, 1ère intersyndicale axée e-santé : un projet d’agence de notation

    « Fédérer les médecins libéraux pour leur permettre d’être au premier plan de leur propre transformation numérique. » C’est l’objectif de 100 000 Médecins.org, « premier mouvement intersyndical [lancé] autour de la e-santé » par la CSMF, la FMF, le SML, Le Bloc, MG France, Jeunes Médecins et le SNJMG. Association loi 1901, cette structure a pour objectif de devenir l’ »intermédiaire privilégié entre médecins et acteurs de la e-santé« .

    100 000 Médecins.org appelle les médecins libéraux à une forte mobilisation pour « représenter un levier d’actions auprès des éditeurs de logiciels » et inciter ces derniers à agir « en collaboration avec les médecins, avec prudence et respect ».

    Le mouvement souhaite également lancer en 2020 la première agence de notation en e-santé, avec l’objectif :
    • d’« aider la profession à faire les bons choix » en matière d’outils numériques ;
    • de promouvoir des solutions « bien conçues, respectueuses des bonnes pratiques et pérennes » ;
    • d’orienter les éditeurs de logiciels « vers les objectifs que les médecins souhaitent atteindre ».   

    « Pour éviter une déshumanisation des soins, il est urgent de s’approprier les initiatives d’aujourd’hui pour mieux maitriser notre avenir », commente le Dr David Azérad (SNJMG), médecin généraliste à Paris et président du mouvement.

    Des médecins unis contre le « Far West » de la e-santé

    Le communiqué se fait l’écho des « fortes réactions de la profession » constatées sur :

    • le « détournement de patientèle » avec le « DoctolibGate » dénoncé sur Twitter par les syndicats en octobre-novembre 2018 ;
    • la « mise aux enchères de rendez-vous médicaux » par le site DoctoChrono, suspendu en avril 2019 après saisine du Cnom ;
    • la notation des médecins avec le site MediEval4i de Medicine4i, dénoncé en avril 2019 par plusieurs praticiens  ;
    • les plateformes de télémédecine avec Livi.

    « Ce secteur est si prometteur qu’il est devenu un « Far West » numérique, où certaines start-ups vont chercher à forcer le passage », s’inquiète l’association sur son site.  Les intérêts des éditeurs « ne sont pas toujours d’améliorer nos conditions d’exercice », or ces outils sont « structurants pour le système de santé dans son ensemble », complète-t-elle.

    À l’origine du mouvement, la négociation conventionnelle sur la télémédecine

    L’idée de lancer le mouvement a germé lors des premières négociations conventionnelles sur la télémédecine, débutées en janvier 2018, lors desquelles David Azérad représentait le SNJMG.

    « Pour la première fois, les représentants des jeunes médecins, pour qui les innovations d’aujourd’hui représenteront le quotidien de demain, ont été invités à émettre leur avis », souligne l’association. Ces syndicalistes se sont accordés sur le constat que la e-santé bouleversait leurs pratiques ainsi que l’organisation du système de santé et les relations patients-médecins.

    L’Assemblée générale constitutive de l’association 100 000 Médecins a eu lieu le 10 avril 2019 et le compte Twitter @100KMed a été lancé en novembre 2019.

  • Doctopsy s’allie à l’appli de méditation Petit Bambou pour déstigmatiser les souffrances psychiques

    Mon Sherpa, une application développée par Doctopsy (ex Doctoconsult) à destination des personnes qui ont besoin d’un soutien psychologique, intègre désormais des sessions de méditations de l’appli de Petit Bambou, une start-up qui propose des innovations digitales et mobiles autour de la santé mentale. L’objectif de ce partenariat, annoncé le 10 décembre 2019 dans un communiqué commun, est de diminuer les symptômes des patients souffrant de troubles dépressifs, d’anxiété, de troubles du sommeil, de manque de confiance en soi, etc. L’idée est de « rendre le traitement des souffrances psychiques accessible à tous et moins stigmatisant[, de] lever les tabous liés au traitement de ces maladies », indiquent les deux sociétés.

    Avec cette collaboration, Doctopsy et Petit Bambou cherchent à rendre accessible au plus grand nombre la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (TCPC), une méthode alliant la médiation aux thérapies comportementales et cognitives, dont l’intérêt a été validé scientifiquement dans plusieurs indications.

    « Petit BamBou fait ainsi bénéficier à l’application Mon Sherpa de son expertise historique sur la méditation sur des thèmes variés et Mon Sherpa apporte une approche médicale avec des activités de thérapie comportementale et cognitive », expliquent les partenaires.

     • Les utilisateurs de Petit BamBou peuvent télécharger Mon Sherpa s’ils souhaitent aller plus loin sur le traitement de certains symptômes comme la dépression, l’anxiété, les troubles de sommeil, les problèmes d’affirmation de soi, etc.
    • Les utilisateurs de Mon Sherpa bénéficient de 4 séances d’apprentissage de la méditation par Petit Bambou offertes. « Ils peuvent ensuite rejoindre la communauté Petit BamBou s’ils souhaitent ancrer la pratique de la méditation dans leur quotidien », est-il précisé.  

    L’application Mon Sherpa est disponible sur l’Apple Store. Elle sera lancée sur le Google Play Store d’ici le début de l’année 2020.

    Objectif : déstigmatiser les troubles mentaux

    Dans le cadre de leur partenariat, Doctopsy et Petit Bambou ont pour objectif, in fine, de lutter contre la stigmatisation des troubles mentaux, « premier obstacle à leurs prises en charge », notent les deux sociétés.

    « La méditation associée à des thérapies comportementales et cognitives soigne »

    « Tout comme Petit BamBou a démocratisé la méditation grâce à son application intuitive et ludique, nous espérons faciliter l’accès à un traitement d’un trouble psychique, explique le Dr Fanny Jacq, fondatrice de Doctopsy. Le message est simple, la méditation associée à des thérapies comportementales et cognitives soigne. Grâce à Mon Sherpa et Petit BamBou, ce traitement est maintenant accessible à tous (…) ».   

    Une démarche scientifique

    Le développement de l’application Mon Sherpa est supervisé par un conseil scientifique composé de médecins psychiatres, de psychologues, de chercheurs du CNRS et de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM).

    Avant sa mise sur le marché, la solution a été expérimentée pendant plusieurs semaines auprès de bêta-testeurs qui souffraient des pathologies psychiques ciblées.

    Des études médico-économiques sont en cours d’élaboration pour valider son impact sur ces personnes en souffrance psychologique, indique Doctopsy.

  • Ophtalmologie : Point Vision expérimente le remboursement des téléconsultations (accord dérogatoire)

    Les consultations à distance dispensées par les ophtalmologistes de Point Vision seront remboursées en région Hauts-de-France à partir de février 2020 et durant un an, pour une généralisation envisagée en 2022. C’est ce que confirme (le 11 décembre) à Health & Tech Intelligence (H&TI) le Dr François Pelen, président-cofondateur de cette société qui vient de conclure avec l’Assurance maladie un accord dérogatoire à l’avenant n° 6 qui sera signé dans les semaines à venir. Point Vision, qui gère 35 centres d’ophtalmologie en France, a attiré l’attention de la Cnam grâce à son effet bénéfique sur l’accès aux soins et notamment sur les délais d’attente. 

    « Un ophtalmologiste libéral fait un tiers d’administratif, un tiers de technique et un tiers de médecine », indique le Dr François Pelen (source : BFM Business, juin 2019). À Point Vision « 75 % des prises de rendez-vous se font en ligne », une équipe de secrétaires est dédiée à l’administratif et une équipe d’orthoptistes à la technique, pour que le praticien puisse se consacrer à 100 % à sa discipline, complète-t-il. Chaque centre possède également un plateau technique de premier niveau, qui n’est pas à la portée de tous les ophtalmologistes libéraux.

    « Ces « gros centres » (60 a 80 000 consultations par an) ne conviennent qu’à de gros bassins de population, explique le Dr François Pelen à H&TI, d’où la solution de la télémédecine pour les villes plus petites, avec de petits centres [qui dépendent chacun d’un gros centre] ». Cela justifie une dérogation à l’avenant n° 6, qui est « surtout pensé pour les médecins généralistes », note-t-il, d’où notamment la condition imposée d’une consultation physique avec le médecin dans les 12 mois précédant la téléconsultation : selon le président de Point Vision, cette contrainte « n’est pas adaptée à l’ophtalmologie qui ne nécessite qu’une visite tous les 3 à 5 ans ». Il souligne également que l’ophtalmologie est une spécialité « d’accès direct », pour laquelle le parcours de soins n’impose pas de passage par le médecin traitant. Cette expérimentation n’entre pas dans le cadre de l’article 51 car elle n’a pas besoin de déroger aux pratiques et ne concerne que le remboursement.

    Des « postes avancés » contre les déserts ophtalmologiques

    « Nous avons aujourd’hui 35 centres et nous en ouvrons 6 par an : nous devrions atteindre la cinquantaine d’ici 3 ans », affirme François Pelen, précisant qu’un gros centre « pourrait avoir à terme 5 « postes avancés » » dans des villes plus petites.  

    Un « petit centre » se présente comme « un local de 40 m2 équipé des derniers matériels », dans lequel un orthoptiste de Point Vision « se rendra régulièrement pour faire passer des examens de vision sur rendez-vous », explique le Dr François Pelen (source : Le Parisien) : il pourra « réaliser des examens de vue classique puis les télétransmettre à l’un des ophtalmologistes du centre » et le patient repartira avec une ordonnance.

    « Il est possible de prévoir un rendez-vous physique dans le gros centre le plus proche pour des investigations complémentaires », précise à HTI le patron de Point Vision : « Le médecin d’un gros centre peut également se rendre une fois par semaine dans un petit centre pour les patients qui ne peuvent pas se déplacer ».

  • Medissimo lance une application associée à un pilulier pour mieux suivre l’observance médicamenteuse

    Medissimo, une entreprise française de la e-santé spécialisée dans le bon usage du médicament, lance l’application web Siaam pour faciliter le suivi des patients et leur observance médicamenteuse. La solution s’associe à Medipac, le pilulier sécurisé de Medissimo préparé par le pharmacien, explique la société dans un communiqué publié le 11 décembre 2019. Par son biais, les pharmaciens et infirmiers peuvent accéder à un historique des prises de médicaments d’un patient donné et obtenir un bilan d’observance. Le résultat attendu est 98 % d’observance, indique l’entreprise dans une vidéo de présentation.

    Fonctionnement : lors de sa visite à domicile, l’infirmier enregistre via l’appli les informations de prises médicamenteuses du patient et de ses éventuels refus. Ces données sont ensuite partagées avec l’équipe de soins primaires autour du patient, si ce dernier le souhaite. Medissimo note à ce propos que les données personnelles du patient sont stockées chez un hébergeur agréé de données de santé (IDS) certifié par le ministère des Solidarités et de la Santé.

    La synthèse du bilan d’observance est téléchargeable et peut être consultée chaque mois. « Ce document est utile au pharmacien dans ses nouvelles missions comme le bilan de médication, et au médecin lors du renouvellement de ses prescriptions », note Medissimo.

    L’application est disponible gratuitement sur www.siaam.fr. Elle peut être utilisée sur smartphone et tablette tactile.

    L’activité de Medissimo est centrée sur l’amélioration de la coordination de proximité entre médecin, infirmiers et pharmaciens. Parmi les dernières actions de la société figure la participation à l’expérimentation « Gélule » (article 51) avec le Syndicat des médecins libéraux (SML), la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) et la Fédération des infirmiers (FIN). « Elle a pour objet la prise en charge coordonnée par les acteurs de santé en ville de patients âgés polymédiqués, maintenus à leur domicile et désorientés, afin d’améliorer l’observance de leurs traitements et de prévenir l’iatrogénie », précise Medissimo, qui met à disposition pour ce projet son logiciel de traçabilité. Prévue sur 2 ou 3 ans, cette expérimentation nationale est dotée d’un budget de 4 millions d’euros.

  • Dispositifs innovants pour les personnes atteintes d’un handicap auditif

    À l’occasion du 15e congrès de la Société française d’audiologie, qui se tient du 13 au 14 décembre 2019 à Lyon, et du déploiement du reste à charge zéro pour les lunettes ainsi que les prothèses dentaires et auditives, Health & Tech Intelligence propose un zoom sur les dispositifs innovants développées pour venir en aide aux personnes atteintes d’un handicap auditif (fonctionnement, prix, site web) : appli pouvant retranscrire les sons en SMS ou plateforme de télé-audiologie (AudioPro Connect), appareil auditif connecté (Opn d’Oticon), application pour faciliter l’accès à plusieurs méthodes de traitement des acouphènes (Diapason de Immersive therapy), etc.

    Dans notre précédent indicateur figurait la solution Unitact de Novitact. En 2018, la société située à Lacroix Saint-Ouen (Oise, Hauts-de-France) a été déclarée en liquidation judiciaire par le tribunal de Tribunal de commerce De Compiègne. L’entreprise proposait Unitact, un bracelet vibrant connecté destiné à simplifier le quotidien des personnes sourdes ou malentendantes en leur adressant des informations essentielles. Le porteur de l’objet pouvait recevoir des messages spécifiques grâce à des vibrations d’intensités différentes et de durées variables pour se réveiller le matin, attirer l’attention, maintenir le contact ou signaler sa présence.

    À noter que de nouvelles mesures réglementaires ont récemment été mis en place dans le champ de l’audition :

    d’ici 2021, dans le cadre du plan gouvernemental « 100 % santé », ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, les Français bénéficieront d’un reste à charge zéro pour un ensemble de soins optiques, dentaires et auditifs ;
    • la ministre a indiqué en juillet 2019 devant la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale que 15 000 personnes avaient déjà profité de la mesure en audioprothèses au premier trimestre de l’année. Depuis le le 1er janvier 2019, les équipements concernés par le reste à charge zéro sont :
    – soumis à un prix limite de vente ;
    – davantage remboursés par la Sécurité sociale ;
    • selon Agnès Buzyn, les tarifs des audioprothèses concernées par le plan « 100 % santé » ont diminué de 200 euros par oreille.

  • Art 51 : 9 % des projets recevables sont numériques ; 32 projets télésanté ont été déposés (bilan)

    L’année 2019 a « permis d’autoriser plus de projets d’expérimentations que les dix dernières années cumulées ». C’est ce qu’affirme Natacha Lemaire, rapporteure générale du Conseil stratégique de l’innovation en santé (CSIS), dans son éditorial du « Rapport au parlement sur les expérimentations innovantes en santé », mis en ligne sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé le 10 décembre 2019. « Une cinquantaine de projets sera autorisée, au total, d’ici la fin de l’année » annonce-t-elle.  

    333 projets ont été jugés recevables sur les 577 déposés auprès des agences régionales de santé (ARS) depuis 2018 au titre de l’article 51 de la LFSS 2018, est-il indiqué dans le rapport. « 5 expérimentations ont démarré », c’est-à-dire que des patients ont commencé à en bénéficier, depuis octobre 2019, note la rapporteure générale : elles seront 6 avant fin 2019.

    Autres enseignements clés du rapport :

    plus de 70 000 patients seront pris en charge sur 5 ans, pour un budget prévisionnel de 180 millions d’euros émanant du fonds pour l’innovation du système de santé (FISS) pour les 26 projets autorisés ;
    • un tiers des projets recevables concernent la prise en charge des pathologies chroniques ;
    • la moitié des  projets recevables ont pour objectif d’améliorer « la coordination / le parcours / l’exercice coordonné », 21 % visent à améliorer l’accès aux soins et 9 % concernent des outils ou services numériques ;
    • 20 des 27 projets « produits de santé » concernent des dispositifs médicaux (DM), les 7 autres des médicaments ;
    • parmi les 577 projets « instruits par l’échelon national », 32 concernent « la télésanté » : 9 d’entre eux ont déjà été autorisés, 5 « réorientés » ;
    • Les deux tiers des 26 expérimentations déjà autorisées portent sur des durées de plus de 3 ans : près d’une sur deux porte sur la durée maximale de 5 ans.

    Le ministère prévoit de garantir l’autorisation, chaque année, d’ « au moins une trentaine » de projets à partir de 2020. De « premiers bilans intermédiaires » sont annoncés pour 2021 et de « premiers rapports d’évaluation » pour 2022 avec « l’avis des instances sur l’opportunité de généraliser » le dispositif.

    Focus sur les projets « télésanté » déposés au titre de l’article 51 :

    Rappel : l’article 51 permet d’expérimenter de nouvelles organisations en santé

    L’article 51 de la LFSS 2018 permet d’expérimenter de nouvelles organisations en santé reposant sur des modes de financements inédits.

    Plus précisément, il a introduit en droit français un cadre expérimental pour encourager, accompagner, et accélérer le déploiement de nouvelles organisations en santé et de nouveaux modes de financement. Il ouvre la possibilité de déroger à de nombreuses dispositions législations.

    Dans le cadre de cet article 51 a par ailleurs été créé le fonds pour l’innovation du système de santé (FISS) pour accompagner les acteurs qui proposent des projets innovants.

  • SSPT

    Syndrome de stress post-traumatique

  • Jeunes Médecins s’allie à Synapse pour accompagner les praticiens dans leurs prescriptions via l’IA

    La start-up bordelaise Synapse Medicine, fondée en 2017 par des professionnels de santé, et l’organisation Jeunes Médecins collaborent afin d’aider les médecins dans leur activité de prescription, quels que soient leur spécialité et leur mode d’exercice. Dans le cadre de ce partenariat, annoncé le 3 décembre 2019 dans un communiqué commun, la plateforme Synapse va être proposée aux adhérents de Jeunes médecins « pour les accompagner dans le bon usage du médicament« .

    L’outil Synapse est une plateforme basée sur intelligence artificielle (IA) fonctionnant comme un assistant virtuel, conçue dans le but d’améliorer l’accès à une information médicale fiable et actualisée. La solution, soutenue par l’ANSM, a été élaborée avec le CHU de Bordeaux, l’Inserm et l’Université de Stanford, « indépendamment de l’industrie pharmaceutique », est-il précisé dans le communiqué.

    Des « milliers de médecins et internes » utilisent actuellement Synapse dans leur pratique quotidienne, avancent les 2 partenaires. La solution leur permet :
    • de « gagner du temps » : l’assistant délivre des réponses « concises, fiables et à jour » aux questions posées à l’oral ou à l’écrit par le praticien sur les médicaments (posologies, contre-indications, etc.) dans un contexte clinique donné ;
    • de « sécuriser leurs prescriptions  les plus complexes en temps réel » : par le biais d’une photo de l’ordonnance, Synapse vérifie automatiquement les prescriptions en prenant en considération le terrain clinique du patient et identifie toutes les interactions, les effets indésirables et les contre-indications ;
    • de « simplifier les recherches sur les médicaments » : toutes les informations synthétisées et contextualisées par Synapse « se réfèrent uniquement à des sources officielles toujours citées ».

  • Études : la validité clinique des applis de santé mentale remise en cause dans 2 revues (Nature, JAD)

    Deux études remettent en cause l’efficacité des applications mobiles de santé mentale. La première*, parue le 2 décembre 2019 dans Nature Digital Medicine, estime que les preuves sont insuffisantes pour recommander les applis en tant qu’interventions psychologiques autonomes. La seconde étude**, parue le 3 décembre dans le Journal of Affective Disorders (JAD), révèle que les travaux menés sur ces applis ne sont pas valides dans la mesure où la moitié des patients ont abandonné l’utilisation de la solution en cours d’essai.

    L’indispensable évaluation des applications de santé mentale

    Face au nombre sans cesse croissant d’applications mobiles de santé mentale, le besoin pour les patients et les prescripteurs de repérer les plus efficaces devient crucial. Sans compter que les développeurs de ces solutions ont eux aussi besoin de sortir du lot pour se démarquer sur le marché. C’est la raison pour laquelle des nombreux essais cliniques sont menés pour essayer de séparer le bon grain de l’ivraie.

    Des travaux parus en 2018 dans Nature Digital Medicine révèlent que la majorité des applications étudiées ne fournissent pas de preuves ou d’études évaluées par des pairs pour soutenir leurs produits. Par conséquent, les parties prenantes ont fait pression pour que d’autres travaux soient menées pour valider ces applications.

    Des chercheurs allemands de l’université Erlangen-Nürnber se sont attelés à la tâche. Ils ont examiné les résultats de 19 essais contrôlés randomisés comprenant un total de 3 681 participants. Les applications incluses dans les essais ont été utilisées comme interventions autonomes pour des problèmes de santé comportementale, notamment la dépression, l’anxiété, la consommation de substances, l’automutilation, le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et les problèmes de sommeil. Leurs résultats ont été publiés le 2 décembre 2019 dans Nature Digital Medicine.

    Résultats : peu d’effets significatifs

    Les applications mobiles de santé comportementale se sont révélées avoir des effets « significatifs » sur la dépression et le comportement tabagique mais n’ont eu aucun effet commun significatif sur l’anxiété, les idées suicidaires, l’automutilation ou la consommation d’alcool. De plus, les effets des applications sur le SSPT et l’insomnie variaient trop pour être considérés comme pertinents.

    « Bien que certains essais aient montré le potentiel d’applications ciblant les symptômes de santé mentale, l’utilisation d’applis comme interventions psychologiques autonomes ne peut pas être recommandée en fonction du niveau actuel de preuves », conluent les auteurs de l’étude parue en décembre 2019 dans Nature Digital Medicine. Ils estiment cependant que les applications de santé comportementale pourraient être bénéfiques lorsqu’elles sont utilisées en tandem avec des méthodes de traitement fondées sur des preuves plus traditionnelles telles que des séances de thérapie en personne ou en ligne, « dans lequel un professionnel peut suivre les progrès et fournir un soutien supplémentaire ».

    18 études indépendantes sur 22 applis incluses dans une méta-analyse

    Ces résultats en demi-teinte doivent, en outre, être tempérés par ceux d’une autre étude conduite par des chercheurs américains de la Harvard Medical School, publiée le 3 décembre 2019 dans le Journal of Affective Disorders.

    Les chercheurs ont effectué une recherche systématique dans plusieurs bases de données de santé et ont utilisé un algorithme de recherche par mots-clés pour parcourir les documents.

    Les études incluses dans leur méta-analyse étaient des essais contrôlés randomisés portant sur une application mobile d’aide aux patients dépressifs. 18 études indépendantes, passant au crible 22 applications, ont été incluses au total dans cette méta-analyse.

    Résultats : la moitié des participants abandonnent l’essai avant la fin

    • 50 % des patients abandonnent l’essai en cours de route.
    • Les taux d’abandon étaient plus faibles dans les études offrant une rétroaction humaine et une surveillance de l’humeur dans l’application.

    « Les taux d’abandon élevés représentent une menace pour la validité des essais contrôlés et randomisés portant sur des applications de santé mentale, ont écrit les auteurs de l’étude. Et il est essentiel de considérer le biais que cela constitue lors de l’interprétation des résultats des applications pour les symptômes dépressifs », indiquent les auteurs de cette étude.

    Si ces derniers appellent à la prudence, ils se montrent malgré tout optimistes, estimant que « le domaine de la santé numérique est particulièrement adapté aux adaptations et ajustements rapides, ce qui signifie que les progrès et les nouvelles solutions sont toujours à l’horizon ».

    Des stratégies pour améliorer ce taux d’abandon doivent donc être mises au point pour que les essais menés apportent de réelles preuves scientifiques.