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    Diagnostic in vitro

  • Congrès SFSD – Webinar téléconsultation : les outils & formations à disposition (visionner l’échange)

    Plus d’un an après l’entrée de la téléconsultation dans le droit commun des actes remboursés par la Sécurité sociale, la Société française de santé digitale (SFSD) fait le point sur cet acte en déploiement. Dans le cadre d’un webinar spécialement organisé à l’occasion du congrès de la SFSD, qui s’est tenu les 3 et 4 décembre 2019, Lydie Canipel, présidente de l’UMD et vice-présidente de la SFSD, Jean-Yves Mailfert, ingénieur en e-santé (SFSD), le Pr. Maurice Hayot, du CHU de Montpellier, et le Dr. Michel Serin, spécialiste en médecine générale, ont partagé leur expérience sur la téléconsultation en apportant leurs réponses à 2 problématiques relevées par les praticiens :
    Quels outils de téléconsultation choisir ? ;
    Comment se former à la téléconsultation ?

    Au sujet de la formation, Lydie Canipel a présenté l’Université de la médecine digitale (UMD), l’institut de formation de la Société française de santé digitale. L’UMD s’adresse à tous les acteurs de la santé, qui ont la possibilité de suivre des sessions en présentiel ou à distance par le biais de modules de e-learning, le tout en formation initiale ou continue, explique-t-elle entre autres.

    L’ensemble de l’échange est disponible en ligne ici et visionnable ci-dessous.

    Visionner le webinar spécial Congrès SFSD :

    Pour aller plus loin : présentation de l’Université de la médecine digitale (SFSD)

  • UMD

    Université de la médecine digitale (SFSD)

  • Règlements MDR et MDRDIV dès mai 2020 : la commissaire S. Kyriakides peine à rassurer les industriels

    « L’échéance des deux règlements [MDR et MDR-DIV] constitue certainement un défi [mais] nous sommes pleinement engagés pour une entrée en vigueur en mai 2020, c’est essentiel pour la sécurité des patients. » La commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides s’est voulue rassurante lors de la conférence de presse organisée le 9 décembre 2019 à l’issue du Conseil des ministres sociaux de l’Union européenne. Elle souligne que le processus de désignation des organismes notifiés (ON) avait été « significativement accéléré » au cours des derniers mois : 9 organismes notifiés ont été désignés pour le règlement des dispositifs médicaux (MDR), 3 de plus sont attendus d’ici la fin de l’année, avec l’objectif d’atteindre 20 désignations au cours du premier trimestre 2020.

    La commissaire ajoute :
    • que « plus de 700 personnes » se sont portées candidates pour faire partie des panels d’experts chargés de l’évaluation des dispositifs médicaux (DM) avant leur commercialisation ;
    • que l’infrastructure nécessaire pour le nouvel identifiant unique avait été mise en place ;
    • que le report de la base Eudamed n’aurait pas d’impact sur la mise en œuvre des règlements, grâce à un module d’enregistrement opérationnel en mai 2020.

    « Le compte n’y est pas », réagit le réseau DM-Experts sur son site le 10 décembre. Il ne dénombre de son côté :
    que 7 organismes notifiés pour le MDR, parmi lesquels le britannique BSI UK, que l’on peut selon lui « éliminer en pratique, car il ne survivra pas à l’échéance du Brexit au 31 janvier 2020 » ;
    • et 2 ON pour le MDR-DIV « mais ce sont les mêmes » que ceux désignés pour le MDR, indique-t-il, à savoir Dekra Certification GmbH et BSI UK. « Pour embellir le tableau, la Commission les compte 2 fois », note le réseau : il n’y a donc que « 6 organismes notifiés réellement opérationnels en tout et pour tout, et 3 autres annoncés à court terme », déclare-t-il, sans compter que « certains organismes ne sont autorisés que pour un nombre limité de catégories de dispositifs ».

    DM-Experts corrobore ainsi les inquiétudes exprimées par l’organisation professionnelle Medtech Europe dans un communiqué daté du 26 novembre 2019, selon lequel « 85 % des quelque 50 000 dispositifs concernés par le MDR-DIV devront être certifiés par des ON au cours des 30 prochains mois », soit plus de 330 DM par semaine, alors que « seule une dizaine d’organismes ont jusqu’à présent demandé à être notifiés en vertu de ce règlement ».

  • Robotique en santé : 2 sénateurs appellent à une transformation « contrôlée et encadrée » (rapport)

    « Effectuer une évaluation systématique de l’impact de l’introduction de robots dans les organisations publiques ou privées ». C’est l’une des 10 recommandations formulées par Marie Mercier (Saône-et-Loire) et René-Paul Savary (Marne), 2 sénateurs du groupe Les Républicains, qui ont rendu public le 28 novembre 2019 un rapport d’information sur la robotique en santé. Dans ce document, ils mettent en avant « les perspectives de transformation que pourraient induire ces nouvelles technologies dans les métiers de services, dont ceux du secteur de la santé ».

    Les 2 sénateurs identifient à la fois de potentiels dangers mais aussi des opportunités :

    • Il existe selon eux un « risque de déqualification des emplois intermédiaires (…) avec le développement de l’intelligence artificielle (IA) dans des domaines très variés : services financiers, services juridiques, santé, social, éducation, sécurité ». Pour limiter ce risque, ils recommandent de « revoir l’appareil de formation initiale » (tel que la formation continue) afin de « favoriser l’adaptabilité et les compétences transversales ».

    • Ils notent cependant que les compétences sociales et relationnelles sont moins à même d’être mises en concurrence par les robots : « une complémentarité entre le robot et l’Homme est donc envisageable dans les services, indiquent-il, ajoutant que cette transformation technologique doit être « contrôlée et encadrée », avec entre autres la mise en place de « régulations adéquates, notamment sociales mais aussi éthiques » afin d’ »éviter le cauchemar d’une robotisation destructrice ».

    Selon Marie Mercier et René-Paul Savary, les nouveaux outils déployés (« allègement des tâches logistiques au profit du relationnel », « traitement automatique des données pour le suivi médical », etc.) doivent ainsi être perçus « comme une opportunité au service des professionnels », ajoutant que « les IA devraient à terme permettre aux personnels de se recentrer sur le patient [et] pourraient également être source d’innovations intéressantes qui améliorent la qualité des services rendus aux utilisateurs ».

    Une taxation des robots ?

    L’une des recommandations (8) de Marie Mercier et René-Paul Savary est de « renforcer l’appareil de formation professionnelle continue en accordant une priorité aux travailleurs dont l’emploi est automatisé ou susceptible de l’être rapidement ».

    Dans le cadre de cette réflexion, les 2 sénateurs posent la question d’une taxation des robots, en exposant aussi bien les arguments en faveur d’une telle mesure et les arguments hostiles à cette taxations :

    • argument n°1 en faveur d’une taxation : « la taxation des robots permettrait de freiner le remplacement du travail humain et donc de limiter le rythme des destructions d’emplois, afin de gagner du temps pour adapter les personnels exposés à ce mouvement de substitution, à travers des programmes de formation et de reconversion précisément financés par le produit de cette taxe » ;
    • argument n°1 hostile à une taxation : « une taxe sur les robots risque de freiner l’investissement des entreprises en France et conduire à aggraver leurs problèmes de compétitivité, alors que les concurrents étrangers n’auront pas à supporter une taxation identique de leurs machines et que la France n’est pas, et de loin, le pays développé le plus robotisé du monde ».

    « Quelle que soit la technique choisie, elle se heurte à la difficulté à définir précisément un robot et donc à identifier le champ d’application de la taxation, observent Marie Mercier et René-Paul Savary :

    • Les logiciels devraient-ils être inclus dans la taxation des robots ? ;
    • Les bases de données doivent-elles être concernées également ? ;
    • Comment traiter les bornes tactiles des restaurants qui sont des robots très simples mais qui ont effectivement remplacé des emplois en transférant des tâches de l’entreprise vers le consommateur ? ;
    • Faut-il taxer les véhicules autonomes puisqu’ils ont vocation à nous dispenser d’un chauffeur ? »

    Des questions de frontière risquent, selon eux, « de n’être pas facilement tranchées et de retarder la mise en œuvre d’une taxation des robots ». La faisabilité technique d’un tel projet « est donc peu évidente et constitue un véritable obstacle à la mise en œuvre effective d’une taxation des robots », estiment-ils.

    Un cadre éthique en construction

    « Le cadre éthique applicable à l’IA et aux robots est encore largement en construction et cette construction reste très dépendante de la manière dont sont mises en œuvre ces technologies encore jeunes et en évolution perpétuelle, indiquent les auteurs du rapport. Sans que l’on sache encore vraiment quel est le contenu précis de ce cadre éthique, cette préoccupation doit toutefois être prise en compte pour rendre acceptable l’utilisation de machines dans toute une série d’activités désormais automatisées. »

    10 propositions pour une « robotisation heureuse »

    Pour garantir une « collaboration sereine homme-machine », les 2 sénateurs émettent les 10 recommandations suivantes : 

    • assurer une couverture numérique du territoire, afin d’éviter une robotisation à plusieurs vitesses ;

    • développer les démonstrateurs d’innovations pour lever les obstacles psychologiques à l’utilisation de robots de service ;

    • effectuer une évaluation systématique de l’impact de l’introduction de robots dans les organisations publiques ou privées ;

    • encourager l’accès à des jeux de données publiques et privées destinées à favoriser l’innovation ;

    • former massivement les personnes appelées à intervenir dans la mise en œuvre des nouveaux outils numériques : informaticiens, gestionnaires de données, techniciens chargés de la maintenance robotique ;

    • réformer l’enseignement scolaire afin d’encourager l’adaptabilité ultérieure des jeunes ;

    • développer les compétences transversales dans l’enseignement supérieur afin « d’apprendre à apprendre » ;

    • renforcer l’appareil de formation professionnelle continue en accordant une priorité aux travailleurs dont l’emploi est automatisé ou susceptible de l’être rapidement ;

    • intégrer dans les négociations sociales en entreprise la question de l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle et de robots et de leur impact sur les conditions de travail ;

    • garantir un droit à la reconversion pour les salariés dont les emplois sont supprimés par la robotisation.

  • Lancement de l’accélérateur Digital Pharma Lab : 7 industriels et 9 start-ups pharmatech embarqués

    Provoquer la rencontre entre start-ups et industries de santé afin d’accélérer l’intégration des innovations des jeunes entreprises dans les métiers et les business modèles des laboratoires pharmaceutiques, entreprises de biotechnologies et fabricants de dispositifs médicaux. Tel est l’objectif du Digital Pharma Lab, présenté comme le « premier accélérateur pharmatech indépendant en Europe ». Inauguré le 9 décembre 2019 à l’occasion d’une conférence spéciale, ce nouvel organisme est soutenu par Bpifrance et l’EIT Health : son lancement marque le démarrage de la première promotion du programme d’accélération, axée pour cette première saison sur la thématique « révolution pharmatech ».

    Ce programme de 4 à 6 mois a pour but de permettre aux industriels de la santé partenaires d’accélérer, voire d’intégrer dans leurs modèles, les innovations des start-ups pharmatech sélectionnées :
    • les partenaires industriels : Biogen, Ipsen, Servier, Otsuka, Sanofi, Takeda et Chugai ;
    • start-ups sélectionnées : Apodis Pharma, Diam Park, Epigene Labs, Inato, Invenis, Lucine, MyBrain Technologies, MyScienceWork et Yuni.

    Le Digital Pharma Lab s’engage également aux côtés des start-ups pour leur permettre de consolider leurs opportunités de développement en attirant l’attention des investisseurs publics et privés.

    L’accélérateur a été co-fondé par Pascal Bécache, ancien d’IBM et d’Iqvia, et Didier Tranchier, investisseur dans plus de 40 start-ups depuis 20 ans.

    Faire de Paris la place des investissements pharmatech en Europe et dans le monde

    Pascal Bécache, co-fondateur du Digital Pharma Lab, souligne que l’ambition de cet accélérateur « est de contribuer à faire de Paris le cœur des investissements pharmatech en Europe et dans le monde en se fondant sur son environnement scientifique, technologique et économique unique ».

    ​“L’annonce il y a quelques jours par la région Île-de-France de la création d’un programme d’investissement européen de deux milliards d’euros pour le développement d’entreprises innovantes du secteur santé et des sciences de la vie, vient corroborer notre vision et conforte notre volonté », complète-t-il.

    « Le challenge est de faire rentrer le digital dans l’industrie pharma »

    En introduction de cette matinée, Vincent Galand, le directeur de l’innovation du Digital Pharma Lab, précise cependant qu’« il manque un rouage entre industriels et start-ups » actuellement. Martin Dubuc, P.-D.G. de Biogen, rappelle de son côté que « le challenge est de faire rentrer le digital dans l’industrie pharma ». Le temps de développement « est trop long », observe-t-il. « Dans le secteur du dispositif médical, ce temps est plus court, ajoute-t-il. Il n’y a pas encore de burning plateforme côté pharma. Les acteur n’ont pas encore le sentiment qu’ils vont se faire « disrupter ». Quels choix opérer ? Comment faire rentrer le digital dans le secteur ? Par l’intrapeunariat ou l’intégration ? »

    « Outre le fait de favoriser des débouchés commerciaux, le programme de Digital Pharma Lab représente une formidable opportunité pour les start-ups sélectionnées de démontrer aux investisseurs publics et privés l’intérêt des industriels pour leurs solutions et la solidité de leur potentiel de développement », estime Didier Tranchier, co-fondateur de l’accélérateur. Selon Thierry Picard, associé, ​le nouveal accélérateur « apporte aux industriels de la santé tous les avantages d’un partenaire indépendant, bien inséré dans l’écosystème pharmatech, expert de l’accompagnement de projets digitaux transverses ».

    « Les enjeux d’un laboratoire de demain » : la vision des partenaires industriels

    Ipsen : le choix de l’intégration

    • Intervenenu lors de la conférence du 9 décembre : Dominique Bery, executive vice president strategy & transformation à Ipsen

    Chez Ipsen, c’est le choix de l’intégration. Il manque le coté « disruptif » et peut-être l’intrapreunariat, note Dominique Bery. On explique en interne que le digital va apporter une valeur médicale au patient. Le premier enjeu est de mettre le médicament plus vite possible sur le marché et s’assurer que le patient tire le plus de bénéfices de ce traitement. Le second enjeu selon Ipsen c’est celui de la donnée : l’utilisation de ces datas à disposition mais finalement peu utilisées.

    L’idée en résumé est :

    • de rassembler ses propres données ;
    • d’accéder aux données en vie réelle et accepter leur manque de qualité, et apprendre à travailler avec ces données imparfaites en les agrégeant ;
    • de générer de nouvelles données pendant que le patient prend son traitement.

    Exemple d’une appli pour le cancer du pancréas. Très peu d’innovation thérapeutique. Difficile de mettre en place des protocoles, savoir où sont les patients. Impact majeur si on y arrive.

    Sanofi : « nouer de nouvelles relations pour créer de la valeur pour le patient »

    • Intervenant : Isabelle Vitali, head of commercial digital innovation center à Sanofi

    « Nous travaillons avec tout l’écosystème, jusqu’au patient, indique Isabelle Vitali. Le digital permet cela même si l’humain reste indispensable. Le numérique nous aide à avoir des messages plus précis, à développer des outils pour nos interlocuteur, à collecter des données pour être beaucoup plus qualitatif, et, pour le professionnels de santé, à développer des solutions afin de mieux appréhender le suivi des patients (maladie chronique comme le diabète). Notre stratégie est de nouer de nouvelles relations pour créer de la valeur pour le patient. »

    La volonté de Sanofi est d’être « extrêmement concret » en se penchant sur des questions concrètes. « En amont, on se met d’accord sur les axes stratégiques, explique Isabelle Vitali. Le focus sur l’usage étant désormais bien ancré dans les esprits, l’enjeu désormais est économique : qui va payer au final ? Quelle valeur cela va-t-il générer ? Nous mettons au cœur de nos réflexions l’éthique by design. C’est un changement de mentalité complet. »

    Takeda : l’open innovation pour améliorer l’accompagnement tout au long du parcours de soins

    • Intervenant : Laure Monange-Caby, head of customer solutions & innovation Takeda

    « Avec l’open innovation, il est possible de proposer un accompagnement sur tout le parcours de soin, au-delà de la prise de médicaments, note Laure Monange-Caby. C’est un changement d’état d’esprit dans l’entreprise ». Cette approche doit être testée pour voir si elle fonctionne, indique-t-elle, et savoir comment la généraliser et la partager à toutes les aires thérapeutiques».

    Servier : « il faut avoir recours à l’intrapreneuriat »

    • Intervenant : Claude Bertrand, executive vice president R&D à Servier

    Claude Bertrand met en avant la problématique de succès, les laboratoires pouvant investir de manière conséquente (tant en matière de temps, de ressources humaines et de coût) dans des produits dont le succès final n’est pas garanti. « Comment accélérer la mise sur le marché d’un marché ?, interroge Claude Bertrand, qui note par ailleurs qu’il y a un besoin de trouver des data scientists. « Le changement d’état d’esprit est très important. Il faut avoir recours à l’intrapreneuriat et intégrer le concept de « think out of the box » », estime-t-il.

    Otsuka : mettre le client au cœur des réflexions

    • Intervenant : Magali Schembri, Chief Digital Officer Otsuka France

    Concernant la transformation digitale, le changement de culture est plutôt insufflé dans l’entreprise, par l’intrapeunariat, commente Magali Schembri. Étant une filiale d’un groupe japonais, au niveau local l’enjeu est de travailler de façon plus agile, de mettre le client au cœur des réflexions, explique-t-elle. La plupart du temps le digital est la solution mais pas nécessairement non. Voici les étapes qu’elle préconise :

    – 1. transformer le comité de direction ;

    – 2. entretenir l’etat d’esprit start-up ;

    – 3. changer les façons de travailler ;

    – 4. travailler avec des acteurs.

    « De la start-up au scale up »

    • Marion Cassiau, head of startup acceleration à Bpifrance (Healthcare Ventures), estime que « le dialogue n’est pas assez important » entre industriel et start-up.
    • Anne Osdoit, partner Sofinnova, explique que son cabinet va « se pencher sur les barrières à l’entrée du marché et [qu’il mène] pour cela une analyse du chemin réglementaire et et cherche à améliorer l’accès au marché : « Est-ce que le business model est suffisamment travaillé pour l’échelle internationale ? », interroge-t-elle.
    • Bernard Kirsch, président d’Angels Santé : en tant que business angel, son cabinet intervient sur du « seed » en medtech, en santé digitale et en biotech. Il voit environ 140-150 sociétés par an et investit dans 7 % d’entre elles. Il étudie lui aussi les barrières à l’entrée du marché, la part de marché potentielle. Enfin, il analyse la capacité d’exécution, la « scalabilité » et l’internationalisation, les premiers critères à étudier pour un investissement. « Tout n’est pas qu’une question d’argent, estime-t-il, il s’agit d’accompagner dans la durée. La difficulté réside dans les séries B ou C. »
    • Pierre Moustial, président du groupe Urgo, constate des freins dans le remboursement des medtech par la Sécurité sociale alors qu’il y a beaucoup de création. Il modère toutefois en évoquant l’article 51, qui permet une prise en charge par l’Assurance maladie. Ce qui permet le « scale up » selon lui, ce sont des soutiens comme le crédit impôt recherche (CIR) et Bpifrance. Il préconise de ne surtout pas aller en bourse, tel que Euronext, car pour une start-up, « la prédictibilité est trop compliqué ». Il faut au moins 10 à 20 millions d’euros de chiffres d’affaires pour envisager une introduction, recommande-t-il.
    • Anaïs Délicourt, business creation manager à l’EIT Health France : l’EIT health, qui n’a que 3 ans d’existance en France, accompagne les start-ups dans leur « scale up » en termes de financement au niveau européen. Il existe pour ces jeunes sociétés un réseau d’investisseurs à l’échelle européenne qui propose des programmes de cross investment : business angel et seed pour de la série A et des programmes en France pour les séries B et séries C. Anaïs Délicourt souligne que la France, l’Allemagne et l’Angleterre sont des marchés attractifs pour l’Europe.
    • Maryne Cotty-Eslous, P.-D.G et co-fondatrice de Lucine, propose de marketer l’éthique « made in France » car la France, avec l’Angleterre et l’Allemagne, est un marché attractif.
  • «  Données de santé : volontarisme ou vigilance » : débat le 18 décembre 2019, Paris

    Les Contrepoints de la santé organisent le mercredi 18 décembre 2019 à Paris un petit déjeuner autour des données de santé avec un accent sur la mise en place du Health Data Hub, officiellement constitué fin novembre 2019.

    Les inscriptions (gratuites) sont à effectuer sur ce lien ou par mail auprès de Madame Françoise Millet.

    Débat 

    Cette rencontre sera l’occasion de confronter les points de vue des acteurs en présence sur les enjeux de la donnée. Au centre de la discussion, les sujets suivants :

    • le Health Data Hub : apports et plus-value pour l’innovation en santé, relations avec les acteurs et les GAFA ;
    • les enjeux éthiques liées à la donnée : la question de la donnée comme appui ou remplacement de la décision médicale. 

    Intervenants

    Ce débat sera modéré par Philippe Leduc (LDC Santé) aux côtés de Pascal Maurel (Ortus) et Renaud Degas (La Veille des acteurs de la Santé). Ils recevront : 

    • Stéphanie Combes, directrice du Health Data Hub ;
    • le Pr Laure Fournier, service de radiologie, Hôpital européen Georges Pompidou ;
    • Pierre-Alain Raphan, député de l’Essonne ;
    • David Gruson, Comité pilote d’éthique du numérique, fondateur du think tank Ethik-IA.
  • La Fondation Adréa lance un appel à projets pour une expérience patient améliorée (deadline : 2020)

    La Fondation d’entreprise Adréa, qui soutient et accompagne des initiatives humaines et innovantes dans le domaine de la santé en France, a pour objectif en 2020 de soutenir des projets permettant « un accompagnement plus humain des usagers du système de santé, pour une expérience améliorée ». Elle lance dans ce cadre un appel (AAP), dont la dotation s’élève au total à 130 000 euros.

    Les projets soutenus devront avoir pour finalité :
    • de faciliter les interactions et de renforcer le lien humain au sein de structures ou de services sanitaires ou médico-sociaux ; 
    • de faciliter l’expression des usagers du système de santé ;
    • de rassurer, d’apaiser et de détendre les usagers du système de santé.

    Ils devront être totalement ou partiellement à l’initiative d’usagers du système de santé, prévoir leur participation à toutes les étapes de mise en œuvre des projets et présenter un caractère innovant : dans le service, dans la technologie, dans le processus, dans l’organisation, dans l’usage, dans le caractère social.

    2 sessions de réponse sont prévues en 2020 (avant le 3 février 2020 pour la première session et avant le 3 avril 2020 pour la seconde session) pour offrir au maximum de porteurs de projets l’opportunité de déposer leur dossier de demande de subvention, à télécharger via ce lien.

    Entre 1 et 3 projets seront soutenus suite à chaque session de réponse.

    Contexte de l’appel à projets

    La Fondation Adréa met en avant é enquêtes qui ont permis de mettre en avant que la dimension relationnelle dans les processus de soins et d’accompagnement des usagers nécessite d’être approfondie et valorisée :

    • le Baromètre de l’expérience patient 2019-2020 réalisé par l’Institut français de l’expérience patient et BVA, avec le soutien de la Fondation d’entreprise Adréa : un des éléments prioritaires constituant l’expérience patient, du point de vue des usagers du système de santé, est la relaton avec les professionnels de santé devant le soutien des proches et l’organisation du parcours de santé/de la prise en charge ;
    • une autre enquête réalisée par la Fondation Adréa en 2018 avec Opinionway, qui portait sur la place et le rôle des patients dans le système de santé français. À la question « Selon vous, que manque-t-il aux patients pour leur permettre d’être davantage acteurs de leur parcours de soins ? », près d’1 Français sur 2 a répondu « une meilleure écoute des professionnels de santé ».

    « A l’heure où le manque de temps des professionnels de santé ou les contraintes organisationnelles des structures et services sanitaires et médico-sociaux limitent les temps d’écoute et d’échanges entre les patients, leurs proches, et les professionnels de santé, il apparaît nécessaire de soutenir des projets qui soient de nature à mettre l’humain au coeur de l’accompagnement des usagers du système de santé », commente la fondation d’entreprise.

    Objectifs, critères de recevabilité et sélection des AAP

    Dans le cadre de cet appel à projets (AAP), la Fondation d’entreprise Adréa soutiendra des projets qui permettent d’humaniser l’accompagnement des usagers du système de santé. Elle entend par « usagers du système de santé » toutes les personnes prises en charge ou accompagnées du fait d’une maladie ou d’un handicap ainsi que leurs aidants.

    Pour être éligible, le projet devra répondre aux critères suivants :

    • organisations concernées : organisations à but non lucratif mettant en œuvre des projets d’intérêt général. Les projets d’envergure nationale, ou s’inscrivant dans une dynamique d’essaimage, seront privilégiés ;
    • public bénéficiaire : les usagers du système de santé ;
    • durée du partenariat : il est possible de présenter une demande de subvention dans le cadre d’un partenariat d’1, 2 ou 3 ans ;
    • innovation : le projet devra être innovant dans le service, dans la technologie, dans le processus, dans l’organisation, dans l’usage et dans le caractère social.

    À l’inverse, ne seront pas retenus les projets :

    • portés par une personne physique ;
    • s’adressant à un public trop restreint ;
    • relatifs à des événements ponctuels ;
    • ne répondant pas aux thématiques définies ;
    • ayant trait à des actions de formation pouvant relever des dispositifs de formation professionnelle.

    Les dossiers seront étudiés et sélectionnés en 3 étapes

    Après une étude des conditions de recevabilité des dossiers reçus et une pré-sélection des projets, la sélection finale sera réalisée par le conseil d’administration qui appréciera les éléments suivants :

    • la qualité du projet présenté et la pertinence des conditions et du calendrier proposés pour sa mise en oeuvre ;
    • la pertinence, la clarté et le degré de détail du plan de financement du projet ainsi que sa comptabilité avec les enveloppes financières disponibles ;
    • la conformité du projet au regard des axes thématiques du cahier des charges ;
    • l’inscription du projet dans une dynamique partenariale avec des acteurs locaux, régionaux ou nationaux susceptibles de consolider et compléter les réalisations du projet ;
    • la pertinence du dispositif d’évaluation des réalisations et des bénéfices auprès du ou des public(s) cible(s).

    Informations et contacts

    Le dépôt du dossier de demande de subvention s’effectue uniquement en ligne avant le 3 février 2020 pour la première session de réponse et avant le 6 avril 2020 pour la seconde session de réponse. Les dossiers adressés par courrier ou email seront refusés.

    1ère session de réponse : du 9 décembre 2019 au 3 février 2020 inclus

    • instruction des projets : février 2020 ;
    • sélection des lauréats : mars 2020 ;
    • début du partenariat : fin mars 2020.

    2nde session de réponse : 20 février 2020 au 6 avril 2020 inclus

    • instruction des projets : avril-mai 2020 ;
    • sélection des lauréats : juin 2020 ;
    • début du partenariat : fin Juin 2020.

    Pour toute question, contacter l’équipe opérationnelle de la Fondation Adréa :

    • en envoyant un email à fondation@adreamutuelle.fr ;
    • par téléphone au 01 70 08 87 21 (Apolline Ledain) ou au 01 80 49 80 36 (Chris Grente).
  • La Cnil autorise le CHU Grenoble-Alpes à déployer un entrepôt de données de santé (Predimed)

    Le CHU Grenoble-Alpes (CHUGA) indique que ses projets de recherche et la qualité de prise charge des patients seront « bientôt boostés » par l’utilisation d’un entreprôt de donnée de santé, baptisé « Predimed« . Dans un communiqué publié le 11 décembre 2019, l’établissement annonce que la Cnil l’a autorisé le 10 octobre à mettre en œuvre un traitement de données à caractère personnel visant à la création de Predimed. Il s’agit du quatrième CHU français à obtenir cette autorisation, après l’AP-HP, le CHU de Nantes et le CHU de Lille. 

    L’entrepôt regroupera toutes les données générées pendant la prise en charge des patients du CHU grenoblois (données de soins, administratives et relatives au fonctionnement de l’établissement). Ces dernières seront stockées pour une durée de 20 ans, « dans le strict respect des textes en vigueur afin de garantir le respect des droits individuels« , indique le CHU, précisant qu’elle ne seront pas exploitées « à des fins de promotion des produits de santé ou à des fins d’exclusion de garanties des contrats d’assurance et de modification de cotisations ou primes d’assurance ».

    Elles seront la source principale pour des projets à des fins :
    de recherche dans le domaine de la santé, menés par les professionnels du centre de santé et ses partenaires extérieurs ;
    d’amélioration de la prise en charge des patients ;
    de pilotage de l’établissement.

    Le projet Predimed a été initié par le Pr Jean-Luc Bosson, chef du pôle « santé publique », avec la participation des professeurs Alexandre Moreau-Gaudry et Pascal Mossuz, missionnés par la Direction générale et la Commission médicale d’établissement pour le mener à bien. Une gouvernance spécifique a été mise en place. Elle associe des professionnels de santé, des chercheurs et des représentants des patients.

    Un accès aux données limité

    « Une plateforme sécurisée, performante, dotée des capacités de stockage et d’analyse distribuées a été mise en place avec une architecture innovante », explique le CHU de Grenoble-Alpes. Elle est hébergée à la Direction des services numériques de l’établissement.

    Un groupe restreint d’experts associant médecins, ingénieurs en informatique et mathématiques appliquées, datascientists, data-analysts et statisticiens a accès aux données.

    Plusieurs projets prévus dans des thématiques diverses

    L’autorisation de la Cnil ouvre la possibilité de rentrer dans la phase opérationnelle du projet, note le CHU.

    Plusieurs projets sont déjà identifiés. Ils concernent des thématiques diverses (imagerie, observatoire des dispositifs médicaux, information médicale, etc.) et seront lancés à la fin de la campagne d’information des personnes concernées.

    Une plateforme en lien avec le le projet MIAI@Grenoble-Alpes

    Predimed « sera un élément important en faveur de la participation du CHU au projet MIAI@Grenoble-Alpes, labellisé dans le cadre de l’appel à projet 3IA en mai 2019, et qui a inscrit la santé comme un de ses deux domaines d’application privilégiés », indique l’établissement.

    Pour rappel, Grenoble est l’un des 4 sites universitaires français retenu au niveau national pour accueillir un institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle (3IA) avec Nice, Paris et Toulouse. 

  • Lancement de 100 000 Médecins.org, 1ère intersyndicale axée e-santé : un projet d’agence de notation

    « Fédérer les médecins libéraux pour leur permettre d’être au premier plan de leur propre transformation numérique. » C’est l’objectif de 100 000 Médecins.org, « premier mouvement intersyndical [lancé] autour de la e-santé » par la CSMF, la FMF, le SML, Le Bloc, MG France, Jeunes Médecins et le SNJMG. Association loi 1901, cette structure a pour objectif de devenir l’ »intermédiaire privilégié entre médecins et acteurs de la e-santé« .

    100 000 Médecins.org appelle les médecins libéraux à une forte mobilisation pour « représenter un levier d’actions auprès des éditeurs de logiciels » et inciter ces derniers à agir « en collaboration avec les médecins, avec prudence et respect ».

    Le mouvement souhaite également lancer en 2020 la première agence de notation en e-santé, avec l’objectif :
    • d’« aider la profession à faire les bons choix » en matière d’outils numériques ;
    • de promouvoir des solutions « bien conçues, respectueuses des bonnes pratiques et pérennes » ;
    • d’orienter les éditeurs de logiciels « vers les objectifs que les médecins souhaitent atteindre ».   

    « Pour éviter une déshumanisation des soins, il est urgent de s’approprier les initiatives d’aujourd’hui pour mieux maitriser notre avenir », commente le Dr David Azérad (SNJMG), médecin généraliste à Paris et président du mouvement.

    Des médecins unis contre le « Far West » de la e-santé

    Le communiqué se fait l’écho des « fortes réactions de la profession » constatées sur :

    • le « détournement de patientèle » avec le « DoctolibGate » dénoncé sur Twitter par les syndicats en octobre-novembre 2018 ;
    • la « mise aux enchères de rendez-vous médicaux » par le site DoctoChrono, suspendu en avril 2019 après saisine du Cnom ;
    • la notation des médecins avec le site MediEval4i de Medicine4i, dénoncé en avril 2019 par plusieurs praticiens  ;
    • les plateformes de télémédecine avec Livi.

    « Ce secteur est si prometteur qu’il est devenu un « Far West » numérique, où certaines start-ups vont chercher à forcer le passage », s’inquiète l’association sur son site.  Les intérêts des éditeurs « ne sont pas toujours d’améliorer nos conditions d’exercice », or ces outils sont « structurants pour le système de santé dans son ensemble », complète-t-elle.

    À l’origine du mouvement, la négociation conventionnelle sur la télémédecine

    L’idée de lancer le mouvement a germé lors des premières négociations conventionnelles sur la télémédecine, débutées en janvier 2018, lors desquelles David Azérad représentait le SNJMG.

    « Pour la première fois, les représentants des jeunes médecins, pour qui les innovations d’aujourd’hui représenteront le quotidien de demain, ont été invités à émettre leur avis », souligne l’association. Ces syndicalistes se sont accordés sur le constat que la e-santé bouleversait leurs pratiques ainsi que l’organisation du système de santé et les relations patients-médecins.

    L’Assemblée générale constitutive de l’association 100 000 Médecins a eu lieu le 10 avril 2019 et le compte Twitter @100KMed a été lancé en novembre 2019.